Exercice 67 ⭐️ Sup/L1
Soit an>0 tel que ∑an est convergente. Soit (tn) une suite d’éléments de [0,1] et C0 l’espace des fonctions continues sur [0,1]. On pose pour f∈C0, N(f)=n≥0∑an∣f(tn)∣. A quelle condition sur (tn), N est-elle une norme ?
N est bien définie car pour tout n, ∣f(tn)∣≤M, (f est continue sur le compact [0,1] donc elle est bornée), et 0≤n≥0∑an∣f(tn)∣≤Mn≥0∑an. Par l’inégalité triangulaire, on a N(f+g)≤N(f)+N(g), et aussi N(λf)=∣λ∣N(f).
Supposons que N(f)=0. Alors pour tout n, f(tn)=0. Peut-on en déduire que f=0 ? Il suffit alors de supposer que la suite (tn) est dense dans [0,1] pour “atteindre” tous les points x∈[0,1]. En effet, donnons nous une sous-suite (tj′) de (tn) telle que tj′→x. Comme f est continue, on en déduit que f(tj′)→f(x), et donc f(x)=0, i.e. f=0.
Exercice 68 ⭐️⭐️ Noyaux fermé et continuité, MP/L3
Montrer qu’une forme linéaire non nulle ϕ sur un e.v.n. est continue si et seulement si son noyau est fermé.
On pourra utiliser une suite un=u−xn/ϕ(xn) bien choisie.
Si ϕ est continue alors ϕ−1(0) est fermé.
Réciproquement, supposons que le noyau est fermé, et par l’absurde que ϕ n’est pas continue. Cela veut dire qu’on peut trouver une suite (xn) sur la sphère telle que ϕ(xn)→∞ (négation du fait qu’une application linéaire est continue). Comme ϕ est non nulle, on trouve un u telle que ϕ(u)=1, et on pose un=u−xn/ϕ(xn).
Ainsi ϕ(un)=ϕ(u)−ϕ(xn/ϕ(xn))=1−1=0. Donc un∈Ker(ϕ). Or un→u, mais u∈/Ker(ϕ), contradiction !
Exercice 72 ⭐️⭐️ Point fixe
Soit f:K→K continue, où K est un convexe compact d’un evn.
- Soit n un entier et a∈K. Justifier que fn:x↦n1a+(1−n1)f(x) va de K dans K.
- On suppose que pour tout n, fn a un point fixe. Montrer que f a un point fixe.
Exercice 231 ⭐️⭐️ Intersection de compacts non vides, Spé/L3
Soit (Kn)n≥0 une suite de parties compactes d’un e.v.n. On suppose que chaque Kn est non-vide et qu’on a Kn+1⊂Kn pour tout n≥0. Montrer que n=0⋂∞Kn est non vide.
Comme chaque Kn est non-vide, on peut choisir pour tout n≥0 un élément xn∈Kn. La propriété d’emboîtement Kn+1⊂Kn implique l’inclusion Kn⊂K0, en particulier la suite (xn)n≥0 est à valeurs dans le compact K0. Par la propriété de Bolzano-Weierstrass, on en déduit qu’on peut extraire une sous-suite (xnk)k≥0 convergeant vers une limite x∗∈K0. Montrons que x∗∈Kn pour tout m≥0. Comme (nk)k≥0 est strictement croissante, on a nk≥m pour tout k plus grand qu’un certain k0. Mais la propriété d’emboîtement montre que xnk∈Knk⊂Km pour tout k≥k0. La suite (xnk)k≥k0 est donc à valeurs dans Km, qui est un fermé (car compact), donc sa limite x∗ est aussi dans Km. On a bien montré que x∗∈Km pour tout m≥0, donc x∗∈n=0⋂∞Kn qui est donc non-vide.
Exercice 232 ⭐️⭐️⭐️ Semi-continuité, MP/L2
Soit X une partie ouverte d’un e.v.n. E de dimension finie. On dit qu’une fonction f:X→R est semi-continue inférieurement (s.c.i.) en x0∈X si : ∀ε>0,∃r>0,∀x∈B(x0,r),f(x)>f(x0)−ε. On dit que f est s.c.i. sur X si elle l’est en chaque x0∈X.
