En écrivant ln(1+x) comme une intégrale, montrer que pour tout x≥0, x+1x≤ln(1+x)≤x.
Corrigé
On écrit ln(1+x)=∫11+xudu. On a pour tout x≥0 et tout u∈[1,1+x], 1+x1≤u1≤1.
Donc ∫11+x1+xdu≤∫11+xudu≤∫11+xdu, ce qui donne le résultat désiré.
Exercice 16 ⭐️⭐️⭐️ ∫04πln(1+tan(x))dx, Spé/L2
Calculer I=∫0π/4ln(1+tan(x))dx.
Réflexes
Fonction tan, intégration sur (0,π/4) 👉 Formules trigonométrie, changement de variable ;
ln 👉 ln(ab)=lna+lnb.
Corrigé
On va utiliser quelques formules de trigonométrie : 1+tanx=cosxcosx+sinx=cosx2cos(x−π/4). Donc I=∫04πln(1+tan(x))dx=4πln2+∫04πln(cos(x−4π))dx−∫04πln(cos(x))dx=8πln2, grâce au changement de variable u=π/4−x.
Définission intégrale généralisée 👉 Croissance comparée et Intégrale de Riemann ;
Du ln 👉 ln(ab)=ln(a)+ln(b), ln(1/u)=−ln(u), etc.
Une intégrale 👉 Changement de variable, IPP ;
Du a2+b2 au numérateur/dénominateur dans une intégrale 👉 Factoriser par a ou b, et faire changement de variable !
Corrigé
Fixons x>0 et posons g(t)=t2+xln(t). On a ∣g(t)∣≤∣ln(t)∣/x≤Ct−1/2 sur ]0,1] avec C>0 par croissance comparée. Donc g est intégrable sur ]0,1] et l’intégrale de g converge en 0.
De même, l’intégrale est bien convergente en +∞ car ∣g(t)∣≤∣ln(t)∣/t2≤C′t−3/2 sur [1,+∞] avec C′>0 toujours par croissance comparée.
On a I(1)=∫0∞t2+1ln(t)dt. Faisons le changement de variable t=1/u. Alors dt=−du/u2 et on a I(1)=∫+∞01/u2+1−ln(u).u2−du=−∫0∞1+u2ln(u)du=−I(1). Donc I(1)=0.
Soit x>0. Suivant nos réflexes, on factorise : I(x)=x1∫0∞(t/x)2+1ln(t)dt. Le changement de variable est alors téléphoné : u=t/x, i.e. t=ux, d’où : I(x)=x1∫0∞u2+1ln(ux)du=x1(I(1)+ln(x)∫0∞u2+1du). Comme I(1)=0, ln(x)=21ln(x) et ∫0∞u2+1du=arctan(+∞)=2π, il vient I(x)=4πxln(x).
Exercice 28 ⭐️⭐️ The Slip-in Trick, Sup/Spé/L2
Montrer que pour tout entier n≥1, n+12n+1−1≤∫0π/2(1+cos(t))ndt≤2n−1π.
Montrer que ∫x∞e−u2/2du≤xe−x2/2 pour tout x>0.
Astuce
💡 Fais glisser une fonction sous l’intégrale pour pouvoir la calculer.
Corrigé
On ne sait pas intégrer facilement l’intégrande, mais en “glissant” un sinus sous l’intégrale ça devient facile ! On a pour tout x∈[0,π/2], sin(t)(1+cos(t))n≤(1+cos(t))n≤2n, et on intègre les 3 membres avec ∫0π/2sin(t)(1+cos(t))ndt=[−n+1(1+cos(t))n+1]0π/2=n+12n+1−1, ce qui permet de conclure.
On va “glisser” un u dans l’intégrale pour calculer facilement : ∫x∞e−u2/2du≤x1∫x∞ue−u2/2du=xe−x2/2.
Exercice 198 ⭐️ CCP
Trouver un équivalent de un=∫0n1+tarctan(t)dt.
Corrigé
On peut déjà remarquer que l’intégrale n’est pas convergente : la fonction à intégrer est positive et équivalente lorsque t→∞ à 2tπ, qui n’est pas intégrable en +∞. Cette remarque suggère que “l’intégrale de l’équivalent donne un équivalent de l’intégrale” par intégration des relations de comparaison (que vous trouverez bien résumer en bas de page ici). Ainsi ∫0n1+tarctan(t)dt∼2π∫0n1+t1dt∼2πln(n+1)∼2πln(n).
On donne ici une solution élémentaire basée sur une jolie formule à savoir.
L’idée est d’écrire que arctan(t)=π/2+(arctan(t)−π/2), et de réussir à contrôler le terme d’erreur ∣arctan(t)−π/2∣… On sent déjà venir les découpages d’epsilons ! Mais on est sauvé par une propriété de la fonction arctangente : la belle formule ∀x>0,arctan(x)+arctan(1/x)=π/2. On prouve cette formule en remarquant que la dérivée de la fonction à gauche, qui est de classe C1 sur ]0,+∞[, est nulle. On a donc : un=2π∫0n1+tdt−∫0n1+tarctan(1/t)dt=2πln(n+1)−∫0n1+tarctan(1/t)dt.
