Espaces vectoriels normés

Exercice 67 ⭐️ Sup/L1

Soit an>0\displaystyle a_n>0 tel que ∑an\displaystyle \sum a_n est convergente. Soit (tn)\displaystyle (t_n) une suite d’éléments de [0,1]\displaystyle [0,1] et C0\displaystyle C_0 l’espace des fonctions continues sur [0,1]\displaystyle [0,1]. On pose pour f∈C0\displaystyle f\in C_0, N(f)=∑n≥0an∣f(tn)∣\displaystyle N(f)=\sum_{n\ge 0}a_n|f(t_n)|. A quelle condition sur (tn)\displaystyle (t_n), N\displaystyle N est-elle une norme ?

N\displaystyle N est bien définie car pour tout n\displaystyle n, ∣f(tn)∣≤M\displaystyle |f(t_n)|\le M, (f\displaystyle f est continue sur le compact [0,1]\displaystyle [0,1] donc elle est bornée), et 0≤∑n≥0an∣f(tn)∣≤M∑n≥0an\displaystyle 0\le \sum_{n\ge 0}a_n|f(t_n)|\le M\sum_{n\ge 0}a_n. Par l’inégalité triangulaire, on a N(f+g)≤N(f)+N(g)\displaystyle N(f+g)\le N(f)+N(g), et aussi N(λf)=∣λ∣N(f)\displaystyle N(\lambda f)=|\lambda|N(f).
Supposons que N(f)=0\displaystyle N(f)=0. Alors pour tout n\displaystyle n, f(tn)=0\displaystyle f(t_n)=0. Peut-on en déduire que f=0\displaystyle f=0 ? Il suffit alors de supposer que la suite (tn)\displaystyle (t_n) est dense dans [0,1]\displaystyle [0,1] pour “atteindre” tous les points x∈[0,1]\displaystyle x\in[0,1]. En effet, donnons nous une sous-suite (tj′)\displaystyle (t_j') de (tn)\displaystyle (t_n) telle que tj′→x\displaystyle t_j'\to x. Comme f\displaystyle f est continue, on en déduit que f(tj′)→f(x)\displaystyle f(t_j')\to f(x), et donc f(x)=0\displaystyle f(x)=0, i.e. f=0\displaystyle f=0.

Exercice 68 ⭐️⭐️ Noyaux fermé et continuité, MP/L3

Montrer qu’une forme linéaire non nulle ϕ\displaystyle \phi sur un e.v.n. est continue si et seulement si son noyau est fermé.
On pourra utiliser une suite un=u−xn/ϕ(xn)\displaystyle u_n=u-x_n/\phi(x_n) bien choisie.

Si ϕ\displaystyle \phi est continue alors ϕ−1(0)\displaystyle \phi^{-1}(0) est fermé.
Réciproquement, supposons que le noyau est fermé, et par l’absurde que ϕ\displaystyle \phi n’est pas continue. Cela veut dire qu’on peut trouver une suite (xn)\displaystyle (x_n) sur la sphère telle que ϕ(xn)→∞\displaystyle \phi(x_n)\to\infty (négation du fait qu’une application linéaire est continue). Comme ϕ\displaystyle \phi est non nulle, on trouve un u\displaystyle u telle que ϕ(u)=1\displaystyle \phi(u)=1, et on pose un=u−xn/ϕ(xn)\displaystyle u_n=u-x_n/\phi(x_n).
Ainsi ϕ(un)=ϕ(u)−ϕ(xn/ϕ(xn))=1−1=0\displaystyle \phi(u_n)=\phi(u)-\phi(x_n/\phi(x_n))=1-1=0. Donc un∈Ker(ϕ)\displaystyle u_n\in{\rm Ker}(\phi). Or un→u\displaystyle u_n\to u, mais u∉Ker(ϕ)\displaystyle u\notin{\rm Ker}(\phi), contradiction !

Exercice 72 ⭐️⭐️ Point fixe

Soit f:K→K\displaystyle f:K\to K continue, où K\displaystyle K est un convexe compact d’un evn.

  1. Soit n\displaystyle n un entier et a∈K\displaystyle a\in K. Justifier que fn:x↦1na+(1−1n)f(x)\displaystyle f_n: x\mapsto \frac{1}{n}a+(1-\frac{1}{n})f(x) va de K\displaystyle K dans K\displaystyle K.
  2. On suppose que pour tout n\displaystyle n, fn\displaystyle f_n a un point fixe. Montrer que f\displaystyle f a un point fixe.

TBC

Exercice 231 ⭐️⭐️ Intersection de compacts non vides, Spé/L3

Soit (Kn)n≥0\displaystyle (K_n)_{n \ge 0} une suite de parties compactes d’un e.v.n. On suppose que chaque Kn\displaystyle K_n est non-vide et qu’on a Kn+1⊂Kn\displaystyle K_{n+1} \subset K_n pour tout n≥0\displaystyle n \ge 0. Montrer que ⋂n=0∞Kn\displaystyle \bigcap_{n=0}^\infty K_n est non vide.

