Mécanique du point

Exercice 2 Atome de Bohr, Sup/L1

Dans le modèle de Bohr de l’atome d’hydrogène, l’électron M\displaystyle M ( ponctuel) tourne autour du proton (ponctuel et immobile en O\displaystyle O) en décrivant une orbite circulaire de rayon r=OM\displaystyle r=OM . uz\displaystyle \overrightarrow{u_{z}} est le vecteur unitaire normal au plan de l’orbite. L’électron est repéré par ses coordonnées polaires (r,θ)\displaystyle \left(r,\theta\right). L’interaction gravitationnelle est négligée.

  1. Rappeler l’expression de la force électrique exercée par le proton sur l’électron.

  2. Par l’application du théorème de la quantité de mouvement, déduire la norme v de la vitesse de l’électron en fonction entre autres du rayon r de l’orbite.

  3. Rappeler l’expression de l’énergie potentielle électrostatique Ep\displaystyle E_{p} de l’électron. Montrer que l’énergie cinétique Ec\displaystyle E_{c} de l’électron vérifie : Ec=Ep/2\displaystyle E_{c}=-E_{p}/2.

  4. Exprimer la norme L\displaystyle L du moment cinétique en O\displaystyle O de l’électron en fonction de r,me,e,ε0\displaystyle r,m_{e},e,\varepsilon_{0}.

  5. De l’égalité L=n\displaystyle L=n\hbar (postulée par Bohr en 1913), déduire la relation de quantification du rayon rn\displaystyle r_{n} de l’orbite caractérisée par l’entier n\displaystyle n, rn=aBn2\displaystyle r_{n}=a_{B}n^{2} avec aB\displaystyle a_{B} le rayon de Bohr à exprimer en fonction de me,e,ε0,\displaystyle m_{e},e,\varepsilon_{0},\hbar.

  6. En déduire l’énergie mécanique En=Ry/n2\displaystyle E_{n}=-R_{y}/n^{2}, avec Ry\displaystyle R_{y} la constante énergétique de Rydberg.

  7. Quelle est la signification du rayon de Bohr ?
    Donner la valeur de aB\displaystyle a_{B} en picomètres et celle de Ry\displaystyle R_{y} en électron-volts.

  8. Exprimer le module de la vitesse vn\displaystyle v_{n} de l’électron sur l’orbite n\displaystyle n en fonction de n,Ry,me\displaystyle n,R_{y},m_{e}.
    Donner la valeur numérique de v1\displaystyle v_{1}. Commenter.

Données :

charge élémentaire e=1,60.1019C\displaystyle e=1,60.10^{-19} C.

masse de l’électron me=9,11.1031kg\displaystyle m_{e}=9,11.10^{-31} kg.

permittivité diélectrique du vide ε0=8,85.1012F.m1\displaystyle \varepsilon_{0}=8,85.10^{-12} F.m^{-1}.

constante de Planck h=6,63.1034J.s.\displaystyle h=6,63.10^{-34}J.s..

  1. F=e24πε0r2ur.\displaystyle \overrightarrow{F}=-\frac{e^{2}}{4\pi\varepsilon_{0}r^{2}}\overrightarrow{u_{r}}.

  2. En référentiel supposé galiléen, le théorème de la quantité de mouvement appliqué à l’électron donne : medVdt=F\displaystyle m_{e}\frac{d\overrightarrow{V}}{dt}=\overrightarrow{F}. Par projection sur ur\displaystyle \overrightarrow{u_{r}} et uθ\displaystyle \overrightarrow{u_{\theta}}

{mev2r=e24πε0r2medvdt=0\displaystyle \Longrightarrow\begin{cases} m_{e}\frac{v^{2}}{r}=-\frac{e^{2}}{4\pi\varepsilon_{0}r^{2}}\\ m_{e}\frac{dv}{dt}=0 \end{cases}. D’où

v=e24πmeε0r.\displaystyle v=\sqrt{\frac{e^{2}}{4\pi m_{e}\varepsilon_{0}r}.}

  1. dEP=F.dOMEP=e24πε0r\displaystyle dE_{P}=-\overrightarrow{F}.\overrightarrow{dOM}\Longrightarrow E_{P}=-\frac{e^{2}}{4\pi\varepsilon_{0}r},

qui donne EC=12mev2=e28πε0r=EP/2\displaystyle E_{C}=\frac{1}{2}m_{e}v^{2}=\frac{e^{2}}{8\pi\varepsilon_{0}r}=-E_{P}/2.

  1. L=OMmeV=rurmevuθ\displaystyle \overrightarrow{L}=\overrightarrow{OM}\wedge m_{e}\overrightarrow{V}=r\overrightarrow{u_{r}}\wedge m_{e}v\overrightarrow{u_{\theta}}, d’où

L=mere24πε0.L=\sqrt{\frac{m_{e}re^{2}}{4\pi\varepsilon_{0}}}..

  1. L=nrn=4πε02mee2n2\displaystyle L=n\hbar\Longrightarrow r_{n}=\frac{4\pi\varepsilon_{0}\hbar^{2}}{m_{e}e^{2}}n^{2}. Le rayon de Bohr est donc

aB=4πε02mee2.a_{B}=\frac{4\pi\varepsilon_{0}\hbar^{2}}{m_{e}e^{2}}.

  1. En=EC+EP=e28πε0r=e28πε0aBn2\displaystyle E_{n}=E_{C}+E_{P}=-\frac{e^{2}}{8\pi\varepsilon_{0}r}=-\frac{e^{2}}{8\pi\varepsilon_{0}a_{B}n^{2}}. Donc En=Ryn2\displaystyle E_{n}=-\frac{R_{y}}{n^{2}} avec

Ry=e28πε0aB=mee432π2ε022\displaystyle R_{y}=\frac{e^{2}}{8\pi\varepsilon_{0}a_{B}}=\frac{m_{e}e^{4}}{32\pi^{2}\varepsilon_{0}^{2}\hbar^{2}} .

  1. n1\displaystyle n\geq1, aB\displaystyle a_{B} est le plus petit rayon orbital.

A.N. : aB=52,9 pm, Ry=13,6 eV.\displaystyle a_{B}=\textrm{52,9 pm, }R_{y}=13,6\textrm{ eV}.

  1. En=EC+EP=EC=12mevn2\displaystyle E_{n}=E_{C}+E_{P}=-E_{C}=-\frac{1}{2}m_{e}v_{n}^{2}. D’où

vn=2Rymen2.v_{n}=\sqrt{\frac{2R_{y}}{m_{e}n^{2}}}..

A.N. v1=2,19.106m/s \displaystyle v_{1}=2,19.10^{6}\textrm{m/s }. Le mouvement de l’électron est non relativiste (la vitesse est inférieure à c/100\displaystyle c/100).

Exercice 11 ⭐️ Vitesse de libération, Sup/L1

Quel est le rayon d’une planète de masse M=MT=6.1024\displaystyle M=M_{T}=6.10^{24} kg, dont un humain pourrait s’échapper en sautant à pieds joints ?
Donnée : constante de gravitation universelle G=6,67.1011\displaystyle \mathcal{G}=6,67.10^{-11}m3\displaystyle ^{3}.kg1\displaystyle ^{-1}.s2\displaystyle ^{-2}.

La vitesse de libération est la vitesse minimale nécessaire pour quitter l’attraction gravitationnelle d’une planète.

L’énergie mécanique d’un objet de masse m\displaystyle m, situé à l’extérieur d’une planète à symétrie sphérique de masse MT\displaystyle M_{T}, est Em=12mv2GmMTr\displaystyle E_{m}=\frac{1}{2}mv^{2}-\frac{\mathcal{G}mM_{T}}{r}, où r\displaystyle r est la distance au centre de la planète.

Pour que l’objet puisse échapper à l’attraction gravitationnelle, il faut qu’il puisse se trouver à très grande distance de la planète avec une énergie cinétique définie, donc supérieure ou égale à 0, soit Em0\displaystyle E_{m}\geq0.

Quand il est à la surface de la planète, en r=R\displaystyle r=R, la vitesse de libération s’obtient donc par Em=12mvl2GmMTR0\displaystyle E_{m}=\frac{1}{2}mv_{l}^{2}-\frac{\mathcal{G}mM_{T}}{R}\geq0, soit vl=2GMTR.v_{l}=\sqrt{\frac{2\mathcal{G}M_{T}}{R}}.Il s’agit ensuite de savoir l’ordre de grandeur de la vitesse qu’un humain peut atteindre en sautant à pieds joints, grâce à ses muscles.

Un volleyeur saute à environ 50 cm de haut, soit vmax2gh3\displaystyle v_{max}\simeq\sqrt{2gh}\simeq3 m.s1\displaystyle ^{-1} (en ordre de grandeur), d’où R\displaystyle R\simeq 1010\displaystyle ^{10} km , c’est énorme évidemment.

Exercice 13 ⭐️⭐️⭐️ Balle entre 2 murs, X MP 2018, Spé/L2

  1. Une balle rebondit élastiquement entre deux murs verticaux dont l’un est fixe, et l’autre se rapproche de l’autre à vitesse constante à vitesse Vux\displaystyle -V\overrightarrow{u_{x}}. Le poids est négligé, et la balle se déplace de façon unidimensionnelle selon l’axe (Ox)\displaystyle \left(Ox\right) avec une vitesse bien supérieure à celle du mur. Déterminer la variation de l’énergie cinétique de la balle : on montrera que 1EcdEcdt=2ddt\displaystyle \frac{1}{E_{c}}\frac{dE_{c}}{dt}=-\frac{2}{\ell}\frac{d\ell}{dt} , où \displaystyle \ell est la distance entre les murs.

  2. Soit un puits de potentiel infini unidimensionnel de largeur \displaystyle \ell qui rétrécit de la même façon que dans le 1). En raison de la faible vitesse du mur, on fait l’hypothèse que les niveaux d’énergie d’un quanton de masse m\displaystyle m peuvent être déterminés, à une date donnée, en utilisant l’équation de Schrödinger indépendante du temps. Montrer qu’on obtient la même relation entre l’énergie de l’état fondamental et la distance qu’en 1.

  1. Les positions des deux murs sont repérées par x1=0\displaystyle x_{1}=0 et x2==0Vt\displaystyle x_{2}=\ell=\ell_{0}-Vt dans le référentiel galiléen R\displaystyle \mathcal{R} du laboratoire.

Soit v\displaystyle \overrightarrow{v} la vitesse de la balle dans R\displaystyle \mathcal{R}, de norme v\displaystyle v. Lors d’un rebond sur le mur fixe 1, la vitesse de la balle change de sens, son module est inchangé et l’énergie cinétique est inchangée.

Lors d’un rebond sur le mur mobile 2, on se ramène au problème précédent dans le référentiel R\displaystyle \mathcal{R}' où le mur 2 est fixe et qui se déplace à VR/R=Vux\displaystyle \overrightarrow{V}_{\mathcal{R}'/\mathcal{R}}=-V\overrightarrow{u_{x}} par rapport à R\displaystyle \mathcal{R} :

Avant le choc, vRavant=vavantux,vRapreˋs=vapreˋsux\displaystyle \left.\overrightarrow{v_{\mathcal{R}}}\right\rfloor _{avant}=v_{avant}\overrightarrow{u_{x}} , \left.\overrightarrow{v_{\mathcal{R}}}\right\rfloor _{apr\grave{e}s}=-v_{apr\grave{e}s}\overrightarrow{u_{x}}vavant\displaystyle v_{avant} et vapreˋs\displaystyle v_{apr\grave{e}s} sont les normes des vitesses.

vRapreˋs=vRavant\displaystyle \left.\overrightarrow{v_{\mathcal{R}'}}\right\rfloor _{apr\grave{e}s}=-\left.\overrightarrow{v_{\mathcal{R}'}}\right\rfloor _{avant} , d’où vRapreˋsVR/R=[vRavantVR/R]\displaystyle \left.\overrightarrow{v_{\mathcal{R}}}\right\rfloor _{apr\grave{e}s}-\overrightarrow{V}_{\mathcal{R}'/\mathcal{R}}=-\left[\left.\overrightarrow{v_{\mathcal{R}}}\right\rfloor _{avant}-\overrightarrow{V}_{\mathcal{R}'/\mathcal{R}}\right], soit
vRapreˋs=vRavant2Vux\displaystyle \left.\overrightarrow{v_{\mathcal{R}}}\right\rfloor _{apr\grave{e}s}=-\left.\overrightarrow{v_{\mathcal{R}}}\right\rfloor _{avant}-2V\overrightarrow{u_{x}}, soit vapreˋs=vavant+2V.v_{apr\grave{e}s}=v_{avant}+2V.L’énergie cinétique de la balle augmente au cours du temps.

Comme Vv\displaystyle V\ll v, la variation de v\displaystyle v est faible pendant la durée d’un aller-retour entre les murs τ=2/v\displaystyle \tau=2\ell/v. Ainsi

dvdt2Vτ=Vv=1ddtv.\displaystyle \frac{dv}{dt}\simeq\frac{2V}{\tau}=\frac{V}{\ell}v=-\frac{1}{\ell}\frac{d\ell}{dt}v.

Avec dEcdt=mvdvdt=2Ecvdvdt\displaystyle \frac{dE_{c}}{dt}=mv\frac{dv}{dt}=2\frac{E_{c}}{v}\frac{dv}{dt},1EcdEcdt=2ddt. \frac{1}{E_{c}}\frac{dE_{c}}{dt}=-\frac{2}{\ell}\frac{d\ell}{dt}.

  1. Dans le cours, on détermine les niveaux d’énergie et les fonctions d’onde des états stationnaires d’un puits infini de largeur \displaystyle \ell solutions de l’équation de Schrödinger indépendante du temps

22md2ϕdx2=Eϕ.-\frac{\hbar^{2}}{2m}\frac{d^{2}\phi}{dx^{2}}=E\phi.

Les solutions sont indicées par nN\displaystyle n\in\mathbb{N}^{*}, En=n22π22m2\displaystyle E_{n}=n^{2}\frac{\hbar^{2}\pi^{2}}{2m\ell^{2}}, et ϕn(x)=Cnsin(nπx)\displaystyle \phi_{n}(x)=C_{n}\sin\left(\frac{n\pi x}{\ell}\right) avec Cn=2/\displaystyle |C_{n}|=\sqrt{2/\ell}.

L’énergie de l’état n\displaystyle n est En=n22π22m2\displaystyle E_{n}=n^{2}\frac{\hbar^{2}\pi^{2}}{2m\ell^{2}}.

On vérifie la relation donnant la variation de l’énergie en fonction du temps (l’énergie potentielle est nulle) pour n=1\displaystyle n=1 : dEdt=22π22m3ddt\displaystyle \frac{dE}{dt}=-2\frac{\hbar^{2}\pi^{2}}{2m\ell^{3}}\frac{d\ell}{dt}, ce qui donne 1EdEdt=2ddt\displaystyle \frac{1}{E}\frac{dE}{dt}=-\frac{2}{\ell}\frac{d\ell}{dt} (valable pour n\displaystyle n quelconque).

Exercice 14 ⭐️⭐️⭐️ Frottement de glissement, Sup/L1

D’après oral CCMP MP.
Soit un cône de sommet O\displaystyle O, d’angle α\displaystyle \alpha. Un point matériel M\displaystyle M de masse m\displaystyle m est attaché au point O\displaystyle O par un fil inextensible de masse négligeable et de longueur \displaystyle \ell. Le fil ne frotte pas sur le cône, et le coefficient de frottement entre M\displaystyle M et le cône est μ\displaystyle \mu. On lance le point matériel avec une vitesse v0\displaystyle v_{0} perpendiculaire au plan contenant l’axe du cône et M\displaystyle M. Le point décrit une trajectoire circulaire. Déterminer la date à laquelle M\displaystyle M s’arrête.

Frottement de glissement 👉 Lois de Coulomb.

En référentiel terrestre supposé galiléen, les forces exercées sur M\displaystyle M sont :
son poids, la réaction de composante normale au cône RN\displaystyle \overrightarrow{R_{N}} et de composante tangentielle RT\displaystyle \overrightarrow{R_{T}}, la tension du fil T\displaystyle \overrightarrow{T}. Le point glisse sur le cône : d’après les lois de Coulomb RT=μRN\displaystyle \left\Vert \overrightarrow{R_{T}}\right\Vert =\mu\left\Vert \overrightarrow{R_{N}}\right\Vert et RT.v<0\displaystyle \overrightarrow{R_{T}}.\overrightarrow{v}<0.

On utilise la base cylindrique ur,uθ,uz\displaystyle \overrightarrow{u_{r}},\overrightarrow{u_{\theta}},\overrightarrow{u_{z}}, l’axe (Oz)\displaystyle (Oz) étant l’axe vertical ascendant du cône avec r=sinα\displaystyle r=\ell\sin\alpha.

