On choisit de façon équiprobable un nombre entier parmi 1,2,⋯,n. Soit 1≤p≤n et Dp l’événement : "le nombre choisi est divisible par p".
Calculer P(Dp) si p divise n.
Montrer que si p1,⋯,pk sont des diviseurs premiers distincts de n, alors Dp1,⋯,Dpk sont indépendants.
Soit ϕ l’indicatrice d’Euler, i.e. ϕ(n) est le nombre d’entiers k∈{1,⋯,n} premiers avec n. Montrer que ϕ(n)=np∣n∏(1−1/p), où p désigne un nombre premier et “p∣n” signifie que p divise n.
(D’après Exercices de probabilités, Cottrell et al., Cassini, p.8)
On a n=ap avec a∈N∗, et Dp={kp,k≤a}. Donc P(Dp)=a/n=1/p car P est la probabilité uniforme.
Soit p1,⋯,pk des entiers premiers distincts. Si p1,⋯,pk sont des diviseurs de n alors p1⋯pk est un diviseur de n, et réciproquement. Donc Dp1∩⋯∩Dpk=Dp1⋯pk, et ainsi par la question 1), P(Dp1⋯pk)=1/(p1⋯pk)=P(Dp1)⋯P(Dpk).
Soit A l’ensemble des nombres ≤n et premiers avec n, et p1,⋯,pk les diviseurs premiers de n. Si m∈A alors m n’est divisible par aucun des pi et réciproquement. Donc A=Dp1c∩⋯∩Dpkc. Par indépendance (valide aussi pour les complémentaires), P(A)=P(Dp1c)⋯P(Dpkc). Comme P est la probabilité uniforme, P(A)=ϕ(n)/n. D’où le résultat car P(Dpic)=1−1/pi.
Exercice 118 ⭐️⭐️⭐️⭐️ Somme de deux carrés, MP/M1/Agreg
(D’après : Cours d’Algèbre, II 6., D. Perrin)
On veut déterminer les entiers qui sont somme de deux carrés. On pose : Σ={n∈N,n=a2+b2;a,b∈N}.
Étudions l’anneau Z[i]={a+ib∈C/a,b∈Z} des entiers de Gauss.
Montrer que l’application N:{Z[i]z=a+ib⟶⟼Nzz=a2+b2 est multiplicative i.e. N(zz′)=N(z)N(z′), et que Σ est stable par multiplication. En déduire l’identité de Lagrange : (a2+b2)(c2+d2)=(ac−bd)2+(ad+bc)2.
Montrer que l’ensemble des inversibles de Z[i] est Z[i]∗={±1,±i}.
Montrer que Z[i] est un anneau euclidien relativement à N i.e. : Z[i] est intègre, et pour tout z,D∈Z[i], il existe q,r∈Z[i] tels que z=qD+r avec r=0 ou N(r)<N(D).
Soit p premier impair. Montrer que a est un carré dans Fp:=Z/pZ si et seulement si a2p−1=1.
Soit p premier impair. Montrer les équivalences suivantes :
(i) p∈Σ
(ii) p=1[4]
(iii) −1 est un carré dans Fp
(iv) p n’est pas irréductible dans Z[i].
Pour (iii) ⇒ (iv) (niveau M1/Agreg), on utilisera l’isomorphisme d’anneau Z[i]/(p)≃Fp[X]/(X2+1).
Établir le résultat final :
Soit n>1 un entier qu’on décompose en facteurs premiers : n=p∈P∏pvp(n).
Alors : n∈Σ⟺vp(n) pair pour p=3[4].
Corrigé
On remarque que Z[i] est un sous-anneau de C, en particulier si z,z′∈Z[i] alors zz′∈Z[i]. Montrons que N est multiplicative. Soit z,z′∈Z[i]. On a N(zz′)=zz′zz′=zzz′z′=N(z)N(z′), car zz′=zz′ et C est commutatif. Cela montre également que Σ est stable par multiplication. En effet pour tout m,m′∈Σ, il existe z,z′∈Z[i] tels que m=N(z) et m′=N(z′). Il suffit alors de remarquer que mm′=N(z)N(z′)=N(zz′)=r2+s2 avec r,s∈Z, i.e. N(zz′)∈Σ.
Posons z=a+ib et z′=c+id. On a zz′=ac−bd+i(bc+ad). Il suffit alors d’écrire N(z), N(z′), N(zz′), et d’utiliser la multiplicativité de N pour déduire l’identité de Lagrange.
Soit z∈Z[i]∗ un inversible de Z[i]. Alors il existe z′∈Z[i] tel que zz′=1. Ainsi N(zz′)=N(z)N(z′)=N(1)=1. Comme N(z),N(z′)∈N, cela force N(z)=N(z′)=1. Donc il faut trouver les entiers a et b tels que a2+b2=1. Il n’y a pas beaucoup de choix : a=±1 et b=0, ou : a=0 et b=±1. Cela correspond au cas z=±1 ou z=±i. On vérifie bien que ces 4 éléments sont inversibles dans Z[i], et on conclut que Z[i]∗={±1,±i}.
D’abord, on remarque Z[i] est intègre en tant que sous-anneau de l’anneau intègre C.
Soit z,D∈Z[i]. Il faut maintenant approximer Dz=x+iy par un q=a+ib∈Z[i]. On choisit les entiers a et b les plus proches de x et y de sorte que ∣x−a∣≤1/2 et ∣y−b∣≤1/2. Alors ∣z/D−q∣2≤1/4+1/4<1. En posant r=z−qD∈Z[i], on a donc N(r)=∣r∣2=∣D∣2∣z/D−q∣2<∣D∣2=N(D), ce qu’on voulait.
On en déduit que Z[i] est euclidien (donc principal, donc factoriel, cf cours M1).
Soit a∈Fp∗ avec a=x2. Alors a2p−1=xp−1=1 car Fp∗ est un groupe de cardinal p−1 (Fp est un corps i.e. tous les éléments non nul de Fp sont inversibles et il y en a p−1).
Montrons la réciproque. On sait déjà d’après ce qui précède que I:={x2,x∈Fp∗}⊂{a∈Fp∗,a2p−1=1}:=R. L’application ϕ:Fp∗→Fp∗, x↦x2, est un morphisme de groupe car Fp∗ est commutatif. Comme Fp∗ est de cardinal p−1 et que le noyau de ϕ est {1,−1} (de cardinal 2), on en déduit par le théorème de l’isomorphisme que I=Imϕ est de cardinal 2p−1. Or R est l’ensemble des racines du polynôme X2p−1−1 sur le corps Fp, donc le cardinal de R est plus petit que 2p−1. Comme I⊂R, il vient I=R, ce qu’on voulait.
(i) ⟹ (ii) — Écrivons p=a2+b2. Faisons les différents cas modulo 4. Soit a=0,1,2,3[4], d’où a2=0,1[4], idem pour b2. Donc a2+b2=0,1,2[4]. Comme p est impair, il ne reste que la possibilité p=1[4].
(ii) ⟹ (iii) — On va utiliser le résultat avec le symbole de Legendre à la question 4). Écrivons p=1+4k, alors (−1)(p−1)/2=(−1)2k=1, ce qui implique que −1 est un carré dans Fp.
(iii) ⟹ (iv) — On a les isomorphismes d’anneaux suivants : Z[i]/(p)≃Z[X]/(X2+1,p)≃Fp[X]/(X2+1). Comme −1 est un carré dans Fp, le polynôme X2+1 n’est pas irréductible dans Fp[X], donc Fp[X]/(X2+1)≃Z[i]/(p) n’est pas un corps. Ainsi l’idéal (p) ne peut pas être premier et donc p n’est pas irréductible dans Z[i].
(iv) ⟹ (i) — Écrivons p=zz′ avec z,z′∈/Z[i]∗={±1,±i}. On a N(p)=p2=N(z)N(z′). Comme N(z)>1 et N(z′)>1 et que chacun vaut p ou p2 car p premier, il vient N(z)=N(z′)=p. Donc p∈Σ.
(⟸) Dans la décomposition de n, si p=1[4] alors p∈Σ. Par stabilité de Σ par multiplication, il vient p=1[4],p∣n∏pvp(n)∈Σ. Si p=3[4], vp(n) est pair par hypothèse, donc pvp(n) est un carré et en particulier pvp(n)∈Σ. On invoque encore la stabilité de Σ pour conclure que n∈Σ.
(⟹) Soit p=3[4] qui divise n=a2+b2=(a+ib)(a−ib). Par ce qui précède, p est irréductible dans Z[i] qui est un anneau factoriel, donc p divise a+ib ou a−ib, disons a+ib. Alors p divise a et b car p∈N, et donc aussi a−ib. Écrivons a+ib=pkz avec p ne divisant pas z. Donc a−ib=pkz. Ainsi n=p2k∣z∣2. On en déduit que vp(n) est pair.
Exercice 119 ⭐️⭐️ 7∣abc, Terminale/Sup/L1
Montrer que si 7∣(a3+b3+c3) alors 7∣abc.
Corrigé
On calcule les cubes modulo 7 : 03=0[7], 13=1[7], 23=1[7], 33=−1[7], 43=(−3)3=1[7]; 53=(−2)3=−1[7], 63=(−1)3=−1[7]. Donc pour que la somme de trois cubes soit nulle (i.e. soit divisible par 7), il faut qu’au moins un soit congru à 0[7], donc 7 divise a, b ou c, i.e. 7∣abc.
Exercice 121 ⭐️⭐️ Dernier chiffre 777, Mines, Terminale/Sup/L1
Déterminer le dernier chiffre de 777.
