Suites de fonctions

Exercice 35 ⭐️⭐️⭐️ ENS, Spé/L2

Montrer que (1+zn)n\displaystyle \left(1+\frac{z}{n} \right)^n converge uniformément vers ez\displaystyle e^z sur tout compact de C\displaystyle \C.

(a+b)n\displaystyle (a+b)^n 👉 Formule du binôme.

On a (1+zn)n=k=0n(nk)zknk=k=0nn(n1)(nk+1)nkzkk!\displaystyle \left(1+\frac{z}{n} \right)^n=\sum_{k=0}^n {n\choose k} \frac{z^k}{n^k}=\sum_{k=0}^n \frac{n(n-1)\cdots(n-k+1)}{n^k}\frac{z^k}{k!}, en utilisant la formule du binôme et la définition de (nk)\displaystyle {n\choose k}. En écrivant la série de l’exponentielle, on obtient donc
ez(1+zn)n=k=0n(1n(n1)(nk+1)nk)zkk!+k=n+1zknk.e^z-\left(1+\frac{z}{n} \right)^n=\sum_{k=0}^n \left(1-\frac{n(n-1)\cdots(n-k+1)}{n^k}\right)\frac{z^k}{k!}+\sum_{k=n+1}^\infty \frac{z^k}{n^k}. On choisit désormais z\displaystyle z quelconque dans la boule B(0,M)\displaystyle B(0,M) de centre 0\displaystyle 0 et de rayon M>0\displaystyle M>0, i.e. zM\displaystyle |z|\le M. Ainsi, par l’inégalité triangulaire :
ez(1+zn)nk=0n(1n(n1)(nk+1)nk)Mkk!+k=n+1Mknk\displaystyle \left|e^z-\left(1+\frac{z}{n} \right)^n\right|\le\sum_{k=0}^n \left(1-\frac{n(n-1)\cdots(n-k+1)}{n^k}\right)\frac{M^k}{k!}+\sum_{k=n+1}^\infty \frac{M^k}{n^k}, car 1n(n1)(nk+1)nk0\displaystyle 1-\frac{n(n-1)\cdots(n-k+1)}{n^k}\ge0.
D’où ez(1+zn)neM(1+Mn)n\displaystyle \left|e^z-\left(1+\frac{z}{n} \right)^n\right|\le e^M-\left(1+\frac{M}{n} \right)^n. En utilisant que (1+Mn)nneM\displaystyle \left(1+\frac{M}{n} \right)^n\xrightarrow[n\to\infty]{}e^M, on conclut que supzB(0,M)ez(1+zn)nn0\displaystyle \sup_{z\in B(0,M)}\left|e^z-\left(1+\frac{z}{n} \right)^n\right|\xrightarrow[n\to\infty]{} 0, ce qu’on voulait.
Remarque — L’inégalité ez(1+zn)neM(1+Mn)n\displaystyle \left|e^z-\left(1+\frac{z}{n} \right)^n\right|\le e^M-\left(1+\frac{M}{n} \right)^n pour zM\displaystyle |z|\le M est quasiment miraculeuse car l’inégalité triangulaire appliquée brutalement donne ez(1+zn)neM+(1+Mn)n\displaystyle \left|e^z-\left(1+\frac{z}{n} \right)^n\right|\le e^M+\left(1+\frac{M}{n} \right)^n.

Exercice 281 ⭐️⭐️ Théorème de Dini, Spé/L2

Soit (fn)n1\displaystyle (f_n)_{n \ge 1} une suite de fonctions définies sur [0,1]\displaystyle [0,1], à valeurs réelles, convergeant vers une fonction f:[0,1]R\displaystyle f : [0,1] \rightarrow \R. On suppose que :