RN=RN[cosαur+sinαuz]\displaystyle \overrightarrow{R_{N}}=R_{N}\left[\cos\alpha\overrightarrow{u_{r}}+\sin\alpha\overrightarrow{u_{z}}\right] ; RT=RTuθ=μRNuθ\displaystyle \overrightarrow{R_{T}}=-R_{T}\overrightarrow{u_{\theta}}=-\mu R_{N}\overrightarrow{u_{\theta}} ;
T=T[cosαuzsinαur]\displaystyle \overrightarrow{T}=T\left[\cos\alpha\overrightarrow{u_{z}}-\sin\alpha\overrightarrow{u_{r}}\right].

En projetant le principe fondamental de la dynamique sur ur,uθ,uz\displaystyle \overrightarrow{u_{r}},\overrightarrow{u_{\theta}},\overrightarrow{u_{z}}:

m[rθ˙2]=RNcosαTsinα\displaystyle m\left[-r\dot{\theta}^{2}\right]=R_{N}\cos\alpha-T\sin\alpha,

m[rθ¨]=μRN\displaystyle m\left[r\ddot{\theta}\right]=-\mu R_{N},

0=mg+Tcosα+RNsinα\displaystyle 0=-mg+T\cos\alpha+R_{N}\sin\alpha.

En remplaçant la troisième éq. dans la première : mrθ˙2=RNcosαmgtanα\displaystyle -mr\dot{\theta}^{2}=\frac{R_{N}}{\cos\alpha}-mg\tan\alpha . Puis

mrθ¨=μcosα[mgtanαmrθ˙2]\displaystyle mr\ddot{\theta}=-\mu\cos\alpha\left[mg\tan\alpha-mr\dot{\theta}^{2}\right], soitθ¨=μcosα[θ˙2gcosα]\displaystyle \ddot{\theta}=\mu\cos\alpha\left[\dot{\theta}^{2}-\frac{g}{\ell\cos\alpha}\right]

Posons u=θ˙,u¨=μcosα[u2gcosα]\displaystyle u=\dot{\theta}, \ddot{u}=\mu\cos\alpha\left[u^{2}-\frac{g}{\ell\cos\alpha}\right]. En séparant les variables avec ω0=gcosα\displaystyle \omega_{0}=\sqrt{\frac{g}{\ell\cos\alpha}}.

duω02u2=μcosαdt1ω0+u+1ω0u=2ω0μcosαdt\displaystyle \frac{du}{\omega_{0}^{2}-u^{2}}=-\mu\cos\alpha dt\Longleftrightarrow\frac{1}{\omega_{0}+u}+\frac{1}{\omega_{0}-u}=-2\omega_{0}\mu\cos\alpha dt, soit ln(ω0+uω0u)=2ω0μtcosα+C\displaystyle \ln\left(\left|\frac{\omega_{0}+u}{\omega_{0}-u}\right|\right)=-2\omega_{0}\mu t\cos\alpha+C. La constante C\displaystyle C s’obtient avec la condition initiale.

ln(ω0+uω0u)=2ω0μtcosα+ln(ω0+v0/rω0v0/r)\displaystyle \ln\left(\left|\frac{\omega_{0}+u}{\omega_{0}-u}\right|\right)=-2\omega_{0}\mu t\cos\alpha+\ln\left(\left|\frac{\omega_{0}+v_{0}/r}{\omega_{0}-v_{0}/r}\right|\right).

Le mouvement s’arrête pour u=0\displaystyle u=0, soit t=12ω0μcosαln(gcosα+v0sinαgcosαv0sinα).t=\frac{1}{2\omega_{0}\mu\cos\alpha}\ln\left(\left|\frac{\sqrt{\frac{g}{\ell\cos\alpha}}+\frac{v_{0}}{\ell\sin\alpha}}{\sqrt{\frac{g}{\ell\cos\alpha}}-\frac{v_{0}}{\ell\sin\alpha}}\right|\right).

Cas particulier : on voit que t\displaystyle t\rightarrow\infty quand le dénominateur du ln s’annule. En reportant dans l’expression de RN\displaystyle R_{N}, on voit que pour cette valeur particulière de la vitesse, la réaction normale et donc aussi le frottement s’annule. Pratiquement, cela correspond à un temps très long avant l’arrêt.

Exercice 44 ⭐️⭐️⭐️ Déviation d’un neutron par un noyau, Sup/L1

On étudie l’interaction d’un neutron projectile de masse m\displaystyle m avec un noyau fixe sphérique de rayon r0\displaystyle r_{0} en modélisant l’interaction forte attractive par l’énergie potentielle
U(r)=U\displaystyle U(r)=-U pour 0<r<r0\displaystyle 0<r<r_{0}
U(r)=0\displaystyle U(r)=0 pour r>r0\displaystyle r>r_{0}
U>0\displaystyle U>0 est une constante et r\displaystyle r est la distance du neutron considéré ponctuel au centre du noyau. Cette énergie potentielle discontinue schématise une énergie potentielle qui varie continûment de U\displaystyle -U à 0\displaystyle 0 sur une distance δr0\displaystyle \delta\ll r_{0}.
La trajectoire initiale du neutron est rectiligne uniforme de vitesse v0=v0ux\displaystyle \overrightarrow{v_{0}}=v_{0}\overrightarrow{u_{x}} et de paramètre d’impact b\displaystyle b (voir schéma).

  1. Montrer l’existence de deux constantes du mouvement.

  2. Montrer que la trajectoire est formée de la réunion de parties de droite. Dans le cas où le neutron est dévié, exprimer la norme de la vitesse du neutron pour r<r0\displaystyle r<r_{0}, ainsi que rm\displaystyle r_{m}, la distance minimale d’approche au centre du noyau.

  3. Etablir l’expression de l’angle de déviation D\displaystyle D entre les trajectoires initiale et finale.

L’énergie potentielle ne dépend que de r\displaystyle r 👉 C’est un mouvement à force centrale (La modélisation choisie conduit à une singularité de la force dont la norme devient infinie en r0\displaystyle r_{0}).

  1. L’énergie mécanique se conserve. À grande distance l’énergie potentielle est nulle. D’où Em=12mv02.E_{m}=\frac{1}{2}mv_{0}^{2}.
    La force est centrale puisque l’énergie potentielle ne dépend que de r\displaystyle r, donc le moment cinétique est constant L0=mvbuz.\overrightarrow{L_{0}}=mvb\overrightarrow{u_{z}}.
    Le mouvement est donc plan et obéit à la loi des aires. En coordonnées polaires dans le plan de la trajectoire (perpendiculaire à L0\displaystyle \overrightarrow{L_{0}}) r2θ˙=v0b.r^{2}\dot{\theta}=v_{0}b.

  2. L’énergie potentielle est constante par morceaux. La force exercée sur le neutron est nulle pour r<r0\displaystyle r<r_{0} et r>r0\displaystyle r>r_{0}. La trajectoire est ainsi rectiligne uniforme dans chaque région.
    Pour b>r0\displaystyle b>r_{0}, la trajectoire est rectiligne et le neutron ne pénètre pas à l’intérieur du noyau.
    Pour b<r0\displaystyle b<r_{0}, le neutron pénètre dans le noyau. La norme de la vitesse pour r<r0\displaystyle r<r_{0} est donnée par la conservation de l’énergie mécanique
    Em=12mv12U=12mv02\displaystyle E_{m}=\frac{1}{2}mv_{1}^{2}-U=\frac{1}{2}mv_{0}^{2}.
    v1=v02+2Um.v_{1}=\sqrt{v_{0}^{2}+\frac{2U}{m}}.
    Remarque — Le cas b=r0\displaystyle b=r_{0} ne peut pas être traité dans le cadre de cette modélisation, il faudrait décrire le potentiel de manière plus réaliste.

• Pour b>r0,rm=b\displaystyle b>r_{0}, r_{m}=b. La trajectoire est non déviée.

• Pour b<r0\displaystyle b<r_{0}, rm\displaystyle r_{m} s’obtient pour r˙=0\displaystyle \dot{r}=0.
Em=12m(r˙2+r2θ˙2)+U(r)=12mr˙2+12m(v0b)2r2+U(r)12mv02=12m(v0b)2rm2U\displaystyle \begin{aligned} E_{m} & =\frac{1}{2}m\left(\dot{r}^{2}+r^{2}\dot{\theta}^{2}\right)+U(r)\\ & =\frac{1}{2}m\dot{r}^{2}+\frac{1}{2}m\frac{\left(v_{0}b\right)^{2}}{r^{2}}+U(r)\\ \frac{1}{2}mv_{0}^{2} & =\frac{1}{2}m\frac{\left(v_{0}b\right)^{2}}{r_{m}^{2}}-U \end{aligned}
rm=b1+2Umv02.r_{m}=\frac{b}{\sqrt{1+\frac{2U}{mv_{0}^{2}}}}.
Cette relation s’obtient aussi par conservation du moment cinétique.

  1. Pour b>r0\displaystyle b>r_{0}, , D=0\displaystyle D=0.
    Pour b<r0\displaystyle b<r_{0}, utilisons la conservation du moment cinétique OMmv\displaystyle \overrightarrow{OM}\land m\overrightarrow{v} .

    mv0b=mr0v0sini0=mr0v1sini1=mr0v2sini2\displaystyle mv_{0}b=mr_{0}v_{0}\sin i_{0}=mr_{0}v_{1}\sin i_{1}=mr_{0}v_{2}\sin i_{2}.

Comme v0=v2\displaystyle v_{0}=v_{2} par conservation de l’énergie mécanique, i2=i0\displaystyle i_{2}=i_{0}.

La déviation D=i0i1+i2i1=2(i0i1)\displaystyle D=i_{0}-i_{1}+i_{2}-i_{1}=2\left(i_{0}-i_{1}\right), soit avec v1=v02+2Um\displaystyle v_{1}=\sqrt{v_{0}^{2}+\frac{2U}{m}}, D=2[arcsin(b/r0)arcsin(b/(r01+2Umv02)].D=2\left[\arcsin\left(b/r_{0}\right)-\arcsin\left(b/(r_{0}\sqrt{1+\frac{2U}{mv_{0}^{2}}}\right)\right].
Remarque — On note bien sûr l’analogie entre les relations donnant les sinus des angles i0,i1,i2\displaystyle i_{0}, i_{1}, i_{2} et les lois de Descartes de la réfraction, le rôle de l’indice étant joué par la vitesse.

Exercice 55 ⭐️⭐️ Voyage dans un tunnel, Spé/L2/Classique

Un objet de masse m\displaystyle m peut se déplacer sans frottement dans un tunnel rectiligne creusé à l’intérieur de la Terre et joignant deux points A\displaystyle A et B\displaystyle B appartenant à la surface terrestre. La Terre est supposée homogène et à symétrie sphérique, de masse totale MT\displaystyle M_{T}, de rayon RT=6,4.106 m\displaystyle R_{T}=6,4.10^{6}\textrm{ m}. Le champ de pesanteur, assimilé au champ de gravitation, a une intensité g0=9,8 m.s2\displaystyle g_{0}=9,8\textrm{ m.s}^{-2} à la surface terrestre.

Quelle est la durée du trajet reliant A à B lorsque l’objet est abandonné avec une vitesse initiale nulle en A ?

Champ de gravitation pour une distribution très symétrique 👉 Théorème de Gauss de la gravitation.

On se place dans le référentiel lié à la Terre, supposé galiléen.

Soit (xx)\displaystyle \left(x'x\right) l’axe du tunnel. L’objet est soumis

  • à l’attraction gravitationnelle P=mg\displaystyle \overrightarrow{P}=m\overrightarrow{g}

  • à la réaction du tunnel R\displaystyle \overrightarrow{R} normale à (xx).\displaystyle \left(x'x\right).

Déterminons le champ gravitationnel terrestre g(M)\displaystyle \overrightarrow{g}(M) en un point M\displaystyle M à l’intérieur de la Terre, en supposant que le tunnel ne perturbe pas notablement ce champ. Etant donné la symétrie du problème, on utilise les coordonnées sphériques r,θ,φ\displaystyle r,\theta,\varphi.

-Tout plan contenant le centre de masse de la Terre, O\displaystyle O, et M\displaystyle M est plan de symétrie de la distribution de masse ; donc g(M)\displaystyle \overrightarrow{g}(M) est porté par l’intersection de ces plans g(M)=g(M)ur\displaystyle \overrightarrow{g}(M)=g(M)\overrightarrow{u_{r}}.

-Il y a invariance de la distribution de masse par rotation quelconque autour de O\displaystyle O, donc g(M)=g(r)\displaystyle g(M)=g(r).

-Appliquons le théorème de Gauss pour la gravitation en utilisant comme surface fermée une sphère de centre O\displaystyle O, de rayon r<R\displaystyle r<R :
\oiintg.d2S=4πGMint.\displaystyle \oiint\overrightarrow{g}.\overrightarrow{d^{2}S}=-4\pi\mathcal{G}M_{int}.

avec Mint=MT(rRT)3\displaystyle M_{int}=M_{T}\left(\frac{r}{R_{T}}\right)^{3}.

\oiintg.d2S=\oiintg(r).d2S=g(r).4πr2\displaystyle \oiint\overrightarrow{g}.\overrightarrow{d^{2}S}=\oiint g(r).d^{2}S=g(r).4\pi r^{2}.

D’où g(r)=GMTrRT3\displaystyle g(r)=-\mathcal{G}M_{T}\frac{r}{R_{T}^{3}}.

Avec g(R)=g0\displaystyle g(R)=-g_{0}, g(M)=g0rRTur.\overrightarrow{g}(M)=-g_{0}\frac{r}{R_{T}}\overrightarrow{u_{r}}.

L’objet est assujetti à se déplacer dans le tunnel.

Soit x\displaystyle x sa position, l’origine O\displaystyle O' de l’axe étant au milieu du tunnel. Le principe fondamental de la dynamique s’écrit

ma=mg+R\displaystyle m\overrightarrow{a}=m\overrightarrow{g}+\overrightarrow{R}. En projetant sur (Ox)\displaystyle \left(O'x\right),

mx¨=mg.ux=mg0xRT\displaystyle m\ddot{x}=m\overrightarrow{g}.\overrightarrow{u_{x}}=-mg_{0}\frac{x}{R_{T}}, soit

x¨+g0RTx=0.\ddot{x}+\frac{g_{0}}{R_T}x=0.

C’est l’équation d’un oscillateur harmonique, de pulsation ω=g0RT\displaystyle \omega=\sqrt{\frac{g_{0}}{R_T}} et de période T=2πRg0\displaystyle T=2\pi\sqrt{\frac{R}{g_{0}}} (homogène).
Compte tenu des conditions initiales, x(t)=xAcos(ωt)\displaystyle x(t)=x_{A}\cos\left(\omega t\right).

La durée du parcours de A\displaystyle A à B\displaystyle B (xB=xA)\displaystyle (x_B=-x_A) est τ=T/2=πRTg0.\tau=T/2=\pi\sqrt{\frac{R_T}{g_{0}}}.

A.N. τ=2,5.103 s, \displaystyle \tau=2,5.10^{3}\textrm{ s, } soit 42 minutes.

Remarqueτ\displaystyle \tau est indépendant de la position de A\displaystyle A et B\displaystyle B à la surface du globe.

Exercice 66 ⭐️⭐️⭐️ Formation d’une planète, Sup/L1

D’après X PC, oral Centrale MP.

  1. Une planète supposée ponctuelle et de masse M\displaystyle M est immobile dans le vide à l’origine O\displaystyle O d’un référentiel galiléen. Un point matériel P\displaystyle P de masse m\displaystyle m arrive de l’infini avec une vitesse initiale V0\displaystyle \overrightarrow{V_{0}}, de norme V0\displaystyle V_{0}. On définit b=L/(mV0)\displaystyle b=L/(mV_{0}), où L\displaystyle L est le moment cinétique en O\displaystyle O de la masse m\displaystyle m. Donner l’interprétation géométrique de b\displaystyle b.

  2. On note G\displaystyle G la constante newtonienne de gravitation. On suppose mM\displaystyle m\ll M, de telle sorte que la masse M\displaystyle M reste pratiquement immobile. Quelle est la nature de la trajectoire de la masse m\displaystyle m ? Soit rmin\displaystyle r_{min} sa distance minimale d’approche à l’origine. Exprimer b\displaystyle b en fonction de rmin,V0,G\displaystyle r_{min}, V_{0}, G et M\displaystyle M.

  3. La planète de masse M\displaystyle M n’est plus ponctuelle mais est assimilée à une sphère homogène de rayon R\displaystyle R. Exprimer la vitesse de libération V1\displaystyle V_{1} en fonction de G,M\displaystyle G, M et R\displaystyle R. Montrer que la masse m\displaystyle m arrivant de l’infini heurte la planète si b2<R2(1+(V1V0)2).b^{2}<R^{2}\left(1+\left(\frac{V_{1}}{V_{0}}\right)^{2}\right).