Comme chaque Kn\displaystyle K_n est non-vide, on peut choisir pour tout n≥0\displaystyle n \ge 0 un élément xn∈Kn\displaystyle x_n \in K_n. La propriété d’emboîtement Kn+1⊂Kn\displaystyle K_{n+1} \subset K_n implique l’inclusion Kn⊂K0\displaystyle K_n \subset K_0, en particulier la suite (xn)n≥0\displaystyle (x_n)_{n \ge 0} est à valeurs dans le compact K0\displaystyle K_0. Par la propriété de Bolzano-Weierstrass, on en déduit qu’on peut extraire une sous-suite (xnk)k≥0\displaystyle (x_{n_k})_{k \ge 0} convergeant vers une limite x∗∈K0\displaystyle x^* \in K_0. Montrons que x∗∈Kn\displaystyle x^* \in K_n pour tout m≥0\displaystyle m \ge 0. Comme (nk)k≥0\displaystyle (n_k)_{k \ge 0} est strictement croissante, on a nk≥m\displaystyle n_k \ge m pour tout k\displaystyle k plus grand qu’un certain k0\displaystyle k_0. Mais la propriété d’emboîtement montre que xnk∈Knk⊂Km\displaystyle x_{n_k} \in K_{n_k} \subset K_m pour tout k≥k0\displaystyle k \ge k_0. La suite (xnk)k≥k0\displaystyle (x_{n_k})_{k \ge k_0} est donc à valeurs dans Km\displaystyle K_m, qui est un fermé (car compact), donc sa limite x∗\displaystyle x^* est aussi dans Km\displaystyle K_m. On a bien montré que x∗∈Km\displaystyle x^* \in K_m pour tout m≥0\displaystyle m \ge 0, donc x∗∈⋂n=0∞Kn\displaystyle x^* \in \bigcap_{n =0}^\infty K_n qui est donc non-vide.

Exercice 232 ⭐️⭐️⭐️ Semi-continuité, MP/L2

Soit X\displaystyle X une partie ouverte d’un e.v.n. E\displaystyle E de dimension finie. On dit qu’une fonction f:X→R\displaystyle f : X \rightarrow \R est semi-continue inférieurement (s.c.i.) en x0∈X\displaystyle x_0 \in X si : ∀ε>0,∃r>0,∀x∈B(x0,r),f(x)>f(x0)−ε.\forall \varepsilon >0 , \exists r > 0 , \forall x \in B(x_0,r) , f(x) > f(x_0) - \varepsilon. On dit que f\displaystyle f est s.c.i. sur X\displaystyle X si elle l’est en chaque x0∈X\displaystyle x_0 \in X.

  1. Montrer qu’une fonction continue sur X\displaystyle X est s.c.i. sur X\displaystyle X.
  2. On suppose désormais que X\displaystyle X est un compact de E\displaystyle E. Montrer qu’une fonction f\displaystyle f s.c.i. sur X\displaystyle X est bornée inférieurement. On posera m=inf⁡Xf\displaystyle m = \inf_X f.
  3. Montrer que la borne inférieure m\displaystyle m est atteinte.
  1. Par l’absurde : considérer une suite (xn)n≥0\displaystyle (x_n)_{n \ge 0} avec f(xn)<−n\displaystyle f(x_n)<-n.
  1. La continuité de f\displaystyle f en x0∈X\displaystyle x_0 \in X peut s’écrire ∀ε>0,∃r>0,∀x∈B(x0,r),∣f(x)−f(x0)∣<ε.\forall \varepsilon >0 , \exists r > 0 , \forall x \in B(x_0,r) , |f(x) - f(x_0) | < \varepsilon. On remarque ensuite que si ∣f(x)−f(x0)∣<ε\displaystyle |f(x) - f(x_0) | < \varepsilon alors f(x)>f(x0)−ε\displaystyle f(x) > f(x_0)-\varepsilon, et on retrouve la définition de la semi-continuité inférieure en x0\displaystyle x_0.

  2. On considère une suite (xn)n≥0\displaystyle (x_n)_{n \ge 0} d’éléments de X\displaystyle X tels que f(xn)<−n\displaystyle f(x_n)<-n. Comme X\displaystyle X est compact, on peut extraire une sous-suite (xnk)k≥0\displaystyle (x_{n_k})_{k \ge 0} convergeant vers un certain x∗∈X\displaystyle x^* \in X. D’après l’hypothèse de semi-continuité, on a l’existence d’un r>0\displaystyle r>0 tel que ∀x∈B(x∗,r),f(x)>f(x∗)−1.\forall x \in B(x^* ,r) , f(x) > f(x^* )-1. Comme on a (xnk)→x∗\displaystyle (x_{n_k}) \rightarrow x^*, pour k\displaystyle k suffisamment grand on aura xnk∈B(x∗,r)\displaystyle x_{n_k} \in B(x^* , r) donc −nk>f(xnk)>f(x∗)−1.-n_k > f(x_{n_k}) > f(x^* )-1. Comme nk\displaystyle n_k peut être choisi arbitrairement grand, on aboutit à une contradiction.

  3. On considère une suite (xn)n≥1\displaystyle (x_n)_{n \ge 1} d’éléments de X\displaystyle X tels que f(xn)<m+1/n\displaystyle f(x_n) < m+1/n pour tout n≥1\displaystyle n \ge 1. De cette suite, on peut extraire une sous-suite (xnk)k≥1\displaystyle (x_{n_k})_{k \ge 1} convergeant vers une limite x∗∈X\displaystyle x^* \in X. Supposons que f(x∗)>m\displaystyle f(x^*)>m. Soit ε<f(x∗)−m\displaystyle \varepsilon < f(x^*)-m et r>0\displaystyle r>0 tel que ∀x∈B(x∗,r), f(x)>f(x∗)−ε2.\forall x \in B(x^* , r) ,\ f(x) > f(x^* )-\frac{\varepsilon}{2}. Comme xnk→x∗\displaystyle x_{n_k} \rightarrow x^* et 1nk→0\displaystyle \frac{1}{n_k} \rightarrow 0, il existe un indice k≥0\displaystyle k \ge 0 suffisamment grand tel que xnk∈B(x∗,r)\displaystyle x_{n_k} \in B(x^* ,r) et 1nk<ε2\displaystyle \frac{1}{n_k} < \frac{\varepsilon}{2}. On a alors m>f(xnk)−1nk>f(x∗)−ε2−ε2>m,m>f(x_{n_k})-\frac{1}{n_k} >f(x^* )-\frac{\varepsilon}{2}-\frac{\varepsilon}{2}>m, ce qui est une contradiction. Ainsi f(x∗)=m\displaystyle f(x^* )=m, donc f\displaystyle f atteint son minimum sur X\displaystyle X.

