Exercice 37 ⭐️⭐️ Suite récurrente, équivalent somme, Sup/Spé/L2
Soit (un) définies par u0>0 et un+1=1+un2.
Calculer un.
Donner un équivalent de k=0∑nuk1.
Réflexes
Télescopage ;
Sommation des relations de comparaison.
Corrigé
On a un+12−un2=1, donc en sommant, on obtient par téléscopage un2−u02=n, d’où un=n+u02.
On en déduit un∼n. Or n+1−n=n+1+n1∼2n1∼2un1. Comme ∑n1 diverge, on en déduit par sommation des relations de comparaison : k=0∑nuk1∼2k=0∑n(k+1−k)∼2n.
Exercice 38 ⭐️⭐️ Série harmonique alternée, Sup/L1/Classique
Calculer vN=n=0∑Nn+1(−1)n, et sa limite.
Réflexes
A toi de choisir !
n+11=∫01tndt ;
n1=∫0∞e−nxdx.
Corrigé
En écrivant n+11=∫01tndt, on a vN=n=0∑N∫01(−1)ntndt=∫01n=0∑N(−t)ndt=∫011+t1−(−t)N+1dt.
On a pu intervertir somme et intégrale sans théorèmes car la somme est finie. Comme ∣∣∣∣∣∫011+t(−t)N+1dt∣∣∣∣∣≤∫01tN+1dt=N+21N→∞0, on en déduit : vNN→∞∫011+tdt=ln(2).
Exercice 43 ⭐️ Critère spécial des séries alternées, Spé/L2
Si (an) est une suite réelle décroissante et de limite nulle, alors la suite de terme général Sn=k=0∑n(−1)kak converge.
Corrigé
C’est le critère spécial des séries alternées (c’est du cours normalement). Tu peux trouver la preuve avec des exemples intéressants sur la page wikipédia des séries alternées.
Exercice 48 ⭐️⭐️⭐️ Spé/L2
Donner la nature de la série de terme général un=Hn+(−1)n(−1)n, où Hn=k=1∑nk1.
Corrigé
Les Hn=k=1∑nk1 sont les sommes partielles de la série harmonique, qui est bien connue. Pour cet exercice, on utilisera les propriétés suivantes : la suite (Hn)n≥1 est croissante, et un équivalent lorsque n→∞ est donné par Hn∼ln(n). La première propriété est évidente, en effet Hn+1−Hn=n+11≥0. Pour la deuxième propriété, on part de l’encadrement ∀k≥2,∫kk+1tdt≤k1≤∫k−1kkk−1tdt, qui découle de la décroissance de la fonction t↦t1. En sommant sur k∈{2,…,n}, on obtient : ln(n+1)−ln(2)≤Hn−1≤ln(n), et on en déduit que ln(n)Hn est convergente de limite 1.
Retour à l’exercice : comme Hn+(−1)n∼Hn, on peut imaginer dans un premier temps que la série de terme général un sera de même nature que la série de terme général vn, où vn=Hn(−1)n. Comme Hn est positive, croissante de limite +∞, la série n≥1∑vn est alternée, donc convergente. Posons, pour n≥1, wn=vn−un. Si la série n≥1∑un était convergente, alors la série n≥1∑wn le serait aussi. Mais on a ∀n≥1,wn=Hn(Hn+(−1)n)(−1)n(Hn+(−1)n)−(−1)nHn=Hn(Hn+(−1)n)1. D’après les remarques du début, on a wn≥0 et wn∼ln(n)21 lorsque n→∞. Comme pour n assez grand, on a ln(n)21≥n1, la série n≥1∑wn est divergente, ce qui contredit l’hypothèse de départ. Ainsi la série n≥1∑un est divergente.
On peut remarquer que cet exercice donne un contre exemple à un résultat connu dans le cadre plus restreint des séries à termes positifs : ici on a n→∞limvnun=1 et n≥1∑vn convergente, mais n≥1∑un divergente.
Exercice 50 ⭐️⭐️⭐️ Spé/L2
Montrer qu’il existe une constante C=0 telle que 2≤k≤n∏(1+k(−1)k)n→∞∼nC.
Réflexes
Produit 👉 Passage au log.
