Raisonnement

Exercice 323 ⭐️ Récurrence double, L1/Sup

Soit x\displaystyle x un réel tel que x+1/xZ\displaystyle x+1/x\in\Z.

  1. Montrer que pour tout nN\displaystyle n\in\N, xn+1xnZ\displaystyle x^n+\frac{1}{x^n}\in\Z.
    Indication — On pourra utiliser le produit (xn+1+1xn+1)(x+1/x)\displaystyle \left(x^{n+1}+\frac{1}{x^{n+1}}\right)(x+1/x).
  2. Donner un exemple de tel réel x\displaystyle x.
  1. Initialisation aux deux premiers rangs, puis hérédité à deux pas ;
  2. xn+1/xn\displaystyle x^n+1/x^n doit être égal à un entier quelconque 👉 Choisir un entier, et résoudre.
  1. Item
    On rmontre par récurrence double que la propriété “xn+1xnZ\displaystyle x^n+\frac{1}{x^n}\in\Z” est vraie pour tout nN\displaystyle n\in\N.
    Initialisation.
    Pour n=0\displaystyle n=0, x0+1/x0=1+1Z\displaystyle x^0+1/x^0=1+1\in\Z.
    Pour n=1\displaystyle n=1, x1+1/x1=x+1/xZ\displaystyle x^1+1/x^1=x+1/x\in\Z, par hypothèse.
    Hérédité. Soit nN\displaystyle n\in\N. Supposons la propriété vraie aux rangs n\displaystyle n et n+1\displaystyle n+1. On remarque que
    (xn+1+1xn+1)×(x+1x)=xn+2+1xn+2+xn+1xn.\left(x^{n+1}+\frac{1}{x^{n+1}}\right)\times\left(x+\frac{1}{x}\right)=x^{n+2}+\frac{1}{x^{n+2}}+x^n+\frac{1}{x^n}.
    Ainsi : xn+2+1xn+2=xn+1xnZ(xn+1+1xn+1)Z×(x+1x)Z.\displaystyle x^{n+2}+\frac{1}{x^{n+2}}= \underbrace{x^n+\frac{1}{x^n}}_{\in\Z} -\underbrace{\left(x^{n+1}+\frac{1}{x^{n+1}}\right)}_{\in\Z} \times\underbrace{\left(x+\frac{1}{x}\right)}_{\in\Z} .
    Donc xn+2+1xn+2Z\displaystyle x^{n+2}+\frac{1}{x^{n+2}}\in\Z.
  2. On peut par exemple trouver xR\displaystyle x\in\R^* tel que x+1/x=3\displaystyle x+1/x=3, ce qui équivaut à x23x+1=0\displaystyle x^2-3x+1=0.
    Ainsi x=3+52\displaystyle x=\frac{3+\sqrt 5}2 convient.

Exercice 397 ⭐️ Paradoxe des crayons, Terminale/Sup/L1

Trouver l’erreur dans le raisonnement suivant :

Montrons que toute boîte de crayons de couleur ne contient que des crayons de la même couleur. On raisonne par récurrence sur le nombre n\displaystyle n de crayons de la boîte.

  • Initialisation. Si la boîte n’a qu’un seul crayon, c’est une évidence.
  • Hérédité. Fixons maintenant nN\displaystyle n\in\N^* et supposons que toute boîte de n\displaystyle n crayons ne contient que des crayons de la même couleur. Prenons maintenant une boîte de (n+1)\displaystyle (n+1) crayons.
    Si on en retire un, les n\displaystyle n crayons restants sont tous d’une même couleur C1\displaystyle C_1, par hypothèse de récurrence. Si on le replace dans la boîte et qu’on en retire un autre, à nouveau les n\displaystyle n crayons restants sont d’une même couleur C2\displaystyle C_2. Enfin, les crayons qui n’ont jamais quitté la boîte sont à la fois de la couleur C1\displaystyle C_1 et C2\displaystyle C_2, donc C1=C2\displaystyle C_1=C_2. Ainsi les (n+1)\displaystyle (n+1) crayons sont de la même couleur.

L’initialisation est correcte.
L’hérédité est correcte aussi… sauf lorsque n=1\displaystyle n=1 ! L’argument des crayons qui n’ont jamais quitté la boîte ne tient pas pour n=1\displaystyle n=1 car ils n’existent pas 😃 De fait, la propriété est fausse à partir de n=2\displaystyle n=2.

