Solides et systèmes de points

Exercice 4 ⭐️⭐️⭐️ Barre suspendue par des ressorts, Spé/L2

D’après oral X MP.

Sur une barre métallique, de longueur 2L\displaystyle 2L et de masse négligeable, sont fixées, aux extrémités et au milieu, de gauche à droite, des masses 3m\displaystyle 3m (point A\displaystyle A), 2m\displaystyle 2m (point B\displaystyle B) et m\displaystyle m (point C\displaystyle C). Les extrémités de la barre sont suspendues au plafond par des ressorts de raideur 2k\displaystyle 2k à gauche et k\displaystyle k à droite, de masses négligeables, de longueurs au repos identiques. L’axe vertical descendant est (Oz)\displaystyle \left(Oz\right), l’origine étant prise à l’extrémité des ressorts avant qu’on fixe les masses à la barre. Dans la suite, on considère que les mouvements des trois points A,B,C\displaystyle A,B,C sont quasiment verticaux.

  1. Faire le bilan des actions exercées sur la barre. Préciser la position du centre d’inertie G\displaystyle G, et déterminer les positions d’équilibre des 3 masses.

  2. On s’intéresse aux petits mouvements de la barre ; déterminer les équations vérifiées par la position zG\displaystyle z_{G} du centre d’inertie, et par l’angle θ\displaystyle \theta que fait la barre avec l’axe horizontal.

  1. En référentiel terrestre supposé galiléen, le systèmeétudié est formé de la barre et des trois masses.

• Les actions exercées sont :

  • les tensions des deux ressorts : FA=2kzAuz;FC=kzCuz\displaystyle \overrightarrow{F_{A}}=-2kz_{A}\overrightarrow{u_{z}} ; \overrightarrow{F_{C}}=-kz_{C}\overrightarrow{u_{z}}

  • les trois poids.

• Position de G : AG=2mAB+mAC6m\displaystyle \overrightarrow{AG}=\frac{2m\overrightarrow{AB}+m\overrightarrow{AC}}{6m}, d’où AG=2L3\displaystyle AG=\frac{2L}{3}. Alors GB=L3\displaystyle GB=\frac{L}{3} et GC=4L3\displaystyle GC=\frac{4L}{3}.

• À l’équilibre, la somme des forces extérieures est nulle. D’où 6mg=k(2zA+zC)\displaystyle 6mg=k(2z_{A}+z_{C}).La somme des moments des forces extérieures, calculée par rapport à l’axe (Gy)\displaystyle \left(Gy\right) est nulle (G\displaystyle G point fixe à l’équilibre):

2L3(2kzA)cosθ+4L3kzCcosθ=0.\displaystyle \frac{2L}{3}(-2kz_{A})\cos\theta+\frac{4L}{3}kz_{C}\cos\theta=0. zA=zC=2mgk.z_{A}=z_{C}=\frac{2mg}{k}.

Par conséquent zB=2mg/k\displaystyle z_{B}=2mg/k également.

  1. Il y a deux degrés de liberté zG\displaystyle z_{G} et θ\displaystyle \theta ; zA=zG+2L3sinθetzC=zG4L3sinθ\displaystyle z_{A}=z_{G}+\frac{2L}{3}\sin\theta et z_{C}=z_{G}-\frac{4L}{3}\sin\theta.

Avec le théorème du centre de masse projeté sur (Oz)\displaystyle \left(Oz\right) et dans l’approximation des petits angles :

6mzG¨=6mg2kzAkzC=6mg3kzGk(22L3θ4L3θ)=6mg3kzG\displaystyle 6m\ddot{z_{G}}=6mg-2kz_{A}-kz_{C}=6mg-3kz_{G}-k(2\frac{2L}{3}\theta-\frac{4L}{3}\theta)=6mg-3kz_{G}.zG¨+k2mzG=g.\ddot{z_{G}}+\frac{k}{2m}z_{G}=g.

On retrouve la valeur à l’équilibre précédente.

Pour appliquer le théorème du moment cinétique, plaçons-nous dans le référentiel barycentrique R\displaystyle \mathcal{R}^{*}, référentiel en translation par rapport au référentiel du laboratoire et dans lequel G\displaystyle G est fixe. Dans R\displaystyle \mathcal{R}^{*}, la barre a un mouvement de rotation autour de (Gy)\displaystyle \left(Gy\right) et on applique le théorème du moment cinétique scalaire rapport à l’axe (Gy)\displaystyle \left(Gy\right).

Dans R\displaystyle \mathcal{R}^{*}, aux actions exercées précédentes s’ajoutent les forces d’inertie miaG)R\displaystyle -m_{i}\left.\overrightarrow{a}G)\right\rfloor _{R}.

Le moment du poids total, s’appliquant en G\displaystyle G, est nul. Le moment par rapport à G\displaystyle G des forces d’inertie d’entraînement MG,fie=(mGA+2mGB+3mGC)(aG)R)=0(aG)R)=0\displaystyle \mathcal{\overrightarrow{M}}_{G,\overrightarrow{f_{ie}}}=(m\overrightarrow{GA}+2m\overrightarrow{GB}+3m\overrightarrow{GC})\wedge\left(-\left.\overrightarrow{a}G)\right\rfloor _{R}\right)=\overrightarrow{0}\wedge\left(-\left.\overrightarrow{a}G)\right\rfloor _{R}\right)=\overrightarrow{0}.

D’où : Jθ¨=2L3(2kzAcosθ)+4L3(kzCcosθ)\displaystyle J\ddot{\theta}=\frac{2L}{3}(-2kz_{A}\cos\theta)+\frac{4L}{3}(kz_{C}\cos\theta).

En se limitant aux petits angles

Jθ¨=2L3(2k(zG+2L3θ)+4L3k(zG4L3θ)=83kL2θ.\displaystyle J\ddot{\theta}=\frac{2L}{3}(-2k\left(z_{G}+\frac{2L}{3}\theta\right)+\frac{4L}{3}k\left(z_{G}-\frac{4L}{3}\theta\right)=-\frac{8}{3}kL^{2}\theta.

J=3m(2L3)2+2m(L3)2+m(4L3)2=103mL2\displaystyle J=3m\left(\frac{2L}{3}\right)^{2}+2m\left(\frac{L}{3}\right)^{2}+m\left(\frac{4L}{3}\right)^{2}=\frac{10}{3}mL^{2}, d’oùθ¨+45kmθ=0.\ddot{\theta}+\frac{4}{5}\frac{k}{m}\theta=0.

Les deux équations obtenues correspondent à des oscillations sinusoïdales de zG\displaystyle z_{G} et θ\displaystyle \theta autour des valeurs zGeˊq=2mgk\displaystyle z_{G\acute{e}q}=\frac{2mg}{k} et θeˊq=0\displaystyle \theta_{\acute{e}q}=0.

Exercice 12 ⭐️⭐️ Modes propres, Spé/L2

Deux pendules sont constitués de deux tiges homogènes de masses m1\displaystyle m_{1} et m2\displaystyle m_{2}, de même longueur \displaystyle \ell, dont les points d’attache, fixes, sont sur l’axe (Ox)\displaystyle \left(Ox\right) horizontal et distants de a0\displaystyle a_{0}. On étudie les mouvements des pendules, en l’absence de frottement, dans le plan vertical (xOz)\displaystyle \left(xOz\right). Les extrémités mobiles des pendules sont reliées par un ressort de longueur à vide a0\displaystyle a_{0}, de raideur k\displaystyle k, de masse négligeable. On donne le moment d’inertie d’une barre homogène par rapport à un axe passant par son extrémité et perpendiculaire à la barre J=m23\displaystyle J=m\frac{\ell^{2}}{3}.

  1. Etudier les équations du mouvement pour les petits mouvements des pendules θ1(t)\displaystyle \theta_{1}(t) et θ2(t)\displaystyle \theta_{2}(t).

  2. Est-il possible qu’il existe des modes propres (mouvements oscillants sinusoïdaux de même pulsation pour les deux pendules) ? Etudier le cas m1=m2\displaystyle m_{1}=m_{2}, et montrer que la solution générale du mouvement est la superposition des mouvements correspondant aux modes propres.

En référentiel terrestre supposé galiléen, les actions exercées sur la barre 1 sont :

  • Poids

  • Actions d’axe de moment nul parr apport à l’axe de rotation (pas de frottement)

  • Tension du ressort : F1=k(sinθ2sinθ1)ux\displaystyle \overrightarrow{F_{1}}=k\ell\left(\sin\theta_{2}-\sin\theta_{1}\right)\overrightarrow{u_{x}}.

Le théorème du moment cinétique scalaire appliqué à la barre 1 par rapport à l’axe fixe parallèle à (y)\displaystyle \left(y\right) passant par O1\displaystyle O_{1} donne :

J1θ1¨=m1g2sinθ1+F1cosθ1\displaystyle J_{1}\ddot{\theta_{1}}=-m_{1}g\frac{\ell}{2}\sin\theta_{1}+\ell F_{1}\cos\theta_{1}

En se limitant au premier ordre en θi\displaystyle \theta_{i} :

J1θ1¨=m1g2θ1+k2(θ2θ1)J_{1}\ddot{\theta_{1}}=-m_{1}g\frac{\ell}{2}\theta_{1}+k\ell^{2}\left(\theta_{2}-\theta_{1}\right)

Barre 2 : de même

J2θ2¨=m2g2θ2k2(θ2θ1)J_{2}\ddot{\theta_{2}}=-m_{2}g\frac{\ell}{2}\theta_{2}-k\ell^{2}\left(\theta_{2}-\theta_{1}\right)

Soit :

{θ2¨=g32θ23km2(θ2θ1)θ1¨=g32θ13km1(θ1θ2)\displaystyle \begin{cases} \ddot{\theta_{2}}=-g\frac{3}{2\ell}\theta_{2}-\frac{3k}{m_{2}}\left(\theta_{2}-\theta_{1}\right)\\ \ddot{\theta_{1}}=-g\frac{3}{2\ell}\theta_{1}-\frac{3k}{m_{1}}\left(\theta_{1}-\theta_{2}\right) \end{cases}

Posons ω02=g32\displaystyle \omega_{0}^{2}=g\frac{3}{2\ell}, ω12=3km1\displaystyle \omega_{1}^{2}=\frac{3k}{m_{1}}, ω22=3km2\displaystyle \omega_{2}^{2}=\frac{3k}{m_{2}}.

