Induction, ARQS

Exercice 25 ⭐️⭐️⭐️⭐️ Circuit déformable, Spé/L2

Deux barres métalliques de résistance totale R\displaystyle R, de même masse m\displaystyle m, sont posées, immobiles, sur des rails parfaitement conducteurs parallèles, perpendiculairement aux rails, et à une distance initiale (t=0)=2x0\displaystyle \ell(t=0)=2x_0 l’une de l’autre. Les deux rails sont distants de d\displaystyle d. À t=0, on enclenche un appareil qui fournit un champ magnétique B0=B0uz\displaystyle \overrightarrow{B_{0}}=B_{0}\overrightarrow{u_{z}} constant et uniforme, perpendiculaire au plan contenant les rails et les barres. Que se passe-t-il ?

Modéliser la variation du champ magnétique, qui ne varie pas instantanément mais sur une durée τ\displaystyle \tau non nulle.

Hypothèse : on néglige l’autoinduction.

Si on considère un échelon parfait pour la variation du champ, il ne se passe rien. En réalité il y a une augmentation progressive du champ sur une durée très courte τ\displaystyle \tau.

Phase 1 : le champ augmente, on peut considérer les barres comme ayant très peu bougé pendant le temps très bref de l’instauration du champ.

ddt(dB)=dB˙+dB˙dB˙\displaystyle \frac{d}{dt}\left(dB\ell\right)=d\dot{B}\ell+dB\dot{\ell}\simeq d\dot{B}\ell. D’où la fem e=dB˙\displaystyle e=-d\dot{B}\ell, et l’équation électrique :

Ri=dB˙2x0\displaystyle Ri=-d\dot{B}2x_{0}.

On écrit les équations mécaniques pour les deux barres (barre 1 à gauche) en appliquant le théorème du centre de masse en projection sur (Ox)\displaystyle \left(Ox\right), le circuit étant orienté pour avoir sa normale dans le sens de (Oz)\displaystyle \left(Oz\right). :

{mv2˙=idB=d22x0RBB˙mv1˙=idB=d22x0RBB˙\displaystyle \begin{cases} m\dot{v_{2}}=idB=-\frac{d^{2}2x_{0}}{R}B\dot{B}\\ m\dot{v_{1}}=-idB=\frac{d^{2}2x_{0}}{R}B\dot{B} \end{cases} d’où {v2(τ)=d2x0mRB2v1(τ)=d2x0mRB2\displaystyle \begin{cases} v_{2}\left(\tau\right)=-\frac{d^{2}x_{0}}{mR}B^{2}\\ v_{1}\left(\tau\right)=\frac{d^{2}x_{0}}{mR}B^{2} \end{cases}. Les deux barres acquièrent une vitesse dirigée l’une vers l’autre (normal, les effets de l’induction s’opposent à l’augmentation du flux).

Phase 2 : Le champ est établi et ne varie plus, mais les barres ont acquis une vitesse. Cette fois e=ddt(dB)=dB˙dB(x2˙x1˙)\displaystyle e=-\frac{d}{dt}\left(dB\ell\right)=-dB\dot{\ell}\simeq-dB(\dot{x_{2}}-\dot{x_{1}}). L’équation électrique s’écrit :

Ri=dB(x2˙x1˙)\displaystyle Ri=-dB(\dot{x_{2}}-\dot{x_{1}}).

Les équations mécaniques sont :

{mv2˙=idB=d2RB2(x2˙x1˙)mv1˙=idB=d2RB2(x2˙x1˙)\displaystyle \begin{cases} m\dot{v_{2}}=idB=-\frac{d^{2}}{R}B^{2}(\dot{x_{2}}-\dot{x_{1}})\\ m\dot{v_{1}}=-idB=\frac{d^{2}}{R}B^{2}(\dot{x_{2}}-\dot{x_{1}}) \end{cases} soit {mv2˙=d2RB2(v2v1)mv1˙=idB=d2RB2(v2v1)\displaystyle \begin{cases} m\dot{v_{2}}=-\frac{d^{2}}{R}B^{2}(v_{2}-v_{1})\\ m\dot{v_{1}}=-idB=-\frac{d^{2}}{R}B^{2}(v_{2}-v_{1}) \end{cases}.

D’où v1+v2=v1(τ)+v2(τ)=0\displaystyle v_{1}+v_{2}=v_{1}\left(\tau\right)+v_{2}\left(\tau\right)=0.

(v2˙v1˙)+d2B2mR(v2v1)=0\displaystyle \left(\dot{v_{2}}-\dot{v_{1}}\right)+\frac{d^{2}B^{2}}{mR}(v_{2}-v_{1})=0.

Posons τ1=mRd2B2\displaystyle \tau_{1}=\frac{mR}{d^{2}B^{2}}.

v2v1=2d2x0mRB2exp((tτ)/τ1)\displaystyle v_{2}-v_{1}=-\frac{2d^{2}x_{0}}{mR}B^{2}\exp\left(-\left(t-\tau\right)/\tau_{1}\right). On obtient les vitesses par demi-somme et demi-différence. Pendant cette phase (la seule observable car τ\displaystyle \tau très petit) :

v2(t)=d2x0mRB2exp((tτ)/τ1)\displaystyle v_{2}(t)=-\frac{d^{2}x_{0}}{mR}B^{2}\exp\left(-\left(t-\tau\right)/\tau_{1}\right) et
v1(t)=d2x0RB2exp((tτ)/τ1)\displaystyle v_{1}(t)=\frac{d^{2}x_{0}}{R}B^{2}\exp\left(-\left(t-\tau\right)/\tau_{1}\right).

Les barres partent l’une vers l’autre, puis leur vitesse décroit exponentiellement avec le temps (on pourrait discuter si elles entrent en collision ou pas, en intégrant pour trouver les positions).

Exercice 57 ⭐️⭐️ Circuits couplés, Spé/L2

  1. Une spire de rayon a=5\displaystyle a=5 cm, d’axe (Oz)\displaystyle \left(Oz\right), de résistance r1\displaystyle r_{1}, d’autoinductance L1\displaystyle L_{1} négligeable, est parcourue par un courant I1=1\displaystyle I_1= 1 A. L’expression du champ magnétique créé au point M\displaystyle M sur l’axe de la spire est B=μ0I12asin3αuz\overrightarrow{B}=\frac{\mu_{0}I_1}{2a}\sin^{3}\alpha\overrightarrow{u_{z}}α\displaystyle \alpha est l’angle entre l’axe (Oz)\displaystyle \left(Oz\right) et (PM)\displaystyle \left(PM\right), P\displaystyle P étant un point de la spire. Calculer le champ au centre de la spire. Comparer cette valeur à celle du champ magnétique terrestre.
    Préciser les arguments de symétrie et d’invariance, puis tracer l’allure des lignes de champ orientées créées par la spire.

  2. On dispose autour de la spire, un solénoïde “infini”, i.e. de très grande longueur L\displaystyle L, constitué de n=103\displaystyle n=10^{3} spires par unité de longueur, de rayon R=10\displaystyle R=10 cm, et parcourues par un courant I2=0,5\displaystyle I_{2}=0,5 A. Rappeler sans démonstration le champ magnétique créé par le solénoïde en tout point de l’espace.
    A.N. Calculer le champ sur l’axe du solénoïde.
    L’axe du solénoïde fait un angle θ=15° \displaystyle \theta=15\text{° } avec l’axe de la spire, Exprimer le flux créé par la spire à travers le solénoïde en fonction de μ0,n,I1,a,θ\displaystyle \mu_{0},n,I_{1},a,\theta.

  3. La spire est fermée sur elle-même sans alimentation. Le solénoïde, de résistance totale r2\displaystyle r_{2}, d’autoinductance L2\displaystyle L_{2} qu’on ne cherche pas à préciser, est maintenant alimenté par une tension u2(t)=umcos(ωt)\displaystyle u_{2}(t)=u_{m}\cos\left(\omega t\right) de fréquence 1 kHz. En déduire le courant i2(t)\displaystyle i_{2}(t) traversant le solénoïde en fonction des données et du coefficient de mutuelle inductance de la spire et du solénoïde.

  • Flux magnétique créé par un circuit à travers un autre 👉 ϕ21=MI2\displaystyle \phi_{2\rightarrow1}=MI_2 et ϕ12=MI1\displaystyle \phi_{1\rightarrow2}=MI_1.
  • Régime sinusoïdal forcé (RSF) 👉 Passer en complexes.
  1. Au centre de la spire, α=π/2,B=μ0I2a=1,3.105\displaystyle \alpha=\pi/2, \left\Vert \overrightarrow{B}\right\Vert =\frac{\mu_{0}I}{2a}=1,3.10^{-5} T, du même ordre de grandeur que le champ magnétique terrestre (composante horizontale 2.105\displaystyle 2.10^{-5} T).
    En un point M quelconque de l’espace,
    • Le plan contenant l’axe (Oz)\displaystyle \left(Oz\right) et M\displaystyle M est un plan d’antisymétrie de la distribution de courant. Donc B(M)\displaystyle \overrightarrow{B}(M) est contenu dans ce plan. En utilisant la base locale cylindrique, Bθ\displaystyle B_{\theta} est nulle.
    • Il y a invariance du problème par rotation autour de l’axe (Oz)\displaystyle \left(Oz\right), donc B(M)\displaystyle \left\Vert \overrightarrow{B(M)}\right\Vert ne dépend que des coordonnées cylindriques r,z\displaystyle r,z.B(M)=Br(r,z)ur+Bz(r,z)uz.\overrightarrow{B}(M)=B_{r}(r,z)\overrightarrow{u_{r}}+B_{z}\left(r,z\right)\overrightarrow{u_{z}}.
    On vérifie que, tous les plans contenant l’axe étant des plans d’antisymétrie de la distribution de courant, le champ sur l’axe est porté par l’intersection de tous ces plans, donc par uz\displaystyle \overrightarrow{u_{z}}.
    Le plan P contenant la spire étant un plan de symétrie de la distribution de courant, les champs en deux points M\displaystyle M et M\displaystyle M' symétriques par rapport à P, sont antisymétriques par rapport au plan :
    B(M)=symP[B(M)]\displaystyle \overrightarrow{B}(M')=-\textrm{sym}_{P}\left[\overrightarrow{B}(M)\right].
    Il y a continuité du champ dans les régions sans courant, ce qui permet de d’obtenir l’orientation des lignes de champ. On vérifie aussi la compatibilité avec l’orientation des lignes de champ au voisinage des intersections de la spire et du plan de la figure, où le champ se comporte comme celui créé par des fils infinis.
    Remarque — Le signe positif de Br\displaystyle B_r peut se déduire du sens de variation de Bz\displaystyle B_z et de divB=0\displaystyle \textrm{div}\overrightarrow{B}=0.