Exercice 398 ⭐️ Suites additives, Terminale/Sup/L1

À l’aide d’un raisonnement par analyse-synthèse, trouver les suites réelles (un)nN\displaystyle (u_n)_{n\in\N} qui vérifient : m,nN, um+n=um+un\forall m,n\in\N,~u_{m+n}=u_m+u_n

Trouver des conditions nécessaires pour qu’une suite vérifie cette propriété.
Réciproquement, les suites qui satisfont ces conditions vérifient-elles la propriété ?

  • Supposons qu’une suite (un)nN\displaystyle (u_n)_{n\in\N} vérifie : m,nN, um+n=um+un\displaystyle \forall m,n\in\N,~u_{m+n}=u_m+u_n.
    Alors avec m=n=0\displaystyle m=n=0 on a u0=u0+u0\displaystyle u_0=u_0+u_0, donc u0=0\displaystyle u_0=0.
    Ensuite : u2=u1+u2=2u1\displaystyle u_2=u_1+u_2=2u_1, puis u3=u2+u1=2u1+u1=3u1\displaystyle u_3=u_2+u_1=2u_1+u_1=3u_1, puis u4=u3+u1=3u1+u1=4u1\displaystyle u_4=u_3+u_1=3u_1+u_1=4u_1.
    Ainsi de suite… par une récurrence immédiate, on obtient : nN, un=n u1\displaystyle \forall n\in\N,~u_n=n~u_1.
    Ainsi, (un)\displaystyle (u_n) est nécessairement une suite de la forme (αn)nN\displaystyle (\alpha n)_{n\in\N}, où αR\displaystyle \alpha\in\R.
  • Réciproquement toute suite de terme général un=αn\displaystyle u_n=\alpha n, avec αR\displaystyle \alpha\in\R, vérifie : un+m=(n+m)α=nα+mα=un+um.u_{n+m}=(n+m)\alpha=n\alpha+m\alpha=u_n+u_m.
    Conclusion. Les suites vérifiant cette propriété sont exactement les suites de la forme (αn)nN\displaystyle (\alpha n)_{n\in\N}, où αR\displaystyle \alpha\in\R.

Exercice 399 ⭐️ Récurrence forte, Sup/L1

On définit une suite réelle (un)nN\displaystyle (u_n)_{n\in\N} par u0=0,u1=3\displaystyle u_0=0, u_1=3 et
nN, un+1=2n(u0+u1+u2++un).\forall n\in\N^*,~u_{n+1}=\frac 2n(u_0+u_1+u_2+\dots+u_n). Montrer par récurrence forte que pour tout nN, un=3n\displaystyle n\in\N,~ u_n=3n.

Rien à signaler… appliquer le raisonnement par récurrence forte.

  • pour n=0\displaystyle n=0, on a bien u0=0=3×0\displaystyle u_0=0=3\times 0.
  • Soit nN\displaystyle n\in\N. Supposons que pour tout k[ ⁣[0,n] ⁣]\displaystyle k\in[\![0,n]\!] on ait uk=3k\displaystyle u_k=3k.
    Alors un+1=2nk=0nuk=2nk=0n3k=6n n(n+1)2=3(n+1)\displaystyle u_{n+1}=\frac{2}{n}\sum_{k=0}^n u_k=\frac{2}{n}\sum_{k=0}^n 3k=\frac 6n~\frac{n(n+1)}{2}=3(n+1).
    Conclusion. Par récurrence forte, on a donc bien un=3n\displaystyle u_n=3n pour tout nN\displaystyle n\in\N.

Exercice 400 ⭐️ 3\displaystyle 3 divise n3n\displaystyle n^3-n, Terminale/Sup/L1

Montrer par récurrence que pour tout nN\displaystyle n\in\N, n3n\displaystyle n^3-n est divisible par 3\displaystyle 3.

Montrons par récurrence que pour tout nN\displaystyle n\in\N, n3n\displaystyle n^3-n est divisible par 3\displaystyle 3.

