Exercice 76 ⭐️ CV p.s. et Borel-Cantelli, L3/Classique
Soit (Xn)n≥0 une suite de v.a. indépendantes qui converge presque sûrement vers 0.
Montrer que pour tout a>0, n≥0∑P(∣Xn∣>a)<+∞.
Réflexes
On voit n≥0∑P(∣Xn∣>a) 👉 Borel-Cantelli !
Corrigé
Soit a>0. Comme on pense à Borel-Cantelli, on va essayer d’étudier limsupAk en posant Ak={∣Xk∣>a}. On a par définition de la limsup ensembliste : limsupAk=n≥0⋂k≥n⋃Ak. On traduit maintenant que (Xn)n≥0 converge presque sûrement vers 0 : Pour presque tout ω∈Ω, il existe n≥0 tel que pour tout k≥n, ∣Xk∣≤a, i.e. P(n≥0⋃k≥n⋂Akc)=1. Par passage au complémentaire, il vient P(limsupAk)=0. En utilisant la contraposée du lemme de Borel-Cantelli avec les v.a. indépendantes, on obtient : k≥0∑P(∣Xk∣>a)<+∞.
Exercice 79 ⭐️⭐️ Loi de Poisson et TCL, ECS2/L3/Classique
Calculer la fonction génératrice définie par GX(s)=E[sX] quand X∼P(μ) , i.e. P(X=j)=e−μj!μj . On admet que GX caractérise la loi de X. En déduire la loi de la somme de n v.a. Xi de Poisson i.i.d. de paramètre μ.
Montrer que pour x≥0, e−nk=0∑n+xnk!nkn→∞2π1∫−∞xe−t2/2dt, en utilisant le théorème centrale limite (TCL).
En particulier, on a : e−nk=0∑nk!nkn→∞21.
Corrigé
On a E[sX]=j≥0∑sje−μj!μj=e−μj≥0∑j!(sμ)j=eμ(s−1).
De plus, en utilisant que les Xi sont indépendantes et de même loi, il vient E[sX1+⋯+Xn]=E[sX1]⋯E[sXn]=(E[sX])n=enμ(s−1).
On reconnait alors la fonction génératrice d’une v.a. de Poisson de paramètre nμ.
Considérons des Xi∼P(1) i.i.d., donc μ=1 et σ=1. Le TCL donne donc P(n(Xn−1)≤x)n→∞2π1∫−∞xe−t2/2dt. Réécrivons la probabilité : P(n(Xn−1)≤x)=P(X1+⋯+Xn−n≤nx)=P(X1+⋯+Xn≤n+nx). Comme d’après 1), X1+⋯+Xn∼P(n), on en déduit P(n(Xn−1)≤x)=k=0∑n+xne−nk!nk, d’où le résultat.
Exercice 80 ⭐️⭐️⭐️ Chaîne de Markov, Spé/L3
Soit (Xn) une suite de v.a. définie par Xn+1=f(Xn,En+1) où (En) est une suite i.i.d., indépendante aussi de X0. Montrer que (Xn) est une chaîne de Markov, i.e. P(Xn+1=xn+1∣Xn=xn,⋯,X0=x0)=P(Xn+1=xn+1∣Xn=xn). La matrice Pi,j:=P(Xn+1=j∣Xn=i) s’appelle la matrice de transition (on suppose que la chaîne est homogène, i.e. la dernière quantité ne dépend pas de n), c’est une matrice stochastique.
Donner un exemple simple de chaîne de Markov.
On considère ici une chaîne à deux états {1,2} et on pose P1,2=P(Xn+1=2∣Xn=1)=a∈]0,1[ et P2,1=P(Xn+1=1∣Xn=2)=b∈]0,1[. On note νn=(P(Xn=1),P(Xn=2)) la loi de Xn. Montrer que νn+1=νnP. Déterminer la loi stationnaire π=(π1,π2) , i.e. résoudre l’équation π=πP. Calculer Pn et n→∞limPn.
Corrigé
On a P(Xn+1=xn+1∣Xn=xn,⋯,X0=x0)=P(f(Xn,En+1)=xn+1∣Xn=xn,⋯,X0=x0)=P(f(xn,En+1)=xn+1∣Xn=xn,⋯,X0=x0). Or En+1 est indépendante de (X0,⋯,Xn) (par récurrence), et donc P(f(xn,En+1)=xn+1∣Xn=xn,⋯,X0=x0)=P(f(xn,En+1)=xn+1)=P(f(xn,En+1)=xn+1∣Xn=xn)=P(f(Xn,En+1)=xn+1∣Xn=xn)=P(Xn+1=xn+1∣Xn=xn), ce qu’on voulait.
Cette structure Xn+1=f(Xn,En+1) est le prototype de chaîne de Markov, et un exemple simple est une marche aléatoire Xn=E0+⋯+En=Xn−1+En où (En) est une suite de v.a. i.i.d. à valeurs par exemple dans {−1,1}. La fonction f est ici f(x,y)=x+y.
Pour établir νn+1=νnP, il suffit d’écrire la formule des probabilités totales avec les événements {Xn=1} et {Xn=2}.
L’équation π=πP donne π1=(1−a)π1+bπ2 et π2=aπ1+(1−b)π2. Donc π1=a+bb et π2=a+ba.
