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Exercice 230 ⭐️⭐️⭐️ ENS Lyon, MP/L3

Soit ϕ:R2R\displaystyle \phi : \mathbb{R}^2 \rightarrow \mathbb{R} une fonction continue. Soit cR\displaystyle c \in \mathbb{R}. On considère les sous-ensembles de R2\displaystyle \R^2 suivants :
I=ϕ1(],c[)\displaystyle I = \phi^{-1}(]-\infty,c[ ),  E=ϕ1({c}),\displaystyle \ E = \phi^{-1}(\{c\}),  S=ϕ1(]c,+[).\displaystyle \ S = \phi^{-1}(]c,+\infty[).

  1. Soit AR2\displaystyle A \subset \R^2 une partie connexe par arcs. On suppose que AI\displaystyle A \cap I \neq \emptyset et AS\displaystyle A \cap S \neq \emptyset. Montrer que AE\displaystyle A \cap E \neq \emptyset.
  2. On suppose que E\displaystyle E est réduit à un singleton. Montrer que c\displaystyle c est un extremum global pour ϕ\displaystyle \phi.
  3. On suppose que E\displaystyle E est compact non vide. Montrer que ϕ\displaystyle \phi possède un extremum global.
  1. Comme A\displaystyle A est connexe par arcs et ϕ\displaystyle \phi est continue, son image ϕ(A)\displaystyle \phi(A) est une partie connexe par arcs de R\displaystyle \R, c’est-à-dire un intervalle de R\displaystyle \R. On sait de plus qu’il existe deux éléments iAI\displaystyle i \in A \cap I et sAS\displaystyle s \in A \cap S qui par définition de I\displaystyle I et S\displaystyle S vérifient respectivement ϕ(i)<c\displaystyle \phi(i) < c et ϕ(s)>c\displaystyle \phi(s) >c. Comme ϕ(A)\displaystyle \phi(A) est un intervalle, il contient tout le segment [ϕ(i),ϕ(s)]\displaystyle [\phi(i),\phi(s)]. En particulier, cϕ(A)\displaystyle c \in \phi(A), donc il existe eA\displaystyle e \in A tel que ϕ(e)=c\displaystyle \phi(e)=c, donc eAE\displaystyle e \in A \cap E \neq \emptyset.

  2. On considère la partie A=R2E\displaystyle A = \R^2 - E. Comme E\displaystyle E est un singleton, on sait que A\displaystyle A est connexe par arcs (on peut faire un dessin pour s’en convaincre). D’après la question précédente, si on avait AI\displaystyle A \cap I \neq \emptyset et AS\displaystyle A \cap S \neq \emptyset, on aurait AE\displaystyle A \cap E \neq \emptyset, ce qui est absurde par définition de A\displaystyle A. On a donc nécessairement AI=\displaystyle A \cap I = \emptyset ou AS=\displaystyle A \cap S = \emptyset. Supposons par exemple que AI=\displaystyle A \cap I = \emptyset. On sait que R2=IES,\R^2 = I \cup E \cup S, et que cette union est disjointe. En effet, pour xR2\displaystyle x \in \R^2, on a soit ϕ(x)<c\displaystyle \phi(x)<c, soit ϕ(x)=c\displaystyle \phi(x)=c, soit ϕ(x)>c\displaystyle \phi(x)>c.
    On a A=IS\displaystyle A = I \cup S, et comme AI=\displaystyle A \cap I = \emptyset, on a A=S\displaystyle A = S, donc R2=ES\displaystyle \R^2 = E \cup S. Mais cela signifie que tout élément de xR2\displaystyle x \in \R^2 satisfait soit ϕ(x)>c\displaystyle \phi(x)>c (si xS\displaystyle x \in S), soit ϕ(x)=c\displaystyle \phi(x) = c (si x\displaystyle x est l’unique élément de E\displaystyle E). Ainsi c\displaystyle c est le minimum global de la fonction ϕ\displaystyle \phi. Si on suppose que AS=\displaystyle A \cap S = \emptyset, le même raisonnement montre que S\displaystyle S est un maximum global pour ϕ\displaystyle \phi.

  3. Comme E\displaystyle E est une partie compacte de R2\displaystyle \R^2, il existe R>0\displaystyle R > 0 tel que E\displaystyle E est contenu dans la boule fermée B=B(0,R)\displaystyle B = B(0,R). On considère l’ensemble A=R2B\displaystyle A = \R^2-B, qui est une partie connexe par arcs de R2\displaystyle \R^2. On raisonne comme à la question précédente : on a AE=\displaystyle A \cap E = \emptyset, donc on a soit AI=\displaystyle A \cap I = \emptyset, soit AS=\displaystyle A \cap S = \emptyset. Supposons par exemple AI=\displaystyle A \cap I = \emptyset. Alors AS\displaystyle A \subset S, ce qui signifie que xA,ϕ(x)>c.\forall x \in A , \phi(x) > c. De plus, ϕ\displaystyle \phi est continue sur B\displaystyle B, qui est un compact de R2\displaystyle \R^2, donc ϕ\displaystyle \phi atteint son minimum m\displaystyle m sur B\displaystyle B. Enfin, remarquons que EB\displaystyle \emptyset \neq E \subset B, donc il existe zB\displaystyle z \in B tel que ϕ(z)=c\displaystyle \phi(z) = c, donc mc\displaystyle m \le c, et donc xA,ϕ(x)>cm\displaystyle \forall x \in A, \phi(x) > c \ge m, ce qui prouve que m\displaystyle m est un minimum global pour ϕ\displaystyle \phi.