Un dispositif, équivalent à un condensateur plan, est constitué de deux plaques parallèles identiques de grandes dimensions, d’aire S, distantes de ℓ, (ℓ≪S). La première, située en z=−ℓ/2 est au potentiel U/2. La seconde, située en z=ℓ/2, est au potentiel −U/2. Ces plaques se trouvent dans un milieu globalement neutre contenant des charges ±e des deux signes, et la répartition volumique des charges obéit à la loi ρ(z)=−aV(z) avec a>0. On étudie le champ et le potentiel entre les plaques, en négligeant les effets de bord.
Déterminer V,E. Comparer à ce qui se passe lorsqu’il y a du vide entre les deux plaques.
Le dispositif est en équilibre thermique à la température T. Justifier la relation ρ=−aV avec la statistique de Boltzmann, dans le cas où ∣U∣≪ekBT.
Réflexe
Relation entre ρ et V 👉 Equation de Poisson.
Corrigé
Les plaques étant de grandes dimensions, le potentiel et le champ ne dépendent que de z, en négligeant les effets de bord. L’équation de Poisson ΔV+ε0ρ=0 s’écrit : V"−aV/ε0=0.
a est en F.m−3, d’où a/ε0 en m−2, l’équation est homogène. En tenant compte des conditions aux limites : V(z)=−2sinh(ε0a2ℓ)Usinh(ε0az).
E(z)=ε0a2sinh(ε0a2ℓ)Ucosh(ε0az)uz.
Dans le cas du vide , c’est le condensateur plan usuel : E=ℓUuz est uniforme et V(z)=Uz varie linéairement. On retrouve ce cas lorsque ℓ≪aε0.
L’énergie potentielle d’une charge q dans le potentiel V est Ep=qV. D’après Boltzmann, ρ+(z)=Aexp(−kBTeV(z)) et ρ−=Bexp(kBTeV(z)).
Avec ∣U∣≪ekBT, et un d.l. d’ordre 1 en kBTeV(z):ρ(z)=ρ+(z)+ρ−(z)≃−(A−B)kBTeV(z). On retrouve la relation donnée avec a=(A−B)kBTe.
Remarque : ρ(z)=ρ+(z)+ρ−(z) est impair comme V, donc B=−A. On obtient dans le cas général ρ(z)=2Bsinh(kBTeV(z)), B étant un coefficient de normalisation dépendant du nombre de charges présentes.
Exercice 70 ⭐️⭐️ Expérience de Kappler, MP/L2
L’expérience de Kappler en 1931 a pour objectif de déterminer la constante de Boltzmann kB.
Un petit miroir est suspendu à un fil de quartz, de constante de torsion C, confondu avec l’axe (Oz). Quand le miroir tourne d’un angle θ, il subit un couple de rappel −Cθuz.
Le miroir est éclairé par un faisceau lumineux qui arrive en incidence normale sur le miroir lorsqu’il est en équilibre.
E (en N.m−2) est le module d’Young du quartz. La constante de rappel C dépend de E, de la longueur du fil ℓ et de son rayon r. On sait qu’elle est inversement proportionnelle à ℓ. En déduire la dépendance de E avec r, et en introduisant un coefficient de proportionnalité de l’ordre de l’unité, en déduire un ordre de grandeur de r.
Données : C=9,43.10−16N.m.rad−1,E=7,5.104 N.mm−2, ℓ est de l’ordre de 1 m.
Quand le miroir tourne de θ, que vaut d, la distance que parcourt le point d’impact du faisceau sur un écran situé à une distance L=1,00 m du miroir ?
L’ensemble est en équilibre thermique à la température T=287 K. Exprimer ⟨θ2⟩. On mesure en fait ⟨d2⟩. Comment en déduire kB ?
A.N. ⟨d2⟩=1,68.10−5m2. Calculer kB.
Corrigé
[C]=M.L2.T−2,[E]=M.L−1.T−2 ; une équation de la forme C=αℓEr4 où α est un scalaire, vérifie l’équation aux dimensions. En supposant que α est de l’ordre de l’unité, r∼(Cℓ/E)1/4 et r est de l’ordre du μm, ce qui est très faible.
