Montrer que la fonction cos est paire et que la fonction sin est impaire. Que valent les dérivées de ces deux fonctions ?
Pour u,v∈R, retrouver les formules de duplication des fonctions trigonométriques : cos(u+v)=cos(u)cos(v)−sin(u)sin(v),sin(u+v)=sin(u)cos(v)+cos(u)sin(v).
Soient a,b∈R tels que a+b=0,a−b=0.
Calculer la dérivée de la fonction F(x)=21a+bsin((a+b)x)+21a−bsin((a−b)x).
En déduire la valeur de ∫−ππcos(ax)cos(bx)dx.
Que vaut cette intégrale si a ou b est entier ? Que vaut-elle si a+b=0 ? Si a−b=0 ?
Adapter le raisonnement précédent pour calculer les intégrales ∫−ππsin(ax)cos(bx)dx,∫−ππsin(ax)sin(bx)dx.
Corrigé
Les propriétés de parité des fonctions trigonométriques, ainsi que le calcul de leur dérivée, découlent immédiatement de leur définition par l’exponentielle complexe : cos(x)=2eix+e−ix,sin(x)=2ieix−e−ix.
On revient à la définition et on se lance dans les calculs : cos(u)cos(v)−sin(u)sin(v)==2eiu+e−iu2eiv+e−iv−2ieiu−e−iu2ieiv−e−iv4(eiu+e−iu)(eiv+e−iv)+(eiu−e−iu)(eiv−e−iv).
On a utilisé le fait que −(i1)2=1. En développant ces deux produits, on remarque que les coefficients termes en ei(u−v) et en ei(v−u) s’annulent. Il ne reste que : cos(u)cos(v)−sin(u)sin(v)=42ei(u+v)+2e−i(u+v)=cos(u+v).
Comme sin′=cos, on calcule que : F′(x)=2cos((a+b)x)+cos((a−b)x). On utilise la question précédente ainsi que les propriétés de parité pour écrire : F′(x)===2cos(ax)cos(bx)−sin(ax)sin(bx)+cos(ax)cos(−bx)−sin(ax)sin(−bx)2cos(ax)cos(bx)−sin(ax)sin(bx)+cos(ax)cos(bx)+sin(ax)sin(bx)cos(ax)cos(bx). On en déduit alors que : ∫−ππcos(ax)cos(bx)dx=====[21a+bsin((a+b)x)+21a−bsin((a−b)x)]21a+bsin((a+b)π)+21a−bsin((a−b)π)−21a+bsin(−(a+b)π)+21a−bsin(−(a−b)π)a+bsin((a+b)π)+a−bsin((a−b)π)a+bsin(aπ)cos(bπ)+sin(bπ)cos(aπ)+a−bsin(aπ)cos(bπ)−sin(bπ)cos(aπ)a2−b22(asin(aπ)cos(bπ)−bsin(bπ)cos(aπ)).
Si a est entier, on sait que sin(aπ)=0 et que cos(aπ)=(−1)a (on retrouve facilement ces propriétés sur le cercle trigonométrique), donc : ∫−ππcos(ax)cos(bx)dx=−a2−b22a(−1)asin(aπ).
Si b est entier, par symétrie des rôles joués par a et b, on a : ∫−ππcos(ax)cos(bx)dx=−b2−a22b(−1)bsin(bπ).
On remarque que si a et b sont tous les deux entiers et distincts, alors ∫−ππcos(ax)cos(bx)dx=0, autrement dit, les fonctions cos(ax) et cos(bx) sont orthogonales pour le produit scalaire ⟨u,v⟩=∫−ππu(x)v(x)dx.
Si a+b=0 ou a−b=0, l’intégrale à calculer se simplifie en : ∫−ππcos(ax)cos(bx)dx=∫−ππcos2(ax)dx.
L’astuce pour trouver une primitive de cos2(ax) consiste à utiliser la formule de duplication cos(2u)=2cos2(u)−1, donc ∫−ππcos(ax)cos(bx)dx===∫−ππ2cos(2ax)+1dx[4asin(2ax)+2x]−ππ2asin(2aπ)+π.
Exercice 207
Soit f une fonction 2π-périodique, intégrable sur [0,2π]. Soient (an)n≥0 et (bn)n≥1 et ses coefficients de Fourier et (Sn(f))n≥1 la suite des polynômes de Fourier associée.
Montrer que pour tout u,v∈R on a la formule : sin(u+2v)=sin(u)+2cos(u+v)sin(v).