- Montrer qu’une fonction continue sur X est s.c.i. sur X.
- On suppose désormais que X est un compact de E. Montrer qu’une fonction f s.c.i. sur X est bornée inférieurement. On posera m=Xinff.
- Montrer que la borne inférieure m est atteinte.
- Par l’absurde : considérer une suite (xn)n≥0 avec f(xn)<−n.
La continuité de f en x0∈X peut s’écrire ∀ε>0,∃r>0,∀x∈B(x0,r),∣f(x)−f(x0)∣<ε. On remarque ensuite que si ∣f(x)−f(x0)∣<ε alors f(x)>f(x0)−ε, et on retrouve la définition de la semi-continuité inférieure en x0.
On considère une suite (xn)n≥0 d’éléments de X tels que f(xn)<−n. Comme X est compact, on peut extraire une sous-suite (xnk)k≥0 convergeant vers un certain x∗∈X. D’après l’hypothèse de semi-continuité, on a l’existence d’un r>0 tel que ∀x∈B(x∗,r),f(x)>f(x∗)−1. Comme on a (xnk)→x∗, pour k suffisamment grand on aura xnk∈B(x∗,r) donc −nk>f(xnk)>f(x∗)−1. Comme nk peut être choisi arbitrairement grand, on aboutit à une contradiction.
On considère une suite (xn)n≥1 d’éléments de X tels que f(xn)<m+1/n pour tout n≥1. De cette suite, on peut extraire une sous-suite (xnk)k≥1 convergeant vers une limite x∗∈X. Supposons que f(x∗)>m. Soit ε<f(x∗)−m et r>0 tel que ∀x∈B(x∗,r), f(x)>f(x∗)−2ε. Comme xnk→x∗ et nk1→0, il existe un indice k≥0 suffisamment grand tel que xnk∈B(x∗,r) et nk1<2ε. On a alors m>f(xnk)−nk1>f(x∗)−2ε−2ε>m, ce qui est une contradiction. Ainsi f(x∗)=m, donc f atteint son minimum sur X.
Exercice 233 ⭐️⭐️ Contraction, Point fixe, Spé/L3
Soit X une partie compacte d’un e.v.n. (E,∥.∥). On considère une application f:X→X vérifiant la condition ∀x=y∈X, ∥f(x)−f(y)∥<∥x−y∥. Montrer que f est continue et possède un unique point fixe, i.e. qu’il existe un unique z∈X tel que f(z)=z.
Étudier la fonction x↦∥f(x)−x∥ sur X.
La fonction f est 1-lipschitzienne, donc continue.
On commence par montrer l’unicité du point fixe, sous réserve d’existence : supposons qu’il existe z1,z2∈X tels que f(z1)=z1 et f(z2)=z2. Si on avait z1=z2, on aurait alors ∥z1−z2∥=∥f(z1)−f(z2)∥<∥z1−z2∥, ce qui est une contradiction. Pour l’existence, on considère la fonction g:X→R+ définie par g(x)=∥f(x)−x∥ pour tout x∈X. C’est une fonction continue (comme composée de fonctions continues) sur le compact X. On sait alors que g atteint son minimum m en un certain z∈X. Si m=0, alors ∥f(z)−z∥=0, donc f(z)=z, ce qui répond à la question. Si m=0, alors m>0 (car g est à valeurs positives). En posant z′=f(z), on remarque que g(z′)=∥f(f(z))−f(z)∥<∥f(z)−z∥=m, ce qui contredit que m est le minimum de g. Ainsi m=0 et z est bien solution de f(z)=z.
Exercice 247 ⭐️⭐️⭐️ Forme linéaire continue, Mines, Spé/L2
On considère l’espace E des fonctions continues sur [0,1] muni de la norme ∥⋅∥∞. Soit ϕ∈E. On considère la forme linéaire μ:E→R définie par ∀f∈E , μ(f)=∫01f(t)ϕ(t)dt. Montrer que μ est continue et calculer sa norme (dite subordonnée ou opérateur).
