Propriétés des nombres réels

Exercice 126 ⭐️ Irrationalité de 2\displaystyle \sqrt{2}, Terminale/Sup/L1

Montrer que 2\displaystyle \sqrt{2} est irrationnel.

Pas facile de travailler avec un irrationnel 👉 Preuve par l’absurde !

Par l’absurde, on suppose que 2=pq\displaystyle \sqrt{2}=\frac{p}{q} et que la fraction est irréductible. Alors p2=2q2\displaystyle p^2=2q^2, donc p2\displaystyle p^2 est pair et donc forcément p\displaystyle p aussi, i.e. p=2k\displaystyle p=2k. On obtient alors 4k2=2q2\displaystyle 4k^2=2q^2, i.e. q2=2k2\displaystyle q^2=2k^2, et donc q2\displaystyle q^2 est pair, et alors q\displaystyle q aussi. Mais on avait supposé que la fraction était irréductible, alors qu’on vient de voir qu’on peut simplifier par 2\displaystyle 2. Contradiction !

Exercice 229 ⭐️⭐️ Irrationalité de e\displaystyle e, Sup/L1

Soit un=1+11!+12!+⋯+1n!\displaystyle u_n=1+\frac{1}{1!}+\frac{1}{2!}+\cdots+\frac{1}{n!} et vn=un+1n!\displaystyle v_n=u_n+\frac{1}{n!}.

  1. Montrer que (un)\displaystyle (u_n) et (vn)\displaystyle (v_n) sont adjacentes. On note e\displaystyle e leur limite.
  2. Supposons que e=pq\displaystyle e=\frac{p}{q}. Donner alors un encadrement strict de p(q−1)!\displaystyle p(q-1)! Conclure.
  1. On a un+1−un=1(n+1)!>0\displaystyle u_{n+1}-u_n=\frac{1}{(n+1)!}>0, donc (un)\displaystyle (u_n) est strictement croissante. De plus, vn−vn+1=un−un+1+1n!−1(n+1)!=1n!−2(n+1)!=n−1(n+1)!>0,\begin{aligned} v_n-v_{n+1} & = u_n-u_{n+1}+\frac{1}{n!}-\frac{1}{(n+1)!}\\ & = \frac{1}{n!}-\frac{2}{(n+1)!} \\ & = \frac{n-1}{(n+1)!}>0, \end{aligned} pour n≥2\displaystyle n\ge2. Donc (vn)\displaystyle (v_n) est strictement décroissante à partir de n=2\displaystyle n=2. Comme vn−un=1n!→0\displaystyle v_n-u_n=\frac{1}{n!}\to 0 quand n→∞\displaystyle n\to\infty, on en déduit que les suites (un)\displaystyle (u_n) et (vn)\displaystyle (v_n) sont adjacentes. Elles convergent donc vers une limite, qu’on appelle e\displaystyle e.
  2. Supposons que e=pq\displaystyle e=\frac{p}{q}. On a uq<pq<uq+1q!\displaystyle u_q<\frac{p}{q}<u_q+\frac{1}{q!}, les inégalités étant strictes car les suites (un)\displaystyle (u_n) et (vn)\displaystyle (v_n) sont strictement monotones. D’où, q!uq<p(q−1)!<q!uq+1\displaystyle q!u_q<p(q-1)!<q!u_q+1. Or q!uq\displaystyle q!u_q est un entier, donc l’entier p(q−1)!\displaystyle p(q-1)! est strictement compris entre deux entiers consécutifs, ce qui est impossible. On en déduit que le nombre e\displaystyle e est irrationnel.

Exercice 278 ⭐️⭐️⭐️ Irrationalité de arccos⁡(1/3)π\displaystyle \frac{\arccos(1/3)}{\pi}, Sup/L1

Soit r=1πarccos⁡(1/3)\displaystyle r=\frac{1}{\pi}\arccos(1/3).