Le faisceau incident est de direction fixe. Quand le miroir tourne de θ, l’angle d’incidence passe de 0 à θ, ainsi que l’angle de réflexion ; donc le faisceau réfléchi tourne de 2θ et d=Ltan(2θ).
L’ensemble fil+miroir est un système en équilibre thermique à T. Le théorème d’équipartition de l’énergie appliqué à ce système, indique que la valeur moyenne de chaque terme quadratique énergétique est égal à kBT/2. Donc pour l’énergie potentielle élastique du fil de torsion ⟨Ep⟩=⟨21Cθ2⟩=21kBT. On en déduit pour des petits angles correspondants à des fluctuations thermiques avec d=L2θ. kB=TC⟨θ2⟩=4L2TC⟨d2⟩.
A.N. kB=1,38.10−23J.K−1.
Exercice 71 ⭐️⭐️ Systèmes à 2 niveaux, MP/L2/Classique
Un système, composé d’un grand nombre N de particules identiques discernables indépendantes, est en équilibre avec un thermostat à la température T. Chacune de ces particules possède deux niveaux d’énergie possibles, ε1 et ε2 avec ε1<ε2. Dans la suite, β=(kBT)−1 où kB est la constante de Boltzmann.
Evaluer le nombre de particules N1 dans l’état d’énergie ε1 et le nombre de particules N2 dans l’état d’énergie ε2. En déduire l’expression de l’énergie interne. Étudier les limites “basse” et “haute” température (notions à préciser).
On se place dans toute la suite le cas où ε1=−ε2.
Exprimer l’écart quadratique ΔE de l’énergie totale du système en fonction de N,T,kB,ε2. On rappelle la relation EΔE=N1εΔε.
Calculer la capacité thermique C de ce système ainsi que C/R pour N=NA. Représenter l’allure des variations de C/R en fonction de x=ε2/kBT.
Quelle relation retrouve-t-on entre les fluctuations de l’énergie totale et la capacité thermique ?
Les particules sont des atomes dont le moment magnétique individuel est μ.
La projection de μ sur l’axe (Oz) peut prendre deux valeurs ±μB=9.10−24A.m2. Quelle est l’expérience qui a montré pour la première fois la quantification de la projection du moment magnétique atomique sur un axe ?
Quelles sont les expressions de ε1 et ε2 ? À température ambiante, à quelle condition sur B0 se trouve-t-on dans la condition “basse température” ou “haute température” ? Commenter. kB=1,38.10−23 J.K−1.
Réflexes
Enérgie interne (ou énergie totale moyenne) 👉 E=N1ε1+N2ε2=Nε.
Corrigé
La probabilité pour une particule de se trouver dans l’état d’énergie ε1 est p1=e−βε1+e−βε2e−βε1, d’où N1=Np1=Ne−βε1+e−βε2e−βε1. De même, N2=Np2=Ne−βε1+e−βε2e−βε2.
U=E=N1ε1+N2ε2=Ne−βε1+e−βε2ε1e−βε1+ε2e−βε2. U=N1+e−β(ε2−ε1)ε1+ε2e−β(ε2−ε1).
Pour kBT≪ε2−ε1,U→Nε1, tous les atomes sont dans l’état fondamental.
Pour kBT≫ε2−ε1,U→N2ε1+ε2, les atomes sont répartis également dans les deux niveaux.
La valeur moyenne de l’énergie d’une particule est ε=p1ε1+p2ε2=ε2tanh(βε2).
De même, ε2=p1ε12+p2ε22=(p1+p2)ε12=ε22, d’où (Δε)2=ε2−ε2=ε22[1−tanh2(βε2)]=cosh2(βε2)ε22, U=E=−Nε2tanh(βε2). Avec EΔE=N1εΔε , il vient ΔE=Ncosh(βε2)ε2.
La capacité thermique C=dU/dT=−Nε2(−kBT2ε2)cosh2(βε2)1=kBT2cosh2(βε2).Nε22. C/R=(kBT)2cosh2(βε2)ε22=cosh2(βε2)(βε2)2
On vérifie le théorème de fluctuation-réponse : ΔE2=CkBT2.
L’énergie potentielle est Ep=−μ.B.
