Dénombrement

Exercice 174 ⭐️⭐️⭐️⭐️ Cardinal d’intersections, ENS Lyon 2017, Spé/L2

Soit n\displaystyle n un entier 1\displaystyle \ge 1. Déterminer k\displaystyle k maximal tel qu’il existe E1,,Ek\displaystyle E_1,\ldots,E_k parties de {1,,n}\displaystyle \{1,\ldots,n\} vérifiant :

  1. Ei\displaystyle |E_i| est impair pour tout i\displaystyle i ;
  2. Si ij\displaystyle i \neq j alors EiEj\displaystyle |E_i \cap E_j| est pair.

On note K\displaystyle K le corps Z/2Z\displaystyle \mathbb{Z}/2\mathbb{Z}, muni des lois d’addition et de multiplication usuelles. On considère le K\displaystyle K-espace vectoriel V=Kn\displaystyle V=K^n. La dimension de V\displaystyle V sur K\displaystyle K est n\displaystyle n.
Il y a une bijection naturelle, notée E\displaystyle \mathcal{E}, entre V\displaystyle V et l’ensemble P=P{1,,n}\displaystyle P=\mathcal{P}\{1,\ldots,n\} : à tout xV\displaystyle x \in V, on associe la partie E=E(x)P\displaystyle E=\mathcal{E}(x) \in P telle que, pour tout l{1,n}\displaystyle l\in\{1,\ldots n\}, on a lExl=1\displaystyle l \in E \Leftrightarrow x_l=1.
On consière également la forme bilinéaire b:V×VK\displaystyle b : V \times V \rightarrow K définie par :
(x,y)V×V , b(x,y)=j=1nxjyj.\forall (x,y) \in V \times V \ , \ b(x,y)=\sum_{j=1}^n x_j y_j. En plus de la bilinéarité, on utilise la propriété suivante : b(x,y)\displaystyle b(x,y) vaut 0\displaystyle 0, resp. 1\displaystyle 1, si et seulement si le cardinal de E(x)E(y)\displaystyle \mathcal{E}(x) \cap \mathcal{E}(y) est pair, resp. impair. En effet, le produit xjyj\displaystyle x_j y_j vaut 1\displaystyle 1 si et seulement si xj=yj=1\displaystyle x_j=y_j=1, c’est à dire si et seulement si j\displaystyle j appartient à E(x)\displaystyle \mathcal{E}(x) et à E(y)\displaystyle \mathcal{E}(y).

On considère maintenant une famille E1,,Ek\displaystyle E_1,\ldots,E_k vérifiant les hypothèses de l’énoncé. On pose x(i)=E1(Ei)V\displaystyle x^{(i)}=\mathcal{E}^{-1}(E_i) \in V. On va montrer que la famille (x(1),,x(k))\displaystyle (x^{(1),\ldots,x^{(k)}}) est libre dans V\displaystyle V, ce qui implique que kdim(V)=n\displaystyle k \leq {\rm dim }(V) = n.

Soient λ1,,λkK\displaystyle \lambda_1,\ldots,\lambda_k \in K tels que i=1kλix(i)=0\displaystyle \sum_{i=1}^k \lambda_i x^{(i)} = 0. On fixe un indice 1i0k\displaystyle 1 \leq i_0 \leq k. On a alors :
0=b(0,x(i0))=i=1kλib(x(i),x(i0)).0 = b(0,x^{(i_0)}) = \sum_{i=1}^k \lambda_i b(x^{(i)},x^{(i_0)}).
Or si ii0\displaystyle i \neq i_0, alors ϕ(x(i))ϕ(x(i0))=EiEi0\displaystyle \phi(x^{(i)}) \cap \phi(x^{(i_0)}) = E_i \cap E_{i_0} est de cardinal pair, par la deuxième hypothèse, on a donc b(x(i),x(i0))=0\displaystyle b(x^{(i)},x^{(i_0)})=0. De la même façon, la première hypothèse implique que b(x(i0),x(i0))=1\displaystyle b(x^{(i_0)},x^{(i_0)})=1. On a donc 0=λi0\displaystyle 0=\lambda_{i_0}. Comme i0\displaystyle i_0 a été choisi arbitrairement dans {1,,k}\displaystyle \{1,\ldots,k\}, on a montré que λi=0\displaystyle \lambda_i = 0 pour tout indice i\displaystyle i, ce qui prouve que la famille (x(1)),,x(k))\displaystyle (x^{(1)}),\ldots,x^{(k)}) est libre dans V\displaystyle V. On a donc nécessairement kn\displaystyle k \leq n.
On remarque pour finir qu’on peut avoir k=n\displaystyle k=n : il suffit de choisir Ei\displaystyle E_{i}
= {i} pour tout i{1,,n}\displaystyle i \in \{1,\ldots, n\}.

Autre méthode
Peut-on se passer des méthodes d’algèbre linéaire, qui paraissent assez artificielles au vu de l’énoncé ? Réponse : oui, bien sûr, mais au prix d’un travail titanesque, au bout duquel on est convaincu de la puissance du théorème de la base incomplète, et également convaincu que l’utilisation de l’algèbre linéaire est finalement assez naturelle.

Soient E1,,Ek\displaystyle E_1,\ldots,E_k vérifiant les hypothèses de l’énoncé. Pour toute partie I\displaystyle I de {1,,k}\displaystyle \{1,\ldots,k\}et tout élément l{1,,n}\displaystyle l \in \{1,\ldots,n\}on pose m(l,I)=Card{iI:lEi}.m(l,I) = {\rm Card}\{i \in I : l \in E_i\}.On remarque que si IJ=\displaystyle I \cap J = \emptyset alors m(l,IJ)=m(l,I)+m(l,J)\displaystyle m(l,I\cup J) = m(l,I)+m(l,J).
On introduit l’application Φ:P({1,,k})P({1,,n})\displaystyle \Phi : \mathcal{P(\{1,\ldots,k\})} \rightarrow \mathcal{P}(\{1,\ldots,n\})définie de la façon suivante : lΦ(I)\displaystyle l \in \Phi(I) si et seulement si m(I,l)\displaystyle m(I,l) est impair. On va montrer que l’application Φ\displaystyle \Phi est injective, ce qui implique que 2k2n\displaystyle 2^k \leq 2^n, donc que kn\displaystyle k \leq n.

