Ensembles & Applications

Exercice 210 ⭐️⭐️ Sup/L1

Soit E un ensemble, et A, B deux parties de E. Soit ϕ:P(E)P(A)×P(B)\displaystyle \phi:\mathcal P(E)\to\mathcal P(A)\times\mathcal P(B), ϕ(X)=(XA,XB)\displaystyle \phi(X)=(X\cap A, X\cap B).

  1. Calculer ϕ()\displaystyle \phi(\emptyset) et ϕ(E(AB))\displaystyle \phi(E\setminus (A \cup B)).
  2. A quelle condition sur A et B, ϕ\displaystyle \phi est-elle injective ?
  3. Est-ce que le couple (,B)\displaystyle (\emptyset, B) possède un antécédent par ϕ\displaystyle \phi ?
  4. A quelle condition sur A et B, ϕ\displaystyle \phi est-elle surjective ?

Faire des dessins !

  1. On a ϕ()=(A,B)=(,)\displaystyle \phi(\emptyset)=(\emptyset\cap A, \emptyset\cap B)=(\emptyset, \emptyset) et aussi ϕ(E(AB))=(,)\displaystyle \phi(E\setminus (A \cup B))=(\emptyset, \emptyset).
  2. Supposons que E=AB\displaystyle E=A\cup B avec AB=\displaystyle A\cap B=\emptyset. Alors pour tout XP(E)\displaystyle X\in\mathcal P(E), X=(XA)(XB)\displaystyle X=(X\cap A)\cup (X\cap B) (Faire un dessin pour s’en convaincre !). Ceci montre que ϕ\displaystyle \phi est injective en écrivant simplement la définission de l’injectivité.
  3. La question est existe-il X\displaystyle X tel que XA=\displaystyle X\cap A=\emptyset et XB=B\displaystyle X\cap B=B ? Si oui, cela veut dire que X\displaystyle X et A\displaystyle A sont disjoints, et que X\displaystyle X contient B\displaystyle B. Ceci est possible si A\displaystyle A et B\displaystyle B sont disjoints.
  4. Si A\displaystyle A et B\displaystyle B sont disjoints, on voit que ϕ\displaystyle \phi est surjective.

Exercice 211 ⭐️ Position Quantificateurs, Sup/L1

Soit f:EF\displaystyle f:E \to F. Que pensez-vous des affirmations suivantes ?

  1. xE\displaystyle \forall x \in E, yF,f(x)=y\displaystyle \forall y \in F, f(x) = y
  2. xE\displaystyle \forall x \in E, yF,f(x)=y\displaystyle \exists y \in F, f(x) = y
  3. xE\displaystyle \exists x \in E, yF,f(x)=y\displaystyle \forall y \in F, f(x) = y
  4. xE\displaystyle \exists x \in E, yF,f(x)=y\displaystyle \exists y \in F, f(x) = y
  5. yF\displaystyle \forall y \in F, xE,f(x)=y\displaystyle \forall x \in E, f(x) = y
  6. yF\displaystyle \forall y \in F, xE,f(x)=y\displaystyle \exists x \in E, f(x) = y
  7. yF\displaystyle \exists y \in F, xE,f(x)=y\displaystyle \forall x \in E, f(x) = y
  8. yF\displaystyle \exists y \in F, xE,f(x)=y\displaystyle \exists x \in E, f(x) = y.
  1. Elle est fausse, à moins que F\displaystyle F ne contienne qu’un élément.
  2. Elle est vraie (par définition de la notion d’application).
  3. Elle est fausse, à moins que F\displaystyle F ne contienne qu’un élément.
  4. Vraie puisque la 2. est vraie.
  5. C’est la même assertion que la 1. (permuter deux \displaystyle \forall consécutifs ne change pas la valeur de vérité d’une assertion).
  6. C’est la définition d’application surjective.
  7. C’est la définition d’application constante.
  8. C’est la même assertion que la 4. (permuter deux \displaystyle \exists consécutifs ne change pas la valeur de vérité d’une assertion).