{θ2¨=ω02θ2ω22(θ2θ1)θ1¨=ω02θ1ω12(θ1θ2)\displaystyle \begin{cases} \ddot{\theta_{2}}=-\omega_{0}^{2}\theta_{2}-\omega_{2}^{2}\left(\theta_{2}-\theta_{1}\right)\\ \ddot{\theta_{1}}=-\omega_{0}^{2}\theta_{1}-\omega_{1}^{2}\left(\theta_{1}-\theta_{2}\right) \end{cases}

  1. On cherche des solutions oscillantes de pulsation ω\displaystyle \omega, avec θ2¨=ω2θ2\displaystyle \ddot{\theta_{2}}=-\omega^{2}\theta_{2} et θ1¨=ω2θ1\displaystyle \ddot{\theta_{1}}=-\omega^{2}\theta_{1}.

{(ω2ω02ω22)θ2+ω22θ1=0ω12θ2+(ω2ω02ω12)θ1=0\displaystyle \begin{cases} \left(\omega^{2}-\omega_{0}^{2}-\omega_{2}^{2}\right)\theta_{2}+\omega_{2}^{2}\theta_{1}=0\\ \omega_{1}^{2}\theta_{2}+\left(\omega^{2}-\omega_{0}^{2}-\omega_{1}^{2}\right)\theta_{1}=0 \end{cases}. D’où pour qu’il y ait des solutions non identiquement nulles

ω2ω02ω22ω22ω12ω2ω02ω12=0\displaystyle \left|\begin{array}{cc} \omega^{2}-\omega_{0}^{2}-\omega_{2}^{2} & \omega_{2}^{2}\\ \omega_{1}^{2} & \omega^{2}-\omega_{0}^{2}-\omega_{1}^{2} \end{array}\right|=0

Cas ω2=ω1\displaystyle \omega_{2}=\omega_{1}

ω2ω02ω12=±ω12\displaystyle \omega^{2}-\omega_{0}^{2}-\omega_{1}^{2}=\pm\omega_{1}^{2} , soit ω2=ω02\displaystyle \omega^{2}=\omega_{0}^{2} ou ω2=ω02+2ω12\displaystyle \omega^{2}=\omega_{0}^{2}+2\omega_{1}^{2}.

Pour ω=ω0,θ1=θ2\displaystyle \omega=\omega_{0}, \theta_{1}=\theta_{2}, les deux pendules oscillent en phase, la distance entre les deux extrémités restant égale à 0\displaystyle \ell_{0}.

Pour ω2=ω02+2ω12,θ1=θ2\displaystyle \omega^{2}=\omega_{0}^{2}+2\omega_{1}^{2}, \theta_{1}=-\theta_{2}, les deux pendules oscillent en opposition de phase.

En faisant la somme et la différence des équations du système (1), la somme s\displaystyle s et la différence d\displaystyle d des angles obéissent aux équations

{s¨+ω02s=0d¨+(ω02+2ω12)d=0\displaystyle \begin{cases} \ddot{s}+\omega_{0}^{2}s=0\\ \ddot{d}+\left(\omega_{0}^{2}+2\omega_{1}^{2}\right)d=0 \end{cases} et avec {θ1=12(s+d)θ2=12(sd)\displaystyle \begin{cases} \theta_{1}=\frac{1}{2}\left(s+d\right)\\ \theta_{2}=\frac{1}{2}\left(s-d\right) \end{cases}, le résultat est démontré.

Exercice 27 ⭐️⭐️ Mouvement avec frottement, Spé/L2

Un tronc d’arbre assimilable à une tige homogène de longueur L=20 m\displaystyle L=20\textrm{ m}, de masse m=2000 kg\displaystyle m=2000\textrm{ kg} repose sur une ligne de plus grande pente du flanc d’une falaise, le flanc faisant un angle α=30° \displaystyle \alpha=30\text{° }avec le plan horizontal. On prend f=fs=fd=0,5\displaystyle f=f_{s}=f_{d}=0,5. Le tronc est en contact avec le plan en deux points :

  • son extrémité A, où se trouve initialement une cale
  • B, sommet de la falaise où se trouve initialement l’autre extrémité du tronc.

Le frottement en B est négligeable. Le frottement en A obéit aux lois de Coulomb.
On négligera le diamètre de l’arbre.

  1. Quelle distance doit parcourir l’arbre avant de basculer (sans calcul) ?
  2. Quelle est la condition sur f\displaystyle f pour qu’il y ait équilibre quand on enlève la cale ?
  3. On déclenche une explosion en A, ce qui communique une vitesse V0=V0ux\displaystyle \overrightarrow{V_{0}}=V_{0}\overrightarrow{u_{x}} au tronc (vers le sommet de la falaise). Sachant qu’un kg de charge libère ε=300 kJ\displaystyle \varepsilon=300\textrm{ kJ}, quelle est la charge minimale (en kg) nécessaire pour faire basculer l’arbre ?

Mouvement de translation du solide selon (Bx)\displaystyle \left(Bx\right) 👉 Le moment cinétique scalaire selon (By)\displaystyle \left(By\right) est conservé (il est d’ailleurs nul).

On suppose le référentiel terrestre galiléen.

  1. Le moment du poids peut faire basculer le tronc lorsque son centre d’inertie G\displaystyle G dépasse le sommet de la falaise, soit une distance parcourue de L/2\displaystyle L/2.

  2. Le tronc est soumis à son poids, à la réaction en A : RA=TAux+NAuy\displaystyle \overrightarrow{R_{A}}=T_{A}\overrightarrow{u_{x}}+N_{A}\overrightarrow{u_{y}}, à la réaction en B : NB=NBuy\displaystyle \overrightarrow{N_{B}}=N_{B}\overrightarrow{u_{y}}.
    L’équilibre impose :

  • la somme des forces est nulle : {TAmgsinα=0NA+NBmgcosα=0\displaystyle \begin{cases} T_{A}-mg\sin\alpha=0\\ N_{A}+N_{B}-mg\cos\alpha=0 \end{cases}
  • le moment des forces par rapport à (By)\displaystyle \left(By\right) est nul : NALmgL2cosα=0\displaystyle N_{A}L-mg\frac{L}{2}\cos\alpha=0.

Avec les lois de Coulomb pour le contact entre solides, la condition d’équilibre TAfNA\displaystyle T_{A}\leq fN_{A} donne f2tanα.f\geq2\tan\alpha.

  1. L’explosion communique une énergie cinétique initiale Ec0\displaystyle E_{c0}. On cherche si G peut atteindre le sommet. L’abscisse de G est x(t)\displaystyle x(t) avec x(0)=0\displaystyle x(0)=0.
    Le tronc est soumis aux forces du 1) avec cette fois TA=fNA\displaystyle T_{A}=fN_{A} puisqu’il y a glissement.
    Tant qu’il y a translation (pas de rotation du solide), le théorème du moment cinétique scalaire par rapport à (By)\displaystyle \left(By\right) donne NA(Lx)mg(L2x)cosα=0\displaystyle N_{A}\left(L-x\right)-mg\left(\frac{L}{2}-x\right)\cos\alpha=0.
    Attention, cette fois, la force de frottement s’oppose au mouvement de l’arbre et est orientée selon ux\displaystyle -\overrightarrow{u_{x}}.
    D’où TA=fmgL2xLxcosα\displaystyle T_{A}=-fmg\frac{\frac{L}{2}-x}{L-x}\cos\alpha.
    Seuls TA\displaystyle \overrightarrow{T_{A}} et le poids travaillent. Lorsque G atteint le sommet, le théorème de l’énergie cinétique impose :
    12mv2Ec0=x=0L/2[fmgL2xLxcosα+mgsinα]dx\displaystyle \frac{1}{2}mv^{2}-E_{c0}=-\int_{x=0}^{L/2}\left[fmg\frac{\frac{L}{2}-x}{L-x}\cos\alpha+mg\sin\alpha\right]dx.
    C’est possible pour 12mv2=Ec0mg[fcosαx=0L/2L2xLxdx+(L/2)sinα]0\displaystyle \frac{1}{2}mv^{2}=E_{c0}-mg\left[f\cos\alpha\int_{x=0}^{L/2}\frac{\frac{L}{2}-x}{L-x}dx+\left(L/2\right)\sin\alpha\right]\geq0.
    x=0L/2L2xLxdx=x=0L/2(1L2Lx)dx=L2(1ln2)\displaystyle \int_{x=0}^{L/2}\frac{\frac{L}{2}-x}{L-x}dx=\int_{x=0}^{L/2}\left(1-\frac{\frac{L}{2}}{L-x}\right)dx=\frac{L}{2}\left(1-\ln2\right).
    En considérant que l’énergie libérée par l’explosion d’une masse M\displaystyle M est intégralement transmise au tronc sous forme d’énergie cinétique (hypothèse très grossière), la masse minimale est (homogène) : MmgL2ε[f(1ln2)cosα+sinα].M\geq m\frac{gL}{2\varepsilon}\left[f\left(1-\ln2\right)\cos\alpha+\sin\alpha\right].
    A.N. : M=0,6 kg\displaystyle M=0,6\textrm{ kg}.

Exercice 37 ⭐️⭐️ Système masses-poulie, Spé/L2

Un objet, assimilable à un point matériel M\displaystyle M, de masse m\displaystyle m, glisse sans frottement sur le plan horizontal. Il est relié au point fixe O\displaystyle O par un ressort horizontal de raideur k\displaystyle k, de longueur au repos 0\displaystyle \ell_{0}. Le point matériel M\displaystyle M' , de masse m\displaystyle m', est animé d’un mouvement rectiligne vertical. Le fil, de masse négligeable, est inextensible et glisse sans frottement sur la poulie, qui elle-même est mobile sans frottement autour de son axe.