Corrigé
Le dernier chiffre d’un nombre est son reste modulo 10. Donc calculons les puissances successives de 7 modulo 10. On a 7=−3[10], 72=9=−1[10], 74=1[10], et donc il ya une périodicité de 4. Il suffit de trouver le reste 77 modulo 4. On a 7=−1[4] et 77=(−1)7=−1=3[4], d’où 77=4k+3. Ainsi 777=74k+3=73[10], et donc 777=727=−7=3[10]. Le dernier chiffre cherché est donc 3.
Réponse directe : 270+370=2503155504994422192936289397389273, qui vaut 13×192550423461109399456637645953021. 😵😱
Mais bon, on s’attend à quelque chose de plus astucieux…😉
On voudrait utiliser ak−bk, mais ici on a un +. Essayons quand même : 270+370=435+935=435−(−9)35=(4−(−9))(∑⋯), donc 13∣(270+370).
On peut aussi utiliser des congruences modulo 13 et le petit théorème de Fermat.
Exercice 123 ⭐️⭐️⭐️ Somme des diviseurs, ENS, Sup/Spé/L2
Soit σ(n) la somme des diviseurs d’un entier n. Montrer que σ(n)≤n+nln(n).
Astuce
💡 Réindexer d∣n∑d.
Corrigé
Ecrivons d’abord la définition σ(n)=d∣n∑d. On ne voit pas bien comment faire apparaître le terme en n. Mais si d est un diviseur de n alors dn aussi et réciproquement ! On peut alors aussi écrire σ(n)=d∣n∑dn≤nk=1∑nk1≤n(1+ln(n)), qui est déjà une majoration très bonne à peu de frais !
Exercice 124 ⭐️⭐️⭐️ Nombres de Fermat, Sup/L1
Montrer que : 2n+1 premier ⇒n=2k.
Montrer que la réciproque est fausse avec l’exemple 641∣225+1.
Réflexes
Trop dur d’utiliser la propriété qu’un nombre est premier 👉 Plutôt montrer qu’un nombre n’est pas premier, ici penser à une contraposée.
Corrigé
Preuve par contraposée : supposons que n=2ka avec a>1 impair. Posons Fk=22k+1. C’est idiot mais on peut écrire que 22k=−1[Fk], et il n’y a plus qu’à élever à la puissance a, ce qui donne 2a2k=(−1)a=−1[Fk] car a est impair. Donc 2n+1=0[Fk] et alors 2n+1 n’est pas premier !
On va utiliser l’astuce géniale d’Euler d’écrire 641 de deux manières différentes : 641=54+24=1+5×27. Ainsi 5×27=−1[641] et 54×228=1[641]. Mais 54=−24[641], d’où −24×228=1[641], i.e. 232=−1[641]. Ainsi 641 divise 232+1=225+1.
Remarque — Tu verras que l’astuce d’écrire a=b+c comme b=−c[a] est très puissante. Cet exercice concerne les nombres de Fermat qui est un sujet fascinant !
Exercice 126 ⭐️ Irrationalité de 2, Terminale/Sup/L1
Montrer que 2 est irrationnel.
Réflexes
Pas facile de travailler avec un irrationnel 👉 Preuve par l’absurde !
Corrigé
Par l’absurde, on suppose que 2=qp et que la fraction est irréductible. Alors p2=2q2, donc p2 est pair et donc forcément p aussi, i.e. p=2k. On obtient alors 4k2=2q2, i.e. q2=2k2, et donc q2 est pair, et alors q aussi. Mais on avait supposé que la fraction était irréductible, alors qu’on vient de voir qu’on peut simplifier par 2. Contradiction !
Montrer qu’il existe une infinité de nombres premiers.
Réflexes
Preuve par l’absurde !
Corrigé
Par l’absurde : supposons qu’il n’existe qu’un nombre fini de nombres premiers, disons p1,…,pr. Considérons N=1≤i≤r∏pi+1, qui ne peut pas être premier car N>pr. Donc N est divisible par un nombre premier qui est forcément dans la liste p1,⋯,pr, disons pj. On a donc pj∣N et pj∣1≤i≤r∏pi, d’où d’après l’expression de N, pj divise 1, et c’est impossible !
Attention : si (pn)n≥1 est la suite des nombres premiers, alors les nombres de la forme k=1∏npk+1 ne sont pas tous premiers ! Par exemple, 2×3×5×7×11×13+1=30031 est divisible par 59.
Exercice 252 ⭐️⭐️ an+bn premier, X PC
Soit a,b et n des entiers naturels non nuls. Montrer que si an+bn est premier alors n est une puissance de 2.
Réflexes
Trop dur d’utiliser la propriété qu’un nombre est premier 👉 Plutôt considérer qu’un nombre n’est pas premier (i.e. ici penser à une preuve par contraposée)
Supposons que n n’est pas une puissance de 2, i.e. n=2rm où m est un entier impair ≥3.
On a alors an+bn=(a2r)m+(b2r)m=(a2r)m−(−b2r)m car m est impair.
Donc, grâce à l’identité remarquable bien connue Aq−Bq=(A−B)⋯, on peut écrire an+bn=(a2r−(−b2r))d, où d>1 car a2r−(−b2r)=a2r+b2r<an+bn, a et b étant non nuls.
Ainsi an+bn n’est pas premier, ce qu’on voulait.
Le but de cet exercice est de trouver une méthode pour obtenir, si possible, des triplets pythagoriciens, i.e tous les triangles rectangles dont la longueur des cotés est entière. On cherche donc les triplets d’entiers (a,b,c) vérifiant a2+b2=c2.(⋆)
Connaissez-vous un triplet pythagoricien ? A quelle situation géométrique correspond le cas b=0 ? et c=0 ? On appellera ces cas des cas triviaux.
On se place désormais dans des cas non triviaux. Divisons donc l’équation (⋆) par c qui est non nul ! A quelle formule de trigonométrie bien connue vous fait penser la nouvelle équation ?
On rappelle les formules suivantes, avec t=tan(θ/2) : cosθ=sinθ=1+t21−t21+t22t. Peut-on trouver des t qui soient rationnels, i.e. qui s’écrivent t=qp ?
En déduire, avec 2), qu’on peut trouver plein de triplets pythagoriciens !
Avec les formules obtenues, donnez quelques exemples numériques de triplet pythagoricien.
Corrigé
On essaie (3,4,5) et ça marche : 32+42=9+16=25=52.
Le cas b=0 correspond au cas où le triangle est aplati. Lorsque c=0, cela veut dire que a=b=0, donc cette fois-ci notre triangle est en fait juste un point !
En divisant par c l’équation (⋆), on obtient α2+β2=1, où α=a/c et β=b/c. Cette égalité nous fait penser à la formule : cos2θ+sin2θ=1.
Oui, on peut trouver des t qui soient rationnels. On peut même tous les avoir ! Considérons un rationnel quelconque p/q. On pose θ=2arctan(p/q). Alors on vérifie facilement que t=p/q.
Ainsi, en utilisant la formule trigo de la question 2), on obtient : (1+q2p2)2(1−q2p2)2+(1+q2p2)2(2qp)2=1. D’où : (1−q2p2)2+(2qp)2=(1+q2p2)2. Finalement, en multipliant par q4, (q2−p2)2+4p2q2=(q2+p2)2.
Pour s’amuser, prenons p=2 et q=3. On a : q2−p2=2pq=q2+p2=51213. Vérification : 52+122=25+144=169=132. Incroyable, non ?
Exercice 287 ⭐️⭐️ Nombres de Carmichael, Spé/L2
Le petit théorème de Fermat dit que si n est premier alors pour tout a premier avec n, an−1=1[n]. Cependant il existe des nombres qui ne sont pas premiers et vérifie cette propriété. On les appelle nombre de Carmichael.
Soit n=p1⋯pr avec pi des nombres premiers vérifiant pi−1∣n−1 pour tout i. Montrer que n est un nombre de Carmichael.
Montrer que 561 est un nombre de Carmichael.
Réflexes
pi premier 👉 Petit théorème de Fermat !
Corrigé
Soit a premier avec n et 1≤i≤r. Donc a est premier avec pi, et par le petit théorème de Fermat : api−1=1[pi]. D’où an−1=1[pi] car pi−1∣n−1. Ainsi pi divise an−1−1 pour tout i. Comme les pi sont premiers, donc premiers entre eux, on en déduit que n=p1⋯pr divise an−1−1. Comme a est arbitraire premier avec n, on en déduit que n est un nombre de Carmichel.
Comme 5+6+1=12, il vient : 3∣561. Comme 5+1=6, on a aussi 11∣561. On remarque que 33×20=660, et 660−3×33=561. On a donc la décomposition en facteurs premiers : 561=3×11×17. On peut vérifier la condition établie à la question 1). En effet, 2 et 10 divisent 560, et 16 divise 560.
Remarque — On peut montrer que la réciproque de 1) est vraie, mais c’est plus dur 😬. On en déduit qu’un nombre de Carmichael est composé d’au moins 3 facteurs premiers (petit exercice 😉). L’entier 561 est en fait le plus petit nombre de Carmichael.
Exercice 288 ⭐️⭐️ Somme indicatrice d’Euler sur les diviseurs, MP/L2
Soit n≥1 un entier. Montrer que n=d∣n∑φ(d), où d∣n signifie que d divise n, et φ est l’indicatrice d’Euler, i.e. φ(d) est le nombre d’entiers ≤d premiers avec d.
Réflexes
Partition de Z/nZ en éléments d’ordre d∣n.
