Exercice 522 ⭐️⭐️⭐️ Leibniz & Newton, Sup/Spé/MP/L2
➡️ Dérivation
Amicalement transmis et rédigé par René Adad, créateur du blog Math-OS.
Admettons la version suivante de la formule de Leibniz.
Pour tout couple (f,g) d’applications indéfiniment dérivables de R dans C et pour tout entier naturel n :
(fg)(n)=k=0∑n(kn)f(k)g(n−k)(1)
Il est facile d’en déduire la formule du binôme, à savoir que pour tout couple (a,b) de nombres complexes et pour tout entier naturel n :
(a+b)n=k=0∑n(kn)akbn−k(2) Il suffit en effet de choisir f:t↦eat et g:t↦ebt et d’appliquer (1); il vient :
dtndn(e(a+b)t)=k=0∑n(kn)dtkdk(eat)dtn−kdn−k(ebt) c’est-à-dire : (a+b)ne(a+b)t=k=0∑n(kn)akeatbn−kebt d’où (2) après simplifiation par e(a+b)t. Une question nettement moins évidente est la réciproque …
On admet donc désormais la formule du binôme, mais sous la forme assez générale suivante, qui se démontre classiquement par récurrence, en exploitant pour l’essentiel la formule, dite “de Pascal”, (kn)+(k+1n)=(k+1n+1) :
Formule du binôme dans un anneau
Etant donné un anneau (A,+,×) et deux éléments x,y∈A tels que xy=yx, on a pour tout n∈N :
(x+y)n=k=0∑n(kn)xkyn−k
Question : Comment peut-on en déduire la formule de Leibniz ?
Il faudra choisir avec soin l’anneau et les deux éléments x,y qui commutent … 🙂
On suppose donc connue la formule du binôme dans un anneau, pour deux éléments qui commutent.
Notons E le C-espace vectoriel des applications de classe C∞ de R2 dans C et considérons l’anneau A=L(E) des endomorphismes de E.
Parmi les éléments de A, se trouvent les opérateurs ∂x∂ et ∂y∂. Et ces deux bébêtes commutent d’après le théorème de Schwarz !
On a donc :
(∂x∂+∂y∂)n=k=0∑n(kn)∂xk∂k∘∂yn−k∂n−k
c’est-à-dire :
(∂x∂+∂y∂)n=k=0∑n(kn)∂xk∂yn−k∂n(⋆)
Il ne reste plus qu’à considérer un couple (f,g) d’éléments de E et à appliquer chaque membre de (⋆) à l’application :
R2→R,(x,y)↦f(x)g(y)
On obtient ainsi la formule de Leibniz 🙂
Pour en savoir plus sur cette question, on pourra visiter cet article du blog Math-OS.