  1. Trouver la position d’équilibre de M\displaystyle M.

  2. La poulie est de masse négligeable. Exprimer la période des oscillations du système.

  3. La masse μ\displaystyle \mu de la poulie de rayon R\displaystyle R n’est plus négligeable. Son moment d’inertie par rapport à son axe de rotation est J=μR22\displaystyle J=\frac{\mu R^{2}}{2}. Déterminer la période des oscillations.

  4. On s’intéresse à nouveau à l’équilibre de M\displaystyle M en tenant compte du coefficient de frottement statique fs\displaystyle f_{s} entre le mobile et la table. Qu’y a-t-il de modifié ?

:::1. Le référentiel terrestre est supposé galiléen. M\displaystyle M est soumis à son poids , à la réaction verticale du support, à la tension du fil F=Fux\displaystyle \overrightarrow{F}=F\overrightarrow{u_{x}} et à la tension du ressort T=k(x0)ux\displaystyle \overrightarrow{T}=-k\left(x-\ell_{0}\right)\overrightarrow{u_{x}}.

M’ est soumis à la tension du fil F=Fuz\displaystyle \overrightarrow{F'}=-F'\overrightarrow{u_{z}} et à son poids.

À l’équilibre, en l’absence de frottement du fil sur la poulie F=F\displaystyle F=F'. Le principe fondamental de la dynamique appliqué aux deux masses donne (avec l’axe (Oz)\displaystyle \left(Oz\right) vertical descendant) :

mx¨=k(x0)+F=0\displaystyle m\ddot{x}=-k\left(x-\ell_{0}\right)+F=0.

mz¨=mgF=0\displaystyle m'\ddot{z}=m'g-F=0. D’où x=xeˊq=0+mgk.x=x_{\acute{e}q}=\ell_{0}+\frac{m'g}{k}.

  1. Le fil est inextensible : z˙=x˙\displaystyle \dot{z}=\dot{x}. C’est un problème à un seul degré de liberté (voir remarque à la fin).
    (m+m)x¨=mgk(x0)\displaystyle \left(m+m'\right)\ddot{x}=m'g-k\left(x-\ell_{0}\right) , soit avec u=xxeˊq\displaystyle u=x-x_{\acute{e}q},

(m+m)u¨=ku\displaystyle \left(m+m'\right)\ddot{u}=-ku, d’où la période (homogène) τ=2πm+mk.\tau=2\pi\sqrt{\frac{m+m'}{k}}.

  1. Les deux tensions du fil de part et d’autre de la poulie ne sont plus égales.

mx¨=k(x0)+F\displaystyle m\ddot{x}=-k\left(x-\ell_{0}\right)+F

mz¨=mgF\displaystyle m'\ddot{z}=m'g-F'

La poulie est soumises aux tensions des fils opposées aux précédentes, le fil étant sans masse, aux actions d’axe dont le moment par rapport à l’axe de rotation est nul (pas de frottement), et à son poids dont le moment par rapport à l’axe est nul, le centre d’inertie étant sur l’axe. On applique le théorème du moment cinétique à la poulie, en projection par rapport à son axe :

Jθ¨=R(FF)\displaystyle J\ddot{\theta}=R(F'-F)

Pas de glissement du fil sur la poulie, donc x˙=z˙=Rθ˙\displaystyle \dot{x}=\dot{z}=R\dot{\theta}

D’où en sommant : (m+m+μ/2)u¨=ku\displaystyle \left(m+m'+\mu/2\right)\ddot{u}=-ku, soit

T=2πm+m+μ/2k\displaystyle T'=2\pi\sqrt{\frac{m+m'+\mu/2}{k}}

  1. M\displaystyle M est soumis à son poids, à la réaction verticale du support RN\displaystyle \overrightarrow{R_{N}} et à la réaction tangentielle RT\displaystyle \overrightarrow{R_{T}}, à la tension du fil F=Fux\displaystyle \overrightarrow{F}=F\overrightarrow{u_{x}} et à la tension du ressort T=k(x0)ux\displaystyle \overrightarrow{T}=-k\left(x-\ell_{0}\right)\overrightarrow{u_{x}}.

M\displaystyle M' est soumis à la tension du fil F=Fuz\displaystyle \overrightarrow{F'}=-F'\overrightarrow{u_{z}} et à son poids.

À l’équilibre, en l’absence de frottement du fil sur la poulie F=F\displaystyle F=F'. Le pfd appliqué aux deux masses donne :

k(x0)+F+RT=0\displaystyle -k\left(x-\ell_{0}\right)+F+R_{T}=0

RN=mg\displaystyle R_{N}=mg

mgF=0\displaystyle m'g-F=0

D’où RT=k(x0)mg\displaystyle R_{T}=k\left(x-\ell_{0}\right)-m'g. L’équilibre nécessite RTfsRN\displaystyle \left|R_{T}\right|\leq f_{s}R_{N}, soit k(x0)mgfsmg\displaystyle \left|k\left(x-\ell_{0}\right)-m'g\right|\leq f_{s}mg

Pour k(x0)mg>0,k(x0)mg<fsmg0+gkmx0+gk(m+fsm)\displaystyle k\left(x-\ell_{0}\right)-m'g>0,k\left(x-\ell_{0}\right)-m'g<f_{s}mg\Longrightarrow\ell_{0}+\frac{g}{k}m'\leq x\leq\ell_{0}+\frac{g}{k}\left(m'+f_{s}m\right).

Pour k(x0)mg<0,k(x0)+mg<fsmg0+gk(mfsm)x0+gkm\displaystyle k\left(x-\ell_{0}\right)-m'g<0,-k\left(x-\ell_{0}\right)+m'g<f_{s}mg\Longrightarrow\ell_{0}+\frac{g}{k}\left(m'-f_{s}m\right)\leq x\leq\ell_{0}+\frac{g}{k}m'

Finalement, il y a une plage de valeurs possibles pour l’équilibre :
0+gk(mfsm)x0+gk(m+fsm)\ell_{0}+\frac{g}{k}\left(m'-f_{s}m\right)\leq x\leq\ell_{0}+\frac{g}{k}\left(m'+f_{s}m\right)
Remarque
x˙=z˙=Rθ˙\displaystyle \dot{x}=\dot{z}=R\dot{\theta}, il s’agit d’un problème à un degré de liberté 👉approche énergétique.
De fait les questions 2 et 3 se résolvent (plus) facilement avec une approche énergétique en dérivant par rapport au temps l’énergie mécanique du système masses+poulie+fil :
Em=12(m+m)x˙2+12k(x0)2+mgx+Cte\displaystyle E_{m}=\frac{1}{2}\left(m+m'\right)\dot{x}^{2}+\frac{1}{2}k\left(x-\ell_{0}\right)^{2}+m'gx+Cte pour 2),
Em=12(m+m+μ/2)x˙2+12k(x0)2+mgx+Cte\displaystyle E_{m}=\frac{1}{2}\left(m+m'+\mu/2\right)\dot{x}^{2}+\frac{1}{2}k\left(x-\ell_{0}\right)^{2}+m'gx+Cte' pour 3).
Mais la question 4 nécessite de revenir à une analyse plus détaillée des forces.

Exercice 60 ⭐️⭐️ Boule contre un mur, Spé

Une boule homogène de masse m\displaystyle m, de rayon a\displaystyle a, de centre d’inertie G\displaystyle G, de moment d’inertie J\displaystyle J par rapport à l’un de ses diamètres, est en contact avec le sol et avec un mur. Elle tourne autour de l’axe horizontal (Gz)\displaystyle (Gz) à vitesse angulaire ω(t)\displaystyle \omega(t), le coefficient de frottement entre la boule et les deux supports fixes étant f\displaystyle f.

  1. Déterminer les réactions R\displaystyle \overrightarrow{R} et R\displaystyle \overrightarrow{R'} du sol et du mur.

  2. La vitesse angulaire initiale est ω0>0\displaystyle \omega_{0}>0. Déterminer ω(t)\displaystyle \omega(t).

  3. Retrouver ce résultat par un raisonnement énergétique.

  1. Le référentiel terrestre est supposé galiléen.
    R=Rnuy+Rtux\displaystyle \overrightarrow{R}=R_{n}\overrightarrow{u_{y}}+R_{t}\overrightarrow{u_{x}}. Rn>0\displaystyle R_{n}>0, et comme il y a glissement Rt=fRn\displaystyle R_{t}=-fR_{n}, la réaction tangentielle est opposée à la vitesse de glissement.
    R=Rnux+Rtuy\displaystyle \overrightarrow{R'}=R'_{n}\overrightarrow{u_{x}}+R'_{t}\overrightarrow{u_{y}}. De même, Rn>0\displaystyle R'_{n}>0 et Rt=fRn\displaystyle R'_{t}=fR'_{n} opposée à la vitesse de glissement
    G\displaystyle G est immobile. La somme des forces exercées sur la boule est donc nulle.
    {fRn+Rn=0mg+Rn+fRn=0\displaystyle \begin{cases} -fR_{n}+R'_{n}=0\\ -mg+R_{n}+fR'_{n}=0 \end{cases}
    d’où {Rn=mg1+f2Rn=fmg1+f2.\begin{cases} R_{n}=\frac{mg}{1+f^{2}}\\ R'_{n}=\frac{fmg}{1+f^{2}} \end{cases}.