Corrigé
Nous donnons une preuve originale que l’on voit dans un certain nombre de “vieux” livres. Considérons les fractions : n1,n2,n3,⋯,nn−1,nn. Écrivons chacune d’entre elles sous forme irréductible dk où d∣n et k∧d=1. On a 1≤k≤d−1. Réciproquement, toute fraction dk avec d∣n, k∧d=1 et 1≤k≤d−1, correspond à une unique fraction nm, 1≤m≤n. A tout d∣n, il y a φ(d) possibilités pour choisir k par définition de φ(d). Comme il y a n fractions et qu’il y a une bijection entre chaque fraction nm et fraction irréductible dk, il vient : n=d∣n∑φ(d). Remarque — Cette écriture correspond aussi à la partition de Z/nZ en éléments d’ordre d∣n. Ces éléments d’ordre d sont les générateurs de l’unique sous-groupe cyclique de cardinal d, et il y a par définition φ(d) générateurs.
Exercice 289 ⭐️⭐️ Infinité premiers congrus à 3 [4], Sup/L1
Montrer qu’il existe une infinité de nombres premiers congrus à 3 modulo 4.
Réflexes
Par l’absurde !
Corrigé
Supposons qu’il n’existe qu’un nombre fini de nombres premiers congrus à 3 modulo 4 ; on les appelle p1,⋯,pr. Posons N=4p1⋯pr−1. On remarque que N est impair et n’est divisible par aucun des pi car sinon pi diviserait −1. Donc les diviseurs premiers de N sont forcément congrus à 1 modulo 4, donc leur produit, qui vaut N, aussi. Ce n’est pas possible car N=−1=3[4]. D’où la conclusion.
Exercice 290 ⭐️⭐️⭐️ Symbole de Legendre, MP/M1/Agreg
Soit p premier impair et a∈Z. On appelle symbole de Legendre la quantité (pa)=a2p−1[p].
Montrer que (pa)∈{−1,0,1}.
Montrer que a=0[p] est un carré dans Fp:=Z/pZ si et seulement si (pa)=1.
Dans ce cas on dit que a est un résidu quadratique modulo p.
Réflexes
p premier 👉 Petit théorème de Fermat, Z/pZ est un corps.
Le nombre de racines d’un polynôme de degré n n’exède pas n dans un corps.
Corrigé
L’anneau Fp est un corps car p est premier : tous les éléments non nul de Fp sont inversibles et il y en a p−1, formant ainsi le groupe des inversibles Fp∗. On en déduit que (pa)=0 si et seulement si a=0[p]. Si a=0 dans Fp, alors en posant x=a2p−1, il vient x2=ap−1=1 (on invoque la cardinalité de Fp∗ ou ce qui revient au même le petit théorème de Fermat). Or l’équation X2=1 n’a que deux solutions dans le corps Fp : 1 et −1.
Soit a∈Fp∗ avec a=x2. Alors a2p−1=xp−1=1 car Fp∗ est un groupe de cardinal p−1.
Montrons la réciproque. On sait déjà d’après ce qui précède que I:={x2,x∈Fp∗}⊂{a∈Fp∗,a2p−1=1}:=R. L’application ϕ:Fp∗→Fp∗, x↦x2, est un morphisme de groupe car Fp∗ est commutatif. Comme Fp∗ est de cardinal p−1 et que le noyau de ϕ est {1,−1} (de cardinal 2), on en déduit par le théorème de l’isomorphisme que I=Imϕ est de cardinal 2p−1. Or R est l’ensemble des racines du polynôme X2p−1−1 sur le corps Fp, donc le cardinal de R est plus petit que 2p−1. Comme I⊂R, il vient I=R, ce qu’on voulait.
Exercice 291 ⭐️⭐️⭐️ Infinité premiers congrus à 1 [4], MP/M1/Agreg
Montrer qu’il existe une infinité de nombres premiers congrus à 1 modulo 4.
Indication
Considérer (n!)2+1 et penser aux résidus quadratiques.
Corrigé
Soit n≥1 un entier. Considérons un diviseur p premier impair de N=(n!)2+1. On a forcément p>n car sinon p≤n et donc p divise n!, d’où p divise 1=N−(n!)2, ce qui n’est pas possible. Par définition de p, on a N=0[p], d’où (n!)2=−1[p], ce qui veut dire que −1 est un résidu quadratique modulo p. Donc d’après l’exercice 290, (−1)2p−1=1[p], ce qui veut dire que 2p−1=2k car p=2. Ainsi p=1[4]. Comme n est arbitraire, on peut donc construire des premiers p=1[4] arbitrairement grand.
Exercice 309 ⭐️⭐️ Théorème de Wilson (1770), MP/L2/Classique
p premier et congruence 👉 Z/pZ est un corps ou petit théorème de Fermat.
Corrigé
(⟸) Supposons (p−1)!+1=0[p]. Soit d∣p avec 1≤d≤p−1. Alors d∣(p−1)!, et comme (p−1)!+1=kp, k∈N, on en déduit que d∣1, i.e. d=1. Ce qui montre que p est premier. (⟹) Supposons p premier. Alors A=Z/pZ est un corps. On peut écrire (p−1)!=x∈A∗∏x[p]. Dans ce produit, on peut apparier les éléments x tels que x=x−1 avec leur inverse x−1. On a alors xx−1=1. Il reste les éléments y qui sont leur propre inverse, i.e. y=y−1. Quels sont-ils ? On a y2=1, et cette équation n’a que deux solutions dans le corps A : y=1 et y=−1. Ainsi (p−1)!=−1[p], ce qu’on voulait.
Exercice 313 ⭐️⭐️ Nombres de Mersenne, Sup/L1/Classique
Soit des entiers a,n≥2. Montrer que si an−1 est premier alors a=2 et n est premier.
Montrer que la réciproque est fausse en montrant que 23 divise 211−1.
Réflexes
an−1 👉 Bout de la série géométrique ;
Montrer qu’un nombre m est premier 👉 Écrire m=pq et au besoin faire par l’absurde.
Corrigé
Supposons que an−1 est premier.
On a an−1=(a−1)(1+a+⋯+an−1). Donc a−1 divise an−1. Comme a−1=an−1 (car n≥2), et que an−1 est premier, on en déduit que a−1=1, i.e. a=2.
Écrivons maintenant n=pq avec p,q∈N. On a an−1=2pq−1=(2q)p−1. On en déduit comme précédemment que 2q−1 divise 2n−1. Comme 2n−1 est premier, il vient 2q−1=1 ou 2q−1=2n−1, i.e. q=1 ou q=n. Donc n est premier.
Enfin, on a 211−1=23⋅49, ce qui montre que la réciproque est fausse.
Exercice 400 ⭐️ 3 divise n3−n, Terminale/Sup/L1
Montrer par récurrence que pour tout n∈N, n3−n est divisible par 3.
Corrigé
Montrons par récurrence que pour tout n∈N, n3−n est divisible par 3.
pour n=0, n3−n=0, divisible par 3.
Soit n∈N. Supposons n3−n divisible par 3. Alors (n+1)3−(n+1)=n3+3n2+2n=(n3−n)+3(n2+n).
Or (n3−n) est divisible par 3 (H.R.), et 3(n2+n) est divisible par 3.
Donc (n+1)3−(n+1) est divisible par 3.
Exercice 401 ⭐️ Divisibilité, Terminale/Sup/L1
Pour tout entier k≥1, on pose P(k) l’assertion : "∀n∈N, k divise (k+1)n+2".
Pour quelles valeurs de k cette phrase est-elle vraie ?
Réflexes
Un terme (a+b)n 👉 On peut tenter un binôme de Newton.
Corrigé
On remarque que (k+1)n+2=2+i=0∑n(in)ki=3+k(i=1∑n(in)ki−1).
Ainsi pour tout n∈N, on a l’équivalence : (k divise (k+1)n+2)⇔(k divise 3). Ainsi cette phrase est vraie si et seulement si k=1 ou k=3.
Remarque — on pouvait aussi faire une récurrence sur n, pour remarquer que si k divise (k+1)n+2, alors (k+1)n+1=((k+1)n+2)(k+1)−2k, donc k divise aussi (k+1)n+1. Ainsi P(k) est vraie si et seulement si k divise (k+1)0+2=3.
Remarque 2 — les étudiants maîtrisant le calcul dans Z/kZ avaient évidemment un moyen très direct de répondre à la question.
Montrer par récurrence que : ∀n∈N, 32n−2n est divisible par 7.
Réflexes
Récurrence 👉 Dans l’hérédité, je cherche dans l’expression du rang n+1, à faire apparaître l’expression du rang n.
Corrigé
Notons un=32n−2n. ∙ Pour n=0, u0=30−20=0, divisible par 7. ∙ Soit n∈N. Supposons un divisible par 7. Alors un+1=32n+2−2n+1=9.32n−2.2n=9(un+2n)−2(32n−un)=11un+9.2n−2.32n=11un+7.2n−2un=9un+7.2n.
Ainsi, par hypothèse de récurrence, un+1 est divisible par 7 (somme de nombres divisibles par 7).
Remarque — si on connaît le calcul "modulo n", c’est à dire dans Z/nZ, on peut aller plus vite, sans récurrence : un=9n−2n[n]=(7+2)n−2n[n]=2n−2n[n]=0[n].
Exercice 408 ⭐️ Finitude des nombres premiers, Terminale/Sup/L1/Classique
On suppose qu’il existe un nombre fini de nombres premiers p1,…,pn.
En considérant le nombre N=p1…pn+1, aboutir à une contradiction. Conclusion ?
Réflexes
N est-il premier, oui ou non ?
Corrigé
Sous notre hypothèse, N n’est pas premier car il est strictement supérieur à chacun des réels p1,…,pn.
Ainsi N a nécessairement un diviseur premier : il existe donc k∈[[1,n]] tel que pk divise N.
Mais pk divise aussi p1…pn, donc pk divise N−(p1…pn)=1. Et donc pk=1, ce qui est une contradiction puisque pk est premier.