L’application μ:E→R est linéaire, par linéarité de l’intégrale. Pour montrer qu’elle est continue de (E,∥⋅∥∞) dans R, il suffit de prouver qu’il existe C≥0 telle que ∣μ(f)∣≤C∥f∥∞ pour toute fonction f∈E. Or on a, par inégalité triangulaire, ∣μ(f)∣=∣∣∣∣∣∫01f(t)ϕ(t)dt∣∣∣∣∣≤∫01∣f(t)∣∣ϕ(t)∣dt≤∥f∥∞∫01∣ϕ(t)∣dt. Comme ∣ϕ∣ est continue sur le segment [0,1], on sait que la quantité C=∫01∣ϕ(t)∣dt existe et est finie.
On va montrer que ∥μ∥=C, c’est-à-dire que f∈E:∥f∥∞=1sup∣μ(f)∣=∫01∣ϕ(t)∣dt. Intuitivement, le sup est atteint lorsque f=f∗ avec f∗(t)=sign(ϕ(t)), car dans ce cas on a f∗(t)ϕ(t)=∣ϕ(t)∣. Le problème est que la fonction f n’est pas continue, sauf si ϕ est de signe constant sur [0,1]. On s’en sort en approchant f∗ par des fonctions continues. On peut par exemple poser, pour n≥1 : fn(t)=1+e−nϕ(t)1−e−nϕ(t). Si ϕ(t)>0, alors n→∞limfn(t)=1, si ϕ(t)=0 alors fn(t)=0 pour tout n≥1 et si ϕ(t)<0 alors n→∞limfn(t)=−1. Au final, on a montré que la limite simple de la suite de fonctions (fn)n≥1 est la fonction f∗. De plus, l’inégalité élémentaire −1<1+z1−z<1 vraie pour tout z>0 montre qu’on a ∣fn(t)∣<1 pour tout t∈[0,1]. Ainsi :
- La suite de fonctions ϕn(t)=ϕ(t)fn(t) converge simplement vers la fonction ∣ϕ(t)∣ qui est continue sur [0,1].
- On a ∣ϕn(t)∣≤∣ϕ(t)∣, et la fonction ∣ϕ∣ est continue sur [0,1], donc intégrable sur [0,1].
Le théorème de convergence dominée permet de conclure que la suite d’intégrales (∫01fn(t)ϕ(t)dt)n≥1 converge vers ∫01∣ϕ(t)∣dt. Autrement dit : n→∞limμ(fn)=C, ce qui prouve que ∥μ∥=C.
Exercice 254 ⭐️⭐️ Endomorphisme continu pour aucune norme, Spé/L2
Montrer que l’application linéaire ϕ:R[X]→R[X],P↦XP′ n’est continue pour aucune norme.
On ne peut s’en sortir en dimension finie (sinon ϕ continue) 👉 Introduire un n→∞ 👉 Introduire une famille de polynômes simples avec ce paramètre et tester la continuité !
Soit ∥⋅∥ une norme sur R[X] et supposons que ϕ est continue pour cette norme.
On a alors l’existence d’un C>0 tel que pour tout P∈R[X], ∥ϕ(P)∥=∥XP′∥≤C∥P∥. Suivant nos réflexes il faudrait construire une suite de polynômes avec laquelle on testerait l’inégalité. Toujours penser simple d’abord : considérons la suite Pn(X)=Xn. On a alors XPn′(X)=nXn, et alors pour tout n entier ∥nXn∥=n∥Xn∥≤C∥Xn∥. Comme ∥Xn∥=0 car Xn=0, on obtient n≤C pour tout n, ce qui est impossible !
Donc ϕ n’est pas continue pour ∥⋅∥.
Exercice 508 ⭐️⭐️ Adhérence d’une partie, CCP INP 2019, Spé/L2
Soit E un espace vectoriel normé. Soient A et B deux parties non vides de E.
- Rappeler la caractérisation de l’adhérence d’un ensemble à l’aide de suites.