  2. En un point M\displaystyle M, situé à une distance r\displaystyle r de l’axe du solénoïde de vecteur unitaire u\displaystyle \overrightarrow{u},
    r>R,B2=0\displaystyle r> R , \overrightarrow{B_{2}}=\overrightarrow{0}
    r<R,B2=μ0nI2u\displaystyle r<R, \overrightarrow{B_{2}}=\mu_{0}nI_{2}\overrightarrow{u}.

  3. La spire est dans la région r<R\displaystyle r< R, Le flux du champ créé par le solénoïde à travers la spire est ϕ21=surface spireB2.d2S=μ0nI2πa2cosθ\displaystyle \phi_{2\rightarrow1}=\iint_{\textrm{surface spire}}\overrightarrow{B_{2}}.\overrightarrow{d^{2}S}=\mu_{0}nI_{2}\pi a^{2}\cos\theta. On en déduit le coefficient de mutuelle inductance entre la spire et le solénoïde M=μ0nπa2cosθM=\mu_{0}n\pi a^{2}\cos\theta et le flux du champ créé par la spire à travers le solénoïde ϕ12=MI1=μ0nI1πa2cosθ.\phi_{1\rightarrow2}=MI_1=\mu_{0}nI_{1}\pi a^{2}\cos\theta.

  4. Etant donnée la valeur de la fréquence, on est dans l’ARQS. Il s’agit de deux circuits couplés (la spire et le solénoïde) qu’on étudie en RSF en utilisant les représentations complexes avec les notations habituelles.

{0=r1i1+jMωi2u2=r2i2+jL2ωi2+jMωi1\displaystyle \begin{cases} 0=r_{1}\underline{i_{1}}+jM\mathbb{\omega}\underline{i_{2}}\\ \underline{u_{2}}=r_{2}\underline{i_{2}}+jL_{2}\mathbb{\omega}\underline{i_{2}}+jM\mathbb{\omega}\underline{i_{1}} \end{cases}, d’où
i2=u2r2+M2ω2r1+jL2ω.\underline{i_{2}}=\frac{\underline{u_{2}}}{r_{2}+\frac{M^{2}\omega^{2}}{r_{1}}+jL_{2}\omega}.

En prenant la partie réelle, i2(t)=um(r2+M2ω2r1)2+(L2ω)2cos(ωtφ)i_{2}(t)=\frac{u_{m}}{\sqrt{\left(r_{2}+\frac{M^{2}\omega^{2}}{r_{1}}\right)^{2}+\left(L_{2}\omega\right)^{2}}}\cos\left(\omega t-\varphi\right)

φ=arctanL2ωr2+M2ω2r1\displaystyle \varphi=\arctan\frac{L_{2}\omega}{r_{2}+\frac{M^{2}\omega^{2}}{r_{1}}}.

Exercice 77 ⭐️⭐️⭐️ Poursuite, Sup/L1

D’après Centrale PC.

(n+1)\displaystyle (n+1) tiges identiques Ti\displaystyle T_{i} (0in)\displaystyle \left(0\leq i\leq n\right), de masse m\displaystyle m, de résistance R\displaystyle R et de coefficient d’auto-induction négligeable, peuvent glisser sans frottement sur des rails horizontaux équidistants de a\displaystyle a, en restant parallèles à l’axe (Oy)\displaystyle \left(Oy\right).
L’ensemble est plongé dans un champ magnétique uniforme vertical B=Buz\displaystyle \overrightarrow{B}=B\overrightarrow{u_{z}}.
La tige T0\displaystyle T_{0} est maintenue fixe, et on impose une vitesse vn=v0\displaystyle v_{n}=v_{0} constante à la tige Tn\displaystyle T_{n}. À l’instant initial la tige k\displaystyle k se trouve en xk(0)=ka\displaystyle x_{k}(0)=ka, et toutes les tiges sauf Tn\displaystyle T_{n} sont immobiles.

  1. Dans le cas n=1\displaystyle n=1, démontrer que la force électromotrice induite dans le circuit est e1=Bav1\displaystyle e_{1}=Bav_{1}.

En généralisant le résultat, on admet dans la suite que pour k1\displaystyle k\geq1,
une force électromotrice ek=Bavk\displaystyle e_{k}=Bav_{k} apparait au sein de chaque
barre.

  1. On se place dans le cas n=2\displaystyle n=2. Quel est le schéma électrique équivalent au circuit ? Quelle équation vérifie la vitesse de T1\displaystyle T_{1} ? En déduire v1(t)\displaystyle v_{1}(t). Montrer que T1\displaystyle T_{1} atteint une vitesse limite à préciser.

  2. On considère maintenant n=3\displaystyle n=3. Exprimer les courants ik\displaystyle i_{k} en fonction des vitesses vk\displaystyle v_{k}. En déduire v1(t)\displaystyle v_{1}(t) et v2(t)\displaystyle v_{2}(t). Montrez que les vitesses atteignent des valeurs limites à préciser.

  3. On se place dans le cas où n\displaystyle n est quelconque. Montrer que toutes les vitesses pour 1kn1\displaystyle 1\leq k\leq n-1 obéissent à la même loi de variation en fonction du temps. En admettant que les vitesses atteignent aux temps longs une valeur constante, la déterminer.

Induction de Lorentz, le circuit est déjà orienté. 👉 Etablir les équations électrique et mécanique (force de Laplace).

  1. Le dispositif correspond à un circuit fermé par les barres T0\displaystyle T_{0} et T1\displaystyle T_{1}. Le flux du champ magnétique à travers le circuit, orienté par la flêche indiquant le courant, est ϕ=Bax1\displaystyle \phi=-Bax_{1}. La fem est donc e=dϕdt=Bav1.e=-\frac{d\phi}{dt}=Bav_{1}.

  2. Pour n=2\displaystyle n=2

    Equation mécanique :
    Dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen, la tige 1 est soumise à son poids, à la réaction des rails et à la force de Laplace.
    Le théorème du centre de masse (TCM) appliqué à T1\displaystyle T_{1} donne, en projection sur (Ox)\displaystyle (Ox), mdv1dt=(i1i2)Ba.\displaystyle m\frac{dv_{1}}{dt}=-\left(i_{1}-i_{2}\right)Ba.
    Équations électriques :
    Avec la loi des mailles et la loi des noeuds,
    Ri1+R(i1i2)e1=0\displaystyle Ri_{1}+R\left(i_{1}-i_{2}\right)-e_{1}=0 soit 2Ri1Ri2=av1B\displaystyle 2Ri_{1}-Ri_{2}=av_{1}B.
    Ri1+Ri2e2=0\displaystyle Ri_{1}+Ri_{2}-e_{2}=0, soit R(i1+i2)=av2B\displaystyle R\left(i_{1}+i_{2}\right)=av_{2}B.
    On déduit des deux dernières équations i1=aB(v1+v2)3R\displaystyle i_{1}=\frac{aB\left(v_{1}+v_{2}\right)}{3R}
    et i2=aB(v1+2v2)3R\displaystyle i_{2}=\frac{aB\left(-v_{1}+2v_{2}\right)}{3R}.
    En remplaçant dans l’équation mécanique,
    dv1dt=a2B2(2v1+v2)3Rm=2v1+v03τ\displaystyle \frac{dv_{1}}{dt}=\frac{a^{2}B^{2}\left(-2v_{1}+v_{2}\right)}{3Rm}=\frac{-2v_{1}+v_{_{0}}}{3\tau}.
    D’où
    v1(t)=v0[1exp(2t/3τ)]/2.v_{1}(t)=v_{0}\left[1-\exp\left(-2t/3\tau\right)\right]/2.τ=mRa2B2\displaystyle \tau=\frac{mR}{a^{2}B^{2}} (homogène). En régime permanent les tiges se déplacent à vitesse constante, la première se déplaçant à une vitesse moitié de la seconde.

  3. On procède comme en 2.
    Equations mécaniques :
    mdv1dt=(i1i2)Ba\displaystyle m\frac{dv_{1}}{dt}=-\left(i_{1}-i_{2}\right)Ba.
    mdv2dt=(i2i3)Ba\displaystyle m\frac{dv_{2}}{dt}=-\left(i_{2}-i_{3}\right)Ba .
    Équations électriques :
    Ri1+R(i1i2)e1=0\displaystyle Ri_{1}+R\left(i_{1}-i_{2}\right)-e_{1}=0 soit 2Ri1Ri2=av1B\displaystyle 2Ri_{1}-Ri_{2}=av_{1}B.
    Ri1+R(i2i3)e2=0\displaystyle Ri_{1}+R(i_{2}-i_{3})-e_{2}=0, soit R(i1+i2i3)=av2B\displaystyle R\left(i_{1}+i_{2}-i_{3}\right)=av_{2}B.
    Ri1+Ri3e3=0\displaystyle Ri_{1}+Ri_{3}-e_{3}=0, soit R(i1+i3)=av0B\displaystyle R\left(i_{1}+i_{3}\right)=av_{0}B.
    On déduit des équations électriques en les sommant i1=aB4R(v1+v2+v0)\displaystyle i_{1}=\frac{aB}{4R}\left(v_{1}+v_{2}+v_{0}\right), puis i2=aB2R(v2+v0v1)\displaystyle i_{2}=\frac{aB}{2R}\left(v_{2}+v_{0}-v_{1}\right) et i3=aB4R(3v0v1v2)\displaystyle i_{3}=\frac{aB}{4R}\left(3v_{0}-v_{1}-v_{2}\right).
    En remplaçant,
    mdv1dt=(i1i2)Ba=a2B24R(3v1+v2+v0).\displaystyle \begin{aligned}m\frac{dv_{1}}{dt}&=-\left(i_{1}-i_{2}\right)Ba\\&=\frac{a^{2}B^{2}}{4R}\left(-3v_{1}+v_{2}+v_{0}\right).\end{aligned}
    mdv2dt=(i2i3)Ba=a2B24R(v13v2+v0)\displaystyle \begin{aligned}m\frac{dv_{2}}{dt}&=-\left(i_{2}-i_{3}\right)Ba\\&=\frac{a^{2}B^{2}}{4R}(v_{1}-3v_{2}+v_{0})\end{aligned}.
    Les deux vitesses jouent des rôles équivalents et comme elles ont
    les mêmes conditions initiales, elles sont égales à chaque instant.
    D’où dv1dt+a2B24Rm(2v1v0)=0\displaystyle \frac{dv_{1}}{dt}+\frac{a^{2}B^{2}}{4Rm}(2v_{1}-v_{0})=0 , et
    v1(t)=v0[1exp(t/2τ)]/2.v_{1}(t)=v_{0}\left[1-\exp\left(-t/2\tau\right)\right]/2.
    Comme dans le cas précédent, les deux vitesses identiques tendent exponentiellement vers v0/2\displaystyle v_{0}/2. Le temps caractéristiquede décroissance est maintenant 2τ\displaystyle 2\tau.

