Dans le diagramme de Clapeyron d’un gaz parfait, on considère l’ensemble des isothermes (réversibles) de la forme T=mT0,m∈N et l’ensemble des isentropiques (réversibles) de la forme S=nS0,n∈N.
Tracer l’allure des isothermes et des isentropiques dans ce diagramme.
Deux isothermes successives mT0,(m+1)T0 et deux isentropiques successives nS0,(n+1)S0 délimitent une surface dans le diagramme de Clapeyron.
Montrer que l’aire de cette surface est indépendante de n et m.
Réflexes
-Isentropique d’un gaz parfait : loi de Laplace.
-Aire d’une surface dans le diagramme de Clapeyron : interprétation en termes de travail.
Corrigé
Pour un gaz parfait, l’équation d’une isotherme est de la forme pV=p0V0=Cte , l’équation d’une isentropique est de la forme pVγ=p0V0γ=Cte′.
L’aire A du cycle représente au signe près le travail reçu par le système lors d’un cycle constitué de deux isothermes mT0,(m+1)T0 et de deux isentropiques nS0,(n+1)S0 . Supposons le cycle décrit dans le sens horaire, A=−W.
Le cycle est un cycle de Carnot W+Qc+Qf=0 avec
Qc=(m+1)T0[(n+1)S0−nS0]=S0(m+1)T0
et Qf=mT0[nS0−(n+1)S0]=−mT0S0.
D’où A=−W=T0S0.
Exercice 7 ⭐️⭐️⭐️ Moteur ditherme, Spé/L2
Quel est le rendement maximal d’un moteur thermique ditherme ? On note T1 et T2 les températures constantes de la source chaude et de la source froide. Démontrer.
On considère maintenant que les sources froide et chaude ne sont pas des thermostats, mais deux corps de même masse M et de capacité thermique c. Quel est le transfert thermique Q1 maximal qu’on peut obtenir de la source chaude dans le cadre d’un moteur ditherme fonctionnant entre ces deux sources ?
On dispose d’un moteur ditherme fonctionnant à l’aide d’un lac de température T0=10°C et d’un volume fixé d’eau chaude à T1=100°C, quel est le travail maximal que peut fournir ce moteur ?
Corrigé
Question de cours (utiliser l’inégalité de Clausius) : rmax=1−T1T2.
Les deux sources sont de températures T1 (source chaude) et T2 (source froide).
Pour le fluide ΔS=0=−∫T10TfMcTdT−∫T20TfMcTdT+Sech=−Mcln(T01T02Tf2)+Screˊeˊe. Donc ln(T01T02Tf2)=McScreˊeˊe. Le transfert thermique fourni par la source chaude est Qc=Mc(T1−Tf). Il est maximal pour Tf le plus petit possible, soit Screˊeˊe=0.
Dans le cas réversible, le moteur décrit des cycles (ΔS=0) en échangeant du transfert thermique avec les deux sources ΔS=Seˊch−∫T10TfMcTdT−∫T20TfMcTdT. D’où Tf=T01T02. Q1=Mc(T1−T01T02).
La température finale de la source chaude 1 est T0 . Pour le lac (source froide 2), les transformations sont réversibles, d’où ΔS=0=−∫T1T0McTdT+T0Q2+Screˊeˊe,
et Q2=T0[∫T1T0McTdT−Screˊeˊe].
Avec le premier principe −W=Q1+Q2=−Mc(T0−T1)+T0[∫T1T0McTdT−Screˊeˊe]. −W est maximal pour Screˊeˊe=0.
Alors ΔS=Seˊch=0=−∫T1T0McTdT+T0Q2. D’où les transferts thermiques reçus par le fluide : Q2=T0Mcln(T1T0)<0 et QC=Mc(T1−T0)>0.
Le travail maximal −W=McT0[(T1/T0−1)+ln(T1T0)]>0.
