Soit un entier . Déterminer maximal tel qu’il existe parties de vérifiant :
Corrigé
On note le corps , muni des lois d’addition et de multiplication usuelles. On considère le -espace vectoriel . La dimension de sur est .
Il y a une bijection naturelle, notée , entre et l’ensemble : à tout , on associe la partie telle que, pour tout , on a .
On consière également la forme bilinéaire définie par :
En plus de la bilinéarité, on utilise la propriété suivante : vaut , resp. , si et seulement si le cardinal de est pair, resp. impair. En effet, le produit vaut si et seulement si , c’est à dire si et seulement si appartient à et à .
On considère maintenant une famille vérifiant les hypothèses de l’énoncé. On pose . On va montrer que la famille est libre dans , ce qui implique que .
Soient tels que . On fixe un indice . On a alors :
Or si , alors est de cardinal pair, par la deuxième hypothèse, on a donc . De la même façon, la première hypothèse implique que . On a donc . Comme a été choisi arbitrairement dans , on a montré que pour tout indice , ce qui prouve que la famille est libre dans . On a donc nécessairement .
On remarque pour finir qu’on peut avoir : il suffit de choisir
= {i} pour tout .
Autre méthode
Peut-on se passer des méthodes d’algèbre linéaire, qui paraissent assez artificielles au vu de l’énoncé ? Réponse : oui, bien sûr, mais au prix d’un travail titanesque, au bout duquel on est convaincu de la puissance du théorème de la base incomplète, et également convaincu que l’utilisation de l’algèbre linéaire est finalement assez naturelle.
Soient vérifiant les hypothèses de l’énoncé. Pour toute partie de et tout élément on pose On remarque que si alors .
On introduit l’application définie de la façon suivante : si et seulement si est impair. On va montrer que l’application est injective, ce qui implique que , donc que .
On montre d’abord que , où représente la différence symétrique. Par définition, est l’union disjointe de et . On a donc :
En particulier, est impair si et seulement si exactement une des deux quantités , est paire, ce qui est équivalent à dire que appartient à un et un seul des deux ensembles, , autrement dit si et seulement si .
Soient et telles que . On a , donc , où . Il reste à montrer que nécessairement . Supposons par l’absurde que’il existe un certain . Comme on a , chacun des est pair. En particulier, est pair. Mais on a aussi :
Or les quantités sont toutes paires, sauf , qui est impair. Ainsi on a prouvé que est impair, ce qui est une contradiction. Ainsi , donc est injective et .
Corrigé
L’idée est d’écrire sous la forme explicite , ce qui est possible dès que . On a alors :
Pour le second calcul, c’est la même idée :
La même idée d’expliciter les coefficients binomiaux est encore valable ici, car on a les inégalités et . On peut donc écrire :
Réflexes
Au vu de l’égalité sur les 👉 Produit de Cauchy.
Corrigé
Ceux sont les nombres de Catalan qui constituent un sujet passionnant de combinatoire.
On pose pour .
Corrigé
Soit . Montrer l’identité de deux façons différentes :
Réflexes
Corrigé
La formule du binôme de Newton permet d’écrire : comme souhaité. Soit maintenant fixé. On va montrer que l’identité voulue est bien vérifiée pour le polynôme . On constate que pour tout et que Ainsi, Le changement d’indices montre que cette somme vaut Pour démontrer l’identité pour un polynôme quelconque , on commence par remarquer que forme une base de . En effet c’est une famille étagée car . Il existe donc des coefficients tels que et on a :
On pose pour tout . On sait, par la théorie des polynômes d’interpolation de Lagrange, que est l’unique polynôme de tel que pour tout . De plus, on a , avec Le dénominateur se simplifie : on a De plus on a : Ainsi On en déduit que donc (en écrivant ) :
BONUS !!! Une troisième méthode : on considère l’application linéaire qui à tout polynôme associe le polynôme tel que . On peut voir l’application comme une dérivation discrète (d’où la lettre , malin, non ?). On va se raccrocher à cette intuition en vérifiant si certaines propriétés de l’opération de dérivation sont aussi vraies pour . Tout d’abord, on remaque que si , alors . Ainsi envoie tout polynôme de degré (exactement) sur un polynôme de degré (exactement) . En particulier le noyau de est l’ensemble des polynômes constants.
On va maintenant itérer l’opération . On remarque que On peut alors montrer par récurrence sur que En effet si cette formule est vraie pour un certain rang on a alors et on conclut par la formule de Pascal.
Pour tout entier on pose et . On introduit également la fonction définie pour tout par .
Réflexes
Vu le résultat à prouver à la question 1, il faut faire apparaître une famille sommable !
Corrigé
Montrer que et en déduire pour .
Réflexes
La quantité est-elle monotone en ? Comme c’est des produits, on regarde des quotients et pas des différences !
Corrigé
Posons . Alors . Or pour . Donc pour tout entier . Donc pour tout entier , , ce qu’on voulait !
On multiplie cette inégalité par et on obtient , qui est l’inégalité sur les combinaisons désirée.