  4. Equations électriques :
    Ri1+R(ikik+1)ek=0\displaystyle Ri_{1}+R(i_{k}-i_{k+1})-e_{k}=0, pour 1kn1\displaystyle 1\leq k\leq n-1.
    Ri1+Rinen=0\displaystyle Ri_{1}+Ri_{n}-e_{n}=0, soit R(i1+in)=av0B\displaystyle R\left(i_{1}+i_{n}\right)=av_{0}B.
    Equations mécaniques :
    mdvkdt=(ikik+1)Ba\displaystyle m\frac{dv_{k}}{dt}=-\left(i_{k}-i_{k+1}\right)Ba pour 1kn1\displaystyle 1\leq k\leq n-1, soit
    mdvkdt=(ikik+1)Ba=[aBvk/Ri1]Ba\displaystyle \begin{aligned}m\frac{dv_{k}}{dt}&=-\left(i_{k}-i_{k+1}\right)Ba\\&=-\left[aBv_{k}/R-i_{1}\right]Ba\end{aligned}
    en utilisant les équations électriques.
    La même équation est vérifiée par tous les vk\displaystyle v_{k} pour 1kn1\displaystyle 1\leq k\leq n-1, et les valeurs initiales sont les mêmes, ces vitesses sont donc identiques.
    Cherchons la vitesse limite vl\displaystyle v_l atteinte par les barres k\displaystyle k pour 1kn1\displaystyle 1\leq k\leq n-1, lorsque dvkdt=0\displaystyle \frac{dv_{k}}{dt}=0. Alors
    Ri1=avlB\displaystyle Ri_{1}=av_{l}B.
    Par ailleurs, on a vu R(i1+in)=av0B\displaystyle R\left(i_{1}+i_{n}\right)=av_{0}B et en sommant toutes les équations électriques R(n+1)i1=en+(n1)e1=av0B+(n1)avlB\displaystyle R\left(n+1\right)i_{1}=e_{n}+(n-1)e_{1}=av_{0}B+(n-1)av_{l}B, soit (n+1)avlB=av0B+(n1)avlB\displaystyle \left(n+1\right)av_{l}B=av_{0}B+(n-1)av_{l}B, soit
    vl=v0/2.v_{l}=v_{0}/2.
    On retrouve le résultat des cas n=2,n=3\displaystyle n=2, n=3.

Exercice 115 ⭐️⭐️ Deux barres mobiles dans un champ uniforme, Classique/Sup/L1

Deux tiges métalliques identiques (AC)\displaystyle (AC) et (AC)\displaystyle (A'C'), de masse m\displaystyle m et de résistance r\displaystyle r sont placées perpendiculairement à deux rails parfaitement conducteurs parallèles et distants de \displaystyle \ell, sur lesquels elles peuvent se déplacer sans frottement, et en présence d’un champ magnétique B=Buz\displaystyle \overrightarrow{B}=B\overrightarrow{u_{z}} vertical uniforme et constant, perpendiculaire au plan des rails.
À t=0\displaystyle t=0, l’abscisse de (AC)\displaystyle (A'C') est x1(0)=0,\displaystyle \mathbb{}x_{1}(0)=0, l’abscisse de (AC)\displaystyle (AC) est x2(0)=a(0)=a0\displaystyle x_{2}(0)=a(0)=a_{0} et on impose une vitesse V0=V0ux\displaystyle \overrightarrow{V_{0}}=V_{0}\overrightarrow{u_{x}} à la tige (AC)\displaystyle (AC).

  1. Déterminer x1(t)\displaystyle \mathbb{}x_{1}(t) , x2(t)\displaystyle \mathbb{}x_{2}(t) et la distance a(t)\displaystyle \mathbb{}a(t) entre les deux tiges.

  2. Faire un bilan énergétique

Conducteur(s) mobile(s) dans un champ magnétique permanent (induction de Lorentz)
👉 Faire une analyse qualitative avant de se lancer dans les calculs et orienter le circuit.
👉 Loi de Faraday, loi de Lenz.

  1. Il s’agit d’induction de Lorentz (conducteurs mobile dans un champ magnétique permanent). La tige (AC)\displaystyle (AC) étant mise en mouvement, la surface du circuit fermé par (AC)\displaystyle (AC) et (AC)\displaystyle (A'C') varie, le flux de B\displaystyle \overrightarrow{B} à travers le circuit varie, il apparait donc une f.é.m. induite, donc un courant induit dans le circuit. Les deux barres sont donc soumises à des forces de Laplace qui, d’après la loi de Lenz tendent à s’opposer à la variation du flux magnétique.
    Orientons le circuit, par exmple :

    En l’absence d’information, on suppose l’auto-induction négligeable.
    Equation électrique
    Le flux de B\displaystyle \overrightarrow{B} est ϕ=B.d2S=B.d2S=B(x2x1)\displaystyle \phi=\iint\overrightarrow{B}.\overrightarrow{d^{2}S}=\iint B.d^{2}S=B\ell\left(x_{2}-x_{1}\right).
    La f.é.m. induite s’obtient par la loi de Faraday e=dϕdt=B(x˙2x˙1)\displaystyle e=-\frac{d\phi}{dt}=-B\ell\left(\dot{x}_{2}-\dot{x}_{1}\right).D’où l’équation électrique e=2ri\displaystyle e=2ri, soit B(x˙2x˙1)=2ri.\displaystyle -B\ell\left(\dot{x}_{2}-\dot{x}_{1}\right)=2ri.
    Equations mécaniques
    En référentiel supposé galiléen, on applique le théorème du centre de masse à chacune des barres.
    La barre (AC) est soumise à son poids vertical, à la réaction des rails normale aux rails car sans frottement, à la force de Laplace FL1=ACidB=iBex\displaystyle \overrightarrow{F}_{L_{1}}=\int_{A}^{C}i\overrightarrow{d\ell}\land\overrightarrow{B}=i\ell B\overrightarrow{e_{x}}.
    En projetant sur (Ox)\displaystyle \left(Ox\right) mx¨2=Bi\displaystyle m\ddot{x}_{2}=Bi\ell.
    De même mx¨1=Bi\displaystyle m\ddot{x}_{1}=-Bi\ell.
    On obtient ainsi en faisant la somme et la différence des deux équations
    mécaniques le système
    {x¨2+x¨1=0m(x¨2x¨1)=2Bi=B22r(x˙2x˙1)\displaystyle \begin{cases} \ddot{x}_{2}+\ddot{x}_{1}=0\\ m\left(\ddot{x}_{2}-\ddot{x}_{1}\right)=2Bi\ell=-\frac{B^{2}\ell^{2}}{r}\left(\dot{x}_{2}-\dot{x}_{1}\right) \end{cases}
    {x˙2+x˙1=V0x˙2x˙1=V0exp(t/τ)avec τ=mrB22.\displaystyle \Longrightarrow\begin{cases} \dot{x}_{2}+\dot{x}_{1}=V_{0}\\ \dot{x}_{2}-\dot{x}_{1}=V_{0}\exp\left(-t/\tau\right) & \textrm{avec }\tau=\frac{mr}{B^{2}\ell^{2}}. \end{cases}
    On obtient ainsi
    {x˙2(t)=V02[1+exp(t/τ)]x˙1(t)=V02[1exp(t/τ)]\displaystyle \begin{cases} \dot{x}_{2}(t)=\frac{V_{0}}{2}\left[1+\exp\left(-t/\tau\right)\right]\\ \dot{x}_{1}(t)=\frac{V_{0}}{2}\left[1-\exp\left(-t/\tau\right)\right] \end{cases}
    Les deux barres tendent à avoir une vitesse commune, égale à V02\displaystyle \frac{V_{0}}{2}, et
    {x2(t)=V02[tτexp(t/τ)]+a0+V02τx1(t)=V02[t+τexp(t/τ)]V02τ\displaystyle \begin{cases} x_{2}(t)=\frac{V_{0}}{2}\left[t-\tau\exp\left(-t/\tau\right)\right]+a_{0}+\frac{V_{0}}{2}\tau\\ x_{1}(t)=\frac{V_{0}}{2}\left[t+\tau\exp\left(-t/\tau\right)\right]-\frac{V_{0}}{2}\tau \end{cases}
    La distance entre les barres a(t)=a0+V0τ[1exp(t/τ)]\displaystyle a(t)=a_{0}+V_{0}\tau\left[1-\exp\left(-t/\tau\right)\right].
    Elle tend vers la limite a=a0+V0τ\displaystyle a_{\infty}=a_{0}+V_{0}\tau. Pour tτ\displaystyle t\gg\tau, le flux magnétique ne varie plus, les deux barres se déplacent à vitesse constante en l’absence de frottement.

  2. En multipliant l’équation électrique par i\displaystyle i, et les équations mécaniques par les vitesses,
    {Bi(x˙2x˙1)=2ri2mx˙2x¨2=Bix˙2mx˙1x¨1=Bix˙1\displaystyle \begin{cases} -B\ell i\left(\dot{x}_{2}-\dot{x}_{1}\right)=2ri^{2}\\ m\dot{x}_{2}\ddot{x}_{2}=Bi\ell\dot{x}_{2}\\ m\dot{x}_{1}\ddot{x}_{1}=-Bi\ell\dot{x}_{1} \end{cases}
    En éliminant le terme de couplage électromécanique ddt(12mx˙22+12mx˙12)=2ri2\displaystyle \frac{d}{dt}\left(\frac{1}{2}m\dot{x}_{2}^{2}+\frac{1}{2}m\dot{x}_{1}^{2}\right)=-2ri^{2}.
    L’énergie cinétique initiale de la barre 2 est partiellement dissipée sous forme d’effet Joule, le reste se répartissant entre les deux barres.