Exercice 33 ⭐️⭐️⭐️ Chauffage d’une maison, CCMP MP 2022, Spé/L2
On souhaite porter la température d’une maison de la température Tf à la température Tm. L’extérieur de la maison est à la température Tf. On dispose d’une source de chaleur à la température Tc.
Sachant que la maison doit recevoir une puissance P pour atteindre la température souhaitée, est-il préférable de placer la source de chaleur directement dans la maison, ou bien de l’utiliser pour faire fonctionner un moteur thermique (supposé réversible) alimentant lui-même une pompe à chaleur (réversible) ?
Données : Tm=293 K,Tc=333 K et Tf=273 K.
Indice
S’intéresser dans les deux cas à la puissance P′ que doit fournir la source de chaleur.
Corrigé
Cas 1 — La source de chaleur est directement dans la maison P′=P.
Cas 2 — Le moteur fonctionne grâce à des échanges de transfert thermique entre un système fluide et d’une part la source chaude à la température Tc et d’autre part une source froide (ici nécessairement l’extérieur à Tf). Le rendement du moteur ditherme est dans le cas réversible, comme vu en cours, égal au rendement de Carnot r=−QcW=1−TcTf. En termes de puissances, la puissance fournie par le moteur est Pmeˊca=rP′.
Le moteur alimente une PAC qui reçoit un transfert thermique Q1<0 de la source chaude (qui est la maison), un transfert thermique Q2>0 de la source froide (l’extérieur), et un travail WPAC=−W>0. La PAC fonctionnant réversiblement,
∫TfTmTδQ1+TfQ2=0 (2nd principe), et
WPAC+Q1+Q2=0 (1er principe).
En termes de puissances, qu’on considère implicitement constantes dans le temps, le 1er principe s’écrit donc Pmeˊca−P+Tf∫TfTmTδP=0, soit (1−TcTf)P′=P−Tf∫TfTmTδP.
Or ∫TfTmTδP>∫TfTmTcδP=TcP.
Donc (1−TcTf)P′<(1−TcTf)P, soit P′<P.
L’utilisation du moteur et de la PAC est ainsi la solution la plus efficace.
Exercice 46 ⭐️ Isentropique et isotherme, Sup/L1
Montrer que dans le diagramme de Clapeyron (p,V) d’un gaz parfait la pente d’une isentropique est égale à γ fois la pente d’une isotherme (γ=Cp/Cv).
Corrigé
Le gaz est parfait, PV=nRT.
Pour une isotherme passant par le point (V0,P0):dVdP=−V2nRT. Au point (V0,P0), la pente est −V02nRT=−V0P0.
pour une isentropique passant par le point (V0,P0) : le gaz parfait obéit à la loi de Laplace PVγ=P0V0γ. D’où dVdP=−γVγ+1P0V0γ=−γVP. Au point (V0,P0), la pente est−γV0P0.
Exercice 47 ⭐️⭐️ Entropies de phases condensées , Spé/L2
Deux corps en phase condensée (indilatables incompressibles) ont pour capacités calorifiques C1 et C2. Initialement ils sont isolés, le premier à la température T1 et le second à la température T2. Ils sont ensuite mis en contact thermique sans contact thermique avec l’extérieur.
1.Quelle est la température finale de l’ensemble?
2. Calculer la variation d’entropie ΔS1 du corps 1. Quel est son signe ? (T1>T2).
3. Quel est le signe de la variation totale d’entropie ? Le vérifier pour
• C1=C2
• C1≫C2.
Corrigé
Pour l’ensemble isolé des deux corps indilatables incompressibles ΔH=ΔU=Q=0.
Soit Tf la température finale. C1(Tf−T1)+C2(Tf−T2)=0, d’où Tf=C1+C2C1T1+C2T2.
Pour une phase condensée indilatable incompressible, l’entropie ne dépend que de la température.
La variation d’entropie ne dépend que de l’état initial et de l’état final ; elle peut ainsi être déterminée pour chaque corps avec dS=TδQreˊv=CTdT. ΔS1=∫T1TfC1TdT=C1ln(T1Tf)<0
Le corps 1 n’étant pas isolé, une variation d’entropie négative est tout à fait possible.