On conclut de ce raisonnement par l’absurde que l’ensemble des nombres premiers ne peut pas être fini, il est donc infini.
Soient n et p deux entiers tels que p≥2 et n≥1. On dit que p est jovial d’ordre n s’il existe des entiers a1,…,an tels que 2≤a1<a2<⋯<an=pa11+⋯+an1=1. Un entier p≥2 est dit jovial s’il existe un entier n≥1 tel que p soit jovial d’ordre n.
Montrer que, si l’entier p est jovial d’ordre n, alors n≤p−1.
Existe-t-il des entiers joviaux d’ordre 2 ? Montrer que 4 n’est pas jovial.
Montrer qu’un entier premier n’est pas jovial.
Quel est le plus petit entier jovial ?
Déterminer tous les entiers joviaux d’ordre 3.
Soit p un entier jovial. Montrer que 2p et p(p+1) sont joviaux.
Montrer que le produit de deux entiers joviaux est jovial.
Corrigé
L’égalité a11+⋯+an−11+p1=1 donne p−1=a1p+⋯+an−1p.
Or les nombres a1,…,an−1 sont strictement inférieurs à an=p par hypothèse, donc : ∀k∈[[1,n−1]], akp>1. Ainsi p−1>n−1, mais comme p−1 est entier ceci entraîne p−1≥n.
Comme a1≥2 et a2≥3, a11+a21≤21+31=65, donc on ne peut pas avoir a11+a21=1.
Il n’existe donc pas d’entier jovial d’ordre 2.
Comme il n’existe pas d’entier jovial d’ordre 2, si 4 était jovial, on aurait nécessairement 21+31+41=1, ce qui n’est pas le cas. Donc 4 n’est pas jovial.
Soit p premier. Supposons qu’on ait a11+⋯+an−11+p1=1, avec 2≤a1<a2<⋯<an−1<p.
Alors pp−1=a1…an−1K, avec K un entier naturel (après avoir mis au même dénominateur).
Ainsi Kp=(p−1)a1…an−1. Donc (p−1)a1…an−1 est divisible par p. Comme p est premier l’un des facteurs doit être divisible par p, ce qui est une contradiction car ces facteurs sont tous strictement inférieurs à p.
Nous avons vu que 4 n’est pas jovial. 2, 3, et 5 ne sont pas joviaux car premiers. En revanche 6 est jovial car 21+31+61=1. C’est donc le plus petit entier jovial.
Supposons que a1,a2,a3 vérifient 2≤a1<a2<a3 et a11+a21+a31=1.
Nécessairement a1=2, car sinon a11+a21+a31≤31+41+51=6047, or 6047<1.
Ensuite nécessairement a2=3, car sinon a11+a21+a31≤21+41+51=2019, or 2019<1.
Enfin a3 est nécessairement égal à 6. Conclusion.6 est le seul entier jovial d’ordre 3.
Supposons qu’on ait a11+⋯+an−11+p1=1, avec 2≤a1<a2<⋯<an−1<p. ∙ On alors peut écrire 21+2a11+⋯+2an−11+2p1=21+21=1.
Ceci qui montre que (2p) est jovial puisque 2<2a1<⋯<2an−1<2p. ∙ On a par ailleurs p+11+p(p+1)1=p(p+1)p+1, donc a11+⋯+an−11+p+11+p(p+1)1=1.
Ceci montre que p(p+1) est jovial.
Supposons a11+⋯+an−11+p1=1 et b11+⋯+bm−11+q1=1 (les conditions sur les ai et bi étant satisfaites). Alors a11+⋯+an−11+p1=1(b11+⋯+bm−11+q1)=a11+⋯+an−11+p1=1.
Comme a1<⋯<an−1<pb1<⋯<pbm−1<pq, ceci montre que pq est jovial.
Exercice 415 ⭐️⭐️ Théorème chinois, MP/L2
Soient n1,…,nk≥2 des entiers premiers deux à deux. On identifiera tout élément de Z/mZ avec son unique représentant dans {0,…,m−1} et on notera a[ni] le reste de la division euclidienne de a par ni.
Montrer que ϕ:p↦(p[n1],…,p[nk]) définit un isomorphisme entre les anneaux Z/nZ et Z/n1Z×⋯×Z/nkZ.
Trouver l’ensemble des entiers x∈Z tels que x[3]=2, x[5]=3 et x[7]=2.
Réflexes
La question 1 a des réminiscences d’algèbre linéaire… Un raisonnement sur les cardinaux permet de simplifier largement la preuve de la bijectivité !
Corrigé
Montrons que ϕ est un morphisme d’anneaux : cela découle du fait (résultat classique du cours) que chaque application ϕi:Z/nZ→Z/niZ définie par ϕ(p)=p[ni] est un morphisme d’anneau. Le passage à l’anneau produit est immédiat.
Montrons que ϕ est injective. Comme on a déjà montré que ϕ est un morphisme d’anneau (en particulier un morphisme entre les groupes additifs), il suffit de montrer que si ϕ(p)=(0,…,0), alors p=0. Mais si un entier p∈Z vérifie ϕ(p)=(0,…,0) alors on a p=0[ni] pour tout 1≤i≤k, autrement dit p est divisible par chacun des ni. Mais comme les ni sont premiers entre eux deux à deux, le théorème de Gauss permet de conclure que p est divisible par le produit i=1∏kni=n, on a donc bien p[n]=0 comme voulu.
Pour montrer que ϕ est bijective, nul besoin de montrer directement sa surjectivité. Il suffit de constater que les ensembles Z/nZ et Z/n1Z×⋯×Z/nkZ ont le même cardinal n=i=1∏kni.
On constate que les trois nombres 3,5,7 sont premiers entre eux deux à deux et on a 3.5.7=105. D’après la question précédente, on sait que l’ensemble des solutions du système d’équations peut être décrit sous la forme {n0+105n:n∈Z} où n0 est l’unique solution du sytème d’équations dans l’intervalle {0,…,104}.
La résolution de la question précédente ne donne pas de méthode permettant d’obtenir la valeur du représentant n0… On peut ici y arriver par tâtonnement, mais voici une façon qui peut être généralisée :
On cherche d’abord un entier m1 tel que m1[3]=1, m1[5]=0 et m1[7]=0. Il suffit de chercher parmi les multiples de 35 et on trouve rapidement m1=70 convient.
De même, on vérifie que m2=21 vérifie m2[3]=0, m2[5]=1 et m2[7]=0, et que m3=15 vérifie m3[3]=0, m3[5]=0 et m3[7]=1.
Les entiers m1,m2,m3 ont été construits de telle sorte que le nombre am1+bm2+cm3 soit respectivement congru à a,b et c modulo 3,5 et 7. On a 2m1+3m2+2m3=333=2.105+23, donc n0=23 est une solution du système de congruences et elle est bien dans {0,…,104}.
Conclusion : l’ensemble des solutions du système de congruences est l’ensemble 23+105Z.
Montrer que (kn) est premier ssi n est premier et k vaut 1 ou n−1.
Réflexes
Vu l’énoncé, le lemme de Gauss ne semble pas très loin…
Corrigé
Si n est premier et k=1 ou n−1, alors (kn)=n est premier. Réciproquement, on suppose que p=(kn) est premier. On a alors n(n−1)⋯(n−k+1)=pk!. Ainsi p divise le produit n(n−1)⋯(n−k+1), et comme p est premier, il divise l’un des termes de ce produit : il existe 0≤i≤k−1 tel que p∣n−i. En particulier, on a p≤n−i≤n. Or, à k≥1 fixé, la suite (kn)n≥k est strictement croissante : en effet la division de deux termes consécutifs donne : (kn)(kn+1)=n+1−kn+1≥1. On en déduit que (kn)≥(kp), avec égalité si et seulement si p=n. Un raisonnement similaire montre que, à n≥2 fixé, la famille (kn)1≤k≤n−1 est croissante pour k<n/2 et décroissante pour k>n/2. En particulier, on a (kn)≥(1n)=n, avec égalité si et seulement si k=1 ou k=n−1. En combinant tous ces lemmes, on a montré que si (kn)≥p, avec égalité si et seulement si n=p et k∈{1,n−1}.
Exercice 421 ⭐️⭐️⭐️ Premiers congrus à 1 modulo p, MP/L3
Soit p≥3 un nombre premier. On va montrer qu’il existe une infinité de nombres premiers q de la forme q=ap+1. On considère le polynôme : P(X)=1+X+⋯+Xp−1=X−1Xp−1.
Montrer qu’il existe un polynôme Q∈Z[X] tel que P(X)=(X−1)Q(X)+p.
On suppose qu’il existe un entier c≥1 et un nombre premier q>p tels que q∣P(c). En étudiant l’ordre de l’élément c dans le groupe (Z/qZ)⋆, montrer que q est congru à 1 modulo p.
Montrer que tout entier c≥1 est premier avec P(c).
On suppose qu’il n’existe qu’un nombre fini de nombres premiers congrus à 1 modulo p, notés p1,…,pm. En étudiant les facteurs premiers de P(c), avec c=p!p1⋯pm, aboutir à une contradiction.
Corrigé
Première méthode : on remarque que P(X)−p=k=1∑p−1(Xk−1), et on sait que Xk−1 est divisible par X−1 dans Z[X]. Autre méthode (qui au fond revient au même), on remarque que P(X)=p+(X−1)k=0∑p−1(p−1−k)Xk. On a l’intuition du polynôme à parachuter en regardant quelques exemples pour p petit.
