Montrer que : x−2x2≤ln(1+x)≤x−2x2+3x3 pour tout x≥0.
Réflexes
f(x)≤g(x) ? avec des fonctions simples et des valeurs de f(0) et g(0) 👉 Tenter d’étudier les variations de h(x):=g(x)−f(x) en dérivant, ça marche assez souvent.
Corrigé
On va montrer la 2e inégalité. Posons h(x)=x−2x2+3x3−ln(1+x). On a h(0)=0 et si x≥0, h′(x)=1−x+x2−1+x1=1+x1−x+x2+x−x2+x3−1=1+xx3≥0.
Donc h est croissante sur R+, et alors h(x)≥h(0)=0 pour tout x≥0, ce qui établit la 2ème inégalité.
Pour la première inégalité, on procéderait de la même façon en posant h(x)=ln(1+x)−x+2x2.
Soit α>1 et C>0. On considère une fonction f vérifiant pour tout x,y dans R, ∣f(x)−f(y)∣≤C∣x−y∣α .
Que peut-on dire de f ?
Réflexes
On voit déjà que f est continue (car α>0) 👉 Est-elle dérivable ? 👉 Former et étudier des taux d’accroissement !
Corrigé
Soit x fixé, et y=x. On écrit ∣∣∣∣∣x−yf(x)−f(y)∣∣∣∣∣≤C∣x−y∣α−1y→x0 car α>1. On en déduit que f est dérivable en x et que f′(x)=0. Comme x est arbitraire dans R, on en déduit la dérivée de f est nulle partout, et donc que f est constante sur R.
Exercice 154 ⭐️⭐️ Équation f(2x)=2f(x), Sup/L1
Trouver toutes les fonctions continues sur R et dérivables en 0 vérifiant : f(2x)=2f(x) pour tout x∈R.
Réflexes
Dérivable en 0 👉 Calculer f(0) et taux d’accroissement en 0 ;
f(2x)=2f(x) 👉 f(x)=2f(2x)=4f(4x)=⋯
Corrigé
On procède par analyse-synthèse. Analyse – Soit un tel f. Les hypothèses invitent à calculer f(0) et considérer des taux d’accroissement en 0. On f(0)=2f(0), donc f(0)=0. On remarque que f(x)=2f(2x), et donc en utilisant une récurrence et le fait que f est dérivable en 0, on obtient f(x)=2nf(2nx)=x2nx−0f(2nx)−f(0)n→∞f′(0)x.
Ainsi f(x)=f′(0)x pour tout x∈R. Synthèse – Toutes les fonctions x↦ax, a∈R vérifient bien les hypothèses. Conclusion – Les seules solutions sont donc les fonctions linéaires x↦ax, a∈R.
Exercice 155 ⭐️⭐️⭐️ Règle de L’Hospital, Sup/L1
Soit f,g:[a,b]→R deux fonctions continues sur [a,b] et dérivables sur ]a,b[. Montrer que : ∃c∈]a,b[,(f(b)−f(a))g′(c)=(g(b)−g(a))f′(c).
Montrer alors la règle de L’Hospital : Si f(a)=g(a)=0 et si l=x→alimg′(x)f′(x) existe, alors x→alimg(x)f(x)=l.
La réciproque est-elle vraie ?
Réflexes
Continue sur [a,b], dérivable sur ]a,b[, ∃c∈]a,b[ 👉 Théorème de Rolle ;
Dérivable 👉 Écrire des taux d’accroissement.
Corrigé
L’existence de c fait penser au théorème de Rolle ou des accroissements finis, donc il faut introduire une fonction à qui on pourra appliquer le théorème. Naturellement on peut penser remplacer le g′(c) et f′(c) par des taux d’accroissement. On est donc conduit à introduire la fonction ϕ(x)=(f(b)−f(a))(g(x)−g(a))−(g(b)−g(a))(f(x)−f(a)). On a ϕ continue sur [a,b], dérivable sur ]a,b[ et ϕ(a)=ϕ(b)=0. On peut donc appliquer Rolle, d’où l’existence de c∈]a,b[ tel que ϕ′(c)=(f(b)−f(a))g′(c)−(g(b)−g(a))f′(c)=0, ce qu’on voulait.
Ecrivons, pour des b tel que g(b)=0, g(b)−g(a)f(b)−f(a)=g(b)f(b)=g′(c)f′(c).
Si b tend vers a, alors c tend vers a, donc c→alimg′(c)f′(c)=l, d’où le résultat.
Exercice 156 ⭐️⭐️⭐️ Théorème de Darboux, X MP 2017, Sup/L1/Classique
Montrer que toute fonction dérivée f′ sur un intervalle I vérifie le TVI.
On pourra considérer la fonction g(x)=f(x)−yx pour y bien choisi.
Réflexes
Fonction continue sur un segment 👉 Bornée et atteint ses bornes, et la dérivée est nulle en les extremas.
Corrigé
Prenons f dérivable sur I=[0,1] par exemple. On veut montrer que f′(I) est un intervalle. Soit 0≤a<b≤1. Supposons que f′(b)<y<f′(a).
