Montrer que pour tout n∈N, xn+xn1∈Z. Indication — On pourra utiliser le produit (xn+1+xn+11)(x+1/x).
Donner un exemple de tel réel x.
Réflexes
Initialisation aux deux premiers rangs, puis hérédité à deux pas ;
xn+1/xn doit être égal à un entier quelconque 👉 Choisir un entier, et résoudre.
Corrigé
Item
On rmontre par récurrence double que la propriété “xn+xn1∈Z” est vraie pour tout n∈N. Initialisation.
Pour n=0, x0+1/x0=1+1∈Z.
Pour n=1, x1+1/x1=x+1/x∈Z, par hypothèse. Hérédité. Soit n∈N. Supposons la propriété vraie aux rangs n et n+1. On remarque que (xn+1+xn+11)×(x+x1)=xn+2+xn+21+xn+xn1.
Ainsi : xn+2+xn+21=∈Zxn+xn1−∈Z(xn+1+xn+11)×∈Z(x+x1).
Donc xn+2+xn+21∈Z.
On peut par exemple trouver x∈R∗ tel que x+1/x=3, ce qui équivaut à x2−3x+1=0.
Ainsi x=23+5 convient.
Exercice 397 ⭐️ Paradoxe des crayons, Terminale/Sup/L1
Trouver l’erreur dans le raisonnement suivant :
Montrons que toute boîte de crayons de couleur ne contient que des crayons de la même couleur. On raisonne par récurrence sur le nombre n de crayons de la boîte.
Initialisation. Si la boîte n’a qu’un seul crayon, c’est une évidence.
Hérédité. Fixons maintenant n∈N∗ et supposons que toute boîte de n crayons ne contient que des crayons de la même couleur. Prenons maintenant une boîte de (n+1) crayons.
Si on en retire un, les n crayons restants sont tous d’une même couleur C1, par hypothèse de récurrence. Si on le replace dans la boîte et qu’on en retire un autre, à nouveau les n crayons restants sont d’une même couleur C2. Enfin, les crayons qui n’ont jamais quitté la boîte sont à la fois de la couleur C1 et C2, donc C1=C2. Ainsi les (n+1) crayons sont de la même couleur.
Corrigé
L’initialisation est correcte.
L’hérédité est correcte aussi… sauf lorsque n=1 ! L’argument des crayons qui n’ont jamais quitté la boîte ne tient pas pour n=1 car ils n’existent pas 😃 De fait, la propriété est fausse à partir de n=2.
À l’aide d’un raisonnement par analyse-synthèse, trouver les suites réelles (un)n∈N qui vérifient : ∀m,n∈N,um+n=um+un
Réflexes
Trouver des conditions nécessaires pour qu’une suite vérifie cette propriété.
Réciproquement, les suites qui satisfont ces conditions vérifient-elles la propriété ?
Corrigé
Supposons qu’une suite (un)n∈N vérifie : ∀m,n∈N,um+n=um+un.
Alors avec m=n=0 on a u0=u0+u0, donc u0=0.
Ensuite : u2=u1+u2=2u1, puis u3=u2+u1=2u1+u1=3u1, puis u4=u3+u1=3u1+u1=4u1.
Ainsi de suite… par une récurrence immédiate, on obtient : ∀n∈N,un=nu1.
Ainsi, (un) est nécessairement une suite de la forme (αn)n∈N, où α∈R.
Réciproquement toute suite de terme général un=αn, avec α∈R, vérifie : un+m=(n+m)α=nα+mα=un+um. Conclusion. Les suites vérifiant cette propriété sont exactement les suites de la forme (αn)n∈N, où α∈R.
Exercice 399 ⭐️ Récurrence forte, Sup/L1
On définit une suite réelle (un)n∈N par u0=0,u1=3 et ∀n∈N∗,un+1=n2(u0+u1+u2+⋯+un). Montrer par récurrence forte que pour tout n∈N,un=3n.
Réflexes
Rien à signaler… appliquer le raisonnement par récurrence forte.