Corrigé
Voulant prendre le log de n2≤k≤n∏(1+k(−1)k), on pose naturellement :un=21ln(n)+k=2∑nln(1+k(−1)k). On va montrer que la suite un est convergente, de limite l∈R, ce qui implique, par continuité de la fonction exponentielle, le résultat souhaité, avec C=exp(l). L’idée naturelle est de considérer un développement limité des logarithmes. On pose donc, pour k≥2, vk=k(−1)k−2k1,wk=ln(1+k(−1)k)−vk. Le développement limité du logarithme permet de montrer que k→∞limk3/2∣wk∣=31. Par comparaison avec une série de Riemann, on en déduit que la série k≥2∑wk est absolument convergente, donc convergente. Notons S1 la somme de cette série. De plus, la série k≥2∑k(−1)k vérifie les hypothèses du critère des séries alternées, c’est donc une série convergente, on note S2 sa somme. Enfin, on rappelle le résultat suivant : la suite (−ln(n)+k=1∑nk1)n≥1 est convergente, sa limite étant souvent notée γ. On recolle tous ces résultats de la façon suivante : on a un=21(ln(n)−k=1∑nk1)+21+k=2∑nk(−1)k+k=2∑nwk, donc la suite (un)n≥2 est bien convergente, de limite −21γ+21+S2+S1.
Exercice 53 ⭐️⭐️⭐️ X PC
Nature de la série de terme général un=n(n+1)(−1)2n(n+1).
Corrigé
On voudrait se ramener au critère des séries alternées, mais il faut d’abord bien comprendre comment se comporte le signe s(n)=(−1)2n(n+1). On a s(n)s(n+1)=(−1)2(n+1)(n+2)−2(n+1)n=(−1)n+1. On déduit de cette formule, et par récurrence sur n≥1, que s(n)=−1 si n est de la forme n=4k+1 ou n=4k+2, et que s(n)=1 si n=4k+3 ou n=4k+4. Autrement dit, s(2k+1)=s(2k+2)=(−1)k. La suite de signes s(n) est donc alternée, mais elle alterne deux fois moins vite que la suite (−1)n.
On va montrer un résultat assez général : si (an)n≥1 est une suite décroissante de réels positifs de limite 0, alors n≥1∑s(n)an est convergente. On montre ce résultat en se ramenant au critère des séries alternées. En effet, on note Sn=k=1∑ns(k)ak. Si on montre que la suite S2n est convergente de limite S, alors, comme on a n→∞liman=0, on aura n→∞limSn=S. Mais on peut écrire : S2n=k=1∑ns(2k+1)a2k+1+s(2k+2)a2k+2=k=1∑n(−1)kbk,
où bk=a2k+1+a2k+2. D’après les hypothèses faites sur (ak)k≥1, la suite (bk)k≥1 est décroissante, à termes positifs, de limite 0. D’après le critère des séries alternées, on en déduit que la suite (S2n)n≥1 est convergente.
Pour revenir à l’exercice, on applique le résultat du paragraphe précédent à a suite an=n(n+1)1, qui est bien à termes positifs, décroissante, et de limite nulle. La série de terme général un est donc convergente. Si on regarde d’un peu plus près le résultat sur les séries alternées, on arrive même à un encadrement de sa somme S : on a −21−61≤S≤0.
Exercice 55 ⭐️⭐️ Série de terme général décroissant, Spé/L2/Classique
Soit (un) une suite positive décroissante telle que ∑un converge.
Montrer que un=o(1/n). Montrer que la réciproque est fausse.
Corrigé
Il faut faire le lien entre nun et des sommes de la série. Soit ε>0.
Comme ∑un converge, il existe n1 tel que k≥n1∑uk<ε. Pour n≥n1, on a (n−n1)un≤k=n1+1∑nuk<ε car (uk) est décroissante. Ainsi nun≤ε+n1un. On sait que ∑un converge, donc un→0, et on trouve un n2 tel que pour tout n≥n2, n1un≤ε. Ainsi pour tout n≥max(n1,n2), nun≤2ε, ce qui prouve la convergence nun vers 0.
Pour étudier la réciproque, on prend vn=nln(n)1. On a bien vn=o(1/n), mais la série ∑vn ne converge pas d’après le critère de Bertrand. On peut se rappeler facilement ce dernier résultat en comparant vn=∑nln(n)1 à l’intégrale ∫xln(x)1, une primitive étant ln(ln(x)), qui tend vers l’infini quand x→∞.
Exercice 219 ⭐️⭐️⭐️ Sup/Spé/L2
On considère une suite (an)n≥0 croissante, avec an>0 et n→∞liman=+∞.
