Ondes mécaniques

Exercice 10 ⭐️⭐️⭐️ Onde dans un cristal, X MP 2018, Spé/L2

Un cristal est modélisé par un réseau d’atomes de masse M\displaystyle M liés les uns aux autres par des liaisons assimilables à des ressorts. La masse n\displaystyle n est liée à la masse n+1\displaystyle n+1 et n1\displaystyle n-1 par un ressort de raideur K1\displaystyle K_{1}, et elle est liée aux masses n+2\displaystyle n+2 et n2\displaystyle n-2 par un ressort de raideur K2\displaystyle K_{2}. A l’équilibre, deux atomes consécutifs sont distants d’une longueur d\displaystyle d, de telle sorte que l’abscisse de l’atome n\displaystyle n est xn=nd\displaystyle x_{n}=nd. Lors d’une excitation, l’abscisse de l’atome n\displaystyle n est xn+un(t)\displaystyle x_{n}+u_{n}(t).

Trouver l’équation de dispersion des ondes dans ce milieu, puis étudier les cas particuliers. Que se passe-t-il si on excite avec une pulsation trop grande ?

Equation de dispersion 👉 Etablir une équation de propagation et y injecter une représentation complexe du signal.

Indice : chercher l’onde sous la forme un(t)=U0exp(i(kxnωt))\displaystyle u_{n}(t)=U_{0}\exp\left(i(kx_{n}-\omega t\right)).

Faisons un bilan des forces exercées sur l’atome n\displaystyle n

• ressort lié à l’atome n1\displaystyle n-1 : Tn1,n=K1(unun1)ux\displaystyle \overrightarrow{T}_{n-1,n}=-K_{1}\left(u_{n}-u_{n-1}\right)\overrightarrow{u_{x}}.

• ressort lié à l’atome n+1\displaystyle n+1 : Tn+1,n=K1(un+1un)(ux)\displaystyle \overrightarrow{T}_{n+1,n}=-K_{1}\left(u_{n+1}-u_{n}\right)\left(-\overrightarrow{u_{x}}\right).

• ressort lié à l’atome n2\displaystyle n-2 : Tn2,n=K2(unun2)ux\displaystyle \overrightarrow{T}_{n-2,n}=-K_{2}\left(u_{n}-u_{n-2}\right)\overrightarrow{u_{x}}.

ressort lié à l’atome n+2\displaystyle n+2 : Tn+1,n=K2(un+2un)(ux)\displaystyle \overrightarrow{T}_{n+1,n}=-K_{2}\left(u_{n+2}-u_{n}\right)\left(-\overrightarrow{u_{x}}\right)

En référentiel supposé galiléen, le principe fondamental de la dynamique projeté sur (Ox)\displaystyle \left(Ox\right) donne :

Mun¨=K1(2unun1un+1)K2(2unun2un+2)\displaystyle M\ddot{u_{n}}=-K_{1}\left(2u_{n}-u_{n-1}-u_{n+1}\right)-K_{2}\left(2u_{n}-u_{n-2}-u_{n+2}\right).

Supposons qu’il existe une onde associée à ces déplacements de telle sorte que un(t)=U0exp(i(kxnωt))\displaystyle u_{n}(t)=U_{0}\exp\left(i(kx_{n}-\omega t)\right). D’où :

Mω2=K1(2eikdeikd)K2(2e2ikde2ikd)\displaystyle -M\omega^{2}=-K_{1}(2-e^{ikd}-e^{-ikd})-K_{2}(2-e^{2ikd}-e^{-2ikd}).
Avec ω12=K1M\displaystyle \omega_{1}^{2}=\frac{K_{1}}{M} et ω22=K2M\displaystyle \omega_{2}^{2}=\frac{K_{2}}{M},

ω2=2ω12(1cos(kd))+2ω22(1cos(2kd))\displaystyle \omega^{2}=2\omega_{1}^{2}\left(1-\cos\left(kd\right)\right)+2\omega_{2}^{2}\left(1-\cos\left(2kd\right)\right).ω2=4[ω12sin2(kd/2)+ω22sin2(kd)]\omega^{2}=4\left[\omega_{1}^{2}\sin^{2}\left(kd/2\right)+\omega_{2}^{2}\sin^{2}\left(kd\right)\right]

• La limite kd0\displaystyle kd\rightarrow0 correspond à la limite des grandes longueurs d’onde λ\displaystyle \lambda\gg, d’où l’approximation continue est valide (on pourrait la retrouver en faisant des dl à l’ordre 2 de u(x±d,t)\displaystyle u(x\pm d,t) et u(x±2d,t)\displaystyle u(x\pm2d,t)u(x=nd,t)=un(t)\displaystyle u(x=nd,t)=u_{n}(t)).

ω2=d2(ω12+4ω22)k2\displaystyle \omega^{2}=d^{2}\left(\omega_{1}^{2}+4\omega_{2}^{2}\right)k^{2} . Dans ce cas on trouve une propagation non dispersive de vitesse de phase Vφ=dω12+4ω22\displaystyle V_{\varphi}=d\sqrt{\omega_{1}^{2}+4\omega_{2}^{2}}.

• En dehors de cette limite la propagation est dispersive car ω/k\displaystyle \omega/k est non constant.

• La valeur maximale possible de ω\displaystyle \omega est ωmax=2ω12+ω22\displaystyle \omega_{max}=2\sqrt{\omega_{1}^{2}+\omega_{2}^{2}}. Pour une pulsation plus grande, il n’y a pas propagation.

Exercice 20 ⭐️⭐️⭐️ Corde avec force de Laplace, Spé/L2

Une corde de longueur L\displaystyle L, de masse linéique μ\displaystyle \mu, de poids négligeable, est tendue sous une tension T0\displaystyle \mathbb{}T_{0}. Elle est confondue au repos avec l’axe (Ox)\displaystyle (Ox) horizontal. Elle est parcourue par un courant I\displaystyle I permanent et placée dans un champ magnétique B=B0ux\displaystyle \overrightarrow{B}=B_{0}\overrightarrow{u_{x}}. Sous l’effet d’une excitation sinusoïdale, elle subit des petites déformations y(x,t)\displaystyle \mathbb{}y(x,t) et z(x,t)\displaystyle \mathbb{}z(x,t).

  1. Rappeler l’équation de propagation des petites déformations d’une corde vibrante tendue, la corde restant dans un plan vertical.

