Dérivation

Exercice 149 ⭐️ Encadrement ln(1+x)\displaystyle \ln(1+x), Terminale/Sup/L1/Classique

Montrer que : xx22ln(1+x)xx22+x33\displaystyle x-\frac{x^2}{2}\le\ln(1+x)\le x-\frac{x^2}{2}+\frac{x^3}{3} pour tout x0\displaystyle x\ge 0.

f(x)g(x)\displaystyle f(x)\le g(x) ? avec des fonctions simples et des valeurs de f(0)\displaystyle f(0) et g(0)\displaystyle g(0) 👉 Tenter d’étudier les variations de h(x):=g(x)f(x)\displaystyle h(x):=g(x)-f(x) en dérivant, ça marche assez souvent.

On va montrer la 2e inégalité. Posons h(x)=xx22+x33ln(1+x)\displaystyle h(x)=x-\frac{x^2}{2}+\frac{x^3}{3}-\ln(1+x). On a h(0)=0\displaystyle h(0)=0 et si x0\displaystyle x\ge0, h(x)=1x+x211+x=1x+x2+xx2+x311+x=x31+x0.\begin{aligned} h'(x) &=1-x+x^2-\frac{1}{1+x}\\& =\frac{1-x+x^2+x-x^2+x^3-1}{1+x}\\&=\frac{x^3}{1+x}\ge0.\end{aligned}

Donc h\displaystyle h est croissante sur R+\displaystyle \R^+, et alors h(x)h(0)=0\displaystyle h(x)\ge h(0)=0 pour tout x0\displaystyle x\ge 0, ce qui établit la 2ème inégalité.

Pour la première inégalité, on procéderait de la même façon en posant h(x)=ln(1+x)x+x22\displaystyle h(x)=\ln(1+x)-x+\frac{x^2}{2}.

Exercice 153 ⭐️⭐️ Hölder α>1\displaystyle \alpha>1, Terminale/Sup/L1/Classique

Soit α>1\displaystyle \alpha>1 et C>0\displaystyle C>0. On considère une fonction f\displaystyle f vérifiant pour tout x,y\displaystyle x,y dans R\displaystyle \mathbb R, f(x)f(y)Cxyα\displaystyle |f(x)-f(y)|\le C|x-y|^\alpha .
Que peut-on dire de f\displaystyle f ?

On voit déjà que f\displaystyle f est continue (car α>0\displaystyle \alpha>0) 👉 Est-elle dérivable ? 👉 Former et étudier des taux d’accroissement !

Soit x\displaystyle x fixé, et yx\displaystyle y\neq x. On écrit f(x)f(y)xyCxyα1yx0\displaystyle \left|\frac{f(x)-f(y)}{x-y}\right|\le C|x-y|^{\alpha-1}\xrightarrow[y\to x]{}0 car α>1\displaystyle \alpha>1. On en déduit que f\displaystyle f est dérivable en x\displaystyle x et que f(x)=0\displaystyle f'(x)=0. Comme x\displaystyle x est arbitraire dans R\displaystyle \R, on en déduit la dérivée de f\displaystyle f est nulle partout, et donc que f\displaystyle f est constante sur R\displaystyle \R.

Exercice 154 ⭐️⭐️ Équation f(2x)=2f(x)\displaystyle f(2x)=2f(x), Sup/L1

Trouver toutes les fonctions continues sur R\displaystyle \mathbb R et dérivables en 0\displaystyle 0 vérifiant : f(2x)=2f(x)\displaystyle f(2x)=2f(x) pour tout xR\displaystyle x\in\mathbb R.

  • Dérivable en 0\displaystyle 0 👉 Calculer f(0)\displaystyle f(0) et taux d’accroissement en 0\displaystyle 0 ;
  • f(2x)=2f(x)\displaystyle f(2x)=2f(x) 👉 f(x)=2f(x2)=4f(x4)=\displaystyle f(x)=2f(\frac{x}{2})=4f(\frac{x}{4})=\cdots

On procède par analyse-synthèse.
Analyse – Soit un tel f\displaystyle f. Les hypothèses invitent à calculer f(0)\displaystyle f(0) et considérer des taux d’accroissement en 0\displaystyle 0. On f(0)=2f(0)\displaystyle f(0)=2f(0), donc f(0)=0\displaystyle f(0)=0. On remarque que f(x)=2f(x2)\displaystyle f(x)=2f(\frac{x}{2}), et donc en utilisant une récurrence et le fait que f\displaystyle f est dérivable en 0\displaystyle 0, on obtient
f(x)=2nf(x2n)=xf(x2n)f(0)x2n0nf(0)x.f(x)=2^nf(\frac{x}{2^n})=x\frac{f(\frac{x}{2^n})-f(0)}{\frac{x}{2^n}-0}\xrightarrow[n\to \infty]{}f'(0)x.

Ainsi f(x)=f(0)x\displaystyle f(x)=f'(0)x pour tout xR\displaystyle x\in\R.
Synthèse – Toutes les fonctions xax\displaystyle x\mapsto ax, aR\displaystyle a\in\R vérifient bien les hypothèses.
Conclusion – Les seules solutions sont donc les fonctions linéaires xax\displaystyle x\mapsto ax, aR\displaystyle a\in\R.

Exercice 155 ⭐️⭐️⭐️ Règle de L’Hospital, Sup/L1

  1. Soit f,g:[a,b]R\displaystyle f,g:[a,b]\rightarrow\R deux fonctions continues sur [a,b]\displaystyle [a,b] et dérivables sur ]a,b[\displaystyle ]a,b[. Montrer que : c]a,b[, (f(b)f(a))g(c)=(g(b)g(a))f(c)\displaystyle \exists c\in]a,b[, \ (f(b)-f(a))g'(c)=(g(b)-g(a))f'(c).
  2. Montrer alors la règle de L’Hospital : Si f(a)=g(a)=0\displaystyle f(a)=g(a)=0 et si l=limxaf(x)g(x)\displaystyle l=\lim_{x\rightarrow a}\frac{f'(x)}{g'(x)} existe, alors limxaf(x)g(x)=l\displaystyle \lim_{x\rightarrow a}\frac{f(x)}{g(x)}=l.
    La réciproque est-elle vraie ?
  • Continue sur [a,b]\displaystyle [a,b], dérivable sur ]a,b[\displaystyle ]a,b[, c]a,b[\displaystyle \exists c\in]a,b[ 👉 Théorème de Rolle ;
  • Dérivable 👉 Écrire des taux d’accroissement.
  1. L’existence de c\displaystyle c fait penser au théorème de Rolle ou des accroissements finis, donc il faut introduire une fonction à qui on pourra appliquer le théorème. Naturellement on peut penser remplacer le g(c)\displaystyle g'(c) et f(c)\displaystyle f'(c) par des taux d’accroissement. On est donc conduit à introduire la fonction ϕ(x)=(f(b)f(a))(g(x)g(a))(g(b)g(a))(f(x)f(a)).\phi(x)=(f(b)-f(a))(g(x)-g(a)) - (g(b)-g(a))(f(x)-f(a)). On a ϕ\displaystyle \phi continue sur [a,b]\displaystyle [a,b], dérivable sur ]a,b[\displaystyle ]a,b[ et ϕ(a)=ϕ(b)=0\displaystyle \phi(a)=\phi(b)=0. On peut donc appliquer Rolle, d’où l’existence de c]a,b[\displaystyle c\in]a,b[ tel que ϕ(c)=(f(b)f(a))g(c)(g(b)g(a))f(c)=0\displaystyle \phi'(c)=(f(b)-f(a))g'(c) - (g(b)-g(a))f'(c)=0, ce qu’on voulait.
  2. Ecrivons, pour des b\displaystyle b tel que g(b)0\displaystyle g(b)\neq 0,
    f(b)f(a)g(b)g(a)=f(b)g(b)=f(c)g(c).\frac{f(b)-f(a)}{g(b)-g(a)}=\frac{f(b)}{g(b)}=\frac{f'(c)}{g'(c)}.

Si b\displaystyle b tend vers a\displaystyle a, alors c\displaystyle c tend vers a\displaystyle a, donc limcaf(c)g(c)=l\displaystyle \lim_{c\rightarrow a}\frac{f'(c)}{g'(c)}=l, d’où le résultat.

Exercice 156 ⭐️⭐️⭐️ Théorème de Darboux, X MP 2017, Sup/L1/Classique

Montrer que toute fonction dérivée f\displaystyle f' sur un intervalle I\displaystyle I vérifie le TVI.
On pourra considérer la fonction g(x)=f(x)yx\displaystyle g(x)=f(x)-yx pour y\displaystyle y bien choisi.

Fonction continue sur un segment 👉 Bornée et atteint ses bornes, et la dérivée est nulle en les extremas.

Prenons f\displaystyle f dérivable sur I=[0,1]\displaystyle I=[0,1] par exemple. On veut montrer que f(I)\displaystyle f'(I) est un intervalle. Soit 0a<b1\displaystyle 0\le a<b\le 1. Supposons que f(b)<y<f(a)\displaystyle f'(b)<y<f'(a).
La question est : existe-il c\displaystyle c tel que y=f(c)\displaystyle y=f'(c) ? On pose g(x)=f(x)yx\displaystyle g(x)=f(x)-yx. Comme f\displaystyle f est dérivable, elle est en particulier continue, donc g\displaystyle g est continue. Elle est donc bornée et atteint ses bornes sur le segment [a,b]\displaystyle [a,b]. On a g(x)=f(x)y\displaystyle g'(x)=f'(x)-y, d’où g(a)=f(a)y>0\displaystyle g'(a)=f'(a)-y>0. Si g\displaystyle g atteignait son maximum en a\displaystyle a, on aurait g(x)g(a)xa0\displaystyle \frac{g(x)-g(a)}{x-a}\le 0 pour xa\displaystyle x\ge a, i.e. g(a)0\displaystyle g'(a)\le 0, ce qui n’est pas possible. De même g(b)=f(b)y<0\displaystyle g'(b)=f'(b)-y<0 et donc g\displaystyle g ne peut pas atteindre son maximum en b\displaystyle b. Ainsi g\displaystyle g atteint son maximum en un c]a,b[\displaystyle c\in]a,b[. On a alors g(c)=0\displaystyle g'(c)=0, d’où f(c)=y\displaystyle f'(c)=y, ce qu’on voulait. On adapte la preuve en conséquence si f(a)<f(b)\displaystyle f'(a)<f'(b).