On montre maintenant que la fonction f:t↦1+tarctan(1/t) est intégrable sur ]0,+∞[. En effet, c’est une fonction continue par morceaux, à valeurs positives. De plus, f est prolongeable par continuité à gauche en 0 avec t→0+limf(t)=2π. Ceci montre que ∫01f(t)dt<∞. Enfin, l’équivalent arctan(x)∼x lorsque x→0 montre que f(t)∼t21 lorsque t→∞. Par comparaison avec une fonction intégrable en +∞, on en déduit que ∫1∞f(t)dt<∞. Donc f est bien intégrable sur ]0,+∞[, ce qui signifie que la suite (In)n≥0=(∫0n1+tarctan(1/t)dt)n≥0 est convergente. Notons I sa limite.
Il est maintenant facile de conclure : on a un=2πln(n+1)+In, donc 2πln(n)un=ln(n)ln(n+1)+2πln(n)In. La première fraction du membre de droite est de limite 1, et la deuxième fraction de limite 0, on a donc un∼2πln(n).
Exercice 224 ⭐️⭐️ DL et limite d’une intégrale, Sup/L1
Étudier la fonction f(t):=sintet−t1, et en déduire x→0+lim∫x2xsintetdt.
Réflexes
Mettre au même dénominateur ;
DL de exp et sin.
Corrigé
Étudions f. Elle est bien définie sur I=]0,1] (par exemple) et continue sur I. Pour étudier son comportement en 0, on utilise les D.L. de exp et sin : sintet−t1=tsinttet−sint=t2+o(t3)t(1+t+o(t))−t+o(t2)=t2+o(t3)t2+o(t2)∼01.
On en déduit que f est prolongeable par continuité en 0, et elle est donc bornée sur I, disons par M>0. D’où, pour 0<x<1/2, ∣∣∣∣∣∫x2xf(t)dt∣∣∣∣∣≤∫x2xMdt=Mxx→00.
Or ∫x2xf(t)dt=∫x2xsintetdt−∫x2xtdt
et ∫x2xtdt=ln(2x)−ln(x)=ln(2), on en déduit que la limite cherchée est ln(2).
Exercice 226 ⭐️ Intégrales convergeant en 0, Terminale/Sup/L1
Calculer les limites quand x tend vers 0 de : ∫x1tdt et ∫x1ln(t)dt.
Corrigé
On a ∫x1tdt=[2t]x1=2(1−x)x→02.
On connaît aussi une primitive de ln : ∫x1ln(t)dt=[tln(t)−t]x1=−1−xln(x)+xx→0−1.
Exercice 227 ⭐️⭐️ ∫011−tln(t)dt, Sup/Spé/L2
Calculer I=∫011−tln(t)dt.
Réflexes
1−t1 👉 Série géométrique !
Corrigé
On note que 1−tln(t)∼t→0ln(t) et 1−tln(t)t→0−1, donc I est bien définie.
On s’empresse maintenant d’écrire 1−t1=k=0∑ntk+1−ttn+1 pour t∈[0,1[. Donc I=k=0∑nIk+Jn avec Ik=∫01tkln(t)dt et Jn=∫011−ttn+1ln(t)dt. Par intégration par partie, on a Ik=k+11[tk+1ln(t)]01−k+11∫01tk+1tdt=−(k+1)21. La fonction t↦1−ttln(t), continue sur ]0,1[ est prolongeable par continuité en 0 et en 1, donc est bornée sur [0,1], disons par M>0. Ainsi ∣Jn∣≤M∫01tndt=n+1M→0 quand n→∞.
On en déduit que I=−k=0∑∞(k+1)21=−6π2.
Exercice 239 ⭐️⭐️ Logarithme intégral, Spé/L2
Soit Li(x)=∫2xln(t)dt la fonction logarithme intégral définie pour x≥2. Montrer qu’on a le développement assymptotique suivant, à n entier fixé, quand x→∞ : Li(x)=ln(x)x+ln2(x)1!x+ln3(x)2!x+⋯⋯+lnn+1(x)n!x+o(lnn+1(x)x). Culture — Pourquoi cette fonction est-elle célèbre en théorie des nombres ?
Réflexes
IPP !
Intégration des relations de comparaison.
Corrigé
Par une IPP, on a ∫2xln(t)dt=[ln(t)t]2x+∫2xln2(t)dt. Après (n−1) IPP, on obtient Li(x)=[ln(t)t]2x+1![ln2(t)t]2x+⋯⋯+(n−1)![lnn(t)t]2x+n!∫2xlnn+1(t)dt. On remarque que dtdlnn+1(t)t=lnn+1(t)1−lnn+2(t)n+1∼∞lnn+1(t)1. Comme l’intégrale entre 2 et x du dernier membre est divergente quand x→∞, on peut intégrer entre 2 et x les équivalents. On en déduit alors que ∫2xlnn+1(t)dt∼x→∞lnn+1(x)x, ce qui permet de conclure.
Calculer J=∫0π/2ln(sin(x))dx, après avoir montré que l’intégrale converge.
Réflexes
Fonction sin, intégration sur (0,π/2), … 👉 Formules trigo, changement de variable ;
ln 👉 ln(ab)=lna+lnb.
