Géométrie affine

Exercice 483 ⭐️⭐️ Affixe orthocentre, centre gravité, L1/L2

Soit C\displaystyle \cal C le cercle de rayon 1\displaystyle 1 et de centre O\displaystyle O, d’affixe 0\displaystyle 0, dans le plan complexe. Soit A,B,CC\displaystyle A,B,C\in \cal C d’affixe a,b,c\displaystyle a,b,c resp. Montrer que l’orthocentre H\displaystyle H du triangle ABC\displaystyle ABC a pour affixe a+b+c\displaystyle a+b+c. Soit G\displaystyle G le centre de gravité de ABC\displaystyle ABC. Montrer que O\displaystyle O, H\displaystyle H et G\displaystyle G sont alignés.

Ecriture avec des affixes et des vecteurs.

Soit H\displaystyle H le point d’affixe h=a+b+c\displaystyle h=a+b+c. Identifions un point P\displaystyle P d’affixe p\displaystyle p avec le vecteur OP\displaystyle \overrightarrow{OP} : (C,+)(R2,+)\displaystyle (\C,+)\simeq(\R^2,+), et on écrit OPp\displaystyle \overrightarrow{OP}\sim p. Alors AHha=b+c\displaystyle \overrightarrow{AH}\sim h-a=b+c, et CBbc\displaystyle \overrightarrow{CB}\sim b-c. Soit u=OB\displaystyle u=\overrightarrow{OB} et v=OC\displaystyle v=\overrightarrow{OC}. Alors AH=u+v\displaystyle \overrightarrow{AH}=u+v et CB=uv\displaystyle \overrightarrow{CB}=u-v. On remarque alors que (u+v)(uv)=u2v2=0,(u+v)\cdot(u-v)=\|u\|^2-\|v\|^2=0, car u\displaystyle u et v\displaystyle v sont de norme 1\displaystyle 1 par définition (on a noté \displaystyle \cdot le produit scalaire canonique). Donc HA\displaystyle \overrightarrow{HA} et BC\displaystyle \overrightarrow{BC} sont orthogonaux. On peut faire le même raisonnement avec HB\displaystyle \overrightarrow{HB} et HC\displaystyle \overrightarrow{HC}, ce qui prouve que H\displaystyle H est bien l’orthocentre du triangle ABC\displaystyle ABC. On trouvera sur Math-OS une jolie animation et une preuve que H\displaystyle H est bien défini de manière unique comme l’intersection des hauteurs.

Le centre de gravité G\displaystyle G de ABC\displaystyle ABC est l’isobarycentre de A\displaystyle A, B\displaystyle B et C\displaystyle C, donc d’affixe a+b+c3=h3\displaystyle \frac{a+b+c}{3}=\frac{h}{3}. Le point O\displaystyle O est le centre du cercle circonscrit à ABC\displaystyle ABC et est d’affixe 0\displaystyle 0. Enfin H\displaystyle H est d’affixe h\displaystyle h. Ainsi on voit que O\displaystyle O, G\displaystyle G et H\displaystyle H sont alignés, et on a même le rapport des longueurs !