Exercice 157 ⭐️⭐️ Minoration f\displaystyle f'', CCP, Sup/L1

Soit f:[0,1]R\displaystyle f:[0,1]\rightarrow\R une fonction deux fois dérivable. On suppose que f(0)=f(0)=0\displaystyle f(0)=f'(0)=0, f(1)=1\displaystyle f(1)=1 et f(1)=0\displaystyle f'(1)=0.
Montrer qu’il existe a]0,1[\displaystyle a\in]0,1[ tel que f(a)4\displaystyle |f''(a)|\ge4. (On pourra considérer f(1/2)\displaystyle f(1/2))

Fonction deux fois dérivable 👉 Formule de Taylor-Lagrange.

Par l’absurde, supposons que pour tout y[0,1]\displaystyle y\in[0,1], f(y)<4\displaystyle |f''(y)|<4. Comme f\displaystyle f est deux fois dérivable sur [0,1/2]\displaystyle [0,1/2], la formule de Taylor-Lagrange donne l’existence d’un a]0,1/2[\displaystyle a\in]0,1/2[ tel que f(12)=f(0)+(120)f(0)+(120)212!f(a)=f(a)8,f\left(\frac12\right)=f(0)+\left(\frac12-0\right)f'(0)+\left(\frac12-0\right)^2\frac{1}{2!}f''(a)=\frac{f''(a)}{8}, d’où f(12)<48=12\displaystyle \left|f\left(\frac12\right)\right|<\frac48=\frac12. De même, en appliquant la formule sur [1/2,1]\displaystyle [1/2,1], il existe b]1/2,1[\displaystyle b\in]1/2,1[ tel que f(12)=f(1)+(121)f(1)+(120)212!f(b)=1f(b)8,f\left(\frac12\right)=f(1)+\left(\frac12-1\right)f'(1)+\left(\frac12-0\right)^2\frac{1}{2!}f''(b)=1-\frac{f''(b)}{8}, d’où 1f(12)<48=12\displaystyle \left|1-f\left(\frac12\right)\right|<\frac48=\frac12. Ainsi 1=1f(12)+f(12)1f(12)+f(12)<1\displaystyle 1=\left|1-f\left(\frac12\right)+f\left(\frac12\right)\right|\le \left|1-f\left(\frac12\right)\right|+\left|f\left(\frac12\right)\right|<1, ce qui est impossible.
Conclusion : il existe c]0,1[\displaystyle c\in]0,1[ tel que f(c)4\displaystyle |f''(c)|\ge4.

Exercice 158 ⭐️⭐️ Prolongement C\displaystyle C^\infty f(x)/x\displaystyle f(x)/x , MP/L3/Classique

Soit f:RR\displaystyle f:\R\to\R une fonction C\displaystyle C^\infty avec f(0)=0\displaystyle f(0)=0.
Montrer que la fonction g:RR\displaystyle g:\R\to\R définie par g(x)=f(x)x\displaystyle g(x)=\frac{f(x)}{x} si x0\displaystyle x\neq0 et g(0)=f(0)\displaystyle g(0)=f'(0), est C(R)\displaystyle C^\infty(\R).

f\displaystyle f C1\displaystyle C^1 et f(0)=0\displaystyle f(0)=0 👉 Écriture f(x)=f(0)+0xf(t)dt\displaystyle f(x)=f(0)+\int_0^xf'(t)dt.

On a f(0)=0\displaystyle f(0)=0 et il faut essayer de faire apparaître le x\displaystyle x pour obtenir g\displaystyle g. On a pas trop le choix : on fait le changement de variable t=ux\displaystyle t=ux, ce qui donne f(x)=x01f(ux)du\displaystyle f(x)=x\int_0^1f'(ux)du. Donc on a pour tout xR\displaystyle x\in\R, g(x)=01f(ux)du\displaystyle g(x)=\int_0^1f'(ux)du, et c’est gagné car on peut appliquer le théorème de dérivation sous le signe intégrale : fC(R)\displaystyle f\in C^\infty(\R) et on est sur un compact où toutes les dérivées successives de xf(ux)\displaystyle x\mapsto f'(ux) sont bornées.

Exercice 160 ⭐️ Inégalité ln\displaystyle \ln et exp\displaystyle \exp, Terminale/Sup/L1/Classique

Montrer que pour tout x>1\displaystyle x>-1, ln(1+x)x\displaystyle \ln(1+x)\le x.
En déduire que pour tout t[0,n]\displaystyle t\in[0,n], (1tn)net\displaystyle \left(1-\frac{t}{n}\right)^n\le e^{-t}.

Soit g(x)=xln(1+x)\displaystyle g(x)=x-\ln(1+x), on a g(x)=111+x=x1+x\displaystyle g'(x)=1-\frac{1}{1+x}=\frac{x}{1+x}. Si x0\displaystyle x\ge0, g(x)0\displaystyle g'(x)\ge 0 et alors g(x)g(0)=0\displaystyle g(x)\ge g(0)=0,
i.e. ln(1+x)x\displaystyle \ln(1+x)\le x. Si 1<x<0\displaystyle -1<x<0, g(x)<0\displaystyle g'(x)< 0 et alors g(x)g(0)=0\displaystyle g(x)\ge g(0)=0, d’où ln(1+x)x\displaystyle \ln(1+x)\le x également.
Enfin on en déduit que : ln(1tn)n=nln(1tn)ntn=t\displaystyle \ln \left(1-\frac{t}{n}\right)^n=n \ln \left(1-\frac{t}{n}\right)\le n\cdot \frac{-t}{n}=-t, et on conclut en passant à l’exponentielle qui est une fonction croissante.

Exercice 222 ⭐️ loglog\displaystyle \log \log, Terminale/Sup/L1

Étudier la fonction f:xln(lnx)\displaystyle f:x\mapsto \ln(\ln x) : ensemble de définition, dérivée, etc.

La fonction f\displaystyle f est définie sur ]1,+[\displaystyle ]1,+\infty[ car le ln\displaystyle \ln à l’intérieur de la parenthèse doit être >0\displaystyle >0, ce qui force x>1\displaystyle x>1.
On a par composition des limites :limx1+f(x)=\displaystyle \lim_{x\to 1^+} f(x)=-\infty et limx+f(x)=+\displaystyle \lim_{x\to +\infty} f(x)=+\infty mais cette divergence est extrêmement lente. Si on prend le log\displaystyle \log en base dix, i.e. log(10)=1\displaystyle \log(10)=1, on a log(log(10100))=log(100)=2,\log(\log(10^{100}))=\log(100)=2, et pourtant le nombre gogol 10100\displaystyle 10^{100} est plus grand que le nombre de particules dans l’univers !!
La dérivée de f\displaystyle f est par la règle de composition : f(x)=1xln(x)\displaystyle f'(x)=\frac{1}{x\ln(x)}, x>1\displaystyle x>1.

Exercice 272 ⭐️⭐️ Étude de ln(1+ax)/ln(1+bx)\displaystyle \ln(1+ax)/\ln(1+bx), Terminale/Sup/L1

Étudier la fonction f\displaystyle f définie par f(x)=ln(1+ax)ln(1+bx)\displaystyle f(x)=\frac{\ln(1+ax)}{\ln(1+bx)} pour x>0\displaystyle x>0, avec b>a>0\displaystyle b>a>0.

Dériver ! Ne pas avoir peur de dériver le numérateur de la dérivée si on ne peut pas dire son signe tout de suite.

La fonction f\displaystyle f est bien définie sur R+\displaystyle \R^{+*} car ln(1+bx)>0\displaystyle \ln(1+bx)>0 si x>0\displaystyle x>0. Elle est aussi dérivable sur R+\displaystyle \R^{+*} comme quotient de fonctions dérivables.
On peut écrire f(x)=abln(1+ax)/(ax)ln(1+bx)/(bx)\displaystyle f(x)=\frac{a}{b}\frac{\ln(1+ax)/(ax)}{\ln(1+bx)/(bx)}. Or ln(1+ax)ln(1)ax0x0ln(1)=1\displaystyle \frac{\ln(1+ax)-\ln(1)}{ax-0}\xrightarrow[x\to 0]{}\ln'(1)=1. Donc f(x)x0ab<1\displaystyle f(x)\xrightarrow[x\to 0]{}\frac{a}{b}<1. Pour la limite en +\displaystyle +\infty, on a aussi une indétermination. On écrit alors f(x)=ln(x)+ln(a+1/x)ln(x)+ln(b+1/x)=1+ln(a+1/x)lnx1+ln(b+1/x)lnx.f(x)=\frac{\ln(x)+\ln(a+1/x)}{\ln(x)+\ln(b+1/x)}=\frac{1+\frac{\ln(a+1/x)}{\ln x}}{1+\frac{\ln(b+1/x)}{\ln x}}. Donc f(x)x+1\displaystyle f(x)\xrightarrow[x\to +\infty]{}1 car ln(a+1/x)lnxx+0\displaystyle \frac{\ln(a+1/x)}{\ln x}\xrightarrow[x\to +\infty]{}0 (idem avec b\displaystyle b).