  1. En calculant eirπ\displaystyle e^{ir\pi}, montrer l’équivalence : r∈Q  ⟺  \displaystyle r\in\Q \iff il existe un entier n≥1\displaystyle n\ge 1 tel que (1+22i)n=3n\displaystyle (1+2\sqrt{2}i)^n=3^n.
  2. Montrer qu’il existe des entiers an\displaystyle a_n et bn\displaystyle b_n tels que (1+22i)n=an+bn2i\displaystyle (1+2\sqrt{2}i)^n=a_n+b_n\sqrt{2}i et an−bn=±1 [3]\displaystyle a_n-b_n=\pm 1\ [3]. En déduire : r∉Q\displaystyle r\notin\Q.
  • Calculer cos⁡(rπ)\displaystyle \cos(r\pi) et sin⁡(rπ)\displaystyle \sin(r\pi) ;
  • (a+b)n\displaystyle (a+b)^n 👉 Formule du binôme.
  1. On a cos⁡(πr)=13\displaystyle \cos(\pi r)=\frac13. Comme arccos⁡(1/3)∈[0,π]\displaystyle \arccos(1/3)\in[0,\pi], on a sin⁡(πr)≥0\displaystyle \sin(\pi r)\ge0 et donc sin⁡(πr)=1−cos⁡2(πr)=89=223\displaystyle \sin(\pi r)=\sqrt{1-\cos^2(\pi r)}=\sqrt{\frac89}=\frac{2\sqrt{2}}{3}, d’où eirπ=1+22 i3\displaystyle e^{ir\pi}=\frac{1+2\sqrt{2}\ i}{3}.
    Supposons r∈Q\displaystyle r\in\Q, i.e. r=pq\displaystyle r=\frac{p}{q}. Alors ei2qrπ=1\displaystyle e^{i2qr\pi}=1, et donc (1+22 i)2q=32q\displaystyle (1+2\sqrt{2}\ i)^{2q}=3^{2q}.
    Supposons que (1+22 i)n=3n\displaystyle (1+2\sqrt{2}\ i)^{n}=3^{n} pour un entier n≥1\displaystyle n\ge 1. Alors einrπ=1\displaystyle e^{inr\pi}=1 et donc nrπ=2kπ\displaystyle nr\pi=2k\pi, k∈Z\displaystyle k\in\Z. Ainsi r∈Q\displaystyle r\in\Q.
  2. Grâce à la formule du binôme, on obtient (1+22i)n=∑k=0n(nk)(22i)k.(1+2\sqrt{2}i)^n=\sum_{k=0}^n{n\choose k }(2\sqrt{2}i)^k. Si k=2q\displaystyle k=2q alors (22i)k=22q2q(−1)q∈Z\displaystyle (2\sqrt{2}i)^k=2^{2q}2^q (-1)^q\in\Z. Si k=2q+1\displaystyle k=2q+1 alors (22i)k=22q+12q(−1)q2 i\displaystyle (2\sqrt{2}i)^k=2^{2q+1}2^q (-1)^q\sqrt{2}\ i. Comme (nk)∈N\displaystyle {n\choose k }\in\N, on en déduit l’existence d’entiers an\displaystyle a_n et bn\displaystyle b_n tels que (1+22i)n=an+bn2 i\displaystyle (1+2\sqrt{2}i)^n=a_n+b_n\sqrt{2}\ i. Trouvons une relation de récurrence sur ces entiers. On a : (an+bn2 i)(1+22 i)=an−4bn+(2an+bn)2 i\displaystyle (a_n+b_n\sqrt{2}\ i)(1+2\sqrt{2}\ i)=a_n-4b_n+(2a_n+b_n)\sqrt{2}\ i. Donc
    an+1=an−4bnbn+1=2an+bn.\begin{aligned} a_{n+1}&=a_n-4b_n \\ b_{n+1}&=2a_n+b_n. \end{aligned} On en déduit que an+1−bn+1=−an−5bn\displaystyle a_{n+1}-b_{n+1}=-a_n-5b_n, et an+1−bn+1=−an+bn [3]\displaystyle a_{n+1}-b_{n+1}=-a_n+b_n\ [3], i.e. an+1−bn+1=−(an−bn) [3]\displaystyle a_{n+1}-b_{n+1}=-(a_n-b_n)\ [3]. Comme a1−b1=1−2=−1\displaystyle a_1-b_1=1-2=-1, il vient par récurrence an−bn=±1 [3]\displaystyle a_n-b_n=\pm 1\ [3].
    Supposons qu’il existe un n\displaystyle n tel que an=3n\displaystyle a_n=3^n. Alors an=0 [3]\displaystyle a_n=0\ [3], et donc par ce qui précède on a nécessairement bn≠0\displaystyle b_n\neq 0. On ne peut donc pas trouver d’entier n\displaystyle n tel que (1+22i)n=3n\displaystyle (1+2\sqrt{2}i)^n=3^n. La question 1) nous permet donc de conclure que r∉Q\displaystyle r\notin\Q.