On montre d’abord que Φ(IΔJ)=Φ(I)ΔΦ(J)\displaystyle \Phi(I \Delta J) = \Phi(I) \Delta \Phi(J), où Δ\displaystyle \Delta représente la différence symétrique. Par définition, IΔJ\displaystyle I \Delta J est l’union disjointe de I\J=IJc\displaystyle I \backslash J = I \cap J^c et J\I=JIc\displaystyle J \backslash I = J \cap I^c. On a donc :
m(l,IΔJ)=m(l,I\J)+m(l,J\I)=m(l,I)+m(l,J)2m(l,IJ). m(l, I \Delta J) = m(l,I \backslash J)+m(l,J \backslash I) = m(l,I)+m(l,J)-2m(l,I\cap J). En particulier, m(l,IΔJ)\displaystyle m(l,I \Delta J) est impair si et seulement si exactement une des deux quantités m(l,I)\displaystyle m(l,I), m(l,J)\displaystyle m(l,J) est paire, ce qui est équivalent à dire que l\displaystyle l appartient à un et un seul des deux ensemblesΦ(I)\displaystyle \Phi(I), Φ(J)\displaystyle \Phi(J), autrement dit si et seulement si lΦ(I)ΔΦ(J)\displaystyle l \in \Phi(I) \Delta \Phi(J).
Soient I\displaystyle I et J\displaystyle J telles que Φ(I)=Φ(J)\displaystyle \Phi(I) = \Phi(J). On a Φ(I)ΔΦ(J)=\displaystyle \Phi(I) \Delta \Phi(J) = \emptyset, donc Φ(K)=\displaystyle \Phi(K) = \emptyset, où K=IΔJ\displaystyle K= I \Delta J. Il reste à montrer que nécessairement K=\displaystyle K= \emptyset. Supposons par l’absurde que’il existe un certain iK\displaystyle i \in K. Comme on a Φ(K)=\displaystyle \Phi(K) = \emptyset, chacun des m(l,K)\displaystyle m(l,K) est pair. En particulier, lEim(l,K)\displaystyle \sum_{l \in E_i} m(l,K) est pair. Mais on a aussi : lEim(l,K)=lEikK1lEk=kKlEi1lEk=kKcard(EiEk).\sum_{l \in E_i} m(l,K) = \sum_{l \in E_i} \sum_{k \in K} 1_{l \in E_k} = \sum_{k \in K} \sum_{l\in E_i} 1_{l\in E_k} = \sum_{k \in K} {\rm card}(E_i \cap E_k).
Or les quantités card(EiEk)\displaystyle {\rm card}(E_i \cap E_k) sont toutes paires, sauf card(EiEi)=card(Ei)\displaystyle {\rm card}(E_i \cap E_i) = {\rm card}(E_i ), qui est impair. Ainsi on a prouvé que lEim(l,K)\displaystyle \sum_{l \in E_i}m(l,K) est impair, ce qui est une contradiction. Ainsi K=\displaystyle K = \emptyset, donc Φ\displaystyle \Phi est injective et kn\displaystyle k \le n.

Exercice 175 ⭐️ Terminale/Sup/L1/Classique

  1. Calculer k=1nk(nk)\displaystyle \sum_{k=1}^n k {n\choose k} et k=0n1k+1(nk)\displaystyle \sum_{k=0}^n \frac{1}{k+1} {n\choose k}.
  2. Calculer k=1p(1)k(nk)(nkpk)\displaystyle \sum_{k=1}^p (-1)^k {n\choose k} {n-k \choose p-k} pour 0pn\displaystyle 0\le p\le n .
  1. L’idée est d’écrire (nk)\displaystyle {n \choose k} sous la forme explicite n!k!(nk)!\displaystyle \frac{n!}{k!(n-k)!}, ce qui est possible dès que 0kn\displaystyle 0 \le k \le n. On a alors : k=1nk(nk)=k=1nk(n1)!n(k1)!k((n1)(k1))!\sum_{k=1}^n k {n \choose k} = \sum_{k=1}^n k \frac{(n-1)! n}{ (k-1)!k ((n-1)-(k-1))!}=nk=1n(n1k1)=nl=0n1(n1l)=n2n1. = n \sum_{k=1}^n {n-1 \choose k-1} = n \sum_{l=0}^{n-1} {n-1 \choose l} = n 2^{n-1}.
    Pour le second calcul, c’est la même idée :
    k=0n1k+1(nk)=k=0n(n+1)!n+1(k+1)k!((n+1)(k+1))!\sum_{k=0}^n \frac{1}{k+1} {n \choose k} = \sum_{k=0}^n \frac{\frac{(n+1)!}{n+1}}{(k+1)k ! ((n+1)-(k+1))!} =1n+1k=0n(n+1k+1)=1n+1l=1n+1(n+1l)=2n+11n+1.= \frac{1}{n+1}\sum_{k=0}^n {n+1 \choose k+1} = \frac{1}{n+1} \sum_{l=1}^{n+1} {n+1 \choose l} = \frac{2^{n+1}-1}{n+1}.

  2. La même idée d’expliciter les coefficients binomiaux est encore valable ici, car on a les inégalités 0kn\displaystyle 0 \le k \le n et 0pknk\displaystyle 0 \le p-k \le n-k. On peut donc écrire : k=1p(1)k(nk)(nkpk)=k=1p(1)kn!k!(nk)!(nk)!(pk)!((nk)(pk))!\sum_{k=1}^p (-1)^k {n\choose k} {n-k \choose p-k} = \sum_{k=1}^p (-1)^k \frac{n!}{k!(n-k)!} \frac{(n-k)!}{(p-k)! ((n-k)-(p-k))!} =n!(np)!k=1p(1)k1k!(pk)!=(np)k=1p(1)k(pk)= \frac{n!}{(n-p)!} \sum_{k=1}^p (-1)^k \frac{1}{k! (p-k)!} = {n \choose p} \sum_{k=1}^p (-1)^k {p \choose k} =(np)((11)p1)=(np).={n \choose p} ((1-1)^p-1) = - {n \choose p}.

Exercice 176 ⭐️⭐️ Nombres de Catalan, Spé/L2

  1. Soit Cn\displaystyle C_n le nombre de parenthésage possible d’un produit a1an\displaystyle a_1\cdots a_n.
    Montrer que Cn=k=1n1CkCnk\displaystyle C_n=\sum_{k=1}^{n-1} C_k C_{n-k} , pour n1\displaystyle n\ge 1.
  2. Déterminer une équation fonctionnelle simple pour la série génératrice g(x)=n=1Cnxn\displaystyle g(x)=\sum_{n=1}^\infty C_n x^n .
  3. Résoudre cette équation, et en dérivant g\displaystyle g, identifier Cn\displaystyle C_n.

Au vu de l’égalité sur les Cn\displaystyle C_n 👉 Produit de Cauchy.

  1. Tout produit des aj\displaystyle a_j s’écrit d’une unique façon (a1ak)(ak+1an)\displaystyle (a_1\cdots a_k)(a_{k+1}\cdots a_n). La parenthèse de “coupure” représente un k\displaystyle k qui va varier entre 1\displaystyle 1 et n1\displaystyle n-1. Il y a Ck\displaystyle C_k parenthésages possibles pour (a1ak)\displaystyle (a_1\cdots a_k) et Cnk\displaystyle C_{n-k} pour (ak+1an)\displaystyle (a_{k+1}\cdots a_n). D’où l’égalité voulue pour n2\displaystyle n\ge2. On a aussi C1=1\displaystyle C_1=1.
  2. On calcule g(x)2=n2(k=1n1CkCnk)xn=n2Cnxn=g(x)x\displaystyle g(x)^2=\sum_{n\ge2}\left(\sum_{k=1}^{n-1} C_k C_{n-k}\right)x^n=\sum_{n\ge2}C_n x^n =g(x)-x. Pour l’instant c’est un calcul formel car on ne sait pas si le rayon de convergence est R>0\displaystyle R>0. Supposons que ce soit le cas dans notre phase d’analyse.
  3. On peut résoudre l’équation g2g+x=0\displaystyle g^2-g+x=0, ce qui donne après une petite étude g(x)=114x2\displaystyle g(x)=\frac{1-\sqrt{1-4x}}{2}.
    Pour la synthèse, il faut développer en série entière g(x)\displaystyle g(x) et vérifier qu’on a bien la relation de récurrence de la question 1). On a g(x)=114x\displaystyle g'(x)=\frac{1}{\sqrt{1-4x}} et on peut développer assez facilement g\displaystyle g' pour 0<x<1/4\displaystyle 0 < x < 1/4, et on trouve g(x)=n0(2nn)xn\displaystyle g'(x)=\sum_{n\ge0}{2n \choose n}x^n. En intégrant et avec g(0)=0\displaystyle g(0)=0, il vient Cn=(2n2n1)n\displaystyle C_n=\frac{{2n-2 \choose n-1}}{n}, n1\displaystyle n\ge1.

Ceux sont les nombres de Catalan qui constituent un sujet passionnant de combinatoire.