Il s’agit de l’expérience de Stern et Gerlach (animation à voir ici sur l’excellent site https://toutestquantique.fr). Ici ε2=μBB0 et ε1=−μBB0.
La condition “basse T” est μBB0≫kBT, soit B0≫4.102 T, non réalisable. On est nécessairement dans la limite haute température.
Exercice 72 ⭐️⭐️⭐️ Résistivité des métaux, MP/L2
À température T usuelle, la résistivité ρ d’un métal dépend de la probabilité pour un électron d’être diffusé lors des vibrations du réseau cristallin. La résistivité est ainsi proportionnelle au déplacement quadratique moyen d’un atome par rapport à sa position d’équilibre ρ=α(x2+y2+z2), où α est une constante. Dans la suite, les interactions entre atomes sont négligées.
Un atome de masse m est soumis à une force de rappel centrale F=−mω2r proportionnelle au déplacement de l’atome par rapport à sa position d’équilibre. Quelle est l’énergie potentielle ep associée ?
Approche quantique
Les trois degrés de liberté des N atomes du réseau cristallin sont décrits comme 3N oscillateurs quantiques indépendants et discernables (phonons). Pour chaque oscillateur, les niveaux d’énergie quantifiés possibles sont εn=(n+21)ℏω appartenant à N. Tous les oscillateurs ont la même pulsation ω
a. Exprimer l’énergie moyenne d’un oscillateur. On pourra utiliser la fonction de partition z=n=0∑∞e−βεn.
b. Dans chaque état d’énergie, l’énergie cinétique moyenne et l’énergie potentielle moyenne sont égales. En déduire le déplacement quadratique moyen d’un atome, puis l’expression de la résistivité.
c. Tracer sommairement l’allure de la résistivité en fonction de la température dans le cadre de ce modèle.
d. Commenter la courbe donnant la résistance d’une sonde de Platine en fonction de la température.
Approche classique ou limite continue :
a. Quelle limite (haute température ou basse température) de l’approche quantique permet de retrouver l’approche continue classique ? Justifier que dans la gamme de température étudiée en 2d, un calcul classique est justifié pour le Platine. Dans la suite, on se place dans ce cadre.
b. Exprimer ρ en fonction des données. Conclure.
Le déplacement quadratique moyen ℓ d’un atome est de l’ordre du centième de nanomètre. En déduire l’ordre de grandeur de la température à partir de laquelle un calcul classique est suffisant. Données : masse molaire du Cuivre M=64 g.mol−1, du Platine M=195 g.mol−1.
Réflexe
Energie moyenne d’un oscillateur harmonique 👉 Remarquer que ε=−∂β∂ln(z).
Corrigé
En coordonnées cartésiennes, F=−mω2(xux+yuy+zuz)=−grad ep=−(∂x∂epux+∂y∂epuy+∂z∂epuz).
À une constante près, ep=21mω2(x2+y2+z2).
a. Soit β=(kBT)−1. L’énergie moyenne d’un oscillateur est ε=n=0∑∞(ℏω/2+nℏω)e−β(ℏω/2+nℏω).
En posant z=e−βℏω/2n=0∑∞e−βnℏω=e−βℏω/2/(1−e−βℏω)=1/[2sinh(βℏω/2)]. ε=−∂β∂ln(z)=(ℏω/2)coth(βℏω/2).
b. Pour chaque oscillateur ep=ε/2⇒(x2+y2+z2)=3ε/(mω2). D’où ρ=(3αℏ/2mω)coth(βℏω/2).
c. À haute température (βℏω→0),ρ∼3αkBT/(mω2), la résistivité varie linéairement avec la température. À basse température (βℏω→∞), ρ∼3αℏ/2mω, la résistivité ne dépend pas de la température dans ce domaine.
d. Sur le graphe, la résistance varie linéairement. Or la résistance est proportionnelle à la résistivité, on retrouve la limite “haute température”. On en déduit que ℏω≪kBT, pour T≥73K.
a. L’approche continue est justifiée pour les hautes températures, quand kBT est grand devant les écarts d’energie entre deux niveaux successifs. D’après 3d. on est bien dans ce cas pour le platine dans le domaine de température étudié.
b. Chaque terme quadratique énergétique a une valeur moyenne égale à kBT/2. Donc 21mω2(x2+y2+z2)=23kBT, soit x2+y2+z2=mω23kBT et ρ=αmω23kBT.
mℓ2ω2/2=3kBT/2⇒ω=(3kBT/mℓ2)1/2. La condition βℏω≪1 donne T≫3ℏ2/(mkBℓ2). Pour du cuivre (M=64 g.mol−1), T≫60 K, pour du platine T≫20 K. Remarque — À très basse température, le modèle étudié ici ne suffit pas à décrire la résistivité des métaux.