  2. En appliquant le théorème du moment cinétique en projection sur (Gz)\displaystyle \left(Gz\right)
    Jω˙=a(RtRt)=a(fmg1+f2+f2mg1+f2)=afmg1+f2(1+f)\displaystyle \begin{aligned}J\dot{\omega}&=a\left(R_{t}-R'_{t}\right)\\&=-a\left(\frac{fmg}{1+f^{2}}+\frac{f^{2}mg}{1+f^{2}}\right)\\&=-a\frac{fmg}{1+f^{2}}\left(1+f\right)\end{aligned}
    D’où ω(t)=ω0aJfmg1+f2(1+f)t.\omega(t)=\omega_{0}-\frac{a}{J}\frac{fmg}{1+f^{2}}\left(1+f\right)t.
    La boule s’arrête de tourner pour t=Jω0(1+f2)fmga(1+f)\displaystyle t=\frac{J\omega_{0}(1+f^{2})}{fmga\left(1+f\right)}, homogène.

  3. Par application du théorème de la puissance cinétique
    ddt(12Jω2)=ωa(RtRt)\displaystyle \frac{d}{dt}\left(\frac{1}{2}J\omega^{2}\right)=\omega a\left(R_{t}-R'_{t}\right) ce qui redonne le même résultat.

Exercice 120 ⭐️⭐️⭐️ Mouvement d’une corde, L2

D’après Mines.
Une corde homogène AB est posée le long de l’axe (Ox)\displaystyle \left(Ox\right) sur une table horizontale. On soulève l’extrémité B avec une vitesse verticale constante v0\displaystyle \overrightarrow{v_{0}}, la corde se déplaçant dans le plan vertical (xOz)\displaystyle \left(xOz\right), avec (Oz)\displaystyle \left(Oz\right) axe escendant. À la date t\displaystyle t, l’ordonnée de B est donc z=v0t\displaystyle z=v_{0}t (v0=v0)\displaystyle \left(v_{0}=\left\Vert \overrightarrow{v_{0}}\right\Vert \right).
Tous les points de la corde en contact avec la table sont considérés au repos, et on suppose que la corde est coudée en angle droit au point C de la corde situé sur la table, à l’aplomb du point B (la courbure en C est négligée).

  1. Montrer que, tant que la corde touche la table, l’ordonnée de son centre de masse G\displaystyle G est Z(G)=z22L\displaystyle Z(G)=\frac{z^{2}}{2L} .
    En déduire l’expression de la composante verticale de l’accélération de G\displaystyle G en fonction de v0\displaystyle \overrightarrow{v_{0}} et L\displaystyle L.
  2. Lorque la corde est entièrement verticale en contact avec la table (nouvel instant initial), on abaisse le point B avec une vitesse constante v0\displaystyle -\overrightarrow{v_{0}} jusqu’à ce que la corde se retrouve sur la table. Quelle est l’expression de l’accélération verticale du centre d’inertie de la corde ? On ne se préoccupe pas de la manière dont la corde s’étale sur la table. Commenter.
  3. On appelle poids apparent Pa\displaystyle \overrightarrow{P}_{a} la force dont le module est indiqué par une balance.
    a. Justifier que dans un cas statique, le poids apparent est égal au poids de l’objet posé sur la balance.
    b. La corde est verticale, en contact avec le plateau d’une balance électronique au point A. Le rôle de la table des questions 1. et 2. est maintenant joué par le plateau de la balance. On lâche la corde avec une vitesse initiale nulle à t=0\displaystyle t=0. On admet que l’accélération de l’extrémité B est g=gez\displaystyle \overrightarrow{g}=-g\overrightarrow{e_{z}} et on suppose que les points de la corde ont une vitesse nulle dès qu’ils touchent le plateau.
    Exprimer l’accélération du centre d’inertie de la corde et commenter son expression. On introduira τ=2Lg\displaystyle \tau=\sqrt{\frac{2L}{g}}.
    c. En utilisant le théorème du centre de masse, montrer que le poids apparent indiqué par la balance est Pa=3m(t)g\displaystyle \overrightarrow{P}_{a}=3m(t)\overrightarrow{g}m(t)\displaystyle m(t) est égal à la masse de la corde sur le plateau de la balance. À quel date le poids apparent de la corde est-il égal à son poids total ?

Attention, le centre de masse de la corde n’est pas nécessairement situé au milieu de la corde. C’est un système déformable, il faut revenir à la définition du centre de masse en fonction de la masse linéique μ\displaystyle \mu, de sa masse totale mT\displaystyle m_{T} ; P\displaystyle P étant un point courant de la corde : OG=1mTABμOPd\displaystyle \overrightarrow{OG}=\frac{1}{m_{T}}\int_{A}^{B}\mu\overrightarrow{OP}d\ell.

  1. Par définition, en notant μ\displaystyle \mu la masse linéique de la corde, mT\displaystyle m_{T} sa masse et z(M)\displaystyle z'(M) l’altitude d’un point quelconque de la corde,
    Z(G)=1mTABμz(M)dz=1mT0zμz(M)dz=μmTz22=z22L\displaystyle \begin{aligned}Z(G)&=\frac{1}{m_{T}}\int_{A}^{B}\mu z'(M)dz'\\&=\frac{1}{m_{T}}\int_{0}^{z}\mu z'(M)dz'\\&=\frac{\mu}{m_{T}}\frac{z^{2}}{2}\\&=\frac{z^{2}}{2L}\end{aligned}.
    La vitesse verticale V(G)=2z˙z2Luz=v02tLuz\displaystyle \overrightarrow{V}\left(G\right)=\frac{2\dot{z}z}{2L}\overrightarrow{u_{z}}=\frac{v_{0}^{2}t}{L}\overrightarrow{u_{z}} et l’accélération verticale a(G)=v02Luz.\overrightarrow{a}\left(G\right)=\frac{v_{0}^{2}}{L}\overrightarrow{u_{z}}.
  2. De même Z(G)=z22L\displaystyle Z(G)=\frac{z^{2}}{2L}, V(G)=2z˙z2Luz=v0(Lv0t))Luz\displaystyle \overrightarrow{V}\left(G\right)=\frac{2\dot{z}z}{2L}\overrightarrow{u_{z}}=\frac{-v_{0}\left(L-v_{0}t)\right)}{L}\overrightarrow{u_{z}} et a(G2)=v02Luz.\overrightarrow{a}\left(G_{2}\right)=\frac{v_{0}^{2}}{L}\overrightarrow{u_{z}}.
    Dans le premier cas, G\displaystyle G monte avec une vitesse qui augmente car la longueur de corde animée d’une vitesse verticale augmente, dans le second cas, symétriquement, G\displaystyle G descend avec une vitesse qui diminue.
  3. a. L’indication donnée par la balance est (à g\displaystyle g près) la valeur de la force exercée sur le plateau par un dispositif interne à la balance, qui équilibre la force exercée sur le plateau par ce qui est posé sur la balance (par exemple la force d’un dynamomètre, notée ici Pa\displaystyle -\overrightarrow{P}_{a}). Le théorème du centre de masse appliqué au plateau de la balance équilibrée donne :
    FobjetbalancePa=0\displaystyle \overrightarrow{F}_{objet\rightarrow balance}-\overrightarrow{P}_{a}=\overrightarrow{0}.
    Le théorème du centre de masse appliquée à un objet au repos, de masse mT\displaystyle m_T posé sur le plateau s’écrit mTg+Fbalanceobjet=0\displaystyle m_{T}\overrightarrow{g}+\overrightarrow{F}_{balance\rightarrow objet}=\overrightarrow{0},
    donc d’après la loi des actions réciproques
    Pa=mTg\displaystyle \overrightarrow{P}_{a}=m_{T}\overrightarrow{g}.
    Dans le cas statique, le poids apparent est le poids réel.
    b. Le mouvement de B\displaystyle B est uniformément accéléré . Comme dans les
    questions 1) et 2), l’altitude du centre d’inertie est Z(G)=z22L\displaystyle Z(G)=\frac{z^{2}}{2L}
    z=z(B)=L12gt2\displaystyle z=z(B)=L-\frac{1}{2}gt^{2}.
    D’où
    V(G)=2z˙z2Luz=(L12gt2)(gt)/Luz\displaystyle \begin{aligned}\overrightarrow{V}\left(G\right)&=\frac{2\dot{z}z}{2L}\overrightarrow{u_{z}}\\&=\left(L-\frac{1}{2}gt^{2}\right)\left(-gt\right)/L\overrightarrow{u_{z}}\end{aligned}
    et
    a(G)=g(13g2Lt2)uz=g(13t2τ2)uz.\displaystyle \begin{aligned}\overrightarrow{a}\left(G\right)&=-g\left(1-\frac{3g}{2L}t^{2}\right)\overrightarrow{u_{z}}\\&=-g\left(1-\frac{3t^{2}}{\tau^{2}}\right)\overrightarrow{u_{z}}\end{aligned}.
    Au début de la chute, l’accélération est guz\displaystyle -g\overrightarrow{u_{z}}.
    Puis son module diminue car la longueur verticale de la corde diminue.
    La longueur verticale diminuant de plus en plus vite, la vitesse de
    G\displaystyle G reste selon uz\displaystyle -\overrightarrow{u_{z}}, mais son accélération s’annule
    pour t=t0=τ3\displaystyle t=t_{0}=\frac{\tau}{\sqrt{3}}, puis est portée par +uz\displaystyle +\overrightarrow{u_{z}}
    jusqu’à ce que B touche le plateau.
    c. Dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen, le théorème du centre de masse appliqué à la corde donne
    mTa(G)=mTg+Fbalancecorde\displaystyle m_{T}\overrightarrow{a}\left(G\right)=m_{T}\overrightarrow{g}+\overrightarrow{F}_{balance\rightarrow corde}.
    Donc
    Fbalancecorde=mT[g(13t2τ2)+g]uz=mTg3t2τ2uz.\displaystyle \begin{aligned}\overrightarrow{F}_{balance\rightarrow corde}&=m_{T}\left[-g\left(1-\frac{3t^{2}}{\tau^{2}}\right)+g\right]\overrightarrow{u_{z}}\\&=m_{T}g\frac{3t^{2}}{\tau^{2}}\overrightarrow{u_{z}}.\end{aligned}
    Or la masse de la corde sur la balance est
    m(t)=μ(Lz(t))=μ12gt2=mTt2τ2.\displaystyle \begin{aligned}m(t)&=\mu\left(L-z(t)\right)\\&=\mu\frac{1}{2}gt^{2}=m_{T}\frac{t^{2}}{\tau^{2}}.\end{aligned}
    On obtient bien Fbalancecorde=Papp=3m(t)g.\overrightarrow{F}_{balance\rightarrow corde}=-\overrightarrow{P_{app}}=3m(t)\overrightarrow{g}.
    La balance indique le poids de la corde lorsque l’accélération de la corde est nulle, soit pour soit pour t=t0=τ3\displaystyle t=t_{0}=\frac{\tau}{\sqrt{3}}.
    Remarque— On a alors m(t)=mT3mT\displaystyle m(t)=\frac{m_{T}}{3}\neq m_{T}.