  2. Exprimer la force de Laplace exercée sur un élément de corde compris entre x\displaystyle \mathbb{}x et x+dx\displaystyle \mathbb{}x+dx en fonction de I,B0,yx,zx\displaystyle I, \mathbb{}B_{0}, \mathbb{}\frac{\partial y}{\partial x}, \mathbb{}\frac{\partial z}{\partial x} et dx\displaystyle \mathbb{}dx, et déterminer les équations différentielles couplées vérifiées par les fonctions y(x,t)\displaystyle \mathbb{}y\left(x,t\right) et z(x,t)\displaystyle \mathbb{}z\left(x,t\right).

  3. On cherche y(x,t)\displaystyle \mathbb{}y\left(x,t\right) et z(x,t)\displaystyle \mathbb{}z\left(x,t\right) sous la forme y(x,t)=Y0ei(ωtkx)\displaystyle \underline{y}(x,t)=\underline{Y}_{0}e^{i(\omega t-kx)} et z(x,t)=Z0ei(ωtkx)\displaystyle \underline{z}(x,t)=\underline{Z_{0}}e^{i(\omega t-kx)}. Chercher la relation de dispersion et interprétez.

Équation de dispersion 👉 Insérer les représentations complexes dans les équations de propagation.

  1. 2yx21v22yt2=0\displaystyle \frac{\partial^{2}y}{\partial x^{2}}-\frac{1}{v^{2}}\frac{\partial^{2}y}{\partial t^{2}}=0 avec v=T0μ\displaystyle v=\sqrt{\frac{T_{0}}{\mu}}.

  2. La force de Laplace est
    dFL=IdlB=I(dyuy+dzuz)B0ux=IB0(yxdxuz+zxdxuy)=IB0dx(yxuz+zxuy).\displaystyle \overrightarrow{dF_{L}}=I\overrightarrow{dl}\wedge\overrightarrow{B}=I\left(dy\overrightarrow{u_{y}}+dz\overrightarrow{u_{z}}\right)\wedge B_{0}\overrightarrow{u_{x}}=IB_{0}\left(-\frac{\partial y}{\partial x}dx\overrightarrow{u_{z}}+\frac{\partial z}{\partial x}dx\overrightarrow{u_{y}}\right)=IB_{0}dx\left(-\frac{\partial y}{\partial x}\overrightarrow{u_{z}}+\frac{\partial z}{\partial x}\overrightarrow{u_{y}}\right).

En référentiel terrestre supposé galiléen, considérons le système : élément de corde comprise au repos entre x\displaystyle x et x+dx\displaystyle x+dx.

Actions exercées : les tensions T(x+dx,t),T(x,t)\displaystyle \overrightarrow{T}\left(x+dx,t\right),-\overrightarrow{T}\left(x,t\right) et dFL\displaystyle \overrightarrow{dF_{L}}.

Appliquons la relation fondamentale de la dynamique :

μdxa=T(x+dx,t)T(x,t)+dFL\displaystyle \mu dx\overrightarrow{a}=\overrightarrow{T}\left(x+dx,t\right)-\overrightarrow{T}\left(x,t\right)+\overrightarrow{dF_{L}}. On projette sur

  • (Ox):0=Tx(x+dx,t)Tx(x,t)Tx=Cte=T0\displaystyle \left(Ox\right) : 0=T_{x}\left(x+dx,t\right)-T_{x}\left(x,t\right)\Longrightarrow T_{x}=Cte=T_{0}

  • (Oy):μ2yt2dx=Ty(x+dx,t)Ty(x,t)+IB0zxdx=[Tyx+IB0zx]dx\displaystyle \left(Oy\right) : \mu\frac{\partial^{2}y}{\partial t^{2}}dx=T_{y}\left(x+dx,t\right)-T_{y}\left(x,t\right)+IB_{0}\frac{\partial z}{\partial x}dx=\left[\frac{\partial T_{y}}{\partial x}+IB_{0}\frac{\partial z}{\partial x}\right]dx. Avec Ty=T0yx\displaystyle T_{y}=T_{0}\frac{\partial y}{\partial x},

μ2yt2=T02yx2+IB0zx.\mu\frac{\partial^{2}y}{\partial t^{2}}=T_{0}\frac{\partial^{2}y}{\partial x^{2}}+IB_{0}\frac{\partial z}{\partial x}.

  • sur (Oz)\displaystyle \left(Oz\right) : de même,

μ2zt2=T02zx2IB0yx.\mu\frac{\partial^{2}z}{\partial t^{2}}=T_{0}\frac{\partial^{2}z}{\partial x^{2}}-IB_{0}\frac{\partial y}{\partial x}.

{(k2T0μω2)Y0+ikIB0Z0=0ikIB0Y0+(k2T0μω2)Z0=0.\displaystyle \begin{cases} \left(k^{2}T_{0}-\mu\omega^{2}\right)\underline{Y}_{0}+ikIB_{0}\underline{Z_{0}}=0\\ -ikIB_{0}\underline{Y_{0}}+\left(k^{2}T_{0}-\mu\omega^{2}\right)\underline{Z}_{0}=0 \end{cases}.

Pour qu’il y ait des solutions non nulles, il faut que le déterminant du système de deux équations à deux inconnues soit nul :

(k2T0μω2)2=(kIB0)2\displaystyle \left(k^{2}T_{0}-\mu\omega^{2}\right)^{2}=\left(kIB_{0}\right)^{2},
soit k2T0±kIB0μω2=0\displaystyle k^{2}T_{0}\pm kIB_{0}-\mu\omega^{2}=0 ou k2±kIB0T0ω2v2=0.k^{2}\pm k\frac{IB_{0}}{T_{0}}-\frac{\omega^{2}}{v^{2}}=0.

La résolution des deux équations conduit à des valeurs réelles de k\displaystyle k : il y a propagation sans amortissement ni amplification.

En remplaçant dans une des équations,en Y0\displaystyle \underline{Y}_{0} et Z0\displaystyle \underline{Z_{0}}, on voit que Y0=±iZ0\displaystyle \underline{Y}_{0}=\pm i\underline{Z_{0}}. La corde “tourne” dans un sens ou dans l’autre, on peut signaler l’analogie avec une OPPH électromagnétique de polarisation circulaire ou elliptique.

Exercice 45 ⭐️⭐️⭐️ Chaîne chargée, Spé/L2

On s’intéresse à une chaîne unidimensionnelle infinie de charges ponctuelles de même masse m\displaystyle m, de charges alternativement égales à +q\displaystyle +q et q\displaystyle -q, qui se trouvent au repos régulièrement réparties sur l’axe (zz)\displaystyle \left(z'z\right), chaque charge se trouvant à une distance a\displaystyle a de ses voisines. Sous l’action d’une perturbation, les charges se déplacent sans frottements selon une direction (Ox)\displaystyle \left(Ox\right) perpendiculaire à l’axe (Oz)\displaystyle \left(Oz\right) de la chaîne. On néglige toute influence de la pesanteur, et on suppose que l’amplitude des déplacements est faible devant a\displaystyle a.