Exercice 236 ⭐️⭐️ Nombres de Catalan, Spé/L2

On pose Cn=1n(2n2n1)\displaystyle C_n=\frac1n {2n-2 \choose n-1} pour n1\displaystyle n\ge1.

  1. En calculant an=Cn+1Cn\displaystyle a_n=\frac{C_{n+1}}{C_n}, trouver le rayon de convergence de la série entière f(x)=n=1Cnxn\displaystyle f(x)=\sum_{n = 1}^\infty C_n x^n.
  2. Donner une équation différentielle vérifiée par f\displaystyle f et la résoudre.
  3. Déterminer une équation fonctionnelle vérifiée par f\displaystyle f.
  4. En déduire que Cn=k=1n1CkCnk\displaystyle C_n=\sum_{k=1}^{n-1}C_kC_{n-k} pour n2\displaystyle n\geq 2, puis que Cn\displaystyle C_n est un entier.
  1. On a an=nn+12n(2n1)n2=42/n1+1/nn4\displaystyle a_n=\frac{n}{n+1}\frac{2n(2n-1)}{n^2}=\frac{4-2/n}{1+1/n}\xrightarrow[n\to\infty]{}4. On en déduit, par le critère de d’Alembert, que le rayon de convergence de n1Cnxn\displaystyle \sum_{n\ge1} C_n x^n est R=14\displaystyle R=\frac14.
  2. On a f(x)=n1nCnxn1=1+4xf(x)2f(x).f'(x)=\sum_{n\ge1} nC_n x^{n-1}=1+4xf'(x)-2f(x). On en déduit que f\displaystyle f satisfait l’équation différentielle (14x)y+2y=1\displaystyle (1-4x)y'+2y=1. On la résout avec la méthode de variation de la constante, et on trouve pour tout x]1/4,1/4[\displaystyle x\in]-1/4,1/4[, f(x)=12(114x)\displaystyle f(x)=\frac12(1-\sqrt{1-4x}).
  3. La fonction f\displaystyle f vérifie l’équation fonctionnelle f(x)2=f(x)x\displaystyle f(x)^2=f(x)-x sur ]1/4,1/4[\displaystyle ]-1/4,1/4[.
  4. On a f(x)2=n1dnxn\displaystyle f(x)^2=\sum_{n\ge1} d_n x^n avec dn=k=1n1CkCnk\displaystyle d_n=\sum_{k=1}^{n-1}C_kC_{n-k}. En identifiant les coefficients avec l’équation fonctionnelle, on obtient pour tout n2\displaystyle n\ge2, dn=Cn\displaystyle d_n=C_n, d’où Cn=k=1n1CkCnk\displaystyle C_n=\sum_{k=1}^{n-1}C_kC_{n-k}.

Exercice 246 ⭐️⭐️⭐️ Combinaison et polynômes, X MP, Sup/L1

Soit PRn[X]\displaystyle P \in \R_n[X]. Montrer l’identité k=0n+1(n+1k)(1)kP(k)=0 \sum_{k=0}^{n+1} \binom{n+1}{k} (-1)^k P(k) = 0 de deux façons différentes :

  1. En considérant les polynômes P0(X)=1\displaystyle P_0(X)=1 et Pl(X)=X(X1)(Xl+1)\displaystyle P_l(X) = X(X-1)\cdots (X-l+1), pour 1ln\displaystyle 1 \le l \le n ;
  2. En utilisant des polynômes d’interpolation de Lagrange.
  • Somme, combinaison 👉 Formule du binôme ;
  • Polynômes interpolateurs Lk\displaystyle L_k de Lagrange 👉 écriture de P\displaystyle P comme somme des Lk\displaystyle L_k.
  1. La formule du binôme de Newton permet d’écrire : k=0n+1(n+1k)(1)kP0(k)=k=0n+1(n+1k)(1)k=(11)n+1=0\sum_{k=0}^{n+1} \binom{n+1}{k} (-1)^k P_0(k) = \sum_{k=0}^{n+1} \binom{n+1}{k} (-1)^k = (1-1)^{n+1} = 0 comme souhaité. Soit maintenant 1ln\displaystyle 1 \le l \le n fixé. On va montrer que l’identité voulue est bien vérifiée pour le polynôme Pl\displaystyle P_l. On constate que Pl(k)=0\displaystyle P_l(k) = 0 pour tout 0kl1\displaystyle 0 \le k \le l-1 et que k{l,,n} , Pl(k)=k!(kl)!.\forall k \in \{l,\ldots,n\} \ , \ P_l(k) = \frac{k!}{(k-l)!}. Ainsi, k=0n+1(n+1k)(1)kPl(k) = k=ln+1(n+1)!k!(n+1k)!k!(kl)!(1)k= k=ln+1(n+1)!(kl)!(n+1k)!(1)k.\begin{aligned} \sum_{k=0}^{n+1} \binom{n+1}{k} (-1)^k P_l(k)\ & =\ \sum_{k=l}^{n+1} \frac{(n+1)!}{k!(n+1-k)!} \frac{k!}{(k-l)!} (-1)^k\\ & =\ \sum_{k=l}^{n+1} \frac{(n+1)!}{(k-l)!(n+1-k)!}(-1)^k. \end{aligned} Le changement d’indices p=kl\displaystyle p=k-l montre que cette somme vaut (n+1)!(n+1l)!p=0n+1l(n+1lp)(1)l+p=(n+1)!(n+1l)!(1)l(11)n+1l=0.\frac{(n+1)!}{(n+1-l)!} \sum_{p=0}^{n+1-l} \binom{n+1-l}{p}(-1)^{l+p} = \frac{(n+1)!}{(n+1-l)!} (-1)^l (1-1)^{n+1-l} = 0. Pour démontrer l’identité pour un polynôme quelconque PRn[X]\displaystyle P \in \R_n[X], on commence par remarquer que (Pl)0ln\displaystyle (P_l)_{0 \le l \le n} forme une base de Rn[X]\displaystyle \R_n[X]. En effet c’est une famille étagée car deg(Pl)=l\displaystyle {\rm deg}(P_l) =l. Il existe donc des coefficients a0,,an\displaystyle a_0,\ldots,a_n tels que P(X)=l=0nalPl(X)\displaystyle P(X) = \sum_{l=0}^n a_l P_l(X) et on a : k=0n+1(n+1k)(1)kP(k)=l=0nal(k=0n+1(n+1k)(1)kPl(k))=0. \sum_{k=0}^{n+1} \binom{n+1}{k} (-1)^k P(k) = \sum_{l=0}^n a_l \left(\sum_{k=0}^{n+1} \binom{n+1}{k} (-1)^k P_l(k) \right) = 0.