Montrer que la série n≥1∑an−1an−an−1 est divergente. On pourra utiliser l’inégalité élémentaire ln(1+x)≤x.
Montrer que la série n≥1∑anan−an−1 est divergente.
En déduire que la série harmonique n≥1∑n1 est divergente.
Soit n≥1∑un une série divergente avec un>0. Montrer qu’il existe une série divergente n≥1∑vn avec vn>0 telle que n→∞limunvn=0.
Corrigé
On utilise l’inégalité élémentaire donnée dans l’indication : on a an−1an−an−1≥ln(1+an−1an−an−1)=ln(an)−ln(an−1). Ainsi, on a la borne inférieure sur les sommes partielles : n=1∑Nan−1an−an−1≥ln(aN)−ln(a0). Comme N→∞limln(aN)=+∞, on a bien montré la divergence de la série.
C’est une question a priori un petit peu plus difficile que la précédente… En effet, on peut remarquer que anan−an−1≤an−1an−an−1, donc si la série considérée dans cette question diverge, elle diverge un peu moins vite que la précédente… Supposons, par l’absurde, que la série soit convergente. La suite des restes (Rn)n≥0 converge alors en décroissant vers 0, où on a noté Rn=k≥n+1∑akak−ak−1. Mais, comme ak−ak−1≥0 et comme (ak)k≥0 est croissante, on a pour tout n≥0 et tout N≥n l’inégalité Rn≥k=n+1∑Nakak−ak−1=aN1k=n+1∑Nak−ak−1=1−aNan. Comme N→∞limaN=+∞, il suffit, à n fixé, de choisir N assez grand pour avoir la minoration Rn≥21, ce qui contredit le fait que n→∞limRn=0.
Il suffit d’appliquer le résultat de la question précédente à la suite an=n.
On considère la suite des sommes partielles donnée par S0=0 et Sn=k=1∑nuk. C’est une suite croissante de limite +∞, à termes positifs. D’après la deuxième question, on sait alors que la série n≥1∑vn est divergente, avec vn=SnSn−Sn−1=Snun. De plus, on a bien n→∞limunvn=n→∞limSn1=0.
Exercice 244 ⭐️⭐️⭐️ k≥0∑2kkn, Spé/L2
On pose pour tout n∈N, An=k=0∑∞2kkn. Montrer que An est bien défini et l’exprimer en fonction des (Aj)0≤j≤n−1. Calculer A0 et en déduire que An est un entier pair.
Réflexes
Ré-indexation de la somme.
Corrigé
Montrons l’existence de An : remarquons tout d’abord que An est la somme d’une série à termes positifs. De plus, si on se fixe 1/2<α<1, on remarque par croissances comparées que k→∞lim(2α)kkn=0, donc 2kkn=ok→∞(αk), et on conclut par comparaison avec le terme général d’une série convergente à termes positifs.
Établissons une relation de récurrence entre les An. On remarque que, si n≥1, on a An=k=1∑∞2kkn. On fait ensuite le changement d’indice k=l+1, puis on utilise la formule du binôme de Newton pour écrire : An=l=0∑∞2l+1(l+1)n=21l=0∑∞p=0∑n(pn)2llp. L’interversion des deux sommes peut se justifier de plusieurs manières : on peut dire le terme général p=0∑n(pn)2llp est la somme de n+1 termes généraux de séries convergentes ; on peut aussi argumenter que la famille ((pn)2llp)l≥0,0≤p≤n est sommable. On peut alors écrire : An=21p=0∑n(pn)l=0∑∞2llp=21p=0∑n(pn)Ap. Cette identité n’est vraie que pour n≥1 : en effet, on a utilisé le fait que 0n=0, ce qui n’est pas vrai pour n=0. On en déduit que An=2An−An=p=0∑n(pn)Ap−An=p=0∑n−1(pn)Ap. Cette relation permet de montrer par récurrence que An est un entier pair pour tout n≥0, car A0=1−1/21=2 (somme d’une série géométrique de raison 1/2).
Exercice 249 ⭐️⭐️ k≥0∑2kk, Spé/L2/Classique
Calculer D=k=0∑∞2kk.
Réflexes
Le k au numérateur 👉 Dériver x↦xk pour avoir le k en facteur.
Corrigé
La série est bien définie car 2kk=O(k21) par croissance comparée.