Exercice 314 ⭐️⭐️ e\displaystyle e n’est pas algébrique d’ordre 2\displaystyle 2, Spé/L2

(d’après Gourdon, Analyse)

Le but de l’exercice est de montrer que e\displaystyle e n’est pas solution d’un polynôme de degré 2\displaystyle 2 non nul à coefficients entiers.
En d’autres termes, on souhaite montrer que si a,b,c∈Z\displaystyle a,b,c\in\Z vérifient ae2+be+c=0\displaystyle ae^2+be+c=0, alors a=b=c=0\displaystyle a=b=c=0.

  1. Soit f:x↦aex+ce−x\displaystyle f:x\mapsto ae^x+ce^{-x}. Calculer f(k)(0)\displaystyle f^{(k)}(0). Justifier que f(1)∈Z\displaystyle f(1)\in\Z.
  2. En utilisant la formule de Taylor-Lagrange, montrer qu’il existe αn∈]0;1[\displaystyle \alpha_n\in]0;1[ tel que f(n)(αn)n∈Z\displaystyle \frac{f^{(n)}(\alpha_n)}{n}\in\Z.
    (ATTENTION, Formule devenue hors-programme : énoncé à reformuler)
  3. Vérifier que la suite (f(n)(αn))\displaystyle (f^{(n)}(\alpha_n)) est bornée, puis en déduire que f(n)(αn)=0\displaystyle f^{(n)}(\alpha_n)=0 à partir d’un certain rang.
    Conclure.
  1. (rien à déclarer).
  2. Après avoir écrit la formule, au rang qu’il faut, entre 0\displaystyle 0 et 1\displaystyle 1, isoler f(n)(αn)\displaystyle f^{(n)}(\alpha_n). Que peut-on en dire ?
  3. Exprimer ∣f(n)(αn)∣\displaystyle |f^{(n)}(\alpha_n)|, puis majorer. Que peut-on dire de la suite de terme général f(n)(αn)n\displaystyle \frac{f^{(n)}(\alpha_n)}{n} ?
    L’égalité f(n)(αn)=0\displaystyle f^{(n)}(\alpha_n)=0 , en revenant à l’expression de f(n)(x)\displaystyle f^{(n)}(x), doit vous permettre de conclure aisément.
  1. On a : ∀x∈R\displaystyle \forall x\in\R, f(k)(x)=aex+(−1)kce−x\displaystyle f^{(k)}(x)=a e^x+(-1)^k ce^{-x}. En particulier f(k)(0)=a+(−1)kc\displaystyle f^{(k)}(0)=a +(-1)^k c.
    On a donc f(1)=ae+ce=ae2+ce=−b∈Z\displaystyle f(1)=ae+\frac ce = \frac{ae^2+c}{e}=-b\in\Z
  2. Soit n∈N\displaystyle n\in\N. f\displaystyle f étant de classe C∞\displaystyle \mathcal C^\infty sur R\displaystyle \R, la formule de Taylor-Lagrange, à l’odre n−1\displaystyle n-1, entre 0\displaystyle 0 et 1\displaystyle 1, donne l’existence d’un réel αn∈]0;1[\displaystyle \alpha_n\in]0;1[ tel que f(1)=∑k=0n−1f(k)(0)k!(1−0)k+f(n)(αn)n!(1−0)n.f(1)=\sum_{k=0}^{n-1}\frac{f^{(k)}(0)}{k!} (1-0)^k+ \frac{f^{(n)}(\alpha_n)}{n!}(1-0)^n. On peut isoler f(n)(αn)n\displaystyle \frac{f^{(n)}(\alpha_n)}{n} dans cette égalité : f(n)(αn)n=(n−1)!f(1)−∑k=0n−1(n−1)!k!f(k)(0).\frac{f^{(n)}(\alpha_n)}{n} = (n-1)!f(1)-\sum_{k=0}^{n-1}\frac{(n-1)!}{k!}f^{(k)}(0). Or (n−1)!∈Z\displaystyle (n-1)!\in\Z,   f(1)∈Z  \displaystyle ~~f(1)\in\Z~~ et, pour k∈[ ⁣[0,n−1] ⁣]\displaystyle k\in[\![0,n-1]\!], (n−1)!k!∈Z\displaystyle \frac{(n-1)!}{k!}\in\Z et f(k)(0)=a+(−1)kc∈Z\displaystyle f^{(k)}(0)=a +(-1)^k c\in\Z.
    Donc finalement f(n)(αn)n∈Z\displaystyle \frac{f^{(n)}(\alpha_n)}{n} \in\Z.
  3. Par inégalité triangulaire, ∣f(n)(αn)∣≤aeαn+ce−αn≤ae+c\displaystyle |f^{(n)}(\alpha_n)| \leq ae^{\alpha_n}+c e^{-\alpha_n}\leq ae+c, puisque αn∈]0;1[\displaystyle \alpha_n\in]0;1[. Ainsi (f(n)(αn))\displaystyle \left(f^{(n)}(\alpha_n)\right) est une suite bornée.
    On en déduit que f(n)(αn)n→0\displaystyle \frac{f^{(n)}(\alpha_n)}{n} \to 0. Comme f(n)(αn)n∈Z\displaystyle \frac{f^{(n)}(\alpha_n)}{n} \in\Z, on en déduit (en prenant ε=1/2\displaystyle \varepsilon=1/2 dans la définition de limite), qu’à partir d’un certain rang n0\displaystyle n_0, f(n)(αn)n=0\displaystyle \frac{f^{(n)}(\alpha_n)}{n} =0.
    Ainsi pour tout n≥n0\displaystyle n\ge n_0, aeαn+(−1)nce−αn=0\displaystyle ae^{\alpha_n}+(-1)^nce^{-\alpha_n}=0 donc a\displaystyle a et (−1)nc\displaystyle (-1)^n c sont de signe opposé ce qui n’est possible que si a=c=0\displaystyle a=c=0. Il reste donc l’égalité be=0\displaystyle be=0 qui donne finalement b=0\displaystyle b=0.