La question est : existe-il c tel que y=f′(c) ? On pose g(x)=f(x)−yx. Comme f est dérivable, elle est en particulier continue, donc g est continue. Elle est donc bornée et atteint ses bornes sur le segment [a,b]. On a g′(x)=f′(x)−y, d’où g′(a)=f′(a)−y>0. Si g atteignait son maximum en a, on aurait x−ag(x)−g(a)≤0 pour x≥a, i.e. g′(a)≤0, ce qui n’est pas possible. De même g′(b)=f′(b)−y<0 et donc g ne peut pas atteindre son maximum en b. Ainsi g atteint son maximum en un c∈]a,b[. On a alors g′(c)=0, d’où f′(c)=y, ce qu’on voulait. On adapte la preuve en conséquence si f′(a)<f′(b).
Exercice 157 ⭐️⭐️ Minoration f′′, CCP, Sup/L1
Soit f:[0,1]→R une fonction deux fois dérivable. On suppose que f(0)=f′(0)=0, f(1)=1 et f′(1)=0.
Montrer qu’il existe a∈]0,1[ tel que ∣f′′(a)∣≥4. (On pourra considérer f(1/2))
Réflexes
Fonction deux fois dérivable 👉 Formule de Taylor-Lagrange.
Corrigé
Par l’absurde, supposons que pour tout y∈[0,1], ∣f′′(y)∣<4. Comme f est deux fois dérivable sur [0,1/2], la formule de Taylor-Lagrange donne l’existence d’un a∈]0,1/2[ tel que f(21)=f(0)+(21−0)f′(0)+(21−0)22!1f′′(a)=8f′′(a), d’où ∣∣∣∣∣f(21)∣∣∣∣∣<84=21. De même, en appliquant la formule sur [1/2,1], il existe b∈]1/2,1[ tel que f(21)=f(1)+(21−1)f′(1)+(21−0)22!1f′′(b)=1−8f′′(b), d’où ∣∣∣∣∣1−f(21)∣∣∣∣∣<84=21. Ainsi 1=∣∣∣∣∣1−f(21)+f(21)∣∣∣∣∣≤∣∣∣∣∣1−f(21)∣∣∣∣∣+∣∣∣∣∣f(21)∣∣∣∣∣<1, ce qui est impossible. Conclusion : il existe c∈]0,1[ tel que ∣f′′(c)∣≥4.
Soit f:R→R une fonction C∞ avec f(0)=0.
Montrer que la fonction g:R→R définie par g(x)=xf(x) si x=0 et g(0)=f′(0), est C∞(R).
Réflexes
fC1 et f(0)=0 👉 Écriture f(x)=f(0)+∫0xf′(t)dt.
Corrigé
On a f(0)=0 et il faut essayer de faire apparaître le x pour obtenir g. On a pas trop le choix : on fait le changement de variable t=ux, ce qui donne f(x)=x∫01f′(ux)du. Donc on a pour tout x∈R, g(x)=∫01f′(ux)du, et c’est gagné car on peut appliquer le théorème de dérivation sous le signe intégrale : f∈C∞(R) et on est sur un compact où toutes les dérivées successives de x↦f′(ux) sont bornées.
Exercice 160 ⭐️ Inégalité ln et exp, Terminale/Sup/L1/Classique
Montrer que pour tout x>−1, ln(1+x)≤x.
En déduire que pour tout t∈[0,n], (1−nt)n≤e−t.
Corrigé
Soit g(x)=x−ln(1+x), on a g′(x)=1−1+x1=1+xx. Si x≥0, g′(x)≥0 et alors g(x)≥g(0)=0,
i.e. ln(1+x)≤x. Si −1<x<0, g′(x)<0 et alors g(x)≥g(0)=0, d’où ln(1+x)≤x également.
Enfin on en déduit que : ln(1−nt)n=nln(1−nt)≤n⋅n−t=−t, et on conclut en passant à l’exponentielle qui est une fonction croissante.
Exercice 222 ⭐️ loglog, Terminale/Sup/L1
Étudier la fonction f:x↦ln(lnx) : ensemble de définition, dérivée, etc.
Corrigé
La fonction f est définie sur ]1,+∞[ car le ln à l’intérieur de la parenthèse doit être >0, ce qui force x>1.
On a par composition des limites :x→1+limf(x)=−∞ et x→+∞limf(x)=+∞ mais cette divergence est extrêmement lente. Si on prend le log en base dix, i.e. log(10)=1, on a log(log(10100))=log(100)=2, et pourtant le nombre gogol 10100 est plus grand que le nombre de particules dans l’univers !!
La dérivée de f est par la règle de composition : f′(x)=xln(x)1, x>1.
Exercice 272 ⭐️⭐️ Étude de ln(1+ax)/ln(1+bx), Terminale/Sup/L1
Étudier la fonction f définie par f(x)=ln(1+bx)ln(1+ax) pour x>0, avec b>a>0.
Réflexes
Dériver ! Ne pas avoir peur de dériver le numérateur de la dérivée si on ne peut pas dire son signe tout de suite.
Corrigé
La fonction f est bien définie sur R+∗ car ln(1+bx)>0 si x>0. Elle est aussi dérivable sur R+∗ comme quotient de fonctions dérivables.