Corrigé
pour n=0, on a bien u0=0=3×0.
Soit n∈N. Supposons que pour tout k∈[[0,n]] on ait uk=3k.
Alors un+1=n2k=0∑nuk=n2k=0∑n3k=n62n(n+1)=3(n+1). Conclusion. Par récurrence forte, on a donc bien un=3n pour tout n∈N.
Exercice 400 ⭐️ 3 divise n3−n, Terminale/Sup/L1
Montrer par récurrence que pour tout n∈N, n3−n est divisible par 3.
Corrigé
Montrons par récurrence que pour tout n∈N, n3−n est divisible par 3.
pour n=0, n3−n=0, divisible par 3.
Soit n∈N. Supposons n3−n divisible par 3. Alors (n+1)3−(n+1)=n3+3n2+2n=(n3−n)+3(n2+n).
Or (n3−n) est divisible par 3 (H.R.), et 3(n2+n) est divisible par 3.
Donc (n+1)3−(n+1) est divisible par 3.
Exercice 401 ⭐️ Divisibilité, Terminale/Sup/L1
Pour tout entier k≥1, on pose P(k) l’assertion : "∀n∈N, k divise (k+1)n+2".
Pour quelles valeurs de k cette phrase est-elle vraie ?
Réflexes
Un terme (a+b)n 👉 On peut tenter un binôme de Newton.
Corrigé
On remarque que (k+1)n+2=2+i=0∑n(in)ki=3+k(i=1∑n(in)ki−1).
Ainsi pour tout n∈N, on a l’équivalence : (k divise (k+1)n+2)⇔(k divise 3). Ainsi cette phrase est vraie si et seulement si k=1 ou k=3.
Remarque — on pouvait aussi faire une récurrence sur n, pour remarquer que si k divise (k+1)n+2, alors (k+1)n+1=((k+1)n+2)(k+1)−2k, donc k divise aussi (k+1)n+1. Ainsi P(k) est vraie si et seulement si k divise (k+1)0+2=3.
Remarque 2 — les étudiants maîtrisant le calcul dans Z/kZ avaient évidemment un moyen très direct de répondre à la question.
Montrer par récurrence que : ∀n∈N, 32n−2n est divisible par 7.
Réflexes
Récurrence 👉 Dans l’hérédité, je cherche dans l’expression du rang n+1, à faire apparaître l’expression du rang n.
Corrigé
Notons un=32n−2n. ∙ Pour n=0, u0=30−20=0, divisible par 7. ∙ Soit n∈N. Supposons un divisible par 7. Alors un+1=32n+2−2n+1=9.32n−2.2n=9(un+2n)−2(32n−un)=11un+9.2n−2.32n=11un+7.2n−2un=9un+7.2n.
Ainsi, par hypothèse de récurrence, un+1 est divisible par 7 (somme de nombres divisibles par 7).
Remarque — si on connaît le calcul "modulo n", c’est à dire dans Z/nZ, on peut aller plus vite, sans récurrence : un=9n−2n[n]=(7+2)n−2n[n]=2n−2n[n]=0[n].
Exercice 404 ⭐️ Nullité et petitesse, Terminale/Sup/L1
Soit a un réel. Démontrer l’implication : (∀ε>0,∣a∣≤ε)⇒a=0.
Réflexes
Une implication a toujours une formulation “contraposée”, qui permet parfois d’y voir plus clair.
Corrigé
Montrons la contraposée.
Supposons a=0. Alors ∣a∣>0, donc le réel ε=2∣a∣ vérifie 0<ε<∣a∣, et donc l’assertion (∀ε>0,∣a∣≤ε) est fausse.
Exercice 405 ⭐️ Somme 90, Terminale/Sup/L1
Soit n1,n2,…,n9 des entiers naturels vérifiant n1+⋯+n9=90.
Montrer qu’il existe trois de ces entiers dont la somme est supérieure ou égale à 30.