Exercice 233 ⭐️⭐️ Contraction, Point fixe, Spé/L3

Soit X\displaystyle X une partie compacte d’un e.v.n. (E,∥.∥)\displaystyle (E,\| . \|). On considère une application f:X→X\displaystyle f :X \rightarrow X vérifiant la condition ∀x≠y∈X, ∥f(x)−f(y)∥<∥x−y∥.\forall x\neq y \in X ,\ \|f(x)-f(y)\| < \|x-y\|. Montrer que f\displaystyle f est continue et possède un unique point fixe, i.e. qu’il existe un unique z∈X\displaystyle z \in X tel que f(z)=z\displaystyle f(z)=z.

Étudier la fonction x↦∥f(x)−x∥\displaystyle x \mapsto \|f(x)-x\| sur X\displaystyle X.

La fonction f\displaystyle f est 1\displaystyle 1-lipschitzienne, donc continue.
On commence par montrer l’unicité du point fixe, sous réserve d’existence : supposons qu’il existe z1,z2∈X\displaystyle z_1,z_2 \in X tels que f(z1)=z1\displaystyle f(z_1)=z_1 et f(z2)=z2\displaystyle f(z_2)=z_2. Si on avait z1≠z2\displaystyle z_1 \neq z_2, on aurait alors ∥z1−z2∥=∥f(z1)−f(z2)∥<∥z1−z2∥,\|z_1-z_2\| = \|f(z_1)-f(z_2)\| <\|z_1-z_2\|, ce qui est une contradiction. Pour l’existence, on considère la fonction g:X→R+\displaystyle g : X \rightarrow \R_+ définie par g(x)=∥f(x)−x∥\displaystyle g(x) = \|f(x)-x\| pour tout x∈X\displaystyle x \in X. C’est une fonction continue (comme composée de fonctions continues) sur le compact X\displaystyle X. On sait alors que g\displaystyle g atteint son minimum m\displaystyle m en un certain z∈X\displaystyle z \in X. Si m=0\displaystyle m = 0, alors ∥f(z)−z∥=0\displaystyle \|f(z)-z\|=0, donc f(z)=z\displaystyle f(z)=z, ce qui répond à la question. Si m≠0\displaystyle m \neq 0, alors m>0\displaystyle m>0 (car g\displaystyle g est à valeurs positives). En posant z′=f(z)\displaystyle z' = f(z), on remarque que g(z′)=∥f(f(z))−f(z)∥<∥f(z)−z∥=m,g(z') = \|f(f(z))-f(z)\| < \|f(z)-z\| = m, ce qui contredit que m\displaystyle m est le minimum de g\displaystyle g. Ainsi m=0\displaystyle m = 0 et z\displaystyle z est bien solution de f(z)=z\displaystyle f(z)=z.

Exercice 247 ⭐️⭐️⭐️ Forme linéaire continue, Mines, Spé/L2

On considère l’espace E\displaystyle E des fonctions continues sur [0,1]\displaystyle [0,1] muni de la norme ∥⋅∥∞\displaystyle \|\cdot\|_\infty. Soit ϕ∈E\displaystyle \phi \in E. On considère la forme linéaire μ:E→R\displaystyle \mu : E \rightarrow \R définie par ∀f∈E , μ(f)=∫01f(t)ϕ(t)dt.\forall f \in E \ , \ \mu(f) = \int_0^1 f(t) \phi(t) dt. Montrer que μ\displaystyle \mu est continue et calculer sa norme (dite subordonnée ou opérateur).

L’application μ:E→R\displaystyle \mu : E \rightarrow \R est linéaire, par linéarité de l’intégrale. Pour montrer qu’elle est continue de (E,∥⋅∥∞\displaystyle (E,\|\cdot\|_\infty) dans R\displaystyle \R, il suffit de prouver qu’il existe C≥0\displaystyle C \ge 0 telle que ∣μ(f)∣≤C∥f∥∞\displaystyle |\mu(f)| \le C \|f\|_\infty pour toute fonction f∈E\displaystyle f \in E. Or on a, par inégalité triangulaire, ∣μ(f)∣=∣∫01f(t)ϕ(t)dt∣≤∫01∣f(t)∣∣ϕ(t)∣dt≤∥f∥∞∫01∣ϕ(t)∣dt.|\mu(f)| = \left|\int_0^1 f(t) \phi(t) dt\right| \le \int_0^1 |f(t)||\phi(t)| dt \le \|f \|_{\infty} \int_0^1 |\phi(t)| dt. Comme ∣ϕ∣\displaystyle |\phi| est continue sur le segment [0,1]\displaystyle [0,1], on sait que la quantité C=∫01∣ϕ(t)∣dt\displaystyle C = \int_0^1 |\phi(t)| dt existe et est finie.

On va montrer que ∥μ∥=C\displaystyle \|\mu\| = C, c’est-à-dire que sup⁡f∈E:∥f∥∞=1∣μ(f)∣=∫01∣ϕ(t)∣dt.\sup_{f \in E : \|f\|_\infty = 1} |\mu(f)| = \int_0^1 |\phi(t) |dt. Intuitivement, le sup est atteint lorsque f=f∗\displaystyle f=f^* avec f∗(t)=sign(ϕ(t))\displaystyle f^*(t)= {\rm sign}(\phi(t)), car dans ce cas on a f∗(t)ϕ(t)=∣ϕ(t)∣\displaystyle f^*(t) \phi(t) = |\phi(t)|. Le problème est que la fonction f\displaystyle f n’est pas continue, sauf si ϕ\displaystyle \phi est de signe constant sur [0,1]\displaystyle [0,1]. On s’en sort en approchant f∗\displaystyle f^* par des fonctions continues. On peut par exemple poser, pour n≥1\displaystyle n \ge 1 : fn(t)=1−e−nϕ(t)1+e−nϕ(t).f_n(t) =\frac{1-e^{-n \phi(t)}}{1+e^{-n \phi(t)}}. Si ϕ(t)>0\displaystyle \phi(t)>0, alors lim⁡n→∞fn(t)=1\displaystyle \lim_{n \to \infty} f_n(t) = 1, si ϕ(t)=0\displaystyle \phi(t) = 0 alors fn(t)=0\displaystyle f_n(t)=0 pour tout n≥1\displaystyle n \ge 1 et si ϕ(t)<0\displaystyle \phi(t)<0 alors lim⁡n→∞fn(t)=−1\displaystyle \lim_{n \to \infty} f_n(t) = -1. Au final, on a montré que la limite simple de la suite de fonctions (fn)n≥1\displaystyle (f_n)_{n \ge 1} est la fonction f∗\displaystyle f^*. De plus, l’inégalité élémentaire −1<1−z1+z<1\displaystyle -1<\frac{1-z}{1+z}<1 vraie pour tout z>0\displaystyle z>0 montre qu’on a ∣fn(t)∣<1\displaystyle |f_n(t)|<1 pour tout t∈[0,1]\displaystyle t \in [0,1]. Ainsi :