On peut écrire f(x)=baln(1+bx)/(bx)ln(1+ax)/(ax). Or ax−0ln(1+ax)−ln(1)x→0ln′(1)=1. Donc f(x)x→0ba<1. Pour la limite en +∞, on a aussi une indétermination. On écrit alors f(x)=ln(x)+ln(b+1/x)ln(x)+ln(a+1/x)=1+lnxln(b+1/x)1+lnxln(a+1/x). Donc f(x)x→+∞1 car lnxln(a+1/x)x→+∞0 (idem avec b).
Montrons que f est croissante sur R+∗. On a f′(x)==(ln(1+bx))21+axaln(1+bx)−1+bxbln(1+ax)(1+ax)(1+bx)(ln(1+bx))2a(1+bx)ln(1+bx)−b(1+ax)ln(1+ax). Le dénominateur est >0 car x>0. Étudions le numérateur que l’on note g(x). On a g(0)=0, et g′(x)=abln(1+bx)+ab−abln(1+ax)−ab=ab[ln(1+bx)−ln(1+ax)]>0, car 1+bx>1+ax et la fonction ln est strictement croissante. Donc g est strictement croissante et alors g(x)>g(0)=0 si x>0. Ainsi f′(x)>0, et donc f est strictement croissante sur R+∗.
Exercice 314 ⭐️⭐️ e n’est pas algébrique d’ordre 2, Spé/L2
(d’après Gourdon, Analyse)
Le but de l’exercice est de montrer que e n’est pas solution d’un polynôme de degré 2 non nul à coefficients entiers.
En d’autres termes, on souhaite montrer que si a,b,c∈Z vérifient ae2+be+c=0, alors a=b=c=0.
Soit f:x↦aex+ce−x. Calculer f(k)(0). Justifier que f(1)∈Z.
En utilisant la formule de Taylor-Lagrange, montrer qu’il existe αn∈]0;1[ tel que nf(n)(αn)∈Z. (ATTENTION, Formule devenue hors-programme : énoncé à reformuler)
Vérifier que la suite (f(n)(αn)) est bornée, puis en déduire que f(n)(αn)=0 à partir d’un certain rang.
Conclure.
Indications
(rien à déclarer).
Après avoir écrit la formule, au rang qu’il faut, entre 0 et 1, isoler f(n)(αn). Que peut-on en dire ?
Exprimer ∣f(n)(αn)∣, puis majorer. Que peut-on dire de la suite de terme général nf(n)(αn) ?
L’égalité f(n)(αn)=0 , en revenant à l’expression de f(n)(x), doit vous permettre de conclure aisément.
Corrigé
On a : ∀x∈R, f(k)(x)=aex+(−1)kce−x. En particulier f(k)(0)=a+(−1)kc.
On a donc f(1)=ae+ec=eae2+c=−b∈Z
Soit n∈N. f étant de classe C∞ sur R, la formule de Taylor-Lagrange, à l’odre n−1, entre 0 et 1, donne l’existence d’un réel αn∈]0;1[ tel que f(1)=k=0∑n−1k!f(k)(0)(1−0)k+n!f(n)(αn)(1−0)n. On peut isoler nf(n)(αn) dans cette égalité : nf(n)(αn)=(n−1)!f(1)−k=0∑n−1k!(n−1)!f(k)(0). Or (n−1)!∈Z, f(1)∈Z et, pour k∈[[0,n−1]], k!(n−1)!∈Z et f(k)(0)=a+(−1)kc∈Z.
Donc finalement nf(n)(αn)∈Z.
Par inégalité triangulaire, ∣f(n)(αn)∣≤aeαn+ce−αn≤ae+c, puisque αn∈]0;1[. Ainsi (f(n)(αn)) est une suite bornée.
On en déduit que nf(n)(αn)→0. Comme nf(n)(αn)∈Z, on en déduit (en prenant ε=1/2 dans la définition de limite), qu’à partir d’un certain rang n0, nf(n)(αn)=0.
Ainsi pour tout n≥n0, aeαn+(−1)nce−αn=0 donc a et (−1)nc sont de signe opposé ce qui n’est possible que si a=c=0. Il reste donc l’égalité be=0 qui donne finalement b=0.
Remarque — En fait e n’est la racine d’aucun polynôme non nul à coefficents entiers (degré 2 ou pas). Cette propriété porte un nom : on dit que e est transcendant. Mais pour le montrer, c’est un peu plus difficile !
Exercice 315 ⭐️⭐️⭐️ Dérivabilité en 0, MPSI/L1
Soit f:R+→R. On suppose que
f est continue en 0;
il existe k∈]0;1[ et ℓ∈R tels que x→0limxf(x)−f(kx)=ℓ.
Montrer que f est dérivable en 0, et exprimer f′(0) en fonction de k et ℓ.
Même question si k∈]1;+∞[.
Indications
On a une information sur f(x)−f(kx), donc sur f(kx)−f(k2x), etc…
Comme knx se rapproche de 0, si on exprime f(x)−f(knx) avec un télescopage, on pourra faire apparaître xf(x)−f(0) en faisant n→∞.