Exercice 123 ⭐️⭐️ Positions d’équilibre d’un solide, Sup/L1

On étudie en référentiel terrestre galiléen un système composé de deux barres homogènes identiques, de même masse M\displaystyle M, de longueur 2b\displaystyle 2b, maintenues perpendiculaires et rigidement liées en leur point commun B\displaystyle B. Le système est mobile sans frottement autour de l’axe (Ox)\displaystyle \left(Ox\right), le point fixe O\displaystyle O étant le milieu de (AB)\displaystyle (AB).
Le moment d’inertie de l’ensemble par rapport à l’axe (Ox)\displaystyle (Ox) est J=8Mb23\displaystyle \mathrm{}J=\frac{8Mb^{2}}{3}.

  1. Combien de degrés de liberté possède le système? Exprimer l’énergie cinétique de l’ensemble.

  2. Trouver une constante du mouvement et discuter la stabilité des
    positions d’équilibre.

  3. Etudier les petits mouvements du système autour de sa position
    d’équilibre stable.

  • Un seul degré de liberté 👉 Une équation scalaire suffit.
  • Positions d’équilibre et stabilité pour un système conservatif 👉 les positions d’équilbre correspondent aux extrema de l’énergie potentielle (maximum pour une position instable, minimum pour une position d’équilibre stable)
  1. Le seul degré de liberté est l’angle θ\displaystyle \theta. Il s’agit d’un solide en rotation autour d’un axe fixe Ec=12Jθ˙2\displaystyle E_{c}=\frac{1}{2}J\dot{\theta}^{2}. Il suffit d’une équation scalaire pour étudier le mouvement.
  2. Le solide est soumis
    -aux actions de contact en O, dont le travail est nul (pas de frottement)
    -au poids, qui dérive d’une énergie potentielle Ep(θ)\displaystyle E_{p}(\theta).
    L’énergie mécanique Em=Ec+Ep\displaystyle E_{m}=E_{c}+E_{p} est donc une constante du mouvement.
    L’énergie potentielle de pesanteur est la somme des énergies potentielles de chaque barre. La barre AB\displaystyle AB a pour centre d’inertie le point O\displaystyle O, dont l’altitude ne varie pas, son énergie potentielle est constante. La barre BC\displaystyle BC a pour centre d’inertie O\displaystyle O' d’altitude zO\displaystyle z_{O'}.
    OB=b(cosθezsinθey)\displaystyle \overrightarrow{OB}=b\left(\cos\theta\overrightarrow{e_{z}}-\sin\theta\overrightarrow{e_{y}}\right), et
    OB=b(cosθey+sinθez)\displaystyle \overrightarrow{O'B}=b\left(\cos\theta\overrightarrow{e_{y}}+\sin\theta\overrightarrow{e_{z}}\right)
    Avec OO=OB+BO\displaystyle \overrightarrow{OO'}=\overrightarrow{OB}+\overrightarrow{BO'},
    zO=b[cosθsinθ]\displaystyle z_{O'}=b\left[\cos\theta-\sin\theta\right] et Ep(θ)=MgzO=Mgb[cosθsinθ]\displaystyle E_{p}\left(\theta\right)=Mgz_{O'}=Mgb\left[\cos\theta-\sin\theta\right].
    Les positions d’équilibre correspondent aux extrema de Ep(θ)\displaystyle E_{p}\left(\theta\right).
    Ep(θ)=Mgb[sinθ+cosθ]\displaystyle E'_{p}\left(\theta\right)=-Mgb\left[\sin\theta+\cos\theta\right]
    Pour πθπ\displaystyle -\pi\leq\theta\leq\pi, Ep(θ)=0θ=π/4\displaystyle E'_{p}\left(\theta\right)=0\Longleftrightarrow\theta=-\pi/4 ou θ=3π/4\displaystyle \theta=3\pi/4
    Dans les deux cas O\displaystyle O et O\displaystyle O' sont sur la même verticale.
    La stabilité est donnée par le signe de E"p(θ)=Mgb[cosθsinθ]\displaystyle E"_{p}\left(\theta\right)=-Mgb\left[\cos\theta-\sin\theta\right].
    En θ=3π/4\displaystyle \theta=3\pi/4, l’équilibre est stable car E"p(3π/4)>0\displaystyle E"_{p}\left(3\pi/4\right)>0.
    En revanche, en θ=π/4\displaystyle \theta=-\pi/4 l’équilibre est instable car E"p(π/4)<0\displaystyle E"_{p}\left(-\pi/4\right)<0.
  3. dEmdt=0θ˙(Jθ¨Mgb[sinθ+cosθ])=0\displaystyle \frac{dE_{m}}{dt}=0\Rightarrow\dot{\theta}\left(J\ddot{\theta}-Mgb\left[\sin\theta+\cos\theta\right]\right)=0.
    Au voisinage de 3π/4\displaystyle 3\pi/4, posons θ=3π/4+u\displaystyle \theta=3\pi/4+u. Pour Jθ˙0\displaystyle J\dot{\theta}\neq0, on obtient
    Ju¨Mgb[sin(3π/4+u)+cos(3π/4+u)]=0\displaystyle J\ddot{u}-Mgb\left[\sin\left(3\pi/4+u\right)+\cos\left(3\pi/4+u\right)\right]=0.
    En se limitant aux termes d’ordre 1 en u\displaystyle u,
    Ju¨Mgb[22u22+(22u22)]=0\displaystyle J\ddot{u}-Mgb\left[\frac{\sqrt{2}}{2}-u\frac{\sqrt{2}}{2}+\left(-\frac{\sqrt{2}}{2}-u\frac{\sqrt{2}}{2}\right)\right]=0
    Ju¨+2Mgbu=0\displaystyle \Longleftrightarrow J\ddot{u}+\sqrt{2}Mgbu=0.
    C’est l’équation d’un oscillateur harmonique de pulsation ω=Mgb2J\displaystyle \omega=\sqrt{\frac{Mgb\sqrt{2}}{J}},ω=32g8b.\omega=\sqrt{\frac{3\sqrt{2}g}{8b}}. L’évolution de l’angle autour de sa position d’équilibre stable est de la forme θ(t)=3π/4+Acos(ωt+φ)\displaystyle \theta(t)=3\pi/4+A\cos\left(\omega t+\varphi\right).

Exercice 125 ⭐️⭐️⭐️ Position d’équilibre d’un système, X MP 2021, Spé hors PSI/L2

Un système en rotation à la vitesse angulaire Ω\displaystyle \Omega autour d’un axe vertical (Oz)\displaystyle \left(Oz\right) est composé de trois masses mobiles situées en A,B\displaystyle A,B, et C\displaystyle C de masses respectives m\displaystyle m, m\displaystyle m, et M\displaystyle M, liées entre elles et au point fixe O\displaystyle O par des tiges rigides de masse négligeable, de longueur identique L\displaystyle L. Le point C\displaystyle C est astreint à coulisser sans frottement sur l’axe (Oz)\displaystyle \left(Oz\right). L’ensemble des masses et des tiges reste dans un plan, et les liaisons mécaniques du système sont des liaisons rotule sans frottement. Déterminer les positions θe\displaystyle \theta_e d’équilibre du système.

Problème à un degré de liberté θ\displaystyle \theta 👉 Possibilité de se limiter à une approche énergétique (ou au théorème du moment cinétique scalaire, moins commode ici).

Attention ici Ωθ˙\displaystyle \Omega\neq\dot{\theta}.

Il s’agit d’un équilibre dans le référentiel tournant à la vitesse angulaire Ω\displaystyle \Omega autour de (Oz)\displaystyle \left(Oz\right), ce qui correspond dans le référentiel terrestre galiléen à une trajectoire circulaire uniforme de A\displaystyle A et B\displaystyle B à la vitesse angulaire Ω\displaystyle \Omega autour de l’axe (Oz)\displaystyle \left(Oz\right), de rayon Lsinθ\displaystyle L\sin\theta.

Qualitativement, quand la vitesse angulaire augmente, on s’attend à une augmentation de θ\displaystyle \theta jusqu’à la valeur limite π/2\displaystyle \pi/2.

Étudions l’équilibre du système dans le référentiel tournant non galiléen.
A\displaystyle A et B\displaystyle B sont soumis à

  • leur poids

  • les actions de liaison

  • la force d’inertie d’entraînement centrifuge
    fie=mΩ2rur=mΩ2Lsinθur\displaystyle \overrightarrow{f_{ie}}=m\Omega^{2}r\overrightarrow{u_{r}}=m\Omega^{2}L\sin\theta\overrightarrow{u_{r}}, avec ur\displaystyle \overrightarrow{u_{r}} le vecteur unitaire radial (vecteurs opposés pour A\displaystyle A et B\displaystyle B) .

Les actions de contact sans frottement ont une puissance nulle. Le poids dérive de l’énergie potentielle Ep1=mgLcosθ\displaystyle E_{p1}=-mgL\cos\theta, et la force d’inertie dérive de Ep2=12mΩ2r2=12mΩ2L2sin2θ\displaystyle E_{p2}=-\frac{1}{2}m\Omega^{2}r^{2}=-\frac{1}{2}m\Omega^{2}L^{2}\sin^{2}\theta, à une constante près.