- Montrer que A⊂B⇒A⊂B.
- Montrer que A∪B=A∪B. (Une réponse sans utiliser les suites est aussi acceptée.)
- Montrer que A∩B⊂A∩B.
- Montrer, à l’aide d’un exemple, que l’autre inclusion n’est pas forcément vérifiée (on pourra prendre E=R).
👉 Il s’agit de ne pas s’emmeler les pinceaux dans la rédaction… En écrivant proprement et avec des quantificateurs les hypothèses et les résultats à prouver, on a déjà fait une grosse partie du travail !
Pour la question 2 : égalité entre deux ensembles 👉 on tente une preuve par double inclusion !
- On a x∈A si et seulement si il existe une suite (an)n≥1 avec an∈A pour tout n≥1 et telle que n→∞lim∥x−an∥=0.
- Soit x∈A. Il s’agit de montrer que x∈B. On sait qu’il existe une suite (an)n≥1 avec an∈A pour tout n≥1 et telle que n→∞lim∥x−an∥=0. Mais comme A⊂B on a aussi an∈B pour tout n≥1. Ainsi on a x∈B.
- La question précédente permet de montrer une inclusion : on a A⊂A∪B donc A⊂A∪B, et de même B⊂A∪B. On en déduit que A∪B⊂A∪B. Pour montrer l’inclusion A∪B⊂A∪B, on utilise la caractérisation séquentielle. Soit x∈A∪B : il existe une suite (cn)n≥1 avec cn∈A∪B et n→∞lim∥x−cn∥=0. Supposons qu’il existe une sous-suite (cnk)k≥1 telle que cnk∈A pour tout k≥1. Comme la suite (cn)n≥1 est convergente, la sous-suite (cnk)k≥1 l’est aussi, de même limite. Ainsi on a k→∞lim∥x−cnk∥=0, et ainsi x∈A. Si une telle sous-suite (cnk)k≥1 n’existe pas, cela signifie qu’on a cn∈B pour tout n suffisamment grand, c’est-à-dire à partir d’un certain rang noté N. En posant bn=cn+N pour tout n≥1, on a construit une suite (bn)n≥1 avec bn∈B pour tout n≥1, et on a n→∞lim∥x−bn∥=n→∞lim∥x−cn+N∥=0, ainsi x∈B. Dans chacun des deux cas, on a x∈A∪B, ce qui prouve l’inclusion voulue.
- D’après la première question, comme A∩B⊂A, on a A∩B⊂A. De même on a A∩B⊂B et ainsi A∩B⊂A∩B.
- Il suffit de choisir A et B disjoints mais dont les adhérences ne sont pas disjointes : par exemple A=]0,1[ et B=]1,2[, on a A∩B=∅ donc A∩B=∅, mais A=[0,1] et B=[1,2] donc A∩B={1}=∅.
Exercice 538 ⭐️⭐️ Les normes ∥⋅∥p sur Rn , Spé/L2
Soit n≥2. Pour x=(x1,…,xn)∈Rn et p≥1, on pose ∥x∥p=(i=1∑n∣xi∣p)1/p.
On fixe p∈]1;+∞[, et q l’unique réel tel que p1+q1=1 (p et q sont dits conjugués).
- Exprimer q en fonction de p, et p en fonction de q.
- En déduire que ∀a,b≥0, ab≤pap+qbq.
- Soient deux vecteurs x=(x1,…,xn) et y=(y1,…,yn) de Rn.
On note xy=(x1y1,…,xnyn).
Montrer que si ∥x∥p=∥y∥q=1, alors ∥xy∥1≤1. - Soient x,y∈Rn. Montrer que ∥xy∥1≤∥x∥p∥y∥q.
- Soient x,y∈Rn. On suppose que pour i∈[[1,n]], xi≥0 et yi≥0.
Montrer que ∥x+y∥pp≤∥x+y∥pp/q∥x∥p+∥x+y∥pp/q∥y∥p. - En déduire que ∥x+y∥p≤∥x∥p+∥y∥p.