Exercice 116 ⭐️⭐️ Barre reliée à un ressort, CCINP MP 2019, Sup/L1/MP

Un circuit rectangulaire est fermé par une barre métallique, de masse m\displaystyle m , qui peut se déplacer sans frottement selon l’axe (Ox)\displaystyle \left(Ox\right), en restant perpendiculaire aux deux rails parfaitement conducteurs distants de a. L’ensemble est placé dans un champ magnétique B=Buz\displaystyle \overrightarrow{B}=B\overrightarrow{u_{z}} vertical uniforme et constant, perpendiculaire au circuit. La barre est reliée en son milieu au point fixe A\displaystyle A, par un ressort de raideur k\displaystyle k. L’origine est choisie de telle sorte que l’élongation du ressort est nulle lorsque la barre est en x=0\displaystyle x=0, et la résistance totale du circuit est r\displaystyle r. On néglige l’autoinduction.

À t=0\displaystyle t=0, l’abscisse de la barre est x(0)=x0\displaystyle \mathbb{}x(0)=x_{0}, et sa vitesse est nulle.

  1. Faire une étude qualitative.

  2. Déterminer les équations électrique et mécanique du système. À quelle condition obtient-on un mouvement pseudo-périodique ?

  3. Faire un bilan énergétique.

Conducteur(s) mobile(s) dans un champ magnétique permanent (induction de Lorentz)
👉 Faire une analyse qualitative et orienter le circuit.
👉 Loi de Faraday, loi de Lenz.

  1. Il s’agit d’induction de Lorentz (conducteur mobile dans un champ magnétique permanent). À cause de la tension du ressort, la barre se met en mouvement et le flux de B\displaystyle \overrightarrow{B} à travers le circuit varie, il apparait donc une f.é.m. induite, donc un courant induit dans le circuit. La barre est soumise, en plus de la tension du ressort, à une force de Laplace qui, d’après la loi de Lenz tendent à s’opposer à la variation du flux magnétique.
    Orientons le circuit.

    Equation électrique
    Le flux de B\displaystyle \overrightarrow{B} est ϕ=B.d2S=B.d2S=B(xxA)\displaystyle \phi=\iint\overrightarrow{B}.\overrightarrow{d^{2}S}=\iint B.d^{2}S=B\ell\left(x-x_{A}\right).
    La f.é.m. induite s’obtient par la loi de Faraday e=dϕdt=Bx˙\displaystyle e=-\frac{d\phi}{dt}=-B\ell\dot{x}. L’équation électrique est donc e=ri\displaystyle e=ri, soit Bx˙=ri.-B\ell\dot{x}=ri.
    Equation mécanique
    En référentiel supposé galiléen, on applique le théorème du centre de masse à la barre.
    La barre est soumise à son poids vertical, à la réaction des rails normale aux rails car sans frottement, à la force de Laplace FL=ACidB=iBex\displaystyle \overrightarrow{F}_{L}=\int_{A}^{C}i\overrightarrow{d\ell}\land\overrightarrow{B}=i\ell B\overrightarrow{e_{x}}, et à la tension du ressort T=kxex\displaystyle \overrightarrow{T}=-kx\overrightarrow{e_{x}}.
    En projetant sur (Ox)mx¨=Bikx\displaystyle \left(Ox\right) m\ddot{x}=Bi\ell-kx.
    En éliminant le courant, mx¨=Bikx=B22rx˙kx\displaystyle m\ddot{x}=Bi\ell-kx=-\frac{B^{2}\ell^{2}}{r}\dot{x}-kx, soit
    x¨+2λx+ω02x=0,\ddot{x}+2\lambda x+\omega_{0}^{2}x=0, avec ω0=km\displaystyle \omega_{0}=\sqrt{\frac{k}{m}} et λ=B222mr.\displaystyle \lambda=\frac{B^{2}\ell^{2}}{2mr}.
    L’équation caractéristique associée à l’équation différentielle est r2+2λr+ω02r=0\displaystyle r^{2}+2\lambda r+\omega_{0}^{2}r=0. Le régime est pseudo-périodique lorsque les racines de l’équation caractéristiques sont non réelles, soit Δ=4(λ2ω02)<0\displaystyle \Delta=4\left(\lambda^{2}-\omega_{0}^{2}\right)<0, soit B222r<km\displaystyle \frac{B^{2}\ell^{2}}{2r}<\sqrt{km}. Il faut que le champ, qui crèe l’amortissement, ne soit pas trop grand, et que la raideur du ressort, qui crèe les oscillations, soit assez grande. La solution alors est de la forme x(t)=X0exp(λt)cos[ω02λ2t+φ]\displaystyle x(t)=X_{0}\exp\left(-\lambda t\right)\cos\left[\sqrt{\omega_{0}^{2}-\lambda^{2}}t+\varphi\right].

  2. En multipliant l’équation électrique par i et l’équation mécanique par x˙\displaystyle \dot{x} :
    {Bx˙i=ri2ddt(12mx˙2)=Bix˙ddt(12kx2)\displaystyle \begin{cases} -B\ell\dot{x}i=ri^{2}\\ \frac{d}{dt}\left(\frac{1}{2}m\dot{x}^{2}\right)=Bi\ell\dot{x}-\frac{d}{dt}\left(\frac{1}{2}kx^{2}\right) \end{cases}
    d’où ddt(12mx˙2)+ddt(12kx2)=ri2.\frac{d}{dt}\left(\frac{1}{2}m\dot{x}^{2}\right)+\frac{d}{dt}\left(\frac{1}{2}kx^{2}\right)=-ri^{2}.

L’énergie potentielle élastique initiale est convertie pendant le mouvement en énergie cinétique et dissipée par effet Joule. Finalement, l’énergie mécanique est totalement dissipée en effet Joule.

Exercice 117 ⭐️⭐️⭐️ Mesure d’un courant fort, Spé/L2

D’après Centrale.
Un câble considéré comme infini est parcouru par un courant i(t)\displaystyle i(t) sinusoïdal de fréquence f=50 Hz.\displaystyle f=50\textrm{ Hz}. Pour mesurer l’intensité de ce courant, on utilise un ensemble de deux bobines planes (1)\displaystyle \left(1\right) et (2)\displaystyle \left(2\right), de même résistance R=1Ω\displaystyle R=1\Omega, constituées chacune d’un enroulement de N=100\displaystyle N=100 spires carrées de côté a=2,0 cm\displaystyle a=2,0\textrm{ cm} quasiment confondues, et disposées comme indiqué sur la figure.
Chaque bobine est en court-circuit et est équipée d’un capteur ampèremètrique mesurant les intensités efficaces i1,eff \displaystyle i_{1,\textrm{eff }} et i2,eff \displaystyle i_{2,\textrm{eff }} des courants dans (1)\displaystyle \left(1\right) et (2)\displaystyle \left(2\right).

  1. Expliquer pourquoi on observe des courants dans les bobines.

  2. Les capteurs ampèremétriques fournissent i1,eff =1,92 mA\displaystyle i_{1,\textrm{eff }}=1,92\textrm{ mA} et i2,eff =1,83 mA\displaystyle i_{2,\textrm{eff }}=1,83\textrm{ mA}, et on suppose Da\displaystyle D\gg a.
    En déduire l’intensité efficace du courant ieff \displaystyle i_{\textrm{eff }}dans le câble.

  3. Discuter les hypothèses de travail.

  4. Quel est l’avantage de ce dispositif par rapport à un ampèremètre branché directement sur le câble ? par rapport à une pince ampèremétrique (petite bobine torique munie d’un ampèremètre qu’on place autour du câble) ?

Conducteur fixe en présence d’un champ magnétique dépendant du temps
👉 Induction de Neumann. Loi de Faraday.
👉 Orienter les circuits et faire une analyse qualitative.

  1. Le câble parcouru par un courant variable crèe un champ magnétique dépendant du temps, dont le flux à travers les bobines dépend du temps. Il s’agit d’induction de Neumann.
    Une fém apparait dans les bobines, donc un courant induit apparait.
  2. Faisons l’hypothèse que l’autoinduction est négligeable et que l’induction mutuelle entre les deux bobines est négligeable.
  • Le champ créé par le câble est évalué dans l’ARQS au vu de la faible fréquence. On se place en coordonnées cylindriques r,θ,z\displaystyle r,\theta,z pour repérer un point de l’espace.
    -Direction du champ en tout point de l’espace : le plan contenant l’axe
    du câble et un point M\displaystyle M quelconque est plan de symétrie de la distribution
    de courant, donc B(M)\displaystyle \overrightarrow{B}(M) est perpendiculaire à ce plan B(M)=B(M)uθ\displaystyle \overrightarrow{B}(M)=B(M)\overrightarrow{u_{\theta}}.
    -Paramètres d’espace de B\displaystyle \overrightarrow{B}: il y a invariance de la distribution de courant par translation selon l’axe du fil (axe (Oz)\displaystyle \left(Oz\right)) et par rotation autour de (Oz)\displaystyle \left(Oz\right) ; donc B(M)\displaystyle B(M) ne dépend que de r\displaystyle r.
    -On applique le théorème d’Ampère à un contour circulaire d’axe (Oz)\displaystyle \left(Oz\right) passant par M\displaystyle M :
    B.d=μ0ienlaceˊ\displaystyle \oint\overrightarrow{B}.\overrightarrow{d\ell}=\mu_{0}i_{enlac\acute{e}}, soit B(M).2πr=μ0ienlaceˊ\displaystyle B(M).2\pi r=\mu_{0}i_{enlac\acute{e}}.
    Pour M\displaystyle M extérieur au câble, ienlaceˊ=i(t)\displaystyle i_{enlac\acute{e}}=i(t), d’où

B(M)=μ0i(t)2πruθ.\overrightarrow{B}(M)=\frac{\mu_{0}i(t)}{2\pi r}\overrightarrow{u_{\theta}}.

  • Pour évaluer le flux de B\displaystyle \overrightarrow{B} à travers les bobines plates, il faut les orienter. L’orientation choisie ici est indiquée sur le schéma (vecteur surface selon uθ\displaystyle \overrightarrow{u_{\theta}}).