  • Chaque fonction fn\displaystyle f_n est croissante.
  • La fonction limite f\displaystyle f est continue.
  1. Montrer que f\displaystyle f est croissante.
  2. Soit ε>0\displaystyle \varepsilon>0. Montrer qu’il existe K1\displaystyle K \ge 1 tel que, en posant xk=kK\displaystyle x_k = \frac{k}{K}, on a k{0,,K} , f(xk+1)f(xk)<ε.\forall k \in \{0,\ldots,K\} \ , \ |f(x_{k+1}) - f(x_k)| < \varepsilon.
  3. Montrer : N1 , nN , k{0,,K1},\displaystyle \exists N \ge 1 \ , \ \forall n \ge N \ , \ \forall k \in \{0,\ldots,K-1\}, fn(xk)f(xk)<ε.|f_n(x_k) - f(x_k)| < \varepsilon.
  4. Montrer que (fn)n1\displaystyle (f_n)_{n \ge 1} converge uniformément vers f\displaystyle f.
  1. Soient 0xy1\displaystyle 0 \le x \le y \le 1. On a fn(x)fn(y)\displaystyle f_n(x) \le f_n(y) pour tout n1\displaystyle n \ge 1, en passant à la limite dans cette inégalité on obtient f(x)f(y)\displaystyle f(x) \le f(y), donc f\displaystyle f est croissante.
  2. La fonction f\displaystyle f est continue sur le segment [0,1]\displaystyle [0,1], par le théorème de Heine, on sait alors qu’elle est uniformément continue. En particulier, il existe α>0\displaystyle \alpha > 0 tel que xyαf(x)f(y)<ε.|x-y| \le \alpha \Rightarrow |f(x)-f(y)|<\varepsilon. En choisissant K>1α\displaystyle K > \frac{1}{\alpha}, on répond alors à la question.
  3. Soit 0kK\displaystyle 0 \le k \le K. La suite fn(xk)\displaystyle f_n(x_k) converge vers f(xk)\displaystyle f(x_k), donc : Nk1 , nNk , fn(xk)f(xk)<ε.\exists N_k \ge 1 \ , \ \forall n \ge N_k \ , \ |f_n(x_k)-f(x_k)| < \varepsilon. Il suffit alors de choisir Nmax(N0,,Nk)\displaystyle N \ge \max(N_0,\ldots,N_k).
  4. Soit x[0,1]\displaystyle x \in [0,1] fixé. Soit 0kK1\displaystyle 0 \le k \le K-1 tel que x[xk,xk+1]\displaystyle x \in [x_k, x_{k+1}]. La croissance des fonctions fn\displaystyle f_n et f\displaystyle f permet d’écrire que f(xk)fn(xk+1)f(x)fn(x)f(xk+1)fn(xk),f(x_k)-f_n(x_{k+1}) \le f(x) - f_n(x) \le f(x_{k+1})-f_n(x_k), donc f(x)fn(x)max(f(xk+1)fn(xk),f(xk)fn(xk+1).|f(x)-f_n(x)| \le \max(|f(x_{k+1})-f_n(x_k)|,|f(x_k)-f_n(x_{k+1})|. Or d’après l’inégalité triangulaire, on a f(xk+1)fn(xk)f(xk+1)f(xk)+f(xk)fn(xk),|f(x_{k+1})-f_n(x_k)| \le |f(x_{k+1})-f(x_k)| + |f(x_k)-f_n(x_k)|, et cette quantité peut être majorée par 2ε\displaystyle 2 \varepsilon si nN\displaystyle n \ge N. De la même façon, on a nN , f(xk)fn(xk+1)2ε.\forall n \ge N \ , \ |f(x_k)-f_n(x_{k+1})| \le 2 \varepsilon. Ainsi il existe N1\displaystyle N \ge 1, ne dépendant pas de x[0,1]\displaystyle x \in [0,1] et tel que fn(x)f(x)2ε\displaystyle |f_n(x)-f(x)| \le 2 \varepsilon, ce qui signifie que (fn)\displaystyle (f_n) converge uniformément vers f\displaystyle f sur [0,1]\displaystyle [0,1].

Exercice 282 ⭐️ Spé/L2

Pour n1\displaystyle n \ge 1 et xR\displaystyle x \in \R, on pose fn(x)=arctan(nx)\displaystyle f_n(x) =\arctan(nx).