La charge n\displaystyle n est ainsi repérée par ses coordonnées zn=na\displaystyle z_{n}=na et xn(t)\displaystyle x_{n}(t). On cherche à étudier la propagation d’ondes relatives au déplacement xn(t)\displaystyle x_{n}(t).

  1. Etudier le cas où l’on ne tient compte que des interactions entre proches voisines. Quelle est la pulsation maximale des oscillations ? Exprimer la vitesse de propagation dans la limite non dispersive.

  2. On tient compte maintenant des interactions entre toutes les charges.
    Que devient la relation de dispersion dans la limite où aλ\displaystyle a\ll\lambda ?
    On admettra que p=1(1)pp3sin2(px)x0p=1(1)ppx2\displaystyle \sum_{p=1}^{\infty}\frac{\left(-1\right)^{p}}{p^{3}}\sin^{2}\left(px\right)\underset{x\rightarrow0}{\simeq}\sum_{p=1}^{\infty}\frac{\left(-1\right)^{p}}{p}x^{2}.

Limite non dispersive 👉 Relation linéaire entre ω\displaystyle \omega et k\displaystyle k.

Onde sur une chaîne discrète 👉 Chercher l’onde sous la forme
xn(t)=x0exp[i(ωtkzn)]\displaystyle x_{n}(t)=x_{0}\exp\left[i\left(\omega t-kz_n\right)\right].

  1. La charge n\displaystyle n repérée par sa position Pn\displaystyle P_{n} est soumise aux forces
    exercées par ses plus proches voisines :

Fn1n=Q24πε0PnPn1PnPn13\displaystyle \overrightarrow{F}_{n-1\rightarrow n}=\frac{Q^{2}}{4\pi\varepsilon_{0}}\frac{\overrightarrow{P_{n}P_{n-1}}}{\left\Vert \overrightarrow{P_{n}P_{n-1}}\right\Vert ^{3}} et Fn+1n=Q24πε0PnPn+1PnPn+13\displaystyle \overrightarrow{F}_{n+1\rightarrow n}=\frac{Q^{2}}{4\pi\varepsilon_{0}}\frac{\overrightarrow{P_{n}P_{n+1}}}{\left\Vert \overrightarrow{P_{n}P_{n+1}}\right\Vert ^{3}}.

Fn1n=Q2[auz+(xn1xn)ux]4πε0(a2+(xn1xn)2)3/2\displaystyle \overrightarrow{F}_{n-1\rightarrow n}=\frac{Q^{2}\left[-a\overrightarrow{u_{z}}+\left(x_{n-1}-x_{n}\right)\overrightarrow{u_{x}}\right]}{4\pi\varepsilon_{0}\left(a^{2}+\left(x_{n-1}-x_{n}\right)^{2}\right)^{3/2}}.
Fn+1n=Q2[auz+(xn+1xn)ux]4πε0(a2+(xn+1xn)2)3/2\displaystyle \overrightarrow{F}_{n+1\rightarrow n}=\frac{Q^{2}\left[a\overrightarrow{u_{z}}+\left(x_{n+1}-x_{n}\right)\overrightarrow{u_{x}}\right]}{4\pi\varepsilon_{0}\left(a^{2}+\left(x_{n+1}-x_{n}\right)^{2}\right)^{3/2}}.

En référentiel supposé galiléen, on applique le principe fondamental de la dynamique à la charge n\displaystyle n en projection sur (Ox)\displaystyle \left(Ox\right)

mx¨n=Q2(xn1xn)4πε0(a2+(xn1xn)2)3/2+Q2(xn+1xn)4πε0(a2+(xn+1xn)2)3/2\displaystyle m\ddot{x}_{n}=\frac{Q^{2}\left(x_{n-1}-x_{n}\right)}{4\pi\varepsilon_{0}\left(a^{2}+\left(x_{n-1}-x_{n}\right)^{2}\right)^{3/2}}+\frac{Q^{2}\left(x_{n+1}-x_{n}\right)}{4\pi\varepsilon_{0}\left(a^{2}+\left(x_{n+1}-x_{n}\right)^{2}\right)^{3/2}}

En se limitant à un développement au premier ordre non nul en xi/a\displaystyle x_i/a,

mx¨n=Q24πε0a3[(xn1xn)+(xn+1xn)]\displaystyle m\ddot{x}_{n}=\frac{Q^{2}}{4\pi\varepsilon_{0}a^{3}}\left[\left(x_{n-1}-x_{n}\right)+\left(x_{n+1}-x_{n}\right)\right], soit

x¨n=Q24πmε0a3[xn1+xn+12xn].\ddot{x}_{n}=\frac{Q^{2}}{4\pi m\varepsilon_{0}a^{3}}\left[x_{n-1}+x_{n+1}-2x_{n}\right].

On retrouve l’équation usuelle d’une chaîne d’oscillateurs.

• On cherche une onde de la forme xn=x0exp[i(ωtkna)]\displaystyle x_{n}=x_{0}\exp\left[i\left(\omega t-kna\right)\right]. En remplaçant dans (1) :

ω2=Q24πmε0a3(eika+eika2)\displaystyle -\omega^{2}=\frac{Q^{2}}{4\pi m\varepsilon_{0}a^{3}}\left(e^{ika}+e^{-ika}-2\right), soit la relation de dispersion
ω2=Q22πmε0a3(1cos(ka))=Q2πmε0a3sin2(ka2).\displaystyle \omega^{2}=\frac{Q^{2}}{2\pi m\varepsilon_{0}a^{3}}\left(1-\cos\left(ka\right)\right)=\frac{Q^{2}}{\pi m\varepsilon_{0}a^{3}}\sin^{2}\left(\frac{ka}{2}\right).
La pulsation maximale est
ωM=Q2πmε0a3\displaystyle \omega_{M}=\sqrt{\frac{Q^{2}}{\pi m\varepsilon_{0}a^{3}}}.