Montrons que f\displaystyle f est croissante sur R+\displaystyle \R^{+*}. On a
f(x)=a1+axln(1+bx)b1+bxln(1+ax)(ln(1+bx))2=a(1+bx)ln(1+bx)b(1+ax)ln(1+ax)(1+ax)(1+bx)(ln(1+bx))2.\begin{aligned} f'(x)= &\frac{\frac{a}{1+ax}\ln(1+bx)-\frac{b}{1+bx}\ln(1+ax)}{(\ln(1+bx))^2}\\ =&\frac{a(1+bx)\ln(1+bx)-b(1+ax)\ln(1+ax)}{(1+ax)(1+bx)(\ln(1+bx))^2}.& \end{aligned} Le dénominateur est >0\displaystyle >0 car x>0\displaystyle x>0. Étudions le numérateur que l’on note g(x)\displaystyle g(x). On a g(0)=0\displaystyle g(0)=0, et g(x)=abln(1+bx)+ababln(1+ax)ab=ab[ln(1+bx)ln(1+ax)]>0,\begin{aligned} g'(x)&=ab\ln(1+bx)+ab-ab\ln(1+ax)-ab\\ &=ab[\ln(1+bx)-\ln(1+ax)]>0,\end{aligned} car 1+bx>1+ax\displaystyle 1+bx>1+ax et la fonction ln\displaystyle \ln est strictement croissante. Donc g\displaystyle g est strictement croissante et alors g(x)>g(0)=0\displaystyle g(x)>g(0)=0 si x>0\displaystyle x>0. Ainsi f(x)>0\displaystyle f'(x)>0, et donc f\displaystyle f est strictement croissante sur R+\displaystyle \R^{+*}.

Exercice 314 ⭐️⭐️ e\displaystyle e n’est pas algébrique d’ordre 2\displaystyle 2, Spé/L2

(d’après Gourdon, Analyse)

Le but de l’exercice est de montrer que e\displaystyle e n’est pas solution d’un polynôme de degré 2\displaystyle 2 non nul à coefficients entiers.
En d’autres termes, on souhaite montrer que si a,b,cZ\displaystyle a,b,c\in\Z vérifient ae2+be+c=0\displaystyle ae^2+be+c=0, alors a=b=c=0\displaystyle a=b=c=0.

  1. Soit f:xaex+cex\displaystyle f:x\mapsto ae^x+ce^{-x}. Calculer f(k)(0)\displaystyle f^{(k)}(0). Justifier que f(1)Z\displaystyle f(1)\in\Z.
  2. En utilisant la formule de Taylor-Lagrange, montrer qu’il existe αn]0;1[\displaystyle \alpha_n\in]0;1[ tel que f(n)(αn)nZ\displaystyle \frac{f^{(n)}(\alpha_n)}{n}\in\Z.
    (ATTENTION, Formule devenue hors-programme : énoncé à reformuler)
  3. Vérifier que la suite (f(n)(αn))\displaystyle (f^{(n)}(\alpha_n)) est bornée, puis en déduire que f(n)(αn)=0\displaystyle f^{(n)}(\alpha_n)=0 à partir d’un certain rang.
    Conclure.
  1. (rien à déclarer).
  2. Après avoir écrit la formule, au rang qu’il faut, entre 0\displaystyle 0 et 1\displaystyle 1, isoler f(n)(αn)\displaystyle f^{(n)}(\alpha_n). Que peut-on en dire ?
  3. Exprimer f(n)(αn)\displaystyle |f^{(n)}(\alpha_n)|, puis majorer. Que peut-on dire de la suite de terme général f(n)(αn)n\displaystyle \frac{f^{(n)}(\alpha_n)}{n} ?
    L’égalité f(n)(αn)=0\displaystyle f^{(n)}(\alpha_n)=0 , en revenant à l’expression de f(n)(x)\displaystyle f^{(n)}(x), doit vous permettre de conclure aisément.
  1. On a : xR\displaystyle \forall x\in\R, f(k)(x)=aex+(1)kcex\displaystyle f^{(k)}(x)=a e^x+(-1)^k ce^{-x}. En particulier f(k)(0)=a+(1)kc\displaystyle f^{(k)}(0)=a +(-1)^k c.
    On a donc f(1)=ae+ce=ae2+ce=bZ\displaystyle f(1)=ae+\frac ce = \frac{ae^2+c}{e}=-b\in\Z
  2. Soit nN\displaystyle n\in\N. f\displaystyle f étant de classe C\displaystyle \mathcal C^\infty sur R\displaystyle \R, la formule de Taylor-Lagrange, à l’odre n1\displaystyle n-1, entre 0\displaystyle 0 et 1\displaystyle 1, donne l’existence d’un réel αn]0;1[\displaystyle \alpha_n\in]0;1[ tel que f(1)=k=0n1f(k)(0)k!(10)k+f(n)(αn)n!(10)n.f(1)=\sum_{k=0}^{n-1}\frac{f^{(k)}(0)}{k!} (1-0)^k+ \frac{f^{(n)}(\alpha_n)}{n!}(1-0)^n. On peut isoler f(n)(αn)n\displaystyle \frac{f^{(n)}(\alpha_n)}{n} dans cette égalité : f(n)(αn)n=(n1)!f(1)k=0n1(n1)!k!f(k)(0).\frac{f^{(n)}(\alpha_n)}{n} = (n-1)!f(1)-\sum_{k=0}^{n-1}\frac{(n-1)!}{k!}f^{(k)}(0). Or (n1)!Z\displaystyle (n-1)!\in\Z,   f(1)Z  \displaystyle ~~f(1)\in\Z~~ et, pour k[ ⁣[0,n1] ⁣]\displaystyle k\in[\![0,n-1]\!], (n1)!k!Z\displaystyle \frac{(n-1)!}{k!}\in\Z et f(k)(0)=a+(1)kcZ\displaystyle f^{(k)}(0)=a +(-1)^k c\in\Z.
    Donc finalement f(n)(αn)nZ\displaystyle \frac{f^{(n)}(\alpha_n)}{n} \in\Z.
  3. Par inégalité triangulaire, f(n)(αn)aeαn+ceαnae+c\displaystyle |f^{(n)}(\alpha_n)| \leq ae^{\alpha_n}+c e^{-\alpha_n}\leq ae+c, puisque αn]0;1[\displaystyle \alpha_n\in]0;1[. Ainsi (f(n)(αn))\displaystyle \left(f^{(n)}(\alpha_n)\right) est une suite bornée.
    On en déduit que f(n)(αn)n0\displaystyle \frac{f^{(n)}(\alpha_n)}{n} \to 0. Comme f(n)(αn)nZ\displaystyle \frac{f^{(n)}(\alpha_n)}{n} \in\Z, on en déduit (en prenant ε=1/2\displaystyle \varepsilon=1/2 dans la définition de limite), qu’à partir d’un certain rang n0\displaystyle n_0, f(n)(αn)n=0\displaystyle \frac{f^{(n)}(\alpha_n)}{n} =0.
    Ainsi pour tout nn0\displaystyle n\ge n_0, aeαn+(1)nceαn=0\displaystyle ae^{\alpha_n}+(-1)^nce^{-\alpha_n}=0 donc a\displaystyle a et (1)nc\displaystyle (-1)^n c sont de signe opposé ce qui n’est possible que si a=c=0\displaystyle a=c=0. Il reste donc l’égalité be=0\displaystyle be=0 qui donne finalement b=0\displaystyle b=0.

Remarque — En fait e\displaystyle e n’est la racine d’aucun polynôme non nul à coefficents entiers (degré 2 ou pas). Cette propriété porte un nom : on dit que e\displaystyle e est transcendant. Mais pour le montrer, c’est un peu plus difficile !