  4. L’univers entourant la planète est constitué, à grande distance de celle-ci, d’un grand nombre de points matériels de masse m\displaystyle m, répartis aléatoirement dans l’espace et ayant tous la même vitesse V0\displaystyle \overrightarrow{V_{0}}. On note n\displaystyle n la densité volumique de points matériels (nombre par unité de volume). Exprimer le nombre moyen de points matériels heurtant la surface de la planète par unité de temps en fonction de n,V0,R,G\displaystyle n, V_{0}, R, G et M\displaystyle M.

  5. Les points matériels heurtant la planète s’y écrasent, augmentant ainsi sa masse. On suppose également que la planète reste sphérique, de masse volumique ρ\displaystyle \rho constante, de telle sorte que son rayon augmente. Donner l’expression de la vitesse d’accrétion dR/dt en fonction de n,V0,R,G,ρ\displaystyle n, V_{0}, R, G, \rho et m\displaystyle m. Analyser l’évolution de R pour V0V1\displaystyle V_{0}\ll V_{1} puis V0V1\displaystyle V_{0}\gg V_{1}. Expliquer pourquoi on parle, pour ce processus, de focalisation gravitationnelle ainsi que d’accrétion galopante.

Force centrale conservative 👉 L’énergie mécanique et le moment cinétique par rapport au centre sont des constantes du mouvement.
Force newtonienne 👉 La trajectoire est une conique dont la nature dépend de l’énergie mécanique.

  1. b\displaystyle b est le paramètre d’impact : c’est la distance de O\displaystyle O à la droite passant par le point matériel P\displaystyle P à grande distance de O\displaystyle O et parallèle à la vitesse V0\displaystyle \overrightarrow{V_{0}}. Ainsi le moment cinétique de P\displaystyle P par rapport à O\displaystyle O a pour norme L=OPmV0=mbV0.L=\left\Vert \overrightarrow{OP_{\infty}}\land m\overrightarrow{V_{0}}\right\Vert =mbV_{0}.

  2. La force étant centrale, le mouvement du point matériel est plan. Pour une force newtonienne attractive, le cours montre que la trajectoire est une conique dont la nature dépend de la valeur de l’énergie mécanique, qui se conserve. L’énergie potentielle, Ep=GmMr\displaystyle E_{p}=-G\frac{mM}{r}, tendant vers 0\displaystyle 0 à grande distance,
    -pour Em>0\displaystyle E_{m}>0, la trajectoire est hyperbolique
    -pour Em=0\displaystyle E_{m}=0, la trajectoire est parabolique
    -pour Em<0\displaystyle E_{m}<0, la trajectoire est elliptique ou circulaire.
    Le point matériel est initialement à grande distance, et son énergie mécanique Em=Ec+Ep=12mV02>0\displaystyle E_{m}=E_{c}+E_{p}=\frac{1}{2}mV_{0}^{2}>0, la trajectoire est hyperbolique.
    Dans le plan de la trajectoire, utilisons les coordonnées polaires :
    Ec=12m[r˙2+r2θ˙2]=12mr˙2+L22mr2\displaystyle E_{c}=\frac{1}{2}m\left[\dot{r}^{2}+r^{2}\dot{\theta}^{2}\right]=\frac{1}{2}m\dot{r}^{2}+\frac{L^{2}}{2mr^{2}}.
    D’où Em=12mr˙2+L22mr2GmMr\displaystyle E_{m}=\frac{1}{2}m\dot{r}^{2}+\frac{L^{2}}{2mr^{2}}-G\frac{mM}{r}.
    Pour la distance minimale d’approche r˙=0\displaystyle \dot{r}=0, d’où L22mr2GmMr=12mV02\displaystyle \frac{L^{2}}{2mr^{2}}-G\frac{mM}{r}=\frac{1}{2}mV_{0}^{2}. En multipliant par r2\displaystyle r^{2}, on obtient une équation du second degré en r\displaystyle r, et seule la racine positive est à retenir. D’où (on vérifie l’homogénéité)rmin=GMV02+G2M2V04+L2m2V02.r_{min}=-\frac{GM}{V_{0}^{2}}+\sqrt{\frac{G^{2}M^{2}}{V_{0}^{4}}+\frac{L^{2}}{m^{2}V_{0}^{2}}}.
    L=mV0b\displaystyle L=mV_{0}b, d’où rmin=GMV02+G2M2V04+b2\displaystyle r_{min}=-\frac{GM}{V_{0}^{2}}+\sqrt{\frac{G^{2}M^{2}}{V_{0}^{4}}+b^{2}}, soit
    b2=G2M2V04+(rmin+GMV02)2=rmin2+2rminGMV02.\displaystyle \begin{aligned}b^{2}&=-\frac{G^{2}M^{2}}{V_{0}^{4}}+\left(r_{min}+\frac{GM}{V_{0}^{2}}\right)^{2}\\&=r_{min}^{2}+2r_{min}\frac{GM}{V_{0}^{2}}.\end{aligned}
    b=rmin2+2rminGMV02.b=\sqrt{r_{min}^{2}+2r_{min}\frac{GM}{V_{0}^{2}}}.

  3. La vitesse de libération est celle qui permet à un objet situé à la surface de la planète d’échapper à son attraction gravitationnelle. L’énergie mécanique de l’objet de masse μ\displaystyle \mu est Em=12μV12GμMR\displaystyle E_{m}=\frac{1}{2}\mu V_{1}^{2}-G\frac{\mu M}{R}. Si cet objet peut partir à grande distance, alors son énergie mécanique est égale à grande distance à son énergie cinétique, elle est donc positive. D’où la valeur limite Em=12μV12GμMR=0\displaystyle E_{m}=\frac{1}{2}\mu V_{1}^{2}-G\frac{\mu M}{R}=0, soit V1=2GMR.V_{1}=\sqrt{\frac{2GM}{R}}.
    La masse m heurte la planète lorsque rminR\displaystyle r_{min}\leq R, soit
    GMV02+G2M2V04+L2m2V02R\displaystyle -\frac{GM}{V_{0}^{2}}+\sqrt{\frac{G^{2}M^{2}}{V_{0}^{4}}+\frac{L^{2}}{m^{2}V_{0}^{2}}}\leq R
    R2(V1V0)2+(R2)2(V1V0)4+b2R\displaystyle \Rightarrow-\frac{R}{2}\left(\frac{V_{1}}{V_{0}}\right)^{2}+\sqrt{\left(\frac{R}{2}\right)^{2}\left(\frac{V_{1}}{V_{0}}\right)^{4}+b^{2}}\leq R
    (R2)2(V1V0)4+b2(R+R2(V1V0)2)2\displaystyle \Rightarrow\left(\frac{R}{2}\right)^{2}\left(\frac{V_{1}}{V_{0}}\right)^{4}+b^{2}\leq\left(R+\frac{R}{2}\left(\frac{V_{1}}{V_{0}}\right)^{2}\right)^{2}, ce qui donne bien
    b2<bmax2=R2(1+(V1V0)2).b^{2}<b_{max}^{2}=R^{2}\left(1+\left(\frac{V_{1}}{V_{0}}\right)^{2}\right).

  4. Les points de paramètre d’impact inférieurs à bmax\displaystyle b_{max} heurtent la planète. Ainsi les points se trouvant à grande distance de la planète dans un cylindre de section πbmax2\displaystyle \pi b_{max}^{2} heurteront la planète. Le nombre de points qui vont traverser une section du cylindre pendant dt\displaystyle dt est nV0dtπbmax2\displaystyle nV_{0}dt\pi b_{max}^{2}. Ainsi, le nombre de points heurtant la planète par unité de temps est (homogène) N=nV0πbmax2.N=nV_{0}\pi b_{max}^{2}.
    Remarque — Tous les points qui se trouvaient sur une section du cylindre ne le heurteront pas à la même date, mais en régime “permanent”, le temps de parcours associé à une trajectoire particulière ne varie pas, ce qui permet d’obtenir le résultat ci-dessus.

  5. dMdt=Nm=mnV0πbmax2\displaystyle \frac{dM}{dt}=Nm=mnV_{0}\pi b_{max}^{2}
    4πR2dRdtρ=mnV0πR2(1+(V1V0)2)\displaystyle \Rightarrow4\pi R^{2}\frac{dR}{dt}\rho=mnV_{0}\pi R^{2}\left(1+\left(\frac{V_{1}}{V_{0}}\right)^{2}\right), d’où dRdt=mnV04ρ(1+(V1V0)2).\frac{dR}{dt}=\frac{mnV_{0}}{4\rho}\left(1+\left(\frac{V_{1}}{V_{0}}\right)^{2}\right).
    Avec V1=2GMR,dRdt=mnV04ρ(1+8GρπR23V02)\displaystyle V_{1}=\sqrt{\frac{2GM}{R}},\frac{dR}{dt}=\frac{mnV_{0}}{4\rho}\left(1+\frac{8G\rho\pi R^{2}}{3V_{0}^{2}}\right)
    Pour V0V1,dRdtmnV124ρV0=mn2GM4ρV0R=mn2GπR23V0\displaystyle V_{0}\ll V_{1}, \frac{dR}{dt}\simeq\frac{mnV_{1}^{2}}{4\rho V_{0}}=\frac{mn2GM}{4\rho V_{0}R}=\frac{mn2G\pi R^{2}}{3V_{0}}
    Pour V0V1,dRdtmnV04ρ.\displaystyle V_{0}\gg V_{1} , \frac{dR}{dt}\simeq\frac{mnV_{0}}{4\rho}.
    Le terme de focalisation gravitationnelle est justifié par la courbure des trajectoires, initialement rectilignes, par l’attraction de la planète, qui est foyer de l’hyperbole trajectoire. La trajectoire des objets est déviée vers la planète.
    En raison de l’accrétion, le rayon de la planète augmente. Il arrive donc un moment, pour un flux de particules de vitesse V0\displaystyle V_{0} donnée, où V0<V1=8GρπR23\displaystyle V_{0}<V_{1}=\sqrt\frac{8G\rho\pi R^{2}}{3}. Le terme d’accrétion galopante se justifie par le fait que la masse (et donc aussi le rayon) de la planète augmente au cours du temps, et d’autant plus que le rayon de la planète est grand, comme le montre l’expression de dRdt\displaystyle \frac{dR}{dt} dans le cas V0V1\displaystyle V_{0}\ll V_{1}.

Exercice 67 ⭐️⭐️ Barre avec ressort spiral, Sup/L1

Dans le référentiel terrestre galiléen, une tige AB\displaystyle AB de longueur L\displaystyle L, de masse négligeable, peut tourner sans frottement autour d’un axe horizontal (Bx)\displaystyle \left(Bx\right) et reste dans le plan vertical (B,y,z)\displaystyle \left(B,y,z\right) en faisant un angle θ\displaystyle \theta avec la verticale ascendante (Bz)\displaystyle \left(Bz\right). En B\displaystyle B, un ressort spiral exerçe un couple de rappel de moment C=kθ(t)ux\displaystyle \overrightarrow{C}=-k\theta(t)\overrightarrow{u_{x}}. Une masse quasi ponctuelle m\displaystyle m est fixée en A\displaystyle A.

  1. Déterminer l’équation vérifiée par θ(t)\displaystyle \theta(t).

  2. Dans l’hypothèse où θ\displaystyle \theta est petit, discuter de la forme des solutions.

  3. Quelle est l’énergie potentielle associée à l’action du ressort ? En déduire l’énergie potentielle totale.

  4. Quelles sont les positions d’équilibre?
    Dans le cas où il y a 3 solutions, on appelle θ1\displaystyle \theta_{1} l’une d’entre elles , θ2\displaystyle \theta_{2} et θ2\displaystyle \mathbb{}-\theta_{2} les deux autres. Montrer que sin(θ2)θ2=kmLg\displaystyle \mathbb{}\frac{\sin(\theta_{2})}{\theta_{2}}=\frac{k}{mLg}.
    En utilisant le tracé de la fonction sin(x)x\displaystyle \frac{\sin(x)}{x}, trouver une condition sur k\displaystyle \mathbb{}k pour que θ2\displaystyle \theta_{2} existe.

  5. Discuter de la stabilité des positions d’équilibre.

Positions d’équilibre 👉 Les positions d’équilibre stables (resp. instables) correspondent aux minima (resp. maxima) de l’énergie potentielle.

  1. Le système étudié est l’ensemble formé par la tige et la masse m\displaystyle m. Les actions exercées sont
  • le poids en A\displaystyle A

  • la réaction d’axe en B\displaystyle B

  • Le couple de rappel.
    Le théorème du moment cinétique scalaire appliqué au système et projeté sur (Bx)\displaystyle \left(Bx\right) donne :

mL2θ¨=Cθ+mLgsinθ.mL^{2}\ddot{\theta}=-C\theta+mLg\sin\theta.

  1. Pour θ\displaystyle \theta petit , mL2θ¨=(C+mLg)θ\displaystyle mL^{2}\ddot{\theta}=\left(-C+mLg\right)\theta.
  • Pour C>mLg\displaystyle C>mLg, c’est un oscillateur harmonique de pulsation ω=CmLg\displaystyle \omega=\sqrt{C-mLg}. θ(t)=Acos(ωt)+Bsin(ωt).\theta(t)=A\cos\left(\omega t\right)+B\sin\left(\omega t\right). θ=0\displaystyle \theta=0 est une position d’équilibre stable
  • Pour C<mLg\displaystyle C<mLg, θ(t)=Cexp(t/τ)+Dexp(t/τ)\theta(t)=C\exp\left(-t/\tau\right)+D\exp\left(t/\tau\right) avec τ=1/mLgC\displaystyle \tau=1/\sqrt{mLg-C} (ou on peut choisir une solution en cosh\displaystyle \cosh et sinh\displaystyle \sinh). θ=0\displaystyle \theta=0 est une position d’équilibre instable
  • Pour C=mLg\displaystyle C=mLg, θ(t)=Et+F.\theta(t)=Et+F. θ=0\displaystyle \theta=0 est une position d’équilibre instable.
  1. dEp=C.dθux=d(12kθ2)\displaystyle dE_{p}=-\overrightarrow{C}.d\theta\overrightarrow{u_{x}}=d\left(\frac{1}{2}k\theta^{2}\right), Ep=12kθ2\displaystyle E_{p}=\frac{1}{2}k\theta^{2} à une constante près.

Ep,tot=12kθ2+mgLcosθ.E_{p,tot}=\frac{1}{2}k\theta^{2}+mgL\cos\theta.

  1. Les positions d’équilibre vérifient Ep,tot=0kθ=mgLsinθ\displaystyle E'_{p,tot}=0\Longleftrightarrow k\theta=mgL\sin\theta.
    Soit θ=θ1=0\displaystyle \theta=\theta_{1}=0, soit θ=±θ2\displaystyle \theta=\pm\theta_{2} avec sin(θ2)θ2=kmLg\displaystyle \mathbb{}\frac{\sin(\theta_{2})}{\theta_{2}}=\frac{k}{mLg}. Pour que ces dernières solutions existent il est nécessaire que kmLg<1,\frac{k}{mLg}<1, qui est la valeur maximale atteinte par sin(x)x\displaystyle \frac{\sin\left(x\right)}{x}.

  2. Ep,tot=kθmgLsinθ\displaystyle E'_{p,tot}=k\theta-mgL\sin\theta et E"p,tot=kmgLcosθ\displaystyle E"_{p,tot}=k-mgL\cos\theta.

  • Pour kmLg1\displaystyle \frac{k}{mLg}\geq1, seule la position d’équilibre θ1=0\displaystyle \theta_{1}=0 existe et elle est stable car E"p,tot(0)>0\displaystyle E"_{p,tot}(0)>0.
  • Pour kmLg<1\displaystyle \frac{k}{mLg}<1, la solution θ1=0\displaystyle \theta_{1}=0 existe est instable car E"p,tot(0)<0\displaystyle E"_{p,tot}(0)<0.
    E"p,tot(θ)=0\displaystyle E"_{p,tot}(\theta)=0 pour θ=θ3\displaystyle \theta=\theta_3 tel que k=mgLcosθ3\displaystyle k=mgL\cos\theta_{3}. En traçant y1=cosθ\displaystyle y_{1}=\cos\theta et y2=sin(θ)/θ\displaystyle y_{2}=\sin\left(\theta\right)/\theta, il apparait que θ2>θ3\displaystyle \theta_{2}>\theta_{3} et donc E"p,tot(±θ2)>0\displaystyle E"_{p,tot}\left(\pm\theta_{2}\right)>0. Les positions d’équilibre ±θ2\displaystyle \pm\theta_{2} sont stables.

Exercice 84 ⭐️⭐️ Cône Tcherenkov, Sup/L1

D’après X PC 2019

  1. Une particule chargée est en mouvement rectiligne uniforme à la
    vitesse v\displaystyle v . Elle émet en chaque point de sa trajectoire une onde sphérique se propageant à la vitesse u\displaystyle u, qu’on suppose constante. Montrez que
    si v>u\displaystyle v > u, les points de l’espace atteints par l’onde occupent l’intérieur
    d’un cône dont vous préciserez l’axe et le demi-angle au sommet, et que vous représenterez sur un schéma.