Exercice 556 ⭐️⭐️⭐️ Kissing number, Sup/Spé/L2

  1. Calculer l’aire de l’ensemble des points de la sphère unité de latitude entre π/2\displaystyle - \pi/2 et θ\displaystyle \theta, pour θ[π/2,π/2]\displaystyle \theta \in [- \pi/2, \pi/2].
  2. En déduire qu’un point uniformément distribué sur la sphère unité a une abscisse uniforme sur [1,1]\displaystyle [-1,1] (ce résultat était déjà connu par Archimède):
  3. On considère un ensemble S1,,Sn\displaystyle S_1, \dots, S_n de sphères de rayon 1\displaystyle 1, de centres respectifs O1,,On\displaystyle O_1, \dots, O_n, disjointes et tangentes à une sphère unité commune S\displaystyle S de centre O\displaystyle O. Pour tout j{1,,n}\displaystyle j \in \{1,\dots, n\}, on considère l’ensemble Cj\displaystyle C_j des points M\displaystyle M tels que l’angle entre les demi-droites [OM)\displaystyle [OM) et [OOj)\displaystyle [O O_j) est strictement inférieur à π/6\displaystyle \pi/6. Montrer que C1,C2,Cn\displaystyle C_1, C_2, \dots C_n sont disjoints.
  4. Calculer l’angle solide correspondant à Cj\displaystyle C_j et en déduire que n14\displaystyle n \leq 14.
  5. Donner un exemple pour n=12\displaystyle n= 12 (on peut montrer que 12 est en fait la plus grande valeur possible).
  1. Le parallèle θ\displaystyle \theta a pour longueur 2πcosθ\displaystyle 2 \pi \cos \theta, donc en intégrant, on obtient 2π(1+sinθ)\displaystyle 2 \pi (1 + \sin \theta).
  2. La probabilité qu’un point de la sphère ait une abscisse inférieure à x\displaystyle x est égale à celle qu’il ait une latitude inférieure à arcsinx\displaystyle \arcsin x, donc 2π(1+sin(arcsinx))/(4π)=(1+x)/2\displaystyle 2 \pi (1 + \sin (\arcsin x))/(4 \pi) = ( 1+ x)/2.
  3. Si C1,,Cn\displaystyle C_1, \dots, C_n ne sont pas disjoints, il y a deux indices j\displaystyle j et k\displaystyle k tels que [OOj)\displaystyle [OO_j) et [OOk)\displaystyle [O O_k) font un angle de moins de π/3\displaystyle \pi/3. La distance OjOk\displaystyle O_j O_k est alors inférieure à OOj=OOk=2\displaystyle O O_j = O O_k = 2 et les sphères Sj\displaystyle S_j, Sk\displaystyle S_k ne sont pas disjointes.
  4. L’angle solide correspondant à Cj\displaystyle C_j est égal à l’aire de la partie de la sphère d’abscisse supérieure à cos(π/6)=32\displaystyle \cos (\pi/6) = \frac{\sqrt{3}}{2}, donc l’angle solide vaut 4π(13/2)2\displaystyle \frac{4 \pi (1 - \sqrt{3}/2)}{2}. Cet angle solide multiplié par n\displaystyle n ne dépasse pas 4π\displaystyle 4 \pi, donc n21(3)/2=8+43]14,15[\displaystyle n \leq \frac{2}{ 1 - (\sqrt{3})/2}= 8 + 4 \sqrt{3} \in ]14,15[. Comme n\displaystyle n est entier, n14\displaystyle n \leq 14.
  5. On peut prendre pour O1,O2,,O12\displaystyle O_1, O_2, \dots, O_{12} les sommets d’un icosaèdre régulier. Supposons que O=(0,0,0)\displaystyle O = (0,0,0), O1=(0,0,2)\displaystyle O_1 = (0,0,2). Les voisins de O1\displaystyle O_1 forment un pentagone régulier contenant les points
    Ok+2=(2sinθcos(2kπ/5),2sinθsin(2kπ/5),2cosθ\displaystyle O_{k+2} = (2 \sin \theta \cos (2 k \pi/5), 2 \sin \theta \sin (2k \pi/5), 2 \cos \theta) (0k4\displaystyle 0 \leq k \leq 4), pour un certain angle θ\displaystyle \theta. Le carré du côté du pentagone est 4sin2θ[(1cos(2π/5))2+(sin(2π/5))2]=8sin2θ(1cos(2π/5)).\displaystyle 4 \sin^2 \theta [(1 - \cos (2 \pi/5))^2 + (\sin (2 \pi/5))^2] = 8 \sin^2 \theta (1 - \cos ( 2 \pi/5)). Il doit valoir le carré de la distance O1O2\displaystyle O_1 O_2, soit 4(sinθ)2+(22cosθ)2=8(1cosθ)\displaystyle 4 (\sin \theta)^2 + (2 - 2 \cos \theta)^2 = 8 ( 1 - \cos \theta), ce qui implique sin2θ(1cos(2π/5))=1cosθ=2sin2(θ/2)=sin2θ/(2cos2(θ/2))\displaystyle \sin^2 \theta (1 - \cos ( 2 \pi/5)) = 1 - \cos \theta = 2 \sin^2 (\theta/2) = \sin^2 \theta/ (2\cos^2 (\theta/2)), soit cos2(θ/2)=1/[2(1cos(2π/5)]=1/(4sin2(π/5))\displaystyle \cos^2(\theta/2) = 1/[2 (1- \cos(2\pi/5)] = 1/(4 \sin^2 (\pi/5)). Le carré de la distance O1O2\displaystyle O_1 O_2 est 8(1cosθ)=16sin2(θ/2)=16(11/(4sin2(π/5)))>4.42\displaystyle 8 ( 1 - \cos \theta) = 16 \sin^2 (\theta/2) = 16( 1 - 1/(4 \sin^2 (\pi/5))) > 4.42, et O1O2>2.1\displaystyle O_1 O_2 > 2.1. Donc les sommets de l’icosaèdre sont suffisamment espacés.

