Quel est l’analogue des équations de Maxwell de l’électrostatique pour le champ gravitationnel ?
Nous supposons qu’il existe un champ gravito-magnétique h couplé au champ gravitationnel g selon les équations : divg=εgρdivh=0 rotg=−∂t∂hroth=μg(j+εg∂t∂g).
où ρ est la masse volumique et j=ρv désigne le vecteur densité de courant de masse, v étant la vitesse de la matière au point considéré.
Préciser εg. Quelle est la dimension de h ? Déduire des équations données l’équation de conservation de la masse.
Montrer que le champ gravitationnel dans le vide est solution d’une équation de propagation. On suppose que la vitesse de propagation de ces ondes gravitationnelles est égale à c. En déduire l’expression de μg en fonction de G, la constante de gravitation universelle, et c.
Par analogie avec l’électromagnétisme, donnez l’expression de la force de Lorentz due à g et h s’exerçant sur une masse m.
Exprimer la force gravitationnelle Fg exercée par unité de longueur entre deux fils rectilignes infinis identiques et parallèles, immobiles, de masse linéique λ, séparés par une distance d .
Exprimer la force gravitomagnétique Fh par unité de longueur entre deux fils rectilignes identiques et parallèles, en mouvement uniforme à la même vitesse v parallèle à leur direction et séparés par une distance d.
Quelle est l’importance relative des effets gravitomagnétiques pour des vitesses ordinaires ? Que se passe-t-il si on inverse le sens de la vitesse de l’un des fils ?
Réflexes
Calcul du champ en tout point comme en électrostatique 👉 Théorème de Gauss.
Calcul du champ en tout point comme en magnétostatique 👉 Théorème d’Ampère.
Corrigé
g obéit aux équations analogues à celles vérifiées par le champ électrostatique : divg=−4πGρ, où ρ est la masse volumique et rotg=0.
εg=4πG−1 et rotg=−∂t∂h indique que [h]=T−1.
Même démonstration qu’en électromagnétisme Δg−εgμg∂t2∂2g=0, d’où εgμgc2=1 et donc μg<0.
f=m(g+v∧h).
Théorème de Gauss comme pour E, avec les quatre étapes : symétries, invariances, choix de la surface fermée, application du théorème. g=2πεgrλur. La force exercée sur dl est dFg=λdl2πεgdλur, soit par unité de longueur Fg=2πεgdλ2ur, c’est une force attractive εg<0.
Théorème d’Ampère comme pour B, avec les quatre étapes : symétries, invariances, choix du contour fermé, application du théorème. h=2πrμgλvuθ.La force exercée sur dl est dFh=λdlv∧2πdμgλvuθ=−2πdμgλ2v2dlur, soit par unité de longueur Fh=−2πdμgλ2v2ur, c’est une force répulsive.
La force totale est F=2πεgdλ2(1−c2v2)ur. On retrouve le facteur c2v2 entre les deux forces. ∥∥∥∥Fg∥∥∥∥∥∥∥∥Fh∥∥∥∥≪1 pour les vitesses usuelles.
Si les deux fils se déplacent en sens inverses, la force gravitationnelle ne change pas et la force gravitomagnétique change de sens.
Exercice 26 ⭐️⭐️ Cylindre chargé, Spé/L2
Un cylindre de rayon a et de hauteur h≫a est mobile sans frottement autour de l’axe vertical (Oz). Ce cylindre est isolant et porte une charge q uniformément répartie sur sa surface latérale. Initialement le cylindre est soumis à un champ magnétique B1(t=0)=B0uz. Progressivement l’intensité du champ uniforme B1 diminue, jusqu’à disparaître complètement. On néglige tout autre champ magnétique devant B1.
Montrer qu’un champ électrique dépendant du temps apparaît. Avec l’équation de Maxwell-Faraday sous forme intégrale, déterminer ce champ électrique E1, dont on admettra qu’il est orthoradial.
Calculer la vitesse angulaire finale ωF du cylindre, de moment d’inertie I par rapport à l’axe (Oz).
Réflexes
Solide en rotation autour d’un axe fixe 👉 Théorème du moment cinétique scalaire ou théorème de l’énergie cinétique.
La force électrique agit sur toute la surface du cylindre 👉 il faut sommer les moments élémentaires.
Corrigé
Le champ magnétique dépend du temps, d’où l’apparition de E1 tel que rot(E1)=−∂t∂B1.