Remarque — En fait e\displaystyle e n’est la racine d’aucun polynôme non nul à coefficents entiers (degré 2 ou pas). Cette propriété porte un nom : on dit que e\displaystyle e est transcendant. Mais pour le montrer, c’est un peu plus difficile !

Exercice 406 ⭐️⭐️ Irrationalité de ln⁡(2)/ln⁡(3)\displaystyle \ln(2)/\ln(3), Sup/L1

Montrer que ln⁡(2)ln⁡(3)\displaystyle \frac{\ln(2)}{\ln(3)} est irrationnel.

Irrationnalité 👉 Supposer une écriture comme fraction, et aboutir à une contradiction.

Raisonnons par l’absurde. Supposons ln⁡(2)ln⁡(3)∈Q\displaystyle \frac{\ln(2)}{\ln(3)}\in\Q.
Alors il existe a∈Z\displaystyle a\in\Z, b∈N∗\displaystyle b\in\N^* tels que ln⁡(2)ln⁡(3)=ab\displaystyle \frac{\ln(2)}{\ln(3)}=\frac ab (dans ce cas, a∈N∗\displaystyle a\in\N^* car ln⁡(2)ln⁡(3)>0\displaystyle \frac{\ln(2)}{\ln(3)}>0).
Alors b ln⁡(2)=a ln⁡(3)\displaystyle b~\ln(2)=a~\ln(3), et donc 2b=3a\displaystyle 2^b=3^a. Contradiction car 2b\displaystyle 2^b est pair, alors que 3a\displaystyle 3^a est impair.
Conclusion. ln⁡(2)ln⁡(3)∉Q\displaystyle \frac{\ln(2)}{\ln(3)}\notin\Q

Exercice 442 ⭐️⭐️⭐️ Théorème de Dirichlet, Sup/L1

Soit x\displaystyle x un réel.

  1. Montrer que pour tout entier q0≥2\displaystyle q_0\geq 2, il existe un nombre rationnel pq\displaystyle \frac pq, avec q≤q0\displaystyle q\leq q_0, tel que : ∣x−pq∣≤1q0q.\left|x-\frac pq\right|\leq\frac{1}{q_0q}.
  2. En déduire qu’il existe une infinité de rationnels pq\displaystyle \frac pq vérifiant ∣x−pq∣≤1q2\displaystyle \left|x-\frac pq\right|\leq\frac{1}{q^2}.