Dans le corps K=Z/qZ, la divisibilité de P(c) par q s’écrit simplement P(c)=0. Mais alors (c−1)P(c)=0, c’est-à-dire cp=1. Soit r≥1 le plus petit entier tel que cr=1 (dans K). On sait que r est un diviseur de p, et comme p est premier, on a r=1 ou r=p. Si on a r=1, alors c=1. Mais on a P(1)=p d’après la question 1, et p=0 dans K car on a supposé q>p. Ainsi l’élément c est d’ordre p dans K⋆. D’après le théorème de Lagrange, on sait que p divise le cardinal de K⋆, qui vaut q−1 : la relation q−1=ap, pour a entier, peut encore s’écrire q=ap+1, comme voulu.
On a P(c)=1+cb, avec b=1+c+⋯+cp−2. Autrement dit P(c)−bc=1 et le théorème de Bezout permet de conclure.
On sait que P(c)>1, donc P(c) possède nécessairement un facteur premier q. Si q≤p, alors q est un facteur permier commun à c et P(c), ce qui n’est pas possible d’après la question 3. Comme q>p, on sait que q est congru à 1 modulo p, donc q=pi pour un certain i∈{1,…,m}, qui serait un facteur premier commun à c et P(c), ce qui n’est pas possible.
On a ainsi montré par l’absurde qu’il existe une infinité de nombres premiers congrus à 1 modulo p. On peut s’affranchir de l’hypothèse de primalité de p en remplaçant P par le n-ième polynôme cyclotomique Φn, la preuve est légèrement plus compliquée. C’est un cas particulier d’un théorème nettement plus profond, dû à Dirichlet : si a et b sont premiers entre eux, alors il existe une infinité de nombres premiers de la forme ak+b.
Exercice 443 ⭐️⭐️ Théorème de Fermat matriciel, Spé/MP
Soit A∈Mn(Z). Montrer que 2∣Tr(A)⟺2∣Tr(A2).
Réflexes
On écrit la trace de A2 en fonction des coefficients de A… faute d’autres idées pour démarrer.
Corrigé
On note (ai,j)1≤i,j≤n les coefficients de la matrice A. On a (A2)i,j=k=1∑nai,kak,j, donc Tr(A2)=i=1∑n(A2)i,i=1≤i,k≤n∑ai,kak,i. L’idée maintenant est de remarquer que le produit ai,kak,i est invariant par la permutation des indices i et k. On a donc : Tr(A2)=i=1∑nai,i2+21≤i<k≤n∑ai,kak,i. On reconnaît un terme pair et un terme qui commence à ressembler à une trace, la fin semble proche… On écrit : Tr(A2)−Tr(A)=i=1∑nai,i(ai,i−1)+21≤i<k≤n∑ai,kak,i. On conclut en remarquant que chaque terme ai,i(ai,i−1) est un entier pair.
Exercice 495 ⭐️ Racine rationnelle, Z[X], Sup/L1
Soit un entier n≥1 et P(X)=anXn+⋯+a1X+a0∈Z[X] avec an=0. Soit r=qp (fraction irréductible) une racine de P. Montrer que p∣a0 et q∣an.
Réflexes
Une racine r de P 👉 Ecrire P(r)=0.
Corrigé
On écrit P(r)=0. En multipliant par qn pour avoir des entiers, on en déduit anpn+an−1qpn−1+⋯+a1qn−1p+a0qn=0. Ecrivons anpn+an−1qpn−1+⋯+a1qn−1p=−a0qn. On voit alors que p divise le membre de gauche, et donc p divise a0qn. Comme p et q sont premiers entre eux, on en déduit que p∣a0 par le lemme de Gauss. En écrivant cette fois-ci −anpn=an−1qpn−1+⋯+a1qn−1p+a0qn, il vient q∣anpn, et on en déduit de la même façon que q∣an.
Exercice 550 ⭐️⭐️⭐️ Fibonacci modulo 10, MP/Spé
On définit la suite de Fibonacci (Fn)n≥0 par F0=0, F1=1 puis par la relation de récurrence Fn+2=Fn+Fn+1.
Soit dn le dernier chiffre du nombre Fn écrit en base 10. Montrer que la suite (dn)n≥0 est périodique de période 60.
Réflexes
Dernier chiffre dans l’écriture décimale 👉 on pense à raisonner dans Z/10Z
Suite récurrente linéaire 👉 on tente une écriture matricielle de la récurrence !
Corrigé
Soit an=Fn∈Z/10Z la classe de congruence modulo 10 de Fn. Le chiffre dn est l’unique représentant de la classe an dans {0,…,9}. On se ramène donc à prouver que la suite (an)n≥1 est 60-périodique. Comme la projection Z→Z/10Z est un morphisme d’anneaux, la relation de récurrence sur les (Fn)n≥0 implique que an+2=an+1+an, et on a a0=0 et a1=1.
On écrit la relation de récurrence matriciellement par l’équation An+1=MAn, avec An=(anan+1) et M=(0111). Ici la matrice M est vue comme élément de l’anneau M2(Z/10Z). Une récurrence sur p≥0 donne la formule An+p=MpAn. Il s’agit donc de montrer que M60=I (toujours dans M2(Z/10Z)). Par le théorème chinois, il suffit de vérifier que M60=I dans M2(Z/2Z) et dans M2(Z/5Z). C’est une façon savante de dire qu’un coefficient de la matrice est congru à 1 (ou 0) modulo 10 si et seulement si il est congru à 1 (ou 0) modulo 2 et modulo 5.
Or un calcul direct (ou bien le théorème de Cayley-Hamilton !) donne la formule : M2=M+I.
On en déduit que M3=M2+M=2M+I, donc que M3=I dans M2(Z/2Z), et toujours dans cet anneau on a donc M60=I20=I.
Si on se place dans M2(Z/5Z), il faut pousser les calculs plus loin. On calcule d’abord M4=(M+I)2=M2+2M+I=3M+2I, d’où on déduit M5=3M2+2M=5M+3I=3I, car 5=0 dans Z/5Z. On a alors M10=9I=−I, donc M20=I et à plus forte raison M60=I.
On a bien montré que M60=I dans M2(Z/10Z), ce qui prouve que dn+60=dn pour tout n≥0. Un examen détaillé du raisonnement (en particulier du fait que 3 et 20 sont premiers entre eux) montre que 60 est la plus petite période.
Le calcul de la période de Fn modulo m, où m≥2 est un entier, est toujours l’objet de profondes conjectures arithmétiques. Le cas m=10 étudié dans cet exercice a été résolu par Lagrange en 1774.
Exercice 551 ⭐️⭐️⭐️ Enumération des rationnels, Spé/MP
On définit la suite d’entiers naturels (an)n≥0 par a0=1 et par les relations de récurrence : a2k+1=ak,a2k+2=ak+ak+1.
Montrer que l’application ϕ:n↦(an,an+1) établit une bijection entre N et R={(p,q)∈(N∗)2,p∧q=1}.
Réflexes
Corrigé
On commence par quelques remarques :
la suite (an)n≥0 est à valeurs dans N∗
on a les deux inégalités a2k+1<a2k+2 et a2k+1<a2k.
de la remarque précédente on en déduit qu’on a toujours an=an+1 et que si an<an+1 alors n=2k+1 pour un certain k≥0, et si an>an+1 alors n=2k pour un certain k≥0.
Montrons que ϕ est bien à image dans R. Pour cela, il faut montrer que an∧an+1=1 pour tout n≥0. Supposons que ce ne soit pas le cas. Il existerait alors un rang minimal N≥0 tel que aN∧aN+1>1. Si on suppose aN<aN+1 (l’autre cas se traite de façon similaire), on peut écrire aN=a2k+1=ak et aN+1=a2k+2=ak+ak+1 pour un certain k≥0. Mais on a alors : ak∧ak+1=(ak+ak+1)∧ak=aN∧aN+1>1, ce qui contredit la minimalité de N. Ainsi on a bien an∧an+1=1 pour tout n≥0, donc ϕ est à image dans R.
Montrons que ϕ est injective par l’absurde : si ϕ n’est pas injective, il existe N<M avec N minimal tels que ϕ(N)=ϕ(M). Si N est pair et M est impair, d’après la deuxième remarque on aurait aN>aN+1 et aM<aM+1, or aN=aM et aN+1=aM+1, ce qui n’est pas possible. De même on ne peut pas avoir N impair et M pair. Ainsi N et M ont la même parité. Supposons N=2k et M=2l, avec 1≤k<l. On a alors ak=a2k+1=aN+1=aM+1=al et ak−1=aN−aN+1=aM−aM+1=al−1 donc ϕ(k−1)=ϕ(l−1), ce qui contredit la minimalité de N. On obtient une contradiction similaire dans le cas où N et M sont impairs. Ainsi ϕ est injective.
Montrons enfin que ϕ est surjective. On va montrer par récurrence sur N≥1 que chaque couple (p,q)∈R tel que max(p,q)≤N admet un antécédent par ϕ. Pour N=1 la propriété est vraie car (1,1)=ϕ(1). Supposons la propriété vérifiée jusqu’à un certain rang N≥1. Soit (p,q)∈R avec max(p,q)=N+1. Alors (p,q) est soit de la forme (p,N+1) avec 1≤p≤N, soit de la forme (N+1,q) avec 1≤q≤N. Dans le premier cas, on consdère le couple (p,N+1−p). On a : p∧(N+1−p)=p∧(N+1)=1 donc (p,N+1−p)∈R. De plus max(p,N+1−p)≤N donc d’après l’hypothèse de récurrence il existe k∈N tel que ϕ(k)=(p,N+1−p). Mais alors : ϕ(2k+1)=(ak,ak+ak+1)=(p,N+1−p+p)=(p,N+1). On a bien trouvé un antécédent pour (p,N+1). On suit un raisonnement similaire pour les couples (N+1,q) avec 1≤q≤N. Ainsi ϕ est surjective.