  • La suite de fonctions ϕn(t)=ϕ(t)fn(t)\displaystyle \phi_n(t) = \phi(t) f_n(t) converge simplement vers la fonction ∣ϕ(t)∣\displaystyle |\phi(t)| qui est continue sur [0,1]\displaystyle [0,1].
  • On a ∣ϕn(t)∣≤∣ϕ(t)∣\displaystyle |\phi_n(t)| \le |\phi(t)|, et la fonction ∣ϕ∣\displaystyle |\phi| est continue sur [0,1]\displaystyle [0,1], donc intégrable sur [0,1]\displaystyle [0,1].

Le théorème de convergence dominée permet de conclure que la suite d’intégrales (∫01fn(t)ϕ(t)dt)n≥1\displaystyle \left(\int_0^1 f_n(t) \phi(t) dt\right)_{n \ge 1} converge vers ∫01∣ϕ(t)∣dt\displaystyle \int_0^1 |\phi(t)| dt. Autrement dit : lim⁡n→∞μ(fn)=C,\lim_{n \to \infty} \mu(f_n) = C, ce qui prouve que ∥μ∥=C\displaystyle \left\| \mu \right\| = C.

Exercice 254 ⭐️⭐️ Endomorphisme continu pour aucune norme, Spé/L2

Montrer que l’application linéaire ϕ:R[X]→R[X],P↦XP′\displaystyle \phi:\R[X]\to\R[X], P\mapsto XP' n’est continue pour aucune norme.

On ne peut s’en sortir en dimension finie (sinon ϕ\displaystyle \phi continue) 👉 Introduire un n→∞\displaystyle n\to\infty 👉 Introduire une famille de polynômes simples avec ce paramètre et tester la continuité !

Soit ∥⋅∥\displaystyle \|\cdot\| une norme sur R[X]\displaystyle \R[X] et supposons que ϕ\displaystyle \phi est continue pour cette norme.
On a alors l’existence d’un C>0\displaystyle C>0 tel que pour tout P∈R[X]\displaystyle P\in\R[X], ∥ϕ(P)∥=∥XP′∥≤C∥P∥\displaystyle \|\phi(P)\|=\|XP'\|\le C\|P\|. Suivant nos réflexes il faudrait construire une suite de polynômes avec laquelle on testerait l’inégalité. Toujours penser simple d’abord : considérons la suite Pn(X)=Xn\displaystyle P_n(X)=X^n. On a alors XPn′(X)=nXn\displaystyle XP'_n(X)=nX^n, et alors pour tout n\displaystyle n entier ∥nXn∥=n∥Xn∥≤C∥Xn∥.\|nX^n\|=n\|X^n\|\le C\|X^n\|. Comme ∥Xn∥≠0\displaystyle \|X^n\|\neq 0 car Xn≠0\displaystyle X^n\neq 0, on obtient n≤C\displaystyle n\le C pour tout n\displaystyle n, ce qui est impossible !
Donc ϕ\displaystyle \phi n’est pas continue pour ∥⋅∥\displaystyle \|\cdot\|.

Exercice 508 ⭐️⭐️ Adhérence d’une partie, CCP INP 2019, Spé/L2

Soit E\displaystyle E un espace vectoriel normé. Soient A\displaystyle A et B\displaystyle B deux parties non vides de E\displaystyle E.

    • Rappeler la caractérisation de l’adhérence d’un ensemble à l’aide de suites.
    • Montrer que A⊂B⇒A‾⊂B‾\displaystyle A \subset B \Rightarrow \overline{A} \subset \overline{B}.
  1. Montrer que A∪B‾=A‾∪B‾\displaystyle \overline{A \cup B} = \overline{A} \cup \overline{B}. (Une réponse sans utiliser les suites est aussi acceptée.)
    • Montrer que A∩B‾⊂A‾∩B‾\displaystyle \overline{A \cap B} \subset \overline{A} \cap \overline{B}.
    • Montrer, à l’aide d’un exemple, que l’autre inclusion n’est pas forcément vérifiée (on pourra prendre E=R\displaystyle E = \R).

👉 Il s’agit de ne pas s’emmeler les pinceaux dans la rédaction… En écrivant proprement et avec des quantificateurs les hypothèses et les résultats à prouver, on a déjà fait une grosse partie du travail !
Pour la question 2 : égalité entre deux ensembles 👉 on tente une preuve par double inclusion !