• Une propagation non dispersive correspond à une relation de dispersion de la forme ω2=V2k2\displaystyle \omega^{2}=V^{2}k^{2}. Cela correspond à la limite ka1\displaystyle ka\ll1, c’est-à-dire à l’approximation des milieux continus.
En se plaçant directement dans ce cas, avec x(z,t)\displaystyle x(z,t) telle que
x(z=na,t)=xn(t)\displaystyle x\left(z=na,t\right)=x_{n}(t),
x¨n=2xt2(na,t)\displaystyle \ddot{x}_{n}=\frac{\partial^{2}x}{\partial t^{2}}(na,t) et

xn1+xn+12xn=x((n+1)a,t)+x((n1)a,t)2x(na,t)a22xz2(na,t).\displaystyle \begin{aligned} x_{n-1}+x_{n+1}-2x_{n}&=x(\left(n+1)a,t\right)+x(\left(n-1)a,t\right)-2x(na,t)\\&\simeq a^{2}\frac{\partial^{2}x}{\partial z^{2}}(na,t).\end{aligned}

D’où 2xz24πmε0aQ22xt2=0.\frac{\partial^{2}x}{\partial z^{2}}-\frac{4\pi m\varepsilon_{0}a}{Q^{2}}\frac{\partial^{2}x}{\partial t^{2}}=0.

On reconnait une équation de d’Alembert de célérité V=Q4πmε0a\displaystyle V=\frac{Q}{\sqrt{4\pi m\varepsilon_{0}a}} dont on vérifie l’homogénéité en pensant à la force coulombienne Q24πε0a2\displaystyle \frac{Q^{2}}{4\pi\varepsilon_{0}a^{2}}.

  1. La force exercée par la charge (nk)\displaystyle (n-k) sur la charge n\displaystyle n est
    Fnkn=Q2(1)k[kauz+(xnkxn)ux]4πε0((ka)2+(xnkxn)2)3/2\displaystyle \overrightarrow{F}_{n-k\rightarrow n}=-\frac{Q^{2}\left(-1\right)^{k}\left[-ka\overrightarrow{u_{z}}+\left(x_{n-k}-x_{n}\right)\overrightarrow{u_{x}}\right]}{4\pi\varepsilon_{0}\left(\left(ka\right)^{2}+\left(x_{n-k}-x_{n}\right)^{2}\right)^{3/2}}.
    La force exercée par la charge n+k\displaystyle n+k sur la charge n\displaystyle n est
    Fn+kn=Q2(1)k[kauz+(xn+kxn)ux]4πε0((ka)2+(xn+kxn)2)3/2.\displaystyle \overrightarrow{F}_{n+k\rightarrow n}=-\frac{Q^{2}\left(-1\right)^{k}\left[ka\overrightarrow{u_{z}}+\left(x_{n+k}-x_{n}\right)\overrightarrow{u_{x}}\right]}{4\pi\varepsilon_{0}\left(\left(ka\right)^{2}+\left(x_{n+k}-x_{n}\right)^{2}\right)^{3/2}}.
    Le principe fondamental de la dynamique à la charge n\displaystyle n en projection sur (Ox)\displaystyle \left(Ox\right) donne ainsi

mx¨n=Q24πε0p=1(1)p[xnpxn((pa)2+(xnpxn)2)3/2+xn+pxn((pa)2+(xn+pxn)2)3/2]=Q24πε0a3p=1(1)pp3(xnp+xn+p2xn)\displaystyle \begin{aligned} m\ddot{x}_{n}&=-\frac{Q^{2}}{4\pi\varepsilon_{0}}\sum_{p=1}^{\infty}\left(-1\right)^{p}\left[\frac{x_{n-p}-x_{n}}{\left(\left(pa\right)^{2}+\left(x_{n-p}-x_{n}\right)^{2}\right)^{3/2}}\right.\\&\left. +\frac{x_{n+p}-x_{n}}{\left(\left(pa\right)^{2}+\left(x_{n+p}-x_{n}\right)^{2}\right)^{3/2}}\right]\\&=-\frac{Q^{2}}{4\pi\varepsilon_{0}a^{3}}\sum_{p=1}^{\infty}\frac{\left(-1\right)^{p}}{p^{3}}\left(x_{n-p}+x_{n+p}-2x_{n}\right)\end{aligned}

On cherche encore une onde de la forme xn=x0exp[i(ωtkna)]\displaystyle x_{n}=x_{0}\exp\left[i\left(\omega t-kna\right)\right].

ω2=Q22πmε0a3p=1(1)pp3(cos(pka)1)\displaystyle \omega^{2}=\frac{Q^{2}}{2\pi m\varepsilon_{0}a^{3}}\sum_{p=1}^{\infty}\frac{\left(-1\right)^{p}}{p^{3}}\left(\cos\left(pka\right)-1\right),

soit ω2=Q2πmε0a3p=1(1)pp3sin2(pka2)\displaystyle \omega^{2}=-\frac{Q^{2}}{\pi m\varepsilon_{0}a^{3}}\sum_{p=1}^{\infty}\frac{\left(-1\right)^{p}}{p^{3}}\sin^{2}\left(\frac{pka}{2}\right).

Suivant l’énoncé, on en déduit dans la limite des milieux continus, tels que ka0\displaystyle ka\rightarrow0 ou a/λ0\displaystyle a/\lambda\rightarrow0,
ω2=Q24πmε0a3p=1(1)pp(ka)2=Q24πmε0a[p=1(1)pp]k2\displaystyle \begin{aligned}\omega^{2}&=-\frac{Q^{2}}{4\pi m\varepsilon_{0}a^{3}}\sum_{p=1}^{\infty}\frac{\left(-1\right)^{p}}{p}(ka)^2\\&=-\frac{Q^{2}}{4\pi m\varepsilon_{0}a}\left[\sum_{p=1}^{\infty}\frac{\left(-1\right)^{p}}{p}\right]k^{2}\end{aligned}, soit

ω2=k2Q24πmε0aln2.\omega^{2}=k^{2}\frac{Q^{2}}{4\pi m\varepsilon_{0}a}\ln2.

La célérité est dans ce cas
V=Qln24πmε0a.\displaystyle V=Q\sqrt{\frac{\ln2}{4\pi m\varepsilon_{0}a}}.

Exercice 83 ⭐️ Relation de dispersion en eau profonde, Spé/L2

  1. Pour la propagation des ondes à la surface de l’eau dans le cas de grandes profondeurs, la vitesse de phase Vϕ\displaystyle V_{\phi} et la vitesse de groupe Vg\displaystyle V_{g} vérifient Vg=12Vϕ.V_{g}=\frac{1}{2}V_{\phi}.Que peut-on dire de la relation de dispersion?

  2. Exprimer la relation de dispersion par analyse dimensionnelle en faisant apparaître le champ de pesanteur g, avec un coefficient de
    proportionnalité égal à 1. En déduire l’expression de Vϕ\displaystyle V_{\phi} en fonction de la la fréquence.