Sous forme intégrale ∮CE1.dℓ=−dtd∬SB1.d2S, S étant une surface s’appuyant sur le contour C.
E1=E1uθ. Il y a invariance du problème par rotation autour de (Oz). Choisissons pour C un cercle d’axe (Oz) de rayon r, et comme surface le disque correspondant :
∮CE1.dℓ=E1(r,z,t)2πr et ∬SB1.d2S=B1(t)πr2. D’où E1(r,t)=−2rdtdB1uθ.
Remarque : ce champ dépendant du temps et de l’espace génère à son tour un champ B2(r,t) qui est négligé ici (on néglige l’autoinduction).
Les charges sont soumises à la force de Lorentz. Seule la contribution électrique a un moment non nul sur l’axe. Sur d2SP s’exerce la force électrique σd2SPE1(P,t).
MOz=uz.∬OP∧E1(P,t)σd2SP=a(−2adtdB1)q.
Le théorème du moment cinétique scalaire projeté sur (Oz) donne :
Iω˙=−q2a2B˙1, soit en intégrant, ωF=q2Ia2B0.
Exercice 32 ⭐️⭐️ Plasma peu dense, Spé/L2
D’après écrit X MP.
Un gaz ionisé (plasma) occupe le demi-espace x>0, le demi-espace x≤0 étant vide. Ce gaz, composé d’ions et d’électrons, est localement neutre. La densité en ions et en électrons y est uniforme. Les ions, compte tenu de leur inertie, restent immobiles. Un dispositif non décrit ici crèe le champ magnétique dépendant du temps
Ce champ magnétique variable engendre un champ électrique qu’on supposera dirigé le long de (Oy) : E(x,t)=E(x,t)uy. Le champ électrique accélère les électrons libres de masse m et charge −e du plasma, dont le champ des vitesses est v(x,t). La densité n électronique est uniforme.
a) On admet que l’accélération d’un électron qui se trouve au point d’abscisse x à t est a=∂t∂v. Trouver trois relations reliant B(x,t),E(x,t) et v(x,t) dans le plasma.
b) Ecrire la condition aux limites vérifiée à l’interface vide-plasma en x=0 en supposant la continuité du champ magnétique et du champ électrique (à justifier).
c) On considère que dans l’équation de Maxwell-Ampère, le courant de déplacement est très faible devant le courant volumique j, et on néglige la partie magnétique de la force de Lorentz. Montrer alors que
∂x2∂2E(x,t)=λ21E(x,t).
Exprimer λ en fonction de c et de la pulsation plasma ωp=mε0ne2.
d) Exprimer B(x,t),E(x,t) et v(x,t) en tout point du demi-espace x>0 à chaque instant en fonction de B0(t). En l’absence de sources stationnaires, on supprimera les constantes d’intégration correspondant à des champs stationnaires.
e) Evaluer la longueur caractéristique des variations spatiales des champs. n=1017m−3,ε0=8,8.10−12F.m−1,m=9,1.10−31kg ,e=1,6.10−19 C .
Corrigé
a) Principe fondamental de la dynamique appliqué à un électron en référentiel supposé galiléen : m∂t∂v=−e[E+v∧B].
Équation de Maxwell-Faraday : rot(E)=−∂t∂B.
Équation de Maxell-Ampère : rot(B)=μ0[−nev+ε0∂t∂E].
b) E et B peuvent présenter des discontinuités en cas de densité surfacique de charge et de courant surfacique, qui sont des modélisations de grandeurs volumiques dans un volume de très faible épaisseur. Ici le milieu est localement neutre et le courant volumique est explicitement décrit, il n’y a donc pas lieu de tenir compte de modélisations surfaciques.
c) Les électrons sont mis en mouvement par le champ électrique seul et
soit ∂x2∂2E(x,t)=λ21E(x,t) avec λ=μ0ne2m. En introduisant ωp, λ=ωpc.
d) Le champ étant borné, l’équation du c) se résout en E(x,t)=A(t)exp(−x/λ). En intégrant l’équation de Maxwell-Faraday : B(x,t)=C(x)+D(t)exp(−x/λ) avec D˙(t)=A(t)/λ.