Le point C\displaystyle C est soumis à son poids qui dérive de l’énergie potentielle Ep3=Mg2Lcosθ\displaystyle E_{p3}=-Mg2L\cos\theta, et aux actions de liaison de puissance nulle.

L’énergie potentielle totale du système est
Ep=2(Ep1+Ep2)+Ep3=mΩ2L2sin2θ(2m+M)gLcosθ).E_{p}=2\left(E_{p1}+E_{p2}\right)+E_{p3}=-m\Omega^{2}L^{2}\sin^{2}\theta-\left(2m+M)gL\cos\theta\right).

Les positions d’équilibre correspondent à des extrema de Ep\displaystyle E_{p}.

Ep=2mΩ2L2sinθcosθ+(2m+M)gLsinθ\displaystyle E'_{p}=-2m\Omega^{2}L^{2}\sin\theta\cos\theta+(2m+M)gL\sin\theta.

Ep=0sinθ=0\displaystyle E'_{p}=0\Longleftrightarrow\sin\theta=0 ou cosθ=2m+M2mgLΩ2\displaystyle \cos\theta=\frac{2m+M}{2m}\frac{g}{L\Omega^{2}}.

-Pour Ω<2m+M2mgL\displaystyle \Omega<\sqrt{\frac{2m+M}{2m}\frac{g}{L}}, il y a une seule position d’équilibre θe,1=0\displaystyle \theta_{e,1}=0. On vérifie avec
E"p=2mΩ2L2cos(2θ)+(2m+M)gLcos(θ)\displaystyle E"_{p}=-2m\Omega^{2}L^{2}\cos\left(2\theta\right)+\left(2m+M\right)gL\cos\left(\theta\right), que E"p(θ=0)>0\displaystyle E"_{p}\left(\theta=0\right)>0 dans ce cas ; c’est une position d’équilibre stable.

-Pour Ω>2m+M2mgL\displaystyle \Omega>\sqrt{\frac{2m+M}{2m}\frac{g}{L}}, il y a deux positions d’équilibre

  • θe,1=0\displaystyle \theta_{e,1}=0. On vérifie que E"p(θ=0)<0\displaystyle E"_{p}\left(\theta=0\right)<0 ; c’est une position d’équilibre instable.

  • θe,2=arccos(2m+M2mgLΩ2)\displaystyle \theta_{e,2}=\arccos\left(\frac{2m+M}{2m}\frac{g}{L\Omega^{2}}\right), qui est nécessairement un minimum d’énergie potentielle puisque θ1=0\displaystyle \theta_{1}=0 est un maximum. On vérifie
    E"p=2mΩ2L2[2cos2θe,21]+(2m+M)gLcos(θe,2)=2mΩ2L2[12(2m+M2mgLΩ2)2]+g2(2m+M)22mΩ2=2mΩ2L2g2(2m+M)22mΩ2\displaystyle \begin{aligned}E"_{p}&=-2m\Omega^{2}L^{2}\left[2\cos^{2}\theta_{e,2}-1\right]+\left(2m+M\right)gL\cos\left(\theta_{e,2}\right)\\&=2m\Omega^{2}L^{2}\left[1-2\left(\frac{2m+M}{2m}\frac{g}{L\Omega^{2}}\right)^{2}\right]+g^2\frac{(2m+M)^2}{2m\Omega^{2}}\\&=2m\Omega^{2}L^{2}-g^{2}\frac{\left(2m+M\right)^{2}}{2m\Omega^{2}}\end{aligned}
    qui est bien positif. θ2\displaystyle \theta_{2} est une position d’équilibre stable.

-Pour Ω=2m+M2mgL\displaystyle \Omega=\sqrt{\frac{2m+M}{2m}\frac{g}{L}}, θe,1=θe,2=0\displaystyle \theta_{e,1}=\theta_{e,2}=0, E"p(0)=0,Ep(3)(0)=0\displaystyle E"_{p}\left(0\right)=0,E_{p}^{(3)}\left(0\right)=0, Ep(4)(0)>0\displaystyle E_{p}^{(4)}(0)>0, il s’agit bien d’un minimum d’énergie potentielle, l’équilibre est stable.

Exercice 146 ⭐️⭐️⭐️ Expérience avec un stylo, Spé hors PSI

L’expérience suivante est bien connue : un stylo (ou un balai…) étant placé horizontalement en équilibre sur ses deux index initialement immobiles, l’expérimentateur rapproche ses index. On voit alors la règle glisser sur un doigt, puis sur les deux, puis glisser seulement sur l’autre doigt, et le cycle recommence. L’exercice suivant propose une modélisation de cet effet.

D’après X PC
Une poutre rigide, homogène, d’épaisseur négligeable, de longueur L\displaystyle L et de masse m\displaystyle m, est posée horizontalement sur deux supports (1 et 2) séparés de la distance D0\displaystyle D_{0}. Les coefficients de frottement statique et cinétique entre la poutre et un support sont fs\displaystyle f_{s} et fc\displaystyle f_{c} (fc<fs)\displaystyle \left(f_{c}<f_{s}\right). Le centre d’inertie de la poutre G\displaystyle G se trouve initialement à la distance a0<D0/2\displaystyle a_{0}<D_{0}/2 du support 1.

  1. La poutre est immobile. Déterminer les réactions verticales RN1\displaystyle R_{N_{1}} et RN2\displaystyle R_{N_{2}} exercées par les supports sur la poutre.

  2. Dans toute la suite, les supports sont animés l’un vers l’autre de vitesses horizontales constantes v02ex\displaystyle \frac{v_{0}}{2}\overrightarrow{e_{x}} et v02ex\displaystyle -\frac{v_{0}}{2}\overrightarrow{e_{x}} . La poutre ne peut se déplacer qu’en translation horizontale selon cette même direction. La distance entre les supports est D(t)\displaystyle D(t).
    Exprimer les réactions normales RN1(t)\displaystyle R_{N_{1}}(t) et RN2(t)\displaystyle R_{N_{2}}(t) en fonction de a(t)\displaystyle a(t), distance entre G\displaystyle G et le support 1 à la date t\displaystyle t.

  3. On suppose que la poutre glisse d’abord par rapport à l’un des supports. Lequel ? Quelles sont les forces horizontales F1\displaystyle \overrightarrow{F}_{1} et F2\displaystyle \overrightarrow{F}_{2} exercées par les supports sur la poutre pendant cette phase ? Montrer que ce mouvement cesse nécessairement à une date t1\displaystyle t_{1} et que la poutre se met à glisser sur l’autre support. Déterminer D(t1)\displaystyle D(t_{1}).

  4. Montrer que la poutre glisse alors nécessairement sur les deux supports. Montrer que cette seconde phase cesse et donner le critère que détermine la fin de cette phase en précisant le support sur lequel le glissement cesse (sans chercher à déterminer exactement la date correspondante).
    Décrire le mouvement ultérieur de la poutre.

  • Contacts entre solides 👉 Penser aux lois de Coulomb.
  • Solide en translation 👉 Le théorème du moment cinétique s’applique aussi dans ce cas 😀. Ne pas hésiter à l’utiliser quand le moment cinétique ou sa variation dans le temps est facile à calculer.
  1. Dans le référentiel supposé galiléen du laboratoire R\displaystyle R, la poutre est en équilibre sous l’action de son poids et des réactions des supports.
    En appliquant le théorème du moment cinétique au point de contact I1\displaystyle I_{1} fixe (le moment cinétiue est nul puisque la poutre est immobile), on obtient en projection sur l’axe perpendiculaire au plan du graphique
    a0mg+D0RN2=0.\displaystyle -a_{0}mg+D_{0}R_{N_{2}}=0.
    De même, en appliquant le théorème du moment cinétique en I2\displaystyle I_{2},
    (D0a0)mgD0RN1=0.\displaystyle \left(D_{0}-a_{0}\right)mg-D_{0}R_{N_{1}}=0.
    D’où {RN1=D0a0D0mgRN2=a0D0mg.\begin{cases} R_{N_{1}}=\frac{D_{0}-a_{0}}{D_{0}}mg\\ R_{N_{2}}=\frac{a_{0}}{D_{0}}mg \end{cases}.
    La poutre appuie davantage sur le support le plus près de son centre d’inertie.

  2. Les points de contact ne sont plus fixes. On peut toujours se placer dans le référentiel barycentrique R\displaystyle R^{*}, en translation par rapport à R\displaystyle R, dans lequel G\displaystyle G est immobile. La poutre est en équilibre dans R\displaystyle R^{*}, sous l’action de son poids, des réactions des supports, et d’une éventuelle force d’inertie d’entraînement horizontale.
    En appliquant le théorème de la résultante cinétique projeté verticalement
    mg+RN1+RN2=0.\displaystyle -mg+R_{N_{1}}+R_{N_{2}}=0.
    En appliquant le théorème du moment cinétique en G\displaystyle G, projeté sur l’axe perpendiculaire au plan du graphique (ce moment cinétique ne varie pas, tous les points de la poutre ont la même vitesse selon (Ox)\displaystyle \left(Ox\right)),
    a(t)RN1+(D(t)a(t))RN2=0\displaystyle -a(t)R_{N_{1}}+\left(D(t)-a(t)\right)R_{N_{2}}=0.
    On retrouve
    {RN1(t)=D(t)a(t)D(t)mgRN2(t)=a(t)D(t)mg.\begin{cases} R_{N_{1}}(t)=\frac{D(t)-a(t)}{D(t)}mg\\ R_{N_{2}}(t)=\frac{a(t)}{D(t)}mg \end{cases}.