Corrigé
L’intégrale est impropre en 0 mais converge car ∫επ/2ln(π2x)dx≤∫επ/2ln(sin(x))dx et ε↦∫επ/2ln(sin(x))dx est croissante minorée par la limite de ∫επ/2ln(π2x)dx quand ε tend vers 0. Pour le calcul, utilisons des changements de variable, d’abord x=2u : J=2∫04πln(sin(2u))du=2∫04πln(2sin(u)cos(u))du=2πln2+2∫04πln(sin(u))du+2∫04πln(cos(u))du puis v=π/2−x : ∫04πln(cos(x))dx=∫04πln(sin(π/2−x))dx=−∫π/24πln(sin(x))dx, d’où J=2πln2+2J et J=−2πln2.
On pourra regarder cette jolie video du blog Math-OS pour des liens entre cette intégrale, des sommes de Riemann et des produits de sin(kπ/n).
Exercice 250 ⭐️⭐️⭐️ ∫01lntt−1dt, Spé/L2
Calculer I=∫01lntt−1dt. On étudiera les fonctions I(x)=∫0xlntt−1dt et J(x)=∫xx2lntdt.
Réflexes
Intégrale jusqu’à x d’une fonction continue 👉 C1 et on dérive !
Corrigé
Montrons que I est bien définie. Posons g(t)=lntt−1 pour 0<t<1. On a g(t)t→00 et g(t)t→11 car t−1ln(t)−ln(1)t→11. Donc g est prolongeable par continuité sur [0,1], et donc I est bien définie.
Comme g est continue sur [0,1[, I est C1([0,1[). Comme 1/lnt→0 quand t→0, on peut écrire J(x)=∫0x2lntdt−∫0xlntdt, et donc J est aussi C1([0,1[). On a alors I′(x)=J′(x)=lnxx−1ln(x2)2x−lnx1, et donc I′(x)=J′(x) pour tout x∈[0,1[. Comme I(0)=J(0), on en déduit que I(x)=J(x) pour tout x∈[0,1[.
Pour trouver I, il suffit de trouver la limite de J(x) quand x→1. On ne sait pas intégrer 1/lnt mais on connaît une primitive de 1/(tlnt) qui est une fonction assez proche quand t est proche de 1. Posons donc D(x)=J(x)−∫xx2tlntdt=∫xx2(lnt1−tlnt1)dt. On a h(t)=lnt1−tlnt1=tlntt−1=tg(t)t→11, donc h est bornée, disons par M, au voisinage de 1 (en fait sur tout l’intervalle [0,1] car h est prolongeable par continuité en 0 aussi). Ainsi ∣D(x)∣≤M∣x2−x∣x→10. Or ∫xx2tlntdt=[ln(lnt)]xx2=ln(lnxln(x2))=ln2, donc J(x)x→1ln2. Finalement I=x→1limI(x)=x→1limJ(x)=ln2.
Exercice 251 ⭐️⭐️⭐️ Intégrale, ln et ζ(3), Sup/Spé/L2/L3
Montrer que I=∫01tlntln(1−t)dt=n≥1∑k31=ζ(3).
Réflexes
Développement de ln(1−t) en série (entière).
Corrigé
Montrons que l’intégrale est bien définie. On sait que t↦tln(1−t) est prolongeable par continuité en 0 (c’est la limite d’un taux d’accroissement d’une fonction dérivable), t↦lnt est intégrable en 0, et t↦ln(1−t) est intégrable en 1. Donc I est bien définie et I(x):=∫0xtlntln(1−t)dtx→1I. Preuve niveau MP/L3 :
On utilise le théorème d’intégration terme à terme, ou le théorème de convergence monotone pour écrire, avec le DSE de ln(1−t) sur [0,1[ : ∫01tlntln(1−t)dt=∫01(−lnt)k=1∑∞ktktdt=k=1∑∞k1∫01(−lnt)tk−1dt=n≥1∑k31, car (−lnt)tk≥0 sur ]0,1] et par IPP ∫01(−lnt)tk−1dt=[(−lnt)ktk]01+k1∫01tk−1dt=k21.
Preuve niveau Sup/L2 :
On a 1−t1=k=0∑n−1tk+1−ttn. D’où −ln(1−t)=k=1∑nktk+∫0t1−uundu, et pour 0<x<1, I(x)=k=1∑nk1∫0x(−lnt)tk−1dt+∫0x(−lnt)∫0t1−uundutdt. On pose pour 0<x<1, Lk(x)=∫0x(−lnt)tk−1dt≥0. On remarque que Lk est une fonction croissante, et donc (avec une IPP et croissance comparée) Lk(x)≤Lk(1)=[(−lnt)ktk]01+k1∫01tk−1dt=k21. De plus Lk est prolongeable par continuité en 1 : Lk(x)x→1Lk(1)=k21. Comme Rn(x):=∫0x(−lnt)∫0t1−uundutdt≥0, on en déduit que pour tout x∈]0,1[, pour tout n≥1, k=1∑nkLk(x)≤I(x). On passe alors à la limite en x dans cette inégalité et on obtient que pour tout n≥1, k=1∑nk31≤I, et par passage à la limite en n puisque la série converge : k=1∑∞k31≤I.