  2. On pose αk=P(k)\displaystyle \alpha_k = P(k) pour tout k{0,,n}\displaystyle k \in \{0,\ldots, n\}. On sait, par la théorie des polynômes d’interpolation de Lagrange, que P\displaystyle P est l’unique polynôme de Rn[X]\displaystyle \R_n[X] tel que P(k)=αk\displaystyle P(k) = \alpha_k pour tout 0kn\displaystyle 0 \le k \le n. De plus, on a P(X)=k=0nαkLk(X)\displaystyle P(X) = \sum_{k=0}^n \alpha_k L_k(X), avec Lk(X)=0in,ikXi0in,ikki.L_k(X) = \frac{\prod_{0 \le i \le n , i \neq k} X-i}{\prod_{0 \le i \le n , i \neq k} k-i}. Le dénominateur se simplifie : on a 0in,ikki=(i=0k1ki)(i=k+1nki)=k!(1)nk(nk)!\prod_{0 \le i \le n , i \neq k} k-i = \left(\prod_{i=0}^{k-1} k-i \right) \left(\prod_{i=k+1}^n k-i\right) = k ! (-1)^{n-k} (n-k)! De plus on a : 0in,ikn+1i=i=0nn+1in+1k=(n+1)!n+1k.\prod_{0 \le i \le n , i \neq k} n+1-i = \frac{\prod_{i=0}^n n+1-i}{n+1-k} = \frac{(n+1)!}{n+1-k}. Ainsi Lk(n+1)=(n+1)!k!(nk)!(n+1k)(1)nk=(n+1k)(1)nk.L_k(n+1) = \frac{(n+1)!}{k!(n-k)!(n+1-k) (-1)^{n-k}} = \binom{n+1}{k} (-1)^{n-k}. On en déduit que P(n+1)=k=0n(n+1k)(1)nkP(k),P(n+1) = \sum_{k=0}^n \binom{n+1}{k} (-1)^{n-k} P(k), donc (en écrivant (1)nk=(1)n+k\displaystyle (-1)^{n-k} = (-1)^{n+k}) : k=0n+1(n+1k)(1)kP(k)=(1)n+1P(n+1)+(1)nP(n+1)=0.\sum_{k=0}^{n+1} \binom{n+1}{k} (-1)^{k} P(k) = (-1)^{n+1} P(n+1) + (-1)^n P(n+1) = 0.

BONUS !!! Une troisième méthode : on considère l’application linéaire D:R[X]R[X]\displaystyle D : \R[X] \rightarrow \R[X] qui à tout polynôme P\displaystyle P associe le polynôme Q=D(P)\displaystyle Q=D(P) tel que Q(X)=P(X+1)P(X)\displaystyle Q(X)=P(X+1)-P(X). On peut voir l’application D\displaystyle D comme une dérivation discrète (d’où la lettre D\displaystyle D, malin, non ?). On va se raccrocher à cette intuition en vérifiant si certaines propriétés de l’opération de dérivation sont aussi vraies pour D\displaystyle D. Tout d’abord, on remaque que si P(X)=Xp\displaystyle P(X)=X^p, alors D(P)(X)=(X+1)pXp=k=0p1(pk)Xk1\displaystyle D(P)(X)=(X+1)^p-X^p = \sum_{k=0}^{p-1} \binom{p}{k} X^{k-1}. Ainsi D\displaystyle D envoie tout polynôme de degré (exactement) d1\displaystyle d \ge 1 sur un polynôme de degré (exactement) d1\displaystyle d-1. En particulier le noyau de D\displaystyle D est l’ensemble des polynômes constants.

On va maintenant itérer l’opération D\displaystyle D. On remarque que (D2P)(X)=(DP)(X+1)(DP)(X)=P(X+2)2P(X+1)+P(X).(D^2P)(X) = (DP)(X+1)-(DP)(X) = P(X+2)-2P(X+1)+P(X). On peut alors montrer par récurrence sur n1\displaystyle n \ge 1 que (DnP)(X)=k=0n(nk)(1)nkP(X+k).(D^nP)(X) = \sum_{k=0}^n \binom{n}{k} (-1)^{n-k} P(X+k). En effet si cette formule est vraie pour un certain rang n\displaystyle n on a alors (Dn+1P)(X)=k(nk)(1)nk(P(X+k+1)P(X+k))=kP(X+k)(1)n+1k((nk)+(nk1)),(D^{n+1}P)(X) = \sum_{k} \binom{n}{k} (-1)^{n-k} (P(X+k+1)-P(X+k)) = \sum_{k} P(X+k) (-1)^{n+1-k}\left(\binom{n}{k}+\binom{n}{k-1}\right), et on conclut par la formule de Pascal.

Exercice 271 ⭐️⭐️ Nombres de Bell, MP/L2

Pour tout entier n0\displaystyle n \ge 0 on pose An=k=0knk!\displaystyle A_n = \sum_{k=0}^\infty \frac{k^n}{k!} et Bn=1eAn\displaystyle B_n = \frac{1}{e} A_n. On introduit également la fonction f:RR+\displaystyle f : \R \rightarrow \R_+ définie pour tout xR\displaystyle x \in \R par f(x)=exp(exp(x))\displaystyle f(x)=\exp(\exp(x)).

  1. Montrer que f\displaystyle f est développable en série entière autour de 0\displaystyle 0, avec un rayon de convergence infini, et que f(x)=n=0Ann!xn.f(x) = \sum_{n=0}^\infty \frac{A_n}{n!} x^n.
  2. Montrer que f(n+1)(x)=k=0n(nk)exp(x)f(k)(x)f^{(n+1)}(x) = \sum_{k=0}^n \binom{n}{k} \exp(x) f^{(k)}(x) et en déduire une relation de récurrence sur les (An)\displaystyle (A_n).
  3. Montrer que pour tout n0\displaystyle n \ge 0, Bn\displaystyle B_n est un entier.

Vu le résultat à prouver à la question 1, il faut faire apparaître une famille sommable !

  1. On sait que pour tout zR\displaystyle z \in \R on a exp(z)=k=0zkk!\displaystyle \exp(z) = \sum_{k=0}^\infty \frac{z^k}{k!} donc f(x)=k=0exp(kx)k!=k=0n=0knxnk!n!.f(x) = \sum_{k=0}^\infty \frac{\exp(kx)}{k!} = \sum_{k=0}^\infty \sum_{n=0}^\infty \frac{k^n x^n}{k! n!}. Or on sait que k=0n=0knxnk!n!=exp(exp(x))<,\sum_{k=0}^\infty \sum_{n=0}^\infty \frac{k^n |x|^n}{k! n!} = \exp(\exp(|x|)) < \infty, on peut donc écrire, par sommabilité de la famille : f(x)=n=0k=0knxnk!n!=n=0Ann!xn.f(x) = \sum_{n=0}^\infty \sum_{k=0}^\infty \frac{k^n x^n}{k! n!} = \sum_{n=0}^\infty \frac{A_n}{n!} x^n. Cette formule a été établie pour tout xR\displaystyle x\in \R, ce qui prouve que la fonction f\displaystyle f est développable en série entière autour de 0\displaystyle 0, avec un rayon infini.
  2. Pour n=0\displaystyle n=0, on remarque qu’on a bien f(x)=exp(x)f(x).\displaystyle f'(x) = \exp(x) f(x). Si n>0\displaystyle n> 0, on écrit que f(n+1)(x)=nxnf(x)=nxn(exp(x)f(x)),f^{(n+1)}(x) = \frac{\partial^n }{\partial x^n} f'(x) =\frac{\partial^n }{\partial x^n} (\exp(x) f(x)), et par la formule de Leibniz (et en remarquant que exp(k)=exp\displaystyle \exp^{(k)} = \exp) on obtient : f(n+1)(x)=k=0n(nk)exp(x)f(k)(x).f^{(n+1)}(x) = \sum_{k=0}^n \binom{n}{k} \exp(x) f^{(k)}(x). De plus, la fonction f\displaystyle f est de classe C\displaystyle \mathcal{C}^\infty en 0\displaystyle 0 et on a, d’après la première question, f(n)(0)=An\displaystyle f^{(n)}(0) = A_n. En prenant la valeur particulière x=0\displaystyle x=0 dans la formule de récurrence sur les f(n)\displaystyle f^{(n)}, on obtient alors : An+1=k=0n(nk)Ak.A_{n+1} = \sum_{k=0}^n \binom{n}{k} A_k.
  3. On montre par récurrence sur n0\displaystyle n \ge 0 que Bn\displaystyle B_n est entier. Si n=0\displaystyle n=0, on a A0=e\displaystyle A_0=e donc B0=1\displaystyle B_0=1. Pour montrer l’hérédité, on remarque que, d’après la question 2, on a Bn+1=k=0n(nk)Bk\displaystyle B_{n+1} = \sum_{k=0}^n \binom{n}{k} B_k, si B0,,Bn\displaystyle B_0,\ldots,B_n sont entiers alors Bn+1\displaystyle B_{n+1} l’est aussi.