Introduisons la série entière f(x)=k=0∑∞2kxk de rayon de convergence 2 par la régle de d’Alembert (par exemple). On a f(x)=1−x/21=2−x2 pour ∣x∣<2. En identifiant les dérivées de chaque expression de f, on obtient si ∣x∣<2, f′(x)=(2−x)22=k=1∑∞2kkxk−1. Ainsi D=k=1∑∞2kk=f′(1)=2.
Remarque — La méthode précédente est sans doute la plus classique : on écrit la somme d’une série géométrique dérivée. Il y a d’autres moyens de calculer cette somme. Voici une méthode basée sur les familles sommables. On considère la famille (ak,l)k≥0,l≥1=(2k1{l≤k})k≥0,l≥1, où 1{l≤k} est la fonction indicatrice de l’ensemble {l≤k}. La famille (ak,l) est à termes positifs, donc on peut écrire que l=1∑∞k=0∑∞ak,l=k=0∑∞l=1∑∞ak,l. La première somme vaut : l=1∑∞k=0∑∞2k11l≤k=l=1∑∞2l1k=l∑∞2k−l1=l=1∑∞2l1k′=0∑∞2k′1=2l=1∑∞2l1=2. La deuxième somme vaut : k=0∑∞2k1l=1∑∞1l≤k=k=0∑∞2kk=D, et on a donc bien D=2.
Exercice 294 ⭐️⭐️⭐️ Convergence des séries numériques, Spé/L2
Soit (un)n≥0 une suite à valeurs réelles.
Montrer que si ∑un converge alors un→0.
Montrer que si on suppose de plus (un) décroissante alors un=o(1/n).
On pourra pour cela considérer S2n−Sn, où Sn désigne la somme partielle de la série.
Vérifier que ce résultat est faux sans l’hypothèse "(un) décroissante".
Montrer qu’une suite (un) décroissante vérifiant un=o(1/n), n’est pas nécessairement le terme général d’une série convergente.
On pourra considérer la suite de terme général un=nln(n)1.
Donner un exemple de suite (un) décroissante, telle que un=o(nln(n)1), et ∑un diverge.
Donner un exemple de suite (un) décroissante, telle que ∑un converge, mais qu’on ait pas un=o(nln(n)1).
Réflexes
Résultat de cours à savoir justifier ! Exprimer un à l’aide des sommes partielles Sn
Que dire de S2n−Sn quand n→∞ ? Minorer S2n−Sn en considérant le terme le plus faible de la somme.
On peut chercher une suite presque toujours nulle, sauf en des rangs bien choisis où elle prendra des valeurs bien choisies.
On ne sait pas calculer k=2∑nkln(k)1 mais on sait intégrer xln(x)1
👉 comparaison série intégrale
∑n1 diverge, ∑nln(n)1 diverge … compléter la suite !
Difficile de trouver une telle suite à l’aide de fonctions usuelles.
👉 construire cette suite à la main. On pourra la construire “constante par morceaux”, autrement dit égale à une valeur αk entre des entiers nk et nk+1>nk. Reste à choisir correctement αk et nk.
Corrigé
On note dans la suite Sn=k=0∑nuk pour n∈N.
Si la série converge, Sn tend vers un réel S, et alors un=Sn−Sn−1→S−S=0. (c’est du cours !)
On a S2n−Sn=k=n+1∑2nuk, donc comme (un) est décroissante, S2n−Sn≥nu2n≥0.
Or S2n−Sn→S−S=0, donc par comparaison, limnu2n=0 (et donc lim(2n)u2n=0).
Pour les rangs impairs, on remarque que (2n+1)u2n+1∼(2n)u2n+1.
Or 0≤(2n)u2n+1≤(2n)u2n, donc, par comparaison, lim(2n+1)u2n+1=0. Conclusion : On a limnun=0, donc un=o(1/n).
On peut considérer la suite (un) définie par un=n1, si n est un carreˊ,un=0, sinon. La série ∑un (à termes positifs) est convergente, car (Sn) est majorée par k=1∑∞k21. Cependant k2uk2=1 donc la suite (nun) ne tend pas vers 0.
On considère un=nln(n)1 (n≥2), on a bien un=o(1/n), mais la série ∑un diverge.
Justfions-le. Comme t↦tln(t)1 est décroissante sur [2;+∞[, cette série est de même nature que ∫tln(t)1dt. Or une primitive de cette fonction sur ]1;+∞[ est t↦ln(lnt), qui tend vers +∞ en +∞.
On considère vn=nln(n)ln(ln(n))1 (n≥3), on a bien un=o(nln(n)1), mais la série ∑un diverge.