Le flux à travers la bobine 1 est ϕ1=Nμ0i(t)2πaln(D+aD)\displaystyle \phi_{1}=N\frac{\mu_{0}i(t)}{2\pi }a\ln\left(\frac{D+a}{D}\right) ; la fém induite e1=Nμ02πaln(D+aD)didt\displaystyle e_{1}=-N\frac{\mu_{0}}{2\pi }a\ln\left(\frac{D+a}{D}\right)\frac{di}{dt}.

Le flux à travers la bobine 2 est ϕ2=Nμ0i(t)2πaln(D+3aD+2a)\displaystyle \phi_{2}=N\frac{\mu_{0}i(t)}{2\pi }a\ln\left(\frac{D+3a}{D+2a}\right) ; la fém induite e2=Nμ02πaln(D+3aD+2a)didt\displaystyle e_{2}=-N\frac{\mu_{0}}{2\pi }a\ln\left(\frac{D+3a}{D+2a}\right)\frac{di}{dt}.
Les capteurs relèvent des valeurs efficaces, on se place en représentation complexe avec avec i(t)=Re(i(t))=Re(ieff2exp[j(ωt+φ)])\displaystyle i(t)=\mathscr{\textrm{Re}}\left(\underline{i}(t)\right)=\mathscr{\textrm{Re}}\left(i_{\textrm{eff}}\sqrt{2}\exp\left[j\left(\omega t+\varphi\right)\right]\right).
i1=e1/R=jωNμ02πRaln(D+aD)i\displaystyle \underline{i_{1}}=\underline{e_{1}}/R=-j\omega N\frac{\mu_{0}}{2\pi R}a\ln\left(\frac{D+a}{D}\right)\underline{i}
et i2=e2/R=jωNμ02πRaln(D+3aD+2a)i\displaystyle \underline{i_{2}}=\underline{e_{2}}/R=-j\omega N\frac{\mu_{0}}{2\pi R}a\ln\left(\frac{D+3a}{D+2a}\right)\underline{i}.
D’où
i1,eff =ωNμ02πRaln(D+aD)ieff \displaystyle i_{1,\textrm{eff }}=\omega N\frac{\mu_{0}}{2\pi R}a\ln\left(\frac{D+a}{D}\right)i_{{\textrm{eff }}}
et i2,eff =ωNμ02πRaln(D+3aD+2a)ieff \displaystyle i_{2,{\textrm{eff }}}=\omega N\frac{\mu_{0}}{2\pi R}a\ln\left(\frac{D+3a}{D+2a}\right)i_{{\textrm{eff }}}
Avec ln(1+x)xx2/2\displaystyle \ln\left(1+x\right)\simeq x-x^{2}/2 à l’ordre 2 en x\displaystyle x :
ln(D+aD)aD12(aD)2\displaystyle \ln\left(\frac{D+a}{D}\right)\simeq\frac{a}{D}-\frac{1}{2}\left(\frac{a}{D}\right)^{2}
ln(D+3aD+2a)3aD92(aD)2[2aD42(aD)2]=aD52(aD)2\displaystyle \begin{aligned}\ln\left(\frac{D+3a}{D+2a}\right)&\simeq\frac{3a}{D}-\frac{9}{2}\left(\frac{a}{D}\right)^{2}-\left[\frac{2a}{D}-\frac{4}{2}\left(\frac{a}{D}\right)^{2}\right]\\&=\frac{a}{D}-\frac{5}{2}\left(\frac{a}{D}\right)^{2}\end{aligned}.
D’où
i1,eff =ωNμ02πRa[aD12(aD)2]ieff \displaystyle i_{1,{\textrm{eff }}}=\omega N\frac{\mu_{0}}{2\pi R}a\left[\frac{a}{D}-\frac{1}{2}\left(\frac{a}{D}\right)^{2}\right]i_{{\textrm{eff }}}
et i2,eff =ωNμ02πRa[aD52(aD)2]ieff \displaystyle i_{2,{\textrm{eff }}}=\omega N\frac{\mu_{0}}{2\pi R}a\left[\frac{a}{D}-\frac{5}{2}\left(\frac{a}{D}\right)^{2}\right]i_{{\textrm{eff }}}
i1,eff /i2,eff =112(aD)152(aD)1+2aD\displaystyle i_{1,{\textrm{eff }}}/i_{2,{\textrm{eff }}}=\frac{1-\frac{1}{2}\left(\frac{a}{D}\right)}{1-\frac{5}{2}\left(\frac{a}{D}\right)}\simeq1+2\frac{a}{D}
aD=12(i1,eff i2,eff 1)\displaystyle \Longrightarrow\frac{a}{D}=\frac{1}{2}\left(\frac{i_{1,{\textrm{eff }}}}{i_{2,{\textrm{eff }}}}-1\right)
et ieff =i1,eff /[ωNμ02πRa[aD12(aD)2]]\displaystyle i_{{\textrm{eff }}}=i_{1,{\textrm{eff }}}/\left[\omega N\frac{\mu_{0}}{2\pi R}a\left[\frac{a}{D}-\frac{1}{2}\left(\frac{a}{D}\right)^{2}\right]\right], soit en ne gardant que le premier terme du dénominateur,
ieff =4πRi1,eff i2,eff μ0ωNa(i1,eff i2,eff ),i_{\textrm{eff }}=\frac{4\pi Ri_{1,\textrm{eff }}i_{2,\textrm{eff }}}{\mu_{0}\omega Na(i_{1,\textrm{eff }}-i_{2,\textrm{eff }})},
expression homogène (H.Ω1=\displaystyle \Omega^{-1}= s)
A.N. ieff =6,2.102\displaystyle i_{\textrm{eff }}=6,2.10^{2} A, ce qui est un courant très important.

  1. Au vu de la valeur de la fréquence, on est largement dans les conditions de l’ARQS (Dc/f)\displaystyle (D\ll c/f). On a supposé le câble infini, il faut que D\displaystyle D soit très petit devant la longueur du câble, et que les bobines ne soient pas situées près des extrémités du câble.
    Comme déjà dit, on a supposé que l’autoinduction est négligeable et que l’induction mutuelle entre les deux bobines est négligeable. Etant données les valeurs respectives des courants, cela semble a priori justifié.
  2. Il n’existe pas (à ma connaissance 🤔) d’ampèremètre permettant de mesurer de tels courants.
    Une pince ampèremétrique nécessite de pouvoir la placer autour du câble. Ici on peut mesurer le courant dans un câble inaccessible (par exemple un câble enterré), ou posé au fond de la mer (une pince nécessiterait de bouger le câble).

Exercice 118 ⭐️⭐️⭐️ Un naufragé, Spé/L2

Aux abords d’une île déserte, un courant marin circule horizontalement d’Est en Ouest avec une vitesse V=V0ux\displaystyle \overrightarrow{V}=V_{0}\overrightarrow{u_{x}} uniforme.
Un naufragé sur cette île déserte décide de tirer profit du courant marin pour produire de l’énergie et tenter de réchauffer une boîte de conserve. Il installe dans l’eau, près de la plage, deux plaques métalliques P1\displaystyle _{1} et P2\displaystyle _{2} carrées de côté a\displaystyle a (récupérées sur son bateau), qu’il dispose horizontalement en face l’une de l’autre, espacées de Δz=h\displaystyle \Delta z=h, de telle sorte qu’un côté d’une plaque soit parallèle à la direction Est-Ouest.
Au lieu considéré, la composante horizontale du champ magnétique terrestre est uniforme, dirigée du Nord vers le Sud et d’une valeur usuelle dont on donnera l’ordre de grandeur. Les plaques sont réunies par des fils conducteurs, isolés de l’eau de mer, et branchés aux bornes d’une résistance chauffante R\displaystyle R qui se trouve sur la plage. La résistivité électrique de l’eau de mer est ρ=0,25Ω.m.\displaystyle \rho=0,25\,\Omega.\textrm{m}.

  1. Montrer que les deux plaques et le courant marin forment un générateur dont on exprimera les caractéristiques en utilisant un bilan auxiliaire de puissance. On modélisera le courant entre les deux plaques en négligeant les effets de bord, et en supposant que le courant est réparti uniformément dans l’espace entre les plaques, et nul ailleurs.

  2. Quelle est la valeur de R\displaystyle R qui permet au naufragé de disposer
    d’une puissance maximale?

  3. S=a2=\displaystyle S=a^{2}= 3 m2\displaystyle ^{2}, V0=5\displaystyle V_{0}=5 m.s1\displaystyle ^{-1} et h=5\displaystyle h=5 m. Le naufragé pourra-t-il manger chaud?

  4. On néglige l’effet de la pesanteur et toute viscosité. Donner l’expression de la force volumique de pression.
    On suppose que la pression P\displaystyle P ne dépend que de x\displaystyle x, en déduire P(x=0)P(x=a)\displaystyle P(x=0)-P(x=a) en fonction des données. Commenter.

  • Conducteur en mouvement dans un champ magnétique
    👉 Induction de Lorentz.
    👉 Analyse qualitative et orientation du circuit.
  • Pas de circuit filiforme 👉 Loi de Faraday inutilisable. Utiliser un bilan de puissance : la somme de la puissance électrique et de la puissance des actions de Laplace est nulle.
  1. L’eau est conductrice, on a donc un conducteur en mouvement en présence du champ magnétique terrestre. Il apparait un phénomène d’induction de Lorentz, qui conduit à l’apparition d’un courant induit dans le circuit. La loi de Faraday ne peut pas être utilisée simplement ici, on utilise un bilan auxiliaire de puissance pour déterminer la f.é.m. eI+PL=0.eI+P_{L}=0.
    Le courant est réparti uniformément entre les plaques. Orientons le “circuit” selon (Oz)\displaystyle \left(Oz\right).