Montrer que cette inégalité reste vérifiée si on ne suppose plus xi≥0 et yi≥0. - Montrer que ∥⋅∥p définit une norme sur Rn, et que ∀x∈Rn, p→+∞lim∥x∥p=∥x∥∞.
Pour aller plus loin, vous pouvez aller travailler sur la situation analogue pour les normes sur les espaces de fonctions : voir exo 539
- RAS
- Faire varier l’un des deux paramètres, en fixant l’autre.
- Majorer !
- Se ramener au cas précédent en introduisant des vecteurs normés.
- Scincer la somme en deux en factorisant par ce qu’il faut.
- Simplifier le résultat précédent.
- Pas de lézard… vérifier calmement tous les axiomes d’une norme.
- On a p=q−1q, et q=p−1p.
- Fixons b≥0, et posons f:R+→R définie par f(x)=pxp+qbq−bx.
f est dérivable sur R+ (somme de fonctions dérivables), et ∀x≥0, f′(x)=xp−1−b.
La fonction f atteint donc son minimum en x=b1/(p−1).
Puisque p−1p=q, celui-ci vaut f(b1/(p−1))=pbp/(p−1)+qbq−bp/(p−1)=bq(p1+q1−1)=0.
Conclusion. f est positive sur R+, d’où la conclusion. - L’inégalité de 2, nous donne :
i=1∑n∣xi∣.∣yi∣≤i=1∑np∣xi∣p+q∣yi∣q=p1i=1∑n∣xi∣p+q1i=1∑n∣yi∣q=p1+q1=1 - Si x=0 ou y=0 le résultat est évident, supposons désormais x et y non nuls.
On applique alors le résultat précédent aux vecteurs x′=∥x∥px et y′=∥y∥qy.
Ceci est possible car i=1∑n∣xi′∣p=∥x∥pp1i=1∑n∣xi∣p=1, et de même ∑∣yi′∣q=1. Ainsi :
i=1∑n∣xi′∣.∣yi′∣=∥x∥p∥y∥q1i=1∑n∣xi∣.∣yi∣≤1.
Au final : ∥xy∥1≤∥x∥p∥y∥q. - On factorise par (xi+yi)p−1 dans la somme :
∥x+y∥pp=i=1∑n(xi+yi)p=i=1∑n(xi+yi)p−1xi+i=1∑n(xi+yi)p−1yi En appliquant 4. dans chacune des sommes on obtient (en se souvenant que (p−1)q=p) :
∥x+y∥pp≤(i=1∑n(xi+yi)(p−1)q)1/q (i=1∑nxip)1/p+(i=1∑n(xi+yi)(p−1)q)1/q (i=1∑nyip)1/p
∥x+y∥pp≤∥x+y∥pp/q∥x∥p+∥x+y∥pp/q∥y∥p. - Dans le cas particulier où x=y=0Rn, l’inégalité voulue est évidente (0≤0).\
Sinon, on a ∥x+y∥p>0, on divise l’inégalité 5. par ∥x+y∥pp/q :
∥x+y∥pp−p/q≤∥x∥p+∥y∥p. D’où la conclusion, puisque p−qp=1.
Maintenant on ne suppose plus xi et yi positifs.
Comme ∣xi+yi∣≤∣xi∣+∣yi∣, on a
(i=1∑n(∣xi+yi∣)p)1/p≤(i=1∑n(∣xi∣+∣yi∣)p)1/p≤(i=1∑n∣xi∣p)1/p(i=1∑n∣yi∣p)1/p On a donc bien ∥x+y∥p≤∥x∥p+∥y∥p. - Inégalité triangulaire. Elle vient d’être démontrée.
Positivité. Elle est immédiate.
Homogénéïté Soit x∈Rn et λ∈R. On a
∥λx∥p=(i=1∑n∣λxi∣p)1/p=(∣λ∣pi=1∑n∣xi∣p)1/p=(∣λ∣p)1/p.∥x∥p=∣λ∣.∥x∥p. Séparation. Supposons ∥x∥p=0, alors i=1∑n∣xi∣p=0.