  • pour n=0\displaystyle n=0, n3n=0\displaystyle n^3-n=0, divisible par 3\displaystyle 3.
  • Soit nN\displaystyle n\in\N. Supposons n3n\displaystyle n^3-n divisible par 3\displaystyle 3. Alors
    (n+1)3(n+1)=n3+3n2+2n=(n3n)+3(n2+n).(n+1)^3-(n+1)=n^3+3n^2+2n = (n^3-n)+3(n^2+n).
    Or (n3n)\displaystyle (n^3-n) est divisible par 3 (H.R.), et 3(n2+n)\displaystyle 3(n^2+n) est divisible par 3\displaystyle 3.
    Donc (n+1)3(n+1)\displaystyle (n+1)^3-(n+1) est divisible par 3\displaystyle 3.

Exercice 401 ⭐️ Divisibilité, Terminale/Sup/L1

Pour tout entier k1\displaystyle k \geq 1, on pose P(k)\displaystyle \mathcal{P}(k) l’assertion : "nN\displaystyle \forall n \in \N, k\displaystyle k divise (k+1)n+2\displaystyle (k+1)^n+2".
Pour quelles valeurs de k\displaystyle k cette phrase est-elle vraie ?

Un terme (a+b)n\displaystyle (a+b)^n 👉 On peut tenter un binôme de Newton.

On remarque que (k+1)n+2=2+i=0n(ni)ki=3+k(i=1n(ni)ki1)\displaystyle (k+1)^n+2=2+\sum_{i=0}^n \binom nik^i = 3+k\left(\sum_{i=1}^n \binom nik^{i-1}\right).
Ainsi pour tout nN\displaystyle n\in\N, on a l’équivalence : (k divise (k+1)n+2)(k divise 3).\big(k \text{ divise }(k+1)^n+2\big)\Leftrightarrow \big(k\text{ divise }3\big). Ainsi cette phrase est vraie si et seulement si k=1\displaystyle k=1 ou k=3\displaystyle k=3.

Remarque — on pouvait aussi faire une récurrence sur n\displaystyle n, pour remarquer que si k\displaystyle k divise (k+1)n+2\displaystyle (k+1)^n+2, alors (k+1)n+1=((k+1)n+2)(k+1)2k,(k+1)^{n+1}=((k+1)^n+2)(k+1)-2k, donc k\displaystyle k divise aussi (k+1)n+1\displaystyle (k+1)^{n+1}. Ainsi P(k)\displaystyle \mathcal P(k) est vraie si et seulement si k\displaystyle k divise (k+1)0+2=3\displaystyle (k+1)^0+2=3.

Remarque 2 — les étudiants maîtrisant le calcul dans Z/kZ\displaystyle \Z/k\Z avaient évidemment un moyen très direct de répondre à la question.

Exercice 403 ⭐️⭐️ 7\displaystyle 7 divise 32n2n\displaystyle 3^{2n}-2^{n}, Terminale/Sup/L1

Montrer par récurrence que : nN\displaystyle \forall n \in \N, 32n2n\displaystyle 3^{2n}-2^{n} est divisible par 7\displaystyle 7.

Récurrence 👉 Dans l’hérédité, je cherche dans l’expression du rang n+1\displaystyle n+1, à faire apparaître l’expression du rang n\displaystyle n.

Notons un=32n2n\displaystyle u_n=3^{2n}-2^{n}.
\displaystyle \bullet Pour n=0\displaystyle n=0, u0=3020=0\displaystyle u_0=3^0-2^0=0, divisible par 7\displaystyle 7.
\displaystyle \bullet Soit nN\displaystyle n\in\N. Supposons un\displaystyle u_n divisible par 7\displaystyle 7. Alors un+1=32n+22n+1=9.32n2.2n=9(un+2n)2(32nun)=11un+9.2n2.32n=11un+7.2n2un=9un+7.2n.\begin{aligned}u_{n+1} & = 3^{2n+2}-2^{n+1}\\ & = 9.3^{2n}-2.2^n \\& = 9(u_n+2^n)-2(3^{2n}-u_n)\\ & = 11u_n+9.2^n-2.3^{2n}\\ & = 11u_n+7.2^n-2u_n \\ & =9u_n+7.2^n.\end{aligned}
Ainsi, par hypothèse de récurrence, un+1\displaystyle u_{n+1} est divisible par 7\displaystyle 7 (somme de nombres divisibles par 7\displaystyle 7).