Exercice 555 ⭐️⭐️⭐️ Amitié, matrices et nombre premier de Grothendieck, Spé/L2
On considère un groupe de personnes telles que chacune a exactement n amis dans le groupe: on suppose que l’amitié est toujours réciproque et qu’aucune personne n’est amie avec elle-même. De plus, deux personnes distinctes du groupe qui ne sont pas amies ont toujours un ami en commun dans le groupe.
Montrer qu’une personne du groupe a au plus n(n−1) amis d’amis, et en déduire qu’il y a au plus n2+1 personnes dans le groupe. On suppose par la suite que ce maximum est atteint.
Montrer que dans ce cas, deux personnes distinctes qui ne sont pas amies ont un seul ami commun, et que deux amis n’ont pas d’ami commun.
On note par M la matrice (n2+1)×(n2+1) telle que Mi,j=1 si les personnes de rang i et j dans l’ordre alphabétique sont amies, et Mi,j=0 si ces personnes ne sont pas amies. Montrer que M2+M−(n−1)I=J, où I est la matrice identité et J est la matrice dont tous les coefficients sont égaux à 1.
Montrer que JM=nJ, et en déduire que (M2+M−(n−1)I)(M−nI)=0.
Calculer les racines du polynôme (X2+X−(n−1))(X−n), en déduire que M est diagonalisable et déterminer ses valeurs propres.
Montrer que la multiplicité de la plus grande valeur propre est égale à 1.
Montrer que si 4n−3 n’est pas un carré parfait, M a deux valeurs propres irrationnelles de multiplicités égales. En considérant la trace de M, montrer que n est égal à 0 ou 2.
Montrer que si n∈{0,2}, alors il existe un entier k≥0 tel que n=k2+k+1.
En considérant la trace de M, montrer qu’il existe un entier m tel que k(n2−m)−(k+1)m+k2+k+1=0, puis que k5+2k4+3k3+3k2+2k+1 est multiple de 2k+1.
Montrer que 2k+1 est un diviseur de 15.
Montrer que n est nécessairement une des valeurs suivantes: 0,1,2,3,7,57.
Donner des exemples de situations corresponant aux valeurs 0,1,2,3. Il a été prouvé que 7 est aussi possible, le cas de 57 est encore un problème ouvert. Les graphes correspondant aux relations d’amitié décrites ici s’appellent graphes de Moore.
Corrigé
Une personne donnée a n amis, qui chacun a n−1 amis autres que la personne de départ. Comme cette personne est amie ou amie d’amie de tous les autres membres du groupe, le nombre total de personnes et au plus 1+n+n(n−1)=n2+1.
Si une personne a deux amis communs avec une autre personne, elle ne peut avoir plus de n(n−1)−1 amis d’amis, car l’un d’entre eux est compté deux fois dans le raisonnement précédent, donc le nombre total de personnes est au plus n2. Si deux amis ont un ami commun, on a également un double compte.
D’après ce qui précède, deux personnes distinctes ont exactement un “chemin amical” de longueur 1 ou 2 donc tous les coefficients non-diagonaux de M2+M sont égaux à 1. Comme chaque personne a n amis, il y a n chemins de longueur 2 de cette personne a elle-même et aucun chemin de longueur 1, donc les coefficients diagonaux de M2+M sont égaux à n.
JM=nJ car chaque personne a n amis, donc (M2+M−(n−1)I)(M−nI)=J(M−nI)=0.
Les racines sont n et (−1±4n−3)/2, et ce sont les valeurs propres de M. On verifie facilement que (−1−4n−3)/2<(−1+4n−3)/2<n pour tout n≥1, donc les trois racines sont distinctes et M est diagonalisable.
Soient v1,…,vn2+1 les coordonnées d’un vecteur propre de M pour la valeur propre n. Si vj est la coordonnée de partie réelle la plus grande, on a: 0≤k=1∑n2+1Mj,kℜ(vj−vk)=ℜ(vj)k=1∑n2+1Mj,k−ℜ⎝⎛k=1∑n2+1Mj,kvk⎠⎞=nℜ(vj)−ℜ(nvj)=0.
On a donc égalité partout, et ℜ(vj−vk)=0: toutes les coordonnées ont la
même partie réelle. De même, elles ont la même partie imaginaire, elles sont donc égales et tous les vecteurs propres pour n sont colinéaires.
La trace de M est m(−1−4n−3)/2+(n2−m)(−1+4n−3)/2+n, où m est la multiplicité de la plus petite valeur propre. Si m=n2−m et 4n−3 n’est pas un carré parfait, la trace est irrationnelle. Ce n’est pas possible car en fait la trace est nulle, puisque les termes diagonaux de M sont nuls (personne n’est ami avec lui-même). On a donc m=n2/2, et −n2/2+n=0, n∈{0,2}.
On doit avoir 4n−3 carré parfait impair, donc il existe k tel que (2k+1)2=4n−3, n=k2+k+1.
On a m(−1−4n−3)/2+(n2−m)(−1+4n−3)/2+n=0, donc comme 4n−3=2k+1, k(n2−m)−(k+1)m+(k2+k+1)=0. En développant tout en fonction de k: k(k4+2k3+3k2+2k+1)−(2k+1)m+k2+k+1=0, ce qui implique que k5+2k4+3k3+3k2+2k+1 est multiple de 2k+1.
On a donc k5+2k4+3k3+3k2=k2(k3+2k2+3k+3) multiple de 2k+1, et puisque k et 2k+1 sont premiers entre eux, k3+2k2+3k+3 multiple de 2k+1. En soustrayant 6k+3, k3+2k2−3k est multiple de 2k+1, ainsi que k2+2k−3, k2+2k−3+3(2k+1)=k2+8k, k+8, 2k+16, et donc 15.
Soit n∈{0,2}, soit n=k2+k+1 avec 2k+1∈{1,3,5,15}, ce qui donne le résultat cherché.
Pour n=0, on prend une personne seule. Pour n=1, on prend deux amis. Pour n=2, on prend 5 personnes assises à une table ronde, chacune amie avec les deux personnes voisines. Pour n=3, on prend deux tables de cinq personnes l’une au-dessus de l’autre, les personnes en haut amies avec leurs voisins et la personne juste en-dessous, les personnes en bas amies avec les personnes non-voisines de leur table, et avec la personne juste au-dessus.
Exercice 560 ⭐️⭐️⭐️ Petits facteurs des nombres de Mersenne, Sup/L1
Pour un nombre premier p, on considère le nombre de Mersenne Mp=2p−1, et un facteur premier q de Mp.
Quel est l’ordre de 2 modulo q (i.e. le plus petit entier r tel que 2r est congru à 1 modulo q)?
Montrer que q est nécessairement congru à 1 modulo 2p.
Montrer (sans calculatrice), que M2,M3,M5,M7,M13 sont premiers.
Montrer que M11 et M23 ne sont pas premiers.
Déterminer tous les nombres de Mersenne divisibles par un nombre premier inférieur à 100.
Corrigé
L’ordre de 2 modulo q doit diviser p, et ne peut pas valoir 1. Comme p est premier, on obtient un ordre p.
Par le théorème de Fermat, l’ordre de 2 modulo q divise q−1, donc q−1 est divisible par p. Comme q−1 est pair, il est divisible par 2p.
C’est évident pour M2=3, M3=7, M5=31. Les facteurs premiers de M7=127 sont au moins égaux à 2×7+1=15>127, donc M7 est premier. Si M13=8191 n’est pas premier, il a un facteur premier congru à 1 modulo 26 et inférieur ou égal à 8191<91, ce qui ne laisse que 53 et 79, puisque 27 n’est pas premier. Modulo 53, 26≡11, 212≡121≡15, 213−1≡29≡0, modulo 79, 26≡−15, 212≡225≡−12, 213−1≡−25≡0. Donc M13 est premier.
Les facteurs premiers de M11 sont congrus à 1 modulo 22. Modulo 23, 25≡9, 210≡81≡12, 211−1≡0, donc M11 est divisible par 23. Modulo 47, 26≡17, 212≡289≡7, 224≡49≡2, donc 47 divise 224−2 et M23 est divisible par 47.
M2,M3,M5 sont des nombre premiers inférieurs à 100. M7 est premier plus grand que 100. M11 est divisible par 23, M13 est premier. Le nombre M17 n’a pas de diviseur premier inférieur à 100, car 35 et 69 ne sont pas premiers (on peut montrer que M17 est premier). Le nombre M19 n’a pas de diviseur premier inférieur à 100, car 39 et 77 ne sont pas premiers (on peut aussi montrer que M19 est premier). M23 est divisible par 47. Si M29 est divisible par un nombre premier inférieur à 100, c’est nécessairement 59. Modulo 59, 26≡5, 212≡25, 213≡50≡−9, 226≡81≡22, 228≡88≡29, 229≡58≡−1, donc M29 n’est pas divisible par 59. Les nombres M31, M37, M43, M47 n’ont pas de facteur premier inférieur à 100, car 63,75,87,95 ne sont pas premiers. Modulo 83, 27≡45, 28≡90≡7, 216≡49, 217≡98≡15, 234≡225≡−24, 236≡−96≡−13, 239≡−104≡−21, 241≡−84≡−1, donc M41 n’est pas divisible par 83.
Les nombres de Mersenne plus grands que M47 ne peuvent pas avoir de facteur premier inférieur à 100. Pour résumer, seuls M2,M3,M5,M11 et M23 ont un facteur premier inférieur à 100.
Exercice 561 ⭐️⭐️⭐️ Raréfaction des nombres premiers, Sup/L1
Soit n≥2 un entier.
Montrer que le coefficient binomial (n2n) est divisible par tous les nombres premiers p tels que n+1≤p≤2n.