Enfin on a pour tout x∈]0,1[, pour tout n≥1, I(x)≤k=1∑nkLk(x)+Rn(x)≤k=1∑nk31+Rn(x), avec 0≤Rn(x)≤1−x1∫0x(−lnt)n+1tn+1tdt≤(n+1)(1−x)∫01∣lnt∣dt car 0≤tn≤xn<1 et t↦lnt est intégrable sur [0,1]. Par passage à la limite en n à x fixé, on obtient alors I(x)≤k=1∑∞k31. Il suffit de passer maintenant à la limite en x pour avoir I≤k=1∑∞k31, ce qui permet de conclure.
Exercice 261 ⭐️⭐️ ENS MP 2019
Calculer I=∫01xxdx.
Réflexes
ax 👉 Écriture exlna ;
Développement en série de l’exponentielle.
Corrigé
On écrit f(x)=xx=exlnx. Comme xlnxx→00, on voit que f est prolongeable en 0. On en déduit que I est bien définie car f est de plus continue sur ]0,1]. Développons f en série entière pour 0<x≤1 : f(x)=n=0∑∞n!(xlnx)n. Pour calculer I, il est tentant d’intervertir somme et intégrale. Calculons d’abord Jn=∫01(xlnx)ndx. Avec les changements de variable x=eu puis v=(n+1)u et v→−v, on obtient Jn===∫−∞0une(n+1)udu(n+1)n+11∫−∞0vnevdu(n+1)n+1(−1)nΓ(n+1). On remarque alors que n!∣Jn∣=(n+1)n+11 et que n=0∑∞(n+1)n+11<∞. On peut donc appliquer le théorème d’intégration terme à terme pour obtenir : I=n=0∑∞n!Jn=n=0∑∞(n+1)n+1(−1)n=n=1∑∞nn(−1)n−1.
Exercice 292 ⭐️⭐️⭐️ Sup/L1
Calculer les primitives suivantes : ∫(1+chx)1/3shxdx.
Réflexes
Corrigé
Exercice 424 ⭐️⭐️ ∫0π/2tanθdθ, Sup/Spé/L2/L3
Montrer que I=∫0π/2tanθdθ=2π.
Réflexes
Changement de variable !
Essayer brutalement t=tanθ ;
Si on obtient une fraction rationnelle 👉 Décomposition en éléments simples ;
Fonction Beta avec des changements de variable x=sin2θ.
Corrigé
On tente t=tanθ. Alors θ=arctan(t2) et dθ=1+t42tdt. Donc I=2∫0∞1+t4t2dt. On peut alors décomposer cette fraction rationnelle en éléments simples dans C puis dans R. C’est un peu lourd mais ça donne le résultat. Au niveau L3, on utilisera bien sûr le théorème des résidus, les pôles de 1+z41 étant les racines 4e de −1.
Mais Marius veut de la fonction Beta B(x,y)=∫01tx−1(1−t)y−1dt, x,y>0, et de la fonction Gamma Γ(x)=∫0∞tx−1e−tdt, x>0. Alors on pose t=sin2θ, d’où dt=2cosθsinθ, et B(x,y)=2∫0π/2(sinθ)2x−1(cosθ)2y−1dθ. On remarque alors que I=21B(43,41). D’où, avec la célèbre formule B(x,y)=Γ(x+y)Γ(x)Γ(y) et la formule des complémentsΓ(s)Γ(1−s)=sin(πs)π : I=21Γ(1)Γ(43)Γ(41)=2sin4ππ=2π.
Exercice 482 ⭐️⭐️⭐️⭐️ Conservation de la mesure, ENS, Spé/L3
Soit E=C0([0,1],[0,1]). On dit qu’une fonction u∈E conserve la mesure si :
∀φ∈E,∫[0,1](φ∘u)(t)dt=∫[0,1]φ(t)dt.
Montrer que si u∈E conserve la mesure alors u([0,1])=[0,1]. Donner un exemple d’un tel u.
Soit u∈E une fonction de classe C1 par morceaux qui conserve la mesure, telle que sur chaque morceau u′ soit de signe constant et ne s’y annule pas. Montrer que : ∀y∈[0,1],x∣u(x)=y∑∣u′(x)∣1=1
Soit F:R+→R+ continue, croissante et convexe. On pose n(y)=Card(x∣u(x)=y). Montrer que : ∫[0,1](F∘∣u′∣)(t)dt≥∫[0,1](F∘n)(t)dt.
Réflexes
Corrigé
(Amicalement transmis et rédigé par Killian Le Milbeau 🙏, CPGE Chateaubriand)
Soit u∈E. Alors u est continue sur [0,1]. Or l’image d’une fonction continue par un segment est un segment. Donc, u([0,1])=[a,b] où 0≤a≤b≤1.
Raisonnons par l’absurde. Supposons que a>0 ou b<1. On sait que u conserve la mesure, donc ∀φ∈E,∫[0,1](φ∘u)(t)dt=∫[0,1]φ(t)dt.
Prenon une telle fonction φ, que l’on définit comme nulle sur [a,b] et strictement positive sur [0,a[∪]b,1]. Alors : (φ∘u)([0,1])=φ([a,b])={0}. D’où ∫[0,1](φ∘u)(t)dt=0=∫[0,1]φ(t)dt. car ∫[0,1]φ(t)dt=∫[0,a[φ(t)dt+∫]b,1]φ(t)dt>0. Cela contredit le fait que u conserve la mesure. Ainsi a=0 et b=1.