Plein de compléments intéressants sur Math-OS !
Soit . On appelle dérangement d’un ensemble toute bijection sans point fixe, c’est à dire telle que .
Pour , on note le nombre de dérangements d’un ensemble à éléments. Par convention, .
Réflexes
Corrigé
Ainsi .
2. Comme , le rayon de convergence de est supérieur ou égal à celui de , qui vaut . Ainsi est définie (au moins) sur .
Pour on peut faire le produit de Cauchy suivant (séries absolument convergentes) :
3. L’égalité , pour , donne, à nouveau par produit de Cauchy :
Par unicité du développement en série entière, .
est un entier par définition. Pour , est bien l’entier le plus proche de . Prenons maintenant , et montrons que .
On a .
On reconnaît le reste d’une série alternée, et on peut donc majorer à l’aide du premier terme :
Montrer que est premier ssi est premier et vaut ou .
Réflexes
Vu l’énoncé, le lemme de Gauss ne semble pas très loin…
Corrigé
Si est premier et ou , alors est premier. Réciproquement, on suppose que est premier. On a alors Ainsi divise le produit , et comme est premier, il divise l’un des termes de ce produit : il existe tel que . En particulier, on a . Or, à fixé, la suite est strictement croissante : en effet la division de deux termes consécutifs donne : On en déduit que , avec égalité si et seulement si . Un raisonnement similaire montre que, à fixé, la famille est croissante pour et décroissante pour . En particulier, on a , avec égalité si et seulement si ou . En combinant tous ces lemmes, on a montré que si , avec égalité si et seulement si et .
Soit . Calculer
Réflexes
Corrigé
Notons la matrice de l’énoncé et son déterminant. La matrice carrée est de taille et il semble naturel d’indicer ses coefficients par : on a avec .
On utilise le résultat suivant : le déterminant de est le même que celui de la matrice définie par où par convention . En effet, on remarque que la matrice est construite à partir de la matrice par les opérations élémentaires , pour , puis par les opérations . Ces opérations laissent le déterminant invariant.
Dans le cas de cet exercice, on a : Or la formule du triangle de Pascal permet d’écrire que on a donc tout simplement :
Au final, on a prouvé que
On a donc . Autrement dit : la suite est constante ! Et comme on a , on conclut que
Amicalement transmis et rédigé par René Adad, créateur du blog Math-OS.
Admettons la version suivante de la formule de Leibniz.
Pour tout couple d’applications indéfiniment dérivables de dans et pour tout entier naturel :
Il est facile d’en déduire la formule du binôme, à savoir que pour tout couple de nombres complexes et pour tout entier naturel :
Il suffit en effet de choisir et et d’appliquer (1); il vient :
c’est-à-dire : d’où (2) après simplifiation par . Une question nettement moins évidente est la réciproque …
On admet donc désormais la formule du binôme, mais sous la forme assez générale suivante, qui se démontre classiquement par récurrence, en exploitant pour l’essentiel la formule, dite “de Pascal”, :
Etant donné un anneau et deux éléments tels que , on a pour tout :
Il faudra choisir avec soin l’anneau et les deux éléments qui commutent … 🙂
Solution Proposée
On suppose donc connue la formule du binôme dans un anneau, pour deux éléments qui commutent.
Notons le -espace vectoriel des applications de classe de dans et considérons l’anneau des endomorphismes de .
Parmi les éléments de , se trouvent les opérateurs et . Et ces deux bébêtes commutent d’après le théorème de Schwarz !
On a donc :
c’est-à-dire :
Il ne reste plus qu’à considérer un couple d’éléments de et à appliquer chaque membre de à l’application :
On obtient ainsi la formule de Leibniz 🙂
Pour en savoir plus sur cette question, on pourra visiter cet article du blog Math-OS.
On appelle involution d’un ensemble toute application vérifiant .
Pour , on note le nombre d’involutions de . Par convention .
Réflexes
Corrigé
Soit et deux entiers strictement positifs. Déterminer le nombre de suites d’éléments de périodiques, dont la plus petite période est exactement . En déduire que pour tout ,
est divisible par , étant l’ensemble des diviseurs premiers de .
Corrigé
Une suite a sa plus petite période égale à si et seulement si elle est -périodique, tout en n’étant -périodique pour aucun facteur premier de , De plus, si , une suite est -périodique pour tout si et seulement si sa plus petite période divise , et donc si elle est -périodique. Le nombre de suites -périodiques dans étant , on obtient par inclusion-exclusion que le nombre de suites cherché est
Maintenant, considérons que deux suites de plus petite période sont équivalentes si on peut passer de l’une à l’autre par permutation circulaire des premiers éléments. Comme la plus petite période est exactement , les classes d’équivalences ont toutes éléments (et pas moins), donc est divisible par pour tous . Comme est clairement -périodique modulo par rapport à , on en déduit que est multiple de pour tous .
Remarque: On peut écrire plus succinctement que est divisible par , où désigne la fonction de Möbius et où la somme porte sur les diviseurs positifs de . Si est un nombre premier, on retrouve le petit théorème de Fermat.