  1. Quelle est la limite simple f\displaystyle f de la suite de fonctions (fn)n1\displaystyle (f_n)_{n \ge 1} ?
  2. Montrer que (fn)n1\displaystyle (f_n)_{n \ge 1} ne converge pas vers f\displaystyle f uniformément sur R\displaystyle \R.
  3. Montrer que (fn)\displaystyle (f_n) converge uniformément vers f\displaystyle f sur tout intervalle de la forme [A,+[\displaystyle [A,+\infty[ ou ],A]\displaystyle ]-\infty,-A] avec A>0\displaystyle A > 0.

CVU de fonctions continues 👉 Continuité de la fonction limite.

  1. Si x=0\displaystyle x = 0, alors fn(x)=0\displaystyle f_n(x)=0 pour tout n1\displaystyle n \ge 1. Si x>0\displaystyle x>0, alors limnnx=+\displaystyle \lim_{n \to \infty} nx = +\infty, et comme la fonction arctan\displaystyle \arctan est continue, on a limnfn(x)=limxarctan(x)=π2.\lim_{n \to \infty} f_n(x) = \lim_{x \to \infty} \arctan(x) = \frac{\pi}{2} . Enfin, le même raisonnement montre que limnfn(x)=π2\displaystyle \lim_{n \to \infty} f_n(x) = -\frac{\pi}{2} si x<0\displaystyle x<0. Ainsi, la suite de fonctions (fn)\displaystyle (f_n) converge simplement vers la fonction f:RR\displaystyle f : \R \rightarrow \R décrite par f(x)=π2\displaystyle f(x) = -\frac{\pi}{2} si x<0\displaystyle x<0, f(0)=0\displaystyle f(0)=0 et f(x)=π2\displaystyle f(x) = \frac{\pi}{2} si x>0\displaystyle x>0.
  2. On peut répondre de plusieurs façons à cette question : l’argument le plus simple consiste à dire qu’une limite uniforme d’une suite de fonctions continues est une fonction continue. Or ici la fonction f\displaystyle f n’est pas continue en 0\displaystyle 0, donc la convergence ne peut pas être uniforme.
    Une autre méthode, un peu plus constructive, consiste à trouver une suite (xn)n1\displaystyle (x_n)_{n \ge 1} convergeant vers un certain xR\displaystyle x \in \R, telle que la suite (fn(xn))n1\displaystyle (f_n(x_n))_{n \ge 1} ne converge pas vers f(x)\displaystyle f(x). Ici, si on pose xn=1n\displaystyle x_n = \frac{1}{n}, donc x=0\displaystyle x=0, on a fn(xn)=arctan(π/4)=1\displaystyle f_n(x_n) = \arctan(\pi/4) = 1 et f(0)=0\displaystyle f(0)=0, ce qui prouve la non-uniformité de la convergence.
  3. Soit A>0\displaystyle A>0 donné. Soit ε>0\displaystyle \varepsilon > 0. La convergence de la suite fn(A)\displaystyle f_n(A) vers f(A)\displaystyle f(A) donne l’existence d’un N1\displaystyle N \ge 1 tel que π2arctan(nA)ε\displaystyle \left|\frac{\pi}{2}-\arctan(nA)\right| \le \varepsilon pour tout nN\displaystyle n \ge N. De plus , la fonction arctan\displaystyle \arctan est croissante sur R\displaystyle \R, on a donc, pour tout xA\displaystyle x \ge A et tout nN\displaystyle n \ge N, fn(x)f(x)=π2arctan(nx)π2arctan(nA)ε.|f_n(x)-f(x)| = \frac{\pi}{2}-\arctan(nx) \le \frac{\pi}{2}-\arctan(nA) \le \varepsilon. L’indice N1\displaystyle N \ge 1 ne dépend pas du choix de x[A,[\displaystyle x \in [A,\infty[, ce qui signifie que (fn)n1\displaystyle (f_n)_{n \ge 1} converge vers f\displaystyle f uniformément sur [A,+[\displaystyle [A,+\infty[. Le raisonnement est similaire pour l’intervalle ],A]\displaystyle ]-\infty,-A].