Exercice 315 ⭐️⭐️⭐️ Dérivabilité en 0\displaystyle 0, MPSI/L1

Soit f:R+R\displaystyle f:\R_+\to\R. On suppose que

  • f\displaystyle f est continue en 0\displaystyle 0;
  • il existe k]0;1[\displaystyle k\in]0;1[ et R\displaystyle \ell\in\R tels que limx0f(x)f(kx)x=\displaystyle \lim_{x\to 0} \frac{f(x)-f(kx)}{x}=\ell.
  1. Montrer que f\displaystyle f est dérivable en 0\displaystyle 0, et exprimer f(0)\displaystyle f'(0) en fonction de k\displaystyle k et \displaystyle \ell.
  2. Même question si k]1;+[\displaystyle k\in]1;+\infty[.
  1. On a une information sur f(x)f(kx)\displaystyle f(x)-f(kx), donc sur f(kx)f(k2x)\displaystyle f(kx)-f(k^2x), etc…
    Comme knx\displaystyle k^n x se rapproche de 0\displaystyle 0, si on exprime f(x)f(knx)\displaystyle f(x)-f(k^nx) avec un télescopage, on pourra faire apparaître f(x)f(0)x\displaystyle \frac{f(x)-f(0)}{x} en faisant n\displaystyle n\to\infty.
  2. Se ramener au cas où k]0;1[\displaystyle k\in]0;1[ en remarquant que quand x0\displaystyle x\to 0, x/k\displaystyle x/k tend aussi vers 0\displaystyle 0.
  1. L’idée est de faire apparaître un télescopage avec les différences f(x)f(kx)\displaystyle f(x)-f(kx), f(kx)f(k2x)\displaystyle f(kx)-f(k^2x)\dots
    On a en effet :
    f(x)f(knx)x=i=0n1kif(kix)f(ki+1x)kix\displaystyle \frac{f(x)-f(k^nx)}{x} = \sum_{i=0}^{n-1} k^i\frac {f(k^i x)-f(k^{i+1}x)}{k^i x}, qui devrait être proche, quand x\displaystyle x est petit, de i=0n1 ki\displaystyle \sum_{i=0}^{n-1} \ell~k^i.
    Plus précisément, fixons ε>0\displaystyle \varepsilon>0. Soit η>0\displaystyle \eta>0 tel que t]0;η]\displaystyle \forall t\in]0;\eta], f(t)f(kt)tε\displaystyle \left|\frac{f(t)-f(kt)}{t}-\ell\right|\leq\varepsilon.
    On fixe x]0;η]\displaystyle x\in]0;\eta]. Pour iN\displaystyle i\in\N, on a encore kix]0;η]\displaystyle k^i x\in]0;\eta], et donc f(kix)f(ki+1x)kixε\displaystyle \left|\frac{f(k^ix)-f(k^{i+1}x)}{k^ix}-\ell\right|\leq\varepsilon.
    Ainsi par inégalité triangulaire : i=0n1kif(kix)f(ki+1x)kixi=0n1 ki=i=0n1ki(f(kix)f(ki+1x)kix)εi=0n1kiε1k.\left|\sum_{i=0}^{n-1} k^i\frac{f(k^ix)-f(k^{i+1}x)}{k^ix} - \sum_{i=0}^{n-1} \ell~k^i\right| = \left|\sum_{i=0}^{n-1} k^i\left(\frac{f(k^ix)-f(k^{i+1}x)}{k^ix}-\ell\right)\right| \leq \varepsilon\sum_{i=0}^{n-1} k^i \leq\frac{\varepsilon}{1-k}. En faisant tendre n\displaystyle n\to\infty, puisque f(knx)f(0)\displaystyle f(k^nx)\to f(0) (continuité de f\displaystyle f en 0\displaystyle 0), on obtient donc : f(x)f(0)x1kε1k.\left|\frac{f(x)-f(0)}{x}- \frac{\ell}{1-k}\right|\leq\frac{\varepsilon}{1-k}. Puisque ε1k\displaystyle \frac{\varepsilon}{1-k} peut être pris arbitrairement petit (en prenant ε\displaystyle \varepsilon assez petit), et que cette inégalité est valable pour tout x]0;η]\displaystyle x\in]0;\eta], on en déduit que f\displaystyle f est dérivable en 0\displaystyle 0 et que f(0)=1k\displaystyle f'(0)=\frac{\ell}{1-k}.
  2. Il suffit de remarquer que, par composition de limites : limx0f(x/k)f(x)x/k=,\lim_{x\to 0} \frac{f(x/k)-f(x)}{x/k} = \ell, donc limx0f(x)f(x/k)x=k.\lim_{x\to 0} \frac{f(x)-f(x/k)}{x} = \frac{-\ell}{k}.
    Comme 1k]0;1[\displaystyle \frac 1k\in]0;1[ on peut appliquer le résultat de la question 1., et on obtient la même expression de f(0)\displaystyle f'(0) puisque : f(0)=/k11/k=1k.f'(0)=\frac{-\ell/k}{1-1/k}=\frac{\ell}{1-k}.

Exercice 377 ⭐️⭐️⭐️ Transformée de Legendre, Sup/L1

Soit F\displaystyle \mathcal F l’ensemble des fonctions fC(R+,R)\displaystyle f\in\mathcal C^\infty(\R_+,R) vérifiant :
f(0)=0,f(0)=0,f>0 sur R+,limx+f(x)=+.f(0)=0,\quad f'(0)=0,\quad f''>0\text{ sur $\R_+$},\quad \lim_{x\to+\infty} f'(x)=+\infty.

  1. Soit fF\displaystyle f\in\mathcal F. Montrer que f\displaystyle f' réalise une bijection de R+\displaystyle \R_+ sur un intervalle à préciser, et que sa bijection réciproque, notée g\displaystyle g, est C\displaystyle \mathcal C^\infty sur R+\displaystyle \R_+.
  2. Soit f\displaystyle f^* définie sur R+\displaystyle \R_+ par f(t)=maxx0(txf(x))\displaystyle f^*(t) =\max_{x\geq 0}\left(tx-f(x)\right).
    Justifier que f\displaystyle f^* est bien définie et que fF\displaystyle f^*\in\mathcal F.
  3. Montrer que : fF, (f)=f\displaystyle \forall f\in\mathcal F,~(f^*)^*=f.
  1. Théorème de la bijection monotone.
    Exprimer d’abord g\displaystyle g', que donne cette expression concernant la régularité de g\displaystyle g ?
  2. Existence d’un max 👉 Fonction majorée, et borne supérieure atteinte (étudier les variations).
  3. Calcul.
  1. f\displaystyle f' est continue sur R+\displaystyle \R_+, strictement croissante ( car f>0\displaystyle f''>0). D’après le théorème de la bijection monotone f\displaystyle f' réalise donc une bijection de R+\displaystyle \R_+ sur I=f(R+)\displaystyle I= f'(\R_+). La valeur de f(0)\displaystyle f'(0) et de limx+f(x)\displaystyle \lim_{x\to+\infty} f'(x) nous donnent I=R+\displaystyle I=\R_+.
    f\displaystyle f' étant C1\displaystyle \mathcal C^1 et de dérivée >0\displaystyle >0, sa réciproque g\displaystyle g est C1\displaystyle \mathcal C^1 et g=1fg\displaystyle g'=\frac{1}{f''\circ g}.
    Alors, f\displaystyle f'' et g\displaystyle g étant C1\displaystyle \mathcal C^1, g\displaystyle g' est C1\displaystyle \mathcal C^1 par composition, donc g\displaystyle g est C2\displaystyle \mathcal C^2.
    Alors, f\displaystyle f'' et g\displaystyle g étant C2\displaystyle \mathcal C^2, g\displaystyle g' est C2\displaystyle \mathcal C^2 par composition, donc g\displaystyle g est C3\displaystyle \mathcal C^3
    Ainsi de suite. Ce raisonnement montre que g\displaystyle g est C\displaystyle \mathcal C^\infty.
  2. Pour t0\displaystyle t\geq 0 fixé, la fonction xtxf(x)\displaystyle x\mapsto tx-f(x) est dérivable de dérivée xtf(x)\displaystyle x\mapsto t-f'(x). Elle est donc croissante sur [0;g(t)]\displaystyle [0;g(t)], décroissante sur [g(t);+[\displaystyle [g(t);+\infty[. Ainsi f\displaystyle f^* est bien définie et t0,f(t)=tg(t)f(g(t)).\forall t\geq 0,\quad f^*(t) =t g(t)-f(g(t)).
  • f\displaystyle f^* est C\displaystyle \mathcal C^\infty sur R+\displaystyle \R_+ par opéations sur des fonctions C\displaystyle \mathcal C^\infty;
  • f(0)=f(0)\displaystyle f^*(0)=-f(0), car g(0)=0\displaystyle g(0)=0, donc f(0)=0\displaystyle f^*(0)=0;
  • On calcule (f)\displaystyle (f^*)' : t0\displaystyle \forall t\geq 0, (f)(t)=g(t)+tg(t)g(t)f(g(t))=g(t)\displaystyle (f^*)'(t)=g(t)+tg'(t)-g'(t)f(g'(t))=g(t), car f(g(t))=t\displaystyle f(g'(t))=t.
    En particulier (f)(0)=g(0)=0\displaystyle (f^*)'(0)=g(0)=0 ;
  • Pour t0\displaystyle t\geq 0, (f)(t)=g(t)=1f(g(t))>0\displaystyle (f^*)''(t)=g'(t)=\frac{1}{f''(g(t))}>0 car f>0\displaystyle f''>0
  • limt+(f)(t)=limt+g(t)=+\displaystyle \lim_{t\to+\infty} (f^*)'(t) = \lim_{t\to+\infty} g(t) = +\infty, car g\displaystyle g est une bijection strictement croissante de R+\displaystyle \R_+ vers R+\displaystyle \R_+.
    Conclusion. On a bien fF\displaystyle f^*\in\mathcal F.
  1. Remarquons que ((f))1=g1=f\displaystyle ((f^*)')^{-1}=g^{-1}=f'. Ainsi (d’après 2. appliquée à f\displaystyle f^*), pour t0\displaystyle t\geq 0 :
    (f)(t)=tf(t)f(f(t))=tf(t)[f(t)ϕf(f(t))f(ϕf(f(t)))]=tf(t)[tf(t)f(t)]=f(t).\begin{aligned} (f^*)^*(t)&=tf'(t)-f^*(f'(t))\\ &=tf'(t)-\left[f'(t)\phi_f(f'(t))-f(\phi_f(f'(t)))\right]\\ &=tf'(t)-\left[tf'(t)-f(t)\right]\\ &=f(t). \end{aligned} Ainsi f=f\displaystyle f^*=f.

Exercice 409 ⭐️ Dérivée n\displaystyle n-ème, Terminale/Sup/L1

Soit f:x1x\displaystyle f:x\mapsto \frac 1x, x0\displaystyle x\neq 0. Montrer que pour tout nN\displaystyle n\in\N, la dérivée f(n)\displaystyle f^{(n)} de f\displaystyle f est donnée par : x0,  f(n)(x)=(1)nn!xn+1.\forall x\neq 0,~~f^{(n)}(x)=\frac{(-1)^n n!}{x^{n+1}}.

La dérivation "n\displaystyle n fois" est un processus par étapes…faire une récurrence !