Réflexes
Comprendre pourquoi le contraire est impossible, c’est raisonner par contraposée.
Corrigé
Raisonnons par contraposée.
Supposons que la propriété à démontrer soit fausse, et montrons que l’hypothèse est alors nécessairement fausse.
On suppose autrement dit que tout triplet parmi ces trois entiers a une somme <30.
Alors n1+⋯+n9=(n1+n2+n3)+(n4+n5+n6)+(n7+n8+n9)<29+29+29=87.
Ainsi n1+⋯+n9=90.
Exercice 406 ⭐️⭐️ Irrationalité de ln(2)/ln(3), Sup/L1
Montrer que ln(3)ln(2) est irrationnel.
Réflexes
Irrationnalité 👉 Supposer une écriture comme fraction, et aboutir à une contradiction.
Corrigé
Raisonnons par l’absurde. Supposons ln(3)ln(2)∈Q.
Alors il existe a∈Z, b∈N∗ tels que ln(3)ln(2)=ba (dans ce cas, a∈N∗ car ln(3)ln(2)>0).
Alors bln(2)=aln(3), et donc 2b=3a. Contradiction car 2b est pair, alors que 3a est impair. Conclusion.ln(3)ln(2)∈/Q
Exercice 407 ⭐️⭐️ Équation fonctionnelle, Sup/L1
Déterminer toutes les applications f:R→R telles que ∀x,y∈R,f(x)f(y)=f(xy)+x+y.
Réflexes
Commencer par des conditions nécessaires pour restreindre les fonctions “candidates”.
Tester l’égalité avec des réels x,y particuliers.
Corrigé
Analyse. Supposons que f vérifie cette condition.
Avec x=0 et y=0, on a f(0)2=f(0), donc f(0)∈{0,1}.
Avec x=1 et y=0, f(1)f(0)=f(0)+1.
Si f(0)=0, cette égalité aboutit à une contradiction (0=1), et donc f(0)=1.
Ainsi avec x∈R et y=0, f(x)=f(0)+x=x+1.
Synthèse. La seule fonction qui puisse vérifier la propriété de l’énoncé est f:x↦x+1. Réciproquement cette fonction vérifie : ∀x,y∈R,(x+1)(y+1)=xy+x+y+1=f(xy)+x+y.Conclusion. La fonction x↦x+1 est l’unique fonction qui vérifie cette propriété.
Exercice 408 ⭐️ Finitude des nombres premiers, Terminale/Sup/L1/Classique
On suppose qu’il existe un nombre fini de nombres premiers p1,…,pn.
En considérant le nombre N=p1…pn+1, aboutir à une contradiction. Conclusion ?
Réflexes
N est-il premier, oui ou non ?
Corrigé
Sous notre hypothèse, N n’est pas premier car il est strictement supérieur à chacun des réels p1,…,pn.
Ainsi N a nécessairement un diviseur premier : il existe donc k∈[[1,n]] tel que pk divise N.
Mais pk divise aussi p1…pn, donc pk divise N−(p1…pn)=1. Et donc pk=1, ce qui est une contradiction puisque pk est premier.
On conclut de ce raisonnement par l’absurde que l’ensemble des nombres premiers ne peut pas être fini, il est donc infini.
Merci, Euclide !
🇬🇷
Exercice 409 ⭐️ Dérivée n-ème, Terminale/Sup/L1
Soit f:x↦x1, x=0. Montrer que pour tout n∈N, la dérivée f(n) de f est donnée par : ∀x=0,f(n)(x)=xn+1(−1)nn!.
Réflexes
La dérivation "n fois" est un processus par étapes…faire une récurrence !
Corrigé
Montrons par récurrence que pour tout n∈N on a : ∀x=0,f(n)(x)=xn+1(−1)nn!. ∙ Cas n=0. Pour x∈R∗, f(0)(x)=f(x)=x1, et par ailleurs x0+1(−1)00!=x1. ∙ Soit n∈N. Supposons que ∀x=0,f(n)(x)=xn+1(−1)nn!. Alors f(n) est dérivable sur R∗ et ∀x=0,f(n+1)(x)=(f(n))′(x)=(−1)nn!×xn+2−(n+1)=xn+2(−1)n+1(n+1)!. Conclusion. La propriété est donc vraie pour tout n∈N.