Exercice 260 ⭐️⭐️⭐️⭐️ X MP 2020, Math. Olympiads 1977, Sup/L1

Soit f:NN\displaystyle f:\N\to\N telle que pour tout nN\displaystyle n\in\N, f(n+1)>f(f(n))\displaystyle f(n+1)>f(f(n)). Montrer que f\displaystyle f est l’identité.

  • Toujours penser à des choses simples 👉 Que dire de f(0)\displaystyle f(0) ?
  • Trouver des récurrences (😱 plus facile à dire qu’à faire !)
  • Propriété fondamentale de N\displaystyle \N 👉 Toute partie non vide possède un plus petit élément.

Nous ne faisons que traduire la très jolie solution donnée dans ce post sur math.stackexchange, en donnant un peu plus de détails pour faciliter la lecture.

  1. Montrons que si f(k)=0\displaystyle f(k)=0 alors k=0\displaystyle k=0. Supposons que f(k)=0\displaystyle f(k)=0 et que k>0\displaystyle k>0. Alors 0=f(k)>f(f(k1))\displaystyle 0=f(k)>f(f(k-1)), ce qui contredit que f\displaystyle f est à valeurs dans N\displaystyle \N.
  2. Montrons que f(0)=0\displaystyle f(0)=0. Soit 𝑆={𝑓(𝑘),𝑘>0}\displaystyle 𝑆=\{𝑓(𝑘), 𝑘>0\}. Soit a\displaystyle a le plus petit entier de S\displaystyle S. Alors il existe k>0\displaystyle k>0 tel que
    𝑎=𝑓(𝑘)>𝑓(𝑓(𝑘1))\displaystyle 𝑎=𝑓(𝑘)>𝑓(𝑓(𝑘−1)). Donc cela force à avoir 𝑓(𝑘1)=0\displaystyle 𝑓(𝑘−1)=0, car sinon 𝑓(𝑓(𝑘1))\displaystyle 𝑓(𝑓(𝑘−1)) serait dans S\displaystyle S, ce qui n’est pas possible car a\displaystyle a est le plus petit élément. Donc k1=0\displaystyle k-1=0 par 1), d’où k=1\displaystyle k=1 et f(0)=0\displaystyle f(0)=0.
  3. Montrons que f(n)=n\displaystyle f(n)=n. Supposons, par récurrence forte, que pour tout m{0,,n1}\displaystyle m\in\{0,\cdots,n-1\}, f(k)=m    k=m\displaystyle f(k)=m \iff k=m. Pour n=1\displaystyle n=1, c’est ce qui a été démontré en 1) et 2), montrant ainsi l’initialisation. On procède alors de la même manière que dans 1) et 2).
    Si f(k)=n\displaystyle f(k)=n alors 𝑓(𝑓(𝑘1))<𝑛\displaystyle 𝑓(𝑓(𝑘−1))<𝑛. Notons m=f(f(k1))\displaystyle m=f(f(k-1)). Comme mn1\displaystyle m\le n-1, on a par l’hypothèse de récurrence que m=f(k1)\displaystyle m=f(k-1), et en recommençant l’argument : m=k1\displaystyle m=k-1. Ainsi k1<n\displaystyle k-1<n et k<n+1\displaystyle k<n+1, ce qui donne k=n\displaystyle k=n. En effet on ne peut pas avoir k<n\displaystyle k<n car on tomberait dans l’hypothèse de récurrence qui donnerait f(k)=k<n\displaystyle f(k)=k<n, ce qui n’est pas possible car on a supposé f(k)=n\displaystyle f(k)=n (!).
    Soit T={𝑓(𝑘),𝑘>𝑛}\displaystyle T=\{𝑓(𝑘),𝑘>𝑛\} et a\displaystyle a le plus petit nombre dans T\displaystyle T. Alors il existe 𝑘>𝑛\displaystyle 𝑘>𝑛 tel que a=𝑓(𝑘)>𝑓(𝑓(𝑘1))\displaystyle a=𝑓(𝑘)>𝑓(𝑓(𝑘−1)). Donc nécessairement 𝑓(𝑘1)𝑛\displaystyle 𝑓(𝑘−1)\le 𝑛. Mais si 𝑓(𝑘1)<𝑛\displaystyle 𝑓(𝑘−1)<𝑛, alors 𝑓(𝑘1)=𝑘1\displaystyle 𝑓(𝑘−1)=𝑘−1 par l’hypothèse de récurrence, et donc 𝑘𝑛\displaystyle 𝑘\le 𝑛. Or 𝑘>𝑛\displaystyle 𝑘>𝑛. Ainsi, 𝑓(𝑘1)=𝑛\displaystyle 𝑓(𝑘−1)=𝑛, et donc 𝑘=𝑛+1\displaystyle 𝑘=𝑛+1 par l’argument précédent. Finalement en réinjectant dans f\displaystyle f, il vient 𝑓(𝑛)=𝑛\displaystyle 𝑓(𝑛)=𝑛, ce qui achève la récurrence.