  1. Par séparation des variables, dkk=2dωω\displaystyle \frac{dk}{k}=2\frac{d\omega}{\omega}.
    En intégrant, lnk=2lnω+c\displaystyle \ln k=2\ln\omega+cc\displaystyle c est une constante d’intégration.
    D’où k=Aω2,k=A\omega^{2},A=expc\displaystyle A=\exp c est une constante de dimension [A]L1.T2\displaystyle \left[A\right]\equiv L^{-1}.T^{2}.

  2. [g]L.T2\displaystyle \left[g\right]\equiv L.T^{-2}
    Avec un coefficient de proportionnalité égal à 1, la relation de dispersion est
    ω=gk=2πgλ.\omega =\sqrt{gk}=\sqrt{\frac{2\pi g}{\lambda}}.
    En fonction de la fréquence f\displaystyle f Vφ=g2πf.V_{\varphi}=\frac{g}{2\pi f}.

Exercice 84 ⭐️⭐️ Cône Tcherenkov, Sup/L1

D’après X PC 2019

  1. Une particule chargée est en mouvement rectiligne uniforme à la
    vitesse v\displaystyle v . Elle émet en chaque point de sa trajectoire une onde sphérique se propageant à la vitesse u\displaystyle u, qu’on suppose constante. Montrez que
    si v>u\displaystyle v > u, les points de l’espace atteints par l’onde occupent l’intérieur
    d’un cône dont vous préciserez l’axe et le demi-angle au sommet, et que vous représenterez sur un schéma.

  2. Dans les détecteurs de neutrinos comme Super-Kamiokande au Japon,
    les neutrinos sont détectés quand ils rentrent en collision avec des molécules d’eau. Un électron, de vitesse v\displaystyle v voisine de c\displaystyle c, est alors éjecté et émet un rayonnement électromagnétique (rayonnement Tcherenkov). L’indice de l’eau est n=1,33\displaystyle n=1,33. Quel est l’angle entre la direction de l’électron et le rayonnement Tcherenkov ?

Soit M\displaystyle M la position de la particule à la date t\displaystyle t. L’onde émiseà tτ\displaystyle t-\tau depuis la position M0\displaystyle M_{0} telle que M0M=vτ\displaystyle \overline{M_{0}M}=v\tau, atteint à t\displaystyle t la sphère de rayon uτ\displaystyle u\tau centrée sur M0\displaystyle M_{0}. Cette onde se trouve ainsi à t\displaystyle t à l’intérieur d’un cône d’angle α\displaystyle \alpha tel que
sinα=M0HM0M=uτvτ\displaystyle \sin\alpha=\frac{M_{0}H}{M_{0}M}=\frac{u\tau}{v\tau}, indépendant de τ\displaystyle \tau.

Ainsi, les points de l’espace atteints par l’onde occupent l’intérieur d’un cône dont l’axe est donné par la trajectoire de la particule, et de demi-angle au sommet
α=arcsinuv.\alpha=\arcsin\frac{u}{v}.

  1. Ici v=c\displaystyle v=c et u=c/n\displaystyle u=c/n. D’où sinα=1n\displaystyle \sin\alpha=\frac{1}{n} .α=49.\alpha=49{^\circ}.

Remarque — Un autre exemple est le cône de Mach observé dans le cas
d’un avion supersonique.

Exercice 85 ⭐️⭐️⭐️ Sillage d’un canard, Sup/L1

Un canard se déplace rectilignement sur un lac à la vitesse uniforme V=Vex\displaystyle \overrightarrow{V}=V\overrightarrow{e_{x}}. Son passage provoque l’émission d’ondes, sous forme de vaguelettes, à la surface de l’eau dans toutes les directions.

Pour une onde se propageant dans la direction qui fait un angle θ\displaystyle \theta avec la direction de déplacement du canard, l’énergie de l’onde, dont dépend le sillage, se déplace à la vitesse U=V2cos(θ)\displaystyle U=\frac{V}{2}\cos\left(\theta\right).

En déduire l’angle du sillage d’un canard. Qu’en est-il d’un paquebot ?

Remarque pour les curieux (niveau Spé) — La vitesse de propagation d’une onde de longueur d’onde donnée ne dépend pas de la direction d’émission, mais selon l’analyse de Kelvin, seules sont observées les ondes stationnaires de longueur d’onde telle que la vitesse de l’eau dans le référentiel du bateau projetée sur la direction de propagation de l’onde s’oppose exactement à la vitesse de phase Vφ\displaystyle V_{\varphi} de l’onde, soit Vφ=Vcos(θ)\displaystyle V_{\varphi}=V\cos\left(\theta\right). Avec la relation U=Vg=12Vϕ\displaystyle U=V_{g}=\frac{1}{2}V_{\phi} valable pour les ondes de surface en eau profonde, on obtient la relation donnée.

Rappel — L’équation en coordonnées polaires d’un cercle de diamètre a\displaystyle a, passant par l’origine et par le point situé sur l’axe polaire d’abscisse x=a\displaystyle x=a est r=acosθ\displaystyle r=a\cos\theta.

Représenter sur un schéma la position du canard à la date t\displaystyle t, la position du canard à la date t\displaystyle t', et le lieu des points atteints à la date t\displaystyle t par l’onde émise par le canard à la date t\displaystyle t'.

L’onde émise à t\displaystyle t’ dans la direction θ\displaystyle \theta a parcouru à la date t\displaystyle t la distance U(tt)=V2cos(θ)(tt)=acos(θ)\displaystyle U\left(t-t'\right)=\frac{V}{2}\cos\left(\theta\right)\left(t-t'\right)=a\cos\left(\theta\right). Le lieu des points atteints par l’onde est donc le cercle de diamètre a=V2(tt)\displaystyle a=\frac{V}{2}\left(t-t'\right).

Ce cercle passe par le milieu I\displaystyle I des positions C(t)\displaystyle C(t) et C(t)\displaystyle C(t') du canard à t\displaystyle t et t\displaystyle t'. Les points du cercle sont tous contenus dans le cône de sommet C(t)\displaystyle C(t) et d’angle α\displaystyle \alpha, tel que

tan(α)=a/23a/2=13,\tan\left(\alpha\right)=\frac{a/2}{3a/2}=\frac{1}{3}, indépendant de t\displaystyle t et t\displaystyle t'.