Exercice 557 ⭐️⭐️⭐️⭐️ Paradoxe du ciel noir, Sup/Spé/L2

On suppose que dans le cosmos, assimilé à un espace Euclidien de dimension 3 (désolé pour Einstein), les étoiles sont des boules immobiles de même rayon formant un réseau cubique. Montrer que vu d’un point donné de l’espace, tout le ciel est recouvert d’étoiles à l’exception d’un ensemble inclus dans une union dénombrable de cercles sur la sphère céleste.

Les directions orthogonales à un vecteur donné forment un plan qui coupe la sphère céleste en un cercle. Comme Q3\displaystyle \mathbb{Q}^3 est dénombrable, il suffit de montrer que toute droite de R3\displaystyle \mathbb{R}^3 non orthogonale à un vecteur de coordonnées rationnelles passe arbitrairement près d’un point à coordonnées entières. La droite a pour paramétrisation (a+xt,b+yt,c+zt)\displaystyle (a + xt, b + yt, c + zt), avec a,b,c,x,y,zR\displaystyle a, b, c, x, y, z \in \mathbb{R}, x,y,z\displaystyle x, y, z linéairement indépendants sur Q\displaystyle \mathbb{Q}. En faisant une transformation affine du paramètre t\displaystyle t, on peut supposer a=0\displaystyle a = 0, x=1\displaystyle x = 1, ce qui donne (t,b+yt,c+zt)\displaystyle (t, b + yt, c + zt). On cherchera t\displaystyle t entier tel que b+yt\displaystyle b+yt et c+zt\displaystyle c+ zt sont proches d’un entier. Pour que cette recherche soit garantie d’aboutir, il est suffisant de vérifier que le sous-groupe G\displaystyle G de R2\displaystyle \mathbb{R}^2 engendré par (y,z)\displaystyle (y,z) et Z2\displaystyle \mathbb{Z}^2 est dense. Soit H\displaystyle H l’adhérence de G\displaystyle G: c’est aussi un sous-groupe de R2\displaystyle \mathbb{R}^2. Par le principe des tiroirs, il y a des multiples de (y,z)\displaystyle (y,z) arbitrairement proches modulo Z2\displaystyle \mathbb{Z}^2, mais non égaux car y\displaystyle y et z\displaystyle z sont irrationnels. Par différence, H\displaystyle H a des points non nuls arbitrairement proches de (0,0)\displaystyle (0,0). Leurs arguments ont une valeur d’adhérence modulo 2π\displaystyle 2 \pi: il existe une suite (uj,vj)j1\displaystyle (u_j, v_j)_{j \geq 1} de H\displaystyle H tels que 0<rj:=uj2+vj22j\displaystyle 0 < r_j := \sqrt{ u_j^2 + v_j^2 }\leq 2^{-j} et uj/rjα2j\displaystyle |u_j/r_j - \alpha| \leq 2^{-j}, vj/rjβ2j\displaystyle |v_j/r_j- \beta| \leq 2^{-j}, avec α,β\displaystyle \alpha, \beta tels que α2+β2=1\displaystyle \alpha^2+ \beta^2 = 1.
Si cR\displaystyle c \in \mathbb{R}, et mj\displaystyle m_j est la partie entière de c/rj\displaystyle c/r_j, on a: ujmjcαcuj/rjcα+uj(c/rjmj)c2j+uj(c+1)2j\displaystyle |u_j m_j - c \alpha| \leq |c u_j/r_j - c\alpha| + |u_j (c/r_j - m_j)| \leq |c| 2^{-j} + |u_j| \leq (|c|+1) 2^{-j} et vjmjcβ(c+1)2j\displaystyle |v_j m_j - c \beta| \leq (|c|+1) 2^{-j}, Le vecteur (cα,cβ)\displaystyle (c \alpha, c\beta) est donc arbitrairement proche d’un vecteur de H\displaystyle H quel que soit cR\displaystyle c \in \mathbb{R}, ce qui implique, puisque H\displaystyle H est fermé, que H\displaystyle H contient une droite passant par l’origine. La projection de H\displaystyle H sur l’orthogonal de cette droite correspond alors à un sous-groupe fermé de R\displaystyle \mathbb{R}, ce qui implique qu’il y a deux possibilités pour H\displaystyle H: H\displaystyle H est un ensemble discret de droites parallèles, l’une passant par l’origine, et H=R2\displaystyle H = \mathbb{R}^2. Le premier cas implique qu’il existe (w,w)\displaystyle (w,w') non nuls tels que wu+wv\displaystyle w u + w' v est entier pour tout (u,v)H\displaystyle (u,v) \in H, donc pour (0,1),(1,0)\displaystyle (0,1), (1,0) et (y,z)\displaystyle (y,z). On en déduit qu’une combinaison linéaire non nulle de y\displaystyle y, z\displaystyle z à coefficients dans Z\displaystyle \mathbb{Z} est entière, ce qui contredit l’indépendance de 1,y\displaystyle 1, y et z\displaystyle z sur les rationnels. Donc seul le cas H=R2\displaystyle H = \mathbb{R}^2 est possible.