Exercice 346 ⭐️⭐️⭐️ f(f(k))=3k\displaystyle f(f(k))=3k, Sup/L1

Soit f\displaystyle f une application de N\displaystyle \N dans N\displaystyle \N strictement croissante, et telle que pour tout kN\displaystyle k\in \N, f(f(k))=3k\displaystyle f(f(k))=3k.
Déterminer f(16)\displaystyle f(16).

C’est un pur exercice de réflexion : pas de méthode générale. …
👉 Analyser, petit à petit, ce qu’on peut dire des valeur de f\displaystyle f. Que peut valoir f(0)\displaystyle f(0) ? f(1)\displaystyle f(1) ? Ensuite ?

\displaystyle \bullet Montrons que f(0)=0\displaystyle f(0)=0.
Supposons, par l’absurde que f(0)>0\displaystyle f(0)>0. Comme f\displaystyle f est strictement croissante on a donc f(f(0))>f(0)\displaystyle f(f(0))>f(0). Or f(0)N\displaystyle f(0)\in\N donc f(f(0))>0\displaystyle f(f(0))>0. Ceci contredit l’hypothèse f(f(0))=0\displaystyle f(f(0))=0.
\displaystyle \bullet Montrons que f(1)=2\displaystyle f(1)=2.
On a déjà f(1)>f(0)=0\displaystyle f(1)>f(0)=0.
Supposons, par l’absurde que f(1)2\displaystyle f(1)\neq 2.
Si f(1)=1\displaystyle f(1)=1 alors f(f(1))=f(1)\displaystyle f(f(1))=f(1) donc f(1)=3\displaystyle f(1)=3. Contradiction.
Si f(1)>2\displaystyle f(1)>2 alors f(f(1))>f(2)\displaystyle f(f(1))>f(2) donc f(2)<3\displaystyle f(2)<3. Contradiction avec f(1)>2\displaystyle f(1)>2 (car f\displaystyle f est strictement croissante).
\displaystyle \bullet Donc f(2)=f(f(1))=3\displaystyle f(2)=f(f(1))=3.
\displaystyle \bullet Donc f(3)=f(f(2))=6\displaystyle f(3)=f(f(2))=6.
\displaystyle \bullet Donc f(6)=f(f(3))=9\displaystyle f(6)=f(f(3))=9.
\displaystyle \bullet Donc f(9)=f(f(6))=18\displaystyle f(9)=f(f(6))=18.
\displaystyle \bullet Donc f(18)=f(f(9))=27\displaystyle f(18)=f(f(9))=27.
\displaystyle \bullet Enfin on observe que 18=f(9)<f(10)<f(11)<<f(18)=2718=f(9)<f(10)<f(11)<\dots<f(18)=27
donc nécessairement (f(9),f(10),f(11),,f(18))=(18,19,20,,27)\displaystyle (f(9),f(10),f(11),\dots,f(18))=(18,19,20,\dots,27). En particulier f(16)=25\displaystyle f(16)=25.