    I=j.d2S=ja2\displaystyle I=\iint\overrightarrow{j}.\overrightarrow{d^{2}S}=ja^{2}. Sur un élément de volume d3τ\displaystyle d^{3}\tau s’exerce la force de Laplace d3FL=jBd3τ=jBuxd3τ\displaystyle d^{3}\overrightarrow{F_{L}}=\overrightarrow{j}\land\overrightarrow{B}d^{3}\tau=-jB\overrightarrow{u}_{x}d^{3}\tau où le champ magnétique terrestre horizontal B2.105\displaystyle B\simeq2.10^{-5} T (la composante verticale est parallèle à j\displaystyle \overrightarrow{j}). La force résultante s’obtient en intégrant sur tout le volume entre les deux plaques FL=jBa2hux=IBhux.\overrightarrow{F_{L}}=-jBa^{2}h\overrightarrow{u}_{x}=-IBh\overrightarrow{u}_{x}.
    Comme la force est uniformément répartie, la puissance de la force de Laplace est simplement PL=FL\displaystyle P_L=\overrightarrow{F_{L}}.V0=IBhV0\displaystyle \overrightarrow{V_{0}}=-IBhV_{0}.
    Le bilan auxiliaire de puissance eI+PL=0\displaystyle eI+P_{L}=0 donne e=BhV0.e=BhV_{0}.
    La résistance de l’eau de mer entre les deux plaques est r=ρha2\displaystyle r=\rho\frac{h}{a^{2}}.
    On a ainsi un générateur de fem e\displaystyle e, de résistance r\displaystyle r.

  2. Le circuit peut être modélisé par le générateur en série avec la résistance R\displaystyle R.

    La puissance fournie à la résistance est P=RI2=R(er+R)2\displaystyle P=RI^{2}=R\left(\frac{e}{r+R}\right)^{2}.
    On cherche R\displaystyle R telle que P\displaystyle P soit maximale.
    P=e2\displaystyle P'=e^{2}[(r+R)2R2(r+R)(r+R)4]=e2r2R2(r+R)4\displaystyle \left[\frac{\left(r+R\right)^{2}-R2(r+R)}{\left(r+R\right)^{4}}\right]=e^{2}\frac{r^{2}-R^{2}}{\left(r+R\right)^{4}}.
    La valeur maximale de la puissance est obtenue pour r=R\displaystyle r=R et Pmax=e24r.P_{max}=\frac{e^{2}}{4r}.

  3. Pmax=hS(BV0)24ρ\displaystyle P_{max}=\frac{hS\left(BV_{0}\right)^{2}}{4\rho}. A.N. Pmax=1,5.107\displaystyle P_{max}=1,5.10^{-7}W,
    trop minuscule pour réchauffer le repas du naufragé, il va devoir manger froid…

  4. d3FL=jBd3τ\displaystyle d^{3}\overrightarrow{F_{L}}=\overrightarrow{j}\land\overrightarrow{B}d^{3}\tau et
    d3FP=gradP.d3τ\displaystyle d^{3}\overrightarrow{F_{P}}=-\overrightarrow{\textrm{grad}}P.d^{3}\tau
    (à savoir redémontrer dans le cas où la pression ne dépend que d’une coordonnée d’espace).
    En négligeant tout phénomène de viscosité, comme la vitesse du fluide est uniforme, la somme des forces volumiques est nulle : gradP=jB\displaystyle \overrightarrow{\textrm{grad}}P=\overrightarrow{j}\land\overrightarrow{B}
    , d’où dPdx=jB=ISB=B2V0ρ\displaystyle \frac{dP}{dx}=-jB=-\frac{I}{S}B=-\frac{B^{2}V_{0}}{\rho}. En intégrant,
    P(0)P(a)=B2V0ρa.P(0)-P(a)=\frac{B^{2}V_{0}}{\rho}a.
    Déterminons la puissance fournie par le courant. Pour cela considérons le système constitué par l’eau entre les plaques à la date t\displaystyle t + l’eau entrant entre t\displaystyle t et t+dt\displaystyle t+dt dans cette zone. Le travail des forces de pression reçu par ce système entre t\displaystyle t et t+dt\displaystyle t+dt est [P(0)(0haV0dt)P(a)(haV0dt0)]=B2V02ρhSdt\displaystyle \left[-P(0)(0-haV_{0}dt)-P(a)(haV_{0}dt-0)\right]=\frac{B^{2}V_{0}^{2}}{\rho}hSdt, d’où la puissance mécanique reçue par le système
    Pmeˊca=B2V02ρhS\displaystyle P_{m\acute{e}ca}=\frac{B^{2}V_{0}^{2}}{\rho}hS.
    On obtient Pmeˊca=PL=eI\displaystyle P_{m\acute{e}ca}=-P_{L}=eI, la puissance fournie par le courant est finalement dissipée en effet Joule.

Exercice 126 ⭐️⭐️⭐️ Résistance d’un tore, Mines Ponts MP 2021, Spé/L2

Un conducteur ohmique en forme d’anneau plat (un tore à section rectangulaire de rayon intérieur a\displaystyle a, de rayon extérieur b\displaystyle b et d’épaisseur e\displaystyle e) a une conductivité γ\displaystyle \gamma. On effectue une petite entaille, d’angle ε<<1,\displaystyle \epsilon<<1, et on impose un potentiel VA\displaystyle V_{A} et un potentiel VB\displaystyle V_{B} aux deux extrémités, ce qui donne lieu à la circulation d’un courant I\displaystyle I. L’étude s’effectue en régime permanent. Déterminer la résistance de cet anneau plat en précisant les hypothèses faites.

,
Rappel : en coordonnées cylindriques
gradV=Vrur+1rVθuθ+Vzuz\displaystyle \overrightarrow{\textrm{grad}}V=\frac{\partial V}{\partial r}\overrightarrow{u_{r}}+\frac{1}{r}\frac{\partial V}{\partial\theta}\overrightarrow{u_{\theta}}+\frac{\partial V}{\partial z}\overrightarrow{u_{z}}.

Conducteur ohmique 👉 Loi d’Ohm locale j=γE\displaystyle \overrightarrow{j}=\gamma\overrightarrow{E}.
Régime permanent 👉 E=gradV\displaystyle \overrightarrow{E}=-\overrightarrow{\textrm{grad}}V.

Mise à part l’entaille de faible dimension, le système a une géométrie cylindrique. En coordonnées cylindriques (r,θ,z)\displaystyle \left(r,\theta,z\right), on peut supposer que les équipotentielles sont des sections d’angle θ\displaystyle \theta donné V(M)=V(θ)\displaystyle V(M)=V(\theta).

En régime permanent E=gradV=1rVθuθ\displaystyle \overrightarrow{E}=-\overrightarrow{\textrm{grad}}V=-\frac{1}{r}\frac{\partial V}{\partial\theta}\overrightarrow{u_{\theta}}
est ainsi orthoradial et dépend a priori de r\displaystyle r et θ\displaystyle \theta : E=E(r,θ)uθ\displaystyle \overrightarrow{E}=E(r,\theta)\overrightarrow{u_{\theta}}.

La loi d’Ohm locale donne le vecteur densité de courant j=γE\displaystyle \overrightarrow{j}=\gamma\overrightarrow{E}.
Le courant I=sectionj.d2S\displaystyle I=\iint_{\textrm{section}}\overrightarrow{j}.\overrightarrow{d^{2}S}, d’où
I=z=0z=er=ar=bγE(r,θ)dzdr=γer=ar=bE(r,θ)dr\displaystyle I=\int_{z=0}^{z=e}\int_{r=a}^{r=b}\gamma E(r,\theta)dzdr=\gamma e\int_{r=a}^{r=b}E(r,\theta)dr est indépendant de θ\displaystyle \theta, on peut supposer E(r,θ)=E(r)\displaystyle E(r,\theta)=E(r) indépendant de θ\displaystyle \theta.

En intégrant sur une ligne de champ (circulaire, de rayon r\displaystyle r) de E\displaystyle \overrightarrow{E},

VAVB=ABE(r).d=(2πε)rE(r)\displaystyle V_{A}-V_{B}=\int_{A}^{B}\overrightarrow{E}(r).\overrightarrow{d\ell}=(2\pi-\epsilon) rE(r),
d’où avec ε<<1\displaystyle \epsilon<<1, E(r)=VAVB2πr.E(r)=\frac{V_{A}-V_{B}}{2\pi r}.

En réinjectant dans l’expression du courant I=γe2π(VAVB)ln(ba)\displaystyle I=\frac{\gamma e}{2\pi}\left(V_{A}-V_{B}\right)\ln\left(\frac{b}{a}\right).
Il s’en déduit R=2πγeln(ba),R=\frac{2\pi}{\gamma e\ln\left(\frac{b}{a}\right)}, homogène.

Remarque — Pour ba\displaystyle b\rightarrow a, R=2πγeln(1+baa)2πaγe(ba)\displaystyle R=\frac{2\pi}{\gamma e\ln\left(1+\frac{b-a}{a}\right)}\simeq\frac{2\pi a}{\gamma e(b-a)}.
On retrouve la résistance 1γLS\displaystyle \frac{1}{\gamma}\frac{L}{S} d’un barreau conducteur de section S=e(ba)\displaystyle S=e(b-a), de longueur L=2πa\displaystyle L=2\pi a.

Exercice 161 ⭐️⭐️⭐️ Cadre oscillant dans un champ magnétique non uniforme, CCMP MP 2021, Spé/L2

Un cadre carré de masse m\displaystyle m, de côté a\displaystyle a et de résistance r\displaystyle r, est suspendu par un ressort de longueur à vide 0\displaystyle \ell_{0} et de constante de raideur k\displaystyle k, et dont l’autre extrémité est reliée au point fixe O. Le champ magnétique B=B0(1zδ)ey\displaystyle \overrightarrow{B}=B_{0}\left(1-\frac{z}{\delta}\right)\overrightarrow{e_{y}}.
Les effets d’auto-induction sont négligés.

  1. Donner la position d’équilibre zA=z0\displaystyle z_{A}=z_{0} du cadre (le cadre est repéré par la position zA=z(A)\displaystyle z_{A}=z(A) de son extrémité haute, qui correspond aussi à la longueur du ressort).
    On lâche le cadre depuis zA=0+L\displaystyle z_{A}=\ell_{0}+L, avec une vitesse initiale nulle.

  2. Que se passe-t-il ?

  3. Déterminer l’intensité induite en fonction de B0,a,δ,R\displaystyle B_{0},a,\delta,R et zA˙\displaystyle \dot{z_{A}}.

  4. Déterminer l’équation différentielle vérifiée par zA\displaystyle z_{A}. Commenter la nature des solutions.

  5. Faire un bilan énergétique. Déterminer l’énergie dissipée entre le moment où on lâche le cadre et le moment où le mouvement est totalement arrêté.

Conducteur en mouvement dans un champ magnétique 👉 Faire une analyse qualitative préalable, et orienter le circuit.
👉 Loi de Faraday pour obtenir l’équation électrique.
👉 Ne pas oublier les actions mécaniques de Laplace pour l’équation mécanique.