Se ramener au cas où k∈]0;1[ en remarquant que quand x→0, x/k tend aussi vers 0.
Corrigé
L’idée est de faire apparaître un télescopage avec les différences f(x)−f(kx), f(kx)−f(k2x)…
On a en effet : xf(x)−f(knx)=i=0∑n−1kikixf(kix)−f(ki+1x), qui devrait être proche, quand x est petit, de i=0∑n−1ℓki.
Plus précisément, fixons ε>0. Soit η>0 tel que ∀t∈]0;η], ∣∣∣∣∣tf(t)−f(kt)−ℓ∣∣∣∣∣≤ε.
On fixe x∈]0;η]. Pour i∈N, on a encore kix∈]0;η], et donc ∣∣∣∣∣kixf(kix)−f(ki+1x)−ℓ∣∣∣∣∣≤ε.
Ainsi par inégalité triangulaire : ∣∣∣∣∣∣i=0∑n−1kikixf(kix)−f(ki+1x)−i=0∑n−1ℓki∣∣∣∣∣∣=∣∣∣∣∣∣i=0∑n−1ki(kixf(kix)−f(ki+1x)−ℓ)∣∣∣∣∣∣≤εi=0∑n−1ki≤1−kε. En faisant tendre n→∞, puisque f(knx)→f(0) (continuité de f en 0), on obtient donc : ∣∣∣∣∣xf(x)−f(0)−1−kℓ∣∣∣∣∣≤1−kε. Puisque 1−kε peut être pris arbitrairement petit (en prenant ε assez petit), et que cette inégalité est valable pour tout x∈]0;η], on en déduit que f est dérivable en 0 et que f′(0)=1−kℓ.
Il suffit de remarquer que, par composition de limites : x→0limx/kf(x/k)−f(x)=ℓ, donc x→0limxf(x)−f(x/k)=k−ℓ.
Comme k1∈]0;1[ on peut appliquer le résultat de la question 1., et on obtient la même expression de f′(0) puisque : f′(0)=1−1/k−ℓ/k=1−kℓ.
Exercice 377 ⭐️⭐️⭐️ Transformée de Legendre, Sup/L1
Soit F l’ensemble des fonctions f∈C∞(R+,R) vérifiant : f(0)=0,f′(0)=0,f′′>0 sur R+,x→+∞limf′(x)=+∞.
Soit f∈F. Montrer que f′ réalise une bijection de R+ sur un intervalle à préciser, et que sa bijection réciproque, notée g, est C∞ sur R+.
Soit f∗ définie sur R+ par f∗(t)=x≥0max(tx−f(x)).
Justifier que f∗ est bien définie et que f∗∈F.
Montrer que : ∀f∈F,(f∗)∗=f.
Indications
Théorème de la bijection monotone.
Exprimer d’abord g′, que donne cette expression concernant la régularité de g ?
Existence d’un max 👉 Fonction majorée, et borne supérieure atteinte (étudier les variations).
Calcul.
Corrigé
f′ est continue sur R+, strictement croissante ( car f′′>0). D’après le théorème de la bijection monotone f′ réalise donc une bijection de R+ sur I=f′(R+). La valeur de f′(0) et de x→+∞limf′(x) nous donnent I=R+. f′ étant C1 et de dérivée >0, sa réciproque g est C1 et g′=f′′∘g1.
Alors, f′′ et g étant C1, g′ est C1 par composition, donc g est C2.
Alors, f′′ et g étant C2, g′ est C2 par composition, donc g est C3…
Ainsi de suite. Ce raisonnement montre que g est C∞.
Pour t≥0 fixé, la fonction x↦tx−f(x) est dérivable de dérivée x↦t−f′(x). Elle est donc croissante sur [0;g(t)], décroissante sur [g(t);+∞[. Ainsi f∗ est bien définie et ∀t≥0,f∗(t)=tg(t)−f(g(t)).
f∗ est C∞ sur R+ par opéations sur des fonctions C∞;
f∗(0)=−f(0), car g(0)=0, donc f∗(0)=0;
On calcule (f∗)′ : ∀t≥0, (f∗)′(t)=g(t)+tg′(t)−g′(t)f(g′(t))=g(t), car f(g′(t))=t.
En particulier (f∗)′(0)=g(0)=0 ;
Pour t≥0, (f∗)′′(t)=g′(t)=f′′(g(t))1>0 car f′′>0
t→+∞lim(f∗)′(t)=t→+∞limg(t)=+∞, car g est une bijection strictement croissante de R+ vers R+. Conclusion. On a bien f∗∈F.
Remarquons que ((f∗)′)−1=g−1=f′. Ainsi (d’après 2. appliquée à f∗), pour t≥0 : (f∗)∗(t)=tf′(t)−f∗(f′(t))=tf′(t)−[f′(t)ϕf(f′(t))−f(ϕf(f′(t)))]=tf′(t)−[tf′(t)−f(t)]=f(t). Ainsi f∗=f.
Exercice 409 ⭐️ Dérivée n-ème, Terminale/Sup/L1
Soit f:x↦x1, x=0. Montrer que pour tout n∈N, la dérivée f(n) de f est donnée par : ∀x=0,f(n)(x)=xn+1(−1)nn!.