Exercice 347 ⭐️⭐️ f(n)n\displaystyle f(n)\geq n, Sup/L1

Déterminer l’ensemble des applications f:  NN\displaystyle f: \; \N \rightarrow \N surjectives vérifiant : nN,  f(n)n\displaystyle \forall n \in \N , \; f(n) \geq n.

Quelles informations donnent les hypothèses sur les valeurs de f(n)\displaystyle f(n) ? Pour commencer, que peut valoir f(0)\displaystyle f(0) ? f(1)\displaystyle f(1) ? Ensuite ?

Soit f\displaystyle f une application vérifiant ces conditions.
Montrons par récurrence forte que pour tout nN\displaystyle n\in\N, f(n)=n\displaystyle f(n)=n.
\displaystyle \bullet Puisque f\displaystyle f est surjective, 0\displaystyle 0 doit avoir un antécédent par f\displaystyle f.
Or pour n1\displaystyle n\geq 1, f(n)n1\displaystyle f(n)\geq n\geq 1 donc f(n)0\displaystyle f(n)\neq 0. Donc nécessairement f(0)=0\displaystyle f(0)=0.
\displaystyle \bullet Soit nN\displaystyle n\in\N. Supposons que pour tout k[ ⁣[0,n] ⁣]\displaystyle k\in[\![0,n]\!], f(k)=k\displaystyle f(k)=k.
Alors n+1\displaystyle n+1 doit avoir un antécédent par f\displaystyle f.
Or pour kn\displaystyle k\leq n on a f(k)=k\displaystyle f(k)=k donc f(k)n+1\displaystyle f(k)\neq n+1. Par ailleurs pour kn+2\displaystyle k\geq n+2 on a f(k)kn+2\displaystyle f(k)\geq k\geq n+2 donc f(k)n+1\displaystyle f(k)\neq n+1. Donc nécessairement f(n+1)=n+1\displaystyle f(n+1)=n+1.

Conclusion. Si f\displaystyle f vérifie les conditions de l’énoncé on a nécessairement f=idN\displaystyle f=\mathrm{id}_\N.
Réciproquement l’application idN\displaystyle \mathrm{id}_\N vérifie ces conditions, et c’est donc la seule.

Exercice 348 ⭐️⭐️ f(n)n\displaystyle f(n)\leq n, Sup/L1

Déterminer l’ensemble des applications f:  NN\displaystyle f: \; \N \rightarrow \N injectives vérifiant : nN,  f(n)n\displaystyle \forall n \in \N , \; f(n) \leq n.

Quelles informations donnent les hypothèses sur les valeurs de f(n)\displaystyle f(n) ? Pour commencer, que peut valoir f(0)\displaystyle f(0) ? f(1)\displaystyle f(1) ? Ensuite ?

Soit f\displaystyle f une application vérifiant ces conditions.
Montrons par récurrence forte que pour tout nN\displaystyle n\in\N, f(n)=n\displaystyle f(n)=n.
\displaystyle \bullet Puisque f\displaystyle f est à valeurs dans N\displaystyle \N, l’hypothèse f(0)0\displaystyle f(0)\leq 0 entraîne f(0)=0\displaystyle f(0)=0.
\displaystyle \bullet Soit nN\displaystyle n\in\N. Supposons que pour tout k[ ⁣[0,n] ⁣]\displaystyle k\in[\![0,n]\!], f(k)=k\displaystyle f(k)=k.
Alors d’une part f(n+1)n+1\displaystyle f(n+1)\leq n+1, et d’autre part, f\displaystyle f étant injective, f(n+1){f(0),,f(n)}\displaystyle f(n+1)\notin\{f(0),\dots,f(n)\}.
Par hypothèse de récurrence, f(n+1){0,,n}\displaystyle f(n+1)\notin\{0,\dots,n\}. Finalement f(n+1)=n+1\displaystyle f(n+1)=n+1.