  2. Dans les détecteurs de neutrinos comme Super-Kamiokande au Japon,
    les neutrinos sont détectés quand ils rentrent en collision avec des molécules d’eau. Un électron, de vitesse v\displaystyle v voisine de c\displaystyle c, est alors éjecté et émet un rayonnement électromagnétique (rayonnement Tcherenkov). L’indice de l’eau est n=1,33\displaystyle n=1,33. Quel est l’angle entre la direction de l’électron et le rayonnement Tcherenkov ?

Soit M\displaystyle M la position de la particule à la date t\displaystyle t. L’onde émiseà tτ\displaystyle t-\tau depuis la position M0\displaystyle M_{0} telle que M0M=vτ\displaystyle \overline{M_{0}M}=v\tau, atteint à t\displaystyle t la sphère de rayon uτ\displaystyle u\tau centrée sur M0\displaystyle M_{0}. Cette onde se trouve ainsi à t\displaystyle t à l’intérieur d’un cône d’angle α\displaystyle \alpha tel que
sinα=M0HM0M=uτvτ\displaystyle \sin\alpha=\frac{M_{0}H}{M_{0}M}=\frac{u\tau}{v\tau}, indépendant de τ\displaystyle \tau.

Ainsi, les points de l’espace atteints par l’onde occupent l’intérieur d’un cône dont l’axe est donné par la trajectoire de la particule, et de demi-angle au sommet
α=arcsinuv.\alpha=\arcsin\frac{u}{v}.

  1. Ici v=c\displaystyle v=c et u=c/n\displaystyle u=c/n. D’où sinα=1n\displaystyle \sin\alpha=\frac{1}{n} .α=49.\alpha=49{^\circ}.

Remarque — Un autre exemple est le cône de Mach observé dans le cas
d’un avion supersonique.

Exercice 85 ⭐️⭐️⭐️ Sillage d’un canard, Sup/L1

Un canard se déplace rectilignement sur un lac à la vitesse uniforme V=Vex\displaystyle \overrightarrow{V}=V\overrightarrow{e_{x}}. Son passage provoque l’émission d’ondes, sous forme de vaguelettes, à la surface de l’eau dans toutes les directions.

Pour une onde se propageant dans la direction qui fait un angle θ\displaystyle \theta avec la direction de déplacement du canard, l’énergie de l’onde, dont dépend le sillage, se déplace à la vitesse U=V2cos(θ)\displaystyle U=\frac{V}{2}\cos\left(\theta\right).

En déduire l’angle du sillage d’un canard. Qu’en est-il d’un paquebot ?

Remarque pour les curieux (niveau Spé) — La vitesse de propagation d’une onde de longueur d’onde donnée ne dépend pas de la direction d’émission, mais selon l’analyse de Kelvin, seules sont observées les ondes stationnaires de longueur d’onde telle que la vitesse de l’eau dans le référentiel du bateau projetée sur la direction de propagation de l’onde s’oppose exactement à la vitesse de phase Vφ\displaystyle V_{\varphi} de l’onde, soit Vφ=Vcos(θ)\displaystyle V_{\varphi}=V\cos\left(\theta\right). Avec la relation U=Vg=12Vϕ\displaystyle U=V_{g}=\frac{1}{2}V_{\phi} valable pour les ondes de surface en eau profonde, on obtient la relation donnée.

Rappel — L’équation en coordonnées polaires d’un cercle de diamètre a\displaystyle a, passant par l’origine et par le point situé sur l’axe polaire d’abscisse x=a\displaystyle x=a est r=acosθ\displaystyle r=a\cos\theta.

Représenter sur un schéma la position du canard à la date t\displaystyle t, la position du canard à la date t\displaystyle t', et le lieu des points atteints à la date t\displaystyle t par l’onde émise par le canard à la date t\displaystyle t'.

L’onde émise à t\displaystyle t’ dans la direction θ\displaystyle \theta a parcouru à la date t\displaystyle t la distance U(tt)=V2cos(θ)(tt)=acos(θ)\displaystyle U\left(t-t'\right)=\frac{V}{2}\cos\left(\theta\right)\left(t-t'\right)=a\cos\left(\theta\right). Le lieu des points atteints par l’onde est donc le cercle de diamètre a=V2(tt)\displaystyle a=\frac{V}{2}\left(t-t'\right).

Ce cercle passe par le milieu I\displaystyle I des positions C(t)\displaystyle C(t) et C(t)\displaystyle C(t') du canard à t\displaystyle t et t\displaystyle t'. Les points du cercle sont tous contenus dans le cône de sommet C(t)\displaystyle C(t) et d’angle α\displaystyle \alpha, tel que

tan(α)=a/23a/2=13,\tan\left(\alpha\right)=\frac{a/2}{3a/2}=\frac{1}{3}, indépendant de t\displaystyle t et t\displaystyle t'.

On peut remarquer que toutes les ondes sont émises vers l’avant dans le référentiel terrestre : pour π/2<θπ,V<0\displaystyle \pi/2<\left|\theta\right|\leq\pi, V<0. Par exemple, pour une émission dans la direction θ=π,V=U2\displaystyle \theta=\pi, V=-\frac{U}{2}, d’où V=U2ex\displaystyle \overrightarrow{V}=\frac{U}{2}\overrightarrow{e_{x}}.

Ainsi à la date t\displaystyle t, toutes les vaguelettes créées par le passage du canard sont comprises dans un cône d’angle 2α=39\displaystyle 2\alpha=39°, qui définit le sillage du canard.

La résolution est identique pour les paquebots !

Remarques
— Il est intéressant de comparer ce résultat à celui de l’exercice 84, en milieu non dispersif, sur le cône Tcherenkov, ou cône de Mach, dans lequel l’angle du “sillage” est 2α=2arcsinuv\displaystyle 2\alpha=2\arcsin\frac{u}{v}.
— La relation donnant la vitesse des ondes doit être modifiée quand V\displaystyle V augmente ; le sillage d’un bateau rapide de type « cigarette » est plus étroit.
Pour les curieux, un bel article de “Reflets de la physique” sur le sujet se trouve ici.

Exercice 93 ⭐️⭐️⭐️ Un exemple de trajectoire, ENS MP 2019, Sup/L1

Une particule ponctuelle est soumise à une force centrale conservative de centre O. L’allure de sa trajectoire est reproduite ci-dessous. Que peut-on en déduire sur la position de O et la nature de l’interaction ?

Propriétés générales

La force est conservative, donc l’énergie mécanique
Em=12mv2+Ep\displaystyle E_{m}=\frac{1}{2}mv^{2}+E_{p} se conserve.

La force est centrale, donc le moment cinétique σ0\displaystyle \overrightarrow{\sigma_{0}} de la particule M\displaystyle M se conserve et la trajectoire est plane (plan contenant le centre de force O\displaystyle O et perpendiculaire à σ0\displaystyle \overrightarrow{\sigma_{0}} ) en conformité avec la trajectoire de l’énoncé, et vérifie la loi des aires. En coordonnées cylindriques (coordonnées polaires dans le plan de la trajectoire), f(M)=f(M)er=gradEp\displaystyle \overrightarrow{f}(M)=f(M)\overrightarrow{e_{r}}=-\overrightarrow{\textrm{grad}}E_{p},
donc f=dEpdr,dEpdθ=0,dEpdz=0\displaystyle f=-\frac{dE_{p}}{dr},\frac{dE_{p}}{d\theta}=0,\frac{dE_{p}}{dz}=0, f(M)\displaystyle f(M) ne dépend donc que de r\displaystyle r.

f(M)=f(r)er\overrightarrow{f}(M)=f(r)\overrightarrow{e_{r}}

σ0=mrvθez=mr2θ˙ez\overrightarrow{\sigma_{0}}=mrv_{\theta}\overrightarrow{e_{z}}=mr^{2}\dot{\theta}\overrightarrow{e_{z}}

Em=12mr˙2+σ022mr2+Ep(r).E_{m}=\frac{1}{2}m\dot{r}^{2}+\frac{\sigma_{0}^{2}}{2mr^{2}}+E_{p}(r).

Remarqueσ0\displaystyle \sigma_{0} peut s’exprimer en fonction de la vitesse à l’infini V\displaystyle \overrightarrow{V}_{\infty} et du paramètre d’impact b\displaystyle b , distance entre le centre de force O et la droite passant par la position du point M\displaystyle M à très grande distance, et de direction V\displaystyle \overrightarrow{V}_{\infty}, σ0=mVb\displaystyle \sigma_{0}=mV_{\infty}b.

Position du centre de force

  • La particule démarre à très grande distance (à “l’infini”), et repart à l’infini. Il y a donc une distance minimale d’approche rmin\displaystyle r_{\textrm{min}}. Au point M\displaystyle M tel que r=rmin\displaystyle r=r_{\textrm{min}}, la vitesse v=r˙ur+rθ˙uθ=rθ˙uθ\displaystyle \overrightarrow{v}=\dot{r}\overrightarrow{u_{r}}+r\dot{\theta}\overrightarrow{u_{\theta}}=r\dot{\theta}\overrightarrow{u_{\theta}} est perpendiculaire à ur\displaystyle \overrightarrow{u_{r}}. Par ailleurs, le potentiel ne dépendant que de r,\displaystyle r, si en M\displaystyle M on changeait le sens de la vitesse, on aurait la même trajectoire, symétrique par rapport à (OM)\displaystyle \left(OM\right). La trajectoire totale doit donc être symétrique par rapport à (OM)\displaystyle \left(OM\right). Le centre de force O\displaystyle O est donc sur l’axe de symétrie de la trajectoire, et le point M\displaystyle M de plus courte approche est nécessairement le seul dont la tangente (qui porte la vitesse) est perpendiculaire à (OM)\displaystyle \left(OM\right) (point B\displaystyle B sur la figure).
  • Choisissons arbitrairement un sens de parcours. Supposons O\displaystyle O à l’extérieur
    de la boucle (position O1\displaystyle O_{1} ou O3\displaystyle O_{3}). Alors OiAmVA\displaystyle \overrightarrow{O_{i}A}\wedge m\overrightarrow{V_{A}} et OiBmVB\displaystyle \overrightarrow{O_{i}B}\wedge m\overrightarrow{V_{B}} sont de sens contraire.

    Ces positions ne peuvent donc pas convenir pour un moment cinétique constant. Le centre de force est nécessairement à l’intérieur de la boucle.
  • À grande distance, la particule se rapproche de O\displaystyle O ; elle passe un certain temps à proximité de O\displaystyle O, puis s’en éloigne.
    -Soit il y a une distance extrêmale d’approche (minimale), alors elle est nécessairement sur l’axe de symétrie, en B\displaystyle B car la vitesse est orthoradiale en ce point.
    -Soit il y en davantage : au vu du graphique il peut y avoir 3 distances extrémales, en B\displaystyle B (où il y aurait une distance maximale relative) et en deux points symétriques par rapport à l’axe (AB)\displaystyle (AB). Mais dans ce cas, ces deux points seraient franchis avec des vitesses de normes identiques par conservation de Em\displaystyle E_{m}, de directions parallèles à l’axe de symétrie, et devraient donc donner lieu à des trajectoires analogues à partir de ces deux points, ce qui n’est pas le cas. Cette situation n’est pas possible.
    Il y a donc une seule distance minimale d’approche en B\displaystyle B, où la vitesse (égale à la vitesse orthoradiale) est maximale d’après la conservation de l’énergie mécanique. Le centre de force est à l’intérieur de la boucle, à proximité de B\displaystyle B.

Nature de l’interaction

  • La force est attractive, comme on peut le vérifier en écrivant le principe fondamental de la dynamique dans la base de Frénet m[V2Rn+V˙t]=f\displaystyle m\left[\frac{V^{2}}{R}\overrightarrow{n}+\dot{V}\overrightarrow{t}\right]=\overrightarrow{f}, le vecteur n\displaystyle \overrightarrow{n}, unitaire, étant dirigé vers le centre de courbure de la trajectoire au point M\displaystyle M, et R\displaystyle R est le rayon de courbure en ce point.
  • Avec f=dEpdr<0\displaystyle f=-\frac{dE_{p}}{dr}<0, l’énergie potentielle est une fonction croissante de r\displaystyle r (mais pas en 1r\displaystyle -\frac{1}{r} sinon la trajectoire serait une conique).
    Ep\displaystyle E_{p} est définie à une constante près. Choisissons Ep(r)0\displaystyle E_{p}(r)\rightarrow0 quand r\displaystyle r\rightarrow\infty. Alors Em=12mV20\displaystyle E_{m}=\frac{1}{2}mV_{\infty}^{2}\geq0.
    rB\displaystyle r_{B} étant la distance minimale d’approche, {Em =σ022mrb2+Ep(rb)Em>σ022mr2+Ep(r)pour r>rB.\displaystyle \begin{cases} E_{m}\textrm{ }=\frac{\sigma_{0}^{2}}{2mr_{b}^{2}}+E_{p}(r_{b})\\ E_{m}>\frac{\sigma_{0}^{2}}{2mr^{2}}+E_{p}(r) & \textrm{pour }r>r_{B}. \end{cases}
    On obtient ainsi que {Ep(r)<12mV2(1b2r2)pour tout r>rB,Ep(rB)=12mV2(1b2rB2).\displaystyle \begin{cases} E_{p}(r)<\frac{1}{2}mV_{\infty}^{2}\left(1-\frac{b^{2}}{r^{2}}\right) & \mathbb{\textrm{pour tout }}r>r_{B},\\ E_{p}(r_{B})=\frac{1}{2}mV_{\infty}^{2}\left(1-\frac{b^{2}}{r_{B}^{2}}\right). \end{cases}

On peut utiliser la nature attractive de l’interaction pour préciser la position du centre de force.
Exprimons l’accélération en B\displaystyle B : dans la base de Frénet a=V2Rn\displaystyle \overrightarrow{a}=\frac{V^{2}}{R}\overrightarrow{n}R\displaystyle R est le rayon de courbure en B\displaystyle B. Par ailleurs, a=(r¨rθ˙2)er=(r¨V2r)er\displaystyle \overrightarrow{a}=\left(\ddot{r}-r\dot{\theta}^{2}\right)\overrightarrow{e_{r}}=\left(\ddot{r}-\frac{V^{2}}{r}\right)\overrightarrow{e_{r}}. On obtient n=er\displaystyle \overrightarrow{n}=-\overrightarrow{e_{r}}, et puisque rB\displaystyle r_B est la distance minimale, r˙<0\displaystyle \dot{r}<0 avant d’arriver à B\displaystyle B et r˙>0\displaystyle \dot{r}>0 après B\displaystyle B, alors r¨ 0\displaystyle \ddot{r}\textrm{ }\geq0 en B\displaystyle B.

V2R=r¨+V2r Rr\displaystyle \frac{V^{2}}{R}=-\ddot{r}+\frac{V^{2}}{r}\textrm{ }\Longrightarrow R\geq r. Donc le centre de force est entre le centre de courbure de la trajectoire en B (centre du cercle osculateur) et le point B lui-même.

Remarque — Une trajectoire de ce type peut être obtenue avec une interaction  Ep =k/r2 ouˋ k>0 \displaystyle \textrm{ }E_{p}\textrm{ }=-k/r^{2}\textrm{ où }k>0\textrm{ }. En utilisant la formule de Binet (hors programme sup et spé) donnant l’accélération en fonction de u=1/r\displaystyle u=1/r étudiée comme fonction de θ\displaystyle \theta (i.e. u=dudθ\displaystyle u'=\frac{du}{d\theta}), et de C=σ0/m\displaystyle C=\sigma_{0}/m,
 ma =C2u2(u"+u)er=2ku3er\displaystyle \textrm{ }m\overrightarrow{a}\textrm{ }=-C^{2}u^{2}\left(u"+u\right)\overrightarrow{e_{r}}=-2ku^{3}\overrightarrow{e_{r}},
soit u"+(12kC2)u=0.u"+\left(1-\frac{2k}{C^{2}}\right)u=0.Dans le cas où λ2=12kC2>0\displaystyle \lambda^{2}=1-\frac{2k}{C^{2}}>0, la solution est r=r0cos[λ(θθ0)]\displaystyle r=\frac{r_{0}}{\cos\left[\lambda\left(\theta-\theta_{0}\right)\right]}.
La représentation graphique de cet “épi” est donnée ci-dessous pour r0=2,λ=1/3,θ0=0\displaystyle r_{0}=2,\lambda=1/3,\theta_{0}=0 pour θ\displaystyle \theta variant de 3π/2\displaystyle -3\pi/2 à 3π/2\displaystyle 3\pi/2.