Exercice 284 ⭐️⭐️ Spé/L2

  1. Soit (an)n1\displaystyle (a_n)_{n \ge 1} une suite de réels positifs, décroissante et de limite nulle. Que dire de Rn=k=n+1(1)kak\displaystyle R_n = \sum_{k=n+1}^\infty (-1)^k a_k ?
  2. Pour n1\displaystyle n \ge 1, on pose fn(k)=xkk\displaystyle f_n(k) = \frac{x^k}{k}. Montrer que la série de fonctions S(x)=k=1(1)kfk(x)\displaystyle S(x) = \sum_{k=1}^\infty (-1)^k f_k(x) converge uniformément sur [0,1]\displaystyle [0,1].
  3. Montrer que la série T(x)=k=1(1)kfk(x)\displaystyle T(x) = \sum_{k=1}^\infty (-1)^k f_k'(x) converge uniformément sur tout intervalle [0,A]\displaystyle [0,A], avec 0<A<1\displaystyle 0 < A < 1.
  4. En déduire une expression de S(x)\displaystyle S(x) pour tout x[0,1[\displaystyle x \in [0,1[, puis la valeur de S(1)\displaystyle S(1).
  1. On reconnaît un résultat du cours 👉 le critère spécial des séries alternées !
  2. On pense à la question précédente.
  3. On reconnaît une série géométrique 👉 on peut regarder les sommes partielles.
  4. Si on justifie que S=T\displaystyle S'=T (suggéré par l’intuition), on peut utiliser la question précédente.
  1. On est dans le cadre d’application du critère spécial des séries alternées : on sait alors que la série k1(1)kak\displaystyle \sum_{k \ge 1} (-1)^k a_k est convergente, ce qui équivaut à dire que la suite (Rn)n1\displaystyle (R_n)_{n \ge 1} est bien définie et de limite nulle. Mieux encore, on a un contrôle du reste : on sait que Rnan+1\displaystyle |R_n| \le a_{n+1}.
  2. Soit x[0,1]\displaystyle x \in [0,1] fixé. La série k1(1)kfk(x)\displaystyle \sum_{k \ge 1} (-1)^k f_k(x) est une série alternée, on sait donc qu’elle est convergente. Notons S(x)\displaystyle S(x) sa limite. La majoration du reste énoncée à la question précédente permet d’écrire que : x[0,1] , S(x)k1(1)kfk(x)=k=n+1(1)kfk(x)fn+1(x)1n+1.\forall x \in [0,1] \ , \ \left|S(x)- \sum_{k \ge 1} (-1)^k f_k(x)\right| = \left|\sum_{k=n+1}^\infty (-1)^k f_k(x)\right| \le |f_{n+1}(x)| \le \frac{1}{n+1}. On a obtenu une majoration indépendante de x\displaystyle x et de limite nulle, ce qui signifie que la suite k=1n(1)kfk(x)\displaystyle \sum_{k=1}^n (-1)^k f_k(x) converge uniformément vers S\displaystyle S sur [0,1]\displaystyle [0,1].
  3. On connaît une expression des sommes partielles : k=1n(1)kfk(x)=k=1n(1)kxk1=l=0n1(x)l=1(x)n1+x.\sum_{k=1}^n (-1)^k f_k'(x) = \sum_{k=1}^n (-1)^k x^{k-1} = -\sum_{l=0}^{n-1} (-x)^l = -\frac{1-(-x)^n}{1+x}. Soit T:[0,1[R\displaystyle T : [0,1[ \rightarrow \R la fonction définie par T(x)=11+x\displaystyle T(x) = -\frac{1}{1+x}. On a alors : x[0,A] , T(x)k=1n(1)kfk(x)=xn1+xAn.\forall x \in [0,A] \ , \ \left|T(x) -\sum_{k=1}^n (-1)^k f_k'(x) \right| = \frac{|x|^n}{1+x} \le |A|^n. On a obtenu une majoration ne dépendant pas de x\displaystyle x et de limite nulle, la série k=1n(1)kfk(x)\displaystyle \sum_{k=1}^n (-1)^k f_k'(x) converge donc vers T\displaystyle T uniformément sur tout intervalle [0,A]\displaystyle [0,A].
  4. La convergence uniforme de la série des dérivées, ainsi que la convergence en 0\displaystyle 0 de la série k1(1)kfk\displaystyle \sum_{k \ge 1} (-1)^k f_k permet d’affirmer, par un résultat du cours, que la limite S(x)\displaystyle S(x) est de classe C1\displaystyle \mathcal{C}^1 sur [0,A]\displaystyle [0,A] et que S(x)=T(x)\displaystyle S'(x) = T(x). Comme S(0)=0\displaystyle S(0)=0, on en déduit que : x[0,A] , S(x)=0xT(t)dt=ln(1+x).\forall x \in [0,A] \ , \ S(x) = \int_0^x T(t) dt = -\ln(1+x). Comme ce résultat est vrai pour tout A<1\displaystyle A<1, on en déduit qu’on a S(x)=ln(1+x)\displaystyle S(x) = -\ln(1+x) pour tout x[0,1[\displaystyle x \in [0,1[. De plus, la fonction S\displaystyle S est continue sur le segment [0,1]\displaystyle [0,1], comme limite uniforme d’une suite de fonctions continues sur [0,1]\displaystyle [0,1], on a donc : k=1(1)kk=S(1)=limx1S(x)=ln(2).\sum_{k=1}^\infty \frac{(-1)^k}{k} = S(1) = \lim_{x \to 1} S(x) = -\ln(2).