Exercice 273 ⭐️ Majoration combinaison, Terminale/Sup/L1

Montrer que (n!)2k!(2nk)!\displaystyle (n!)^2\le k! (2n-k)! et en déduire (2nn)(2nk)\displaystyle {2n \choose n}\ge {2n \choose k} pour 0kn\displaystyle 0\le k\le n.

La quantité k!(2nk)!\displaystyle k! (2n-k)! est-elle monotone en k\displaystyle k ? Comme c’est des produits, on regarde des quotients et pas des différences !

Posons vk=k!(2nk)!\displaystyle v_k=k! (2n-k)!. Alors vkvk+1=2nkk+1\displaystyle \frac{v_k}{v_{k+1}}=\frac{2n-k}{k+1}. Or 2nkk+1\displaystyle 2n-k\ge k+1 pour k<n\displaystyle k<n. Donc vkvk+1\displaystyle v_k\ge v_{k+1} pour tout entier k[0,n1]\displaystyle k\in[0,n-1]. Donc pour tout entier k[0,n]\displaystyle k\in[0,n], vkvn=(n!)2\displaystyle v_k\ge v_n=(n!)^2, ce qu’on voulait !
On multiplie cette inégalité par (2n)!\displaystyle (2n)! et on obtient (2n)!k!(2nk)!(2n)!(n!)2\displaystyle \frac{(2n)!}{k! (2n-k)!}\le\frac{(2n)!}{(n!)^2}, qui est l’inégalité sur les combinaisons désirée.

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Exercice 370 ⭐️⭐️⭐️ Nombre de dérangements, Spé/L2

Soit nN\displaystyle n\in\N^*. On appelle dérangement d’un ensemble E\displaystyle E toute bijection ϕ:EE\displaystyle \phi:E \to E sans point fixe, c’est à dire telle que kE, ϕ(k)k\displaystyle \forall k\in E,~\phi(k)\neq k.
Pour n1\displaystyle n \geq 1, on note dn\displaystyle d_n le nombre de dérangements d’un ensemble à n\displaystyle n éléments. Par convention, d0=1\displaystyle d_0 = 1.

  1. Montrer que pour tout nN\displaystyle n\in\N, n!=k=0n(nk)dnk\displaystyle n!=\sum_{k=0}^n\binom nk d_{n-k}.
  2. On définit la fonction f\displaystyle f par f(x)=n=0dnn!xn\displaystyle f(x)=\sum_{n=0}^\infty \frac{d_n}{n!}x^n.
    Montrer que f\displaystyle f est définie (au moins) sur ]1;1[\displaystyle ]-1;1[ et que x]1;1[,  f(x)ex=11x\displaystyle \forall x\in]-1;1[,~~f(x)e^x=\frac{1}{1-x}.
  3. En déduire que pour tout nN\displaystyle n\in\N, dn=n!k=0n(1)kk!\displaystyle d_n=n!\sum_{k=0}^n\frac{(-1)^k}{k!}, puis que dn\displaystyle d_n est l’entier le plus proche de n!e\displaystyle \frac{n!}{e}.
  1. Égalité combinatoire 👉 Trouver une interprétation en terme de dénombrement.
  2. Produit de fonctions développables en série entière 👉 Produit de Cauchy.
  3. Exprimer dn\displaystyle d_n revient à exprimer f(x)\displaystyle f(x).
  1. Si n=0\displaystyle n=0 l’égalité est vérifiée (1=1\displaystyle 1=1). Supposons maintenant nN\displaystyle n\in\N^*.
    \displaystyle \bullet Le nombre total de permutations de [ ⁣[1,n] ⁣]\displaystyle [\![1,n]\!] vaut n!\displaystyle n!.
    \displaystyle \bullet Pour k[ ⁣[0,n] ⁣]\displaystyle k\in[\![0,n]\!], le nombre de permutations de [ ⁣[1,n] ⁣]\displaystyle [\![1,n]\!] ayant exactement k\displaystyle k points fixes vaut (nk)dnk\displaystyle \binom nk d_{n-k}. En effet une telle permutation est déterminée par un ensemble F\displaystyle F de k\displaystyle k points fixes, et par un dérangement de [ ⁣[1,n] ⁣]F\displaystyle [\![1,n]\!]\setminus F (un ensemble de nk\displaystyle n-k éléments).

Ainsi n!=k=0n(nk)dnk\displaystyle n!=\sum_{k=0}^n\binom nk d_{n-k}.
2. Comme 0dnn!\displaystyle 0\leq d_n\leq n!, le rayon de convergence de dnn!xn\displaystyle \sum \frac{d_n}{n!}x^n est supérieur ou égal à celui de xn\displaystyle \sum x^n, qui vaut 1\displaystyle 1. Ainsi f\displaystyle f est définie (au moins) sur ]1;1[\displaystyle ]-1;1[.
Pour x]1;1[\displaystyle x\in]-1;1[ on peut faire le produit de Cauchy suivant (séries absolument convergentes) :
f(x)ex=(n=0dnn!xn)(n=01n!xn)=n=0(k=0ndnk(nk)!k!)xn=n=01n!(k=0n(nk)dnk)xn=n=0xn=11x.\begin{aligned} f(x)e^x & = \left(\sum_{n=0}^\infty \frac{d_n}{n!}x^n\right)\left(\sum_{n=0}^\infty \frac{1}{n!}x^n\right)\\ & =\sum_{n=0}^\infty\left(\sum_{k=0}^n\frac{d_{n-k}}{(n-k)! k!}\right)x^n\\ &=\sum_{n=0}^\infty \frac{1}{n!}\left(\sum_{k=0}^n\binom nk d_{n-k}\right)x^n\\ &=\sum_{n=0}^\infty x^n=\frac{1}{1-x}. \end{aligned}
3. L’égalité f(x)=ex1x\displaystyle f(x)=\frac{e^{-x}}{1-x}, pour x]1;1[\displaystyle x\in]-1;1[, donne, à nouveau par produit de Cauchy :
n=0dnn!xn=(n=0(1)nn!xn)(n=0xn)=n=0(k=0n(1)kk!)xn\sum_{n=0}^\infty\frac{d_n}{n!}x^n = \left(\sum_{n=0}^\infty \frac{(-1)^n}{n!}x^n\right)\left(\sum_{n=0}^\infty x^n\right) = \sum_{n=0}^\infty\left(\sum_{k=0}^n\frac{(-1)^k}{k!}\right)x^n Par unicité du développement en série entière, dnn!=k=0n(1)kk!\displaystyle \frac{d_n}{n!} = \sum_{k=0}^n\frac{(-1)^k}{k!}.
dn\displaystyle d_n est un entier par définition. Pour n=1\displaystyle n=1, d1=0\displaystyle d_1=0 est bien l’entier le plus proche de 1e\displaystyle \frac 1e. Prenons maintenant n2\displaystyle n\geq 2, et montrons que dnn!e<12\displaystyle \left|d_n-\frac{n!}{e}\right|<\frac 12.
On a dnn!e=n!k=0n(1)kk!n!k=0(1)kk!=n!k=n+1(1)kk!\displaystyle d_n-\frac{n!}{e} = n! \sum_{k=0}^n\frac{(-1)^k}{k!}- n! \sum_{k=0}^\infty\frac{(-1)^k}{k!} = - n! \sum_{k=n+1}^\infty\frac{(-1)^k}{k!}.
On reconnaît le reste d’une série alternée, et on peut donc majorer à l’aide du premier terme :
dnn!en!(n+1)!=1n+1<12.\left|d_n-\frac{n!}{e}\right|\leq \frac{n!}{(n+1)!}=\frac{1}{n+1}<\frac 12.