Réflexes
La dérivation "n fois" est un processus par étapes…faire une récurrence !
Corrigé
Montrons par récurrence que pour tout n∈N on a : ∀x=0,f(n)(x)=xn+1(−1)nn!. ∙ Cas n=0. Pour x∈R∗, f(0)(x)=f(x)=x1, et par ailleurs x0+1(−1)00!=x1. ∙ Soit n∈N. Supposons que ∀x=0,f(n)(x)=xn+1(−1)nn!. Alors f(n) est dérivable sur R∗ et ∀x=0,f(n+1)(x)=(f(n))′(x)=(−1)nn!×xn+2−(n+1)=xn+2(−1)n+1(n+1)!. Conclusion. La propriété est donc vraie pour tout n∈N.
Exercice 492 ⭐️ Nombre de racines, Sup/L1
Soit un entier n≥3, a,b∈R et P(X)=Xn+aX+b. Montrer que P a au plus 3 racines réelles distinctes.
Réflexes
Polynôme réel, nombre de racines réelles 👉 Théorème de Rolle !
Corrigé
Supposons que P a au moins 4 racines réelles distinctes : x1<x2<x3<x4. On a P(x1)=P(x2)=0. La fonction x↦P(x) est continue sur [x1,x2] et dérivable ]x1,x2[. Donc d’après le théorème de Rolle, il existe x1′∈]x1,x2[ tel que P′(x1′)=0. En appliquant le théorème de Rolle sur chaque [xi,xi+1], i=2,3, on en déduit que P′ a au moins 3 racines réelles distinctes x1′<x2′<x3′. On poursuit le même raisonnement avec P′ et on voit que P′′ a au moins 2 racines réelles distinctes. Or P′′(X)=n(n−1)Xn−2 n’a que 0 comme racine réelle, contradiction !
Exercice 510 ⭐️⭐️⭐️⭐️ Norme sur C2([0,1]), X MP 2019, Spé/L2
Soit E l’ensemble des fonctions f:[0,1]→R de classe C2 sur [0,1] et telles que f(0)=f(1)=0. Pour f∈E, on note N(f)=∥f′′∥∞.
Montrer que N est une norme sur E.
Montrer qu’il existe un réel C strictement positif tel que ∀f∈E,∥f∥∞≤CN(f).
Montrer que le réel C optimal est 81.
Réflexes
Question 2 : au brouillon, on peut dessiner un cas défavorable, ici une fonction f qui prend une grande valeur. Le dessin montre que dans ce cas, la fonction f est forcée de croître rapidement, puis de décroître rapidement, donc passe d’une forte pente positive à une forte pente négative. Intuitivement, on imagine que cela aura des conséquences sur la dérivée seconde de la fonction. Pour rendre ces idées de pentes rigoureuses, on pense aux accroissements finis !
Question 3 : on cherche à repérer là on peut améliorer le raisonnement de la question précédente… ici la majoration ∣x1−x2∣≤1 est trop brutale. On peut aussi avoir une intuition de la meilleure fonction f : probablement que f′′ est constante, donc f polynomiale de degré 2, et probablement f est symétrique par rapport à 1/2, c’est-à-dire f(t)=f(1−t)… malgré ces intuitions, il faut encore creuser un peu avant de trouver une méthode de résolution satisfaisante !
Corrigé
On sait que ∥⋅∥∞ définit une norme sur C0([0,1]). On déduit de ceci, ainsi que de la linéarité de l’opération de dérivation, que, pour tout λ∈R et toute f∈E, on a N(λf)=∥(λf)′′∥∞=∥λf′′∥∞=∣λ∣∥f′′∥∞=∣λ∣N(f), et que pour toutes f,g∈E on a N(f+g)=∥f′′+g′′∥∞≤∥f′′∥∞+∥g′′∥∞=N(f)+N(g). Comme on a clairement N(f)≥0, il reste à prouver que N(f)=0 si et seulement si f est identiquement nulle sur [0,1]. Si f=0, alors f′′=0 donc N(f)=0. Récirpoquement, soit f∈E telle que N(f)=0. La fonction f′′ est continue sur [0,1] et on a ∥f′′∥∞=0, on en déduit que f′′(x)=0 pour tout x∈[0,1]. Cela signifie que la fonction f est affine sur [0,1]. Mais la seule fonction affine qui vérifie les contraintes f(0)=f(1)=0 est la fonction nulle. Ainsi f(x)=0 pour tout x∈[0,1] et N(⋅) est une norme sur E.
Soit x∈]0,1[. Par le théorème des accroissements finis, il existe deux réels x1∈[0,x] et x2∈[x,1] tels que f′(x1)=x−0f(x)−f(0)=xf(x) et f′(x2)=x−1f(x)−f(1)=x−1f(x). On applique maintenant l’inégalité des accroissements finis à la fonction f′ sur l’intervalle [x1,x2] : ∣f′(x1)−f′(x2)∣≤∣x2−x1∣∥f′′∥∞. On reconnaît la norme N(f) et on se débarrasse du terme ∣x2−x1∣ en le majorant par 1. On arrive à l’inégalité ∣∣∣∣∣xf(x)−x−1f(x)∣∣∣∣∣≤N(f), qui se transforme en ∣f(x)∣≤x(1−x)N(f). En majorant x(1−x)≤1/4, on a prouvé ∀x∈[0,1],∣f(x)∣≤41N(f). On a bien prouvé l’inégalité recherchée avec C=41.