    • On a x∈A‾\displaystyle x \in \overline{A} si et seulement si il existe une suite (an)n≥1\displaystyle (a_n)_{n\ge 1} avec an∈A\displaystyle a_n \in A pour tout n≥1\displaystyle n \ge 1 et telle que lim⁡n→∞∥x−an∥=0\displaystyle \lim_{n \to \infty} \|x-a_n\| = 0.
    • Soit x∈A‾\displaystyle x \in \overline{A}. Il s’agit de montrer que x∈B‾\displaystyle x \in \overline{B}. On sait qu’il existe une suite (an)n≥1\displaystyle (a_n)_{n\ge 1} avec an∈A\displaystyle a_n \in A pour tout n≥1\displaystyle n \ge 1 et telle que lim⁡n→∞∥x−an∥=0\displaystyle \lim_{n \to \infty} \|x-a_n\| = 0. Mais comme A⊂B\displaystyle A \subset B on a aussi an∈B\displaystyle a_n \in B pour tout n≥1\displaystyle n\ge 1. Ainsi on a x∈B‾\displaystyle x \in \overline{B}.
  1. La question précédente permet de montrer une inclusion : on a A⊂A∪B\displaystyle A \subset A \cup B donc A‾⊂A∪B‾\displaystyle \overline{A} \subset \overline{A \cup B}, et de même B‾⊂A∪B‾\displaystyle \overline{B} \subset \overline{A \cup B}. On en déduit que A‾∪B‾⊂A∪B‾\displaystyle \overline{A}\cup \overline{B} \subset \overline{A \cup B}. Pour montrer l’inclusion A∪B‾⊂A‾∪B‾\displaystyle \overline{A \cup B} \subset \overline{A}\cup \overline{B}, on utilise la caractérisation séquentielle. Soit x∈A∪B‾\displaystyle x \in \overline{A \cup B} : il existe une suite (cn)n≥1\displaystyle (c_n)_{n \ge 1} avec cn∈A∪B\displaystyle c_n \in A \cup B et lim⁡n→∞∥x−cn∥=0\displaystyle \lim_{n \to \infty} \|x-c_n\| = 0. Supposons qu’il existe une sous-suite (cnk)k≥1\displaystyle (c_{n_k})_{k \ge 1} telle que cnk∈A\displaystyle c_{n_k} \in A pour tout k≥1\displaystyle k \ge 1. Comme la suite (cn)n≥1\displaystyle (c_n)_{n \ge 1} est convergente, la sous-suite (cnk)k≥1\displaystyle (c_{n_k})_{k \ge 1} l’est aussi, de même limite. Ainsi on a lim⁡k→∞∥x−cnk∥=0\displaystyle \lim_{k \to \infty}\|x-c_{n_k}\| =0, et ainsi x∈A‾\displaystyle x \in \overline{A}. Si une telle sous-suite (cnk)k≥1\displaystyle (c_{n_k})_{k \ge 1} n’existe pas, cela signifie qu’on a cn∈B\displaystyle c_n \in B pour tout n\displaystyle n suffisamment grand, c’est-à-dire à partir d’un certain rang noté N\displaystyle N. En posant bn=cn+N\displaystyle b_n = c_{n+N} pour tout n≥1\displaystyle n \ge 1, on a construit une suite (bn)n≥1\displaystyle (b_n)_{n \ge 1} avec bn∈B\displaystyle b_n \in B pour tout n≥1\displaystyle n \ge 1, et on a lim⁡n→∞∥x−bn∥=lim⁡n→∞∥x−cn+N∥=0\displaystyle \lim_{n \to \infty}\|x-b_n\| =\lim_{n \to \infty}\|x-c_{n+N}\| =0, ainsi x∈B‾\displaystyle x \in \overline{B}. Dans chacun des deux cas, on a x∈A‾∪B‾\displaystyle x \in \overline{A} \cup \overline{B}, ce qui prouve l’inclusion voulue.
    • D’après la première question, comme A∩B⊂A\displaystyle A \cap B \subset A, on a A∩B‾⊂A‾\displaystyle \overline{A \cap B} \subset \overline{A}. De même on a A∩B‾⊂B‾\displaystyle \overline{A \cap B} \subset \overline{B} et ainsi A∩B‾⊂A‾∩B‾\displaystyle \overline{A \cap B} \subset \overline{A} \cap \overline{B}.
    • Il suffit de choisir A\displaystyle A et B\displaystyle B disjoints mais dont les adhérences ne sont pas disjointes : par exemple A=]0,1[\displaystyle A = ]0,1[ et B=]1,2[\displaystyle B = ]1,2[, on a A∩B=∅\displaystyle A \cap B = \emptyset donc A∩B‾=∅\displaystyle \overline{A \cap B} = \emptyset, mais A‾=[0,1]\displaystyle \overline{A} = [0,1] et B‾=[1,2]\displaystyle \overline{B} = [1,2] donc A‾∩B‾={1}≠∅\displaystyle \overline{A} \cap \overline{B} = \{1\} \neq \emptyset.

Exercice 538 ⭐️⭐️ Les normes ∥⋅∥p\displaystyle \Vert\cdot\Vert_p sur Rn\displaystyle \R^n , Spé/L2

Soit n≥2\displaystyle n\ge 2. Pour x=(x1,…,xn)∈Rn\displaystyle x=(x_1,\dots,x_n)\in\R^n et p≥1\displaystyle p\ge 1, on pose ∥x∥p=(∑i=1n∣xi∣p)1/p\displaystyle \Vert x\Vert_p = \left(\sum_{i=1}^n |x_i|^p\right)^{1/p}.
On fixe p∈]1;+∞[\displaystyle p\in]1;+\infty[, et q\displaystyle q l’unique réel tel que 1p+1q=1\displaystyle \frac 1p+\frac 1q=1 (p\displaystyle p et q\displaystyle q sont dits conjugués).