On peut reformuler cette condition en d(qx,Z)≤1q0\displaystyle d(qx,\Z)\leq\frac 1{q_0}, où d(⋅,Z)\displaystyle d(\cdot,\Z) désigne la fonction “distance aux entiers”.
On peut réfléchir à la répartition des réels kx−⌊kx⌋\displaystyle kx-\lfloor kx\rfloor (parties fractionnaires des multiples de x\displaystyle x), dans l’intervalle [0;1]\displaystyle [0;1].

  1. Notons {t}=t−⌊t⌋\displaystyle \{t\}=t-\lfloor t\rfloor la partie fractionnaire d’un réel t\displaystyle t.
    Fixons q0\displaystyle q_0 un entier tel que q0≥2\displaystyle q_0\geq 2. Alors les (q0+1)\displaystyle (q_0+1) nombres 0, {x}, {2x},…{q0x}\displaystyle 0,~\{x\},~\{2x\},\dots\{q_0x\} sont tous dans [0,1]\displaystyle [0,1]. Un des q0\displaystyle q_0 intervalles [mq0, m+1q0]\displaystyle \left[\frac m{q_0},~\frac{m+1}{q_0}\right], avec m∈[ ⁣[0,q0−1] ⁣]\displaystyle m\in[\![0,q_0-1]\!], doit donc contenir deux de ces nombres. Il existe donc deux entiers k1,k2\displaystyle k_1, k_2, avec 0≤k1<k2≤q0\displaystyle 0\leq k_1< k_2\leq q_0 tels que ; ∣{k2x}−{k1x}∣≤1q0.\bigg|\{k_2x\}-\{k_1x\}\bigg|\leq\frac 1{q_0}. ∣(k2−k1)x−(⌊k2x⌋−⌊k1x⌋)∣≤1q0.\bigg|(k_2-k_1)x-\left(\lfloor k_2x\rfloor-\lfloor k_1x\rfloor\right)\bigg|\leq\frac 1{q_0}. En posant q=k2−k1\displaystyle q=k_2-k_1 et p=⌊k2x⌋−⌊k1x⌋\displaystyle p=\lfloor k_2x\rfloor-\lfloor k_1x\rfloor, on a donc ∣qx−p∣≤1q0,donc∣x−pq∣≤1q0q.\left|qx-p\right|\leq\frac 1{q_0},\qquad\text{donc}\qquad\left|x-\frac pq\right|\leq\frac 1{q_0q}.
  2. Dans le résultat précédent, on a 1q0q≤1q2\displaystyle \frac 1{q_0q}\leq\frac {1}{q^2} ce qui montre l’existence d’un tel rationnel pq\displaystyle \frac pq. Supposons, par l’absurde, que l’ensemble Q\displaystyle \mathcal Q des rationnels vérifiant cette propriété soit fini (on considère que les rationnels sont systématiquement écrits sous forme irréductible). Alors en notant D=min⁡r∈Q∣x−r∣\displaystyle D=\min_{r\in\mathcal Q}|x-r|, il suffit de choisir q0>1/D\displaystyle q_0>1/D dans la question précédente ce qui assure l’existence d’un rationnel s∈Q\displaystyle s\in\mathcal Q vérifiant ∣x−s∣<D\displaystyle |x-s|<D, contradiction.

Exercice 477 ⭐️ πe<eπ\displaystyle \pi^e<e^\pi, Terminale/Sup/L1

Montrer que πe<eπ\displaystyle \pi^e<e^\pi. On montrera d’abord que ex>1+x\displaystyle e^x>1+x si x>0\displaystyle x>0.

  • Étude de fonction ;
  • Trouver un bon x\displaystyle x.

Une jolie preuve sur ce lien ! Ils utilisent le développement en série de ex\displaystyle e^x, mais on peut montrer classiquement que ex>1+x\displaystyle e^x>1+x si x>0\displaystyle x>0 de façon élémentaire avec une étude de fonction. Soit f(x)=ex−x−1\displaystyle f(x)=e^x-x-1 pour x≥0\displaystyle x\ge0. On a f(0)=0\displaystyle f(0)=0 et f′(x)=ex−1>0\displaystyle f'(x)=e^x-1>0 si x>0\displaystyle x>0. Donc f\displaystyle f est strictement croissante sur R+\displaystyle \R^+. Donc f(x)>0\displaystyle f(x)>0 si x>0\displaystyle x>0. Ils prennent ensuite x=π/e−1.\displaystyle x=\pi/e-1.