Exercice 420 ⭐️⭐️ Coefficient binomiaux premiers, Sup/Spé/L2

Montrer que (nk)\displaystyle \binom{n}{k} est premier ssi n\displaystyle n est premier et k\displaystyle k vaut 1\displaystyle 1 ou n1\displaystyle n-1.

Vu l’énoncé, le lemme de Gauss ne semble pas très loin…

Si n\displaystyle n est premier et k=1\displaystyle k=1 ou n1\displaystyle n-1, alors (nk)=n\displaystyle \binom{n}{k} = n est premier. Réciproquement, on suppose que p=(nk)\displaystyle p=\binom{n}{k} est premier. On a alors n(n1)(nk+1)=pk!.n(n-1)\cdots (n-k+1) = p k!. Ainsi p\displaystyle p divise le produit n(n1)(nk+1)\displaystyle n(n-1)\cdots (n-k+1), et comme p\displaystyle p est premier, il divise l’un des termes de ce produit : il existe 0ik1\displaystyle 0 \le i \le k-1 tel que pni\displaystyle p|n-i. En particulier, on a pnin\displaystyle p \le n-i \le n. Or, à k1\displaystyle k \ge 1 fixé, la suite (nk)nk\displaystyle \binom{n}{k}_{n \ge k} est strictement croissante : en effet la division de deux termes consécutifs donne : (n+1k)(nk)=n+1n+1k1.\frac{\binom{n+1}{k}}{\binom{n}{k}} = \frac{n+1}{n+1-k} \ge 1. On en déduit que (nk)(pk)\displaystyle \binom{n}{k} \ge \binom{p}{k}, avec égalité si et seulement si p=n\displaystyle p=n. Un raisonnement similaire montre que, à n2\displaystyle n \ge 2 fixé, la famille (nk)1kn1\displaystyle \binom{n}{k}_{1 \le k \le n-1} est croissante pour k<n/2\displaystyle k < n/2 et décroissante pour k>n/2\displaystyle k > n/2. En particulier, on a (nk)(n1)=n\displaystyle \binom{n}{k} \ge \binom{n}{1} = n, avec égalité si et seulement si k=1\displaystyle k=1 ou k=n1\displaystyle k=n-1. En combinant tous ces lemmes, on a montré que si (nk)p\displaystyle \binom{n}{k} \ge p, avec égalité si et seulement si n=p\displaystyle n=p et k{1,n1}\displaystyle k \in \{1,n-1\}.

Exercice 453 ⭐️⭐️ Déterminant avec coefficients binomiaux, Sup/L1

Soit n0\displaystyle n \ge 0. Calculer det((00)(11)(nn)(10)(21)(n+1n)(42)(n0)(n+11)(2nn)).\det\left(\begin{array}{ccccc} \binom{0}{0} & \binom{1}{1} & \cdots & \cdots & \binom{n}{n}\\ \binom{1}{0} & \binom{2}{1} & \cdots & \cdots & \binom{n+1}{n}\\ \vdots & & \binom{4}{2} & & \vdots\\ \vdots & \ddots & \ddots & \ddots & \vdots\\ \binom{n}{0} & \binom{n+1}{1} & \cdots & \cdots & \binom{2n}{n} \end{array} \right).

  • Formule avec un entier n\displaystyle n 👉 on peut toujours essayer les petites valeurs pour formuler une conjecture et ébaucher quelques idées de preuve… ici c’est un très bon réflexe !
  • Coefficient binomial 👉 on n’oublie pas la formule de récurrence ! On peut quasiment tout faire avec…

Notons Mn\displaystyle M_n la matrice de l’énoncé et Dn\displaystyle D_n son déterminant. La matrice carrée est de taille n+1×n+1\displaystyle n+1 \times n+1 et il semble naturel d’indicer ses coefficients par 0i,jn\displaystyle 0 \le i,j \le n : on a Mn=(mi,j)0i,jn\displaystyle M_n = (m_{i,j})_{0 \le i,j \le n} avec mi,j=(i+jj)\displaystyle m_{i,j} = \binom{i+j}{j}.

On utilise le résultat suivant : le déterminant de Mn\displaystyle M_n est le même que celui de la matrice M~n=(m~i,j)0i,jn\displaystyle \widetilde{M}_n = (\widetilde{m}_{i,j})_{0 \le i,j \le n } définie par m~i,j=mi,jmi1,jmi,j1+mi1,j1,\widetilde{m}_{i,j} = m_{i,j}-m_{i-1,j}-m_{i,j-1}+m_{i-1,j-1}, où par convention m1,j=mi,1=0\displaystyle m_{-1,j} = m_{i,-1} = 0. En effet, on remarque que la matrice M~n\displaystyle \widetilde{M}_n est construite à partir de la matrice Mn\displaystyle M_n par les opérations élémentaires LiLiLi1\displaystyle L_i \leftarrow L_i - L_{i-1}, pour 1in\displaystyle 1 \le i \le n, puis par les opérations CiCiCi1\displaystyle C_i \leftarrow C_i-C_{i-1}. Ces opérations laissent le déterminant invariant.

Dans le cas de cet exercice, on a : m~i,j=(i+jj)(i+j1j)(i+j1j1)+((i1)+(j1)j1).\widetilde{m}_{i,j} = \binom{i+j}{j}-\binom{i+j-1}{j}-\binom{i+j-1}{j-1}+\binom{(i-1)+(j-1)}{j-1}. Or la formule du triangle de Pascal permet d’écrire que (i+jj)(i+j1j)(i+j1j1)=0,\binom{i+j}{j}-\binom{i+j-1}{j}-\binom{i+j-1}{j-1}=0, on a donc tout simplement : m~i,j=((i1)+(j1)j1)=mi1,j1.\widetilde{m}_{i,j} = \binom{(i-1)+(j-1)}{j-1}=m_{i-1,j-1}.

Au final, on a prouvé que M~n=(10Mn10).\widetilde{M}_n = \left ( \begin{array}{c|c} 1 & \star & \cdots & \star \\ \hline 0 & \\ \vdots & &M_{n-1} \\ 0 & \end{array} \right).

On a donc Dn=det(M~n)=det(Mn1)=Dn1\displaystyle D_n = \det(\widetilde{M}_n ) = \det(M_{n-1}) = D_{n-1}. Autrement dit : la suite (Dn)n0\displaystyle (D_n)_{n \ge 0} est constante ! Et comme on a M0=(1)\displaystyle M_0 = (1), on conclut que n0 , Dn=D0=1.\forall n \ge 0 \ , \ D_n = D_0 =1.

Exercice 522 ⭐️⭐️⭐️ Leibniz & Newton, Sup/Spé/MP/L2

Amicalement transmis et rédigé par René Adad, créateur du blog Math-OS.