Montrons par récurrence que pour tout nN\displaystyle n\in\N on a : x0,  f(n)(x)=(1)nn!xn+1.\displaystyle \forall x\neq 0,~~f^{(n)}(x)=\frac{(-1)^n n!}{x^{n+1}}.
\displaystyle \bullet Cas n=0\displaystyle n=0. Pour xR\displaystyle x\in\R^*, f(0)(x)=f(x)=1x\displaystyle f^{(0)}(x)=f(x)=\frac 1x, et par ailleurs (1)00!x0+1=1x\displaystyle \frac{(-1)^0 0!}{x^{0+1}}=\frac 1x.
\displaystyle \bullet Soit nN\displaystyle n\in\N. Supposons que x0,  f(n)(x)=(1)nn!xn+1.\displaystyle \forall x\neq 0,~~f^{(n)}(x)=\frac{(-1)^n n!}{x^{n+1}}. Alors f(n)\displaystyle f^{(n)} est dérivable sur R\displaystyle \R^* et x0,  f(n+1)(x)=(f(n))(x)=(1)nn!×(n+1)xn+2=(1)n+1(n+1)!xn+2.\forall x\neq 0,~~f^{(n+1)}(x)=\left(f^{(n)}\right)'(x)=(-1)^n n!\times\frac{-(n+1)}{x^{n+2}}=\frac{(-1)^{n+1} (n+1)!}{x^{n+2}}.
Conclusion. La propriété est donc vraie pour tout nN\displaystyle n\in\N.

Exercice 492 ⭐️ Nombre de racines, Sup/L1

Soit un entier n3\displaystyle n\ge3, a,bR\displaystyle a,b\in\R et P(X)=Xn+aX+b\displaystyle P(X)=X^n+aX+b. Montrer que P\displaystyle P a au plus 3\displaystyle 3 racines réelles distinctes.

Polynôme réel, nombre de racines réelles 👉 Théorème de Rolle !

Supposons que P\displaystyle P a au moins 4\displaystyle 4 racines réelles distinctes : x1<x2<x3<x4\displaystyle x_1<x_2<x_3<x_4. On a P(x1)=P(x2)=0\displaystyle P(x_1)=P(x_2)=0. La fonction xP(x)\displaystyle x\mapsto P(x) est continue sur [x1,x2]\displaystyle [x_1,x_2] et dérivable ]x1,x2[\displaystyle ]x_1,x_2[. Donc d’après le théorème de Rolle, il existe x1]x1,x2[\displaystyle x_1'\in]x_1,x_2[ tel que P(x1)=0\displaystyle P'(x_1')=0. En appliquant le théorème de Rolle sur chaque [xi,xi+1]\displaystyle [x_i,x_{i+1}], i=2,3\displaystyle i=2,3, on en déduit que P\displaystyle P' a au moins 3\displaystyle 3 racines réelles distinctes x1<x2<x3\displaystyle x_1'<x_2'<x_3'. On poursuit le même raisonnement avec P\displaystyle P' et on voit que P\displaystyle P'' a au moins 2\displaystyle 2 racines réelles distinctes. Or P(X)=n(n1)Xn2\displaystyle P''(X)=n(n-1)X^{n-2} n’a que 0\displaystyle 0 comme racine réelle, contradiction !

Exercice 510 ⭐️⭐️⭐️⭐️ Norme sur C2([0,1])\displaystyle \cal{C}^2([0,1]), X MP 2019, Spé/L2

Soit E\displaystyle E l’ensemble des fonctions f:[0,1]R\displaystyle f : [0,1] \rightarrow \R de classe C2\displaystyle \mathcal{C}^2 sur [0,1]\displaystyle [0,1] et telles que f(0)=f(1)=0\displaystyle f(0)=f(1)=0. Pour fE\displaystyle f \in E, on note N(f)=f\displaystyle N(f) = \| f'' \|_{\infty}.

  1. Montrer que N\displaystyle N est une norme sur E\displaystyle E.
  2. Montrer qu’il existe un réel C\displaystyle C strictement positif tel que fE , fCN(f)\displaystyle \forall f \in E \ , \ \|f\|_{\infty} \le C N(f).
  3. Montrer que le réel C\displaystyle C optimal est 18\displaystyle \frac{1}{8}.

Question 2 : au brouillon, on peut dessiner un cas défavorable, ici une fonction f\displaystyle f qui prend une grande valeur. Le dessin montre que dans ce cas, la fonction f\displaystyle f est forcée de croître rapidement, puis de décroître rapidement, donc passe d’une forte pente positive à une forte pente négative. Intuitivement, on imagine que cela aura des conséquences sur la dérivée seconde de la fonction. Pour rendre ces idées de pentes rigoureuses, on pense aux accroissements finis !

Question 3 : on cherche à repérer là on peut améliorer le raisonnement de la question précédente… ici la majoration x1x21\displaystyle |x_1-x_2|\le 1 est trop brutale. On peut aussi avoir une intuition de la meilleure fonction f\displaystyle f : probablement que f\displaystyle f'' est constante, donc f\displaystyle f polynomiale de degré 2, et probablement f\displaystyle f est symétrique par rapport à 1/2\displaystyle 1/2, c’est-à-dire f(t)=f(1t)\displaystyle f(t)=f(1-t)… malgré ces intuitions, il faut encore creuser un peu avant de trouver une méthode de résolution satisfaisante !

  1. On sait que \displaystyle \| \cdot \|_\infty définit une norme sur C0([0,1])\displaystyle \mathcal{C}^0([0,1]). On déduit de ceci, ainsi que de la linéarité de l’opération de dérivation, que, pour tout λR\displaystyle \lambda \in \R et toute fE\displaystyle f \in E, on a N(λf)=(λf)=λf=λf=λN(f),N(\lambda f) = \|(\lambda f)''\|_{\infty} = \|\lambda f''\|_{\infty} = |\lambda | \| f'' \|_{\infty} = |\lambda| N(f), et que pour toutes f,gE\displaystyle f,g \in E on a N(f+g)=f+gf+g=N(f)+N(g).N(f+g) =\| f''+g''\|_{\infty} \le \| f''\|_{\infty}+\| g''\|_{\infty} = N(f)+N(g). Comme on a clairement N(f)0\displaystyle N(f) \ge 0, il reste à prouver que N(f)=0\displaystyle N(f) = 0 si et seulement si f\displaystyle f est identiquement nulle sur [0,1]\displaystyle [0,1]. Si f=0\displaystyle f=0, alors f=0\displaystyle f''=0 donc N(f)=0\displaystyle N(f)=0. Récirpoquement, soit fE\displaystyle f \in E telle que N(f)=0\displaystyle N(f)=0. La fonction f\displaystyle f'' est continue sur [0,1]\displaystyle [0,1] et on a f=0\displaystyle \|f''\|_\infty = 0, on en déduit que f(x)=0\displaystyle f''(x)=0 pour tout x[0,1]\displaystyle x \in [0,1]. Cela signifie que la fonction f\displaystyle f est affine sur [0,1]\displaystyle [0,1]. Mais la seule fonction affine qui vérifie les contraintes f(0)=f(1)=0\displaystyle f(0)=f(1)=0 est la fonction nulle. Ainsi f(x)=0\displaystyle f(x)=0 pour tout x[0,1]\displaystyle x \in [0,1] et N()\displaystyle N( \cdot) est une norme sur E\displaystyle E.

  2. Soit x]0,1[\displaystyle x \in ]0,1[. Par le théorème des accroissements finis, il existe deux réels x1[0,x]\displaystyle x_1 \in [0,x] et x2[x,1]\displaystyle x_2 \in [x,1] tels que f(x1)=f(x)f(0)x0=f(x)xf'(x_1) = \frac{f(x)-f(0)}{x-0} = \frac{f(x)}{x} et f(x2)=f(x)f(1)x1=f(x)x1.f'(x_2) = \frac{f(x)-f(1)}{x-1} = \frac{f(x)}{x-1}. On applique maintenant l’inégalité des accroissements finis à la fonction f\displaystyle f' sur l’intervalle [x1,x2]\displaystyle [x_1,x_2] : f(x1)f(x2)x2x1f.|f'(x_1)-f'(x_2)| \le |x_2-x_1| \|f''\|_{\infty}. On reconnaît la norme N(f)\displaystyle N(f) et on se débarrasse du terme x2x1\displaystyle |x_2-x_1| en le majorant par 1\displaystyle 1. On arrive à l’inégalité f(x)xf(x)x1N(f),\left|\frac{f(x)}{x}-\frac{f(x)}{x-1}\right| \le N(f), qui se transforme en f(x)x(1x)N(f).|f(x)| \le x(1-x) N(f). En majorant x(1x)1/4\displaystyle x(1-x) \le 1/4, on a prouvé x[0,1] , f(x)14N(f).\forall x \in [0,1] \ , \ |f(x)| \le \frac{1}{4} N(f). On a bien prouvé l’inégalité recherchée avec C=14\displaystyle C = \frac{1}{4}.