Exercice 304 ⭐️ Convergence d’une suite de fonctions, Spé/L2

Pour nN\displaystyle n \in \N^{*}, on définit un:[0;1]R\displaystyle u_n:[0;1]\to\R par
un(x)=xnln(x) si x]0;1],   et   un(0)=0.u_n(x) = x^n \ln(x)\text{ si } x\in]0;1],~~ \text{ et }~~ u_n(0) = 0. Étudier la convergence simple et uniforme de la suite (un)\displaystyle (u_n) sur [0;1]\displaystyle [0;1].

Convergence simple 👉 On fixe x\displaystyle x et on étudie la limite de un(x)\displaystyle u_n(x).
Convergence uniforme 👉 Étudier la limite de supx[0;1]un(x)u(x)\displaystyle \sup_{x\in[0;1]}|u_n(x)-u(x)| quand n\displaystyle n\to\infty.

\displaystyle \bullet Convergence simple.
Soit x]0;1[\displaystyle x\in]0;1[. On a xn0\displaystyle x^n\to 0, donc un(x)=xnln(x)0\displaystyle u_n(x)=x^n\ln(x)\to 0.
Par ailleurs un(0)=0\displaystyle u_n(0)=0 et un(1)=0\displaystyle u_n(1)=0.
Ainsi, (un)\displaystyle (u_n) converge simplement sur [0;1]\displaystyle [0;1] vers la fonction nulle.

\displaystyle \bullet Convergence uniforme.
Nous allons maintenant calculer un=supx[0;1]un(x)\displaystyle \Vert u_n\Vert_\infty = \sup_{x\in[0;1]}|u_n(x)|.
Remarquons que un\displaystyle u_n est continue en 0\displaystyle 0 (donc sur [0;1]\displaystyle [0;1]) car xnln(x)x00\displaystyle x^n\ln(x)\underset{x\to 0}\rightarrow 0, par croissance comparée.
Soit nN\displaystyle n\in\N^*. un\displaystyle u_n est dérivable sur ]0;1]\displaystyle ]0;1], et x]0;1], un(x)=nxn1ln(x)+xn1=xn1(nln(x)+1)\displaystyle \forall x\in]0;1],~u'_n(x)=nx^{n-1}\ln(x)+x^{n-1}=x^{n-1}(n\ln(x)+1).
Ainsi : un(x)0ln(x)1/nxe1/n\displaystyle u'_n(x)\geq 0\Leftrightarrow \ln(x)\geq -1/n\Leftrightarrow x\geq e^{-1/n}.
Donc un\displaystyle u_n est décroissante sur [0;e1/n]\displaystyle [0;e^{-1/n}], croissante sur [e1/n;1]\displaystyle [e^{-1/n};1].
Puisque un(0)=un(1)=0\displaystyle u_n(0)=u_n(1)=0 on a donc un=un(e1/n)=1en\displaystyle \Vert u_n\Vert_\infty = \left| u_n\left(e^{-1/n}\right)\right| = \frac{1}{en}.
Ainsi, puisque 1enn0\displaystyle \frac{1}{en}\underset{n\to \infty}\rightarrow 0, (un)\displaystyle (u_n) converge uniformément vers 0\displaystyle 0 sur [0;1]\displaystyle [0;1].