Soient n et p deux entiers tels que p≥2 et n≥1. On dit que p est jovial d’ordre n s’il existe des entiers a1,…,an tels que 2≤a1<a2<⋯<an=pa11+⋯+an1=1. Un entier p≥2 est dit jovial s’il existe un entier n≥1 tel que p soit jovial d’ordre n.
Montrer que, si l’entier p est jovial d’ordre n, alors n≤p−1.
Existe-t-il des entiers joviaux d’ordre 2 ? Montrer que 4 n’est pas jovial.
Montrer qu’un entier premier n’est pas jovial.
Quel est le plus petit entier jovial ?
Déterminer tous les entiers joviaux d’ordre 3.
Soit p un entier jovial. Montrer que 2p et p(p+1) sont joviaux.
Montrer que le produit de deux entiers joviaux est jovial.
Corrigé
L’égalité a11+⋯+an−11+p1=1 donne p−1=a1p+⋯+an−1p.
Or les nombres a1,…,an−1 sont strictement inférieurs à an=p par hypothèse, donc : ∀k∈[[1,n−1]], akp>1. Ainsi p−1>n−1, mais comme p−1 est entier ceci entraîne p−1≥n.
Comme a1≥2 et a2≥3, a11+a21≤21+31=65, donc on ne peut pas avoir a11+a21=1.
Il n’existe donc pas d’entier jovial d’ordre 2.
Comme il n’existe pas d’entier jovial d’ordre 2, si 4 était jovial, on aurait nécessairement 21+31+41=1, ce qui n’est pas le cas. Donc 4 n’est pas jovial.
Soit p premier. Supposons qu’on ait a11+⋯+an−11+p1=1, avec 2≤a1<a2<⋯<an−1<p.
Alors pp−1=a1…an−1K, avec K un entier naturel (après avoir mis au même dénominateur).
Ainsi Kp=(p−1)a1…an−1. Donc (p−1)a1…an−1 est divisible par p. Comme p est premier l’un des facteurs doit être divisible par p, ce qui est une contradiction car ces facteurs sont tous strictement inférieurs à p.
Nous avons vu que 4 n’est pas jovial. 2, 3, et 5 ne sont pas joviaux car premiers. En revanche 6 est jovial car 21+31+61=1. C’est donc le plus petit entier jovial.
Supposons que a1,a2,a3 vérifient 2≤a1<a2<a3 et a11+a21+a31=1.
Nécessairement a1=2, car sinon a11+a21+a31≤31+41+51=6047, or 6047<1.
Ensuite nécessairement a2=3, car sinon a11+a21+a31≤21+41+51=2019, or 2019<1.
Enfin a3 est nécessairement égal à 6. Conclusion.6 est le seul entier jovial d’ordre 3.
Supposons qu’on ait a11+⋯+an−11+p1=1, avec 2≤a1<a2<⋯<an−1<p. ∙ On alors peut écrire 21+2a11+⋯+2an−11+2p1=21+21=1.
Ceci qui montre que (2p) est jovial puisque 2<2a1<⋯<2an−1<2p. ∙ On a par ailleurs p+11+p(p+1)1=p(p+1)p+1, donc a11+⋯+an−11+p+11+p(p+1)1=1.
Ceci montre que p(p+1) est jovial.
Supposons a11+⋯+an−11+p1=1 et b11+⋯+bm−11+q1=1 (les conditions sur les ai et bi étant satisfaites). Alors a11+⋯+an−11+p1=1(b11+⋯+bm−11+q1)=a11+⋯+an−11+p1=1.
Comme a1<⋯<an−1<pb1<⋯<pbm−1<pq, ceci montre que pq est jovial.