  1. En référentiel terrestre supposé galiléen, le cadre au repos n’est soumis qu’à son poids mgez\displaystyle mg\overrightarrow{e_{z}}, et à l’action du ressort T=k(z00)ez\displaystyle \overrightarrow{T}=-k(z_{0}-\ell_{0})\overrightarrow{e_{z}}.
    T+F=0\displaystyle \overrightarrow{T}+\overrightarrow{F}=\overrightarrow{0}\Rightarrowz0=0+mgk.\displaystyle z_{0}=\ell_{0}+\frac{mg}{k}.

  2. Le cadre, hors équilibre, est mis en mouvement et amorce un mouvement oscillatoire sous l’action de la force de rappel du ressort. Le champ magnétique étant non uniforme, le flux à travers le cadre varie, ce qui génère, d’après la loi de Faraday, une f.é.m. induite, donc un courant dans le cadre, qui est alors soumis à une force de Laplace. D’après la loi de Lenz, les effets de l’induction s’opposent aux causes qui leur ont donné naissance, et donc les variations du flux devraient s’amoindrir, autrement dit le cadre va être freiné dans son mouvement d’oscillation.

  3. Orientons le cadre de telle sorte que son vecteur surface soit porté par ey\displaystyle \overrightarrow{e_{y}}.

    D’après la loi de Faraday, la f.é.m. est

  4. e=dφdt\displaystyle e=-\frac{d\varphi}{dt} avec
    φ=cadreB.d2S=x=0azAzA+aB0(1zδ)ey.dxdzey=B0a[(zA+a(zA+a)22δ)(zAzA22δ)]=B0a[a2zAa+a22δ].\displaystyle \begin{aligned}\varphi&=\iint_{cadre}\overrightarrow{B}.\overrightarrow{d^{2}S}\\&=\int_{x=0}^{a}\int_{z_{A}}^{z_{A}+a}B_{0}\left(1-\frac{z}{\delta}\right)\overrightarrow{e_{y}}.dxdz\overrightarrow{e_{y}}\\&=B_{0}a\left[\left(z_{A}+a-\frac{\left(z_{A}+a\right)^{2}}{2\delta}\right)-\left(z_{A}-\frac{z_{A}^{2}}{2\delta}\right)\right]\\&=B_{0}a\left[a-\frac{2z_{A}a+a^{2}}{2\delta}\right].\end{aligned}
    Soit e=B0a2zA˙δ.\displaystyle e=B_{0}a^{2}\frac{\dot{z_{A}}}{\delta}.
    Le courant s’en déduit par i=eR=B0a2zA˙Rδ.i=\frac{e}{R}=B_{0}a^{2}\frac{\dot{z_{A}}}{R\delta}.

  5. le cadre est soumis à son poids, à l’action du ressort, et à la force de Laplace FL=cadreidB\displaystyle \overrightarrow{F_{L}}=\oint_{cadre}i\overrightarrow{d\ell}\wedge\overrightarrow{B}, qui n’est pas nulle car le champ magnétique n’est pas uniforme. Les forces qui s’exercent sur les brins verticaux se compensent. Ce n’est pas le cas des brins horizontaux.

FL=iDEdexB0(1zA+aδ)ey+iACd(ex)B0(1zAδ)ey=iaB0[(1zA+aδ)ez(1zAδ)ez]=ia2δB0ez.\displaystyle \begin{aligned}\overrightarrow{F_{L}}&=i\int_{D}^{E}d\ell\overrightarrow{e_{x}}\wedge B_{0}\left(1-\frac{z_{A}+a}{\delta}\right)\overrightarrow{e_{y}}+i\int_{A}^{C}d\ell\left(-\overrightarrow{e_{x}}\right)\wedge B_{0}\left(1-\frac{z_{A}}{\delta}\right)\overrightarrow{e_{y}}\\&=iaB_{0}\left[\left(1-\frac{z_{A}+a}{\delta}\right)\overrightarrow{e_{z}}-\left(1-\frac{z_{A}}{\delta}\right)\overrightarrow{e_{z}}\right]\\&=-i\frac{a^{2}}{\delta}B_{0}\overrightarrow{e_{z}}.\end{aligned}
D’où l’équation du mouvement projeté sur (z)\displaystyle \left(z\right) :
mz¨A=mgk(zA0)(B0a2)2Rδ2z˙A¨\displaystyle m\ddot{\ddot{z}_{A}=mg-k\left(z_{A}-\ell_{0}\right)-\frac{\left(B_{0}a^{2}\right)^{2}}{R\delta^{2}}\dot{z}_{A}}
soit z¨A+(B0a2)2mRδ2z˙A+kmzA=g+km0.\ddot{z}_{A}+\frac{\left(B_{0}a^{2}\right)^{2}}{mR\delta^{2}}\dot{z}_{A}+\frac{k}{m}z_{A}=g+\frac{k}{m}\ell_{0}.
Il s’agit d’une équation du type oscillateur harmonique amorti. L’amortissement
est d’autant plus important (terme en z˙A\displaystyle \dot{z}_{A}) que la variation du flux (terme en B0a2)\displaystyle \left(\textrm{terme en }B_{0}a^{2}\right) se fait sur des petites distances (δ)\displaystyle \left(\delta\right). On retrouve l’influence de la masse du cadre et de sa résistance (plus elles sont grandes, plus l’amortissement est faible)
Les solutions de l’équation sont la somme d’une solution générale de l’équation homogène z¨A+(B0a2)2mRδ2z˙A+kmzA=0\displaystyle \ddot{z}_{A}+\frac{\left(B_{0}a^{2}\right)^{2}}{mR\delta^{2}}\dot{z}_{A}+\frac{k}{m}z_{A}=0 et de la solution particulière zA=0+mg/k\displaystyle z_{A}=\ell_{0}+mg/k de l’équation avec second membre.

Posons ω0=km\displaystyle \omega_{0}=\sqrt{\frac{k}{m}} et ω0Q=(B0a2)2mRδ2\displaystyle \frac{\omega_{0}}{Q}=\frac{\left(B_{0}a^{2}\right)^{2}}{mR\delta^{2}}, soit Q=kmRδ2(B0a2)2\displaystyle Q=\frac{\sqrt{km}R\delta^{2}}{\left(B_{0}a^{2}\right)^{2}}.
Le discriminant de l’équation caractéristique r2+ω0Qr+ω02=0\displaystyle r^{2}+\frac{\omega_{0}}{Q}r+\omega_{0}^{2}=0 est Δ=ω0(1Q24)\displaystyle \Delta=\omega_{0}\left(\frac{1}{Q^{2}}-4\right).
-Pour Δ<0\displaystyle \Delta<0, soit Q>1/2\displaystyle Q>1/2, les racines de l’équation caractéristiques
sont complexes, la solution est pseudo-périodique amortie.
-Pour Δ=0\displaystyle \Delta=0, soit Q=1/2\displaystyle Q=1/2, il s’agit du régime critique (qui
permet le retour à l’équilibre le plus rapidement).
-Pour Δ>0\displaystyle \Delta>0, soit Q<1/2\displaystyle Q<1/2, les racines de l’équation caractéristiques
sont réelles négatives, la solution est apériodique amortie.

  1. En multipliant l’équation mécanique mécanique par zA˙,\displaystyle \dot{z_{A}},
    ddt(12mz˙A2)=ddt(mgzA)ddt(12k(zA0)2)(B0a2)2Rδ2z˙A2¨\displaystyle \frac{d}{dt}(\frac{1}{2}m\ddot{\dot{z}_{A}^{2})=\frac{d}{dt}(mgz_{A})-\frac{d}{dt}(\frac{1}{2}k\left(z_{A}-\ell_{0}\right)^{2})-\frac{\left(B_{0}a^{2}\right)^{2}}{R\delta^{2}}\dot{z}_{A}^{2}},
    soit en réarrangeant les termes
    ddt(12mz˙A2¨mgzA+12k(zA0)2)=ia2δB0zA˙=PLaplace.\frac{d}{dt}(\frac{1}{2}m\ddot{\dot{z}_{A}^{2}}-mgz_{A}+\frac{1}{2}k\left(z_{A}-\ell_{0}\right)^{2})=-i\frac{a^{2}}{\delta}B_{0}\dot{z_{A}}=P_{Laplace}.
    Ainsi la dérivée de l’énergie mécanique du dispositif par rapport au temps est égale à la puissance de la force de Laplace.
    Par ailleurs, on vérifie le bilan de puissance usuel correspondant au transfert électromécanique : PLaplace=ei\displaystyle P_{Laplace}=-ei.
    Finalement le bilan de puissance s’écrit
    dEmeˊcadt=ei=Ri2\displaystyle \frac{dE_{m\acute{e}ca}}{dt}=-ei=-Ri^{2}. La variation d’énergie mécanique se retrouve dissipée par effet Joule.

Exercice 163 ⭐️⭐️⭐️ Câble coaxial dans l’ARQS, Spé/L2

Un câble infini est constitué de deux cylindres conducteurs de même axe (Oz)\displaystyle (Oz) de rayons R1\displaystyle _{1} et R2\displaystyle _{2}. Entre les deux conducteurs il y a du vide. Le câble est parcouru par un courant i\displaystyle i tel que i(z,t)=Im(z)ejωt.\displaystyle \underline{i}(z,t)=\underline{I_{m}}(z)e^{j\omega t}.
(Lorsque le courant i\displaystyle i parcourt le cylindre de rayon R1\displaystyle _{1}, le courant i\displaystyle -i parcourt le cylindre de rayon R2\displaystyle _{2}.)

  1. Rappeler les équations de Maxwell. Donner un ordre de grandeur des fréquences pour lesquelles l’ARQS est valide dans une expérience de laboratoire, on la supposera valide ici.
  2. Donner les équations de Maxwell dans un conducteur ohmique usuel.
  3. On admet que le champ électrique en un point M\displaystyle M situé entre les deux cylindres est porté par ur.\displaystyle \overrightarrow{u_{r}}.
    Donner de même la direction du champ magnétique (on ne tiendra pas
    compte de l’existence d’un éventuel champ non permanent).
  4. Donner l’expression de B(M,t)\displaystyle \underline{\overrightarrow{B}}(M,t) dans la région entre les cylindres en utilisant la formulation macroscopique du théorème d’Ampère.
  5. En déduire l’expression de E(M,t)\displaystyle \underline{\overrightarrow{E}}(M,t) dans cette même région.
  6. Obtenir une équation différentielle vérifiée par Im(z).\displaystyle \underline{I_{m}}(z). Une solution de cette équation est de la forme Im(z)=I0ejkz,\displaystyle \underline{I_{m}}(z)=I_{0}e^{-jkz}, précisez l’expression de k.
  7. Montrer qu’une onde électromagnétique se propage entre les deux conducteurs et donner ses caractéristiques.
  8. Calculer la puissance moyenne transportée à travers une section du câble.