Conclusion. Si f\displaystyle f vérifie les conditions de l’énoncé on a nécessairement f=idN\displaystyle f=\mathrm{id}_\N.
Réciproquement l’application idN\displaystyle \mathrm{id}_\N vérifie ces conditions, et c’est donc la seule.

Exercice 349 ⭐️⭐️ f(f(f(x)))=f(x)\displaystyle f(f(f(x)))=f(x), Sup/L1

Soient E\displaystyle E un ensemble et f:EE\displaystyle f:E \to E telle que fff=f\displaystyle f \circ f \circ f = f.
Montrer que f\displaystyle f est injective si et seulement si f\displaystyle f est surjective.

C’est un exercice de raisonnement.
👉 dérouler les réflexes de la logique. Traduire systématiquement les hypothèses en revenant aux définitions.

\displaystyle \bullet Supposons f\displaystyle f injective.
Soit xE\displaystyle x\in E. On a f(x)=f(f(f(x)))\displaystyle f(x)=f(f(f(x))). L’injectivité de f\displaystyle f donne donc x=f(f(x))\displaystyle x=f(f(x)). Donc f(x)\displaystyle f(x) est un antécédent de x\displaystyle x par f\displaystyle f. Ceci montre que f\displaystyle f est surjective.
\displaystyle \bullet Supposons réciproquement f\displaystyle f surjective.
Soit x,yE\displaystyle x,y\in E tels que f(x)=f(y)\displaystyle f(x)=f(y).
f\displaystyle f étant surjective, il existe x,yE\displaystyle x',y'\in E tels que x=f(x)\displaystyle x=f(x') et y=f(y)\displaystyle y=f(y').
Pour la même raison, il existe x,yE\displaystyle x'',y''\in E tels que x=f(x)\displaystyle x'=f(x'') et y=f(y)\displaystyle y'=f(y'').
Ainsi f(f(f(x)))=f(f(f(y)))\displaystyle f(f(f(x'')))=f(f(f(y''))). Or fff=f\displaystyle f\circ f\circ f=f donc f(x)=f(y)\displaystyle f(x'')=f(y'').
Ainsi x=y\displaystyle x'=y' et par conséquent x=f(x)=f(y)=y\displaystyle x=f(x')=f(y')=y. Ceci montre que f\displaystyle f est injective.

Exercice 350 ⭐️ Injectivité, surjectivité, Sup/L1

Les applications suivantes sont-elles injectives, surjectives, bijectives ?
f:RRxxg:R2R2(x,y)(2x+y,x3y)\begin{array}{ccccc} f & : & \R& \to &\R \\ & & x & \mapsto &\lfloor x\rfloor \end{array}\qquad \qquad\begin{array}{ccccc} g& : & \R^2& \to &\R^2 \\ & & (x,y) & \mapsto & (2x+y,x-3y) \end{array} u:NNkk2v:P(R)P(R)AA{0} \begin{array}{ccccc} u & : & \N & \to & \N \\ & & k & \mapsto & k^2 \end{array} \qquad\begin{array}{ccccc} v& : & \mathcal P(\R)& \to &\mathcal P(\R) \\ & & A & \mapsto & A\cup\{0\} \end{array}

Examiner chaque situation méthodiquement :
\displaystyle \to l’application peut-elle prendre toutes les valeurs de l’ensemble d’arrivée ?
\displaystyle \to l’application peut-elle prendre plusieurs fois une même valeur ?