Et donc, u([0,1])=[0,1]. Autrement dit, u est surjective.
Soit u∈E une telle fonction. Comme u conserve la mesure : ∀φ∈E,∫[0,1](φ∘u)(t)dt=∫[0,1]φ(t)dt. Cette égalité est en particulier vraie pour une fonction φ∈E à support compact et telle que ∫[0,1]φ(t)dt=1. Prenons donc une telle fonction φ. ∫[0,1](φ∘u)(t)dt=1.
Traitons maintenant cette dernière intégrale, notre but étant de faire apparaitre la somme demandée. La fonction u est continue sur [0,1] et C1 par morceaux.
Donc, on peut diviser le segment [0,1] en segments [ai,ai+1], sur lesquels u′ est continue, de signe constant et ne s’annule pas.
Ainsi, par le relation de Chasles : ∫[0,1](φ∘u)(t)dt=i∑∫[ai,ai+1](φ∘u)(t)dt=1.
Pour tout 0≤i≤n−1, la fonction u établit une bijection (croissante ou décroissante) entre l’intervalle ]ai,ai+1[ et un autre intervalle noté ]bi,bi+1[. De plus, d’après la première question, chaque x∈[0,1] appartient au moins à un intervalle ]bi,bi+1[.
On va à présent s’occuper de l’intégrale. Sur chaque intervalle ]ai,ai+1[ on effectue une changement de variable en x=u(t). Ce qui nous donne dx=u′(t)dt et de nouvelles bornes bi et bi+1. Ainsi : ∫aiai+1(φ∘u)(t)dt=∫bibi+1∣(u′∘u−1)(x)∣φ(x)dx=∫01∣(u′∘u−1)(x)∣φ(x)1x∈]bi,bi+1[dx.
Par la relation de Chasles : ∫01(φ∘u)(t)dt=i=0∑n−1∫aiai+1(φ∘u)(t)dt=i=0∑n−1∫01∣(u′∘u−1)(x)∣φ(x)1x∈]bi,bi+1[dx=∫01∣(u′∘u−1)(x)∣φ(x)(i=0∑n−11x∈]bi,bi+1[)dx.
On note N(x)=∣(u′∘u−1)(x)∣1(i=0∑n−11x∈]bi,bi+1[). On a N(u(y))=∣u′(y)∣1Card{0≤i≤n−1:u(y)∈]bi,bi+1[}=∣u′(y)∣1Card{x∈[0,1]:u(y)=x}.
Pour la dernière égalité on a utilisé le fait que u est surjective sur chacun des intervalles ]ai,ai+1[.
Pour répondre à la question (et sachant que u est surjective de [0,1] dans [0,1]), il suffit donc de montrer que la fonction N est identiquement égale à 1. Or on sait que : ∀φ∈E,∫01φ(t)dt=∫01φ(x)N(x)dx.
On peut se “convaincre” (sûrement une preuve rigoureuse serait délicate) que la fonction N est continue par morceaux sur [0,1]. Pour montrer que N=1, il suffit alors de montrer que ∫01(N(x)−1)2dx=0. En développant le carré, on voit qu’il suffit de montrer que ∫01N(x)2dx−2∫01N(x)dx+1=0. En choisissant ϕ(x)=1−N(x), on obtient le résultat voulu !
La fonction φ n’est pas forcément continue me direz-vous… J’ai trop faim pour rédiger les détails…
ça sent Jensen. On va y réfléchir.
Exercice 494 ⭐️⭐️ Intégrale de Poisson, Somme de Riemann, Mines PSI, Sup/L1/Classique
Soit n un entier ≥1 et x un réel =±1. On pose : Qn(x)I(x)=k=0∏n−1(x2−2xcos(nkπ)+1)=∫0πln(x2−2xcost+1)dt.
Montrer que Qn(x)=x+1x−1(x2n−1), x=−1.
Montrer que I(x), x=±1, est bien définie.
Calculer I(x).
Réflexes
Du log 👉 penser à ln(ab)=lna+lnb, a,b>0 ;
Du log, un produit, donc une somme, une subdivision xk=πnk, une intégrale 👉 Somme de Riemann !
Corrigé
Les e2iπ2nk=eiπnk, 0≤k≤2n−1, sont toutes les racines 2n-ième de l’unité, et on a donc la factorisation x2n−1=k=0∏2n−1(x−eiπnk). Pour les racines indexées par n≤k≤2n−1, on peut réécrire un peu les choses en posant k=2n−q, 1≤q≤n, i.e. x2n−1=k=0∏n−1(x−eiπnk)q=1∏n(x−e−iπnq). Pour se recaler sur k=0,⋯,n−1, il faut rajouter-enlever q=0, i.e. le terme x−1, et on a en plus le terme q=n, i.e. x+1. En renommant q par k, il vient alors : x2n−1=x−1x+1k=0∏n−1(x−eiπnk)(x−e−iπnk). Or (x−eiπnk)(x−e−iπnk)=x2−2xcos(nkπ)+1. On en déduit l’égalité voulue. Remarque : Si on était parti de la gauche, il fallait avoir le réflexe d’écrire 2cos(nkπ)=eiπnk+e−iπnk, et factoriser.