Soit f∈E. On suppose que N(f)>0. On a f(1/2)=f(0)+∫01/2f′(t)dt et f(1/2)=f(1)−∫1/21f′(t)dt=f(1)−∫01/2f′(1−t)dt. En utilisant f(0)=f(1)=0 puis l’inégalité triangulaire on a 2∣∣∣∣∣f(21)∣∣∣∣∣≤∫01/2∣f′(t)−f′(1−t)∣dt. On applique maintenant l’inégalité des accroissements finis à f′ et à chaque intervalle [t,1−t] pour obtenir 2∣∣∣∣∣f(21)∣∣∣∣∣≤∫01/2(1−2t)N(f)dt, ce qui donne ∥f∥∞≤∣∣∣∣∣f(21)∣∣∣∣∣≤81N(f). Le cas d’égalité s’obtient en étudiant le cas d’égalité dans l’inégalité dse accroissements finis : on souhaite que f′ soit affine sur chaque intervalle [t,1−t], c’est-à-dire sur [0,1]. On cherche donc f polynomiale de degré 2. Les contraintes supplémentaires f(0)=f(1)=0 et ∣f′′∣≤N(f) suggèrent le candidat f(x)=2Kx(1−x), pour lequel on a bien N(f)=K et ∥f∥∞=8K.
L’énoncé est tiré de la liste des “exercices étoilés” de la RMS.
Exercice 521 ⭐️⭐️⭐️⭐️ Points de même altitude dans une vallée, X PC, Sup/L1
Soit f:R→R de classe C2 telle que f(0)=f′(0)=0 et f′′(0)>0.
Montrer qu’il existe α<0, β>0 tels que pour tout x∈[α,β], il existe un unique y∈[−α,β] tel que f(x)=f(y) et xy≤0. Dans la suite on note ϕ(x) cet unique réel y.
Que vaut ϕ(0) ? Montrer que ϕ est dérivable en 0, et donner ϕ′(0).
Montrer que ϕ est dérivable sur [α;β] et exprimer ϕ′(x) pour x=0.
Vérifier que ϕ′ est continue en 0.
On suppose f de classe C3. Donner un DL d’ordre 2 de ϕ en 0, puis montrer que ϕ est deux fois dérivable en 0 et donner ϕ′′(0).
Indications.
Comme souvent, faire un dessin permet de bien cerner la situation.
Équivalent de ϕ(x)−ϕ(0) quand x→0. Commencer par exprimer ϕ à l’aide de réciproques de restrictions de f.
Dérivée d’une réciproque, d’une composée : et le tour est joué 👍
Attention un DL d’ordre 2 de ϕ ne suffit pas pour l’existence de ϕ′′(0).
En revanche un DL d’ordre 1 de ϕ′, oui !
Corrigé
f′′ étant continue avec f′′(0)>0, on peut prendre a>0 tel que f′′>0 sur [−a;a]. Alors : f′ est strictement croissante sur [−a;a] avec f′(0)=0 donc strictement négative sur [−a;0[ et strictement positive sur ]0;a].
Par conséquent f est strictement décroissante sur [−a;0] et strictement croissante sur [0;a].
On suppose par exemple que f(−a)≤f(a), et on note γ=f(a). Le cas contraire se traite de manière similaire.
On pose α=−a et β l’unique réel dans [0,a] tel que f(β)=f(−a) (l’existence et l’unicité de β sont assurées par le théorème de bijection monotone). Ainsi :
si x∈[α,0], comme f(x)∈[0;f(β)], il existe un unique y∈[0;β] tel que f(y)=f(x).
de même si x∈[0;β], il existe un unique y∈[α;0] tel que f(y)=f(x).
Comme f(0)=f(0) on a ϕ(0)=0.
Notons f~ et f^ les applications bijectives définies par : f~:[α;0]x→↦[0;γ]f(x)f^:[0;β]x→↦[0;γ]f(x). Pour x∈[α;0], ϕ(x)=(f^)−1(f~(x)).
Notons c=2f′′(0). On a f^(x)x→0+∼cx2 et f~(x)x→0+∼cx2.
Or (f^)−1 est continue sur [0;γ] donc x→0+lim(f^)−1(x)=0.
On peut composer : f^((f^)−1(x))=xx→0+∼c(f^)−1(x)2. Ainsi (f^)−1(x)x→0+∼cx.
Finalement, comme x→0−limf~(x)=0, ϕ(x)x→0−∼cf~(x)x→0−∼x2x→0−∼−x.
Donc ϕ est dérivable à gauche et ϕg′(0)=−1. On montre de même que ϕd′(0)=−1. Conclusion. ϕ est dérivable en 0 et ϕ′(0)=−1.