  • 1/2\displaystyle 1/2 n’a pas d’antécédent par f\displaystyle f donc f\displaystyle f n’est pas surjective.
    f(0)=f(1/2)\displaystyle f(0)=f(1/2) donc f\displaystyle f n’est pas injective.
  • Soit (a,b)R2\displaystyle (a,b)\in\R^2.
    On a l’équivalence : g(x,y)=(a,b){2x+y=ax3y=b{x=3a+b7y=a2b7\displaystyle g(x,y)=(a,b)\Leftrightarrow\begin{cases}2x+y=a\\x-3y=b\end{cases}\Leftrightarrow\begin{cases}x=\frac{3a+b}{7}\\y=\frac{a-2b}{7}\end{cases}.
    Donc (a,b)\displaystyle (a,b) a un unique antécédent par g\displaystyle g. g\displaystyle g est surjective.
  • 2\displaystyle 2 n’a pas d’antécédent par u\displaystyle u. Donc u\displaystyle u n’est pas surjective.
    Soit k,N\displaystyle k,\ell\in\N tels que u(k)=u()\displaystyle u(k)=u(\ell). Alors k2=2\displaystyle k^2=\ell^2. En prenant la racine carrée on obtient k=\displaystyle k=\ell.
    Donc u\displaystyle u est injective.
  • \displaystyle \varnothing n’a pas d’antécédent par v\displaystyle v. Donc v\displaystyle v n’est pas surjective.
    v()=v({0})={0}\displaystyle v(\varnothing)=v(\{0\})=\{0\}, donc v\displaystyle v n’est pas injective.

Exercice 351 ⭐️ Injectivité, surjectivité, Sup/L1

Les applications suivantes sont-elles injectives, surjectives, bijectives ?
f:R2R(a,b)a+bg:RRxx3x\begin{array}{ccccc} f & : &\R^2 & \to &\R \\ & & (a,b) & \mapsto & a+b \end{array}\qquad \begin{array}{ccccc} g & : & \R & \to & \R \\ & & x & \mapsto & x^3-x \end{array} u:RRxex+xv:Z×NQ(a,b)ab \begin{array}{ccccc} u & : & \R & \to & \R \\ & & x & \mapsto & e^x+x \end{array}\qquad \begin{array}{ccccc} v & : & \Z\times\N^* & \to & \Q \\ & & (a,b) & \mapsto & \frac ab \end{array}

Examiner chaque situation méthodiquement :
\displaystyle \to l’application peut-elle prendre toutes les valeurs de l’ensemble d’arrivée ?
\displaystyle \to l’application peut-elle prendre plusieurs fois une même valeur ?

\displaystyle \bullet Soit xR\displaystyle x\in\R. On a f(x,0)=x\displaystyle f(x,0)=x donc (x,0)\displaystyle (x,0) est un antécédent de x\displaystyle x. Ainsi f\displaystyle f est surjective.
f(1,0)=f(0,1)\displaystyle f(1,0)=f(0,1) donc f\displaystyle f n’est pas injective.
\displaystyle \bullet g\displaystyle g est continue sur R\displaystyle \R, avec limxg(x)=\displaystyle \lim_{x\to -\infty}g(x)=-\infty et limx+g(x)=+\displaystyle \lim_{x\to +\infty}g(x)=+\infty. Ainsi d’après le théorème des valeurs intermédiaires, pour yR\displaystyle y\in\R il existe xR\displaystyle x\in\R tel que g(x)=y\displaystyle g(x)=y. Donc g\displaystyle g est surjective.
g(0)=g(1)=0\displaystyle g(0)=g(1)=0 donc g\displaystyle g n’est pas injective.
\displaystyle \bullet u\displaystyle u est continue, strictement croissante (somme de deux fonctions strictement croissantes), avec limxu(x)=\displaystyle \lim_{x\to -\infty}u(x)=-\infty et limx+u(x)=+\displaystyle \lim_{x\to +\infty}u(x)=+\infty. Par théorème de la bijection monotone, g\displaystyle g est donc bijective.
\displaystyle \bullet v\displaystyle v est surjective par définition de Q\displaystyle \Q : pour qQ\displaystyle q\in\Q il existe aZ\displaystyle a\in\Z, bN\displaystyle b\in\N^* tels que q=ab\displaystyle q=\frac ab.
On a v(0,1)=v(0,2)\displaystyle v(0,1)=v(0,2) donc v\displaystyle v n’est pas injective.