La variation totale d’entropie est ΔS=C1ln(T1Tf)+C2ln(T2Tf). Comme le système total est isolé, et la transformation irréversible ΔS=Screˊeˊe>0.
Cas particuliers :
• C1=C2,Tf=2T1+T2
et ΔS=C1ln(4T1T2(T1+T2)2).
(T1+T2)2−4T1T2=(T1−T2)2>0 permet de vérifier ΔS>0.
• C1≫C2, Tf=C1+C2C1T1+C2T2=T1(1+C1C2T1T2)(1+C1C2)−1≃T1(1+C1C2T1T2−T1).
au premier ordre en C1C2.
(C1+C2)C1C2T1T2−T1≃C2T1T2−T1, d’où pour C1≫C2 (ce qui correspond au cas où le corps 1 peut être décrit comme un thermostat), ΔS=Screˊeˊe=C2ln(T2T1)+C2T1T2−T1.
On retrouve Screˊeˊe=ΔS2−Seˊch,2, qu’on aurait pu obtenir par bilan entropique sur le corps 2 seul, en présence d’un thermostat à T1.
Exercice 106 ⭐️⭐️ Cycle d’un gaz parfait, Sup/L1
Un gaz parfait parcourt un cycle, composé de trois transformations réversibles :
Représenter le cycle dans le diagramme de Clapeyron. Le cycle est-il moteur ou résistant ? Justifier.
On pose α=V0V1 , β=T0T2. Exprimer α en fonction de β et du coefficient γ.
Quelles sont les températures la plus élevée Tmax et la plus basse Tmin atteintes dans ce cycle ?
Quel est le rendement r de ce cycle ditherme ? Comparer avec
le cycle de Carnot correspondant à des sources aux températures Tmax
et Tmin.
Réflexe
Rendement de Carnot 👉 Pour un moteur ditherme, le rendement de Carnot est rC=1−TCTF, à connaître et à savoir démontrer.
Corrigé
Pour construire le diagramme, il faut avoir en tête que (pour un gaz parfait en particulier) la pente d’une isentropique est plus grande que celle d’une isotherme en variables (P,V) (voir exercice 46). De A à B, la détente correspond à une augmentation du volume.
Le cycle est parcouru dans le sens horaire, c’est un moteur (l’aire du cycle ∮p.dV=−W>0).
α=V2V1.V0V2=T2T0.V0V2.
La loi de Laplace donne en variables (T,V) : T2V2γ−1=T0V0γ−1,
d’où α=T2T0.(T2T0)1/(γ−1)=(T2T0)γ/(γ−1),
soit α=β−γ/(γ−1).
Tmax=T0 et Tmin=T2.
r=−QcW où Qc>0 est le transfert thermique fourni au gaz par la source chaude.
Au cours du cycle le gaz reçoit Qc>0 de la part de la source chaude entre A et B (en effet Qc=−WAB=nRT0lnα>0), et Qf<0 de la part de la source froide entre B et C (en effet Qf=H(C)−H(B)=nCpm(T2−T0)<0) .
Pour le cycle ΔU=W+Qf+Qc=0. D’où r=1+QcQf=1+(γ−1)lnαγ(β−1). r=1+lnβ1−β.
On vérifie que lnβ1−β<0 puisque β<1, et ∣∣∣∣∣lnβ1−β∣∣∣∣∣<1 (par exemple en traçant la courbe y=lnx et la courbe y=x−1) : 0<r<1.
Le rendement de Carnot (cycle ditherme avec deux isothermes et deux isentropiques) serait rC=1−T0T2=1−β.
Comparons r et rC en étudiant le signe de r−rC=lnβ1−β+β, qui est celui de f(β)=β−1−βlnβ. f′(β)=−lnβ>0 pour β<1. Or f(1)=0,
donc f(β)<0 pour β<1, soit r<rC comme attendu.