Sur [α;0[ on a ϕ=(f^)−1∘f. Sur [α;0[, (f^)′ ne s’annule pas doncϕ est dérivable comme composée de fonctions dérivables, et pour x∈[α;0[, ϕ′(x)=f′(x)(f^)′∘(f^)−1∘f(x)1=f′(ϕ(x))f′(x).De même quand x∈]0;β], ϕ′(x)=f′(ϕ(x))f′(x).
Comme f′(x)x→0∼2cx, on a ϕ′(x)x→0∼2cϕ(x)2cxx→0−1.
On a donc bien : x→0limϕ′(x)=ϕ′(0).
Notons d=6f(3)(0), de sorte que f(x)x→0=cx2+dx3+o(x3). ∙ En substituant x par (f^)−1(x) (possible car (f^)−1(x)x→0+→0), on a : xx→0+=c(f^)−1(x)2+d(f^)−1(x)3+o((f^)−1(x)3)x→0+=(f^)−1(x)2[c+d(f^)−1(x)+o((f^)−1(x))]. En substituant x par f(x) (possible car f(x)x→0−→0+), il vient : f(x)x→0−=ϕ(x)2[c+dϕ(x)+o(ϕ(x))]. Donc ϕ(x)2x→0−=cf(x)[1+cdϕ(x)+o(ϕ(x))]−1. Et en utilisant les DL déjà connus de ϕ(x) à l’ordre 1, f(x) à l’ordre 3, et en n’oubliant pas que (x2)1/2=−x quand x<0, ϕ(x)x→0−=[x2+cdx3+o(x3)]1/2[1−cdx+o(x)]−1/2x→0−=−x[1+2cdx+o(x)][1+2cdx+o(x)]x→0−=−x−cdx2+o(x2). Les calculs donnent le même résultat quand x→0+. ∙ Rappelons que : ∀x=0,ϕ′(x)=f′(ϕ(x))f′(x). Donc ϕ′(x)x→0−=f′(−x−cdx2+o(x2))2cx+3dx2+o(x2)x→0−=−2cx−2dx2+3dx2+o(x2)2cx+3dx2+o(x2)x→0−=[1+2c3dx+o(x)][−1+2cdx+o(x)]−1x→0−=−1−c2dx+o(x)(calculs idem en 0+).Conclusion.ϕ′ est dérivable en 0 et ϕ′′(0)=−c2d=−32f′′(0)f(3)(0).
Amicalement transmis et rédigé par René Adad, créateur du blog Math-OS.
Admettons la version suivante de la formule de Leibniz.
Pour tout couple (f,g) d’applications indéfiniment dérivables de R dans C et pour tout entier naturel n : (fg)(n)=k=0∑n(kn)f(k)g(n−k)(1)
Il est facile d’en déduire la formule du binôme, à savoir que pour tout couple (a,b) de nombres complexes et pour tout entier naturel n :
(a+b)n=k=0∑n(kn)akbn−k(2) Il suffit en effet de choisir f:t↦eat et g:t↦ebt et d’appliquer (1); il vient : dtndn(e(a+b)t)=k=0∑n(kn)dtkdk(eat)dtn−kdn−k(ebt) c’est-à-dire : (a+b)ne(a+b)t=k=0∑n(kn)akeatbn−kebt d’où (2) après simplifiation par e(a+b)t. Une question nettement moins évidente est la réciproque …
On admet donc désormais la formule du binôme, mais sous la forme assez générale suivante, qui se démontre classiquement par récurrence, en exploitant pour l’essentiel la formule, dite “de Pascal”, (kn)+(k+1n)=(k+1n+1) :
Formule du binôme dans un anneau
Etant donné un anneau (A,+,×) et deux éléments x,y∈A tels que xy=yx, on a pour tout n∈N :
(x+y)n=k=0∑n(kn)xkyn−k
Question : Comment peut-on en déduire la formule de Leibniz ?
Il faudra choisir avec soin l’anneau et les deux éléments x,y qui commutent … 🙂
Solution Proposée
On suppose donc connue la formule du binôme dans un anneau, pour deux éléments qui commutent.
Notons E le C-espace vectoriel des applications de classe C∞ de R2 dans C et considérons l’anneau A=L(E) des endomorphismes de E.
Parmi les éléments de A, se trouvent les opérateurs ∂x∂ et ∂y∂. Et ces deux bébêtes commutent d’après le théorème de Schwarz !
On a donc : (∂x∂+∂y∂)n=k=0∑n(kn)∂xk∂k∘∂yn−k∂n−k
Il ne reste plus qu’à considérer un couple (f,g) d’éléments de E et à appliquer chaque membre de (⋆) à l’application : R2→R,(x,y)↦f(x)g(y)
On obtient ainsi la formule de Leibniz 🙂
Pour en savoir plus sur cette question, on pourra visiter cet article du blog Math-OS.
Exercice 563 ⭐️⭐️⭐️ Newton démystifié, Sup/L1
Soient m1,…,mn des réels strictement positifs, et x1,…,xn des fonctions deux fois dérivables de R dans R3. Montrer qu’il existe des fonctions x0 et (Fj,k)1≤j,k≤n deux fois dérivables de R dans R3, telles que Fj,k=−Fk,j pour tous j,k∈{1,2,…,n}, et mkdt2d2(xk−x0)=j=1∑nFj,k(t) pour tous k∈{1,2,…,n} et t∈R.