Exercice 305 ⭐️ Convergence d’une suite de fonctions, Spé/L2

Pour tout xR\displaystyle x \in \R, on pose :
fn(x)=sin(nx)1+n2x2. f_n (x) = \dfrac{ \sin \left( n x \right) }{1 + n^2 \, x^2 }.

  1. Étudier la convergence simple de la suite (fn)nN\displaystyle \left( f_n \right)_{n\in \N}.
  2. Soit a>0\displaystyle a > 0. Étudier la convergence uniforme de la suite (fn)nN\displaystyle \left( f_n \right)_{n\in \N} sur [a,+[\displaystyle \left[ a ,+ \infty\right[.
  3. Même question sur ]0,+[\displaystyle \left] 0 , + \infty \right[.
  1. Fixer xR\displaystyle x\in\R. Étudier la limite de fn(x)\displaystyle f_n(x).
  2. et 3. Pour savoir si supxIfn(x)n0\displaystyle \sup_{x\in I}|f_n(x)|\underset{n\to\infty}\to 0,
  • Une majoration judicieuse de fn(x)\displaystyle |f_n(x)| peut permettre de conclure que c’est le cas;
  • Une minoration judicieuse de fn(x)\displaystyle |f_n(x)| peut permettre de conclure que ce n’est pas le cas;
  1. Pour x0\displaystyle x\neq 0, fn(x)11+n2x2\displaystyle |f_n(x)|\leq \frac{1}{1+n^2x^2}, donc par comparaison limnfn(x)=0\displaystyle \lim_{n\to\infty} f_n(x)=0.
    De plus fn(0)=0\displaystyle f_n(0)=0. Donc (fn)\displaystyle (f_n) converge simplement vers la fonction nulle sur R\displaystyle \R.
  2. Soit a>0\displaystyle a>0. On a : xa,fn(x)11+n2x211+n2a2\displaystyle \forall x\geq a, |f_n(x)|\leq \frac{1}{1+n^2x^2}\leq \frac{1}{1+n^2a^2}
    Ainsi supxafn(x)11+n2a2\displaystyle \sup_{x\geq a} |f_n(x)|\leq \frac{1}{1+n^2a^2}, donc par comparaison supxafn(x)n0\displaystyle \sup_{x\geq a} |f_n(x)|\underset{n\to\infty}\to 0.
    Donc (fn)\displaystyle (f_n) converge uniformément vers 0\displaystyle 0 sur [a,+[\displaystyle \left[ a ,+ \infty\right[.
  3. On peut remarquer que fn(1/n)=sin(1)2\displaystyle f_n(1/n)=\frac{\sin(1)}{2}, donc supx>0fn(x)sin(1)2\displaystyle \sup_{x>0}|f_n(x)|\geq\frac{\sin(1)}{2}.
    Par conséquent supx>0fn(x)\displaystyle \sup_{x>0}|f_n(x)| ne tend pas vers 0\displaystyle 0 quand n\displaystyle n\to\infty, donc (fn)\displaystyle (f_n) ne converge pas uniformément sur ]0,+[\displaystyle \left]0 ,+ \infty\right[.

Exercice 542 ⭐️ Limite et intégrale, Spé/L2

Calculer limn+(0+xn1+xn+2 dx).\displaystyle \lim_{n\to+\infty}\left(\int_0^{+\infty} \frac{x^n}{1+x^{n+2}}~\mathrm{d} x\right).

Limite d’une intégrale mais on ne sait pas calculer cette intégrale
👉 théorème d’interversion limite intégrale.
Ici on n’est pas sur un segment : pas le choix, c’est le théorème de convergence dominée.

Posons fn(x)=xn1+xn+2\displaystyle f_n(x)=\frac{x^n}{1+x^{n+2}} pour x0\displaystyle x\ge 0 et nN\displaystyle n\in\N.