  3. Soit fE\displaystyle f \in E. On suppose que N(f)>0\displaystyle N(f) >0. On a f(1/2)=f(0)+01/2f(t)dtf(1/2) = f(0) + \int_0^{1/2} f'(t) dt et f(1/2)=f(1)1/21f(t)dt=f(1)01/2f(1t)dt.f(1/2) =f(1) - \int_{1/2}^{1} f'(t) dt = f(1)-\int_0^{1/2} f'(1-t) dt. En utilisant f(0)=f(1)=0\displaystyle f(0)=f(1)=0 puis l’inégalité triangulaire on a 2f(12)01/2f(t)f(1t)dt.2 \left|f\left(\frac{1}{2}\right)\right| \le \int_0^{1/2} \left| f'(t)-f'(1-t)\right| dt. On applique maintenant l’inégalité des accroissements finis à f\displaystyle f' et à chaque intervalle [t,1t]\displaystyle [t,1-t] pour obtenir 2f(12)01/2(12t)N(f)dt,2 \left|f\left(\frac{1}{2}\right)\right| \le \int_0^{1/2} (1-2t) N(f) dt, ce qui donne ff(12)18N(f).\|f\|_{\infty} \le \left|f\left(\frac{1}{2}\right)\right| \le \frac{1}{8} N(f). Le cas d’égalité s’obtient en étudiant le cas d’égalité dans l’inégalité dse accroissements finis : on souhaite que f\displaystyle f' soit affine sur chaque intervalle [t,1t]\displaystyle [t,1-t], c’est-à-dire sur [0,1]\displaystyle [0,1]. On cherche donc f\displaystyle f polynomiale de degré 2\displaystyle 2. Les contraintes supplémentaires f(0)=f(1)=0\displaystyle f(0)=f(1)=0 et fN(f)\displaystyle |f''| \le N(f) suggèrent le candidat f(x)=K2x(1x),f(x) = \frac{K}{2} x(1-x), pour lequel on a bien N(f)=K\displaystyle N(f)=K et f=K8\displaystyle \|f\|_{\infty} = \frac{K}{8}.

L’énoncé est tiré de la liste des “exercices étoilés” de la RMS.

Exercice 521 ⭐️⭐️⭐️⭐️ Points de même altitude dans une vallée, X PC, Sup/L1

Soit f:RR\displaystyle f:\R\to\R de classe C2\displaystyle \mathcal C^2 telle que f(0)=f(0)=0\displaystyle f(0)=f'(0)=0 et f(0)>0\displaystyle f''(0)>0.

  1. Montrer qu’il existe α<0\displaystyle \alpha<0, β>0\displaystyle \beta>0 tels que pour tout x[α,β]\displaystyle x\in[\alpha,\beta], il existe un unique y[α,β]\displaystyle y\in[-\alpha,\beta] tel que f(x)=f(y)\displaystyle f(x) = f(y) et xy0\displaystyle xy\le 0.
    Dans la suite on note ϕ(x)\displaystyle \phi(x) cet unique réel y\displaystyle y.
  2. Que vaut ϕ(0)\displaystyle \phi(0) ? Montrer que ϕ\displaystyle \phi est dérivable en 0\displaystyle 0, et donner ϕ(0)\displaystyle \phi'(0).
  3. Montrer que ϕ\displaystyle \phi est dérivable sur [α;β]\displaystyle [\alpha;\beta] et exprimer ϕ(x)\displaystyle \phi'(x) pour x0\displaystyle x\ne 0.
    Vérifier que ϕ\displaystyle \phi' est continue en 0\displaystyle 0.
  4. On suppose f\displaystyle f de classe C3\displaystyle \mathcal C^3. Donner un DL d’ordre 2 de ϕ\displaystyle \phi en 0\displaystyle 0, puis montrer que ϕ\displaystyle \phi est deux fois dérivable en 0\displaystyle 0 et donner ϕ(0)\displaystyle \phi''(0).
  1. Comme souvent, faire un dessin permet de bien cerner la situation.
  2. Équivalent de ϕ(x)ϕ(0)\displaystyle \phi(x)-\phi(0) quand x0\displaystyle x\to 0. Commencer par exprimer ϕ\displaystyle \phi à l’aide de réciproques de restrictions de f\displaystyle f.
  3. Dérivée d’une réciproque, d’une composée : et le tour est joué 👍
  4. Attention un DL d’ordre 2 de ϕ\displaystyle \phi ne suffit pas pour l’existence de ϕ(0)\displaystyle \phi''(0).
    En revanche un DL d’ordre 1 de ϕ\displaystyle \phi', oui !
  1. f\displaystyle f'' étant continue avec f(0)>0\displaystyle f''(0)>0, on peut prendre a>0\displaystyle a>0 tel que f>0\displaystyle f''>0 sur [a;a]\displaystyle [-a;a]. Alors :
    f\displaystyle f' est strictement croissante sur [a;a]\displaystyle [-a;a] avec f(0)=0\displaystyle f'(0)=0 donc strictement négative sur [a;0[\displaystyle [-a;0[ et strictement positive sur ]0;a]\displaystyle ]0;a].
    Par conséquent f\displaystyle f est strictement décroissante sur [a;0]\displaystyle [-a;0] et strictement croissante sur [0;a]\displaystyle [0;a].
    On suppose par exemple que f(a)f(a)\displaystyle f(-a)\le f(a), et on note γ=f(a)\displaystyle \gamma=f(a). Le cas contraire se traite de manière similaire.
    On pose α=a\displaystyle \alpha = -a et β\displaystyle \beta l’unique réel dans [0,a]\displaystyle [0,a] tel que f(β)=f(a)\displaystyle f(\beta)=f(-a) (l’existence et l’unicité de β\displaystyle \beta sont assurées par le théorème de bijection monotone). Ainsi :
  • si x[α,0]\displaystyle x\in[\alpha,0], comme f(x)[0;f(β)]\displaystyle f(x)\in[0;f(\beta)], il existe un unique y[0;β]\displaystyle y\in[0;\beta] tel que f(y)=f(x)\displaystyle f(y)=f(x).
  • de même si x[0;β]\displaystyle x\in[0;\beta], il existe un unique y[α;0]\displaystyle y\in[\alpha;0] tel que f(y)=f(x)\displaystyle f(y)=f(x).
  1. Comme f(0)=f(0)\displaystyle f(0)=f(0) on a ϕ(0)=0\displaystyle \phi(0)=0.
    Notons f~\displaystyle \tilde f et f^\displaystyle \hat f les applications bijectives définies par :
    f~:[α;0][0;γ]xf(x)f^:[0;β][0;γ]xf(x).\begin{array}{ccccc} \tilde f & : & [\alpha;0] & \to & [0;\gamma] \\ & & x & \mapsto & f(x)\\ \end{array}\qquad \begin{array}{ccccc} \hat f & : & [0;\beta] & \to & [0;\gamma] \\ & & x & \mapsto & f(x).\\ \end{array} Pour x[α;0]\displaystyle x\in[\alpha;0], ϕ(x)=(f^)1(f~(x))\displaystyle \phi(x)=(\hat f)^{-1}(\tilde f(x)).
    Notons c=f(0)2\displaystyle c=\frac{f''(0)}{2}. On a f^(x)x0+cx2\displaystyle \hat f(x)\underset{x\to 0^+}\sim cx^2 et f~(x)x0+cx2\displaystyle \tilde f(x)\underset{x\to 0^+}\sim cx^2.
    Or (f^)1\displaystyle (\hat f)^{-1} est continue sur [0;γ]\displaystyle [0;\gamma] donc limx0+(f^)1(x)=0\displaystyle \lim_{x\to 0^+}(\hat f)^{-1}(x)=0.
    On peut composer : f^((f^)1(x))=xx0+c(f^)1(x)2\displaystyle \hat f((\hat f)^{-1}(x))=x\underset{x\to 0^+}\sim c (\hat f)^{-1}(x)^2. Ainsi (f^)1(x)x0+xc\displaystyle (\hat f)^{-1}(x)\underset{x\to 0^+}\sim\sqrt{\frac xc}.
    Finalement, comme limx0f~(x)=0\displaystyle \lim_{x\to 0^-}\tilde f(x)=0, ϕ(x)x0f~(x)cx0x2x0x\displaystyle \phi(x)\underset{x\to 0^-}\sim \sqrt{\frac {\tilde f(x)}c}\underset{x\to 0^-}\sim \sqrt{x^2}\underset{x\to 0^-}\sim-x.
    Donc ϕ\displaystyle \phi est dérivable à gauche et ϕg(0)=1\displaystyle \phi'_g(0)=-1. On montre de même que ϕd(0)=1\displaystyle \phi'_d(0)=-1.
    Conclusion. ϕ\displaystyle \phi est dérivable en 0\displaystyle 0 et ϕ(0)=1\displaystyle \phi'(0)=-1.
  2. Sur [α;0[\displaystyle [\alpha;0[ on a ϕ=(f^)1f\displaystyle \phi=(\hat f)^{-1}\circ f. Sur [α;0[\displaystyle [\alpha;0[, (f^)\displaystyle (\hat f)' ne s’annule pas doncϕ\displaystyle \phi est dérivable comme composée de fonctions dérivables, et pour x[α;0[\displaystyle x\in[\alpha;0[, ϕ(x)=f(x) 1(f^)(f^)1f(x)=f(x)f(ϕ(x)).\phi'(x)=f'(x)~\frac{1}{(\hat f)'\circ (\hat f)^{-1}\circ f(x)}=\frac{f'(x)}{f'(\phi(x))}.De même quand x]0;β]\displaystyle x\in]0;\beta], ϕ(x)=f(x)f(ϕ(x))\displaystyle \phi'(x)=\frac{f'(x)}{f'(\phi(x))}.
    Comme f(x)x02cx\displaystyle f'(x)\underset{x\to 0}\sim 2cx, on a ϕ(x)x02cx2cϕ(x)x01\displaystyle \phi'(x)\underset{x\to 0}\sim\frac{2cx}{2c\phi(x)}\underset{x\to 0} -1.
    On a donc bien : limx0ϕ(x)=ϕ(0)\displaystyle \lim_{x\to 0}\phi'(x)=\phi'(0).
  3. Notons d=f(3)(0)6\displaystyle d=\frac{f^{(3)}(0)}{6}, de sorte que f(x)=x0cx2+dx3+o(x3)\displaystyle f(x)\underset{x\to 0}=cx^2+dx^3+o(x^3).
    \displaystyle \bullet En substituant x\displaystyle x par (f^)1(x)\displaystyle (\hat f)^{-1}(x) (possible car (f^)1(x)x0+0\displaystyle (\hat f)^{-1}(x)\underset{x\to 0^+}\to 0), on a :
    x=x0+c(f^)1(x)2+d(f^)1(x)3+o((f^)1(x)3)=x0+(f^)1(x)2[c+d(f^)1(x)+o((f^)1(x))].\begin{aligned} x & \underset{x\to 0^+}= c(\hat f)^{-1}(x)^2+d(\hat f)^{-1}(x)^3+o((\hat f)^{-1}(x)^3)\\ &\underset{x\to 0^+}=(\hat f)^{-1}(x)^2\left[c+d(\hat f)^{-1}(x)+o((\hat f)^{-1}(x))\right].\\ \end{aligned} En substituant x\displaystyle x par f(x)\displaystyle f(x) (possible car f(x)x00+\displaystyle f(x)\underset{x\to 0^-}\to 0^+), il vient :
    f(x)=x0ϕ(x)2[c+dϕ(x)+o(ϕ(x))].f(x) \underset{x\to 0^-} = \phi(x)^2\left[c+d\phi(x)+o(\phi(x))\right]. Donc
    ϕ(x)2=x0f(x)c[1+dcϕ(x)+o(ϕ(x))]1.\phi(x)^2 \underset{x\to 0^-} = \frac{f(x)}{c}\left[1+\frac dc\phi(x)+o(\phi(x))\right]^{-1}. Et en utilisant les DL déjà connus de ϕ(x)\displaystyle \phi(x) à l’ordre 1, f(x)\displaystyle f(x) à l’ordre 3, et en n’oubliant pas que (x2)1/2=x\displaystyle (x^2)^{1/2}=-x quand x<0\displaystyle x<0,
    ϕ(x)=x0[x2+dcx3+o(x3)]1/2[1dcx+o(x)]1/2=x0x[1+d2cx+o(x)][1+d2cx+o(x)]=x0xdcx2+o(x2).\begin{aligned} \phi(x) & \underset{x\to 0^-} = \left[x^2+\frac dcx^3+o(x^3)\right]^{1/2}\left[1-\frac dc x+o(x)\right]^{-1/2}\\ &\underset{x\to 0^-} = -x \left[1+\frac{d}{2c} x+o(x)\right]\left[1+\frac{d}{2c} x+o(x)\right]\\ &\underset{x\to 0^-} = -x -\frac{d}{c} x^2+o(x^2). \end{aligned} Les calculs donnent le même résultat quand x0+\displaystyle x\to 0^+.
    \displaystyle \bullet Rappelons que : x0, ϕ(x)=f(x)f(ϕ(x))\displaystyle \forall x\ne 0,~\phi'(x)=\frac{f'(x)}{f'(\phi(x))}. Donc
    ϕ(x)=x02cx+3dx2+o(x2)f(xdcx2+o(x2))=x02cx+3dx2+o(x2)2cx2dx2+3dx2+o(x2)=x0[1+3d2cx+o(x)][1+d2cx+o(x)]1=x012dcx+o(x)(calculs idem en 0+).\begin{aligned} \phi'(x) & \underset{x\to 0^-} = \frac{2cx+3dx^2+o(x^2)}{f'(-x -\frac{d}{c} x^2+o(x^2))}\\ &\underset{x\to 0^-} = \frac{2cx+3dx^2+o(x^2)}{-2cx -2dx^2+3dx^2+o(x^2)} \\ &\underset{x\to 0^-} = \left[1+\frac{3d}{2c}x+o(x)\right]\left[-1+\frac{d}{2c}x+o(x)\right]^{-1}\\ &\underset{x\to 0^-} = -1-\frac{2d}{c}x+o(x)\qquad\qquad\text{(calculs idem en $0^+$)}. \end{aligned} Conclusion. ϕ\displaystyle \phi' est dérivable en 0\displaystyle 0 et ϕ(0)=2dc=23f(3)(0)f(0)\displaystyle \phi''(0)=-\frac{2d}{c}=-\frac{2}{3}\frac{f^{(3)}(0)}{f''(0)}.