Exercice 574 ⭐️⭐️⭐️ Dobble, sors de ce corps !, MP/L3

Soit K\displaystyle K un corps. Le plan projectif sur K\displaystyle K est défini de la manière suivante: ses points sont les sous-espaces vectoriels de K3\displaystyle K^3 de dimension 1\displaystyle 1, et ses droites sont les sous-espaces vectoriels de K3\displaystyle K^3 de dimension 2\displaystyle 2. On dit qu’un point appartient à une droite s’il y a inclusion entre les espaces vectoriels correspondants.

  1. Montrer les propriétés suivantes: par deux points distincts passe une droite et une seule, et deux droites distinctes se coupent en un unique point.
  2. Lorsque K\displaystyle K est un corps fini, donner en fonction du cardinal de K\displaystyle K, le nombre total de points et de droites du plan projectif sur K\displaystyle K.
  3. Montrer qu’il est possible de construire un jeu de 57\displaystyle 57 cartes comportant en tout 57\displaystyle 57 images différentes, tel que chaque carte contienne 8\displaystyle 8 images, chaque image est contenue dans 8\displaystyle 8 cartes, deux cartes quelconques ont exactement une image en commun, et deux images sont contenues ensemble dans une unique carte.

Remarque : le jeu de société Dobble est de la forme indiquée en 3. d’après Wikipedia, après omission de deux cartes (il en reste donc 55). On trouvera aussi cet article intéressant qui décrit ces liens entre le jeu et la géométrie affine, ainsi que celui-ci.