Exercice 98 ⭐️⭐️ Paradoxe de Braess, Sup/L1

Deux ressorts identiques 1 et 2 montés en série sont reliés par un petit fil inélastique (bleu sur la figure) par leurs extrémités B1\displaystyle \textrm{B}{}_{1} et A2\displaystyle \textrm{A}{}_{2}. L’extrémité A1\displaystyle \textrm{A}{}_{1} du premier ressort est accrochée au plafond. Une masse est suspendue, en équilibre, à l’extrémité B2\displaystyle \textrm{B}{}_{2} du second ressort.
Deux fils inélastiques (rouges sur la figure), identiques, de masse négligeable, et de longueur légèrement supérieure à la longueur des ressorts tendus par la masse, sont attachés entre A1\displaystyle \textrm{A}{}_{1} et A2\displaystyle \textrm{A}{}_{2} pour l’un, entre B1\displaystyle \textrm{B}{}_{1} et B2\displaystyle \textrm{B}{}_{2} pour l’autre. On coupe le petit fil bleu. Que se passe-t-il ?

Qualitativement

Dans la situation initiale, la masse est en équilibre sous l’action de son poids et de la tension exercée par le ressort en B2\displaystyle \textrm{B}{}_{2}. Cette tension est transmise via le fil bleu au ressort 1. Ainsi les deux ressorts sont allongés d’une même longueur, la tension de chacun étant égale au poids de la masse. La longueur totale est la somme des longueurs des deux ressorts (à la longueur du petit fil bleu près).

Dans la seconde situation, la masse est en équilibre sous l’action de son poids, de la tension en B2\displaystyle \textrm{B}{}_{2}, et de la tension du fil inélastique 1, qui transmet au ressort 1 cette tension, qui est donc égale à la tension en B1\displaystyle \textrm{B}_{1}. La somme des deux tensions en B1\displaystyle \textrm{B}_{1}. et B2\displaystyle \textrm{B}_{2} est donc égale en norme au poids de la masse. Ainsi les deux ressorts sont allongés d’une même longueur, la tension de chacun étant égale à la moitié du poids de la masse. La longueur totale est la somme de la longueur d’un ressort dans la seconde situation et de la longueur d’un fil inélastique, elle-même quasiment égale à la longueur d’un ressort dans la première situation.

La longueur totale dans la seconde situation est donc inférieure à celle de la situation initiale.

Avec des équations

  • Situation initiale
    Equilibre de la masse P+TB2=0\displaystyle \overrightarrow{P}+\overrightarrow{T}_{\textrm{B}_{2}}=\overrightarrow{0}.
    Les tensions aux deux extrémités d’un ressort sont opposées
    TA2+TB2=0\displaystyle \overrightarrow{T}_{\textrm{A}_{2}}+\overrightarrow{T}_{\textrm{B}_{2}}=\overrightarrow{0}.
    Equilibre du petit fil bleu TB1TA2=0\displaystyle -\overrightarrow{T}_{\textrm{B}_{1}}-\overrightarrow{T}_{\textrm{A}_{2}}=\overrightarrow{0}.
    Donc TB1=TB2=P\displaystyle \overrightarrow{T}_{\textrm{B}_{1}}=\overrightarrow{T}_{\textrm{B}_{2}}=-\overrightarrow{P}.

La longueur l1\displaystyle l_{1} des deux ressorts vérifie k(l1l0)=P\displaystyle k(l_{1}-l_{0})=P.
La longueur totale (hormis celle du petit fil noir) est L1=2(l0+P/k)\displaystyle L_{1}=2\left(l_{0}+P/k\right).

  • Situation finale
    A l’équilibre, les tensions aux deux extrémités d’un fil inélastique
    tendu sont opposées. D’après la loi des actions réciproques, la masse
    est donc soumise de la part du fil inélastique 1 à la tension TB1\displaystyle \overrightarrow{T}_{\textrm{B}_{1}}.
    Equilibre de la masse P+TB2+TB1=0\displaystyle \overrightarrow{P}+\overrightarrow{T}_{\textrm{B}_{2}}+\overrightarrow{T}_{\textrm{B}_{1}}=\overrightarrow{0}
    .
    Les longueurs des deux ressorts sont identiques à l’équilibre. La
    longueur l2\displaystyle l_{2} des deux ressorts vérifie 2k(l2l0)=P\displaystyle 2k(l_{2}-l_{0})=P.
    Soit l=l1+ε\displaystyle l'=l_{1}+\varepsilon la longueur des fils inélastiques

La longueur totale (hormis celle du petit fil bleu) est
L2=l+l0+P2k=2l0+ε+Pk+P2k=2l0+ε+3P2k\displaystyle L_{2}=l'+l_{0}+\frac{P}{2k}=2l_{0}+\varepsilon+\frac{P}{k}+\frac{P}{2k}=2l_{0}+\varepsilon+\frac{3P}{2k}.

Pour ε<P2k=l1l02\displaystyle \varepsilon<\frac{P}{2k}=\frac{l_{1}-l_{0}}{2}, ce qui est le cas a priori (hypothèse de longueur du fil inélastique très légèrement supérieure à celle du ressort), L2<L1.L_{2}<L_{1}.

Une mise en oeuvre de cette expérience se trouve sur l’excellente
chaîne youtube de Jean-Michel Courty.

Cette situation est l’analogue mécanique du paradoxe de Braess en théorie des réseaux de transport, qui montre qu’ajouter une nouvelle route (le fil bleu du problème mécanique) dans un réseau routier peut conduire à une augmentation du temps total de parcours pour chaque véhicule. À voir sur le sujet : les dix premières minutes de la video de Sciences4All.
La longueur totale du dispositif mécanique est l’analogue du temps total de parcours, le ressort est l’analogue d’une petite route dont le temps de parcours est proportionnel au nombre de voitures l’empruntant, le fil inélastique est l’analogue d’une autoroute de temps de parcours indépendant du nombre de véhicules présents.

Exercice 121 ⭐️⭐️⭐️ Une molécule polarisable, Spé/L2

Une molécule polarisable est assimilée à un point matériel M\displaystyle M de masse m\displaystyle m. Lorsqu’elle est soumise à un champ électrique, elle acquiert instantanément un moment dipolaire électrique p=αε0E(M),\overrightarrow{p}=\alpha\varepsilon_{0}\overrightarrow{E}\left(M\right),α\displaystyle \alpha est une constante positive appelée polarisabilité de la molécule.
La molécule arrive depuis “l’infini” avec une vitesse v0\displaystyle \overrightarrow{v_{0}} sur un ion de charge q\displaystyle q fixe situé à l’origine des coordonnées. Le paramètre d’impact (voir schéma) est b\displaystyle b.

Etudier le mouvement de la particule.

Force exercée sur un dipôle 👉 Dans un champ extérieur uniforme, la force résultante est nulle. Dans un champ non uniforme, la force résultante F=(p.grad)E\displaystyle \overrightarrow{F}=\left(\overrightarrow{p}.\overrightarrow{\textrm{grad}}\right)\overrightarrow{E} se retrouve en sommant les forces s’exerçant sur les deux charges du dipôle.

Pour retrouver la force exercée par l’ion sur le dipôle, on écrit la somme des deux forces coulombiennes qui s’exercent sur les deux charges Q\displaystyle Q et Q\displaystyle -Q constituant le dipôle, placées en A+\displaystyle A^{+} et A\displaystyle A^{-}.
F=QE(A+)QE(A)\displaystyle \overrightarrow{F}=Q\overrightarrow{E}(A^{+})-Q\overrightarrow{E}(A^{-}).
Pour la composante selon (Ox)\displaystyle \left(Ox\right) :
Fx=Q[Ex(A+)Ex(A)]=Q[(xA+xA)xEx+(yA+yA)yEx+(zA+zA)zEx]=Q[(xA+xA)x+(yA+yA)y+(zA+zA)z]Ex=(p.grad)Ex,\displaystyle \begin{aligned}F_{x}&=Q\left[E_{x}(A^{+})-E_{x}(A^{-})\right]\\&=Q\left[\left(x_{A^{+}}-x_{A^{-}}\right)\frac{\partial}{\partial x}E_{x}+\left(y_{A^{+}}-y_{A^{-}}\right)\frac{\partial}{\partial y}E_{x}+\left(z_{A^{+}}-z_{A^{-}}\right)\frac{\partial}{\partial z}E_{x}\right]\\&=Q\left[\left(x_{A^{+}}-x_{A^{-}}\right)\frac{\partial}{\partial x}+\left(y_{A^{+}}-y_{A^{-}}\right)\frac{\partial}{\partial y}+\left(z_{A^{+}}-z_{A^{-}}\right)\frac{\partial}{\partial z}\right]E_{x}\\&=\left(\overrightarrow{p}.\overrightarrow{\textrm{grad}}\right)E_{x},\end{aligned}
p=QAA+\displaystyle \overrightarrow{p}=Q\overrightarrow{A^{-}A^{+}}.

En faisant la même chose pour les autres axes, on obtient F=(p.grad)E.\overrightarrow{F}=\left(\overrightarrow{p}.\overrightarrow{\textrm{grad}}\right)\overrightarrow{E}.

Le champ créé par l’ion E(M)=q4πε0r2ur=E(r)ur\displaystyle \overrightarrow{E}(M)=\frac{q}{4\pi\varepsilon_{0}r^{2}}\overrightarrow{u_{r}}=E(r)\overrightarrow{u_{r}}, avec ur=OMOM\displaystyle \overrightarrow{u_{r}}=\frac{\overrightarrow{OM}}{OM} .
Donc p=αε0E(r)ur\displaystyle \overrightarrow{p}=\alpha\varepsilon_{0}E(r)\overrightarrow{u_{r}} et p.grad=αε0E(r)ddr\displaystyle \overrightarrow{p}.\overrightarrow{\textrm{grad}}=\alpha\varepsilon_{0}E(r)\frac{d}{dr}
D’où
F=αε0E(r)dEdrur=ddr(12αε0E2(r))ur.\displaystyle \begin{aligned}\overrightarrow{F}&=\alpha\varepsilon_{0}E(r)\frac{dE}{dr}\overrightarrow{u_{r}}\\&=-\frac{d}{dr}\left(-\frac{1}{2}\alpha\varepsilon_{0}E^{2}(r)\right)\overrightarrow{u_{r}}.\end{aligned}
Il s’agit d’une force centrale qui dérive d’une énergie potentielle
Ep=12αε0E2(r).E_{p}=-\frac{1}{2}\alpha\varepsilon_{0}E^{2}(r).

  • Il y a conservation de l’énergie mécanique Em\displaystyle E_{m}. Les conditions initiales fournissent Em=12mv02\displaystyle E_{m}=\frac{1}{2}mv_{0}^{2}.
  • La force étant centrale, il y a conservation du moment cinétique par rapport à O\displaystyle O, L0=OMmv=mv0bez\displaystyle \overrightarrow{L_{0}}=\overrightarrow{OM}\wedge m\overrightarrow{v}=mv_{0}b\overrightarrow{e_{z}}. La trajectoire est plane, dans le plan passant par O\displaystyle O et perpendiculaire à L0\displaystyle \overrightarrow{L_{0}} .
    Avec les coordonnées polaires dans ce plan, l’énergie mécanique est
    Em=12mv2+Ep=12m(r˙2+r2θ˙2)+Ep=12mr˙2+L022mr2+Ep(r)=12mr˙2+Veff(r).\displaystyle \begin{aligned}E_{m}&=\frac{1}{2}mv^{2}+E_{p}=\frac{1}{2}m\left(\dot{r}^{2}+r^{2}\dot{\theta}^{2}\right)+E_{p}\\&=\frac{1}{2}m\dot{r}^{2}+\frac{L_{0}^{2}}{2mr^{2}}+E_{p}(r)\\&=\frac{1}{2}m\dot{r}^{2}+V_{eff}(r).\end{aligned}
    On se ramène ainsi à un problème unidimensionnel radial où le point se déplace dans le potentiel effectif Veff(r)=L022mr2Kr4\displaystyle V_{eff}(r)=\frac{L_{0}^{2}}{2mr^{2}}-\frac{K}{r^{4}}, où K=αε0(q4πε0)2\displaystyle K=\alpha\varepsilon_{0}\left(\frac{q}{4\pi\varepsilon_{0}}\right)^{2}.

    En dérivant, Veff,max\displaystyle V_{eff,max} est obtenu pour rm=4KmL0\displaystyle r_{m}=\frac{\sqrt{4Km}}{L_{0}}.
    Veff,max=L0416Km2=m2b4v0416K.V_{eff,max}=\frac{L_{0}^{4}}{16Km^{2}}=\frac{m^{2}b^{4}v_{0}^{4}}{16K}.
    -Pour Em>Veffmax\displaystyle E_{m}>V_{effmax}, soit v08K/mb4\displaystyle v_{0}\leq\frac{\sqrt{8K/m}}{b^{4}}, le dipôle s’écrase sur l’ion, il y a choc.
    -Pour Em<Veffmax\displaystyle E_{m}<V_{effmax}, le dipôle rebondit sur le mur de potentiel et fait demi-tour. La molécule a dans ce cas une énergie cinétique initiale suffisante pour échapper à l’attraction de l’ion.
    -Pour Em=Veffmax\displaystyle E_{m}=V_{effmax}, la molécule peut atteindre la valeur r=rm\displaystyle r=r_{m} correspondant sur le graphe à une position d’équilibre instable en r\displaystyle r, c’est-à-dire une trajectoire circulaire instable de la molécule.

Exercice 134 ⭐️ Rayon de Schwarzshild d’un trou noir, Sup/L1/Classique

Le rayon de Schwarzshild RS\displaystyle R_{S} d’un trou noir est la distance au centre du trou noir pour laquelle la vitesse de libération est égale à c\displaystyle c.
Déterminer le rayon de Schwarzshild d’un trou noir de masse égale à la masse de la Terre MT=6.1024\displaystyle M_{T}=6.10^{24} kg.

Rappel : la vitesse de libération est la vitesse minimale d’un objet lui permettant d’échapper à l’attraction gravitationnelle d’un astre.
On donne la constante de gravitation universelle G=6,67.1011m3.kg1.s2\displaystyle \mathcal{G}=6,67.10^{-11}\textrm{m}^{3}.\textrm{kg}^{-1}.\textrm{s}^{-2}.

L’énergie mécanique d’un objet de masse m\displaystyle m, de vitesse v\displaystyle v soumis à l’attraction gravitationnelle d’un astre à symétrie sphérique de masse M\displaystyle M et se trouvant à la distance r\displaystyle r du centre de l’astre, à l’extérieur de celui-ci est Em=Ec+Ep=12mv2GmMr\displaystyle E_{m}=E_{c}+E_{p}=\frac{1}{2}mv^{2}-\mathscr{G}\frac{mM}{r}.

Pour un objet situé à très grande distance de l’astre EmEc=12mv20\displaystyle E_{m}\simeq E_{c}=\frac{1}{2}mv_{\infty}^{2}\geq0.
Par conservation de l’énergie mécanique, il faut donc que 12mv2GmMr0\displaystyle \frac{1}{2}mv^{2}-\mathscr{G}\frac{mM}{r}\geq0 pour que l’objet situé à la distance r\displaystyle r puisse échapper au champ gravitationnel de l’astre.

On en déduit la vitesse de libération à la distance r\displaystyle r, v=2GMr\displaystyle v_{\ell}=\sqrt{\frac{2\mathscr{G}M}{r}}.
Pour un trou noir de masse MT\displaystyle M_{T}, le rayon de Schwarzshild vérifie donc c=2GMTRS,c=\sqrt{\frac{2\mathscr{G}M_{T}}{R_{S}}}, soit RS=2GMTc2.R_{S}=\frac{2\mathcal{G}M_{T}}{c^{2}}.
A.N. : RS=9 mm\displaystyle R_{S}=9\textrm{ mm}, ce qui est vraiment très petit !

Exercice 136 ⭐️⭐️⭐️ Mouvement d’une bille sur un support, Sup/L1

Une bille est astreinte à se déplacer sans frottement sur une surface d’équation z=kr\displaystyle z=-\frac{k}{r} , en coordonnées cylindriques, où (z)\displaystyle \left(z\right) est l’axe vertical ascendant et k>0\displaystyle k>0.

  1. Rappeler l’expression de la vitesse v\displaystyle \overrightarrow{v} et de l’accélération a\displaystyle \overrightarrow{a} en coordonnées cylindriques et montrer que a.eθ=1rddt(r2θ˙)\displaystyle \overrightarrow{a}.\overrightarrow{e_{\theta}}=\frac{1}{r}\frac{d}{dt}\left(r^{2}\dot{\theta}\right).

  2. Justifier que la composante orthoradiale de la réaction R\displaystyle \overrightarrow{R} est nulle.

  3. Quelles sont les forces en présence ? Dérivent-elles d’une énergie potentielle?

  4. Démontrer que l’énergie mécanique de la bille se met sous la forme
    E=12mα(r)r˙2+12mC2r2mgkr.E=\frac{1}{2}m\alpha(r)\dot{r}^{2}+\frac{1}{2}m\frac{C^{2}}{r^{2}}-\frac{mgk}{r}.
    C\displaystyle C est une constante, et préciser α(r)\displaystyle \alpha(r).