Exercice 522 ⭐️⭐️⭐️ Leibniz & Newton, Sup/Spé/MP/L2

Amicalement transmis et rédigé par René Adad, créateur du blog Math-OS.

Admettons la version suivante de la formule de Leibniz.
Pour tout couple (f,g)\displaystyle (f,g) d’applications indéfiniment dérivables de R\displaystyle \mathbb{R} dans C\displaystyle \mathbb{C} et pour tout entier naturel n\displaystyle n :
(fg)(n)=k=0n(nk)f(k)g(nk)(1)\left(fg\right)^{(n)}=\sum_{k=0}^n\binom{n}{k}f^{(k)}g^{(n-k)}\tag{1}

Il est facile d’en déduire la formule du binôme, à savoir que pour tout couple (a,b)\displaystyle (a,b) de nombres complexes et pour tout entier naturel n\displaystyle n :

(a+b)n=k=0n(nk)akbnk(2)\left(a+b\right)^n=\sum_{k=0}^n\binom{n}{k}a^kb^{n-k}\tag{2} Il suffit en effet de choisir f:teat\displaystyle f:t\mapsto e^{at} et g:tebt\displaystyle g:t\mapsto e^{bt} et d’appliquer (1); il vient :
dndtn(e(a+b)t)=k=0n(nk)dkdtk(eat)dnkdtnk(ebt)\frac{d^n}{dt^n}\left(e^{(a+b)t}\right)=\sum_{k=0}^n\binom{n}{k}\frac{d^k}{dt^k}\left(e^{at}\right)\frac{d^{n-k}}{dt^{n-k}}\left(e^{bt}\right) c’est-à-dire : (a+b)ne(a+b)t=k=0n(nk)akeatbnkebt\left(a+b\right)^ne^{(a+b)t}=\sum_{k=0}^n\binom{n}{k}a^ke^{at}b^{n-k}e^{bt} d’où (2) après simplifiation par e(a+b)t\displaystyle e^{(a+b)t}. Une question nettement moins évidente est la réciproque …

On admet donc désormais la formule du binôme, mais sous la forme assez générale suivante, qui se démontre classiquement par récurrence, en exploitant pour l’essentiel la formule, dite “de Pascal”, (nk)+(nk+1)=(n+1k+1)\displaystyle \binom{n}{k}+\binom{n}{k+1}=\binom{n+1}{k+1} :

Formule du binôme dans un anneau

Etant donné un anneau (A,+,×)\displaystyle (A,+,\times) et deux éléments x,yA\displaystyle x,y\in A tels que xy=yx\displaystyle xy=yx, on a pour tout nN\displaystyle n\in\mathbb{N} :

(x+y)n=k=0n(nk)xkynk\left(x+y\right)^n=\sum_{k=0}^n\binom{n}{k}x^ky^{n-k}

Question\displaystyle \textcolor{red}{\text{\bf \large Question}} : Comment peut-on en déduire la formule de Leibniz ?

Il faudra choisir avec soin l’anneau et les deux éléments x,y\displaystyle x,y qui commutent … 🙂

On suppose donc connue la formule du binôme dans un anneau, pour deux éléments qui commutent.

Notons E\displaystyle E le C\displaystyle \mathbb{C}-espace vectoriel des applications de classe C\displaystyle \mathcal{C}^\infty de R2\displaystyle \mathbb{R}^2 dans C\displaystyle \mathbb{C} et considérons l’anneau A=L(E)\displaystyle A=\mathcal{L}(E) des endomorphismes de E\displaystyle E.

Parmi les éléments de A\displaystyle A, se trouvent les opérateurs x\displaystyle \dfrac{\partial}{\partial x} et y\displaystyle \dfrac{\partial}{\partial y}. Et ces deux bébêtes commutent d’après le théorème de Schwarz !

On a donc :
(x+y)n=k=0n(nk)kxknkynk\left(\dfrac{\partial}{\partial x}+\dfrac{\partial}{\partial y}\right)^n=\sum_{k=0}^n\binom{n}{k}\dfrac{\partial^k}{\partial x^k}\circ\dfrac{\partial^{n-k}}{\partial y^{n-k}}

c’est-à-dire :
(x+y)n=k=0n(nk)nxkynk()\left(\dfrac{\partial}{\partial x}+\dfrac{\partial}{\partial y}\right)^n=\sum_{k=0}^n\binom{n}{k}\dfrac{\partial^n}{\partial x^k\,\partial y^{n-k}}\tag{$\star$}

Il ne reste plus qu’à considérer un couple (f,g)\displaystyle (f,g) d’éléments de E\displaystyle E et à appliquer chaque membre de ()\displaystyle (\star) à l’application :
R2R,(x,y)f(x)g(y)\mathbb{R}^2\to\mathbb{R},\,(x,y)\mapsto f(x)\,g(y)
On obtient ainsi la formule de Leibniz 🙂

Pour en savoir plus sur cette question, on pourra visiter cet article du blog Math-OS.

Exercice 563 ⭐️⭐️⭐️ Newton démystifié, Sup/L1

Soient m1,,mn\displaystyle m_1, \dots, m_n des réels strictement positifs, et x1,,xn\displaystyle x_1, \dots, x_n des fonctions deux fois dérivables de R\displaystyle \mathbb{R} dans R3\displaystyle \mathbb{R}^3. Montrer qu’il existe des fonctions x0\displaystyle x_0 et (Fj,k)1j,kn\displaystyle (F_{j,k})_{1 \leq j, k \leq n} deux fois dérivables de R\displaystyle \mathbb{R} dans R3\displaystyle \mathbb{R}^3, telles que Fj,k=Fk,j\displaystyle F_{j,k} = - F_{k,j} pour tous j,k{1,2,,n}\displaystyle j, k \in \{1,2,\dots, n\}, et mkd2dt2(xkx0)=j=1nFj,k(t)\displaystyle m_k \frac{d^2 }{dt^2}(x_k - x_0) = \sum_{j=1}^n F_{j,k}(t) pour tous k{1,2,,n}\displaystyle k \in \{1,2, \dots, n\} et tR\displaystyle t \in \mathbb{R}.