Déjà on regarde à l’intérieur du ln. On voit le début d’un carré : x2−2xcost+1=(x−cost)2−cos2t+1=(x−cost)2+sin2t=∣x−eit∣2. Les seules valeurs réelles que peut prendre eit sont 1 et −1, et on les a exclues ! Donc pour tout x=±1, la fonction t↦x2−2xcost+1 est continue strictement positive sur [0,π]. Ainsi la fonction f:t↦ln(x2−2xcost+1) est bien définie et continue sur [0,π]. Donc I(x), x=±1, est bien définie.
Suivant nos réflexes, on écrit une somme de Riemann associée à I(x) : In(x)=nπk=0∑n−1ln(x2−2xcos(nkπ)+1)=nπln(Qn(x)). On a choisi une subdivision régulière avec xk=πnk, 0≤k≤n−1, et comme point où appliquer f : xk (en fait on peut choisir n’importe quel ck∈[xk,xk+1]). Comme f est continue sur [0,π], on en déduit que In(x)n→∞I(x). Si ∣x∣<1 alors Qn(x)n→∞1 et donc In(x)n→∞0.
Si ∣x∣>1 alors on met x2n en facteur dans Qn(x) et on obtient In(x)n→∞2πln∣x∣ car ln(x2n)=2nln∣x∣. Ainsi I(x)I(x)=0si∣x∣<1=2πln∣x∣si∣x∣>1.
Remarque :
Quand on obtient une formule, il faut toujours la vérifier en des points particuliers. Pour Qn, on voit que la formule est cohérente avec Qn(1)=0 (le 1er terme du produit vaut 0) et Qn(0)=1. Pour I, on a bien I(0)=0, et on voit que le comportement quand x→∞ est le bon en mettant x2 en facteur dans le ln (et en travaillant un peu avec le bout qui reste).
En intégrant sur [0,2π] au lieu de [0,π], on fait apparaître toutes les racines n-ième de l’unité, cela évite la discussion un peu relou de 1), et il vient alors (xn−1)2. Fais le lien avec I(x) en transformant ∫π2π avec des changements de variable.
Dans la littérature L1/L2/Prépa, cette intégrale est parfois appelée intégrale de Poisson. Au niveau L3/M1, l’intégrale de Poisson fait plutôt référence à une convolution avec le noyau de Poisson, très important en analyse harmonique.
Exercice 497 ⭐️⭐️ Majoration de π, Sup/L1
En calculant l’intégrale I=∫011+x2(x−x2)4dx, obtenir une majoration pour le nombre π.
Réflexes
Numérateur en 1+x21 👉 On sent que l’arctangente peut apparaître…
Corrigé
On commence par simplifier la fraction rationnelle à intégrer en effectuant la division euclidienne : en développant (x−x2)4 et après quelques calculs (pas si longs…) on obtient (x−x2)4=(x6−4x5+5x4−4x2+4)(1+x2)−4.
On a donc I=∫01x6−4x5+5x4−4x2+4dx−4∫011+x21dx.
La première intégrale est celle d’un polynomiale : ∫01x6−4x5+5x4−4x2+4dx=71−461+551−431+4=722. Pour la deuxième intégrale, on se rappelle de la primitive : ∫011+x21dx=[arctan(x)]01=arctan(1)−arctan(0)=4π.
Comme I≥0 (c’est l’intégrale d’une fonction positive), on en déduit l’inégalité π≤722.
Remarque — On peut obtenir assez facilement une borne inférieure intéressante. Pour cela, on utilise l’inégalité classique x(1−x)≤1/4, vraie pour x∈[0,1], pour obtenir : I≤∫011+x2(1/4)4dx=1024π. D’après le calcul explicite de I, on a alors π≥10251024722.
Numériquement on a 22/7−π≈0.0012645 et π−10251024722≈0.0018017. Pas mal !
Exercice 499 ⭐️⭐️⭐️ Coefficients de Fourier, Sup/L1
Soit f:[0,2π]→R une fonction continue.
On suppose dans cette question que f est décroissante. Montrer que ∫02πf(t)sin(t)dt≥0.
On suppose dans cette question que f est convexe. Montrer que ∫02πf(t)cos(t)dt≥0. On utilisera la propriété suivante des fonctions convexes : pour tout h≥0 et tout 0≤x≤y≤2π−h, on a f(y+h)−f(y)≥f(x+h)−f(x).
Réflexes
Corrigé
On découpe l’intégrale : I=∫02πf(t)sin(t)dt=I1+I2, avec I1I2=∫0πf(t)sin(t)dt=∫π2πf(t)sin(t)dt. Dans l’intégrale I2, on fait le changement de variables u=2π−t : I2=∫0πf(2π−u)sin(2π−u)du=−∫0πf(2π−u)sin(u)du.
On a utilisé les propriétés élémentaires de la fonction sinus : sin(2π−u)=sin(−u)=−sin(u). On en déduit que I=∫0π(f(t)−f(2π−t))sin(t)dt. Or pour 0≤t≤π, on a t≤2π−t donc f(t)≥f(2π−t). On a également sin(t)≥0. On a donc I≥0, comme intégrale d’une fonction positive sur [0,π].