À l’aide de la question précédente, montrer par récurrence sur n≥0 la formule : ∀x∈R∗,2sin(2x)sin((n+21)x)=21+k=1∑ncos(kx).
Peut-on dire que cette équation a un sens lorsque x=0 ?
Retrouver cette formule à l’aide de la somme géométrique k=−n∑neikx.
Montrer que : Sn(f)(x)=2π1∫02πf(t)dt+π1k=1∑n(cos(kx)∫02πcos(kt)f(t)dt+sin(kx)∫02πsin(kt)f(t)dt).
Montrer que : Sn(f)(x)=2π1∫02πf(x+u)2sin(2u)sin((n+21)u).
Corrigé
On développe chaque terme le plus possible, et on espère avoir une
égalité. Pour le terme de gauche : sin(u+2v)==sin(u)cos(2v)+cos(u)sin(2v)sin(u)−2sin(u)sin2(v)+2cos(u)sin(v)cos(v).
On a utilisé cos(2v)=1−2sin2(v). Pour le terme de droite : sin(u)+2cos(u+v)sin(v)=sin(u)+2cos(u)cos(v)sin(v)−2sin(u)sin2(v).
On a donc bien égalité entre les deux termes.
Pour n=0, on a bien 2sin(x/2)sin(x/2)=21.
Pour montrer l’hérédité, il suffit de prouver que : 2sin(2x)sin((n+1+21)x)=2sin(2x)sin((n+21)x)+cos((n+1)x),
et cette égalité se montre à l’aide de la question précédente, avec u=2x et v=(n+1)x.
Si x=0, le terme de droite vaut 21+k=1∑ncos(0)=n+21, mais le terme de gauche n’est pas bien défini car sin(0)=0. Mais si on connaît le développement limité sin(u)=u+ou→0(u), on montre que pour tous a,b∈R∗∗ x→0limsin(bx)sin(ax)=x→0limbx+o(x)ax+o(x)=ba.
Dans notre cas, on a bien : x→0lim2sin(2x)sin((n+21)x)=221n+21=n+21.
On retrouve la même valeur que pour le terme de droite.
On calcule la somme k=−n∑neikx de deux façons différentes. Tout d’abord, en regroupant astucieusement les termes, on remarque que : k=−n∑neikx==1+k=1∑neikx+e−ikx1+2k=1∑ncos(kx). Une autre façon de calculer la somme consiste à utiliser une formule sur les suites géométriques : k=−n∑neikx=====e−inxk=0∑2n(eix)ke−inxeix−1ei(2n+1)x−1e−inxei2x(ei2x−e−i2x)ei(n+21)x(ei(n+21)x−e−i(n+21)x)eix(−n+(n+21)−21)2isin(2x)2isin((n+21)x)sin(2x)sin((n+21)x).
Par définition de Sn(f), on a : Sn(f)(x)=2a0+k=1∑nakcos(kx)+bksin(kx).
En remplaçant les coefficients aak et bk par les intégrales les définissant, on obtient immédiatement la réponse demandée.
On récrit la formule de la question précédente sous la forme : Sn(f)(x)===π1∫02πf(t)(21+k=1∑ncos(kx)cos(kt)+sin(kx)sin(kt))dtπ1∫02πf(t)(21+k=1∑ncos(k(x−t)))dtπ1∫02πf(u+x)(21+k=1∑ncos(ku))du.
À noter que le changement de variables u=t−x devrait imposer que la dernière intégrale soit prise entre les bornes −x et 2π−x, mais la 2π-périodicité des fonctions permet de translater l’intervalle d’intégration à [0,2π]. La question 2 permet de conclure immédiatement.
Exercice 208 ⭐️⭐️
On considère la fonction en créneau f définie par f(x)=−1 si x∈]−π,0[, f(x)=1 si x∈]0,π[, f(0)=f(π)=0, et prolongée par 2π-périodicité.
Que dire des coefficients de Fourier an(f) ?
Calculer les coefficients de Fourier bn(f), pour n≥1.
Montrer que la suite de fonctions (SN(f))N≥1, où SN(f)(x)=n=1∑Nbn(f)sin(nx), converge simplement vers la fonction f.
Déduire du théorème de Parseval que p=0∑∞(2p+1)21=8π2. Comment en déduire la valeur de n=1∑∞n21 ?
Montrer que : S2N+1(f)(2Nπ)=N2p=0∑N(2p+1)2Nπsin((2p+1)2Nπ)N→∞2∫0πxsin(x)dx.
En déduire que la suite de fonctions (SN(f))N≥1 ne converge pas uniformément vers f lorsque N→∞.