Remarque — si on connaît le calcul "modulo n\displaystyle n", c’est à dire dans Z/nZ\displaystyle \Z/n\Z, on peut aller plus vite, sans récurrence :
un=9n2n  [n]=(7+2)n2n  [n]=2n2n  [n]=0  [n].\begin{aligned}u_{n} & = 9^n-2^n~~[n]\\ & = (7+2)^n-2^n~~[n] \\& = 2^n-2^n~~[n] \\ & = 0~~[n].\end{aligned}

Exercice 404 ⭐️ Nullité et petitesse, Terminale/Sup/L1

Soit a\displaystyle a un réel. Démontrer l’implication :
(ε>0,aε)    a=0. \left( \forall \varepsilon > 0, |a| \leq\varepsilon\right) \; \Rightarrow \; a=0.

Une implication a toujours une formulation “contraposée”, qui permet parfois d’y voir plus clair.

Montrons la contraposée.
Supposons a0\displaystyle a\neq 0. Alors a>0\displaystyle |a|>0, donc le réel ε=a2\displaystyle \varepsilon=\frac{|a|}{2} vérifie 0<ε<a\displaystyle 0<\varepsilon <|a|, et donc l’assertion (ε>0,aε)\displaystyle \left( \forall \varepsilon > 0, |a| \leq\varepsilon\right) est fausse.

Exercice 405 ⭐️ Somme 90, Terminale/Sup/L1

Soit n1,n2,,n9\displaystyle n_1, n_2, \ldots , n_9 des entiers naturels vérifiant n1++n9=90\displaystyle n_1 + \cdots + n_9 = 90.
Montrer qu’il existe trois de ces entiers dont la somme est supérieure ou égale à 30\displaystyle 30.

Comprendre pourquoi le contraire est impossible, c’est raisonner par contraposée.

Raisonnons par contraposée.
Supposons que la propriété à démontrer soit fausse, et montrons que l’hypothèse est alors nécessairement fausse.
On suppose autrement dit que tout triplet parmi ces trois entiers a une somme <30\displaystyle <30.
Alors n1++n9=(n1+n2+n3)+(n4+n5+n6)+(n7+n8+n9)<29+29+29=87.\displaystyle n_1 + \cdots + n_9=(n_1+n_2+n_3)+(n_4+n_5+n_6)+(n_7+n_8+n_9)<29+29+29=87.
Ainsi n1++n990\displaystyle n_1 + \cdots + n_9\neq 90.

Exercice 406 ⭐️⭐️ Irrationalité de ln(2)/ln(3)\displaystyle \ln(2)/\ln(3), Sup/L1

Montrer que ln(2)ln(3)\displaystyle \frac{\ln(2)}{\ln(3)} est irrationnel.

Irrationnalité 👉 Supposer une écriture comme fraction, et aboutir à une contradiction.

Raisonnons par l’absurde. Supposons ln(2)ln(3)Q\displaystyle \frac{\ln(2)}{\ln(3)}\in\Q.
Alors il existe aZ\displaystyle a\in\Z, bN\displaystyle b\in\N^* tels que ln(2)ln(3)=ab\displaystyle \frac{\ln(2)}{\ln(3)}=\frac ab (dans ce cas, aN\displaystyle a\in\N^* car ln(2)ln(3)>0\displaystyle \frac{\ln(2)}{\ln(3)}>0).
Alors b ln(2)=a ln(3)\displaystyle b~\ln(2)=a~\ln(3), et donc 2b=3a\displaystyle 2^b=3^a. Contradiction car 2b\displaystyle 2^b est pair, alors que 3a\displaystyle 3^a est impair.
Conclusion. ln(2)ln(3)Q\displaystyle \frac{\ln(2)}{\ln(3)}\notin\Q

Exercice 407 ⭐️⭐️ Équation fonctionnelle, Sup/L1

Déterminer toutes les applications f:RR\displaystyle f:\R\to\R telles que
x,yR,  f(x)f(y)=f(xy)+x+y.\forall x,y\in\R,~~f(x)f(y) = f(xy) + x + y.

Commencer par des conditions nécessaires pour restreindre les fonctions “candidates”.
Tester l’égalité avec des réels x,y\displaystyle x,y particuliers.

Analyse. Supposons que f\displaystyle f vérifie cette condition.