Justification. Similaire à la question précedente
(une primitive de t↦tln(t)ln(ln(t))1 sur ]e;+∞[ est t↦ln(ln(ln(t))), qui tend vers +∞ en +∞ ).
On construit une suite u égale αk>0 sur [[nk−1+1;nk]], où
(nk) est une suite strictement croissante d’entiers naturels, à choisir;
(αk) est une suite de réels strictement positifs, à choisir.
Il suffit de choisir αk=nkln(nk)1 pour avoir nkln(nk)unk=1, de sorte qu’on ait pas nln(n)un→0. Reste à choisir αk.
En faisant des paquets dans ∑un, avec les ensembles d’entiers [[nk−1+1;nk]], on observe que la convergence de la série ∑un équivaut à la convergence de la série k≥1∑nkln(nk)nk−nk−1. On peut par exemple choisir nk=2k2. Dans ce cas 0≤nkln(nk)nk−nk−1=2k2k2ln(2)2k2−2(k−1)2≤k2ln(2)1, terme général d’une série convergente. D’où la conclusion.
Exercice 308 ⭐️⭐️ Règle de Raabe-Duhamel, Spé/L2
Soit (un)n∈N une suite à valeurs dans R+∗. On suppose que unun+1=1−nα+O(n21), avec α∈R.
Montrer que la suite de terme général vn=ln(nαun) converge. On pourra étudier la série de terme général vn+1−vn.
En déduire que la série ∑un converge si et seulement si α>1
On suppose maintenant seulement unun+1=1−nα+o(n1).
Que peut-on dire de la convergence de ∑un si α>1 ? si α<1 ?
Application — Étudier la nature de la série ∑4n1(n2n).
Réflexes
Utiliser les développements limités pour obtenir un équivalent simple de vn+1−vn.
Si (vn) converge, quelle information obtient-on pour un ?
Faire un lien avec l’hypothèse initiale.
Appliquer !
Corrigé
On écrit vn+1−vn=ln((1+n1)αunun+1)=ln((1+nα+O(n21))(1−nα+O(n21))). donc finalement vn+1−vn=ln(1+O(n21))=O(n21).
Par comparaison avec une série de Riemann convergente, ∑(vn+1−vn) converge.
Puisque vn=v0+k=0∑n−1(vk+1−vk), on en déduit que la suite (vn) converge.
Soit ℓ=limvn. Par continuité de l’exponentielle, nαun→eℓ, donc un∼nαeℓ.
Par comparaison avec les séries de Riemann, on en déduit que ∑un converge si et seulement si α>1.
Supposons α>1. On peut alors prendre β∈]1;α[. Alors unun+1=1−nβ+nβ−α+o(n1). Or nβ−α+o(n1)∼nβ−α, donc nβ−α+o(n1)<0, à partir d’un certain rang n0. Ainsi, ∀n≥n0,unun+1≤1−nβ. On en déduit que un≤un0un0un, où (un) vérifie : ∀n≥n0, unu~n+1=1−nβ. Conclusion : ∑un converge d’après 2., donc par comparaison ∑un converge.
On montre de même que si α<1, alors ∑un diverge.
Remarque — Le cas α=1 est un cas douteux (on ne peut rien dire en général, comme pour le cas douteux des séries de Riemann). Vous pouvez vous en convaincre en étudiant unun+1 lorsque un=n(lnn)α1 (séries de Bertrand).*
Si un=4n1(n2n), après simplification des factorielles on obtient : unun+1=41(n+1)2(2n+2)(2n+1)=n+1n+1/2=1−n+11/2=1−2n1+o(n1), et donc la série ∑un diverge. Remarque — On peut montrer qu’on a en fait un∼nCste, résultat qu’on peut retrouver à l’aide de la formule de Stirling (fais-le !) Tu peux aussi regarder l’exercice 17.
Exercice 511 ⭐️⭐️ Série sin, Spé/L2
Montrer que pour tout n≥0, le réel an=(2+3)n+(2−3)n est un entier pair.
En déduire la nature de la série n≥0∑sin(π(2+3)n).
Réflexes
(a+b)n 👉 Binôme de Newton !
Nature d’une série 👉 Majoration ou équivalent du terme général.
Corrigé
On peut développer chacune des deux expressions à l’aide de la formule du binôme de Newton : an=k=0∑n(kn)[2n−k3k+2n−k(−3)k]. Or 3k+(−3)k vaut 0 si k est impair et vaut 2.3p si k=2p. On a donc : an=2p=0∑⌊n/2⌋(2pn)2n−2p3p, qui est bien un entier pair.