Corrigé
La définition de f permet de dire que :
Si x∈]kπ,(k+1)π[, avec k∈Z pair,
alors f(x)=1.
Si x∈]kπ,(k+1)π[, avec k∈Z impair,
alors f(x)=−1.
Si x=kπ avec k∈Z, alors f(x)=0.
Cette description complète de f permet de constater que la fonction est impaire. On sait alors que tous les coefficients an(f), pour n≥0, sont nuls.
Soit n≥1. Il s’agit de calculer l’intégrale : bn(f)=π1∫−ππsin(nx)f(x)dx.
La fonction sin(nx)f(x) est paire, on a donc : bn(f)=π2∫0πsin(nx)f(x)dx=π2∫0πsin(nx)dx=π2[−ncos(nx)]0π=nπ2(1−cos(nπ)).
Or on sait que, si n est entier, cos(nπ)=(−1)n. Ainsi :
Si n est pair, alors bn(f)=0.
Si n est impair, alors bn(f)=nπ4.
La fonction f est de classe C1 par morceaux, on peut donc appliquer le théorème de Dirichlet. De plus, en tout point x∈R, on a 2f(x+)+f(x−)=f(x). En effet, cela est évident si f est continue en x, et si x=kπ, avec k pair, on a f(x−)=−1, f(x+)=1 et f(x)=0, et on raisonne de la même façon pour x=kπ avec k impair.
La fonction f est de carré intégrable sur ]0,2π[, et on a π1∫02πf(x)2dx=2. Le théorème de Parseval dit alors que n=1∑∞bn(f)2=2. Mais bn(f) étant nul lorsque n est pair, on a : 0=1∑∞(2p+1)21=16π2p=0∑∞b2p+1(f)2=16π2n=1∑∞bn(f)2=216π2=8π2.
Calculons maintenant S=n=1∑∞n21. On peut écrire : S=p=0∑∞(2p+1)21+p=1∑∞(2p)21.
C’est le fait que chacune des deux séries du membre de droite soit absolument convergente qui permet de réorganiser les sommes comme on le souhaite. Maintenant, on remarque astucieusement que : p=1∑∞(2p)21=41p=1∑∞p21=4S,
et ainsi : S=34p=0∑∞(2p+1)21=348π2=6π2.
Magnifique ?!
On a : S2N+1(f)(2Nπ)=π4p=0∑N(2p+1)sin((2p+1)2Nπ),
on obtient alors le résultat immédiatement. Pour obtenir la limite voulue, il suffit de remarquer que l’on a une somme de Riemann associée à la fonction x↦xsin(x), qui et prolongeable en une fonction continue, donc intégrable au sens de Riemann, sur [0,π].
Supposons par l’absurde que (SN(f))N≥1 converge vers f
uniformément sur R. En particulier, la suite (S2N+1(f))N≥1 converge elle aussi uniformément vers f, donc : 0≤x∈Rsup∣S2N+1(f)(x)−f(x)∣N→∞0.
Cela implique en particulier que pour toute suite de réels (xN)N≥1, on a : n→∞lim∣SN(f)(xN)−f(xN)∣=0. Or si on choisit xN=2Nπ, on a f(xN)=1, et d’après la question précédente, on a : n→∞lim∣SN(f)(xN)−f(xN)∣=2∫0πxsin(x)dx−1.
On a une contradiction, car l’intégrale ∫0πxsin(x)dx vaut 1.851937⋯, ce qui est largement supérieur à 1/2.
Exercice 209
Soit f:R→R la fonction 2π-périodique telle que f(x)=cos(cx) pour tout x∈[−π,π[, où c est un nombre réel non entier.
À l’aide de l’exercice 1, calculer les coefficients de Fourier de la fonction f.
En déduire que l’on a, pour tout x∈R : cos(cx)=cπsin(cx)+π1n=1∑∞c2−n22c(−1)nsin(cπ)cos(nx).
Déduire de la question précédente la belle formule d’Euler : ∀x∈/Z,N→∞limn=−N∑Nx−n1=πcot(πx).
Montrer la formule : c2π22sin2(cπ)+π24c2sin2(cπ)n=1∑∞(c2−n2)21=1+2cπsin(2cπ).
(*) Déduire de la question précédente la valeur de n=1∑∞n41.
Corrigé
On remarque tout d’abord que la fonction f est paire, ce qui implique que ses coefficients de Fourier bn(f), pour n≥1, sont tous nuls. Il reste à calculer les coefficients an(f). Soit donc n≥0. On a : an(f)===π1∫−ππcos(cx)cos(nx)dxπ1c2−n22(csin(cπ)cos(nπ)−nsin(nπ)cos(cπ))π1c2−n22c(−1)nsin(cπ).