Pour calculer Pn, plusieurs méthodes dont utiliser Cayley-Hamilton qui dit que χP(P)=0. On fait donc la division euclidienne de Xn par χ. Comme P est une matrice stochastique, on a λ1=1 comme valeur propre. On a aussi tr(P)=2−a−b=λ1+λ2, d’où λ2=1−a−b. Donc χ(X)=(X−1)(X−1+a+b) et on écrit Xn=χ(X)Q(X)+a1X+a0. En évaluant en X=1 et X=1−a−b, on obtient : a1=a+b1−(1−a−b)n et a0=1−a1. Ainsi, avec χP(P)=0, on a Pn=a1P+a0I2. Comme −1<1−a−b<1, on en déduit n→∞limPn=a+b1(1−aba1−b)+(1−a+b1)(1001)=a+b1(bbaa).
Exercice 193 ⭐️⭐️⭐️ X PC 2017
Soit X une variable aléatoire à valeurs dans Z. Soit (Xn)n≥1 une suite de variables aléatoires indépendantes identiquement distribuées suivant la loi de X. On pose S0=0 et, pour n∈N∗, Sn=X1+⋯+Xn et Nn=Card{Sk,k∈{0,…,n}}, puis enfin A=j≥1⋂(Sj=0).
Soit n∈N. Montrer que P(Sn+1∈/{S0,…,Sn})=P(S1=0,…,Sn+1=0).
Montrer que E(nNn)n→∞P(A).
Corrigé
Bientôt !
Exercice 357 ⭐️⭐️ Convergence en loi, L3
Soit (Un)n≥1 une suite de v.a.r. indépendantes, toutes de loi uniforme sur [0;1]. On note Yn=min(U1,…,Un).
Montrer que Yn converge presque sûrement vers 0.
Montrer que (nYn)n≥1 converge en loi et préciser la loi limite.
Réflexes
Convergence presque sûre de Yn vers Y 👉 Convergence de la série ∑P(∣Yn−Y∣>ε).
Convergence en loi 👉 Convergence ponctuelle des fonctions de répartition (en tout point de continuité de la fonction de répartition limite).
Corrigé
Soit ε∈]0;1]. On a P(∣Yn∣>ε)=P(U1>ε,…,Un>ε)=k=1∏nP(Uk>ε)=(1−ε)n, car les Uk sont indépendantes.
Comme 1−ε∈[0;1[, la série ∑P(∣Yn∣>ε) est convergente, donc Yn→0 presque sûrement.
Soit y>0. En remplaçant ε par y/n dans le calcul précédent, on obtient (dès que n>y donc à partir d’un certain rang) : P(nYn>y)=(1−ny)n=exp(nln(1−ny))=exp(−y+o(1))→e−y, et pour y≤0, cette probabilité vaut évidemment 1. On reconnaît l’expression de P(X>y) pour une v.a. X de loi E(1). Ainsi (nYn)n≥1 converge en loi vers une v.a. de loi E(1).
Exercice 402 ⭐️⭐️⭐️⭐️ Pile ou face, Ulm 2019, Spé/L3
Deux joueurs jouent à pile ou face jusqu’à ce que le nombre de piles obtenus soit égal au double du nombre de face. Quelle est la probabilité pour que la partie s’arrête ?
Corrigé
Notons Fn (respectivement Pn) le nombre de piles (respectivement faces) obtenus après n lancers.
Posons Xn=2Fn−Pn, notons Pi la probabilité pour une partie qui commencerait à X0=i, et pi=Pi(∃n≥1:Xn=0),qi=Pi(∃n≥0:Xn=0). Évidemment, pi=qi pour i=0.
Le but est de calculer p0, qui d’après la formule des probabilités totales, vaut 21(q2+q−1). Nous allons alors calculer qi pour i∈Z.
Toujours d’après la formule des probabilités totales, la suite (qi)i≥0 vérifie : {q0=1,∀i≥1,qi=21(qi−1+qi+2).
Le polynôme 21(X3−2X+1)=21(X−1)(X2+X−1) a trois racines : 1,r=2−1+5∈]0;1[s=2−1−5<−1.
Ainsi il existe des réels α,β,γ tels que : ∀i≥0,qi=α+βri+γsi. On détermine ensuite les constantes :
(qi)i≥0 étant bornée, on a γ=0.
i=0 donne α+β=1.
Pour i≥1,qi=Pi(∃n≥1:Xn≤0)=P0(∃n≥1:Xn≤−i)i→∞→P0((Xn) non minoreˊe)=0,
car d’après la loi des grands nombres, P0(Xn→+∞)=1. Ainsi α=0.
Nous venons donc de montrer que : ∀i≥1, pi=ri (soit la moitié du travail).
Pour les entiers négatifs, on part des égalités : ⎩⎪⎪⎨⎪⎪⎧q1=r,q0=1,∀i≤−1,qi=21(qi−1+qi+2). Il existe des réels α,β,γ tels que : ∀i≤1,qi=α+βri+γsi. On détermine les constantes :
(qi)i≤0 étant bornée, on a β=0.
i=0 donne α+γ=1.
i=1 donne α+γs=r, d’où α=1−sr−s et γ=1−s1−r.
Conclusion — On a finalement p0=21(q2+q−1)=21(r2+1−sr−s+1−s1−r⋅s1).
Comme X2+X−1=(X−r)(X−s), on a que r2=1−r, rs=−1, r+s=−1, et (1−r)(1−s)=1.
On obtient alors, après simplifications : p0=23(1−r)=43(3−5)≈0,57.