On peut remarquer que toutes les ondes sont émises vers l’avant dans le référentiel terrestre : pour π/2<θπ,V<0\displaystyle \pi/2<\left|\theta\right|\leq\pi, V<0. Par exemple, pour une émission dans la direction θ=π,V=U2\displaystyle \theta=\pi, V=-\frac{U}{2}, d’où V=U2ex\displaystyle \overrightarrow{V}=\frac{U}{2}\overrightarrow{e_{x}}.

Ainsi à la date t\displaystyle t, toutes les vaguelettes créées par le passage du canard sont comprises dans un cône d’angle 2α=39\displaystyle 2\alpha=39°, qui définit le sillage du canard.

La résolution est identique pour les paquebots !

Remarques
— Il est intéressant de comparer ce résultat à celui de l’exercice 84, en milieu non dispersif, sur le cône Tcherenkov, ou cône de Mach, dans lequel l’angle du “sillage” est 2α=2arcsinuv\displaystyle 2\alpha=2\arcsin\frac{u}{v}.
— La relation donnant la vitesse des ondes doit être modifiée quand V\displaystyle V augmente ; le sillage d’un bateau rapide de type « cigarette » est plus étroit.
Pour les curieux, un bel article de “Reflets de la physique” sur le sujet se trouve ici.

Exercice 90 ⭐️⭐️⭐️ Chaîne de cellules RC, Spé/L2

D’après Centrale.
Une ligne infinie est constituée de cellules, associant chacune une résistance R\displaystyle R et un condensateur de capacité C\displaystyle C. Cette ligne est alimentée par un générateur idéal de tension sinusoïdale de f.é.m e(t)=U0cos(ωt)\displaystyle e(t)=U_{0}\cos\left(\omega t\right). En régime sinusoïdal forcé (RSF), la tension aux bornes du nieˋme\displaystyle n^{i\grave{e}me} condensateur est un(t)=Uncos(ωt+φn)\displaystyle u_{n}(t)=U_{n}\cos\left(\omega t+\varphi_{n}\right), de représentation complexe un(t)\displaystyle \underline{u_{n}}(t).

  1. Etablir la relation de récurrence liant les un(t)\displaystyle \underline{u_{n}}(t).

  2. On cherche une solution de la forme un=knu0\displaystyle \underline{u_{n}}=\underline{k}^{n}\underline{u_{0}}.
    Montrer que c’est possible si k\displaystyle \underline{k} vérifie une condition à expliciter.

  3. Dans la suite, RCω1\displaystyle RC\omega\ll1 . Montrer que k1±(1+j)RCω2\displaystyle \underline{k}\simeq1\pm\left(1+j\right)\sqrt{\frac{RC\omega}{2}}
    au second ordre près en RCω\displaystyle \sqrt{RC\omega}.
    Interpréter le caractère complexe de k\displaystyle \underline{k} . Déterminer k\displaystyle \left|\underline{k}\right| au même ordre d’approximation que k\displaystyle \underline{k}. Lever l’indétermination de signe sur k\displaystyle \underline{k}.
    .

  4. Comme RCω1\displaystyle RC\omega\ll1, k\displaystyle \left|\underline{k}\right| est proche de l’unité. Montrer que l’amplitude Un\displaystyle U_{n} de un(t)\displaystyle u_{n}(t) présente une décroissance quasi exponentielle du type Un/U0=exp(n/n0)\displaystyle U_{n}/U_{0}=\exp\left(-n/n_{0}\right). Exprimer n0\displaystyle n_{0}.
    Combien de cellules faut-il pour avoir une atténuation de l’amplitude
    supérieure à 99% ?

  5. Les condensateurs sont repérés par leur position xn=na\displaystyle x_{n}=naa\displaystyle a est la taille d’une cellule. La fonction de deux variables u(x,t)\displaystyle u(x,t) est définie telle que un(t)=u(na,t)=u(xn,t)\displaystyle u_{n}(t)=u(na,t)=u(x_{n},t). On suppose que la variation spatiale de la fonction u(x,t)\displaystyle u(x,t) est faible sur une échelle de distance de l’ordre de a\displaystyle a. Montrer que u(x,t)\displaystyle u(x,t) vérifie une équation différentielle de la forme
    ut=1rc2ux2.\frac{\partial u}{\partial t}=\frac{1}{rc}\frac{\partial^{2}u}{\partial x^{2}}.

La fonction de deux variables u(x,t)\displaystyle u(x,t) est définie telle que un(t)=u(na,t)=u(xn,t)\displaystyle u_{n}(t)=u(na,t)=u(x_{n},t) 👉 Approximation des milieux continus.

  1. Soit in=Cdundt\displaystyle i_{n}=C\frac{du_{n}}{dt}. Avec la loi des noeuds un1unR+un1unRin=0\displaystyle \frac{u_{n-1}-u_{n}}{R}+\frac{u_{n-1}-u_{n}}{R}-i_{n}=0,
    d’où
    un1+un+1=2un+RCdundt.u_{n-1}+u_{n+1}=2u_{n}+RC\frac{du_{n}}{dt}.
    En RSF avec la représentation complexe : un1+un+1=(2+jRCω)un\displaystyle \underline{u_{n-1}}+\underline{u_{n+1}}=\left(2+jRC\omega\right)\underline{u_{n}}.

  2. kn1+kn+1=(2+jRCω)kn\displaystyle \underline{k}^{n-1}+\underline{k}^{n+1}=\left(2+jRC\omega\right)\underline{k}^{n},
    soit k2(2+jRCω)k+1=0\displaystyle \underline{k}^{2}-\left(2+jRC\omega\right)\underline{k}+1=0.

  3. k=12[2+jRCω±(4(1+jRCω/2)24)]\displaystyle \underline{k}=\frac{1}{2}\left[2+jRC\omega\pm\sqrt{\left(4\left(1+jRC\omega/2\right)^{2}-4\right)}\right].
    Avec RCω1\displaystyle RC\omega\ll1, (1+jRCω/2)21+jRCω\displaystyle \left(1+jRC\omega/2\right)^{2}\simeq1+jRC\omega,
    k1±(1+j)RCω2.\underline{k}\simeq1\pm\left(1+j\right)\sqrt{\frac{RC\omega}{2}}.
    k\displaystyle \underline{k} complexe décrit un déphasage entre deux tensions successives un\displaystyle u_{n} et un+1\displaystyle u_{n+1}.
    k=[(1±RCω/2)2+RCω/2]1/2\displaystyle \left|\underline{k}\right|=\left[\left(1\pm\sqrt{RC\omega/2}\right)^{2}+RC\omega/2\right]^{1/2}.
    En ne gardant que les premiers termes du développement, k=1±RCω/2.\left|\underline{k}\right|=1\pm\sqrt{RC\omega/2}.
    Il ne peut y avoir qu’atténuation car les composants en jeu sont des
    dipôles passifs, donc k<1\displaystyle \left|\underline{k}\right|<1. Donc k=1(1+j)RCω2\displaystyle \underline{k}=1-\left(1+j\right)\sqrt{\frac{RC\omega}{2}}.