  • Avec x=0\displaystyle x=0 et y=0\displaystyle y=0, on a f(0)2=f(0)\displaystyle f(0)^2=f(0), donc f(0){0,1}\displaystyle f(0)\in\{0,1\}.
  • Avec x=1\displaystyle x=1 et y=0\displaystyle y=0, f(1)f(0)=f(0)+1\displaystyle f(1)f(0)=f(0)+1.
    Si f(0)=0\displaystyle f(0)=0, cette égalité aboutit à une contradiction (0=1)\displaystyle (0=1), et donc f(0)=1\displaystyle f(0)=1.
  • Ainsi avec xR\displaystyle x\in\R et y=0\displaystyle y=0, f(x)=f(0)+x=x+1\displaystyle f(x)=f(0)+x=x+1.

Synthèse. La seule fonction qui puisse vérifier la propriété de l’énoncé est f:xx+1\displaystyle f:x\mapsto x+1. Réciproquement cette fonction vérifie : x,yR,(x+1)(y+1)=xy+x+y+1=f(xy)+x+y.\forall x,y\in\R,\quad(x+1)(y+1)=xy+x+y+1=f(xy)+x+y. Conclusion. La fonction xx+1\displaystyle x\mapsto x+1 est l’unique fonction qui vérifie cette propriété.

Exercice 408 ⭐️ Finitude des nombres premiers, Terminale/Sup/L1/Classique

On suppose qu’il existe un nombre fini de nombres premiers p1,,pn\displaystyle p_1,\dots,p_n.
En considérant le nombre N=p1pn+1\displaystyle N=p_1\dots p_n+1, aboutir à une contradiction. Conclusion ?

N\displaystyle N est-il premier, oui ou non ?

Sous notre hypothèse, N\displaystyle N n’est pas premier car il est strictement supérieur à chacun des réels p1,,pn\displaystyle p_1,\dots,p_n.
Ainsi N\displaystyle N a nécessairement un diviseur premier : il existe donc k[ ⁣[1,n] ⁣]\displaystyle k\in[\![1,n]\!] tel que pk\displaystyle p_k divise N\displaystyle N.
Mais pk\displaystyle p_k divise aussi p1pn\displaystyle p_1\dots p_n, donc pk\displaystyle p_k divise N(p1pn)=1\displaystyle N- (p_1\dots p_n)=1. Et donc pk=1\displaystyle p_k=1, ce qui est une contradiction puisque pk\displaystyle p_k est premier.
On conclut de ce raisonnement par l’absurde que l’ensemble des nombres premiers ne peut pas être fini, il est donc infini.

Merci, Euclide !
🇬🇷

Exercice 409 ⭐️ Dérivée n\displaystyle n-ème, Terminale/Sup/L1

Soit f:x1x\displaystyle f:x\mapsto \frac 1x, x0\displaystyle x\neq 0. Montrer que pour tout nN\displaystyle n\in\N, la dérivée f(n)\displaystyle f^{(n)} de f\displaystyle f est donnée par : x0,  f(n)(x)=(1)nn!xn+1.\forall x\neq 0,~~f^{(n)}(x)=\frac{(-1)^n n!}{x^{n+1}}.

La dérivation "n\displaystyle n fois" est un processus par étapes…faire une récurrence !

Montrons par récurrence que pour tout nN\displaystyle n\in\N on a : x0,  f(n)(x)=(1)nn!xn+1.\displaystyle \forall x\neq 0,~~f^{(n)}(x)=\frac{(-1)^n n!}{x^{n+1}}.
\displaystyle \bullet Cas n=0\displaystyle n=0. Pour xR\displaystyle x\in\R^*, f(0)(x)=f(x)=1x\displaystyle f^{(0)}(x)=f(x)=\frac 1x, et par ailleurs (1)00!x0+1=1x\displaystyle \frac{(-1)^0 0!}{x^{0+1}}=\frac 1x.
\displaystyle \bullet Soit nN\displaystyle n\in\N. Supposons que x0,  f(n)(x)=(1)nn!xn+1.\displaystyle \forall x\neq 0,~~f^{(n)}(x)=\frac{(-1)^n n!}{x^{n+1}}. Alors f(n)\displaystyle f^{(n)} est dérivable sur R\displaystyle \R^* et x0,  f(n+1)(x)=(f(n))(x)=(1)nn!×(n+1)xn+2=(1)n+1(n+1)!xn+2.\forall x\neq 0,~~f^{(n+1)}(x)=\left(f^{(n)}\right)'(x)=(-1)^n n!\times\frac{-(n+1)}{x^{n+2}}=\frac{(-1)^{n+1} (n+1)!}{x^{n+2}}.
Conclusion. La propriété est donc vraie pour tout nN\displaystyle n\in\N.