Admettons la version suivante de la formule de Leibniz.
Pour tout couple (f,g)\displaystyle (f,g) d’applications indéfiniment dérivables de R\displaystyle \mathbb{R} dans C\displaystyle \mathbb{C} et pour tout entier naturel n\displaystyle n :
(fg)(n)=k=0n(nk)f(k)g(nk)(1)\left(fg\right)^{(n)}=\sum_{k=0}^n\binom{n}{k}f^{(k)}g^{(n-k)}\tag{1}

Il est facile d’en déduire la formule du binôme, à savoir que pour tout couple (a,b)\displaystyle (a,b) de nombres complexes et pour tout entier naturel n\displaystyle n :

(a+b)n=k=0n(nk)akbnk(2)\left(a+b\right)^n=\sum_{k=0}^n\binom{n}{k}a^kb^{n-k}\tag{2} Il suffit en effet de choisir f:teat\displaystyle f:t\mapsto e^{at} et g:tebt\displaystyle g:t\mapsto e^{bt} et d’appliquer (1); il vient :
dndtn(e(a+b)t)=k=0n(nk)dkdtk(eat)dnkdtnk(ebt)\frac{d^n}{dt^n}\left(e^{(a+b)t}\right)=\sum_{k=0}^n\binom{n}{k}\frac{d^k}{dt^k}\left(e^{at}\right)\frac{d^{n-k}}{dt^{n-k}}\left(e^{bt}\right) c’est-à-dire : (a+b)ne(a+b)t=k=0n(nk)akeatbnkebt\left(a+b\right)^ne^{(a+b)t}=\sum_{k=0}^n\binom{n}{k}a^ke^{at}b^{n-k}e^{bt} d’où (2) après simplifiation par e(a+b)t\displaystyle e^{(a+b)t}. Une question nettement moins évidente est la réciproque …

On admet donc désormais la formule du binôme, mais sous la forme assez générale suivante, qui se démontre classiquement par récurrence, en exploitant pour l’essentiel la formule, dite “de Pascal”, (nk)+(nk+1)=(n+1k+1)\displaystyle \binom{n}{k}+\binom{n}{k+1}=\binom{n+1}{k+1} :

Formule du binôme dans un anneau

Etant donné un anneau (A,+,×)\displaystyle (A,+,\times) et deux éléments x,yA\displaystyle x,y\in A tels que xy=yx\displaystyle xy=yx, on a pour tout nN\displaystyle n\in\mathbb{N} :

(x+y)n=k=0n(nk)xkynk\left(x+y\right)^n=\sum_{k=0}^n\binom{n}{k}x^ky^{n-k}

Question\displaystyle \textcolor{red}{\text{\bf \large Question}} : Comment peut-on en déduire la formule de Leibniz ?

Il faudra choisir avec soin l’anneau et les deux éléments x,y\displaystyle x,y qui commutent … 🙂

On suppose donc connue la formule du binôme dans un anneau, pour deux éléments qui commutent.

Notons E\displaystyle E le C\displaystyle \mathbb{C}-espace vectoriel des applications de classe C\displaystyle \mathcal{C}^\infty de R2\displaystyle \mathbb{R}^2 dans C\displaystyle \mathbb{C} et considérons l’anneau A=L(E)\displaystyle A=\mathcal{L}(E) des endomorphismes de E\displaystyle E.

Parmi les éléments de A\displaystyle A, se trouvent les opérateurs x\displaystyle \dfrac{\partial}{\partial x} et y\displaystyle \dfrac{\partial}{\partial y}. Et ces deux bébêtes commutent d’après le théorème de Schwarz !

On a donc :
(x+y)n=k=0n(nk)kxknkynk\left(\dfrac{\partial}{\partial x}+\dfrac{\partial}{\partial y}\right)^n=\sum_{k=0}^n\binom{n}{k}\dfrac{\partial^k}{\partial x^k}\circ\dfrac{\partial^{n-k}}{\partial y^{n-k}}

c’est-à-dire :
(x+y)n=k=0n(nk)nxkynk()\left(\dfrac{\partial}{\partial x}+\dfrac{\partial}{\partial y}\right)^n=\sum_{k=0}^n\binom{n}{k}\dfrac{\partial^n}{\partial x^k\,\partial y^{n-k}}\tag{$\star$}

Il ne reste plus qu’à considérer un couple (f,g)\displaystyle (f,g) d’éléments de E\displaystyle E et à appliquer chaque membre de ()\displaystyle (\star) à l’application :
R2R,(x,y)f(x)g(y)\mathbb{R}^2\to\mathbb{R},\,(x,y)\mapsto f(x)\,g(y)
On obtient ainsi la formule de Leibniz 🙂

Pour en savoir plus sur cette question, on pourra visiter cet article du blog Math-OS.

Exercice 549 ⭐️⭐️⭐️ Dénombrement des involutions, Spé/L2

On appelle involution d’un ensemble E\displaystyle E toute application f:EE\displaystyle f:E \to E vérifiant ff=idE\displaystyle f \circ f = \textrm{id} _E.
Pour n1\displaystyle n \geqslant 1, on note In\displaystyle I_n le nombre d’involutions de [ ⁣[1,n] ⁣]\displaystyle [\![1,n]\!]. Par convention I0=1\displaystyle I_0 = 1.