En supprimant la constante d’intégration stationnaire C(x) comme indiqué, et avec la condition aux limites en x=0 : B(x,t)=B0(t)exp(−x/λ).E(x,t)=λB0˙(t)exp(−x/λ).v(x,t)=−meλB0(t)exp(−x/λ).
e) A.N. : λ=1,7 cm. Les champs décroissent sur une distance caractéristique de l’ordre de quelques cm.
Remarque — À cause de la condition en x=0, le champ électrique est non nul dans la région vide et en conséquence un champ magnétique avec une dépendance spatiale est engendré. On a supposé implicitement que ce dernier était négligeable devant B0.
Exercice 39 ⭐️⭐️ Transfert de moment cinétique, Spé/L2
Un condensateur cylindrique est constitué de deux cylindres parfaitement conducteurs de rayons a et b(a<b), de hauteur h, d’axe (Oz), séparés par du vide, et dont on néglige les effets de bord (h≫b). Pour t<0, l’armature cylindrique intérieure est chargée uniformément avec une charge Q0 (et l’armature extérieure avec −Q0).
Le condensateur est plongé dans un champ magnétique uniforme et permanent B=Buz.
À t=0, on insère entre les deux cylindres un milieu légèrement conducteur, de telle sorte que le milieu conducteur et les deux armatures sont rigidement liées. Ce condensateur peut tourner librement autour de son axe de symétrie (Oz) et le moment d’inertie de l’ensemble par rapport à son axe est J.
À t=0, le condensateur est immobile.
Pour t≥0, la charge de l’armature intérieure Q(t) varie. Exprimer le courant i(t) traversant le matériau inter-armatures de a vers b, en fonction de Q(t), puis le vecteur densité de courant j(M,t).
Déterminer le moment des forces de Laplace, projeté sur l’axe Oz, puis la vitesse angulaire finale ω0.
On considère le système formé par le condensateur et les champs E et B.
On attribue à un élément de volume d3τ de l’espace la quantité de mouvement d3P=ε0E∧Bd3τ. Vérifier l’homogénéité de cette relation. Déterminer le moment cinétique du système à t<0, puis quand le condensateur a atteint sa vitesse finale. Conclusion ?
Réflexes
Force de Laplace volumique d3F=jd3τ∧B.
Vitesse angulaire finale d’un solide en rotation autour d’un axe fixe 👉 A priori théorème du moment cinétique ou théorème de l’énergie cinétique. Ici le théorème du moment cinétique est très simple à mettre en œuvre.
Corrigé
i(t)=−dtdQ.
Il y a symétrie par rotation autour de (Oz) et par translation parallèlement à (Oz). Le vecteur densité de courant est radial par symétrie. D’où en négligeant les effets de bord, et en coordonnées cylindriques i(t)=∬j.d2S=j(r)2πrh et j(M,t)=2πrhiur.
Sur un élément de volume d3τ s’exerce une force de Laplace d3F=jd3τ∧B=−2πrhiBd3τuθ. Le moment de cette force qui s’exerce à la distance r de l’axe , projeté sur l’axe du condensateur, est d3Mz=−2πhiBd3τ, d’où un moment total
Mz=−2πhiBπh(b2−a2)=−2iB(b2−a2).
Le condensateur est soumis dans le référentiel galiléen d’étude à
son poids de moment nul par rapport à l’axe, où se trouve le centre d’inertie
les actions d’axe de moment nul car pas de frottements
le moment des forces de Laplace.
Le théorème du moment cinétique projeté sur l’axe donne donc Jdtdω=−2iB(b2−a2). En intégrant entre l’instant initial et l’instant final (quand la vitesse finale est atteinte, i.e. quand le condensateur est déchargé)
Jω0=−21B(b2−a2)∫0tfi.dt=2−Q0B(b2−a2), soit ω0=−2JQ0B(b2−a2).
[d3P]≡[ε0E∧Bd3τ]. On sait avec le vecteur de Poynting que [μ0E∧B]≡M.T−3 (en Watt.m−2)). Donc [ε0E∧B]≡M.L−2.T−1 et [dP]≡M.L.T−1, comme une quantité de mouvement. On calcule le moment cinétique correspondant :
L0=∭entre les armaturesOM∧d3P=∭entre les armaturesrur∧d3P.
Pour calculer le champ électrique pour t<0, on utilise le théorème de Gauss en suivant la méthode usuelle (direction du champ, paramètres d’espace, surface fermée cylindrique,…) : E=2πε0rhQur.
Pour t<0, le condensateur est immobile, seul le champ est associé à un moment cinétique non nul.