Exercice 410 ⭐️⭐️ Nombres joviaux, Concours Général, Terminale/Sup/L1

D’après le concours général S, 2019

Soient n\displaystyle n et p\displaystyle p deux entiers tels que p2\displaystyle p\geq 2 et n1\displaystyle n\geq 1. On dit que p\displaystyle p est jovial d’ordre n\displaystyle n s’il existe des entiers a1,,an\displaystyle a_1,\dots,a_n tels que
2a1<a2<<an=p1a1++1an=1.\begin{aligned} & 2\leq a_1<a_2<\dots<a_n=p \\ & \frac{1}{a_1}+\dots+\frac{1}{a_n}=1. \\ \end{aligned} Un entier p2\displaystyle p\geq 2 est dit jovial s’il existe un entier n1\displaystyle n\geq 1 tel que p\displaystyle p soit jovial d’ordre n\displaystyle n.

  1. Montrer que, si l’entier p\displaystyle p est jovial d’ordre n, alors np1\displaystyle n\leq p-1.
  2. Existe-t-il des entiers joviaux d’ordre 2 ? Montrer que 4 n’est pas jovial.
  3. Montrer qu’un entier premier n’est pas jovial.
  4. Quel est le plus petit entier jovial ?
  5. Déterminer tous les entiers joviaux d’ordre 3.
  6. Soit p un entier jovial. Montrer que 2p\displaystyle 2p et p(p+1)\displaystyle p(p+1) sont joviaux.
  7. Montrer que le produit de deux entiers joviaux est jovial.
  1. L’égalité 1a1++1an1+1p=1\displaystyle \frac{1}{a_1}+\dots+\frac{1}{a_{n-1}}+\frac 1p=1 donne p1=pa1++pan1\displaystyle p-1=\frac{p}{a_1}+\dots+\frac{p}{a_{n-1}}.
    Or les nombres a1,,an1\displaystyle a_1,\dots,a_{n-1} sont strictement inférieurs à an=p\displaystyle a_n=p par hypothèse, donc : k[ ⁣[1,n1] ⁣]\displaystyle \forall k\in[\![1,n-1]\!], pak>1\displaystyle \frac{p}{a_k}> 1. Ainsi p1>n1\displaystyle p-1>n-1, mais comme p1\displaystyle p-1 est entier ceci entraîne p1n\displaystyle p-1\geq n.
  2. Comme a12\displaystyle a_1\geq 2 et a23\displaystyle a_2\geq 3, 1a1+1a212+13=56\displaystyle \frac{1}{a_1}+\frac{1}{a_2}\leq\frac 12+\frac 13=\frac 56, donc on ne peut pas avoir 1a1+1a2=1\displaystyle \frac{1}{a_1}+\frac{1}{a_2}=1.
    Il n’existe donc pas d’entier jovial d’ordre 2.
    Comme il n’existe pas d’entier jovial d’ordre 2\displaystyle 2, si 4\displaystyle 4 était jovial, on aurait nécessairement 12+13+14=1\displaystyle \frac 12+\frac 13+\frac 14=1, ce qui n’est pas le cas. Donc 4\displaystyle 4 n’est pas jovial.
  3. Soit p\displaystyle p premier. Supposons qu’on ait 1a1++1an1+1p=1\displaystyle \frac{1}{a_1}+\dots+\frac{1}{a_{n-1}}+\frac 1p=1, avec 2a1<a2<<an1<p\displaystyle 2\leq a_1<a_2<\dots<a_{n-1}<p.
    Alors p1p=Ka1an1\displaystyle \frac{p-1}{p}=\frac{K}{a_1\dots a_{n-1}}, avec K\displaystyle K un entier naturel (après avoir mis au même dénominateur).