Ici on va découper l’intégrale en quatre parties : on pose I=∫02πf(t)cos(t)dt=I1+I2+I3+I4, avec I1I2I3I4=∫0π/2f(t)cos(t)dt,=∫π/2πf(t)cos(t)dt,=∫π3π/2f(t)cos(t)dt,=∫3π/22πf(t)cos(t)dt. On transforme ensuite les intégrales I2,I3 et I4 par changement de variable affine afin de se ramener au segment [0,π/2]. On a : I2I3I4=∫0π/2f(π−t)cos(π−t)dt=−∫0π/2f(π−t)cos(t)dt,=∫0π/2f(π+t)cos(π+t)dt=−∫0π/2f(π+t)cos(t)dt,=∫0π/2f(2π−t)cos(2π−t)dt=∫0π/2f(2π−t)cos(t)dt. On recolle le tout : I=∫0π/2[f(t)−f(π−t)−f(π+t)+f(2π−t)]cos(t)dt. Or la fonction cos est positive sur [0,π/2]. De plus, f étant convexe, on utilise la propriété admise dans l’énoncé avec x=t, y=π−t et h=π (et on a bien x≤y !) pour montrer que I est l’intégrale d’une fonction positive sur [0,π/2], donc I≥0.
Exercice 534 ⭐️⭐️⭐️ Vitesse de convergence des sommes de Riemann, X PSI, Sup/L1/Classique
Si f:[0,1]→R est continue, on sait que les sommes de Riemann n1k=0∑n−1f(xk,n), où xk,n∈[nk,nk+1[, convergent vers I=∫01f(x)dx. Notons Sn=n1k=0∑n−1f(nk).
Si f∈C1, on peut avoir la vitesse de convergence de Sn vers I et le premier terme du développement asymptotique. Montrer que dans ce cas : I−Sn=2n1(f(1)−f(0))+o(1/n). Remarque — Plus f est régulière, i.e. C2, C3, etc, plus la précision est bonne, i.e. on obtient les autres termes du développement asymptotique.
Réflexe-Indication
Intégrale-Somme 👉 Ecrire l’intégrale comme une somme ;
💡 Utiliser une primitive F de f (sinon on peut galérer longtemps 😫).
Corrigé
Soit F une primitive de f. Alors I=F(1)−F(0)=k=0∑n−1(F(nk+1)−F(nk)). La formule de Taylor-Lagrange à l’ordre 2 pour F qui est C2 donne : F(nk+1)−F(nk)=n1f(nk)+2n21f′(xk,n), avec xk,n∈]nk,nk+1[, car F′=f et F′′=f′. Donc en sommant on a I−Sn=2n21k=0∑n−1f′(xk,n).(⋆) Or f′ est continue car f est C1, donc on peut utiliser le résultat de convergence des sommes de Riemann rappelé au début de l’exercice, que l’on écrit sous la forme : n1k=0∑n−1f′(xk)=∫01f′(x)dx+o(1). En injectant cette identité dans (⋆) et en notant que ∫01f′(x)dx=f(1)−f(0), on obtient le résultat.
Exercice 583 ⭐️⭐️⭐️ Un corps noir bleu-vert, blanc, rouge et infrarouge qui a l’air jaune, Sup/L1/Spé/L2
En physique, le spectre du rayonnement d’un corps noir de température T est distribué de la manière suivante: la luminance énergétique correspondant au rayonnement émis de fréquence comprise entre ν1 et ν2 est donné par l’intégrale de f entre ν1 et ν2, avec f(ν)=c2(ehν/kT−1)2hν3
où, aujourd’hui par définition, h=6,62607015⋅10−34 joule-seconde (constante de Planck), c=299792458 mètres par seconde (vitesse de la lumière), k=1,380649⋅10−23 joule par kelvin (constante de Boltzmann).
On a donc pour α=2h/c2≃1,47449946⋅10−50 kilogrammes-seconde (ou watt par mètre carré et par hertz puissance 4), β=k/h≃2,08366191⋅1010 hertz par kelvin, f(ν)=eβTν−1αν3.
Montrer que la luminance énergétique totale est égale à γT4 (voir la loi de Stefan-Boltzmann), où on exprimera γ en fonction de α et β.
Est-ce que pour toute fréquence donnée, un corps plus chaud émet plus de rayonnement qu’un corps plus froid?
Montrer que f admet un maximum global à une fréquence νm=κν0, où ν0=βT, et κ est une constante. Exprimer mathématiquement cette constante et en donner une approximation numérique.
Quelle est la longueur d’onde λm d’un rayonnement de fréquence νm?
Montrer que pour b>a≥0 la proportion du rayonnement émis entre les fréquences aν0 et bν0 est l’intégrale entre a et b d’une distribution de probabilité, ne dépendant pas de T, dont on donnera la densité.
Le rayonnement du soleil est proche de celui d’un corps noir à une température de TS=5770 kelvins. Donner une valeur numérique de νm et λm pour le soleil. A quelle couleur cela correspond-t-il?
Montrer que la luminance énergétique correspondant au rayonnement de longueur d’onde entre λ1 et λ2 est l’intégrale de g entre λ1 et λ2 où g est une fonction à déterminer.
Déterminer la longueur d’onde λm′ correspondant au maximum de g et la comparer à λm. A quelle couleur cela correspond-t-il pour le soleil?
Donner une approximation de la proportion de lumière visible dans le rayonnement solaire. De quel couleur apparaît le soleil si on sort de l’atmosphere?