Exercice 480 ⭐️ ln⁡(1+2+3)\displaystyle \ln(1+2+3), Terminale

Montrer que ln⁡(1+2+3)=ln⁡1+ln⁡2+ln⁡3\displaystyle \ln(1+2+3)=\ln 1+\ln 2+\ln 3. Cette identité est-elle vraie pour d’autres entiers ?

ln⁡\displaystyle \ln 👉 ln⁡(ab)=ln⁡(a)+ln⁡(b)\displaystyle \ln(ab)=\ln(a)+\ln(b), a,b>0\displaystyle a,b>0.

Nous avons réalisé l’existence de cette simple et jolie identité par ce post. On remarque que 1+2+3=6=2⋅3\displaystyle 1+2+3=6=2\cdot3, et on a ln⁡(2⋅3)=ln⁡(2)+ln⁡(3)\displaystyle \ln(2\cdot3)=\ln(2)+\ln(3). Comme ln⁡(1)=0\displaystyle \ln(1)=0, on en déduit l’identité désirée.

De telles égalités sont vraies pour des entiers a,b,c\displaystyle a,b,c tels que a+b+c=abc\displaystyle a+b+c=abc. Y a-t-il d’autres entiers que (1,2,3)\displaystyle (1,2,3) qui vérifient cette identité ? Il y a bien sûr (0,0,0)\displaystyle (0,0,0) et sinon ils doivent tous être ≥1\displaystyle \ge1. On peut toujours supposer a≤b≤c\displaystyle a\le b\le c. Fixons alors les couples (a,b)\displaystyle (a,b) et résolvons en c\displaystyle c. On exclut les cas (1,1)\displaystyle (1,1), (2,2)\displaystyle (2,2) et (2,3)\displaystyle (2,3) ; on sait déjà que (1,2)\displaystyle (1,2) marche avec c=3\displaystyle c=3. Supposons donc a≥2\displaystyle a\ge2 et b≥4\displaystyle b\ge4. On peut écrire : c=a+bab−1.c=\frac{a+b}{ab-1}. Or (a−1)(b−1)=ab−a−b+1>2\displaystyle (a-1)(b-1)=ab-a-b+1>2. Donc c<1\displaystyle c<1, impossible !

Exercice 487 ⭐️⭐️ Approximation de π\displaystyle \pi par 22/7\displaystyle 22/7, Sup/L1

Montrer que ∫01x4(1−x)41+x2dx=227−π\displaystyle \int_0^1\frac{x^4(1-x)^4}{1+x^2}dx=\frac{22}{7}-\pi, et donc que π<227\displaystyle \pi<\frac{22}{7}.

Fraction rationnelle 👉 Décomposition de éléments simples !

Il s’agit de décomposer en éléments simples la fraction. Au vu des degrés, il y aura une partie principale !

La preuve est très bien faite sur cette page wikipedia, avec plein de commentaires intéressants. Cette identité fournit une approximation (connue depuis l’antiquité !), à la fois simple et très bonne de π\displaystyle \pi.

Exercice 505 ⭐️ 1n\displaystyle \frac 1n nombre décimal, Terminale/Sup

Quels sont les entiers n\displaystyle n strictement positifs pour lesquels 1n\displaystyle \frac 1n est décimal ?

Revenir à la définition de nombre décimal, puis… réfléchir.

1n\displaystyle \frac 1n est décimal si et seulement si il existe k∈N\displaystyle k\in\N et p∈N\displaystyle p\in\N tels que 1n=k10p\displaystyle \frac{1}{n}=\frac{k}{10^p}.
C’est le cas si et seulement si il existe p∈N\displaystyle p\in\N tel que n\displaystyle n divise 10p\displaystyle 10^p.
Comme 10=2×5\displaystyle 10=2\times 5, cette condition équivaut à ce que n\displaystyle n soit de la forme : n=2i5j,i,j∈N.n=2^i5^j,\quad i,j\in\N.