  4. k=1RCω/2\displaystyle \left|\underline{k}\right|=1-\sqrt{RC\omega/2} , Un=U0(1RCω/2)n\displaystyle U_{n}=U_{0}\left(1-\sqrt{RC\omega/2}\right)^{n}.
    Par identification avec Un=U0(exp(1n0))n\displaystyle U_{n}=U_{0}\left(\exp\left(-\frac{1}{n_{0}}\right)\right)^{n},
    1n0=ln(1RCω/2)RCω/2\displaystyle -\frac{1}{n_{0}}=\ln\left(1-\sqrt{RC\omega/2}\right)\simeq-\sqrt{RC\omega/2}, soit
    n0=2RCω.n_{0}=\sqrt{\frac{2}{RC\omega}}.
    Pour n3n0\displaystyle n\simeq3n_{0}, Un=5.103U0\displaystyle U_{n}=5.10^{-3}U_{0}.

  5. Il s’agit de l’aproximation des milieux continus :
    un+1=u((n+1)a,t)=u(na,t)+aux(na,t)+a222ux2(na,t).\displaystyle \begin{aligned}u_{n+1}&=u(\left(n+1\right)a,t)\\&=u(na,t)+a\frac{\partial u}{\partial x}(na,t)+\frac{a^{2}}{2}\frac{\partial^{2}u}{\partial x^{2}}(na,t).\end{aligned}
    un1=u((n1)a,t)=u(na,t)aux(na,t)+a222ux2(na,t).\displaystyle \begin{aligned}u_{n-1}&=u(\left(n-1\right)a,t)\\&=u(na,t)-a\frac{\partial u}{\partial x}(na,t)+\frac{a^{2}}{2}\frac{\partial^{2}u}{\partial x^{2}}(na,t).\end{aligned}
    En remplaçant dans l’équation du 1), rcut=2ux2,rc\frac{\partial u}{\partial t}=\frac{\partial^{2}u}{\partial x^{2}}, avec rc=RCa2\displaystyle rc=\frac{RC}{a^{2}} en m2\displaystyle ^{-2}.s. On obtient ainsi une équation de diffusion. Une telle équation peut être ainsi simulée expérimentalement par une chaîne de cellules RC\displaystyle RC.

Exercice 132 ⭐️⭐️⭐️ Modélisation discrète de propagation du son , Spé/L2

Afin de modéliser la propagation du son dans une conduite cylindrique horizontale, on considère un grand nombre de cellules remplies d’un gaz parfait de coefficient γ\displaystyle \gamma, séparées par des cloisons d’aire S, d’épaisseur négligeable et de masse surfacique σ.\displaystyle \sigma. Au repos la cloison n\displaystyle n se trouve dans le plan d’abscisse xn=nd,\displaystyle x_{n}=nd, et à la date t\displaystyle t, elle se trouve dans le plan d’abscisse xn+ξn(t).\displaystyle \mathrm{}x_{n}+\xi_{n}(t). Au repos, le gaz dans chaque cellule occupe un volume V0=Sd,\displaystyle \mathrm{}V_{0}=Sd, sa pression est P0\displaystyle \mathrm{}P_{0}. A l’instant t,\displaystyle \mathrm{}t, le volume de la cellule entre xn+ξn(t)\displaystyle x_{n}+\xi_{n}(t) et xn+1+ξn+1(t)\displaystyle x_{n+1}+\xi_{n+1}(t) est Vn(t),\displaystyle \mathrm{}V_{n}(t), sa pression est Pn(t)\displaystyle \mathrm{}P_{n}(t).

On considère que l’évolution du gaz dans chaque cellule est isentropique et que pour tout n\displaystyle n, ξnd\displaystyle \left|\xi_{n}\right|\ll d.

  1. Déterminer la relation entre ξn(t),Pn(t),Pn1(t).\displaystyle \xi_{n}(t),P_{n}(t),P_{n-1}(t).

  2. Déterminer la relation entre ξn(t),ξn+1(t),Pn(t)\displaystyle \xi_{n}(t),\xi_{n+1}(t),P_{n}(t).

  3. En déduire la relation entre ξn(t),ξn1(t),ξn+1(t).\displaystyle \xi_{n}(t),\xi_{n-1}(t),\xi_{n+1}(t).

  4. Préciser l’approximation des milieux continus. En déduire l’équation vérifiée par la fonction ξ(x,t)\displaystyle \mathrm{\xi(x,t)} telle que ξ(x=nd,t)=ξn(t)\displaystyle \mathrm{\xi(x=nd,t)=\xi_{n}(t)}. Quelle est la solution générale de cette équation?

  5. On se place dans la situation où l’approximation des milieux continus n’est pas possible. On étudie une solution de la forme ξn(t)=ξ0ei(ωtknd)\displaystyle \xi_{n}(t)=\xi_{0}e^{i\left(\omega t-knd\right)}.
    Pourquoi suffit-il de faire varier k\displaystyle k entre π/d\displaystyle -\pi/d et π/d\displaystyle \pi/d ? Déterminer la relation de dispersion, la vitesse de phase, la vitesse de groupe. En donner la représentation graphique. Quelle est la nature de ce filtre ?

  • Evolution isentropique d’un gaz parfait 👉 Loi de Laplace.
  • Approximation des milieux continus 👉 Interpoler la fonction discrète de l’espace par une fonction continue lentement variable sur une distance caractéristique de d.
  1. En référentiel terrestre supposé galiléen, la cloison n\displaystyle n est soumise à deux forces horizontales de pression exercées par les compartiments de gauche Fg,n=Pn(t)Sux\displaystyle \overrightarrow{F}_{g,n}=P_{n}(t)S\overrightarrow{u_{x}} et de droite Fd,n=Pn+1(t)Sux\displaystyle \overrightarrow{F}_{d,n}=-P_{n+1}(t)S\overrightarrow{u_{x}}.
    La seconde loi de Newton projetée sur (Ox)\displaystyle \left(Ox\right) donne, en
    divisant par S\displaystyle S, σξ¨n=Pn1Pn.\sigma\ddot{\xi}_{n}=P_{n-1}-P_{n}.