  1. Exprimer q\displaystyle q en fonction de p\displaystyle p, et p\displaystyle p en fonction de q\displaystyle q.
  2. En déduire que ∀a,b≥0, ab≤app+bqq.\displaystyle \forall a,b\geq 0,~ab\leq\frac{a^p}{p}+\frac{b^q}{q}.
  3. Soient deux vecteurs x=(x1,…,xn)\displaystyle x=(x_1,\dots,x_n) et y=(y1,…,yn)\displaystyle y=(y_1,\dots,y_n) de Rn\displaystyle \R^n.
    On note xy=(x1y1,…,xnyn)\displaystyle xy=(x_1y_1,\dots,x_ny_n).
    Montrer que si ∥x∥p=∥y∥q=1\displaystyle \Vert x\Vert_p= \Vert y\Vert_q=1, alors ∥xy∥1≤1\displaystyle \Vert xy\Vert_1\leq 1.
  4. Soient x,y∈Rn\displaystyle x,y\in\R^n. Montrer que ∥xy∥1≤∥x∥p∥y∥q\displaystyle \Vert xy\Vert_1\leq \Vert x\Vert_p\Vert y\Vert_q.
  5. Soient x,y∈Rn\displaystyle x,y\in\R^n. On suppose que pour i∈[ ⁣[1,n] ⁣]\displaystyle i\in[\![1,n]\!], xi≥0\displaystyle x_i\geq 0 et yi≥0\displaystyle y_i\geq 0.
    Montrer que ∥x+y∥pp≤∥x+y∥pp/q∥x∥p+∥x+y∥pp/q∥y∥p.\Vert x+y\Vert_p^p\leq \Vert x+y\Vert_p^{p/q}\Vert x\Vert_p+\Vert x+y\Vert_p^{p/q}\Vert y\Vert_p.
  6. En déduire que ∥x+y∥p≤∥x∥p+∥y∥p\displaystyle \Vert x+y\Vert_p\leq \Vert x\Vert_p+\Vert y\Vert_p.
    Montrer que cette inégalité reste vérifiée si on ne suppose plus xi≥0\displaystyle x_i\geq 0 et yi≥0\displaystyle y_i\geq 0.
  7. Montrer que ∥⋅∥p\displaystyle \Vert\cdot\Vert_p définit une norme sur Rn\displaystyle \R^n, et que ∀x∈Rn\displaystyle \forall x\in\R^n, lim⁡p→+∞∥x∥p=∥x∥∞\displaystyle \lim_{p\to+\infty}\Vert x\Vert_p=\Vert x\Vert_\infty.

Pour aller plus loin, vous pouvez aller travailler sur la situation analogue pour les normes sur les espaces de fonctions : voir exo 539