  3. La poutre glisse sur un seul support, elle se déplace donc à la même vitesse (constante) que l’autre support. Son accélération est nulle, la force d’inertie d’entraînement aussi et la somme des forces exercées en projection sur (Ox)\displaystyle \left(Ox\right) est nulle. D’où F1=F2\displaystyle \overrightarrow{F}_{1}=-\overrightarrow{F}_{2}.
    Pour le support i\displaystyle i sur lequel la poutre glisse, Fi=fcRNi\displaystyle \left\Vert \overrightarrow{F}_{i}\right\Vert =f_{c}R_{N_{i}}, pour l’autre FjfsRNj<fcRNj\displaystyle \left\Vert \overrightarrow{F}_{j}\right\Vert \leq f_{s}R_{N_{j}}<f_{c}R_{N_{j}}.
    Comme au début a(0)<D0/2\displaystyle a(0)<D_{0}/2, la poutre glisse en premier sur le
    support 2.
    Dans cette première phase, la vitesse de la poutre est v02ex\displaystyle \frac{v_{0}}{2}\overrightarrow{e_{x}}, la force de frottement s’oppose à la vitesse de glissement,
    F2=fca(t)D(t)mgex=fca0D0v0tmgex=F1.\displaystyle \begin{aligned}\overrightarrow{F}_{2}&=-f_{c}\frac{a(t)}{D(t)}mg\overrightarrow{e_{x}}\\&=-f_{c}\frac{a_{0}}{D_{0}-v_{0}t}mg\overrightarrow{e_{x}}\\&=-\overrightarrow{F}_{1}.\end{aligned}
    Lorsque le support 2 et G\displaystyle G se rapprochent, RN2\displaystyle R_{N_{2}} , F2\displaystyle F_{2} et F1\displaystyle F_{1} augmentent, alors que RN1\displaystyle R_{N_{1}} diminue. La condition de non glissement sur le support 1 n’est plus vérifiée à partir de t1\displaystyle t_{1} tel que F1=fsRN1\displaystyle F_{1}=f_{s}R_{N_{1}},
    soit fca0D0v0t1mg=fsD0v0t1a0D0v0t1\displaystyle f_{c}\frac{a_{0}}{D_{0}-v_{0}t_{1}}mg=f_{s}\frac{D_{0}-v_{0}t_{1}-a_{0}}{D_{0}-v_{0}t_{1}},
    soit t1=D0(1+fc/fs)a0v0\displaystyle t_{1}=\frac{D_{0}-\left(1+f_{c}/f_{s}\right)a_{0}}{v_{0}} et D(t1)=(1+fc/fs)a0<2a0.D(t_{1})=\left(1+f_{c}/f_{s}\right)a_{0}<2a_{0}.

  4. À t1\displaystyle t_{1}, le glissement apparaît sur le support 1. La vitesse de la poutre ne pouvant pas varier instantanément, le glissement se poursuit également sur le support 2.
    En projection sur l’axe (Ox)\displaystyle \left(Ox\right), les vitesses de glissement sur 1 et 2 sont vg1<0\displaystyle v_{g_{1}}<0 et vg2>0\displaystyle v_{g_{2}}>0. D’où F2=fcRN2\displaystyle F_{2}=-f_{c}R_{N_{2}} et F1=fcRN1\displaystyle F_{1}=f_{c}R_{N_{1}}. Le théorème de la résultante cinétique dans R\displaystyle R donne
    mx¨=F1+F2=fcmgD(t)2a(t)D(t)<0.\displaystyle m\ddot{x}=F_{1}+F_{2}=f_{c}mg\frac{D(t)-2a(t)}{D(t)}<0.
    La vitesse de la poutre x˙\displaystyle \dot{x} diminue, ce qui augmente la valeur absolue de vg1=x˙v0/2\displaystyle v_{g_{1}}=\dot{x}-v_{0}/2 et diminue celle de vg2=x˙+v0/2\displaystyle v_{g_{2}}=\dot{x}+v_{0}/2.
    La phase de glissement sur les deux supports continue jusqu’à ce que vg2\displaystyle v_{g_{2}} s’annule (après changement de signe de x˙\displaystyle \dot{x}). Alors la poutre adhère au support 2 et continue à glisser sur le support 1.
    On se retrouve dans une situation symétrique à la situation initiale, les rôles des supports 1 et 2 étant inversés. Le mouvement continue ainsi avec des successions de glissement sur un support, sur les deux, puis sur l’autre.

Remarque — Dans les expériences usuelles, par exemple ici, les doigts ne se déplacent pas à vitesse constante, mais on observe les phases de glissement et non glissement, les index se rencontrant finalement au centre d’'inertie de la “poutre”.

Exercice 156 ⭐️⭐️⭐️ Tomber plus vite que la chute libre, CCS2022 MP, Spé/L2

Une planche en bois de longueur L\displaystyle L peut pivoter sans frottement autour d’un axe horizontal fixe passant par une de ses extrémités. Un gobelet de masse négligeable et une bille de masse m\displaystyle m sont posés à l’instant t=0\displaystyle t=0 sur la planche. Le gobelet est solidaire de la planche, la bille se trouve à la distance \displaystyle \ell de l’axe de rotation.
On lâche la planche à t=0\displaystyle t=0 avec une vitesse initiale nulle. L’angle entre la planche et le sol horizontal à l’instant t\displaystyle t est θ(t)\displaystyle \theta(t).

On observe que le gobelet tombe plus vite que la bille, et la bille tombe dans le gobelet !

Données :
Le moment d’inertie de la planche par rapport à son axe de rotation est J=13ML2\displaystyle J=\frac{1}{3}ML^{2}.
θ0=θ(t=0)=30,L=1,0 m\displaystyle \theta_{0}=\theta(t=0)=30{^\circ},L=1,0\textrm{ m}, =95 cm,g=9,8 m.s2\displaystyle \ell=95\textrm{ cm},g=9,8\textrm{ m.s}^{-2}.

  1. Exprimer le temps de chute de la bille et le calculer.

  2. Déterminer l’équation différentielle vérifiée par θ(t)\displaystyle \theta(t).
    En déduire l’expression de θ˙\displaystyle \dot{\theta} en fonction de θ\displaystyle \theta et des autres paramètres du problème.

  3. On donne 0θ0dθsin(θ0)sin(θ)=1,52\displaystyle \int_{0}^{\theta_{0}}\frac{d\theta}{\sqrt{\sin\left(\theta_{0}\right)-\sin\left(\theta\right)}}=1,52.
    Calculer le temps de chute de la planche. Cette valeur est-elle cohérente
    avec les observations ?

  • Équation différentielle vérifiée par θ˙\displaystyle \dot{\theta} 👉 Le mouvement de la planche est un problème à un degré de liberté, une seule équation suffit : théorème de l’énergie cinétique (ou conservation de l’énergie mécaniue) ou théorème du moment cinétique. La mention de θ˙\displaystyle \dot{\theta} suggère de passer par l’énergie, pour éviter d’avoir à intégrer.
  • Temps de chute à partir d’une équation reliant θ\displaystyle \theta à sa dérivée première 👉 “Séparer les variables”.
  1. La bille est initialement à l’altitude cosθ0\displaystyle \ell\cos\theta_{0} , l’origine étant prise au sol. Le référentiel du laboratoire est supposé galiléen et la bille n’est
    soumise qu’à son poids mg\displaystyle m\overrightarrow{g}.

    La seconde loi de Newton projetée sur l’axe vertical donne
    z¨=g\displaystyle \ddot{z}=-g. Après avoir intégré deux fois z=sinθ012gt2\displaystyle z=\ell\sin\theta_{0}-\frac{1}{2}gt^{2}.
    La date d’arrivée au sol et donc la durée de la chute est tbille=2sinθ0g.t_{bille}=\sqrt{\frac{2\ell\sin\theta_{0}}{g}}.
    A.N. : t=0,31 s\displaystyle t=0,31\textrm{ s}.

  2. La planche est soumise dans le référentiel du laboratoire à son poids, et aux actions d’axe dont le travail est nul (pas de frottement). La conservation de l’énergie mécanique de la planche donne
    Em=Ec+Ep=12Jθ˙2+MgzG=12Jθ˙2+MgL2sin(θ).\displaystyle \begin{aligned}E_{m}&=E_{c}+E_{p}=\frac{1}{2}J\dot{\theta}^{2}+Mgz_{G}\\&=\frac{1}{2}J\dot{\theta}^{2}+Mg\frac{L}{2}\sin\left(\theta\right).\end{aligned}
    À t=0\displaystyle t=0, Em=MgL2sin(θ0)\displaystyle E_{m}=Mg\frac{L}{2}\sin\left(\theta_{0}\right) . D’où
    12Jθ˙2+MgL2sin(θ)=MgL2sin(θ0).\displaystyle \frac{1}{2}J\dot{\theta}^{2}+Mg\frac{L}{2}\sin\left(\theta\right)=Mg\frac{L}{2}\sin\left(\theta_{0}\right).
    Avec θ˙<0\displaystyle \dot{\theta}<0, θ˙=3g[sin(θ0)sin(θ)]L(homogeˋne).\dot{\theta}=-\sqrt{\frac{3g\left[\sin\left(\theta_{0}\right)-\sin\left(\theta\right)\right]}{L}}(homogène).

  3. dθdt=3g[sin(θ0)sin(θ)]L\displaystyle \frac{d\theta}{dt}=-\sqrt{\frac{3g\left[\sin\left(\theta_{0}\right)-\sin\left(\theta\right)\right]}{L}}.
    En séparant les variables,
    dt=L3gdθsin(θ0)sin(θ)\displaystyle dt=-\sqrt{\frac{L}{3g}}\frac{d\theta}{\sqrt{\sin\left(\theta_{0}\right)-\sin\left(\theta\right)}}.
    La durée de chute, pour aller de l’angle θ0\displaystyle \theta_{0} à 0, est tplanche=L3gθ00dθsin(θ0)sin(θ)=L3g0θ0dθsin(θ0)sin(θ).\begin{aligned}t_{planche}&=-\sqrt{\frac{L}{3g}}\int_{\theta_{0}}^{0}\frac{d\theta}{\sqrt{\sin\left(\theta_{0}\right)-\sin\left(\theta\right)}}\\&=\sqrt{\frac{L}{3g}}\int_{0}^{\theta_{0}}\frac{d\theta}{\sqrt{\sin\left(\theta_{0}\right)-\sin\left(\theta\right)}}.\end{aligned}
    Numériquement tplanche=1,5213x9,8=0,28 s\displaystyle t_{planche}=1,52\sqrt{\frac{1}{3\textrm{x9,8}}}=0,28\textrm{ s}.
    La planche et le gobelet tombent donc plus vite que la bille en chute libre, et la bille peut atterrir dans le gobelet.