Dans une cellule vivante à température ambiante, on observe une différence de potentiel de part et d’autre de la membrane qui sépare l’intérieur de la cellule, le cytoplasme, de l’extérieur. Par ailleurs, on observe une différence de concentration des ions K+ comme illustré ci-dessous.
Expliquer le phénomène, sachant que la membrane est imperméable à tous les ions sauf les ions K+.
Déterminer la différence de potentiel de part et d’autre de la membrane cellulaire.
La cellule n’est évidemment pas unidimensionnelle, mais on considère ici une version simplifiée où les grandeurs étudiées ne dépendent que de x. La membrane est schématisée ici par un double trait.
Remarque— Un énoncé plus détaillé (donc plus facile 🙂) est proposé dans l’exercice 112. kB=1,38.10−23 J.K−1, e=1,6.10−19C .
Indice
Supposer un équilibre thermique, ce qui permet d’utiliser la loi de Maxwell-Boltzmann.
Corrigé
Analyse qualitative.
Considérons qu’initialement la concentration en ions K+ du cytoplasme et de l’extérieur sont différentes. Alors un phénomène de diffusion de particules apparait qui tend à s’opposer à cette inhomogénéité. Donc des ions K+ traversent la membrane. Comme ils sont les seuls à traverser, il va apparaitre une densité volumique de charge non nulle (négative) à l’intérieur où des charges + ont disparu, et à l’extérieur de la cellule (densité volumique de charge positive), donc un champ électrique dirigé de la région chargée positivement vers la région chargée négativement, donc de l’extérieur vers l’intérieur de la cellule.
Le champ électrique s’exerce en particulier sur les ions K+ eux-mêmes. L’équilibre est atteint lorsque le courant de diffusion de particules jP=−Dgradn dû à l’hétérogénéité des concentrations et le courant d’ions sous l’action du champ électrique eje=nv se compensent .
L’énergie potentielle d’un ion K+ de charge e dans le potentiel électrique ψ est Ep=eψ. Ainsi la loi de Boltzmann donnant la probabilité pour un ion d’avoir une énergie potentielle eψ conduit à une répartition de la population des ions qui vérifie n(x)=n0exp(kBt−eψ(x)).
nint=n0exp(kBt−eψint)
et next=n0exp(kBt−eψext) .
D’où, avec Δψ=ψint–ψext, ln(nextnint)=−kBTeΔψ.
A.N. Avec T=300 K, Δψ=−88 mV.
Exercice 112 ⭐️⭐️⭐️ Membrane d’une cellule 2, MP/L2
Cet énoncé reprend l’exercice 111 en précisant les étapes attendues dans la résolution.
La membrane d’une cellule vivante possède une perméabilité sélective aux ions suivant la nature des ions. À l’intérieur de la cellule (cytoplasme), les cations majoritaires sont K+. Nous considérons à présent le modèle unidimensionnel de Bernstein (1902) dans lequel seule la diffusion des ions K+ est prise en compte, la membrane étant supposée imperméable à tous les autres ions. De plus, la densité volumique des ions K+ dans le cytoplasme est beaucoup plus élevée qu’à l’extérieur.
La cellule et son environnement sont en équilibre thermique à la température T.
Expliquer le mécanisme qui conduit à un équilibre. Justifier en particulier
l’existence d’un champ électrostatique E=E(x)ux , dû au déplacement des ions K+ . Dans quel sens est-il dirigé à l’équilibre?