  1. RAS
  2. Faire varier l’un des deux paramètres, en fixant l’autre.
  3. Majorer !
  4. Se ramener au cas précédent en introduisant des vecteurs normés.
  5. Scincer la somme en deux en factorisant par ce qu’il faut.
  6. Simplifier le résultat précédent.
  7. Pas de lézard… vérifier calmement tous les axiomes d’une norme.
  1. On a p=qq−1\displaystyle p=\frac{q}{q-1}, et q=pp−1\displaystyle q=\frac{p}{p-1}.
  2. Fixons b≥0\displaystyle b\ge 0, et posons f:R+→R\displaystyle f:\R_+\to\R définie par f(x)=xpp+bqq−bx\displaystyle f(x)=\frac{x^p}{p}+\frac{b^q}{q}-bx.
    f\displaystyle f est dérivable sur R+\displaystyle \R_+ (somme de fonctions dérivables), et ∀x≥0,  f′(x)=xp−1−b\displaystyle \forall x\ge 0,~~f'(x)=x^{p-1}-b.
    La fonction f\displaystyle f atteint donc son minimum en x=b1/(p−1)\displaystyle x=b^{1/(p-1)}.
    Puisque pp−1=q\displaystyle \frac{p}{p-1}=q, celui-ci vaut f(b1/(p−1))=bp/(p−1)p+bqq−bp/(p−1)=bq(1p+1q−1)=0.f\left(b^{1/(p-1)}\right)=\frac{b^{p/(p-1)}}{p}+\frac{b^q}{q}-b^{p/(p-1)} = b^q\left(\frac 1p+\frac 1q-1\right)=0.
    Conclusion. f\displaystyle f est positive sur R+\displaystyle \R_+, d’où la conclusion.
  3. L’inégalité de 2, nous donne :
    ∑i=1n∣xi∣.∣yi∣≤∑i=1n∣xi∣pp+∣yi∣qq=1p∑i=1n∣xi∣p+1q∑i=1n∣yi∣q=1p+1q=1\sum_{i=1}^n |x_i|.|y_i|\leq\sum_{i=1}^n\frac{|x_i|^p}{p}+\frac{|y_i|^q}{q}=\frac 1p\sum_{i=1}^n|x_i|^p+\frac 1q\sum_{i=1}^n|y_i|^q=\frac 1p+\frac 1q=1
  4. Si x=0\displaystyle x=0 ou y=0\displaystyle y=0 le résultat est évident, supposons désormais x\displaystyle x et y\displaystyle y non nuls.
    On applique alors le résultat précédent aux vecteurs x′=x∥x∥p\displaystyle x'=\frac{x}{\Vert x\Vert_p} et y′=y∥y∥q\displaystyle y'=\frac{y}{\Vert y\Vert_q}.
    Ceci est possible car ∑i=1n∣xi′∣p=1∥x∥pp∑i=1n∣xi∣p=1\displaystyle \sum_{i=1}^n |x'_i|^p= \frac{1}{\Vert x\Vert_p^p}\sum_{i=1}^n |x_i|^p=1, et de même ∑∣yi′∣q=1\displaystyle \sum|y'_i|^q=1. Ainsi :
    ∑i=1n∣xi′∣.∣yi′∣=1∥x∥p∥y∥q∑i=1n∣xi∣.∣yi∣≤1.\sum_{i=1}^n |x_i'|.|y_i'|=\frac{1}{\Vert x\Vert_p\Vert y\Vert_q}\sum_{i=1}^n |x_i|.|y_i|\leq 1.
    Au final : ∥xy∥1≤∥x∥p∥y∥q.\displaystyle \Vert xy\Vert_1\leq \Vert x\Vert_p\Vert y\Vert_q.
  5. On factorise par (xi+yi)p−1\displaystyle (x_i+y_i)^{p-1} dans la somme :
    ∥x+y∥pp=∑i=1n(xi+yi)p=∑i=1n(xi+yi)p−1xi+∑i=1n(xi+yi)p−1yi \Vert x+y\Vert_p^p =\sum_{i=1}^n{(x_i+y_i)^p} =\sum_{i=1}^n(x_i+y_i)^{p-1}x_i+\sum_{i=1}^n(x_i+y_i)^{p-1}y_i En appliquant 4. dans chacune des sommes on obtient (en se souvenant que (p−1)q=p\displaystyle (p-1)q=p) :
    ∥x+y∥pp≤(∑i=1n(xi+yi)(p−1)q)1/q (∑i=1nxip)1/p+(∑i=1n(xi+yi)(p−1)q)1/q (∑i=1nyip)1/p\Vert x+y\Vert_p^p \leq \left(\sum_{i=1}^n(x_i+y_i)^{(p-1)q}\right)^{1/q}~ \left(\sum_{i=1}^n x_i^p\right)^{1/p}+ \left(\sum_{i=1}^n(x_i+y_i)^{(p-1)q}\right)^{1/q}~ \left(\sum_{i=1}^n y_i^p\right)^{1/p}
    ∥x+y∥pp≤∥x+y∥pp/q∥x∥p+∥x+y∥pp/q∥y∥p.\Vert x+y\Vert_p^p\leq \Vert x+y\Vert_p^{p/q}\Vert x\Vert_p+\Vert x+y\Vert_p^{p/q}\Vert y\Vert_p.
  6. Dans le cas particulier où x=y=0Rn\displaystyle x=y=0_{\R^n}, l’inégalité voulue est évidente (0≤0\displaystyle 0\leq 0).\
    Sinon, on a ∥x+y∥p>0\displaystyle \Vert x+y\Vert_p> 0, on divise l’inégalité 5. par ∥x+y∥pp/q\displaystyle \Vert x+y\Vert_p^{p/q} :
    ∥x+y∥pp−p/q≤∥x∥p+∥y∥p.\Vert x+y\Vert_p^{p-p/q} \leq \Vert x\Vert_p+\Vert y\Vert_p. D’où la conclusion, puisque p−pq=1\displaystyle p-\frac pq=1.
    Maintenant on ne suppose plus xi\displaystyle x_i et yi\displaystyle y_i positifs.
    Comme ∣xi+yi∣≤∣xi∣+∣yi∣\displaystyle |x_i+y_i|\leq |x_i|+|y_i|, on a
    (∑i=1n(∣xi+yi∣)p)1/p≤(∑i=1n(∣xi∣+∣yi∣)p)1/p≤(∑i=1n∣xi∣p)1/p(∑i=1n∣yi∣p)1/p\begin{aligned} \left(\sum_{i=1}^n (|x_i+y_i|)^p\right)^{1/p} & \leq \left(\sum_{i=1}^n (|x_i|+|y_i|)^p\right)^{1/p}\\ &\leq \left(\sum_{i=1}^n |x_i|^p\right)^{1/p} \left(\sum_{i=1}^n |y_i|^p\right)^{1/p} \end{aligned} On a donc bien ∥x+y∥p≤∥x∥p+∥y∥p.\displaystyle \Vert x+y\Vert_p \leq \Vert x\Vert_p+\Vert y\Vert_p.
  7. Inégalité triangulaire. Elle vient d’être démontrée.
    Positivité. Elle est immédiate.
    Homogénéïté Soit x∈Rn\displaystyle x\in\R^n et λ∈R\displaystyle \lambda\in\R. On a
    ∥λx∥p=(∑i=1n∣λxi∣p)1/p=(∣λ∣p∑i=1n∣xi∣p)1/p=(∣λ∣p)1/p.∥x∥p=∣λ∣.∥x∥p.\Vert \lambda x\Vert_p=\left(\sum_{i=1}^n |\lambda x_i|^p\right)^{1/p}=\left(|\lambda|^p\sum_{i=1}^n |x_i|^p\right)^{1/p}=\left(|\lambda|^p\right)^{1/p}.\Vert x\Vert_p=|\lambda|.\Vert x\Vert_p. Séparation. Supposons ∥x∥p=0\displaystyle \Vert x\Vert_p=0, alors ∑i=1n∣xi∣p=0\displaystyle \sum_{i=1}^n |x_i|^p=0.
    Donc : ∀i∈[ ⁣[1,n] ⁣],∣xi∣=0\displaystyle \forall i\in[\![1,n]\!],|x_i|=0 (somme de termes positifs). Donc x=0.\displaystyle x=0.
    Enfin, fixons x∈Rn\displaystyle x\in\R^n, et i0\displaystyle i_0 tel que ∣xi0∣=∥x∥∞\displaystyle |x_{i_0}|=\Vert x\Vert_\infty. On a ∣xi0∣p≤∑i=1n∣xi∣p≤∑i=1n∥x∥∞p|x_{i_0}|^p\le \sum_{i=1}^n|x_i|^p \le \sum_{i=1}^n\Vert x\Vert_\infty^p ∣xi0∣p≤∥x∥pp≤n∥x∥∞p|x_{i_0}|^p\le \Vert x\Vert_p^p \le n\Vert x\Vert_\infty^p ∥x∥∞=∣xi0∣≤∥x∥p≤n1/p∥x∥∞.\Vert x\Vert_\infty=|x_{i_0}|\le \Vert x\Vert_p \le n^{1/p}\Vert x\Vert_\infty. Ainsi par encadrement lim⁡p→+∞∥x∥p=∥x∥∞\displaystyle \lim_{p\to+\infty}\Vert x\Vert_p=\Vert x\Vert_\infty.

Remarque. Si p<1\displaystyle p<1, alors ∥⋅∥p\displaystyle \Vert\cdot\Vert_p n’est pas une norme. Vous pouvez en effet observer que l’inégalité triangulaire n’est pas vérifiée pour e1\displaystyle e_1 et e2\displaystyle e_2 (vecteurs de la base canonique).