  5. Tracer l’énergie potentielle effective Ep,eff=12mC2r2mgkr\displaystyle E_{p,eff}=\frac{1}{2}m\frac{C^{2}}{r^{2}}-\frac{mgk}{r} en fonction de r\displaystyle r et discuter les valeurs possibles pour r\displaystyle r en fonction de l’énergie mécanique initiale.

  6. Quelle doit être la vitesse initiale (direction, norme) pour avoir un mouvement circulaire?

Energie mécanique et forces non conservatives 👉 ΔEm=Wforces non conservatives\displaystyle \Delta E_{m}=W_{\textrm{forces non conservatives}}. Quand le travail des forces non conservatives est nul, l’énergie mécanique est une constante du mouvement.

  1. v=r˙er+rθ˙eθ+z˙ez.\displaystyle \overrightarrow{v}=\dot{r}\overrightarrow{e_{r}}+r\dot{\theta}\overrightarrow{e_{\theta}}+\dot{z}\overrightarrow{e_{z}}.
    a=(r¨rθ˙2)er+(rθ¨+2r˙θ˙)eθ+z¨ez.\displaystyle \overrightarrow{a}=\left(\ddot{r}-r\dot{\theta}^{2}\right)\overrightarrow{e_{r}}+\left(r\ddot{\theta}+2\dot{r}\dot{\theta}\right)\overrightarrow{e_{\theta}}+\ddot{z}\overrightarrow{e_{z}}.
    a.eθ=rθ¨+2r˙θ˙\displaystyle \overrightarrow{a}.\overrightarrow{e_{\theta}}=r\ddot{\theta}+2\dot{r}\dot{\theta}.
    Or ddt(r2θ˙)=r2θ¨+2rr˙θ˙\displaystyle \frac{d}{dt}\left(r^{2}\dot{\theta}\right)=r^{2}\ddot{\theta}+2r\dot{r}\dot{\theta}, ce qui donne le résultat demandé.

  2. La bille se déplace sans frottement, la réaction est donc normale au support. Elle est dans le plan (er,ez)\displaystyle \left(\overrightarrow{e_{r}},\overrightarrow{e_{z}}\right), et normale à la courbe z=kr\displaystyle z=-\frac{k}{r} .

  3. Dans le référentiel terrestre supposé galiléen, la bille est soumise
    -à son poids, qui dérive de l’énergie potentielle Ep1=mgz=mgkr\displaystyle E_{p1}=mgz=-mg\frac{k}{r}(à une constante près),
    -à la réaction normale au support. Le travail de la réaction est nul, mais on ne peut pas définir une énergie potentielle associée telle que dEp=δW\displaystyle dE_{p}=-\delta W et R=gradEp\displaystyle \overrightarrow{R}=-\overrightarrow{\textrm{grad}}E_{p}.

  4. L’énergie cinétique de la bille est Ec=12mv2=12m(r˙2+r2θ˙2+z˙2).E_{c}=\frac{1}{2}mv^{2}=\frac{1}{2}m\left(\dot{r}^{2}+r^{2}\dot{\theta}^{2}+\dot{z}^{2}\right).
    Aucune des forces n’a de composante sur eθ\displaystyle \overrightarrow{e_{\theta}}, donc avec la seconde loi de Newton projetée sur eθ\displaystyle \overrightarrow{e_{\theta}}, ma.eθ=0\displaystyle m\overrightarrow{a}.\overrightarrow{e_{\theta}}=0 ce qui implique d’après 1) ddt(r2θ˙)=0\displaystyle \frac{d}{dt}\left(r^{2}\dot{\theta}\right)=0, soit r2θ˙=C\displaystyle r^{2}\dot{\theta}=C constante, d’où r2θ˙2=C2r2\displaystyle r^{2}\dot{\theta}^{2}=\frac{C^{2}}{r^{2}}.
    Par ailleurs z=krz˙=kr˙r2\displaystyle z=-\frac{k}{r}\Longrightarrow\dot{z}=k\frac{\dot{r}}{r^{2}}. D’où
    Ec=12mv2=12m(r˙2+C2r2+k2r˙2r4)=12m(1+k2r4)r˙2+12mC2r2.\displaystyle \begin{aligned}E_{c}&=\frac{1}{2}mv^{2}\\&=\frac{1}{2}m\left(\dot{r}^{2}+\frac{C^{2}}{r^{2}}+k^{2}\frac{\dot{r}^{2}}{r^{4}}\right)\\&=\frac{1}{2}m\left(1+\frac{k^{2}}{r^{4}}\right)\dot{r}^{2}+\frac{1}{2}m\frac{C^{2}}{r^{2}}.\end{aligned}
    D’où
    E=Ec+Ep1=12mα(r)r˙2+12mC2r2mgkr\displaystyle \begin{aligned}E&=E_{c}+E_{p1}\\&=\frac{1}{2}m\alpha(r)\dot{r}^{2}+\frac{1}{2}m\frac{C^{2}}{r^{2}}-\frac{mgk}{r}\end{aligned}
    avec α(r)=1+k2r4.\alpha(r)=1+\frac{k^{2}}{r^{4}}.

  5. Ep,eff=mr2(C2r+gk)\displaystyle E'_{p,eff}=\frac{m}{r^{2}}\left(-\frac{C^{2}}{r}+gk\right) s’annule pour r=rm=C2gk\displaystyle r=r_{m}=\frac{C^{2}}{gk}, qui correspond au minimum Emin=mg2k22C2\displaystyle E_{min}=-m\frac{g^{2}k^{2}}{2C^{2}} de Ep,eff\displaystyle E_{p,eff}.

    12mα(r)r˙20EEp,eff(r)\displaystyle \frac{1}{2}m\alpha(r)\dot{r}^{2}\geq0\Rightarrow E\geq E_{p,eff}(r), ce qui définit l’intervalle des valeurs possibles de r\displaystyle r.
    -Pour Emin<E<0\displaystyle E_{min}<E<0, r\displaystyle r reste borné et oscille entre les deux valeurs extrêmes de r\displaystyle r, pour lesquelles Ep,eff(r)=E\displaystyle E_{p,eff}(r)=E.
    -Pour E0\displaystyle E\geq0, r\displaystyle r varie entre sa valeur minimale, telle que Ep,eff(r)=E\displaystyle E_{p,eff}(r)=E et +\displaystyle +\infty.

  6. Un mouvement circulaire correspond à une seule valeur de r\displaystyle r accessible.
    C’est le cas lorsque E=Emin\displaystyle E=E_{min}, avecr=rm\displaystyle r=r_{m}.
    E=Em=12mv2mgkrmmg2k22C2=12mv2mg2k2C2v=vm=gkC.\displaystyle \begin{aligned}E&=E_{m}=\frac{1}{2}mv^{2}-\frac{mgk}{r_{m}}\\&\Longleftrightarrow-m\frac{g^{2}k^{2}}{2C^{2}}=\frac{1}{2}mv^{2}-m\frac{g^{2}k^{2}}{C^{2}}\\&\Longleftrightarrow v=v_{m}=\frac{gk}{C}.\end{aligned}
    Cela correspond bien à une vitesse orthoradiale, tangente à la trajectoire, vm=rmθ˙=Crm=gkC\displaystyle v_{m}=r_{m}\dot{\theta}=\frac{C}{r_{m}}=\frac{gk}{C}.
    En éliminant C\displaystyle C dans les expressions de vm\displaystyle v_{m} et rm\displaystyle r_{m}, vm=gkrm\displaystyle v_{m}=\sqrt{\frac{gk}{r_{m}}}.
    Pour obtenir une trajectoire circulaire de rayon rm\displaystyle r_{m}, la bille doit être lancée à la distance rm\displaystyle r_{m} de l’axe, avec une vitesse orthoradiale vm=gkrm.v_{m}=\sqrt{\frac{gk}{r_{m}}}.

Exercice 140 ⭐️⭐️⭐️ Collé-glissé, Spé/L2/Classique

Une masse m\displaystyle m est posée sur un tapis roulant se déplaçant à la vitesse horizontale v0=v0ex,v0>0\displaystyle \overrightarrow{v_{0}}=v_{0}\overrightarrow{e_{x}},v_{0}>0 dans le référentiel du laboratoire R\displaystyle \mathcal{R}.

La masse est soumise à une force de rappel colinéaire au mouvement du tapis, exercée par un ressort de raideur k\displaystyle k. Les coefficients de frottement statique et cinétique entre la masse et le tapis sont fs\displaystyle f_{s} et fc\displaystyle f_{c} avec fs=2fc\displaystyle f_{s}=2f_{c}. La position de la masse est repérée par son abscisse x\displaystyle x dans R\displaystyle \mathcal{R}, avec x=0\displaystyle x=0 en l’absence de déformation du ressort.

  1. Déterminer la position d’équilibre xeq\displaystyle x_{eq} en fonction de fc,g\displaystyle f_{c},g et ω2=k/m\displaystyle \omega^{2}=k/m.

  2. Expliciter le mouvement de la masse dans les deux cas x˙>v0\displaystyle \dot{x}>v_{0} et x˙>v0\displaystyle \dot{x}>v_{0}.
    Montrer qu’une phase de collage (x˙=v0)\displaystyle \dot{x}=v_{0}) peut se maintenir lorsque x\displaystyle x appartient à un intervalle [x1,x2]\displaystyle \left[x_{1},x_{2}\right] à déterminer.

  3. La masse est posée sur le tapis avec une vitesse initiale nulle à l’abscisse x0>xeq\displaystyle x_{0}>x_{eq}. Déterminer x(t)\displaystyle x(t) pour le début du mouvement. Montrer que ce type de mouvement se maintient si x0\displaystyle x_{0} est inférieur à une valeur xm\displaystyle x_{m} à déterminer.

  4. Cas particulier : xeq=v02ω\displaystyle x_{eq}=\frac{v_{0}}{2\omega}, x(t=0)=x0=4xeq\displaystyle x(t=0)=x_{0}=4x_{eq} et x˙(t=0)=0\displaystyle \dot{x}(t=0)=0. Représenter l’allure de x(t)\displaystyle x(t).

Frottement solide 👉 Lois de Coulomb

  1. Les forces exercées sur la masse dans R\displaystyle \mathcal{R} galiléen sont
  • le poids mg\displaystyle m\overrightarrow{g}
  • la tension du ressort F=kxex\displaystyle \overrightarrow{F}=-kx\overrightarrow{e_{x}}
  • l’action du tapis R=Nez+Tex\displaystyle \overrightarrow{R}=N\overrightarrow{e_{z}}+T\overrightarrow{e_{x}}.
    À l’équilibre, mg+F+R=0\displaystyle m\overrightarrow{g}+\overrightarrow{F}+\overrightarrow{R}=\overrightarrow{0}
    soit {mg+N=0kx+T=0.\displaystyle \begin{cases} -mg+N=0\\ -kx+T=0. \end{cases}
    À l’équilibre dans R\displaystyle \mathcal{R}, la masse glisse sur le tapis, et la vitesse de glissement est vg=v0\displaystyle \overrightarrow{v_{g}}=-\overrightarrow{v_{0}}. D’après les lois de Coulomb, la réaction tangentielle est de sens opposé à vg\displaystyle \overrightarrow{v_{g}}, d’où T=fcN=fcmg\displaystyle T=f_{c}N=f_{c}mg, et xeq=fcmgk=fcgω2.x_{eq}=\frac{f_{c}mg}{k}=\frac{f_{c}g}{\omega^{2}}.
    Le résultat (homogène) montre comme attendu que le ressort est étiré, le tapis entraîne la masse.
  1. Le bilan des forces est le même qu’en 1., ce qui donne
    {mg+N=0mx¨=kx+T.\displaystyle \begin{cases} -mg+N=0\\ m\ddot{x}=-kx+T. \end{cases}
    La vitesse de glissement est vg=x˙exv0\displaystyle \overrightarrow{v_{g}}=\dot{x}\overrightarrow{e_{x}}-\overrightarrow{v_{0}}.
  • Pour x˙>v0\displaystyle \dot{x}>v_{0}, T=fcmg\displaystyle T=-f_{c}mg et mx¨=kxfcmg\displaystyle m\ddot{x}=-kx-f_{c}mg,
    soit x¨+ω2x=ω2xeq\displaystyle \ddot{x}+\omega^{2}x=-\omega^{2}x_{eq}.
    Tant que x˙>v0\displaystyle \dot{x}>v_{0}, x(t)=xeq+Acos(ωt)+Bsin(ωt)\displaystyle x(t)=-x_{eq}+A\cos\left(\omega t\right)+B\sin\left(\omega t\right), avec A,B\displaystyle A,B constantes.

  • Pour x˙<v0\displaystyle \dot{x}<v_{0}, T=fcmg\displaystyle T=f_{c}mg et mx¨=kx+fcmg\displaystyle m\ddot{x}=-kx+f_{c}mg,
    soit x¨+ω2x=ω2xeq\displaystyle \ddot{x}+\omega^{2}x=\omega^{2}x_{eq}.
    Tant que x˙<v0\displaystyle \dot{x}<v_{0}, x(t)=xeq+Ccos(ωt)+Dsin(ωt)\displaystyle x(t)=x_{eq}+C\cos\left(\omega t\right)+D\sin\left(\omega t\right), avec C,D\displaystyle C,D constantes.

  • Lorqu’il y a collage, x˙=v0\displaystyle \dot{x}=v_{0}, donc x¨=0\displaystyle \ddot{x}=0 et Tfsmg\displaystyle \left|T\right|\leq f_{s}mg.
    L’équation du mouvement donne T=kx\displaystyle T=kx. Il faut donc x\displaystyle \left|x\right|\leqfsmgk\displaystyle \frac{f_{s}mg}{k}, soit x\displaystyle x appartenant à l’intervalle [x1=fsmgk,x2=fsmgk]\displaystyle \left[x_{1}=-\frac{f_{s}mg}{k},x_{2}=\frac{f_{s}mg}{k}\right]. Ainsi, lorsqu’au cours du mouvement, la masse a une vitesse v0\displaystyle \overrightarrow{v_{0}} et se trouve dans l’intervalle [x1=2xeq,x2=2xeq]\displaystyle \left[x_{1}=-2x_{eq},x_{2}=2x_{eq}\right], une phase de collage commence, x\displaystyle x augmente à la vitesse v0\displaystyle v_{0}, puis la phase de collage se termine pour x=x2\displaystyle x=x_{2}.

  1. Initialement x˙<v0\displaystyle \dot{x}<v_{0}, d’où avec les conditions initiales
    x(t)=xeq+(x0xeq)cos(ωt)\displaystyle x(t)=x_{eq}+\left(x_{0}-x_{eq}\right)\cos\left(\omega t\right).
    x˙(t)=ω(x0xeq)sin(ωt)\displaystyle \dot{x}(t)=-\omega\left(x_{0}-x_{eq}\right)\sin\left(\omega t\right).
    L’équation du mouvement reste inchangée si pour tout t\displaystyle t, x˙<v0\displaystyle \dot{x}<v_{0},
    soit x0<xm=xeq+v0ω.x_{0}<x_{m}=x_{eq}+\frac{v_{0}}{\omega}.
    Pour x0xm\displaystyle x_{0}\geq x_{m}, la première phase du mouvement s’arrête pour
    la première date t1\displaystyle t_{1} telle que v=v0\displaystyle v=v_{0}, soit sin(ωt1)=v0ω(x0xeq)\displaystyle \sin\left(\omega t_{1}\right)=-\frac{v_{0}}{\omega\left(x_{0}-x_{eq}\right)}.

  2. Au début du mouvement x(t)=v02ω(1+3cos(ωt))\displaystyle x(t)=\frac{v_{0}}{2\omega}\left(1+3\cos\left(\omega t\right)\right),
    x˙(t)=32v0sin(ωt)\displaystyle \dot{x}(t)=-\frac{3}{2}v_{0}\sin\left(\omega t\right).
    Pour t1\displaystyle t_{1} telle que sin(ωt1)=23\displaystyle \sin\left(\omega t_{1}\right)=-\frac{2}{3},
    x˙=v0\displaystyle \dot{x}=v_{0} et
    x(t1)=v02ω(131(23)2)=v02ω(15)\displaystyle \begin{aligned}x(t_{1})&=\frac{v_{0}}{2\omega}\left(1-3\sqrt{1-\left(\frac{2}{3}\right)^{2}}\right)\\&=\frac{v_{0}}{2\omega}\left(1-\sqrt{5}\right)\end{aligned}.
    Une phase de collage commence à vitesse v0\displaystyle v_{0} jusqu’à t2\displaystyle t_{2} tel que ce que x(t2)=x2=v0ω.\displaystyle x\left(t_{2}\right)=x_{2}=\frac{v_{0}}{\omega}.
    À t=t2+\displaystyle t=t_{2}^{+}, la réaction tangentielle diminue en module. La masse
    est freinée et x˙<v0\displaystyle \dot{x}<v_{0}, d’où
    x(t)=v02ω+v02ωcos(ω(tt2))+v0ωsin(ω(tt2))=v02ω[1+5cos(ω(tt2)φ)]\displaystyle \begin{aligned}x(t)&=\frac{v_{0}}{2\omega}+\frac{v_{0}}{2\omega}\cos\left(\omega\left(t-t_{2}\right)\right)+\frac{v_{0}}{\omega}\sin\left(\omega\left(t-t_{2}\right)\right)\\&=\frac{v_{0}}{2\omega}\left[1+\sqrt{5}\cos\left(\omega\left(t-t_{2}\right)-\varphi\right)\right]\end{aligned}
    avec tanφ=2\displaystyle \tan\varphi=2. Ce mouvement, d’amplitude plus faible que le mouvement initial, se poursuit jusqu’à ce que x˙=v0\displaystyle \dot{x}=v_{0} où une nouvelle phase de collage s’amorce qui cesse à nouveau quand x=x2\displaystyle x=x_{2}.
    Un régime périodique prend naissance avec succession de phases de
    collage et d’oscillation.