Montrer que la fréquence moyenne et la longueur d’onde moyenne du rayonnement émis par un corps noir sont respectivement proportionnels à ν0 et c/ν0, avec des coefficients à déterminer. Faire l’approximation numérique pour le soleil et donner les couleurs correspondantes.
Pourquoi n’y a-t-il pas d’étoile verte?
Corrigé
On obtient pour la luminance totale, par le changement de variables ν=βTx, ν3dν=(βT)4dx ∫0∞eν/βT−1αν3dν=αβ4T4∫0∞ex−1x3dx.
On a ex−1x3=x3e−x(1−e−x)−1=x3e−xm=0∑∞e−mx,
et donc k=1∑∞∫0∞x3e−kxdx=k=1∑∞k−4Γ(4)=ζ(4)(3!)=15π4
en admettant la valeur de ζ(4) (un autre exercice!).
Donc on a le résultat annoncé, avec γ=15π4αβ4≃1,80493622⋅10−8W/(m2.K4).
Il y a un facteur π entre γ et la constante σ présente dans l’expression de la loi de Stefan-Boltzmann, due à une considération plus détaillée du modèle de corps noir et de considération géométriques.
On vérifie que f est croissante en T pour tout ν, donc la réponse à la question est oui.
La fonction f est C∞ est positive, tend vers zéro en 0 et l’infini, donc admet un maximum global où la dérivée logarithmique s’annule. On trouve donc νm3=eνm/βT−1eνm/βT/(βT),
d’où le résultat demandé, avec κ tel que κ3=eκ−1eκ,κ=3(1−e−κ).
La méthode de Newton partant de 3 donne κ0=3, κp+1=κp−3e−κp−13(1−e−κp)−κp=3e−κp−13((1+κp)e−κp−1).
On obtient une convergence rapide vers κ≃2,82143937212.
La longueur d’onde est λm est c/νm=c/κν0, c étant la vitesse de la lumière.
On trouve, avec le changement de variable ν=βTx, π4αβ4T415∫aβTbβT(eν/βT−1)αν3dν=π415∫abex−1x3dx.
On obtient donc une distribution de densité x↦π415ex−1x3, dont l’intégrale vaut 1, c’est à dire une densité de probabilité.
On trouve ν0=βTS≃2,08366191⋅1010×5770≃1,2022729⋅1014 hertz puis νm=κν0≃2,82143937212⋅1,2022729⋅1014≃3,3921401⋅1014 hertz. La longueur d’onde est λm=c/νm≃299792458/(3.3921401⋅1014)≃8,83785602⋅10−7m,
soit 883 nanomètre environ. Il s’agit d’un infrarouge très proche du rouge.
Une longueur d’onde entre λ1 et λ2 correspond à une fréquence entre c/λ2 et c/λ1, donc une luminance: ∫c/λ2c/λ1eβTν−1αν3dν=∫λ2λ1eλβTc−1α(c/λ)3d(c/λ). Ceci donne le résultat de l’énoncé avec g(λ)=λ5(eλβTc−1)αc4
On obtient l’équation λ5=λ2βTceλβTc−1eλβTc, soit λ=ν0μc=βTμc avec μ5=eμ−1eμ,μ=5(1−e−μ).
La méthode de Newton donne μ≃4,96511423174. La logueur d’onde ici est λm′=ν0μc, donc λm′=λmθ où θ=κ/μ≃0,56825266. Le pic du spectre correspond donc à une longueur d’onde presque deux fois plus courte si on considère la luminance en fonction de la longueur d’onde au lieu de la considérer en fonction de la fréquence ! Pour le soleil, on trouve λm′≃0,56825266×8,83785602⋅10−7≃5,02213519⋅10−7m,
soit 502 nanomètres. Cela se situe entre le vert et le bleu.
On obtient π415∫abex−1x3dx avec a=λ0/λrouge et b=λ0/λviolet, λrouge et λviolet étant les extrémités du spectre visible, avec λ0=c/βT. On a, pour le soleil, λ0≃299792458/(2,08366191⋅1010×5770)≃2,49354⋅10−6m. Comme λviolet≃3,8⋅10−7 et λrouge≃7,8⋅10−7, on trouve a≃3,2 et b≃6,56. Un calcul numérique de l’intégrale donne environ 45% de lumière visible (on trouve environ 45% d’infrarouges et 10% d’ultraviolets). Comme cette lumière visible est répartie sur toutes leurs couleurs du rouge au violet sans pic très marqué, hors de l’atmosphère le soleil paraît blanc.
Après les changements de variables adéquats, on trouve comme fréquence moyenne: ν0π415∫0∞ex−1x4=ν0π415(4!k=1∑∞k−5)=ν0π4360ζ(5) soit environ 3,8322294956ν0. La longueur d’onde associée est λ0/3,8322294956. Pour le soleil, on trouve 651 nanomètres, ce qui correspond à du rouge. Pour longueur d’onde moyenne, on trouve λ0π415∫0∞ex−1x2=π430ζ(3)≃0,3702088451λ0. Pour le soleil, on trouve 923 nanomètres, donc de l’infrarouge proche.
Une étoile qui émet beaucoup de lumière verte émet aussi beaucoup de bleu et de rouge, donc paraît blanche (ou comme le soleil, jaune à cause d’effets atmosphériques).