On a utilisé le résultat de l’exercice 1 (on peut car c n’est pas un entier), puis le fait que cos(nπ)=(−1)n et que sin(nπ)=0.
La fonction f est de classe C1 par morceaux, et est de plus continue sur R. On sait alors par le théorème de Dirichlet qu’elle est limite simple de sa série de Fourier, ce qui donne la formule demandée.
On rappelle que la fonction cot est définie pour tout x∈R tel que x∈/πZ par cot(x)=sin(x)cos(x). En appliquant la formule précédente à x=π, puis en divisant chaque membre par sin(cπ), on obtient : πcot(cπ)=c1+n=1∑∞c2−n22c(−1)ncos(nπ)=c1+n=1∑∞c2−n22c.
Il reste à remarquer que, pour tout N≥1, n=−N∑Nc−n1==c1+n=1∑Nc−n1+c+n1c1+n=1∑Nc2−n22c.
Il semble naturel d’appliquer la formule de Parseval. On vérifie facilement que le membre de gauche de l’équation est égal à 2a02+n=1∑∞an(f)2. Le théorème de Parseval nous affirme que la somme de cette série vaut : π1∫−ππf(x)2dx=π1∫−ππcos2(cx)dx=π1(2csin(2cπ)+π),
où on a utilisé un résultat de l’exercice 1.
Il s’agit d’étudier très précisément le comportement de la formule
précédente lorsque c se rapproche de 0. On remarque tout d’abord
que la fonction ϕ:c↦n=1∑∞(n2−c2)21 est continue en 0. Pour s’en convaincre, on peut remarquer que pour ∣c∣≤1/2, on a (n2−c2)21≤(n2−1/4)21, donc la série de fonctions n≥1∑(n2−c2)21 converge uniformément pour ∣c∣≤1/2. On peut donc écrire que ϕ(c)=ϕ(0)+o(1), et c’est justement ϕ(0)=n=1∑∞n41 que l’on veut calculer.
On remplace également les autres termes de l’égalité par des développements limités. On utilise les formules suivantes : xsin(x)=1−6x2+120x4+o(x4),
x2sin2(x)=1−3x2+452x4+o(x4),
sin2(x)=x2+o(x2), et en réinjectant le tout dans la formule de Parseval on obtient : 2(1−3c2π2+452c4π4)+π24c2(c2π2+o(c2))(ϕ(0)+o(1))=1+(1−64c2π2+12016c4π4+o(c4)),
qui se simplifie en : 2−32c2π2+c4(454π4+4ϕ(0))+o(c4)=2−32c2π2+152π4c4+o(c4).
On en déduit que : ϕ(0)=41(152π4−454π4)=90π4.
Exercice 566 ⭐️⭐️⭐️⭐️ Echantillonage de polynôme sur le cercle, Sup/Spé/L2/L3
Soit P un polynôme à coefficients complexes, de degré au plus n≥1, et (λs)s∈Z la famille de réels donnée par λs=0 pour s≤−n, λs=(s+n)/n pour −n≤s≤0, λs=1 pour 0≤s≤n, λs=(2n−s)/n pour n≤s≤2n, λs=0 pour s≥2n (le graphe de λs entre −n et 2n suit la forme d’un trapèze).
Montrer que pour tout k∈{0,1,…,n} et tout z∈C, on a : zk=2n1ω∈U2n∑ωks∈Z∑λs(ωˉz)s,U2n étant l’ensemble des racines de l’unité d’ordre 2n.
On pose R(z):=2n1s∈Z∑λszs. Montrer que pour tout z∈C, P(z)=ω∈U2n∑P(ω)R(ωˉz).
On note U:={z∈C,∣z∣=1} le cercle unité. Montrer que pour tout u∈U, ∣R(u)∣≤min(1,2n−2∣1−u∣−2).
Pour z∈U, on note d0≤d1≤⋯≤d2n−1 les distances ∣1−ωˉz∣ pour ω∈U2n, rangées par ordre croissant. Montrer que dj≥2sin(πj/4n).
Montrer que pour tout z∈U, ω∈U2n∑∣R(ωˉz)∣≤1+2n21j=1∑2n−1sin2(πj/4n)1.
Montrer que l’on a le résultat suivant: il existe une constante universelle C>0 telle que le maximum, sur le cercle unité, du module de tout polynôme de degré au plus n est au plus C fois le maximum du module sur 2n points uniformément répartis sur ce cercle. Montrer qu’il est possible de prendre C=5.