  1. Soient P\displaystyle P et Q\displaystyle Q deux points distincts du plan projectif, dont les droites de K3\displaystyle K^3 correspondantes sont respectivement engendrées par des vecteurs p\displaystyle p et q\displaystyle q, non colinéaires car PQ\displaystyle P \neq Q. Une droite passe par P\displaystyle P et Q\displaystyle Q si le plan R\displaystyle \mathcal{R} de K3\displaystyle K^3 correspondant contient p\displaystyle p et q\displaystyle q. Comme ces vecteurs sont non-colinéaires, il est nécessaire et suffisant que R\displaystyle \mathcal{R} soit le plan engendré par p\displaystyle p et q\displaystyle q.
    Soient D\displaystyle D et D\displaystyle D' deux droites distinces du plan projectif, R\displaystyle \mathcal{R} et R\displaystyle \mathcal{R}' les plans de K3\displaystyle K^3 correspondants. Un point est sur D\displaystyle D et D\displaystyle D' si et seulement si la droite Δ\displaystyle \Delta de K3\displaystyle K^3 correspondante est incluse dans l’intersection de R\displaystyle \mathcal{R} et R\displaystyle \mathcal{R}', Comme R\displaystyle \mathcal{R} et R\displaystyle \mathcal{R}' sont différents, leur somme est de dimension strictement supérieure à leur dimension commune 2\displaystyle 2, et R+R=K3\displaystyle \mathcal{R} + \mathcal{R}' = K^3. Le théorème du rang implique que RR\displaystyle \mathcal{R} \cap \mathcal{R}' est de dimension 2+23=1\displaystyle 2 + 2 - 3 = 1, donc l’unique point d’intersection de D\displaystyle D et D\displaystyle D' correspond à l’espace de dimension 1\displaystyle 1 de K3\displaystyle K^3 donné par Δ=RR\displaystyle \Delta = \mathcal{R} \cap \mathcal{R}'.
  2. Si n\displaystyle n est le cardinal de K\displaystyle K, il y a n3\displaystyle n^3 vecteurs dans K3\displaystyle K^3, donc n31\displaystyle n^3 - 1 vecteurs non nuls. Deux vecteurs non-nuls engendrent la même droite vectorielle de K3\displaystyle K^3 si et seulement si l’un est multiple de l’autre. Il y a n1\displaystyle n-1 possibilités pour un multiplicateur non nul, donc n1\displaystyle n-1 vecteurs engendrent la même droite vectorielle de K3\displaystyle K^3. Le nombre de droites vectorielles de K3\displaystyle K^3, et donc le nombre de points du plan projectif sur K\displaystyle K, est égal à (n31)/(n1)=n2+n+1\displaystyle (n^3 - 1)/(n-1) = n^2 + n + 1.
    Les plans vectoriels de K3\displaystyle K^3 sont les noyaux des formes linéaires non-nulles sur K3\displaystyle K^3, deux formes engendrant le même plan si et seulement si elles sont colinéaires. Le nombre de plans vectoriels de K3\displaystyle K^3 est donc (N1)/(n1)\displaystyle (N-1)/(n-1), N\displaystyle N étant le nombre d’éléments du dual de K3\displaystyle K^3. Comme K3\displaystyle K^3 est (non-canoniquement) isomorphe à son dual, N=n3\displaystyle N = n^3, et il y a (n31)/(n1)=n2+n+1\displaystyle (n^3 - 1)/(n-1) = n^2 + n + 1 plans vectoriels de K3\displaystyle K^3, et autant de droites dans le plan projectif.
  3. On calcule aussi le nombre de points d’une droite et le nombre de droites passant par un point. Un plan vectoriel de K3\displaystyle K^3 est isomorphe à K2\displaystyle K^2 en tant que K\displaystyle K-espace vectoriel, donc il contient, avec le raisonnement précédent pour une dimension de moins, (n21)/(n1)=n+1\displaystyle (n^2-1)/(n-1) = n+1 droites vectorielles. Donc une droite du plan projectif contient n+1\displaystyle n+1 points.
    Le nombre de droites du plan projectif passant par un point est égal au nombre de plans de K3\displaystyle K^3 contenant une droite vectorielle Δ\displaystyle \Delta donnée, et donc c’est le nombre de droites vectorielles de l’espace vectoriel quotient K3/Δ\displaystyle K^3/\Delta, qui est de dimension deux. On trouve donc n+1\displaystyle n+1 à nouveau.
    Pour construire le jeu de cartes demandé, on prend pour K\displaystyle K le corps Z/7Z\displaystyle \mathbb{Z}/7 \mathbb{Z} à 7\displaystyle 7 éléments, on choisit une image pour chaque point du plan projectif (72+7+1=57\displaystyle 7^2 + 7 + 1 = 57 images), une carte pour chaque droite du plan projectif (72+7+1=57\displaystyle 7^2 + 7 + 1 = 57 cartes), on dessine une image sur une carte s’il y a appartenance entre le point et la droite correspondants. Chaque carte contient 7+1=8\displaystyle 7+1 = 8 images, chaque image est contene dans 7+1=8\displaystyle 7+1 = 8 cartes, deux cartes ont exactement une images en commun et deux images sont ensemble contenues dans une unique carte.