On prend x0=(j=1nmjxj)/(j=1nmj)\displaystyle x_0 = \left(\sum_{j=1}^n m_j x_j \right)/ \left(\sum_{j=1}^n m_j \right), et on a ainsi j=1nmkyj=0\displaystyle \sum_{j=1}^n m_k y_j = 0 pour yj=xjx0\displaystyle y_j = x_j - x_0. On choisit ensuite (Fj,k)1jn\displaystyle (F_{j,k})_{1 \leq j \leq n} successivement pour k=1,2,,n1\displaystyle k = 1, 2, \dots, n-1 de manière à ce que les n1\displaystyle n-1 premières équations sont satisfaites. C’est toujours possible car on peut toujours choisir Fn,k\displaystyle F_{n,k} librement. La somme de tous les Fj,k\displaystyle F_{j,k} est nulle par antisymétrie, donc si z=j=1nFj,n\displaystyle z= \sum_{j=1}^n F_{j,n}, on a z=k=1n1mkyk\displaystyle z = - \sum_{k=1}^{n-1} m_k y_k''. Comme j=1nmkyj=0\displaystyle \sum_{j=1}^n m_k y_j = 0, on a z=mnyn\displaystyle z = m_n y''_n.

Exercice 581 ⭐️⭐️⭐️ Fonctions différentiables, Sup/L2/Spé

Soit f\displaystyle f une fonction de [0,1[\displaystyle [0,1[ dans R\displaystyle \mathbb{R} et h\displaystyle h la fonction du disque unité ouvert D\displaystyle \mathbb{D} vers R\displaystyle \mathbb{R} donnée par h(x,y):=f(r)\displaystyle h(x,y) := f(r), avec r=x2+y2\displaystyle r = \sqrt{x^2 + y^2}.

  1. A quelle condition sur la fonction f\displaystyle f a-t-on la propriété suivante: pour tous (x,y)D\displaystyle (x,y) \in \mathbb{D} et (u,v)R2\displaystyle (u,v) \in \mathbb{R}^2, [h(x+εu,y+εv)h(x,y)]/ε\displaystyle [h(x + \varepsilon u , y + \varepsilon v) - h(x,y)]/ \varepsilon tend vers une limite quand ε>0\displaystyle \varepsilon > 0 tend vers zéro?
  2. A quelle condition sur f\displaystyle f la fonction h\displaystyle h est-elle une fonction différentiable en tout point de D\displaystyle \mathbb{D}?
  3. A quelle condition sur f\displaystyle f la fonctoin h\displaystyle h est-elle une fonction de classe C1\displaystyle \mathcal{C}^1 sur D\displaystyle \mathbb{D}?
  1. En prenant (u,v)=(1,0)\displaystyle (u,v) = (1,0), il est clair que rf(r)=h(r,0)\displaystyle r \mapsto f(r) = h(r,0) doit être dérivable. Réciproquement, si f\displaystyle f est dérivable, h\displaystyle h est différentiable en tout point différent de (0,0)\displaystyle (0,0), car c’est la composée des fonctions différentiables (x,y)x2+y2\displaystyle (x,y) \mapsto \sqrt{x^2 + y^2} et f\displaystyle f. De plus, pour (x,y)=(0,0)\displaystyle (x,y) = (0,0), on a h(εu,εv)h(0,0)ε=f(εu2+v2)ε,\frac{h(\varepsilon u, \varepsilon v) - h(0,0)}{ \varepsilon} =\frac{ f(\varepsilon \sqrt{u^2 + v^2} )}{ \varepsilon}, quantité qui tend vers u2+v2f(0)\displaystyle \sqrt{u^2 + v^2} f'(0) quand ε\displaystyle \varepsilon tend vers zéro.
  2. D’après ce qui précède, pour que h\displaystyle h soit différentiable, il est nécessaire et suffisant que f\displaystyle f soit dérivable et que h\displaystyle h soit différentiable en (0,0)\displaystyle (0,0). D’après le calcul précédent, la différentielle en (0,0)\displaystyle (0,0) est nécessairement (u,v)u2+v2f(0)\displaystyle (u,v) \mapsto \sqrt{u^2 + v^2} f'(0). Comme elle doit par définition être linéaire, il faut que f(0)=0\displaystyle f'(0) = 0. On vérifie alors que h\displaystyle h est différentiable si et seulement si f\displaystyle f est dérivable et f(0)=0\displaystyle f'(0) = 0.
  3. Si f\displaystyle f satisfait les conditions de 2., le calcul de la différentielle donne que Dh(x,y)(u,v)=f(r)[(ux+vy)/r]\displaystyle Dh_{(x,y)} (u,v) = f'(r) [(ux + vy)/r] pour r:=x2+y2>0\displaystyle r:= \sqrt{x^2 + y^2} > 0 et Dh(0,0)(u,v)=0\displaystyle Dh_{(0,0)} (u,v) = 0. On a alors hC1\displaystyle h \in \mathcal{C}^1 si et seulement si fC1\displaystyle f \in \mathcal{C}^1 et f(0)=0\displaystyle f'(0) = 0.

Exercice 586 ⭐️⭐️⭐️ ff=cos\displaystyle f\circ f=\cos, X PC, Sup

  1. Montrer que cos\displaystyle \cos admet un unique point fixe x0\displaystyle x_0, avec x0]0,π/2[\displaystyle x_0\in]0,\pi/2[.
  2. Montrer qu’il n’existe pas de fonction dérivable f\displaystyle f telle que ff=cos\displaystyle f\circ f=\cos.
  • Fonction RR\displaystyle \R\to\R 👉 Faire des dessins ;
  • fonction, point fixe 👉 Itérer, poser xn+1=f(xn)\displaystyle x_{n+1}=f(x_n) ;
  • Dérivable 👉 Dériver ce qu’on peut, ici l’égalité !
  1. Sur un dessin, on voit que la bissectrice va couper le graphe du cosinus dans l’intervalle ]0,π/2[\displaystyle ]0,\pi/2[. Il faut maintenant écrire ça proprement, en faisant plusieurs cas, e.g. x<1\displaystyle x<-1, puis x>1\displaystyle x>1, etc. La méthode après est standard, on pose g(x)=cos(x)x\displaystyle g(x)=\cos(x)-x. On remarque g(0)=1>0\displaystyle g(0)=1>0 et g(π/2)=π/2<0\displaystyle g(\pi/2)=-\pi/2<0. On conclut à l’existence d’un point fixe de g\displaystyle g par le TVI. L’unicité suit par stricte monotonie : g(x)=sinx1<0\displaystyle g'(x)=-\sin x-1<0 sur ]0,π/2[\displaystyle ]0,\pi/2[.

Exercice 587 ⭐️⭐️ Caractérisation de l’exponentielle, L1/L2/MPSI/MP

Soit a>0\displaystyle a>0 un nombre réel tel que :
xR , axx+1.\forall x\in \R \ , \ a^x \ge x+1.
Montrer que a\displaystyle a est nécessairement la constante exponentielle e\displaystyle e.

On peut s’échauffer en prouvant l’inégalité exx+1\displaystyle e^x \ge x+1, cela pourrait donner des idées pour une preuve générale.

On rappelle que pour toute fonction f:RR\displaystyle f : \R \to \R convexe on a l’inégalité xR , f(x)f(0)+xf(0). \forall x \in \R \ , \ f(x) \ge f(0) + x f'(0). En particulier pour la fonction exponentielle, on retrouve que exx+1\displaystyle e^x \ge x+1.

On considère la fonction g:xax=exp(xln(a))\displaystyle g : x \mapsto a^x = \exp(x \ln(a)). La fonction g\displaystyle g est dérivable sur R\displaystyle \R et g(x)=ln(a)ax\displaystyle g'(x) = \ln(a) a^x, en particulier g(0)=ln(a)\displaystyle g'(0)=\ln(a). Cela signifie que limx0g(x)1x=ln(a).\lim_{x \to 0} \frac{g(x)-1}{x} = \ln(a).

On écrit la dérivabilité à droite avec des quantificateurs : pour tout ε>0\displaystyle \epsilon > 0 il existe δ>0\displaystyle \delta > 0 tel que : x]0,δ[ , g(x)1x<ε+ln(a)\forall x \in ]0,\delta[ \ , \ \frac{g(x)-1}{x} < \epsilon + \ln(a) Supposons que a<e\displaystyle a<e, alors ln(a)<1\displaystyle \ln(a)< 1. On choisit ε\displaystyle \epsilon tel que ln(a)+ε<1\displaystyle \ln(a)+\epsilon < 1, et alors : x]0,δ[ , g(x)<1+x,\forall x \in ]0,\delta[ \ , \ g(x) < 1+x, ce qui est une contradiction.

Si on suppose a>e\displaystyle a>e, donc ln(a)>1\displaystyle \ln(a)>1, le raisonnement est similaire. Soit ε>0\displaystyle \epsilon > 0 tel que ln(a)ε>1\displaystyle \ln(a)-\epsilon > 1. La dérivabilité à gauche implique qu’il existe δ>0\displaystyle \delta > 0 tel que : x]δ,0[ , g(x)1x>ε+ln(a)>1.\forall x \in ]-\delta,0[ \ , \ \frac{g(x)-1}{x} > -\epsilon + \ln(a) > 1. En multipliant cette inégalité par x<0\displaystyle x<0, on obtient :
x]δ,0[ , g(x)<1+x,\forall x \in ]-\delta,0[ \ , \ g(x) < 1+x, ce qui est une contradiction.