On admet d’identité j=1∑N−1sin2(πj/N)1=3N2−1
valable pour tout entier N≥2: une preuve est demandée pour l’exercice 567. Montrer qu’on peut prendre C=7/3.
Montrer qu’il n’est pas possible de prendre C<2.
Commentaires
Le résultat de cet exercice (avec C=14) intervient de manière importante dans l’article suivant, qui étudie l’ordre de grandeur des valeurs extrêmes de polynômes caractéristiques de matrices aléatoires: https://arxiv.org/abs/1607.00243 (voir Lemme 4.3). La valeur optimale de C n’est pas connue par l’auteur de l’exercice, qui en testant quelques dizaines de milliers de polynômes aléatoirement choisis n’a pas pu exclure que C=2 soit possible. On a un résultat analogue (avec une constante ne dépendant que de ε), en changeant U2n par Umax(n+1,⌊n(1+ε)⌋), ε étant n’importe quel réel strictement positif choisi à l’avance. Il est clair qu’on ne peut pas changer U2n en Un, comme le montre l’exemple du polynôme z↦zn−1. Pour Un+1, on obtient un résultat analogue, mais C doit être remplacé par une fonction croissant logarithmiquement en n.
Corrigé
Comme λs=0 dès que s≤−n ou s≥2n, le membre de droite de l’égalité est 2n1s=−n+1∑2n−1λszsω∈U2n∑ωkωˉs=s=−n+1∑2n−1λszs1s≡kmod.2n.
Il n’est pas possible d’avoir ∣s−k∣≥2n avec k∈{0,…,n} et s∈{−n+1,…,2n−1}, donc la congruence n’est satisfaite que pour s=k. Comme λk=1 pour k∈{0,…,n−1}, on obtient le résultat souhaité.
Le résultat est une conséquence directe de 1., par linéarité.
On a 2n∣R(u)∣≤s∈Z∑λs=s=−n+1∑0ns+n+s=1∑n1+s=n+1∑2n−1n2n−s,=n+m=1∑nnm+m=1∑n−1nm=n+2n+1+2n−1=2n
et donc ∣R(z)∣≤1. D’autre part, λs est la moyenne, pour m entier entre 0 et n−1, des indicatrices des intervalles d’entiers {−m,−m+1…,n+m}. On en déduit, en multipliant par n, que si u∈U\{1}: 2n2R(u)=m=0∑n−1s=−m∑m+nus=m=0∑n−1u−1um+n+1−u−m, 2n2R(u)(u−1)=r=n+1∑2nur−r=−n+1∑0ur=u−1u2n+1−un+1−u−1u−u−n+1, 2n2R(u)(u−1)2=(u−u−n+1)(u2n−1).
Comme ∣u−1∣2=(u−1)(u−1−1)=−u−1(u−1)2, on en déduit, pour tout u∈U\{1}: R(u)=2n2∣u−1∣2(u−n−1)(u2n−1).
Le numérateur a un module au plus égal à 4, ce qui prouve le résultat demandé.
Pour j∈{0,1,2,…,2n−1}, l’arc de cercle semi-ouvert correspondant aux arguments dans (−πj/2n,πj/2n] a pour longueur πj/n: il contient donc exatement j points de la forme zωˉ pour ω∈U2n. Parmi les points de cette forme, le (j+1)-ème plus proche de 1 n’est donc pas sur cet arc, son argument pris dans (−π,π] est de valeur absolue au moins πj/2n, et sa distance à 1 est au moins 2sin(πj/4n).
On a les inégalités: ω∈U2n∑∣R(ωˉz)∣≤j=0∑2n−1min(1,2n−2dj−2)≤1+n22j=1∑2n−1dj−2≤1+n22j=1∑2n−1(2sin(πj/4n))21.
En combinant 2. et 5., on trouve le résultat demandé, avec C=1+2n21j=1∑2n−1sin2(πj/4n)1≤1+2n21j=1∑2n−1((2/π)πj/4n)21, C≤1+2j=1∑∞j21=1+3π2≤5.
On applique l’égalité pour N=4n, et on obtient 316n2−1=j=1∑4n−1sin2(πj/4n)1=1+2j=1∑2n−1sin2(πj/4n)1, j=1∑2n−1sin2(πj/4n)1=38n2−2≤38n2.
Ceci permet de prendre C=7/3.
Le polynôme z↦zn+i donne un contre-exemple pour tout C<2.