Exercice 529 ⭐️⭐️ Le problème de Bâle, Spé/L2/Classique
➡️ Séries numériques
On ne peut pas sortir de prépa ou L3 sans avoir démontré au moins une fois que n=1∑∞n21=6π2. C’est Euler qui a trouvé la valeur de cette somme au XVIII ème siècle, et ce, sans l’aide de Highkhôlle.
Si Euler l’a fait, alors nous aussi on peut le faire (hmm…😭). Allons-y !
On rappelle que la fonction cotangente est définie par :
∀t∈/πZ, cotan(t)=sin(t)cos(t).
- Soit n∈N∗. Pour t∈]0,2π[, montrer qu’il existe un polynôme Pn (dont on donnera une expression) tel que pour tout t∈]0;π/2[,
sin2n+1(t)sin((2n+1)t)=Pn(cotan2(t)). - Pour k∈[[1,n]], on pose xk=cotan2(2n+1kπ).
Justifier que les réels x1,…,xn sont des racines de Pn, et qu’elles sont toutes distinctes. - En utilisant les coefficients de Pn devant Xn et Xn−1, montrer que k=1∑nxk=3n(2n−1).
- Établir l’encadrement suivant : pour tout t∈]0;π/2[,
cotan2(t)≤t21≤1+cotan2(t). - En déduire que pour n∈N∗, le réel Sn=k=1∑nk21 vérifie :
3n(2n−1)≤π2(2n+1)2 Sn≤n+3n(2n−1). - Déterminer la valeur de n=1∑∞n21.
- Développer sin(Nt) 👉 De Moivre et binôme de Newton.
- Vérifier que Pn(xk)=0.
- Identification de coefficients entre la forme développée et la forme factorisée de Pn.
- Inégalité pour tout t dans un intervalle 👉 Étude de fonction.
- Choisir le bon t, puis sommer.
- Gendarmes !
- La formule de Moivre et du binôme donnent :
sin((2n+1)t)=Im((cos(t)+i sin(t))2n+1)=Im(k=0∑2n+1(k2n+1)cos2n+1−k(t)iksink(t)),
or i2p=(−1)p et i2p+1=(−1)pi, donc :
sin((2n+1)t)=p=0∑n(2p+12n+1)cos2n−2p(t)(−1)psin2p+1(t).
Ainsi
sin2n+1(t)sin((2n+1)t)=p=0∑n(2p+12n+1)cos2n−2p(t)(−1)psin2p−2n(t)=Pn(cotan2(t)),
avec Pn(X)=p=0∑n(2p+12n+1)(−1)pXn−p. - D’après la relation précédente, on a pour k∈[[1,n]] :
Pn(xk)=sin2n+1(2n+1kπ)sin(kπ)=0. De plus cotan est strictement décroissante sur ]0,π/2[, car cotan′(t)=sin2(t)−1.
Par conséquent x1>x2>⋯>xn, en particulier ces racines sont toutes distinctes. - Pn est de degré n, il est donc scindé à racines simples : en notant α son coefficient dominant,
Pn(X)=α(X−x1)(X−x2)…(X−xn). L’expression de Pn en 1. donne α=(12n+1)=2n+1.
Par ailleurs l’identification du coefficient devant Xn−1 donne : −αk=1∑nxk=−(32n+1).
Ainsi k=1∑nxk=2n+1(32n+1)=3n(2n−1). - Notons I=[0,2π[. On rappelle que pour t∈I, 0≤sin(t)≤t.
- Posons u(t)=tan(t)−t. u est dérivable sur I et ∀t∈I, u′(t)=tan2(t)≥0.
Donc u est croissante sur I. ainsi ∀t∈I, u(t)≥u(0)=0.
On en déduit que pour t∈]0;π/2[, cotan2(t)≤t21. - On a par ailleurs pour t∈]0,π/2[ : 1+cotan2(t)=sin2(t)1≥t21.
- On applique cet encadrement à t=2n+1kπ : xk≤π2k2(2n+1)2≤1+xk.
On prend la somme pour k∈[[1,n]] : 3n(2n−1)≤π2(2n+1)2 Sn≤n+3n(2n−1). - On obtient ainsi un encadrement de Sn :
3(2n+1)2π2n(2n−1)≤Sn≤(2n+1)2π2n+3(2n+1)2π2n(2n−1).
Or n→∞lim3(2n+1)2π2n(2n−1)=6π2, et n→∞lim(2n+1)2π2n=0.
Donc par comparaison, n=1∑∞n21=n→∞limSn=6π2.