Corrigé
On prend x0=(j=1∑nmjxj)/(j=1∑nmj), et on a ainsi j=1∑nmkyj=0 pour yj=xj−x0. On choisit ensuite (Fj,k)1≤j≤n successivement pour k=1,2,…,n−1 de manière à ce que les n−1 premières équations sont satisfaites. C’est toujours possible car on peut toujours choisir Fn,k librement. La somme de tous les Fj,k est nulle par antisymétrie, donc si z=j=1∑nFj,n, on a z=−k=1∑n−1mkyk′′. Comme j=1∑nmkyj=0, on a z=mnyn′′.
Soit f une fonction de [0,1[ dans R et h la fonction du disque unité ouvert D vers R donnée par h(x,y):=f(r), avec r=x2+y2.
A quelle condition sur la fonction f a-t-on la propriété suivante: pour tous (x,y)∈D et (u,v)∈R2, [h(x+εu,y+εv)−h(x,y)]/ε tend vers une limite quand ε>0 tend vers zéro?
A quelle condition sur f la fonction h est-elle une fonction différentiable en tout point de D?
A quelle condition sur f la fonctoin h est-elle une fonction de classe C1 sur D?
Corrigé
En prenant (u,v)=(1,0), il est clair que r↦f(r)=h(r,0) doit être dérivable. Réciproquement, si f est dérivable, h est différentiable en tout point différent de (0,0), car c’est la composée des fonctions différentiables (x,y)↦x2+y2 et f. De plus, pour (x,y)=(0,0), on a εh(εu,εv)−h(0,0)=εf(εu2+v2), quantité qui tend vers u2+v2f′(0) quand ε tend vers zéro.
D’après ce qui précède, pour que h soit différentiable, il est nécessaire et suffisant que f soit dérivable et que h soit différentiable en (0,0). D’après le calcul précédent, la différentielle en (0,0) est nécessairement (u,v)↦u2+v2f′(0). Comme elle doit par définition être linéaire, il faut que f′(0)=0. On vérifie alors que h est différentiable si et seulement si f est dérivable et f′(0)=0.
Si f satisfait les conditions de 2., le calcul de la différentielle donne que Dh(x,y)(u,v)=f′(r)[(ux+vy)/r] pour r:=x2+y2>0 et Dh(0,0)(u,v)=0. On a alors h∈C1 si et seulement si f∈C1 et f′(0)=0.
Exercice 586 ⭐️⭐️⭐️ f∘f=cos, X PC, Sup
Montrer que cos admet un unique point fixe x0, avec x0∈]0,π/2[.
Montrer qu’il n’existe pas de fonction dérivable f telle que f∘f=cos.
Réflexes
Fonction R→R 👉 Faire des dessins ;
fonction, point fixe 👉 Itérer, poser xn+1=f(xn) ;
Dérivable 👉 Dériver ce qu’on peut, ici l’égalité !
Corrigé
Sur un dessin, on voit que la bissectrice va couper le graphe du cosinus dans l’intervalle ]0,π/2[. Il faut maintenant écrire ça proprement, en faisant plusieurs cas, e.g. x<−1, puis x>1, etc. La méthode après est standard, on pose g(x)=cos(x)−x. On remarque g(0)=1>0 et g(π/2)=−π/2<0. On conclut à l’existence d’un point fixe de g par le TVI. L’unicité suit par stricte monotonie : g′(x)=−sinx−1<0 sur ]0,π/2[.
Exercice 587 ⭐️⭐️ Caractérisation de l’exponentielle, L1/L2/MPSI/MP
Soit a>0 un nombre réel tel que : ∀x∈R,ax≥x+1.
Montrer que a est nécessairement la constante exponentielle e.
Réflexes
On peut s’échauffer en prouvant l’inégalité ex≥x+1, cela pourrait donner des idées pour une preuve générale.
Corrigé
On rappelle que pour toute fonction f:R→R convexe on a l’inégalité ∀x∈R,f(x)≥f(0)+xf′(0). En particulier pour la fonction exponentielle, on retrouve que ex≥x+1.
On considère la fonction g:x↦ax=exp(xln(a)). La fonction g est dérivable sur R et g′(x)=ln(a)ax, en particulier g′(0)=ln(a). Cela signifie que x→0limxg(x)−1=ln(a).
On écrit la dérivabilité à droite avec des quantificateurs : pour tout ε>0 il existe δ>0 tel que : ∀x∈]0,δ[,xg(x)−1<ε+ln(a) Supposons que a<e, alors ln(a)<1. On choisit ε tel que ln(a)+ε<1, et alors : ∀x∈]0,δ[,g(x)<1+x, ce qui est une contradiction.
Si on suppose a>e, donc ln(a)>1, le raisonnement est similaire. Soit ε>0 tel que ln(a)−ε>1. La dérivabilité à gauche implique qu’il existe δ>0 tel que : ∀x∈]−δ,0[,xg(x)−1>−ε+ln(a)>1. En multipliant cette inégalité par x<0, on obtient : ∀x∈]−δ,0[,g(x)<1+x, ce qui est une contradiction.