Petite remarque : une autre méthode consiste à remarquer que (an)n≥0 est l’unique suite vérifiant les conditions initiales a0=2, a1=4 et la relation de récurrence an+2=4an+1−an. On peut alors montrer simplement la parité de an par récurrence sur n≥0.
D’après la question précédente, on a sin(x−πan)=sin(x) pour tout x∈R et tout n≥0. On a en particulier sin(π(2+3)n)=sin(π(2+3)n−πan)=−sin(π(2−3)n). La transformation ne semble pas spectaculaire, mais elle change beaucoup de choses : en effet, la suite ((2−3)n)n≥0 est de limite nulle et à valeurs dans [0,1]. La série n≥0∑−sin(π(2−3)n) est donc à termes négatifs et on a −sin(π(2−3)n)∼n→∞−π(2−3)n, qui est le terme général d’une série convergente (série géométrique). Ainsi la série considérée est convergente.
Exercice 512 ⭐️⭐️ Série convergente, Spé/L2
Soit (un)n≥1 le terme général d’une série convergente. Montrer que la série n≥1∑nun est aussi convergente.
Réflexes
L’énoncé semble trop simple… Il y a peut-être un piège ! Ici, l’étourderie à ne pas commettre serait de croire que (un)n≥1 est à termes positifs, ce qui n’est pas une hypothèse de l’énoncé.
Corrigé
On pose S0=0 et, pour n≥1, Sn=k=1∑nuk. On sait que la suite (Sn)n≥1 est convergente, on note S sa limite. On a, pour tout N≥1, n=1∑Nnun=n=1∑NnSn−Sn−1=NSN+n=1∑N−1Sn(n1−n+11)=NSN+n=1∑N−1n(n+1)Sn. Comme (Sn)n≥1 est convergente, on a N→∞limNSN=0. De plus, la série de terme général n≥1∑n(n+1)Sn est absolument convergente, car ∣∣∣∣∣n(n+1)Sn∣∣∣∣∣∼n→∞n2S, donc la limiteN→∞limn=1∑N−1n(n+1)Sn existe bien. Ainsi la série n≥1∑nun est bien convergente.
Exercice 513 ⭐️⭐️ Séries et Intégrale de Dirichlet, Spé/L2
Soit 0<α≤1 un paramètre. Pour tout n≥0, on pose an=∫nπ(n+1)πxαsin(x)dx.
Montrer que la série n≥0∑an est convergente. Est-elle absolument convergente ?
Que dire de l’intégrale impropre ∫0∞xαsin(x)dx ?
Réflexes
Vu comment la question 1 est formulée, on peut s’attendre à ce que la série soit convergente mais pas absolument convergente… On peut alors tenter d’utiliser le critère des séries alternées !
Corrigé
On va montrer qu’on peut appliquer le critère spécial des séries alternées. Pour cela, on commence par faire le changement de variables t=x−nπ : an=∫0π(t+nπ)αsin(t+nπ)dt=(−1)n∫0π(t+nπ)αsin(t)dt. La fonction sin étant positive sur [0,π], on en déduit que (−1)nan≥0 et que pour tout n≥0, ∣an∣=∫0π(t+nπ)αsin(t)dt. L’inégalité (t+nπ)α≥(nπ)α vraie pour tout 0≤t≤π donne, pour n≥1, l’encadrement 0≤∣an∣≤(nπ)α1∫0πsin(t)dt=(nπ)α2, on a donc n→∞lim∣an∣=0. Enfin, on a pour tout 0≤t≤π l’inégalité (t+nπ)α≤(t+(n+1)π)α, on en déduit que ∣an+1∣≤∣an∣. Les hypothèses du critère des séries alternées sont vérifiées, on peut conclure que la série n≥0∑ est convergente.
En ce qui concerne l’absolue convergence, on utilise l’inégalité (t+nπ)α≤((n+1)π)α pour en déduire ∀n≥0,∣an∣≥(n+1)α1. On sait que pour 0<α≤1 la série n≥0∑(n+1)α1 est divergente, on en déduit par comparaion que la série n≥0∑an n’est pas absolument convergente.