Exercice 539 ⭐️⭐️⭐️ Une famille de normes sur C([0;1],R)\displaystyle \mathcal C([0;1],\R), MP/L3

Soit E=C([0;1],R)\displaystyle E=\mathcal C([0;1],\R). Pour f∈E\displaystyle f\in E et p≥1\displaystyle p\ge 1 on pose : ∥f∥p=(∫01∣f∣p)1/p.\Vert f\Vert_p =\left(\int_0^1|f|^p\right)^{1/p}.

  1. …
  2. …
  3. …
  4. Montrer que ∥⋅∥p\displaystyle \Vert \cdot\Vert_p définit une norme sur E\displaystyle E.
  5. Montrer que si p≠q\displaystyle p\ne q alors ∥⋅∥p\displaystyle \Vert \cdot\Vert_p et ∥⋅∥q\displaystyle \Vert \cdot\Vert_q ne sont pas équivalentes.
  6. Montrer que pour f∈E\displaystyle f\in E, lim⁡p→+∞∥f∥p=∥f∥∞\displaystyle \lim_{p\to +\infty}\Vert f\Vert_p =\Vert f\Vert_\infty.

Exercice 573 ⭐️⭐️⭐️ Pseudo-orthogonalité, Spé/L2

On considère une norme N\displaystyle N sur l’espace vectoriel R2\displaystyle \mathbb{R}^2. Dans cet exercice, on dira qu’un vecteur y≠0\displaystyle y \neq 0 est pseudo-orthogonal à un vecteur x≠0\displaystyle x \neq 0 si et seulement si N(x+εy)−N(x)ε\displaystyle \frac{N(x + \varepsilon y) - N(x)}{\varepsilon} tend vers zéro quand ε≠0\displaystyle \varepsilon\neq 0 tend vers zéro.

  1. Est-ce que y\displaystyle y pseudo-orthogonal à x\displaystyle x implique −y\displaystyle -y pseudo-orthogonal à x\displaystyle x et y\displaystyle y pseudo-orthogonal à −x\displaystyle -x?
  2. Est-ce que y\displaystyle y pseudo-orthogonal à x\displaystyle x implique x\displaystyle x pseudo-orthogonal à y\displaystyle y?
  3. Déterminer les vecteurs pseudo-orthogonaux à un vecteur non nul donné, pour les normes L1\displaystyle L^1, L2\displaystyle L^2, L4\displaystyle L^4, L∞\displaystyle L^{\infty}.
  1. La réponse est oui, en changeant ε\displaystyle \varepsilon en −ε\displaystyle -\varepsilon et en utilisant le fait que N(−x)=N(x)\displaystyle N(-x) = N(x).
  2. La réponse est non en général: voir les exemples suivants.
  3. Cas de L1\displaystyle L^1: Supposons que x\displaystyle x a une coordonnée nulle, par exemple, x=(1,0)\displaystyle x = (1,0). Dans ce cas, pour tout y=(t,u)∈R2\displaystyle y = (t, u) \in \mathbb{R}^2, et ε\displaystyle \varepsilon du signe de t\displaystyle t (au sens large), on a
    N(1+εt,εu)−N(1,0)=εt+∣εu∣=∣ε∣N(y)N(1 + \varepsilon t, \varepsilon u) - N(1,0) = \varepsilon t + |\varepsilon u| = |\varepsilon| N(y)
    donc y\displaystyle y n’est pas pseudo-orthogonal à x\displaystyle x. Si x=(v,w)\displaystyle x = (v, w) a ses deux coordonnées strictement positives, et si y=(t,u)∈R2\displaystyle y = (t,u) \in \mathbb{R}^2, alors pour ε\displaystyle \varepsilon suffisamment proche de 0\displaystyle 0,
    N(v+εt,w+εu)=(v+εt)+(w+εu)=N(x)+ε(t+u),N(v + \varepsilon t, w + \varepsilon u) = (v + \varepsilon t) + (w + \varepsilon u) = N(x) + \varepsilon(t+u),
    donc y\displaystyle y est pseudo-orthogonal à x\displaystyle x si et seulement si la somme des ses coordonnées est nulle, i.e. y\displaystyle y est orthogonal au vecteur (1,1)\displaystyle (1,1). Plus généralement,
    si x=(v,w)\displaystyle x = (v,w) as ses coordonnées non-nulles, les vecteurs pseudo-orthogonaux à x\displaystyle x sont ceux orthogonaux au vecteur dont les coordonnées sont les signes respectifs de v\displaystyle v et w\displaystyle w.
    Cas de L2\displaystyle L^2: On vérifie que dans L2\displaystyle L^2, la notion de pseudo-orthogonalité correspond à celle d’orthogonalité pour les vecteurs non-nuls.
    Cas de L4\displaystyle L^4: On calcule la différentielle de la norme en un vecteur x=(t,u)≠(0,0)\displaystyle x = (t,u) \neq (0,0). On a N(t,u)=(t4+u4)1/4\displaystyle N(t, u) = (t^4 + u^4)^{1/4}, donc
    dN(t,u)=t3(t4+u4)−3/4dt+u3(t4+u4)−3/4du.d N(t,u) = t^3 (t^4 + u^4)^{-3/4} dt + u^3 (t^4 + u^4)^{-3/4} du.
    Le noyau de la différentielle est donc engendré par (−u3,t3)\displaystyle (-u^3, t^3): y≠0\displaystyle y \neq 0 est pseudo-orthogonal à x\displaystyle x si et seulement si il est colinéaire à (−u3,t3)\displaystyle (-u^3, t^3).
    Cas de L∞\displaystyle L^{\infty}: Il s’agit du cas de L1\displaystyle L^1 tourné de 45\displaystyle 45 degrés. On n’obtient aucun vecteur pseudo-orthogonal si les deux coordonnées de x\displaystyle x dont de valeurs absolues égales, sinon, on trouve les multiples du vecteur de base correspondant à la coordonnée de x\displaystyle x de plus petite valeur absolue.