On suppose l’équilibre thermique réalisé. En déduire la différence de potentiel électrique Δψ=ψint–ψext entre l’intérieur et l’extérieur de la cellule, appelée potentiel de repos. Le résultat sera exprimé notamment en fonction de nint et next où nint et next représentent les concentrations des ions K+ à l’intérieur et à l’extérieur de la bactérie.
Pour la cellule étudiée à température ambiante, en déduire la
valeur numérique de son potentiel de repos Δψ.
(Question non posée dans la version ENS)
Montrer que n1dxdn=−kBTedxdψ,
où n(x) représente la densité volumique des ions K+ à l’abscisse x et ψ(x) est le potentiel scalaire associé au champ électrostatique.
Sous l’action d’un champ électrique E, un ion K+ dans un milieu quelconque acquiert en régime permanent une vitesse v=μE, où μ est la mobilité des ions dans le milieu. Déterminer l’expression de μ dans la membrane en fonction du coefficient de diffusion particulaire D dans la membrane cellulaire.
On donne la loi de Fick pour la diffusion de particules (hors programme MP) jP=−Dgrad n, où jP est le vecteur densité de courant de particules en m−2.s−1, n est la densité particulaire, D le coefficient de diffusion.
Réflexe
Système classique en équilibre thermique 👉 Loi de Maxwell-Boltzmann.
Corrigé
Supposons qu’initialement la concentration en ions K+ du cytoplasme et de l’extérieur soient différentes. Alors un phénomène de diffusion de particules apparait qui tend à s’opposer à cette inhomogénéité. Donc des ions K+ traversent la membrane. Comme ils sont les seuls à traverser, il va apparaitre une densité volumique de charge non nulle (négative) à l’intérieur où des charges + ont disparu, et à l’extérieur de la cellule (densité volumique de charge positive), donc un champ électrique dirigé de la région chargée positivement vers la région chargée négativement, donc de l’extérieur vers l’intérieur de la cellule.
Le champ électrique s’exerce en particulier sur les ions K+
eux-mêmes. L’équilibre est atteint lorsque le courant de diffusion
de particules jP=−Dgradn dû à l’hétérogénéité des concentrations d’une part, et le courant d’ions sous l’action du champ électrique eje=nv d’autre part, se compensent .
L’énergie potentielle d’un ion K+ de charge e dans le potentiel électrique ψ est Ep=eψ. Ainsi la loi de Boltzmann donnant la probabilité pour un ion d’avoir une énergie potentielle eψ conduit à une répartition de la population des ions qui vérifie n(x)=n0exp(kBt−eψ(x)). nint=n0exp(kBt−eψint)
et next=n0exp(kBt−eψext) .
D’où ln(nextnint)=−kBTeΔψ.
A.N. Δψ=−88 mV
En dérivant l’équation obtenue en 2), n1dxdn=−kBTedxdψ=kBTeE.
Comme vu en 1), les deux courants de particules (diffusion et électrique) se compensent : −Ddxdn+nμE=0.
D’où Dμ=kBTe.
Exercice 152 ⭐️⭐️⭐️ Energie de N particules dans un puits infini, MP
Un ensemble de N quantons identiques indépendantes, discernables, et sans interaction, de masse m sont confinés dans un puits infini 0<x<L, et en équilibre thermique avec un thermostat de température T.
Rappeler sans démonstration les énergies possibles En d’un quanton sous la forme En=2mℏ2kn2 où l’on précisera l’expression de kn. Eexprimer la probabilité d’occupation pn par une particule du niveau d’énergie En, en supposant vérifiée la répartition statistique de Boltzmann.
La fonction de partition est définie par Z=n=1∑∞exp(−βEn),
où β=(kBT)−1, kB constante de Boltzmann.
Montrer que l’énergie moyenne d’une particule est ⟨E⟩=−∂β∂(lnZ).
On suppose dans la suite que l’énergie de confinement E1 est petite devant l’énergie d’agitation thermique, E1≪kBT. En déduire une condition sur la différence Δkn=kn+1−kn.
Plus précisément, on se place dans le cas où L est suffisamment grand pour que, f étant une fonction sommable sur R+, n=1∑∞f(kn)=n=1∑∞f(kn)ΔknΔkn∼πL∫0∞f(k)dk.