Lorsque le condensateur est déchargé, le champ électrique est nul, donc le moment cinétique associé au champ est nul. En revanche le solide a acquis un moment cinétique Jω0uz=−Q0B2b2−a2uz.
Il y a eu transfert sans perte de moment cinétique depuis le champ vers le système mécanique.
Exercice 143 ⭐️⭐️ 1905, Spé/L2/Classique
Le principe de relativité indique qu’une force est indépendante du référentiel d’étude. En se plaçant dans le référentiel R où règnent un champ électrique E et un champ magnétique B, exprimer la force exercée sur une particule de charge Q, de vitesse u dans R. Dans le référentiel R′, en translation à la vitesse uniforme Vpar rapport à R, règnent les champs E′ et B′. En utilisant le principe de relativité, quelles sont les relations entre les champs des deux référentiels ?
Dans le référentiel du laboratoire R, on considère un faisceau cylindrique d’électrons très long, d’axe (Oz) et de rayon R comportant n électrons de charge −e par unité de volume, de vitesses identiques V=Vuz.
Déterminer le champ électrique et le champ magnétique créés par le faisceau dans R.
Déterminer de la même façon le champ électrique et le champ magnétique créés dans le référentiel R′ dans lequel les électrons sont immobiles.
Conclure
Réflexes
Force exercée sur une charge 👉 Force de Lorentz f=Q[E+u∧B].
Changement de référentiel 👉 Pour des référentiels en translation uniforme vR=vR′+VR′/R.
Corrigé
La particule est soumise à la force de Lorentz.
Dans R, f=Q[E+u∧B].
Dans R′, f=Q[E′+u′∧B′],
où u′ est la vitesse de la particule dans R′.
Dans le cas de la translation, la loi de transformation des vitesses donne u=u′+VR′/R=u′+V. D’où en remplaçant u′ en fonction de u, f=Q[E′−V∧B′+u∧B′].
Selon le principe de relativité, les expressions des forces sont identiques quelle que soit u.
Pour u=0, cela implique E=E′−V∧B′.
Puis la relation étant vraie pour tout u, B=B′. Remarque — En remplaçant dans la force dans R, u en fonction de u′, on obtient évidemment E′=E+V∧B et B′=B.
Pour le champ électrique, il s’agit du calcul très classique du champ créé par un cylindre “infini” uniformément chargé, de charge volumique ρ=−ne, de rayon R. Après avoir soigneusement étudié les invariances et symétries du problème, on obtient en coordonnées cylindriques au point M quelconque (les champs sont continus puisqu’il s’agit de distributions volumiques)
pour r≤R, E(M)=2ε0ρrer=−2ε0nerer.
Pour r≥R, E(M)=2rε0ρR2er=−2rε0neR2er.
Concernant le champ magnétique, il s’agit là aussi du résultat classique du champ créé par un cylindre “infini” de rayon R parcouru par une densité volumique de courant uniforme j=−neV.
Après avoir soigneusement étudié les invariances et symétries du problème,
on obtient le résultat en coordonnées cylindriques
pour r≤R, B(M)=2μ0jreθ=−2μ0nereθ.
Pour r≥R, B(M)=2rμ0jR2eθ=−2rμ0neR2eθ.
Déterminons les champs dans R′ .
Concernant le champ électrique, le calcul est identique au cas précédent.
En effet les électrons sont en mouvement mais à une date donnée, la
densité volumique de charge est inchangée. Donc E′(M)=E(M).
Concernant le champ magnétique en revanche, le courant volumique j′ est nul dans R′ puisque les électons sont immobiles. D’où B′=0 en tout point.
Les relations obtenues à la question 1 sont visiblement non vérifiées
pour les champs calculés en 2. et 3. !!!
Soit le calcul des champs est faux, soit la cinématique classique (en particulier la loi de composition des vitesses) est fausse. À ton avis 🤔?
Le titre de l’exercice correspond à l’année à laquelle Albert Einstein
a publié la théorie de la relativité. (Non, nous n’entrerons pas dans la polémique Poincaré-Enstein sur la paternité de la relativité 😯). C’est bien la cinématique classique et sa loi de composition des vitesses qu’il faut abandonner. Notons que la cinématique relativiste (contraction des longueurs…) conduit aussi à abandonner l’idée que la densité volumique de charge est la même dans les deux référentiels.