Montrer que (n2n)≤22n et en déduire que le produit de tous les nombres premiers compris entre n+1 et 2n est inférieur ou égal à 22n.
Montrer qu’il y a moins de 1.4n/lnn nombres premiers entre n+1 et 2n.
Soit n≥1 un entier.
Soit p un nombre premier et k≥1 un entier. Trouver le nombre de multiples de pk parmi les entiers entre 1 et n inclus.
En déduire que l’exposant de p dans la factorisation de n! est égal à k=1∑∞[n/pk], les crochets désignant la partie entière.
Donner une formule pour l’exposant de p dans la factorisation de (n2n).
Quels sont les valeurs possibles pour [2x]−2[x] lorsque x∈R? Que vaut cette expression pour x∈[0,1/2[? En déduire que l’exposant de p dans la factorisation de (n2n) est au plus égal à ln(2n)/lnp.
Montrer que (n2n)≤(2n)N où N est le nombre de nombre premiers inférieurs ou égaux à 2n.
Montrer que (n2n)≥22n/(2n), et en déduire que N+1≥(2n)ln2/ln(2n)
Montrer que pour tout n≥2 entier, il y a au moins (0.69n/lnn)−1 nombres premiers inférieurs ou égaux à n.
Corrigé
Première partie
Les nombres premiers entre n+1 et 2n apparaissent au numérateur de (2n)!/(n!)2 et pas au dénominateur.
(n2n) est un des termes du développement de (1+1)2n avec la formule de Newton. Comme (n2n) est multiple des nombres premiers entre n+1 et 2n, il est au moins égal à leur produit, qui ne peut donc pas dépasser 22n.
Le produit est au moins nN où N est le nombre de nombres premiers entre n+1 et 2n. Donc nN≤22n et N≤2nln2/lnn.
Deuxième partie
Le nombre de multiples est [n/pk].
On compte 1 pour chaque multiple de p, on ajoute 1 pour chaque multiple de p2, puis 1 pour chaque multiple de p3, et ainsi de suite.
Comme (n2n)=(2n)!/(n!)2, on obtient k=1∑∞f(n/pk) où f(x):=[2x]−2[x] pour l’exposant de p.
Les valeurs possibles de f(x) sont 0 et 1, et f(x)=0 pour x∈[0,1/2]. Pour avoir f(n/pk)=1, il est nécessaire d’avoir n/pk>1/2 donc k≤ln(2n)/lnp. La somme sur k est donc au plus ln(2n)/lnp.
Chaque puissance de nombre premier dans la factorisation de (n2n) est au plus pln(2n)/lnp=2n, ce qui donne la borne souhaitée.
(n2n) est le plus grand de 2n termes de la formule 22n=2+k=1∑2n−1(n2n), donc il vaut au moins leur moyenne 22n/2n. On a donc (2n)N≥22n/2n, (2n)N+1≥22n, et N+1≥2nln2/ln(2n).
Le nombre de nombres premiers inférieurs ou égaux à 2n est au moins 2nln2/ln(2n)−1. Comme 2n+2 n’est pas premier, le nombre de nombres premiers inférieurs ou égaux à 2n+1 est égal au nombre de nombres premiers inférieurs ou égaux à 2n+2, soit au moins (2n+2)ln2/ln(2n+2)−1≥(2n+1)ln2/ln(2n+1)−1 (x/lnx est croissante en x pour x≥e).
Exercice 572 ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ Equation diophantienne, Type Olympiade
Déterminer l’infimum des valeurs possibles de d/a, pour quatre entiers naturels a<b<c<d tels que a(a+1)d(d+1)=b(b+1)c(c+1).
Commentaire
Cette équation apparaît dans l’article suivant sur les fonctions multiplicatives aléatoires: https://arxiv.org/abs/1702.01470 (voir p. 15-17).
Une fonction multiplicative est une fonction f:N∗→C telle que f(mn)=f(m)f(n) pour tous m,n∈N∗ premiers entre eux.
Corrigé
Les entiers impairs A=2a+1, B=2b+1, C=2c+1, D=2d+1 doivent satisfaire: (A2−1)(D2−1)=(B2−1)(C2−1). Comme B et C sont plus proches l’un de l’autre que A et D, on en déduit A2−1+D2−1>B2−1+C2−1, et donc δ:=(AD−BC)/2>0, puisque A2D2−B2C2=A2+D2−B2−C2>0.
Le nombre δ est entier. L’équation précédente implique 4δ(AD−δ)=A2+D2−(B−C)2−2AD+4δ, et en particulier: A2−2(2δ+1)AD+D2+4δ(δ+1)=(B−C)2≥0.(⋆)
Si 1<D/A≤2δ+2, on a A/D+D/A≤2δ+21+2δ+2, et donc AD(2δ+21−4δ−2+2δ+2)+4δ(δ+1)≥0,
puis, du fait que 1/(2δ+2)≤1/4, AD≤2δ−(1/4)4δ(δ+1)=2(δ+1)(1−8δ1)−1≤2(δ+1)(1+7δ1)≤2δ+2+(2/7)(1+δ−1)<2δ+3.
Puisque AD est un entier impair, AD≤2δ+1, et donc BC=AD−2δ≤1, ce qui est impossible car C≥B=2b+1>2a+1≥1. Toute solution est donc telle que D/A>2δ+2.
Si δ≥2, on a ad=A−1D−1>AD≥6. Si δ=1, on a, par (⋆), A2−6AD+D2+8≥0, soit (2a+1)2−6(2a+1)(2d+1)+(2d+1)2+8≥0, 4(a2−6ad+d2)−8a−8d+4≥0. Comme a≥0 et d≥1, on en déduit d2−6ad+a2>0 soit (d−(3+22)a)(d−(3−22)a)>0. Comme d>a≥0, le deuxième facteur est strictement positif, et le premier doit l’être aussi. On en déduit que d/a>3+22 pour δ=1. Cette borne est aussi valable pour δ≥2, puisqu’on a montré d/a>6 dans ce cas. La borne inférieure cherchée est donc au plus 3+22. En fait, elle vaut exactement cette valeur. Pour le voir, on observe que pour δ=1 (qui est nécessaire pour avoir d/a<6), par (⋆), (d−3a−1)2−2(2a+1)2=((D−3A)/2)2−2A2=(A2−6AD+D2)/4=((B−C)/2)2−2=(c−b)2−2.
doit être petit devant d2, pour que d/a, et donc D/A, soit proche de 3+22, ce qui implique que (A2−6AD+D2)/4 est petit devant D2. On peut essayer de chercher des solutions avec c=b+1, i.e. c aussi proche que possible de b, ce qui donne l’équation de type Pell-Fermat x2−2y2=−1, pour x=d−3a−1, y=2a+1. Les solutions de cette équation de sont données en prenant une réduite sur deux dans le développement de 2 en fraction continue. Ceci donne une suite récurrente linéaire d’ordre deux, qu’on peut ensuite résoudre via l’équation caractéristique. On obtient, pour n≥0 entier, et ρ+:=2+1, ρ−:=2−1, les solutions: xn=2ρ+2n+1−ρ−2n+1,yn=22ρ+2n+1+ρ−2n+1
puis an=2yn−1=42ρ+2n+1+ρ−2n+1−22, dn=1+xn+3an=42(3+22)ρ+2n+1+(3−22)ρ−2n+1−22, dn=42ρ+2n+3+ρ−2n+3−22.
Si on a une solution avec (a,d)=(an,dn) et c=b+1, nécessairement 2=AD−BC=(2a+1)(2d+1)−(2c−1)(2c+1)=4((a+1/2)(d+1/2)−c2+1/4), c2=(a+1/2)(d+1/2)−1/4=42ρ+2n+1+ρ−2n+1.42ρ+2n+3+ρ−2n+3−41, c2=32ρ+4n+4+ρ−4n+4+ρ+2+ρ−2−8=32ρ+4n+4+ρ−4n+4−2.
Comme c>0, on a c=cn avec cn:=42ρ+2n+2−ρ−2n+2,
et b=bn:=cn−1=42ρ+2n+2−ρ−2n+2−42.
On vérifie que (an,bn,cn,dn)n≥0 donne bien une suite de solutions entières telles que (dn/an)n≥0 converge vers ρ+2=3+22.
Pour éviter de manipuler des puissances d’irrationnels, on peut vérifier que si (pk/qk)k≥0 sont les réduites successives de 2, (p0/q0=1, p1/q1=3/2, p2/q2=7/5,…), alors (an,bn,cn,dn)=((q2n−1)/2,(q2n+1/2)−1,q2n+1/2,(q2n+2−1)/2).
Pour n≥1 entier, on fait agir le groupe Z/nZ sur l’ensemble Pn=P(Z/nZ) des parties de Z/nZ, par addition appliquée élément par élément: par exemple, l’image de {2ˉ,4ˉ,5ˉ} par l’action de −2 est {0ˉ,2ˉ,3ˉ}, m désignant la classe de m modulo n. Soit H un sous-ensemble de Pn globalement invariant par l’action de Z/nZ , et O(H) l’ensemble des orbites d’éléments de H. Pour un entier m∈Z, on note Fm(H) l’ensemble des éléments de H fixés par l’action de m modulo n. Dans la suite, on notera ∣E∣ le cardinal d’un ensemble fini E.
Montrer que ∣O(H)∣=n1d∣n∑φ(n/d)∣Fd(H)∣, φ désignant l’indicatrice d’Euler et la somme en d portant sur les diviseurs positifs de n.
Montrer que ∣O(Pn)∣=n1d∣n∑φ(n/d)2d.
Pour d≥1 divisant n, on considère l’ensemble Hd=Fd(Pn) des éléments de Pn qui sont fixés par l’action de dˉ. Montrer que ∣O(Hd)∣=d1e∣d∑φ(d/e)2e, la somme portant sur les diviseurs e≥1 de d.