En déduire un équivalent de la fonction de partition. Dans la suite, cette valeur sera utilisée pour Z.
En déduire l’énergie moyenne de l’ensemble des particules. Commenter
le résultat obtenu, en liaison avec le théorème d’équipartition de
l’énergie.
Rappel ∫0∞exp(−x2)dx=2π.
Réflexes
Corrigé
Les énergies d’un quanton dans le puits infini sont (n entier, n≥1) En=n22mL2π2ℏ2=2mℏ2kn2
avec kn=Lnπ.
Selon Boltzmann, pn=∑i=1∞exp(−kBTEi)exp(−kBTEn).
⟨E⟩=n=1∑∞pnEn=∑i=n∞exp(−kBTEn)∑n=1∞Enexp(−kBTEn)=∑i=n∞exp(−βEn)∑n=1∞Enexp(−βEn).
Le dénominateur est égal à Z ; le numérateur est égal à −∂β∂Z.
D’où ⟨E⟩=Z−∂β∂Z=−∂β∂(lnZ).
E1≪kBT⟺2mL2π2ℏ2≪kBT⟺Δkn=Lπ≪ℏ22mkBT.
Selon l’énoncé, Z=n=1∑∞exp(−β2mℏ2kn2)∼πL∫0∞exp(−2mβℏ2k2)dk.
En assimilant Z à cette valeur, et en posant x=k2mβℏ2, Z=πLβℏ22m∫0∞exp(−x2)dx=πLβℏ22m2π=2πβℏ2mL2,
soit Z=21βE1π.D’où ⟨E⟩=−∂β∂(lnZ)=−∂β∂(ln(2πℏ2m)−21ln(β))=2β1=2kBT.
On retrouve pour chaque particule la limite classique lorsque L
est très grande. Il n’y a qu’un seul terme quadratique énergétique
d’énergie potentielle, d’où ⟨E⟩=2kBT.
Pour les N particules indépendantes, discernables et sans interaction
(ce qui est le modèle du gaz parfait), l’énergie moyenne totale est U=N2kBT.
Le théorème d’équipartition de l’énergie indique que pour un système qui peut être décrit par la mécanique classique en équilibre avec un thermostat à la température T, la valeur moyenne de chaque terme quadratique énergétique est égale à 2kBT. Dans la limite “haute température” étudiée ici, on retrouve une approximation quasi continue pour les niveaux d’énergie, et pour chaque particule d’énergie égale à son énergie cinétique sur un axe (classiquement 2mpx2), on retrouve ⟨E⟩=2kBT, conformément au théorème d’équipartition.
Exercice 153 ⭐️⭐️ Deux vitesses du son sur Mars, MP/L2
Le 1er Avril 2022, un article paru dans Nature a permis d’en savoir plus sur la propagation du son sur Mars, dont l’atmosphère est à 98% composé de dioxyde de carbone CO2. Le micro, combiné à un laser, installé sur la Supercam du robot Perseverance a mesuré deux vitesses du son : ci=240 m.s−1 pour les fréquences f<fr=240 Hz et cs=250 m.s−1 pour les fréquences f>fr. De plus une forte atténuation des sons aigus est observée. Sur Mars, la pression P=0,6 kPa et la température T=210 K.
Sur Terre, la vitesse de propagation du son dans CO2 a été mesurée égale à c=258 m.s−1 pour une pression P de 1 bar, à 273 K. En assimilant CO2 à un gaz parfait, déterminer son coefficient γ=Cpm/Cvm. En utilisant le théorème d’équipartition de l’énergie, en déduire le nombre de termes énergétiques quadratiques pour une molécule de CO2. Commenter et comparer aux molécules diatomiques usuelles. On rappelle pour un gaz parfait c=MγRT, où M est la masse molaire et T la température. M(CO2)=44 g.
Quel devrait être la vitesse du son sur Mars dans le modèle du gaz parfait ?
Dans les conditions physiques de Mars, le modèle de propagation du gaz parfait est invalide. Un modèle plus sophistiqué a permis aux auteurs de l’article de Nature d’obtenir deux valeurs différentes γi=1,29 et γs=1,40 de γ associées chacune aux deux vitesses ci et cs. En déduire le nombre de termes énergétiques quadratiques pour une molécule de CO2 dans chaque cas et conclure .