Donnée: rotationnel en coordonnées cylindriques
rot(a)=(1razθaθz)ur+(arzazr)uθ+1r((raθ)rarθ)uz.\displaystyle \overrightarrow{\textrm{rot}}(\overrightarrow{a})=\left(\frac{1}{r}\frac{\partial a_{z}}{\partial\theta}-\frac{\partial a_{\theta}}{\partial z}\right)\overrightarrow{u_{r}}+\left(\frac{\partial a_{r}}{\partial z}-\frac{\partial a_{z}}{\partial r}\right)\overrightarrow{u_{\theta}}+\frac{1}{r}\left(\frac{\partial\left(ra_{\theta}\right)}{\partial r}-\frac{\partial a_{r}}{\partial\theta}\right)\overrightarrow{u_{z}}.

  • Formulation macroscopique du théorème d’Ampère dans l’ARQS 👉 L’énoncé précise qu’on est dans l’ARQS, il n’y a pas lieu de tenir compte du courant de déplacement.
  • Equation locale de Maxwell-Ampère dans le vide entre les cylindres 👉 Dans le vide il n’y a pas de courant, seul reste le courant de déplacement dans l’équation de Maxwell-Ampère.
  • Puissance transportée 👉 Calculer le flux du vecteur de Poynting.
  1. Dans le vide :
    divE=ρε0\displaystyle \textrm{div}\overrightarrow{E}=\frac{\rho}{\varepsilon_{0}}divB=0\displaystyle \hspace{2cm}\textrm{div}\overrightarrow{B}=0
    rotE=Bt\displaystyle \overrightarrow{\textrm{rot}}\overrightarrow{E}=-\frac{\partial\overrightarrow{B}}{\partial t}\displaystyle \hspace{2cm}rotB=μ0(j+ε0Et)\displaystyle \overrightarrow{\textrm{rot}}\overrightarrow{B}=\mu_{0}\left(\overrightarrow{j}+\varepsilon_{_{0}}\frac{\partial\overrightarrow{E}}{\partial t}\right)
    L’ARQS consiste à négliger le temps de propagationdes champs devant le temps caractéristique de leur évolution. Pour des distances D\displaystyle D de l’ordre de quelques mètres (en laboratoire), les temps d’évolution des champs doivent être grands devant D/c109s\displaystyle D/c\simeq10^{-9}\textrm{s},soit des fréquences inférieures au GHz. Les équations de Maxwell sont inchangées sauf l’équation de Maxwell-Ampère qui devient rotB=μ0j\displaystyle \overrightarrow{\textrm{rot}}\overrightarrow{B}=\mu_{0}\overrightarrow{j}.

  2. Dans un conducteur ohmique ρ=0\displaystyle \rho=0 (on montre que ρ0\displaystyle \rho\rightarrow0 avec un temps caractéristique τ=ε0/γ\displaystyle \tau=\varepsilon_{0}/\gamma de l’ordre de 1019s\displaystyle ^{-19}s (j=γE)\displaystyle \left(\overrightarrow{j}=\gamma\overrightarrow{E}\right).
    De même, le courant de déplacement est négligeable devant le courant de conduction pour des champs dont le temps d’évolution est grand devant τ\displaystyle \tau. Le modèle du conducteur ohmique n’étant de toutes façons pas valide pour des temps caractéristiques inférieurs ou égaux à 1014\displaystyle ^{-14}s, les conditions précédentes sont donc automatiquement remplies pour un conducteur ohmique. On retrouve ainsi l’équation de Maxwell-Ampère de l’ARQS.
    divE=0\displaystyle \textrm{div}\overrightarrow{E}=0 divB=0\displaystyle \hspace{2cm}\textrm{div}\overrightarrow{B}=0
    rotE=Bt\displaystyle \overrightarrow{\textrm{rot}}\overrightarrow{E}=-\frac{\partial\overrightarrow{B}}{\partial t}\displaystyle \hspace{2cm}rotB=μ0γE\displaystyle \overrightarrow{\textrm{rot}}\overrightarrow{B}=\mu_{0}\gamma\overrightarrow{E}

  3. Le module de E\displaystyle \overrightarrow{E} ne dépend que de r,z\displaystyle r,z par symétrie autour de l’axe des cylindres. Avec l’équation de Maxwell-Faraday
    rot(E)=(Erz)uθ=Bt\displaystyle \overrightarrow{\textrm{rot}}(\overrightarrow{E})=\left(\frac{\partial E_{r}}{\partial z}\right)\overrightarrow{u_{\theta}}=-\frac{\partial\overrightarrow{B}}{\partial t}.
    Donc B\displaystyle \overrightarrow{B} est porté par uθ\displaystyle \overrightarrow{u_{\theta}} (en l’absence d’un champ indépendant du temps).

  4. Par invariance par rotation autour de l’axe des cylindres, le module de B\displaystyle \overrightarrow{B} ne dépend que de r,z\displaystyle r,z. Par application du théorème d’Ampère (ARQS)en utilisant un contour circulaire :
    B(M,t)=μ0i(z,t)2πruθ.\displaystyle \overrightarrow{B}(M,t)=\frac{\mu_{0}i(z,t)}{2\pi r}\overrightarrow{u_{\theta}}.
    En représentation complexe, B(M,t)=μ0Im(z)ejωt2πruθ\displaystyle \underline{\overrightarrow{B}}(M,t)=\frac{\mu_{0}\underline{I_{m}}(z)e^{j\omega t}}{2\pi r}\overrightarrow{u_{\theta}}

  5. Avec l’équation locale de Maxwell-Ampère dans l’espace vide entre les deux cylindres,
    rotB=μ0ε0Et\displaystyle \overrightarrow{\textrm{rot}}\overrightarrow{B}=\mu_{0}\varepsilon_{_{0}}\frac{\partial\overrightarrow{E}}{\partial t},
    rot(B)=(Bθz)ur+1r((rBθ)r)uz=Bθzur\displaystyle \overrightarrow{\textrm{rot}}(\overrightarrow{B})=\left(-\frac{\partial B_{\theta}}{\partial z}\right)\overrightarrow{u_{r}}+\frac{1}{r}\left(\frac{\partial\left(rB_{\theta}\right)}{\partial r}\right)\overrightarrow{u_{z}}=-\frac{\partial B_{\theta}}{\partial z}\overrightarrow{u_{r}}.
    D’où E(r,z,t)=Im(z)ejωtjω2πε0rur\displaystyle \overrightarrow{E}(r,z,t)=-\frac{\underline{I'_{m}}(z)e^{j\omega t}}{j\omega2\pi\varepsilon_{_{0}}r}\overrightarrow{u_{r}}
    en ne tenant pas compte de champ indépendant du temps.
    Remarque — dans la formulation intégrale du théorème d’Ampère les
    deux termes (courant de déplacement et courant de conduction) sont
    présents, on néglige le courant de délacement. En revanche dans l’équation
    locale, on est dans le vide il n’y a pas de courant de déplacement.

  6. Avec l’équation de Maxwell-Faraday :

  7. rot(E)=(Erz)uθ=I"m(z)ejωtjω2πε0ruθ=jωμ0Im(z)ejωt2πruθ\displaystyle \overrightarrow{\textrm{rot}}(\overrightarrow{E})=\left(\frac{\partial E_{r}}{\partial z}\right)\overrightarrow{u_{\theta}}=-\frac{\underline{I"_{m}}(z)e^{j\omega t}}{j\omega2\pi\varepsilon_{_{0}}r}\overrightarrow{u_{\theta}}=-\frac{j\omega\mu_{0}\underline{I_{m}}(z)e^{j\omega t}}{2\pi r}\overrightarrow{u_{\theta}},
    d’où :
    I"m(z)=ω2ε0μ0Im(z).\underline{I"_{m}}(z)=\omega^{2}\varepsilon_{_{0}}\mu_{0}\underline{I_{m}}(z).
    et k=ωc.k=\frac{\omega}{c}.
    On obtient donc pour les champs : E(r,z,t)=I0ej(ωtkz)c2πε0rur\displaystyle \overrightarrow{\underline{E}}(r,z,t)=\frac{I_{0}e^{j\left(\omega t-kz\right)}}{c2\pi\varepsilon_{_{0}}r}\overrightarrow{u_{r}}
    et B(M,t)=μ0I0ej(ωtkz)2πruθ\displaystyle \underline{\overrightarrow{B}}(M,t)=\frac{\mu_{0}I_{0}e^{j\left(\omega t-kz\right)}}{2\pi r}\overrightarrow{u_{\theta}}.
    Une onde progressive monochromatique se propage ainsi dans
    le sens des z\displaystyle z croissants, non plane, mais vérifiant néanmoins la
    relation de structure B(M,t)=uzE(M,t)c\displaystyle \underline{\overrightarrow{B}}(M,t)=\frac{\overrightarrow{u_{z}}\land\underline{\overrightarrow{E}}(M,t)}{c}.

  8. La puissance transportée se calcule par le flux du vecteur de Poynting,
    P(t)=SΠ(r).d2S=2πR1R2Π(r).rdr\displaystyle P(t)=\iint_{S}\overrightarrow{\Pi(r)}.\overrightarrow{d^{2}S}=2\pi\intop_{R_{1}}^{R_{2}}\Pi(r). rdr

    Π=\displaystyle \overrightarrow{\Pi}=EBμ0=I02cε0(2πr)2cos2(ωtkz)uz\displaystyle \frac{\overrightarrow{E}\land\overrightarrow{B}}{\mu_{0}}=\frac{I_{0}^{2}}{c\varepsilon_{_{0}}\left(2\pi r\right)^{2}}\cos^{2}\left(\omega t-kz\right)\overrightarrow{u_{z}}

D’où, après intégration, la valeur moyenne (homogène)

P=I02c4πε0ln(R2R1).P=\frac{I_{0}^{2}}{c4\pi\varepsilon_{_{0}}}\ln\left(\frac{R_{2}}{R_{1}}\right).