    Ainsi Kp=(p1)a1an1\displaystyle Kp=(p-1)a_1\dots a_{n-1}. Donc (p1)a1an1\displaystyle (p-1)a_1\dots a_{n-1} est divisible par p\displaystyle p. Comme p\displaystyle p est premier l’un des facteurs doit être divisible par p\displaystyle p, ce qui est une contradiction car ces facteurs sont tous strictement inférieurs à p\displaystyle p.
  4. Nous avons vu que 4\displaystyle 4 n’est pas jovial. 2\displaystyle 2, 3\displaystyle 3, et 5\displaystyle 5 ne sont pas joviaux car premiers. En revanche 6\displaystyle 6 est jovial car 12+13+16=1\displaystyle \frac 12+\frac 13+\frac 16=1. C’est donc le plus petit entier jovial.
  5. Supposons que a1,a2,a3\displaystyle a_1,a_2,a_3 vérifient 2a1<a2<a3\displaystyle 2\leq a_1<a_2<a_3 et 1a1+1a2+1a3=1\displaystyle \frac{1}{a_1}+\frac{1}{a_2}+\frac{1}{a_3}=1.
  • Nécessairement a1=2\displaystyle a_1=2, car sinon 1a1+1a2+1a313+14+15=4760\displaystyle \frac{1}{a_1}+\frac{1}{a_2}+\frac{1}{a_3}\leq\frac 13+\frac 14+\frac 15= \frac{47}{60}, or 4760<1\displaystyle \frac{47}{60} <1.
  • Ensuite nécessairement a2=3\displaystyle a_2=3, car sinon 1a1+1a2+1a312+14+15=1920\displaystyle \frac{1}{a_1}+\frac{1}{a_2}+\frac{1}{a_3}\leq\frac 12+\frac 14+\frac 15=\frac{19}{20}, or 1920<1\displaystyle \frac{19}{20} <1.
  • Enfin a3\displaystyle a_3 est nécessairement égal à 6\displaystyle 6.
    Conclusion. 6\displaystyle 6 est le seul entier jovial d’ordre 3\displaystyle 3.
  1. Supposons qu’on ait 1a1++1an1+1p=1\displaystyle \frac{1}{a_1}+\dots+\frac{1}{a_{n-1}}+\frac 1p=1, avec 2a1<a2<<an1<p\displaystyle 2\leq a_1<a_2<\dots<a_{n-1}<p.
    \displaystyle \bullet On alors peut écrire 12+12a1++12an1+12p=12+12=1.\displaystyle \frac 12+\frac{1}{2a_1}+\dots+\frac{1}{2a_{n-1}}+\frac 1{2p}=\frac{1}{2}+\frac{1}{2}=1.
    Ceci qui montre que (2p)\displaystyle (2p) est jovial puisque 2<2a1<<2an1<2p\displaystyle 2<2a_1<\dots<2a_{n-1}<2p.
    \displaystyle \bullet On a par ailleurs 1p+1+1p(p+1)=p+1p(p+1)\displaystyle \frac 1{p+1}+\frac{1}{p(p+1)}=\frac{p+1}{p(p+1)}, donc 1a1++1an1+1p+1+1p(p+1)=1\displaystyle \frac{1}{a_1}+\dots+\frac{1}{a_{n-1}}+\frac 1{p+1}+\frac{1}{p(p+1)}=1.
    Ceci montre que p(p+1)\displaystyle p(p+1) est jovial.
  2. Supposons 1a1++1an1+1p=1\displaystyle \frac{1}{a_1}+\dots+\frac{1}{a_{n-1}}+\frac 1p=1 et 1b1++1bm1+1q=1\displaystyle \frac{1}{b_1}+\dots+\frac{1}{b_{m-1}}+\frac 1q=1 (les conditions sur les ai\displaystyle a_i et bi\displaystyle b_i étant satisfaites). Alors
    1a1++1an1+1p(1b1++1bm1+1q)=1=1a1++1an1+1p=1.\frac{1}{a_1}+\dots+\frac{1}{a_{n-1}}+\frac 1p\underbrace{\left(\frac{1}{b_1}+\dots+\frac{1}{b_{m-1}}+\frac 1q\right)}_{=1} =\frac{1}{a_1}+\dots+\frac{1}{a_{n-1}}+\frac 1p = 1.
    Comme a1<<an1<pb1<<pbm1<pq\displaystyle a_1<\dots<a_{n-1}<pb_1<\dots<pb_{m-1}<pq, ceci montre que pq\displaystyle pq est jovial.