    En rouge, les phases de “collage”.

Exercice 158 ⭐️⭐️⭐️ Force répulsive en 1/r^3, X MP 2022, L2/Spé

Un point matériel M\displaystyle M de masse m\displaystyle m est soumis à une force centrale f=kmr3ur\displaystyle \overrightarrow{\textrm{f}}=\frac{km}{r^{3}}\overrightarrow{u_{r}},
avec ur=OMOM\displaystyle \overrightarrow{u_{r}}=\frac{\overrightarrow{OM}}{\left\Vert \overrightarrow{OM}\right\Vert }. La distance initiale au point O\displaystyle O est r0\displaystyle r_{0}. La vitesse initiale v0\displaystyle \overrightarrow{v_{0}} est selon le vecteur uθ\displaystyle \overrightarrow{u_{\theta}}, perpendiculaire à ur\displaystyle \overrightarrow{u_{r}}. Déterminer la trajectoire de M\displaystyle M.

Force centrale 👉 Le moment cinétique est constant, le mouvement est plan,…
La force dérive d’une énergie potentielle 👉 L’énergie mécanique est constante.

Utiliser la fonction u(θ)=1r(θ)\displaystyle u\left(\theta\right)=\frac{1}{r\left(\theta\right)}

Supposons qu’il existe un référentiel galiléen de point fixe O\displaystyle O et plaçons nous dans ce référentiel.

La force est centrale, donc

  • le moment cinétique LO\displaystyle \overrightarrow{L_{O}} par rapport à O\displaystyle O est constant (dLOdt=OMF=0)\displaystyle \left(\frac{d\overrightarrow{L_{O}}}{dt}=\overrightarrow{OM}\wedge\overrightarrow{F}=\overrightarrow{0}\right)

  • le mouvement est plan (M\displaystyle M est dans le plan passant par O\displaystyle O et perpendiculaire au vecteur constant LO=OMmv0\displaystyle \overrightarrow{L_{O}}=\overrightarrow{OM}\wedge m\overrightarrow{v_{0}}). Le plan de la trajectoire est le plan (OM,v0)\displaystyle \overrightarrow{OM},\overrightarrow{v_{0}}).
    En coordonnées polaires (r,θ)\displaystyle \left(r,\theta\right) dans ce plan, LO=OMmv=mr2θ˙uz\displaystyle \overrightarrow{L_{O}}=\overrightarrow{OM}\wedge m\overrightarrow{v}=mr^{2}\dot{\theta}\overrightarrow{u_{z}}
    (avec uz=uruθ\displaystyle \overrightarrow{u_{z}}=\overrightarrow{u_{r}}\wedge\overrightarrow{u_{\theta}}).
    D’où θ˙=LOmr2=r0v0r2\displaystyle \dot{\theta}=\frac{L_{O}}{mr^{2}}=\frac{r_{0}v_{0}}{r^{2}}

La force dérive d’une énergie potentielle Ep\displaystyle E_{p} telle que F=gradEp\displaystyle \overrightarrow{F}=-\overrightarrow{\textrm{grad}}E_{p}, soit Ep=km2r2E_{p}=\frac{km}{2r^{2}} en choisissant une énergie potentielle nulle à l’infini.
L’énergie mécanique se conserve.
Em=12mv2+km3r2=12mv02+km2r02\displaystyle E_{m}=\frac{1}{2}mv^{2}+\frac{km}{3r^{2}}=\frac{1}{2}mv_{0}^{2}+\frac{km}{2r_{0}^{2}}. En coordonnées polaires,
Em=12m(r˙2+r2θ˙2)+km2r2=12mr˙2+m(r0v0)22r2+km2r2.\displaystyle \begin{aligned}E_{m}&=\frac{1}{2}m(\dot{r}^{2}+r^{2}\dot{\theta}^{2})+\frac{km}{2r^{2}}\\&=\frac{1}{2}m\dot{r}^{2}+m\frac{\left(r_{0}v_{0}\right)^{2}}{2r^{2}}+\frac{km}{2r^{2}}.\end{aligned}

Em\displaystyle E_{m} est constante, mais l’intégration de r(t)\displaystyle r(t) n’est pas évidente.
La question porte sur la trajectoire, il est judicieux de s’intéresser directement à la fonction r(θ)\displaystyle r(\theta) .
r˙\displaystyle \dot{r} s’exprime comme la dérivée d’une fonction composée r˙=drdθθ˙=r0v0r2drdθ\displaystyle \dot{r}=\frac{dr}{d\theta}\dot{\theta}=\frac{r_{0}v_{0}}{r^{2}}\frac{dr}{d\theta}.

Em=12m(r0v0)2(1r2drdθ)˙2+m(r0v0)22r2+km2r2\displaystyle E_{m}=\frac{1}{2}m\left(r_{0}v_{0}\right)^{2}\dot{\left(\frac{1}{r^{2}}\frac{dr}{d\theta}\right)}^{2}+m\frac{\left(r_{0}v_{0}\right)^{2}}{2r^{2}}+\frac{km}{2r^{2}}.
Avec u(θ)=1r(θ)\displaystyle u\left(\theta\right)=\frac{1}{r\left(\theta\right)}, u=1r2drdθ\displaystyle u'=-\frac{1}{r^{2}}\frac{dr}{d\theta} et
Em=12m(r0v0)2(u)2+m[(r0v0)2+k]2u2\displaystyle E_{m}=\frac{1}{2}m\left(r_{0}v_{0}\right)^{2}\left(u'\right)^{2}+m\frac{\left[\left(r_{0}v_{0}\right)^{2}+k\right]}{2}u^{2}.

En dérivant par rapport à θ\displaystyle \theta, u((r0v0)2u"+[(r0v0)2+k]u)=0\displaystyle u'\left(\left(r_{0}v_{0}\right)^{2}u"+\left[\left(r_{0}v_{0}\right)^{2}+k\right]u\right)=0.

Pour u0\displaystyle u'\neq0, u"+α2u=0\displaystyle u"+\alpha^{2}u=0, en posant α=1+k(r0v0)2>1\displaystyle \alpha=\sqrt{1+\frac{k}{\left(r_{0}v_{0}\right)^{2}}}>1. D’où
u=Acos(αθ)+Bsin(αθ).u=A\cos\left(\alpha\theta\right)+B\sin\left(\alpha\theta\right).
Choisissons l’origine des angles telle que θ(t=0)=0\displaystyle \theta(t=0)=0. À t=0,\displaystyle t=0,
{u=A=1r0u=1r2drdθ=r˙r0v0=0\displaystyle \begin{cases} u=A=\frac{1}{r_{0}}\\ u'=-\frac{1}{r^{2}}\frac{dr}{d\theta}=\frac{\dot{r}}{r_{0}v_{0}}=0 \end{cases}.

D’où u=1r0cos(αθ)\displaystyle u=\frac{1}{r_{0}}\cos\left(\alpha\theta\right) et finalement
r=r0cos(αθ), avec α=1+k(r0v0)2.r=\frac{r_{0}}{\cos\left(\alpha\theta\right)},\textrm{ avec }\alpha=\sqrt{1+\frac{k}{\left(r_{0}v_{0}\right)^{2}}}.

Exemple de trajectoire avec r0=4,0\displaystyle r_{0}=4,0 en unité arbitraire et α=2,0\displaystyle \alpha=2,0.

Exercice 168 ⭐️⭐️⭐️ Comptage de chocs, L2/Spé

Deux solides A\displaystyle A (masse mA\displaystyle m_{A} et vitesse vA\displaystyle \overrightarrow{v}_{A}) et B\displaystyle B (masse mBmA\displaystyle m_{B}\leq m_{A} et vitesse vB\displaystyle \overrightarrow{v}_{B}) peuvent se déplacer sans frottement sur un plan horizontal selon l’axe (Ox)\displaystyle \left(Ox\right). À l’instant initial, B\displaystyle B est au repos entre A\displaystyle A et le mur, et A\displaystyle A se déplace vers B\displaystyle B à la vitesse vA0\displaystyle \overrightarrow{v}_{A0}. Les chocs entre masses d’une part, entre une masse et le mur d’autre part, sont élastiques. Les mesures algébriques des vitesses sont vA\displaystyle v_{A} et vB\displaystyle v_{B} .

Il a été remarqué (voir https://www.youtube.com/watch?v=HEfHFsfGXjs) que lorsque que mA=102p×mB,p\displaystyle m_{A}=10^{2p}\times m_{B},p entier, le nombre de chocs permet de retrouver la suite des chiffres de π\displaystyle \pi ! On se propose de vérifier cette observation.

  1. Tout d’abord mA=mB\displaystyle m_{A}=m_{B}. Que se passe-t-il ?
  2. Dans toute la suite mA>mB\displaystyle m_{A}>m_{B}. On pose VA=mAvA\displaystyle V_{A}=\sqrt{m_{A}}v_{A} et VB=mBvB\displaystyle V_{B}=\sqrt{m_{B}}v_{B}. Exprimer les grandeurs qui se conservent en fonction de VA\displaystyle V_{A} et VB\displaystyle V_{B}. Montrer que le point de coordonnées (VA,VB)\displaystyle \left(V_{A},V_{B}\right) se trouve à tout instant sur un cercle.
  3. A quelle condition sur VA\displaystyle V_{A} et VB\displaystyle V_{B} un choc entre les deux solides ne se produira plus, sauf après éventuellement un choc entre B\displaystyle B et le mur (qui modifierait VB\displaystyle V_{B})? Cette condition correspond à une région du cercle délimitée par une droite Δ\displaystyle \Delta. Donner un vecteur directeur de Δ\displaystyle \Delta.
    En supposant la condition précédente remplie, à quelle condition y aura-t-il un choc entre B\displaystyle B et le mur ? Représenter les différentes zones sur le cercle.
  4. Dans le système de coordonnées (VA,VB)\displaystyle \left(V_{A},V_{B}\right), interpréter géométriquement la conservation de la quantité de mouvement lors d’un choc entre masses comme une symétrie par rapport à une droite à préciser. Interpréter de même géométriquement le choc entre B et le mur. En déduire comment se traduit géométriquement la succession des deux étapes choc entre masses et choc entre B et le mur.
  5. Conclure.

Choc élastique 👉 Conservation de l’énergie cinétique.

En référentiel terrestre galiléen, en dehors des collisions A\displaystyle A et B\displaystyle B sont soumis chacun à son poids et à la réaction verticale du support. Entre deux collisions le mouvement de chacune selon (Ox)\displaystyle \left(Ox\right) est donc rectiligne uniforme.
Une collision entre A\displaystyle A et B\displaystyle B est élastique : il y a conservation de l’énergie cinétique du système, et de la quantité de mouvement totale.
La collision entre B\displaystyle B et le mur est élastique : le mur étant immobile, l’énergie cinétique de B se conserve et sa vitesse algébrique change de signe.

  1. Quand mA=mB\displaystyle m_{A}=m_{B}, lors du premier choc, la conservation de l’énergie cinétique et de la quantité de mouvement (exprimée ici en valeur algébrique sur (Ox)\displaystyle \left(Ox\right) donne , en affectant un indice 1 après le choc) :
    {12mvA,02=12mvA,12+12mvB,12mvA,0=mvA,1+mvB,1\displaystyle \begin{cases} \frac{1}{2}mv_{A,0}^{2}=\frac{1}{2}mv_{A,1}^{2}+\frac{1}{2}mv_{B,1}^{2}\\ mv_{A,0}=mv_{A,1}+mv_{B,1} \end{cases}{vA,02vA,12=vB,12vA,0vA,1=vB,1\displaystyle \Longleftrightarrow\begin{cases} v_{A,0}^{2}-v_{A,1}^{2}=v_{B,1}^{2}\\ v_{A,0}-v_{A,1}=v_{B,1} \end{cases}
    D’où si vB,10\displaystyle v_{B,1}\neq0
    {vA,0+vA,1=vB,1vA,0vA,1=vB,1\displaystyle \begin{cases} v_{A,0}+v_{A,1}=v_{B,1}\\ v_{A,0}-v_{A,1}=v_{B,1} \end{cases}.
    Soit vB,1=vA,0\displaystyle v_{B,1}=v_{A,0} et vA,1=0\displaystyle v_{A,1}=0.
    La solution vB,1=0\displaystyle v_{B,1}=0 donne vA,1=vA,0\displaystyle v_{A,1}=v_{A,0} est impossible, car A\displaystyle A devrait traverser B\displaystyle B ! Donc A\displaystyle A s’arrête et B\displaystyle B entre en collision avec le mur, à la suite de quoi B\displaystyle B repart dans le sens des x\displaystyle x décroissants à la vitesse algébrique vB,1=vA,0\displaystyle v'_{B,1}=-v_{A,0}.
    Puis B\displaystyle B rentre à nouveau en collision avec A\displaystyle A. Après le choc, le problème étant le même que celui du premier choc, B\displaystyle B a une vitesse nulle vB,2=0\displaystyle v_{B,2}=0 et vA,2=vB,1=vA,0\displaystyle v_{A,2}=v'_{B,1}=-v_{A,0}.
    Il y a eu en tout 3 chocs.

  2. Lors d’un choc entre masses, l’énergie cinétique
    12mAvA2+12mBvB2=12VA2+12VB2\displaystyle \frac{1}{2}m_{A}v_{A}^{2}+\frac{1}{2}m_{B}v_{B}^{2}=\frac{1}{2}V_{A}^{2}+\frac{1}{2}V_{B}^{2} se conserve,
    ainsi que la quantité de mouvement mAvA+mBvB=mAVA+mBVB\displaystyle m_{A}v_{A}+m_{B}v_{B}=\sqrt{m_{A}}V_{A}+\sqrt{m_{B}}V_{B}.
    Lors d’un choc entre B\displaystyle B et le mur, l’énergie cinétique est aussi conservée, de telle sorte que VA2+VB2=VA,02=mAvA2\displaystyle V_{A}^{2}+V_{B}^{2}=V_{A,0}^{2}=m_{A}v_{A}^{2}.
    Dans le système de coordonnées (VA,VB)\displaystyle \left(V_{A},V_{B}\right), le point représentant le système est donc sur le cercle de centre origine, de rayon VA,0\displaystyle V_{A,0}.

  3. Considérons le cas d’une collision entre A\displaystyle A et B\displaystyle B. Le point juste avant la collision vérifie nécessairement vB<vA\displaystyle v_{B}<v_{A} (on peut distinguer les cas vA0\displaystyle v_{A}\geq0 ou vA0\displaystyle v_{A}\leq0 pour s’en convaincre).
    C’est à dire
    VBmB<VAmA.\frac{V_{B}}{\sqrt{m_{B}}}<\frac{V_{A}}{\sqrt{m_{A}}}.
    Le cercle est ainsi partagé en deux régions par la droite VB=mBmAVA\displaystyle V_{B}=\sqrt{\frac{m_{B}}{m_{A}}}V_{A} de vecteur directeur (par exemple) a\displaystyle \overrightarrow{a} de coordonnées (mA,mB).\displaystyle \left(\sqrt{m_{A}},\sqrt{m_{B}}\right). Pour qu’il n’y ait pas collision, le point (VA,VB)\displaystyle \left(V_{A},V_{B}\right) doit se trouver au-dessus de la droite qui fait un angle arctanmBmA.\displaystyle \arctan\sqrt{\frac{m_{B}}{m_{A}}}.

    Une collision entre B\displaystyle B et le mur se produira cependant pour VB>0\displaystyle V_{B}>0 (zone en bleu sur le graphique).
    On obtient donc 4 zones sur le cercle. Pour qu’il n’y ait plus de chocs, il faut donc que le point (VA,VB)\displaystyle \left(V_{A},V_{B}\right) se trouve dans la zone verte (vB0 et vBvA\displaystyle v_{B}\leq0\textrm{ et }v_{B}\geq v_{A}). Remarquons qu’il reste une zone (en rouge sur le cercle) non décrite, qui décrit le système avant le premier choc.