On considère l’ensemble K des éléments de Pn qui ne sont fixés par l’action d’aucun élément non nul de Z/nZ. Montrer que ∣O(K)∣=d∣n∑dμ(n/d)e∣d∑φ(d/e)2e, μ étant la fonction de Möbius.
Montrer que O(K)=n1d∣n∑μ(n/d)2d.
En musique, il est courant d’appeller mode, ou échelle, un sous-ensemble des douze notes de la gamme chromatique, deux sous-ensembles obtenus par transposition musicale (c’est à dire montée ou descente d’un certain nombre de degrés de la gamme chromatique) étant considérés comme la même échelle (on considère ici qu’une note ne change pas si on la transpose à l’octave au-dessus ou au-dessous). Déterminer le nombre total d’échelles (y compris l’échelle vide!), ainsi que le nombre d’échelles à transpositions limitées (selon la terminologie du compositeur Olivier Messian), c’est à dire dont l’ensemble des notes est invariant par transposition d’au moins un intervalle non multiple d’une octave. Enumérer ces échelles.
Corrigé
Par le théorème de Burnside, ∣O(H)∣=n1j=0∑n−1Fj(H). Or, si le pgcd de j et n vaut d, Fj(H)=Fd(H), d’autre part, les entiers strictement entre 0 et n dont le pgcd avec n vaut d sont d fois les éléments strictement entre 0 et n/d qui sont premiers avec n/d: il y en a donc φ(n/d).
Les ensembles dans Fd(H) sont obtenus en prenant tous les sous-ensembles de {0ˉ,…,d−1} et en les translatant de kd pour k∈{0,1,…,n/d−1}. On en déduit ∣Fd(H)∣=∣Pd∣=2d. D’où le résultat cherché en appliquant 1.
Le même raisonnement qu’au début de 2. prouve que ∣O(Hd)∣ est obtenu en appliquant la formule précédente au cas où n est remplacé par d.
Pour chaque orbite ω, le stabilisateur l’un élément de ω ne dépend pas du choix de cet élément, et c’est un sous-groupe de Z/nZ de la forme e(ω)Z/nZ, e(ω) étant un diviseur positif de n. Si on calcule la somme d∣n∑1e(ω)∣dμ(n/d), on obtient f∣(n/e(ω))∑μ(n/(e(ω)f)), qui par une propriété classique de la fonction de Möbius, vaut 1 si n/e(ω)=1 et 0 sinon. On a donc 1ω∈O(K)=d∣n∑1e(ω)∣dμ(n/d) et en sommant sur toutes les orbites ω possibles: ∣O(K)∣=d∣n∑μ(n/d)ω∈O(Pn)∑1e(ω)∣d.
Comme la dernière somme compte le nombre d’orbites d’ensembles fixés par l’action de dˉ, on déduit le résultat cherché en appliquant 3.
On a ∣O(K)∣=e∣n∑eg(n/e)2e avec g(m)=d∣m∑dμ(m/d)φ(d). La fonction g est la convolution de Dirichlet des deux fonctions multiplicatives μ et d↦φ(d)/d, donc c’est une fonction multiplicative. Pour p premier et α≥1 entier, on a g(pα)=φ(pα)/pα−φ(pα−1)/pα−1, ce qui vaut 0 si α≥2, et −1/p si α≥1. Autrement dit, g(m)=μ(m)/m pour toute puissance de nombre premier m, et donc pour tout entier m par multiplicativité.
Il s’agit d’appliquer les résultats précédents pour n=12. Pour le nombre total d’échelles, on trouve 121(φ(12)21+φ(6)22+φ(4)23+φ(3)24+φ(2)26+φ(1)212)=121(8+8+16+32+64+4096)=352.
Pour les échelles qui ne sont pas à transposition limitée, on obtient: 121(212−26−24+22)=335.
Il y a donc 17 échelles à transposition limitée. Avec 5 notes ou moins, on trouve: l’échelle vide, l’intervalle de triton ({0ˉ,6ˉ} ou do-fa dièse, et ses transpositions), l’accord de quinte augmentée ({0ˉ,4ˉ,8ˉ} ou do-mi-sol dièse), les échelles à 4 sons {0ˉ,m,6ˉ,m+6} pour m∈{1,2,3} (m=3 correspond à l’accord de septième diminuée). Cela fait 6 échelles à 5 sons ou moins. Par complément, on trouve 6 échelles à 7 sons ou plus. Il reste 5 échelles à 6 sons, qui sont {0ˉ,3ˉ,4ˉ,7ˉ,8ˉ,11}, {0ˉ,1ˉ,2ˉ,6ˉ,7ˉ,8ˉ}, {0ˉ,1ˉ,3ˉ,6ˉ,7ˉ,9ˉ}, {0ˉ,1ˉ,4ˉ,6ˉ,7ˉ,10}, {0ˉ,2ˉ,4ˉ,6ˉ,8ˉ,10} (cette dernière échelle est la gamme par tons, beaucoup utilisée par Debussy en particulier). Sept des 17 échelles ou modes ont été répertoriées et abondamment utilisées par Messiaen, numérotées par lui de 1 à 7, dans cet ordre: la gamme par tons, le complément de {0ˉ,3ˉ,6ˉ,9ˉ}, le complément de {0ˉ,4ˉ,8ˉ}, le complément de {0ˉ,1ˉ,6ˉ,7ˉ}, l’échelle {0ˉ,1ˉ,2ˉ,6ˉ,7ˉ,8ˉ}, le complément de {0ˉ,2ˉ,6ˉ,8ˉ}, le complément du triton {0ˉ,6ˉ}.
Pour plus de discussion sur ces modes, voir par exemple la page Wikipedia.
Exercice 576 ⭐️⭐️⭐️ Généralisation du petit théorème de Fermat, Spé/L2/L3
Soit n et m deux entiers strictement positifs. Déterminer le nombre de suites d’éléments de {1,2,…,m} périodiques, dont la plus petite période est exactement n. En déduire que pour tout a∈Z, E⊂P(n)∑(−1)Card(E)an/(∏p∈Ep)
est divisible par n, P(n) étant l’ensemble des diviseurs premiers de n.
Corrigé
Une suite a sa plus petite période égale à n si et seulement si elle est n-périodique, tout en n’étant (n/p)-périodique pour aucun facteur premier p de n, De plus, si E⊂P(n), une suite est (n/p)-périodique pour tout p∈E si et seulement si sa plus petite période divise n/pgcd{p,p∈E}, et donc si elle est (n/(p∈E∏p))-périodique. Le nombre de suites k-périodiques dans {1,2,…,m} étant mk, on obtient par inclusion-exclusion que le nombre de suites cherché est N(m,n):=E⊂P(n)∑(−1)Card(E)mn/(∏p∈Ep).
Maintenant, considérons que deux suites de plus petite période n sont équivalentes si on peut passer de l’une à l’autre par permutation circulaire des n premiers éléments. Comme la plus petite période est exactement n, les classes d’équivalences ont toutes n éléments (et pas moins), donc N(m,n) est divisible par n pour tous m,n≥1. Comme N(a,n) est clairement n-périodique modulo n par rapport à a, on en déduit que N(a,n) est multiple de n pour tous a∈Z. Remarque: On peut écrire plus succinctement que d∣n∑μ(d)an/d est divisible par n, où μ désigne la fonction de Möbius et où la somme porte sur les diviseurs positifs de n. Si n est un nombre premier, on retrouve le petit théorème de Fermat.
Exercice 577 ⭐️⭐️⭐️ Pell-Fermat , Sup/L1/Spé/L2
Soit E l’ensemble des couples (x,y) d’entiers positifs ou nuls, qui sont solutions de l’équation de Pell-Fermat x2−2y2=1.
Montrer que si (x,y)∈E et y>0, alors (3x−4y,−2x+3y)∈E.
En déduire que le éléments de E sont obtenus en itérant la transformation (x,y)↦(3x+4y,2x+3y) à partir de (1,0).
Déterminer la plus grande valeur de x possible pour (x,y)∈E et x≤1000.
Corrigé
On développe (3x−4y)2−2(−2x+3y)2=9x2−24xy+16y2−8x2+24xy−18y2=x2−2y2=1 si (x,y)∈E. De plus, si (x,y)∈E et y>0, on a x/y>2>4/3 et yx−2=y(x+y2)x2−2y2=y(x+y2)1. Comme y>0, et que y=1 ne donne pas de solution, on a y≥2 et x≥3, ce qui donne yx−2≤2(3+22)1, yx≤2+2(3+22)1=2+23−22=23.
On a donc 3x−4y>0 et −2x+3y≥0, ce qui implique (3x−4y,−2x+3y)∈E puisque ce couple vérifie l’équation de Pell-Fermat.
Si (x,y)∈E et y>0, l’application de (x,y)↦(3x−4y,−2x+3y) produit un nouvel élément de E, dont la somme des coordonnées 3x−4y−2x+3y=x−y est strictement inférieure à x+y. Si on itère le procédé, la suite de solutions obtenue se termine nécessairement en un temps fini, et aboutit alors à un élément de E dont la deuxième coordonnée est nulle, c’est à dire (1,0). On retrouve l’élément de départ en inversant les itérations de (x,y)↦(3x−4y,−2x+3y), ce qui revient à itérer la transformée inverse (x,y)↦(3x+4y,2x+3y). On vérifie réciproquement que cette itération produit bien des éléments de E, dont les coordonnées augmentent à chaque étape.
Les éléments de E sont (1,0), (3,2), (17,12), (99,70), (577,408), et une infinité de couples d’entiers supérieurs à 1000. La réponse à la question posée est donc 577 (le numéro de cet exercice!).