  2. L’évolution du gaz parfait étant isentropique, la loi de Laplace s’applique PnVnγ=P0V0γ\displaystyle P_{n}V_{n}^{\gamma}=P_{0}V_{0}^{\gamma}, soit, Pn[S(d+ξn+1ξn)]γ=P0[Sd]γ\displaystyle P_{n}\left[S\left(d+\xi_{n+1}-\xi_{n}\right)\right]^{\gamma}=P_{0}\left[Sd\right]^{\gamma}.
    Pn(1+ξn+1ξnd)γ=P0.P_{n}\left(1+\frac{\xi_{n+1}-\xi_{n}}{d}\right)^{\gamma}=P_{0}.
    Avec ξnd\displaystyle \left|\xi_{n}\right|\ll d,
    Pn=P0(1+ξn+1ξnd)γP0(1γξn+1ξnd).\displaystyle P_{n}=P_{0}\left(1+\frac{\xi_{n+1}-\xi_{n}}{d}\right)^{-\gamma}\simeq P_{0}\left(1-\gamma\frac{\xi_{n+1}-\xi_{n}}{d}\right).

  3. En injectant {Pn=P0(1γξn+1ξnd)Pn1=P0(1γξnξn1d)\displaystyle \begin{cases} P_{n}=P_{0}\left(1-\gamma\frac{\xi_{n+1}-\xi_{n}}{d}\right)\\ P_{n-1}=P_{0}\left(1-\gamma\frac{\xi_{n}-\xi_{n-1}}{d}\right) \end{cases} dans l’équation du 1), ξ¨n=γdσP0(2ξnξn+1ξn1).\ddot{\xi}_{n}=-\frac{\gamma}{d\sigma}P_{0}\left(2\xi_{n}-\xi_{n+1}-\xi_{n-1}\right).

  4. L’approximation des milieux continus consiste à construire une fonction ξ(x,t)\displaystyle \xi(x,t), telle que ξ(xn,t)=ξn(t)\displaystyle \xi(x_{n},t)=\xi_{n}(t) , interpolation de ξn(t)\displaystyle \xi_{n}(t), et de considérer d\displaystyle d petit devant la distance caractéristique d’évolution λ\displaystyle \lambda de ξ(x,t)\displaystyle \xi(x,t). Alors ξ¨n=2ξt2x=xn,t\displaystyle \ddot{\xi}_{n}=\left.\frac{\partial^{2}\xi}{\partial t^{2}}\right|_{x=x_{n},t} et au second ordre en d/λ\displaystyle d/\lambda,
    {ξn+1=ξ(xn+d,t)=ξ(xn,t)+dξxx=xn,t+d222ξx2x=xn,tξn1=ξ(xnd,t)=ξ(xn,t)dξxx=xn,t+d222ξx2x=xn,t\displaystyle \begin{cases} \xi_{n+1}=\xi(x_{n}+d,t)=\xi(x_{n},t)+d\left.\frac{\partial\xi}{\partial x}\right|_{x=x_{n},t}+\frac{d^{2}}{2}\left.\frac{\partial^{2}\xi}{\partial x^{2}}\right|_{x=x_{n},t}\\ \xi_{n-1}=\xi(x_{n}-d,t)=\xi(x_{n},t)-d\left.\frac{\partial\xi}{\partial x}\right|_{x=x_{n},t}+\frac{d^{2}}{2}\left.\frac{\partial^{2}\xi}{\partial x^{2}}\right|_{x=x_{n},t} \end{cases}.
    D’où 2ξx2σγdP02ξt2=0.\frac{\partial^{2}\xi}{\partial x^{2}}-\frac{\sigma}{\gamma dP_{0}}\frac{\partial^{2}\xi}{\partial t^{2}}=0.
    On obtient une équation de d’Alembert, associée à une propagation non dispersive de célérité v=γdP0σ\displaystyle v=\sqrt{\frac{\gamma dP_{0}}{\sigma}}.
    Avec σ\displaystyle \sigma en kg.m2\displaystyle ^{-2}, d en m et P0\displaystyle P_{0} en kg.m1\displaystyle ^{-1}.s2\displaystyle ^{-2}, v\displaystyle v est bien homogène à une vitesse.
    La solution générale est de la forme ξ(x,t)=(F(tx/v)+G(t+x/v)\displaystyle \xi(x,t)=(F(t-x/v)+G(t+x/v).

  5. Pour tout n\displaystyle n entier, ei(ωtknd)\displaystyle e^{i\left(\omega t-knd\right)} est 2π/d\displaystyle 2\pi/d
    périodique en k\displaystyle k, ce qui justifie le domaine d’étude de k\displaystyle k.
    En injectant les expressions des ξn\displaystyle \xi_{n} dans l’équation de propagation, on obtient
    ω2=γP0dσ(2eikdeikd)=2γP0dσ(1cos(kd))\displaystyle \begin{aligned}-\omega^{2}&=-\frac{\gamma P_{0}}{d\sigma}\left(2-e^{-ikd}-e^{ikd}\right)\\&=-\frac{2\gamma P_{0}}{d\sigma}\left(1-\cos\left(kd\right)\right)\end{aligned},
    soit la relation de dispersion ω2=4γP0dσsin2(kd/2),\omega^{2}=\frac{4\gamma P_{0}}{d\sigma}\sin^{2}\left(kd/2\right),
    ou ω=vsin(kd/2)d/2=ωMsin(kd/2).\displaystyle \omega=v\frac{\left|\sin\left(kd/2\right)\right|}{d/2}=\omega_M\left|\sin\left(kd/2\right)\right|. La fonction est paire, la valeur >0 ou <0 de k\displaystyle k correspondant aux deux sens de propagation possibles.

    Remarque — Pour dλ=2π/k\displaystyle d\ll\lambda=2\pi/k, on retrouve la limite des milieux continus et la propagation non dispersive.
    La vitesse de phase (entrait plein sur la figure), par exemple pour k>0\displaystyle k>0, est vφ=ωk=vsin(kd/2)kd/2.v_{\varphi}=\frac{\omega}{k}=v\frac{\sin\left(kd/2\right)}{kd/2}.
    De même la vitesse de groupe (en tirets sur la figure) vg=dωdk=vcos(kd/2).v_{g}=\frac{d\omega}{dk}=v\cos\left(kd/2\right). On constate q’uelle s’annule pour ω=π/d\displaystyle \omega=\pi/d.

Les pulsations supérieures à ωM=2v/d\displaystyle \omega_M=2v/d ne sont pas atteintes, il s’agit d’un filtre passe-bas.