  4. Lors du choc entre A\displaystyle A et B\displaystyle B, , mAVA+mBVB\displaystyle \sqrt{m_{A}}V_{A}+\sqrt{m_{B}}V_{B} est constant. Cette expression est le produit scalaire dans le plan du graphique du 3. du vecteur de coordonnées (VA,VB)\displaystyle \left(V_{A},V_{B}\right) avec le vecteur a\displaystyle \overrightarrow{a} de coordonnées (mA,mB).\displaystyle \left(\sqrt{m_{A}},\sqrt{m_{B}}\right).
    Soient Mk\displaystyle M_{k} et Mk\displaystyle M'_{k} les points sur le graphe avant et après le (k+1)ieˋme\displaystyle \left(k+1\right)^{\textrm{ième}}choc entre A\displaystyle A et B\displaystyle B, Mk\displaystyle M'_{k} est donc le symétrique de Mk\displaystyle M_{k} par rapport à la droite Δ\displaystyle \Delta.
    Lors du choc avec le mur, VB\displaystyle V_{B} change de signe. Les points Mk\displaystyle M'_{k} et Mk+1\displaystyle M_{k+1} après le (k+1)ieˋme\displaystyle \left(k+1\right)^{\textrm{ième}}choc entre B\displaystyle B et le mur sont symétriques par rapport à l’axe des abscisses.

    On passe de Mk\displaystyle M_{k} à Mk+1\displaystyle M_{k+1} par deux symétries successives par rapport à deux droites faisant un angle α\displaystyle \alpha et se croisant en O\displaystyle O. La composée de deux symétries axiales est une rotation de centre O\displaystyle O d’angle 2α\displaystyle 2\alpha, ce dont on pourra se convaincre sur le schéma suivant si on a oublié ce théorème.

  5. Soit Mk\displaystyle M_{k} le point qui se déduit de M0\displaystyle M_{0} par une rotation d’angle 2kα\displaystyle 2k\alpha. Deux cas peuvent se produire :

  • soit il existe k\displaystyle k^{*} tel que 2kα[πα,π[\displaystyle 2k^{*}\alpha\in\left[\pi-\alpha,\pi\right[
    : on termine alors dans la zone verte. La dernière séquence est :
    choc entre A\displaystyle A et B\displaystyle B puis choc sur le mur avec une vitesse de B\displaystyle B inférieure en valeur absolue à la vitesse de A\displaystyle A (négative). Dans ce cas le nombre total de chocs est égal à n=2k\displaystyle n^{*}=2k^{*}. On a :
    n=2k[πα1,πα[n^{*}=2k^{*}\in\left[\frac{\pi}{\alpha}-1,\frac{\pi}{\alpha}\right[
  • soit il existe k\displaystyle k^{*} tel que (k1)2α<πα<πk2α\displaystyle (k^{*}-1)2\alpha<\pi-\alpha<\pi\leq k^{*}2\alpha.
    Le dernier choc est entre A\displaystyle A et B\displaystyle B avec deux vitesses négatives, la vitesse de B\displaystyle B devenant inférieure en valeur absolue à celle de A\displaystyle A. Dans ce cas le nombre de chocs est égal à n=2k1\displaystyle n^{*}=2k^{*}-1.
    On a :

n=2k1[πα1,πα[n^{*}=2k^{*}-1\in\left[\frac{\pi}{\alpha}-1,\frac{\pi}{\alpha}\right[

Cas particulier : quand il existe k\displaystyle k^{*} tel que k×2α=π\displaystyle k^{*}\times2\alpha=\pi, le mouvement est parfaitement symétrique, et le nombre de collisions est égal à 2k1\displaystyle 2k^{*}-1.

Avec πα=πarctanmBmA\displaystyle \frac{\pi}{\alpha}=\frac{\pi}{\arctan\sqrt{\frac{m_{B}}{m_{A}}}},
n\displaystyle n^{*} est le seul entier dans l’intervalle [πarctanmBmA1,πarctanmBmA[\displaystyle \left[\frac{\pi}{\arctan\sqrt{\frac{m_{B}}{m_{A}}}}-1,\frac{\pi}{\arctan\sqrt{\frac{m_{B}}{m_{A}}}}\right[.

On vérifie que pour mA=mB\displaystyle m_{A}=m_{B} , n=3\displaystyle n^{*}=3 ; pour mA=100mB\displaystyle m_{A}=100m_{B},
n=31\displaystyle n^{*}=31 ; pour mA=106mB\displaystyle m_{A}=10^{6}m_{B}, n=3141\displaystyle n^{*}=3141, etc…

Quand x=mBmA0\displaystyle x=\sqrt{\frac{m_{B}}{m_{A}}}\rightarrow0 , arctanx=xx33+o(x4)=x(1x23+o(x3))\displaystyle \arctan x=x-\frac{x^{3}}{3}+o(x^{4})=x\left(1-\frac{x^{2}}{3}+o(x^{3})\right)
et donc n\displaystyle n^{*} est l’entier dans l’intervalle [πx(1x23+o(x3))1,πx(1x23+o(x3))]\displaystyle \left[\frac{\pi}{x\left(1-\frac{x^{2}}{3}+o(x^{3})\right)}-1,\frac{\pi}{x\left(1-\frac{x^{2}}{3}+o(x^{3})\right)}\right]

Si x=10p\displaystyle x=10^{-p} , on obtient l’intervalle [10pπ1x23+o(x3)1,10pπ1x23+o(x3)]\displaystyle \left[\frac{10^{p}\pi}{1-\frac{x^{2}}{3}+o(x^{3})}-1,\frac{10^{p}\pi}{1-\frac{x^{2}}{3}+o(x^{3})}\right].

10pπ1x23+o(x3)=10pπ(1+x23+o(x3))=10pπ+u\displaystyle \frac{10^{p}\pi}{1-\frac{x^{2}}{3}+o(x^{3})}=10^{p}\pi\left(1+\frac{x^{2}}{3}+o(x^{3})\right)=10^{p}\pi+u avec u1310pπ\displaystyle u\simeq\frac{1}{3}10^{-p}\pi.

On obtient ainsi pour n\displaystyle n^{*} les p\displaystyle p premiers chiffres significatifs de π\displaystyle \pi

Merci à Romain Péchayre pour avoir signalé le sujet et à Dominique Henriet pour l’idée de la démonstration géométrique.

Exercice 169 ⭐️⭐️ Chute d’une bille sur une hélice, CCMP PC 2023, Sup/L1

Une bille, considérée comme un point matériel de masse m\displaystyle m, est contrainte à se déplacer en glissant le long d’un support filiforme en forme d’ hélice circulaire. Cette hélice est donnée,en coordonnées cylindriques, par les équations (z\displaystyle zaxe descendant) :
{r=Rz=pθ2π\displaystyle \begin{cases} r=R\\ z=p\frac{\theta}{2\pi} \end{cases}

  1. Dans le cas où il n’y a aucun frottement entre la bille et le support, déterminer z(t)\displaystyle z(t).

  2. Dans le cas où existent un frottement solide entre la bille et le support (de coefficient de frottement dynamique f\displaystyle f ), on cherche à déterminer expérimentalement ce coefficient f\displaystyle f. Après un court régime transitoire (qui n’est pas à étudier), la vitesse de la bille est constante. Établir l’ expression de cette vitesse limite en fonction, entre autres, du coefficient f\displaystyle f.
    On pourra introduire la grandeur sans dimension λ=2πRp\displaystyle \lambda=\frac{2\pi R}{p}.

Mouvement avec glissement 👉 Lois de Coulomb : la reaction tangentielle est de sens contraire à la vitesse de glissement et les composantes tangentielle et normale de la réaction du support vérifientRt=fRn\displaystyle \parallel\overrightarrow{R_{t}}\parallel=f\parallel\overrightarrow{R_{n}}\parallel.

  1. Dans le référentiel terrestre supposé galiléen, le système étudié
    est la bille. Les forces appliquées sont le poids vertical, et la réaction normale au support.
    La réaction ne travaille pas, il y a donc conservation de l’énergie mécanique.
    Avec (Oz)\displaystyle \left(Oz\right) axe vertical descendant, l’énergie potentielle est EP=mgz+Cte.\displaystyle E_{P}=-mgz+Cte.
    L’énergie cinétique est EC=12mv2.\displaystyle E_{C}=\frac{1}{2}mv^{2}.
    En coordonnées cylindriques,avec (r=R)\displaystyle (r=R),
    v(M)=Rθ˙eθ+z˙eθ=z˙(2πRper+eθ)\displaystyle \overrightarrow{v}\left(M\right)=R\dot{\theta}\overrightarrow{e_{\theta}}+\dot{z}\overrightarrow{e_{\theta}}=\dot{z}\left(\frac{2\pi R}{p}\overrightarrow{e_{r}}+\overrightarrow{e_{\theta}}\right)
    Soit EC=12mz˙2(1+λ2).\displaystyle E_{C}=\frac{1}{2}m\dot{z}^{2}\left(1+\lambda^{2}\right).
    L’énergie mécanique Em=12mv2mgz=12m(1+λ2)z˙2mgz+Cte.E_{m}=\frac{1}{2}mv^{2}-mgz=\frac{1}{2}m\left(1+\lambda^{2}\right)\dot{z}^{2}-mgz+Cte.
    Em\displaystyle E_{m} est une constante du mouvement. En dérivant par rapport au
    temps :
    z˙m((1+λ2)z¨g)=0.\displaystyle \dot{z}m\left(\left(1+\lambda^{2}\right)\ddot{z}-g\right)=0.
    Lors du mouvement de la bille z˙0\displaystyle \dot{z}\neq0 et z¨=gα2\displaystyle \ddot{z}=\frac{g}{\alpha^{2}}.
    En supposant z=0\displaystyle z=0 à t=0\displaystyle t=0, et en supposant la vitesse nulle initialement,
    par double intégration :
    z(t)=g2(1+λ2)t2=g2(1+4π2R2p2)t2\displaystyle z(t)=\frac{g}{2\left(1+\lambda^{2}\right)}t^{2}=\frac{g}{2\left(1+\frac{4\pi^{2}R^{2}}{p^{2}}\right)}t^{2}(homogène).
    La bille descend moins vite qu’en chute libre, et d’autant moins vite
    que R/p\displaystyle R/p est grand, ce qui est cohérent.

  2. Dans ce cas, la réaction R\displaystyle \overrightarrow{R} a une composante normale Rn\displaystyle \overrightarrow{R_{n}} et une composante tangentielle Rt\displaystyle \overrightarrow{R_{t}} à la trajectoire. Les lois de Coulomb indiquent qu’en cas de glissement Rt=fRn\displaystyle \parallel\overrightarrow{R_{t}}\parallel=f\parallel\overrightarrow{R_{n}}\parallel.
    Quand la vitesse prend une valeur constante, v2=(1+λ2)z˙2z˙\displaystyle v^{2}=\left(1+\lambda^{2}\right)\dot{z}^{2}\Rightarrow\dot{z}
    est constante (la vitesse verticale ne change pas de signe, la bille ne va pas se mettre à remonter l’hélice) et par conséquent θ˙\displaystyle \dot{\theta} aussi.
    En coordonnées cylindriques, avec Rr,Rθ,Rz\displaystyle R_{r},R_{\theta},R_{z} les coordonnées
    de R\displaystyle \overrightarrow{R}, la seconde loi de Newton donne :
    {mRθ˙2=RrmRθ¨=Rθmz¨=Rz+mg\displaystyle \begin{cases} -mR\dot{\theta}^{2}=R_{r}\\ mR\ddot{\theta}=R_{\theta}\\ m\ddot{z}=R_{z}+mg \end{cases}, soit {Rr=mR(2πpz˙)2=mλ21+λ2v2RRθ=0Rz=mg\displaystyle \begin{cases} R_{r}=-mR\left(\frac{2\pi}{p}\dot{z}\right)^{2}=-m\frac{\lambda^{2}}{1+\lambda^{2}}\frac{v^{2}}{R}\\ R_{\theta}=0\\ R_{z}=-mg \end{cases}.
    Sur la trajectoire hélicoïdale, le déplacement élémentaire est
    d=Rdθeθ+dzez=dz(λeθ+ez)=dz1+λ2t\displaystyle \overrightarrow{d\ell}=Rd\theta\overrightarrow{e_{\theta}}+dz\overrightarrow{e_{z}}=dz\left(\lambda\overrightarrow{e_{\theta}}+\overrightarrow{e_{z}}\right)=dz\sqrt{1+\lambda^{2}}\overrightarrow{t},
    t\displaystyle \overrightarrow{t} est le vecteur unitaire tangent à la trajectoire.
    Donc
    t=\displaystyle \overrightarrow{t}=\frac{}{}λ1+λ2eθ+11+λ2ez\displaystyle \frac{\lambda}{\sqrt{1+\lambda^{2}}}\overrightarrow{e_{\theta}}+\frac{1}{\sqrt{1+\lambda^{2}}}\overrightarrow{e_{z}}.
    On en déduit la composante tangentielle (de sens contraire à la vitesse)
    Rt=(R.t)t=Rz.11+λ2t=mg1+λ2t\displaystyle \overrightarrow{R_{t}}=\left(\overrightarrow{R}.\overrightarrow{t}\right)\overrightarrow{t}=R_{z}.\frac{1}{\sqrt{1+\lambda^{2}}}\overrightarrow{t}=-\frac{mg}{\sqrt{1+\lambda^{2}}}\overrightarrow{t},
    et la composante normale
    Rn=RRt=Rrermgez+mg1+λ2t=Rrermgez+mg1+λ2(λeθ+ez)=mλ21+λ2v2Rer+mgλ1+λ2eθmgλ21+λ2ez.\displaystyle \begin{aligned}\overrightarrow{R_{n}}&=\overrightarrow{R}-\overrightarrow{R_{t}}\\&=R_{r}\overrightarrow{e_{r}}-mg\overrightarrow{e_{z}}+\frac{mg}{\sqrt{1+\lambda^{2}}}\overrightarrow{t}\\&=R_{r}\overrightarrow{e_{r}}-mg\overrightarrow{e_{z}}+\frac{mg}{1+\lambda^{2}}\left(\lambda\overrightarrow{e_{\theta}}+\overrightarrow{e_{z}}\right)\\&=-m\frac{\lambda^{2}}{1+\lambda^{2}}\frac{v^{2}}{R}\overrightarrow{e_{r}}+mg\frac{\lambda}{1+\lambda^{2}}\overrightarrow{e_{\theta}}-mg\frac{\lambda^{2}}{1+\lambda^{2}}\overrightarrow{e_{z}}.\end{aligned}
    Rn=mg(λ21+λ2)2v4R2g2+(λ1+λ2)2+(λ21+λ2)2=mgλ1+λ2λ2v4R2g2+1+λ2.\displaystyle \begin{aligned}\left\Vert \overrightarrow{R_{n}}\right\Vert &=mg\sqrt{\left(\frac{\lambda^{2}}{1+\lambda^{2}}\right)^{2}\frac{v^{4}}{R^{2}g^{2}}+\left(\frac{\lambda}{1+\lambda^{2}}\right)^{2}+\left(\frac{\lambda^{2}}{1+\lambda^{2}}\right)^{2}}\\&=mg\frac{\lambda}{1+\lambda^{2}}\sqrt{\frac{\lambda^{2}v^{4}}{R^{2}g^{2}}+1+\lambda^{2}.}\end{aligned}

Avec Rt=mg1+λ2,\displaystyle \left\Vert \overrightarrow{R_{t}}\right\Vert =\frac{mg}{\sqrt{1+\lambda^{2}}}, la condition Rt=fRn\displaystyle \parallel\overrightarrow{R_{t}}\parallel=f\parallel\overrightarrow{R_{n}}\parallel donne
11+λ2=f2(λ1+λ2)2(1+λ2(1+v4R2g2))\displaystyle \frac{1}{1+\lambda^{2}}=f^{2}\left(\frac{\lambda}{1+\lambda^{2}}\right)^{2}\left(1+\lambda^{2}\left(1+\frac{v^{4}}{R^{2}g^{2}}\right)\right), soit

f=1λ1+λ21+λ2(1+v4R2g2)=p1+4π2R2p22πR1+4π2v4p2g2+4π2R2p2.f=\frac{1}{\lambda}\frac{\sqrt{1+\lambda^{2}}}{\sqrt{1+\lambda^{2}\left(1+\frac{v^{4}}{R^{2}g^{2}}\right)}}=\frac{p\sqrt{1+\frac{4\pi^{2}R^{2}}{p^{2}}}}{2\pi R\sqrt{1+\frac{4\pi^{2}v^{4}}{p^{2}g^{2}}+\frac{4\pi^{2}R^{2}}{p^{2}}}}.

Dans cette expression (homogène), on vérifie qu’un coefficient de
frottement faible est associé à une grande vitesse.