Remarquons tout d’abord que l’équivalent classique sin(x)∼x et le fait que 0<α≤1 permettent de prolonger par continuité la fonction f:x↦xαsin(x) en 0 en posant f(0)=0 si α<1 et f(0)=1 si α=1. On va maintenant étudier le comportement lorsque X→∞ de l’intégrale ∫0Xf(x)dx, en essayant bien sûr de se ramener à la question précédente. A tout réel X>0, on associe l’entier n(X) défini par n(X)=⌊πX⌋. L’entier n(X) a été construit de telle sorte qu’on a l’encadrement n(X)π≤X<(n(X)+1)π. La relation de Chasles permet d’écrire ∫0Xf(x)dx=k=0∑n(X)−1∫kπ(k+1)πf(x)dx+∫n(X)πXf(x)dx=k=0∑n(X)−1ak+∫n(X)πXf(x)dx. On va montrer que chacun des deux termes du membre de droite converge lorsque X→∞. Pour la somme k=0∑n(X)−1ak, la convergence est assurée par le résultat de la première question et le fait que X→∞limn(X)=+∞. Pour le deuxième terme, on utilise le fait que ∣X−n(X)π∣≤π pour majorer brutalement : ∣∣∣∣∣∣∫n(X)πXf(x)dx∣∣∣∣∣∣≤∫n(X)πXxα∣sin(x)∣dx≤∫n(X)πX(n(X)π)α1dx≤(n(X)π)απ. Ce terme est donc de limite nulle lorsque X→∞, ce qui finit de montrer que l’intégrale ∫0∞f(x)dx est bien convergente.
Exercice 529 ⭐️⭐️ Le problème de Bâle, Spé/L2/Classique
On ne peut pas sortir de prépa ou L3 sans avoir démontré au moins une fois que n=1∑∞n21=6π2. C’est Euler qui a trouvé la valeur de cette somme au XVIII ème siècle, et ce, sans l’aide de Highkhôlle.
Si Euler l’a fait, alors nous aussi on peut le faire (hmm…😭). Allons-y !
On rappelle que la fonction cotangente est définie par : ∀t∈/πZ,cotan(t)=sin(t)cos(t).
Soit n∈N∗. Pour t∈]0,2π[, montrer qu’il existe un polynôme Pn (dont on donnera une expression) tel que pour tout t∈]0;π/2[, sin2n+1(t)sin((2n+1)t)=Pn(cotan2(t)).
Pour k∈[[1,n]], on pose xk=cotan2(2n+1kπ).
Justifier que les réels x1,…,xn sont des racines de Pn, et qu’elles sont toutes distinctes.
En utilisant les coefficients de Pn devant Xn et Xn−1, montrer que k=1∑nxk=3n(2n−1).
Établir l’encadrement suivant : pour tout t∈]0;π/2[, cotan2(t)≤t21≤1+cotan2(t).
En déduire que pour n∈N∗, le réel Sn=k=1∑nk21 vérifie : 3n(2n−1)≤π2(2n+1)2Sn≤n+3n(2n−1).
Déterminer la valeur de n=1∑∞n21.
Indications
Développer sin(Nt) 👉 De Moivre et binôme de Newton.
Vérifier que Pn(xk)=0.
Identification de coefficients entre la forme développée et la forme factorisée de Pn.
Inégalité pour tout t dans un intervalle 👉 Étude de fonction.
Choisir le bon t, puis sommer.
Gendarmes !
Corrigé
La formule de Moivre et du binôme donnent : sin((2n+1)t)=Im((cos(t)+isin(t))2n+1)=Im(k=0∑2n+1(k2n+1)cos2n+1−k(t)iksink(t)),
or i2p=(−1)p et i2p+1=(−1)pi, donc : sin((2n+1)t)=p=0∑n(2p+12n+1)cos2n−2p(t)(−1)psin2p+1(t).
Ainsi sin2n+1(t)sin((2n+1)t)=p=0∑n(2p+12n+1)cos2n−2p(t)(−1)psin2p−2n(t)=Pn(cotan2(t)),
avec Pn(X)=p=0∑n(2p+12n+1)(−1)pXn−p.
D’après la relation précédente, on a pour k∈[[1,n]] : Pn(xk)=sin2n+1(2n+1kπ)sin(kπ)=0. De plus cotan est strictement décroissante sur ]0,π/2[, car cotan′(t)=sin2(t)−1.
Par conséquent x1>x2>⋯>xn, en particulier ces racines sont toutes distinctes.
Pn est de degré n, il est donc scindé à racines simples : en notant α son coefficient dominant, Pn(X)=α(X−x1)(X−x2)…(X−xn). L’expression de Pn en 1. donne α=(12n+1)=2n+1.