Donc : ∀i∈[[1,n]],∣xi∣=0 (somme de termes positifs). Donc x=0.
Enfin, fixons x∈Rn, et i0 tel que ∣xi0∣=∥x∥∞. On a ∣xi0∣p≤i=1∑n∣xi∣p≤i=1∑n∥x∥∞p ∣xi0∣p≤∥x∥pp≤n∥x∥∞p ∥x∥∞=∣xi0∣≤∥x∥p≤n1/p∥x∥∞. Ainsi par encadrement p→+∞lim∥x∥p=∥x∥∞.
Remarque. Si p<1, alors ∥⋅∥p n’est pas une norme. Vous pouvez en effet observer que l’inégalité triangulaire n’est pas vérifiée pour e1 et e2 (vecteurs de la base canonique).
Exercice 539 ⭐️⭐️⭐️ Une famille de normes sur C([0;1],R), MP/L3
Soit E=C([0;1],R). Pour f∈E et p≥1 on pose : ∥f∥p=(∫01∣f∣p)1/p.
- …
- …
- …
- Montrer que ∥⋅∥p définit une norme sur E.
- Montrer que si p=q alors ∥⋅∥p et ∥⋅∥q ne sont pas équivalentes.
- Montrer que pour f∈E, p→+∞lim∥f∥p=∥f∥∞.
Exercice 573 ⭐️⭐️⭐️ Pseudo-orthogonalité, Spé/L2
On considère une norme N sur l’espace vectoriel R2. Dans cet exercice, on dira qu’un vecteur y=0 est pseudo-orthogonal à un vecteur x=0 si et seulement si εN(x+εy)−N(x) tend vers zéro quand ε=0 tend vers zéro.
- Est-ce que y pseudo-orthogonal à x implique −y pseudo-orthogonal à x et y pseudo-orthogonal à −x?
- Est-ce que y pseudo-orthogonal à x implique x pseudo-orthogonal à y?
- Déterminer les vecteurs pseudo-orthogonaux à un vecteur non nul donné, pour les normes L1, L2, L4, L∞.
- La réponse est oui, en changeant ε en −ε et en utilisant le fait que N(−x)=N(x).
- La réponse est non en général: voir les exemples suivants.
- Cas de L1: Supposons que x a une coordonnée nulle, par exemple, x=(1,0). Dans ce cas, pour tout y=(t,u)∈R2, et ε du signe de t (au sens large), on a
N(1+εt,εu)−N(1,0)=εt+∣εu∣=∣ε∣N(y)
donc y n’est pas pseudo-orthogonal à x. Si x=(v,w) a ses deux coordonnées strictement positives, et si y=(t,u)∈R2, alors pour ε suffisamment proche de 0,
N(v+εt,w+εu)=(v+εt)+(w+εu)=N(x)+ε(t+u),
donc y est pseudo-orthogonal à x si et seulement si la somme des ses coordonnées est nulle, i.e. y est orthogonal au vecteur (1,1). Plus généralement,
si x=(v,w) as ses coordonnées non-nulles, les vecteurs pseudo-orthogonaux à x sont ceux orthogonaux au vecteur dont les coordonnées sont les signes respectifs de v et w.
Cas de L2: On vérifie que dans L2, la notion de pseudo-orthogonalité correspond à celle d’orthogonalité pour les vecteurs non-nuls.
Cas de L4: On calcule la différentielle de la norme en un vecteur x=(t,u)=(0,0). On a N(t,u)=(t4+u4)1/4, donc
dN(t,u)=t3(t4+u4)−3/4dt+u3(t4+u4)−3/4du.
Le noyau de la différentielle est donc engendré par (−u3,t3): y=0 est pseudo-orthogonal à x si et seulement si il est colinéaire à (−u3,t3).
Cas de L∞: Il s’agit du cas de L1 tourné de 45 degrés. On n’obtient aucun vecteur pseudo-orthogonal si les deux coordonnées de x dont de valeurs absolues égales, sinon, on trouve les multiples du vecteur de base correspondant à la coordonnée de x de plus petite valeur absolue.