  • pour nN\displaystyle n\in\N, fn\displaystyle f_n est continue sur R+\displaystyle \R_+.
  • (fn)\displaystyle (f_n) converge simplement sur R+\displaystyle \R_+ vers la fonction f:x{0, si x[0;1[,1/2, si x=1,1/x2, si x]1;+[.f:x\mapsto\begin{cases} 0,&\text{ si }x\in[0;1[,\\ 1/2,&\text{ si }x=1,\\ 1/x^2,&\text{ si }x\in]1;+\infty[. \end{cases}
    f\displaystyle f est continue par morceaux sur R+\displaystyle \R_+.
  • Pour tout nN\displaystyle n\in\N, fng\displaystyle |f_n|\leq g, avec g:x{1, si x[0;1],1/x2, si x]1;+[,\displaystyle g:x\mapsto \begin{cases} 1,&\text{ si }x\in[0;1],\\ 1/x^2,&\text{ si }x\in]1;+\infty[, \end{cases}
    g\displaystyle g est intégrable sur R+\displaystyle \R_+ (comparaison avec une intégrale de Riemann).

Ainsi on peut appliquer le théorème de convergence dominée :
limn+(0+xn1+xn+2 dx)=0+f(x)dx1+1x2 dx=1.\lim_{n\to+\infty}\left(\int_0^{+\infty} \frac{x^n}{1+x^{n+2}}~\mathrm{d} x\right) = \int_0^{+\infty}f(x)\mathrm{d}x\int_1^{+\infty}\frac{1}{x^2}~\mathrm{d}x=1.

Exercice 605 ⭐️⭐️⭐️ Limite d’une intégrale, Mines PC 2019, Spé

Calculer la limite quand n\displaystyle n\to\infty de l’intégrale :
0112+2++2+2x dx\int_0^1\frac{1}{\sqrt{2+\sqrt{2+\sqrt{\dots+\sqrt{2+2x}}}}}~\mathrm{d}x
(avec n\displaystyle n racines carrées dans cette expression).

Limite de l’intégrale d’une suite de fonctions 👉 étude de la convergence simple, puis quel théorème ensuite ?

Fixons x[0,1]\displaystyle x\in[0,1] et notons un(x)\displaystyle u_n(x) l’expression au dénominateur dans l’intégrale In\displaystyle I_n. On a u0=2x,etnN, un+1(x)=2+un(x).u_0=2x,\qquad\text{et}\quad\forall n\in\N,~u_{n+1}(x)=\sqrt{2+u_n(x)}.
Une étude de suite récurrente avec les méthodes classiques montre que (un(x))nN\displaystyle (u_n(x))_{n\in\N} converge en croissant vers 2\displaystyle 2.
Ainsi la suite de fonctions (1un)nN\displaystyle \left(\frac{1}{u_n}\right)_{n\in\N^*} converge simplement sur [0,1]\displaystyle [0,1] vers la fonction constante égale à 12\displaystyle \frac{1}{2}.
Remarque. Nous avons exclu le terme n=0\displaystyle n=0 car 1u0\displaystyle \frac{1}{u_0} n’est pas définie en x=0\displaystyle x=0.

Comme (1un(x))nN\displaystyle \left(\frac{1}{u_n(x)}\right)_{n\in\N} est décroissante on a : nN,x[0,1],0<1un(x)1u1(x)\displaystyle \forall n\in\N^*,\forall x\in[0,1],0<\frac{1}{u_n(x)}\le \frac{1}{u_1(x)}, or la fonction x1u1(x)\displaystyle x\mapsto \frac{1}{u_1(x)} est intégrable sur [0,1]\displaystyle [0,1] car continue sur ce segment.

Conclusion. par théorème de convergence dominée, on a
lim(01un(x)dx)=01(limun(x))dx=0112 dx=12.\lim \left(\int_0^1 u_n(x)\mathrm{d} x\right)=\int_0^1\left(\lim u_n(x)\right)\mathrm{d} x=\int_0^1\frac 12~\mathrm{d} x=\frac 12.