  1. Montrer que pour n2\displaystyle n \geqslant 2, In=In1+(n1)In2\displaystyle I_n = I_{n - 1} + (n - 1)I_{n - 2}.
  2. Montrer que la série n0Inn!xn\displaystyle \sum\limits_{n \geqslant 0} {\frac{{I_n }}{{n!}}x^n } converge si x]1,1[\displaystyle x \in \left] { - 1,1} \right[.
    On note S(x)\displaystyle S(x) sa somme.
  3. Montrer que x]1,1[, S(x)=(1+x)S(x)\displaystyle \forall x \in \left] { - 1,1} \right[,~ S'(x) = (1 + x)S(x). En déduire une expression de S(x)\displaystyle S(x).
  4. Donner une expression de In\displaystyle I_n en fonction de n\displaystyle n. On pourra distinguer selon la parité de n\displaystyle n.
  1. fixer un élément x[ ⁣[1,n] ⁣]\displaystyle x\in [\![1,n]\!] et réfléchir à ce qui peut lui arriver quand on lui applique f\displaystyle f.
  2. La question est liée au rayon de convergence. Majorer le terme général !
  3. Dérivation terme à terme d’une série entière.
  4. On peut résoudre cette équa diff, donc trouver S(x)\displaystyle S(x), et donc In\displaystyle I_n si on écrit le développement en série entière de S\displaystyle S.
  1. Parmi les involutions f\displaystyle f de [ ⁣[1,n] ⁣]\displaystyle [\![1,n]\!] on peut distinguer :
  • celles telles que f(1)=1\displaystyle f(1)=1. Une telle involution est déterminée par la donnée de f\displaystyle f restreinte à [ ⁣[2,n] ⁣]\displaystyle [\![2,n]\!], qui réalise une involution de [ ⁣[2,n] ⁣]\displaystyle [\![2,n]\!]. Il y a donc In1\displaystyle I_{n-1} telles involutions.
  • celles telles que f(1)=k1\displaystyle f(1)=k\ne 1 (et donc f(k)=1\displaystyle f(k)=1). Une telle involution est déterminée par la donnée de f\displaystyle f restreinte à [ ⁣[1,n] ⁣]{1,k}\displaystyle [\![1,n]\!]\setminus\{1,k\}, qui réalise une involution de cet ensemble. Il y a donc In2\displaystyle I_{n-2} telles involutions, pour k[ ⁣[2,n] ⁣]\displaystyle k\in [\![2,n]\!] fixé. Il y a donc au total (n1)In2\displaystyle (n-1)I_{n-2} involutions f\displaystyle f de [ ⁣[1,n] ⁣]\displaystyle [\![1,n]\!] vérifiant f(1)1\displaystyle f(1)\ne 1.
  1. Une involution est une bijection, donc le nombre d’involutions In\displaystyle I_n est majoré par le nombre de bijections de [ ⁣[1,n] ⁣]\displaystyle [\![1,n]\!], qui vaut n!\displaystyle n!. Ainsi Inn!1\displaystyle \frac{I_n }{n!}\le 1 pour tout nN\displaystyle n\in\N.
    On en déduit que le rayon de convergence de la série n0Inn!xn\displaystyle \sum\limits_{n \geqslant 0} {\frac{{I_n }}{{n!}}x^n } est au moins égal à celui de la série n0xn\displaystyle \sum\limits_{n \geqslant 0}x^n, qui vaut 1\displaystyle 1.
    Par conséquent n0Inn!xn\displaystyle \sum\limits_{n \geqslant 0} {\frac{{I_n }}{{n!}}x^n } converge (et même absolument) pour tout x]1;1[\displaystyle x\in]-1;1[.
  2. On peut dériver terme à terme (somme d’une série entière) : pour tout x]1;1[\displaystyle x\in]-1;1[,
    S(x)=n=1nInn!xn1=n=0In+1n!xn=n=0In+nIn1n!xn=n=0Inn!xn+n=1In1(n1)!xn=n=0Inn!xn+n=0Inn!xn+1=(1+x)S(x).\begin{aligned} S'(x) & = \sum_{n=1}^{\infty} {\frac{{nI_n }}{{n!}}x^{n-1} }\\ &=\sum_{n=0}^{\infty} {\frac{{I_{n+1} }}{{n!}}x^{n} }\\ &=\sum_{n=0}^{\infty} {\frac{{I_{n}+nI_{n-1} }}{{n!}}x^{n} }\\ &=\sum_{n=0}^{\infty} {\frac{{I_{n}}}{{n!}}x^{n} }+\sum_{n=1}^{\infty} {\frac{{I_{n-1} }}{{(n-1)!}}x^{n} }\\ &=\sum_{n=0}^{\infty} {\frac{{I_{n}}}{{n!}}x^{n} }+\sum_{n=0}^{\infty} {\frac{{I_{n} }}{{n!}}x^{n+1} } = (1+x)S(x). \end{aligned}
  3. On résout l’équa diff vérifiée par S\displaystyle S : il existe cR\displaystyle c\in\R tel que
    x<1,S(x)=cexp(12(1+x)2).\forall |x|<1, S(x)=c\exp\left(\frac 12(1+x)^2\right).
    En prenant en compte l’égalité S(0)=I0=1\displaystyle S(0)=I_0=1, on obtient S(x)=exp(x+x2/2)=exex2/2\displaystyle S(x)=\exp(x+x^2/2)=e^xe^{x^2/2}.
    Par produit de Cauchy on a donc pour tout x]1;1[\displaystyle x\in]-1;1[ :
    S(x)=(n=0xnn!)(n=0x2n2nn!)=n=0cnxn,\begin{aligned} S(x) & = \left(\sum_{n=0}^{\infty} \frac{x^n}{n!}\right)\left(\sum_{n=0}^{\infty} \frac{x^{2n}}{2^nn!}\right)\\ &=\sum_{n=0}^{\infty} c_nx^{n}, \end{aligned}
    où pour tout nN\displaystyle n\in\N, c2n=k=0n1(2k)! 2nk(nk)!,c_{2n}=\sum_{k=0}^n\frac{1}{(2k)!~2^{n-k}(n-k)!}, c2n+1=k=0n1(2k+1)! 2nk(nk)!.c_{2n+1}=\sum_{k=0}^n\frac{1}{(2k+1)!~2^{n-k}(n-k)!}.
    Enfin par unicité du développement en série entière on a pour tout nN\displaystyle n\in\N, In=n! cn\displaystyle I_n=n!~c_n, soit :
    I2n=k=0n(2n)!(2k)! 2nk(nk)!,I_{2n}=\sum_{k=0}^n\frac{(2n)!}{(2k)!~2^{n-k}(n-k)!}, I2n+1=k=0n(2n+1)!(2k+1)! 2nk(nk)!.I_{2n+1}=\sum_{k=0}^n\frac{(2n+1)!}{(2k+1)!~2^{n-k}(n-k)!}.
    Remarque. Si on fait le produit de Cauchy “dans l’autre sens”, ou de manière équivalente si on fait le changement d’indice knk\displaystyle k\mapsto n-k dans ces sommes on obtiendra plutôt l’expression suivante :
    I2n=k=0n(2n)!(2n2k)! 2kk!,I_{2n}=\sum_{k=0}^n\frac{(2n)!}{(2n-2k)!~2^{k}k!}, I2n+1=k=0n(2n+1)!(2n+12k)! 2kk!.I_{2n+1}=\sum_{k=0}^n\frac{(2n+1)!}{(2n+1-2k)!~2^{k}k!}.

Exercice 576 ⭐️⭐️⭐️ Généralisation du petit théorème de Fermat, Spé/L2/L3

Soit n\displaystyle n et m\displaystyle m deux entiers strictement positifs. Déterminer le nombre de suites d’éléments de {1,2,,m}\displaystyle \{1,2,\dots, m\} périodiques, dont la plus petite période est exactement n\displaystyle n. En déduire que pour tout aZ\displaystyle a \in \mathbb{Z},
EP(n)(1)Card(E)an/(pEp)\sum_{E \subset P(n)} (-1)^{\operatorname{Card}(E)} a^{n/ \left(\prod_{p \in E} p\right) }
est divisible par n\displaystyle n, P(n)\displaystyle P(n) étant l’ensemble des diviseurs premiers de n\displaystyle n.

Une suite a sa plus petite période égale à n\displaystyle n si et seulement si elle est n\displaystyle n-périodique, tout en n’étant (n/p)\displaystyle (n/p)-périodique pour aucun facteur premier p\displaystyle p de n\displaystyle n, De plus, si EP(n)\displaystyle E \subset P(n), une suite est (n/p)\displaystyle (n/p)-périodique pour tout pE\displaystyle p \in E si et seulement si sa plus petite période divise n/pgcd{p,pE}\displaystyle n/\operatorname{pgcd}\{p, p \in E\}, et donc si elle est (n/(pEp))\displaystyle (n/ (\prod_{p \in E} p))-périodique. Le nombre de suites k\displaystyle k-périodiques dans {1,2,,m}\displaystyle \{1,2,\dots, m\} étant mk\displaystyle m^k, on obtient par inclusion-exclusion que le nombre de suites cherché est
N(m,n):=EP(n)(1)Card(E)mn/(pEp).N(m,n) := \sum_{E \subset P(n)} (-1)^{\operatorname{Card}(E)} m^{n/ \left(\prod_{p \in E} p\right) }.
Maintenant, considérons que deux suites de plus petite période n\displaystyle n sont équivalentes si on peut passer de l’une à l’autre par permutation circulaire des n\displaystyle n premiers éléments. Comme la plus petite période est exactement n\displaystyle n, les classes d’équivalences ont toutes n\displaystyle n éléments (et pas moins), donc N(m,n)\displaystyle N(m,n) est divisible par n\displaystyle n pour tous m,n1\displaystyle m, n \geq 1. Comme N(a,n)\displaystyle N(a,n) est clairement n\displaystyle n-périodique modulo n\displaystyle n par rapport à a\displaystyle a, on en déduit que N(a,n)\displaystyle N(a,n) est multiple de n\displaystyle n pour tous aZ\displaystyle a \in \mathbb{Z}.
Remarque: On peut écrire plus succinctement que dnμ(d)an/d\displaystyle \sum_{d |n} \mu(d) a^{n/d} est divisible par n\displaystyle n, où μ\displaystyle \mu désigne la fonction de Möbius et où la somme porte sur les diviseurs positifs de n\displaystyle n. Si n\displaystyle n est un nombre premier, on retrouve le petit théorème de Fermat.