Exercice 352 ⭐️ Injectivité, surjectivité, Sup/L1

Les applications suivantes sont-elles injectives, surjectives, bijectives ?
f:P(N)P(N)AAcg:ZNaa\begin{array}{ccccc} f & : &\mathcal P(\N) & \to & \mathcal P(\N) \\ & & A & \mapsto & A^c \end{array}\qquad \begin{array}{ccccc} g & : & \Z & \to & \N \\ & & a & \mapsto & |a| \end{array}\qquad u:P({0,1,,10})[ ⁣[0;11] ⁣]ACard(A)v:ZP(Z)x{x} \begin{array}{ccccc} u & : & \mathcal P(\{0,1,\dots,10\}) & \to & [\![0;11]\!] \\ & &A & \mapsto & \mathrm{Card}(A) \end{array}\qquad \begin{array}{ccccc} v & : & \Z & \to & \mathcal P(\Z) \\ & & x & \mapsto & \{x\} \end{array}

Examiner chaque situation méthodiquement :
\displaystyle \to l’application peut-elle prendre toutes les valeurs de l’ensemble d’arrivée ?
\displaystyle \to l’application peut-elle prendre plusieurs fois une même valeur ?

\displaystyle \bullet On remarque que AP(N), f(f(A))=A\displaystyle \forall A\in\mathcal P(\N),~f(f(A))=A. Ainsi ff=idP(N)\displaystyle f\circ f=\mathrm{id}_{\mathcal P(\N)}, donc f\displaystyle f est bijective (et f1=f\displaystyle f^{-1}=f).
\displaystyle \bullet Pour aN\displaystyle a\in\N, on a g(a)=a\displaystyle g(a)=a, donc a\displaystyle a est un antécédent de a\displaystyle a. Ainsi g\displaystyle g est surjective.
On a g(1)=g(1)\displaystyle g(-1)=g(1), donc g\displaystyle g n’est pas surjective.
\displaystyle \bullet Soit k[ ⁣[0;11] ⁣]\displaystyle k\in [\![0;11]\!]. L’ensemble A={0,1,,k1}\displaystyle A=\{0,1,\dots,k-1\} vérifie u(A)=k\displaystyle u(A)=k. Donc u\displaystyle u est surjective.
u({0})=u({1})=1\displaystyle u(\{0\})=u(\{1\})=1, donc u\displaystyle u n’est pas injective.
\displaystyle \bullet \displaystyle \varnothing n’a pas d’antécédent par v\displaystyle v, donc v\displaystyle v n’est pas surjective.
Soit x,yZ\displaystyle x,y\in\Z tels que {x}={y}\displaystyle \{x\}=\{y\}. On a alors évidemment x=y\displaystyle x=y. Donc v\displaystyle v est injective.

Exercice 353 ⭐️ Intersection et union, Sup/L1

Soient A,B,C\displaystyle A,B,C trois sous-parties d’un ensemble E\displaystyle E. On suppose que AB=AC\displaystyle A\cup B=A\cup C, et AB=AC\displaystyle A\cap B=A\cap C.
Montrer que B=C\displaystyle B=C.

Commencer par faire un dessin (patates) peut aider à comprendre la situation.

La première hypothèse entraîne : (AB)A=(AC)A,(A\cup B)\setminus A = (A\cup C)\setminus A,
autrement dit AcB=AcC.A^c\cap B = A^c\cap C.
Par ailleurs B=(AB)(AcB)\displaystyle B=(A\cap B)\cup (A^c\cap B), et de même C=(AC)(AcC)\displaystyle C=(A\cap C)\cup (A^c\cap C). Donc B=C\displaystyle B=C.