Par ailleurs l’identification du coefficient devant Xn−1 donne : −αk=1∑nxk=−(32n+1).
Ainsi k=1∑nxk=2n+1(32n+1)=3n(2n−1).
Notons I=[0,2π[. On rappelle que pour t∈I, 0≤sin(t)≤t.
Posons u(t)=tan(t)−t. u est dérivable sur I et ∀t∈I,u′(t)=tan2(t)≥0.
Donc u est croissante sur I. ainsi ∀t∈I, u(t)≥u(0)=0.
On en déduit que pour t∈]0;π/2[, cotan2(t)≤t21.
On a par ailleurs pour t∈]0,π/2[ : 1+cotan2(t)=sin2(t)1≥t21.
On applique cet encadrement à t=2n+1kπ : xk≤π2k2(2n+1)2≤1+xk.
On prend la somme pour k∈[[1,n]] : 3n(2n−1)≤π2(2n+1)2Sn≤n+3n(2n−1).
On obtient ainsi un encadrement de Sn : 3(2n+1)2π2n(2n−1)≤Sn≤(2n+1)2π2n+3(2n+1)2π2n(2n−1).
Or n→∞lim3(2n+1)2π2n(2n−1)=6π2, et n→∞lim(2n+1)2π2n=0.
Donc par comparaison, n=1∑∞n21=n→∞limSn=6π2.
Exercice 540 ⭐️⭐️ Séries avec la fonction zeta, Spé/L2
Pout tout s>1, on pose ζ(s)=n=1∑∞ns1.
Montrer que k=2∑∞(ζ(k)−1)=1.
Montrer que k=2∑∞kζ(k)−1=1−γ, où γ=n→∞limk=1∑nk1−ln(n).
Calculer la somme k=1∑∞kζ(2k)−1.
Réflexes
Dans chacun des trois cas : on fait apparaître une somme doublement indicée ! Peut-on intervertir l’ordre de sommation ?
Corrigé
On commence par remarquer que ζ(k)−1=n=2∑∞nk1. On pose an,k=nk1, pour tout n≥2 et tout k≥2. C’est une famille à termes positifs, on peut donc intervertir l’ordre de sommation. On a d’une part : k=2∑∞n=2∑∞an,k=k=2∑∞(ζ(k)−1), et d’autre part : n=2∑∞k=2∑∞nk1=n=2∑∞n21k=0∑∞nk1=n=2∑∞n211−n11=n=2∑∞n(n−1)1.. La somme de cette dernière série se calcule facilement une fois remarqué que n(n−1)1=n−11−n1 : on a bien n=2∑∞n(n−1)1=1.
On pose an,k=knk1, pour tout n≥2 et tout k≥2. C’est une famille à termes positifs, on peut donc intervertir l’ordre de sommation. On a d’une part : k=2∑∞n=2∑∞an,k=k=2∑∞kζ(k)−1, et d’autre part : n=2∑∞k=2∑∞knk1=n=2∑∞−ln(1−n1)−n1. On a reconnu le développement en série entière de la fonction x↦−ln(1−x) auquel il manquait le premier terme. Pour calculer la somme de cette série (on sait que c’est une série à termes positifs), on peut passer par les sommes partielles et remarquer que −ln(1−n1)=ln(n)−ln(n−1). On a donc : n=2∑N−ln(1−n1)−n1=ln(N)−ln(1)−(−1+n=1∑Nn1)=1−(n=1∑Nn1−ln(N)). En passant à la limite lorsque N→∞, on obtient bien n=2∑∞−ln(1−n1)−n1=1−γ.
Un raisonnement similaire en tout point à celui de la question précédente permet d’obtenir : k=1∑∞kζ(2k)−1=n=2∑∞−ln(1−n21). Ici on remarque que −ln(1−n21)=−ln(n−1)+2ln(n)−ln(n+1), et on en déduit que pour tout N≥1 on a n=2∑N−ln(1−n21)=ln(2)−ln(1+N1). On peut donc conclure que k=1∑∞kζ(2k)−1=ln(2).
Exercice 590 ⭐️⭐️⭐️ Double somme alternée, X MP
Déterminer la limite de In=k=1∑nj=1∑nk+j(−1)k+j.
Réflexes
Présence de 1/k dans une somme dont on veut faire le calcul 👉 essayer écriture 1/k=∫01tk−1dt=∫0∞e−kxdx.