(Amicalement transmis et rédigé par Killian Le Milbeau 🙏, CPGE Chateaubriand)
Soit u∈E. Alors u est continue sur [0,1]. Or l’image d’une fonction continue par un segment est un segment. Donc, u([0,1])=[a,b] où 0≤a≤b≤1.
Raisonnons par l’absurde. Supposons que a>0 ou b<1. On sait que u conserve la mesure, donc
∀φ∈E,∫[0,1](φ∘u)(t)dt=∫[0,1]φ(t)dt.
Prenon une telle fonction φ, que l’on définit comme nulle sur [a,b] et strictement positive sur [0,a[∪]b,1]. Alors :
(φ∘u)([0,1])=φ([a,b])={0}. D’où
∫[0,1](φ∘u)(t)dt=0=∫[0,1]φ(t)dt. car ∫[0,1]φ(t)dt=∫[0,a[φ(t)dt+∫]b,1]φ(t)dt>0. Cela contredit le fait que u conserve la mesure. Ainsi a=0 et b=1.
Et donc, u([0,1])=[0,1]. Autrement dit, u est surjective.
Soit u∈E une telle fonction. Comme u conserve la mesure :
∀φ∈E,∫[0,1](φ∘u)(t)dt=∫[0,1]φ(t)dt. Cette égalité est en particulier vraie pour une fonction φ∈E à support compact et telle que ∫[0,1]φ(t)dt=1. Prenons donc une telle fonction φ.
∫[0,1](φ∘u)(t)dt=1.
Traitons maintenant cette dernière intégrale, notre but étant de faire apparaitre la somme demandée. La fonction u est continue sur [0,1] et C1 par morceaux.
Donc, on peut diviser le segment [0,1] en segments [ai,ai+1], sur lesquels u′ est continue, de signe constant et ne s’annule pas.
Ainsi, par le relation de Chasles :
∫[0,1](φ∘u)(t)dt=i∑∫[ai,ai+1](φ∘u)(t)dt=1.
Pour tout 0≤i≤n−1, la fonction u établit une bijection (croissante ou décroissante) entre l’intervalle ]ai,ai+1[ et un autre intervalle noté ]bi,bi+1[. De plus, d’après la première question, chaque x∈[0,1] appartient au moins à un intervalle ]bi,bi+1[.
On va à présent s’occuper de l’intégrale. Sur chaque intervalle ]ai,ai+1[ on effectue une changement de variable en x=u(t). Ce qui nous donne dx=u′(t)dt et de nouvelles bornes bi et bi+1. Ainsi :
∫aiai+1(φ∘u)(t)dt=∫bibi+1∣(u′∘u−1)(x)∣φ(x)dx=∫01∣(u′∘u−1)(x)∣φ(x)1x∈]bi,bi+1[dx.
Par la relation de Chasles :
∫01(φ∘u)(t)dt=i=0∑n−1∫aiai+1(φ∘u)(t)dt=i=0∑n−1∫01∣(u′∘u−1)(x)∣φ(x)1x∈]bi,bi+1[dx=∫01∣(u′∘u−1)(x)∣φ(x)(i=0∑n−11x∈]bi,bi+1[)dx.
On note N(x)=∣(u′∘u−1)(x)∣1(i=0∑n−11x∈]bi,bi+1[). On a N(u(y))=∣u′(y)∣1Card{0≤i≤n−1:u(y)∈]bi,bi+1[}=∣u′(y)∣1Card{x∈[0,1]:u(y)=x}.
Pour la dernière égalité on a utilisé le fait que u est surjective sur chacun des intervalles ]ai,ai+1[.
Pour répondre à la question (et sachant que u est surjective de [0,1] dans [0,1]), il suffit donc de montrer que la fonction N est identiquement égale à 1. Or on sait que :
∀φ∈E , ∫01φ(t)dt=∫01φ(x)N(x)dx.
On peut se “convaincre” (sûrement une preuve rigoureuse serait délicate) que la fonction N est continue par morceaux sur [0,1]. Pour montrer que N=1, il suffit alors de montrer que ∫01(N(x)−1)2dx=0. En développant le carré, on voit qu’il suffit de montrer que ∫01N(x)2dx−2∫01N(x)dx+1=0. En choisissant ϕ(x)=1−N(x), on obtient le résultat voulu !
La fonction φ n’est pas forcément continue me direz-vous… J’ai trop faim pour rédiger les détails…
- ça sent Jensen. On va y réfléchir.