L’article de Nature explique que lors du passage d’une onde acoustique, une partie de l’énergie associée au mouvement de translation des molécules, qui est le phénomène en jeu dans la transmission de l’onde, est transformée temporairement en excitation des niveaux rotationnels et vibrationnels. La désexcitation rotationnelle est quasi-instantanée, mais la désexcitation vibrationnelle se fait avec un temps de relaxation qui dépend du nombre de chocs moléculaires par seconde. Sur Mars, où la pression est très faible, le nombre de chocs est faible, et τR=0,417 ms. Expliquer la présence de deux vitesses du son sur Mars, et l’atténuation des sons aigus.
Réflexes
Théorème d’équipartition de l’énergie 👉 À chaque terme quadratique énergétique d’un système classique en équilibre thermique est associée une énergie moyenne égale à kBT/2. Pour que le système puisse être décrit classiquement, il est nécessaire que kBT soit petit devant l’écart énergétique entre deux niveaux.
Corrigé
γ=RTMc2.
Avec la relation de Mayer Cpm−Cvm=R,Cvm=γ−1R.
A.N. : γ=1,29 et Cvm=3,4R.
Le théorème d’équipartition de l’énergie attribue à chaque terme quadratique énergétique d’un système classique en équilibre thermique une énergie moyenne égale à kBT/2. Ici, l’énergie interne molaire du gaz est U=CvmT avec Cvm≃27R=27NAkBT, ce qui correspond à 7 termes quadratiques ou 7 “degrés de liberté”.
Pour un gaz diatomique usuel aux températures usuelles, Cvm≃25R. Les degrés de liberté excités sont les trois degrés de liberté de translation et les deux degrés de liberté de rotation. Le degré de liberté vibrationnel (stretching= variation de la distance internucléaire) n’est pas excité car l’écart énergétique entre niveaux vibrationnels n’est pas petit devant kBT.
Pour la molécule triatomique CO2, d’autres modes de vibration sont possibles. D’après le résultat expérimental, il y a excitation de deux degrés de liberté suppémentaires (voir Remarque), soit en tout 3 de translation, 2 de rotation et 2 de vibration.
Remarque — Pour que le théorème d’équipartition s’applique, il faut que kBT soit petit devant l’écart entre niveaux d’énergie discrets. Ici kBT=1,38.10−23.273=3,8.10−21J. La molécule triatomique CO2 possède 2 modes de vibration de mêmes énergies et tels que l’écart entre deux niveaux vibrationnels est Δε=1,3.10−22J≪kBT. Dans ces modes, l’atome C oscille de part et d’autre du segment défini par les deux O.
2. Avec P=0,6 kPa et T=210 K, la relation c=MγRT donne numériquement c=226 m.s−1. Remarque— On a toujours Δε≪kBT=2,9.10−21J.
3. Cvm=γ−1R.
Pour γi=1,29,Cvm=3,4R≃27R. Il y a 7 termes quadratiques indépendants énergétiques, comme sur Terre.
Pour γs=1,40,Cvm=2,5R≃25R. Il n’y a plus que 5 termes quadratiques indépendants !
Lors du passage de l’onde sonore, il y a excitation de tous les degrés de liberté. Alors que sur Terre les désexcitations sont quasi instantanées et que l’énergie restituée est transformée en énergie de translation des atomes, qui permet à l’onde sonore de se propager, les désexcitations des deux modes vibrationnels se font lentement sur Mars. Ainsi ces modes vibrationnels absorbent de l’énergie mais ne la restituent pas suffisamment vite pour qu’elle puisse contribuer efficacement à la propagation de l’onde lorsque la fréquence de l’onde est trop grande. fR=1/τR=240 Hz apparait comme la limite de fréquence à partir de laquelle les modes vibrationnels ne contribuent pas à la propagation de l’onde : il n’y a dans ce cas que 5 degrés de liberté utiles à la propagation du son.
Cela explique
le fait qu’il y a deux vitesses
l’absorption des fréquences aigues : les modes vibrationnels ont pu être excités, il y a donc absorption d’énergie mais non restitution au profit de l’onde.