Remarque ___ Le résultat peut sembler surprenant, mais les actions d’axe, en contraignant l’extrémité de la planche à rester fixe, contribuent à l’accélération de la planche. Cette expérience est proposée par n° de décembre 2013 de “Pour la Science”, J-M Courty et E. Kierlik.
Evidemment, il y a des contraintes à respecter pour que l’expérience fonctionne, par exemple θ0\displaystyle \theta_{0} doit être suffisamment petit pour que l’accélération verticale du gobelet soit supérieure en valeur absolue à celle de la bille.

Exercice 157 ⭐️⭐️ Cylindre qui frotte contre un mur, CCMP MP 2022, Spé hors PSI/L2

Un cylindre, de masse M\displaystyle M, de rayon R\displaystyle R, de centre de masse G\displaystyle G, est placé sur le sol (contact au point A), tangent à un mur (au point B). Le cylindre tourne initialement à la vitesse angulaire ω0\displaystyle \omega_{0}, son centre d’inertie restant fixe.

Le moment d’inertie du cylindre par rapport à son axe est J=12MR2\displaystyle J=\frac{1}{2}MR^{2}, et le coefficient de frottement f\displaystyle f est supposé identique en A\displaystyle A et en B\displaystyle B.

Déterminer le nombre N\displaystyle N de tours que fait le cylindre avant de s’arrêter.

  • Contact entre solides avec frottement 👉 Lois de Coulomb.
  • Solide en rotation autour d’un axe fixe 👉 Une seule équation suffit (théorème de l’énergie cinétique ou du moment cinétique scalaire) si on connait les forces. Mais ici les forces de frottement qui travaillent sont à déterminer 👉 Nécessité d’utiliser le théorème du centre de masse.

Dans le référentiel terrestre supposé galiléen, le cylindre est un solide en rotation autour d’un axe fixe. Les actions exercées sur le cylindre sont

  • son poids Mg\displaystyle M\overrightarrow{g}
  • la réaction du sol RA=NAez+TAex\displaystyle \overrightarrow{R_{A}}=N_{A}\overrightarrow{e_{z}}+T_{A}\overrightarrow{e_{x}}
  • la réaction du mur RB=NBex+TBez\displaystyle \overrightarrow{R_{B}}=N_{B}\overrightarrow{e_{x}}+T_{B}\overrightarrow{e_{z}}.

    Le théorème du centre de masse donne Mg+RA+RB=0\displaystyle M\overrightarrow{g}+\overrightarrow{R_{A}}+\overrightarrow{R_{B}}=\overrightarrow{0},
    soit
    (1){Mg+NA+TB=0TA+NB=0.\displaystyle (1)\begin{cases} -Mg+N_{A}+T_{B}=0\\ T_{A}+N_{B}=0. \end{cases}
    Remarque ___ Le cylindre reste au contact du mur sans s’en éloigner, ce qui impose le sens de rotation. On le retrouve “avec les équations” en exprimant que le contact avec le mur correspond une réaction normale exercée par le mur dirigée vers le cylindre, soit NB>0\displaystyle N_{B}>0, ce qui impose TA<0\displaystyle T_{A}<0, et avec les lois de Coulomb impose le sens de rotation du cylindre (la réaction tangentielle est de sens contraire à la vitesse de glissement du cylindre sur le mur).

Il y a glissement sur le mur et sur le sol, d’où avec les lois de Coulomb TA=fNA\displaystyle T_{A}=-fN_{A} et TB=fNB\displaystyle T_{B}=fN_{B}.
Avec (1)\displaystyle \left(1\right), {NA+fNB=gfNA+NB=0.\displaystyle \begin{cases} N_{A}+fN_{B}=g\\ -fN_{A}+N_{B}=0. \end{cases}
Soit NA=Mg1+f2\displaystyle N_{A}=\frac{Mg}{1+f^{2}} et NB=fMg1+f2\displaystyle N_{B}=\frac{fMg}{1+f^{2}}

Enfin, le théorème du moment cinétique scalaire appliqué par rapport à l’axe fixe Gy\displaystyle Gy donne Jω˙=(GATA+GBTB).eyJω˙=RfNARfNB=R1+f1+f2Mg\displaystyle J\dot{\omega}=\left(\overrightarrow{GA}\wedge\overrightarrow{T_{A}}+\overrightarrow{GB}\wedge\overrightarrow{T_{B}}\right).\overrightarrow{e_{y}}\Rightarrow J\dot{\omega}=-RfN_{A}-RfN_{B}=-R\frac{1+f}{1+f^{2}}Mg.

L’accélération angulaire est constante, ω˙=2gR1+f1+f2\displaystyle \dot{\omega}=-\frac{2g}{R}\frac{1+f}{1+f^{2}}, et ω(t)=ω02gR1+f1+f2t.\omega(t)=\omega_{0}-\frac{2g}{R}\frac{1+f}{1+f^{2}}t.

On en déduit l’angle dont tourne le cylindre en intégrant α(t)=ω0tgR1+f1+f2t2\displaystyle \alpha(t)=\omega_{0}t-\frac{g}{R}\frac{1+f}{1+f^{2}}t^{2}

Le cylindre s’arrête quand ω(t)=0,\displaystyle \omega(t)=0, soit t=t0=Rω02g1+f21+f\displaystyle t=t_{0}=\frac{R\omega_{0}}{2g}\frac{1+f^{2}}{1+f} et α(t0)=ω02R4g1+f21+f,\alpha(t_{0})=\frac{\omega_{0}^{2}R}{4g}\frac{1+f^{2}}{1+f}, homogène.

Le nombre total de tours est N=α(t0)2π=ω02R8πg1+f21+f.N=\frac{\alpha\left(t_{0}\right)}{2\pi}=\frac{\omega_{0}^{2}R}{8\pi g}\frac{1+f^{2}}{1+f}.

Exercice 164 ⭐️⭐️ Équilibre d’une échelle, classique, Spé/L2

Une échelle de masse m\displaystyle m assimilée à une tige homogène de longueur 2L\displaystyle 2L et de centre d’inertie G\displaystyle G est en équilibre contre un mur. Le coefficient de frottement en A\displaystyle A, point d’appui sur le sol, est μ\displaystyle \mu. On néglige les frottements au niveau du mur (point B\displaystyle B).
Quelle est la condition sur l’angle θ\displaystyle \theta pour que l’échelle reste en équilibre ?

  • Solide en équilibre 👉 La somme des moments des forces exexercées sur le solide est nulle ET la somme des moments des forces exercées, calculés par rapport à un point fixe, est nulle.
  • Condition d’équilibre avec frottement 👉 Lois de Coulomb.

Les forces extérieures exercées sur la planche sont
-le poids, équivalent à une force mg\displaystyle m\overrightarrow{g} s’appliquant en G\displaystyle G,
-la réaction normale en B\displaystyle B, NB=NBex\displaystyle \overrightarrow{N_{B}}=N_{B}\overrightarrow{e_{x}},
-la réaction du sol, avec sa composante normale au support et sa composante tangentielle RA=NA+TA=NAez+TAex\displaystyle \overrightarrow{R_{A}}=\overrightarrow{N_{A}}+\overrightarrow{T_{A}}=N_{A}\overrightarrow{e_{z}}+T_{A}\overrightarrow{e_{x}}.
A priori le réaction tangentielle s’oppose à un éventuel glissement, on attend TA<0\displaystyle T_{A}<0.

À l’équilibre, la somme des forces extérieures est nulle,
RA+NB+mg=0.\overrightarrow{R_{A}}+\overrightarrow{N_{B}}+m\overrightarrow{g}=\overrightarrow{0}.

En projetant sur les axes (Ox)\displaystyle \left(Ox\right) et (Oz)\displaystyle \left(Oz\right) :
{NAmg=0NB+TA=0.\displaystyle \begin{cases} N_{A}-mg=0\\ N_{B}+T_{A}=0. \end{cases}

L’équilibre implique aussi que la somme des moments des forces extérieures, calculés par rapport à un point fixe, est nulle.
Le choix du point A\displaystyle A (fixe à l’équilibre) permet de ne pas faire intervenir les deux composantes de RA\displaystyle \overrightarrow{R_{A}}). En projection sur (Ay)\displaystyle \left(Ay\right)
(AGmg+ABNB).ey=0,\left(\overrightarrow{AG}\land m\overrightarrow{g}+\overrightarrow{AB}\land\overrightarrow{N_{B}}\right).\overrightarrow{e_{y}}=\overrightarrow{0},
soit directement en utilisant les bras de levier,
mgLcosθ+NB2Lsinθ=0\displaystyle -mgL\cos\theta+N_{B}2L\sin\theta=0\LongleftrightarrowNB=mg2cotan θ. N_{B}=\frac{mg}{2}\textrm{cotan }\theta.

Il s’en déduit TA=mg2cotan θ\displaystyle T_{A}=-\frac{mg}{2}\textrm{cotan }\theta et toujours NA=mg\displaystyle N_{A}=mg.

Pour que l’équilibre soit possible, les lois de Coulomb pour le non glissement indiquent que TAμNA.\displaystyle \left|T_{A}\right|\leq\mu\left|N_{A}\right|. D’où la condition cherchée tanθ12μ.\tan\theta\geq\frac{1}{2\mu}.

Le résultat est cohérent, pour les petits angles θ\displaystyle \theta, on s’attend
à ce que la planche glisse sur le sol.