Arithmétique

Exercice 117 ⭐️⭐️ Indicatrice d’Euler, événements indépendants, Sup/L1

On choisit de façon équiprobable un nombre entier parmi 1,2,,n\displaystyle 1,2,\cdots,n. Soit 1pn\displaystyle 1\le p\le n et Dp\displaystyle D_p l’événement : "le nombre choisi est divisible par p\displaystyle p".

  1. Calculer P(Dp)\displaystyle P(D_p) si p\displaystyle p divise n\displaystyle n.
  2. Montrer que si p1,,pk\displaystyle p_1,\cdots, p_k sont des diviseurs premiers distincts de n\displaystyle n, alors Dp1,,Dpk\displaystyle D_{p_1},\cdots,D_{p_k} sont indépendants.
  3. Soit ϕ\displaystyle \phi l’indicatrice d’Euler, i.e. ϕ(n)\displaystyle \phi(n) est le nombre d’entiers k{1,,n}\displaystyle k\in\{1,\cdots,n\} premiers avec n\displaystyle n. Montrer que ϕ(n)=npn(11/p),\phi(n)=n\prod_{p|n}(1-1/p),p\displaystyle p désigne un nombre premier et “pn\displaystyle p|n” signifie que p\displaystyle p divise n\displaystyle n.
  • Ecrire calmement les relations de divisibilité ;
  • Evénements indépendants 👉 Complémentaires indépendants.

(D’après Exercices de probabilités, Cottrell et al., Cassini, p.8)

  1. On a n=ap\displaystyle n=a p avec aN\displaystyle a\in\N^*, et Dp={kp,ka}\displaystyle D_p=\{kp, k\le a\}. Donc P(Dp)=a/n=1/p\displaystyle P(D_p)=a/n=1/p car P\displaystyle P est la probabilité uniforme.
  2. Soit p1,,pk\displaystyle p_1,\cdots, p_k des entiers premiers distincts. Si p1,,pk\displaystyle p_1,\cdots, p_k sont des diviseurs de n\displaystyle n alors p1pk\displaystyle p_1\cdots p_k est un diviseur de n\displaystyle n, et réciproquement. Donc Dp1Dpk=Dp1pk,D_{p_1}\cap \cdots \cap D_{p_k}=D_{p_1\cdots p_k}, et ainsi par la question 1), P(Dp1pk)=1/(p1pk)=P(Dp1)P(Dpk).P(D_{p_1\cdots p_k})=1/(p_1\cdots p_k)=P(D_{p_1})\cdots P(D_{p_k}).
  3. Soit A\displaystyle A l’ensemble des nombres n\displaystyle \le n et premiers avec n\displaystyle n, et p1,,pk\displaystyle p_1,\cdots, p_k les diviseurs premiers de n\displaystyle n. Si mA\displaystyle m\in A alors m\displaystyle m n’est divisible par aucun des pi\displaystyle p_i et réciproquement. Donc A=Dp1cDpkc\displaystyle A=D_{p_1}^c\cap \cdots \cap D_{p_k}^c. Par indépendance (valide aussi pour les complémentaires), P(A)=P(Dp1c)P(Dpkc).P(A)=P(D_{p_1}^c) \cdots P(D_{p_k}^c). Comme P\displaystyle P est la probabilité uniforme, P(A)=ϕ(n)/n\displaystyle P(A)=\phi(n)/n. D’où le résultat car P(Dpic)=11/pi\displaystyle P(D_{p_i}^c)=1-1/p_i.

Exercice 118 ⭐️⭐️⭐️⭐️ Somme de deux carrés, MP/M1/Agreg

(D’après : Cours d’Algèbre, II 6., D. Perrin)
On veut déterminer les entiers qui sont somme de deux carrés. On pose : Σ={nN,n=a2+b2;a,bN}.\Sigma = \left\{ n \in \N, n=a^2+b^2; a,b\in\N \right\}.

  1. Étudions l’anneau Z[i]={a+ibC/a,bZ}\displaystyle \Z[i]=\{a+ib\in\mathbb C/a,b\in\Z\} des entiers de Gauss.
    Montrer que l’application N:{Z[i]Nz=a+ibzz=a2+b2\displaystyle N : \left\{ \begin{array}{ccc}\Z[i] & \longrightarrow & \N \\ z=a+ib & \longmapsto & z\overline{z}=a^2+b^2 \end{array} \right. est multiplicative i.e. N(zz)=N(z)N(z)\displaystyle N(zz')=N(z)N(z'), et que Σ\displaystyle \Sigma est stable par multiplication. En déduire l’identité de Lagrange : (a2+b2)(c2+d2)=(acbd)2+(ad+bc)2.(a^2+b^2)(c^2+d^2)=(ac-bd)^2+(ad+bc)^2.
  2. Montrer que l’ensemble des inversibles de Z[i]\displaystyle \Z[i] est Z[i]={±1,±i}\displaystyle \Z[i]^*=\{\pm 1,\pm i\}.
  3. Montrer que Z[i]\displaystyle \Z[i] est un anneau euclidien relativement à N\displaystyle N i.e. : Z[i]\displaystyle \Z[i] est intègre, et pour tout z,DZ[i]\displaystyle z,D\in\Z[i], il existe q,rZ[i]\displaystyle q,r\in\Z[i] tels que z=qD+r\displaystyle z=qD+r avec r=0\displaystyle r=0 ou N(r)<N(D)\displaystyle N(r)<N(D).
  4. Soit p\displaystyle p premier impair. Montrer que a\displaystyle a est un carré dans Fp:=Z/pZ\displaystyle \mathbb F_p:=\Z/p\Z si et seulement si ap12=1\displaystyle a^{\frac{p-1}{2}}=1.
  5. Soit p\displaystyle p premier impair. Montrer les équivalences suivantes :
    (i) pΣ\displaystyle p\in\Sigma
    (ii) p=1 [4]\displaystyle p=1\ [4]
    (iii) 1\displaystyle -1 est un carré dans Fp\displaystyle \mathbb F_p
    (iv) p\displaystyle p n’est pas irréductible dans Z[i]\displaystyle \Z[i].

Pour (iii) \displaystyle \Rightarrow (iv) (niveau M1/Agreg), on utilisera l’isomorphisme d’anneau Z[i]/(p)Fp[X]/(X2+1)\displaystyle \Z[i]/(p)\simeq \mathbb F_p[X]/(X^2+1).

  1. Établir le résultat final :
    Soit n>1\displaystyle n>1 un entier qu’on décompose en facteurs premiers : n=pPpvp(n).\displaystyle n=\prod_{p\in\mathcal{P}} p^{v_p(n)}.
    Alors : nΣ    vp(n)\displaystyle n\in\Sigma \iff v_p(n) pair pour p=3 [4]\displaystyle p=3 \ [4].
  1. On remarque que Z[i]\displaystyle \Z[i] est un sous-anneau de C\displaystyle \C, en particulier si z,zZ[i]\displaystyle z,z'\in\Z[i] alors zzZ[i]\displaystyle zz'\in\Z[i]. Montrons que N\displaystyle N est multiplicative. Soit z,zZ[i]\displaystyle z,z'\in\Z[i]. On a N(zz)=zzzz=zzzz=N(z)N(z),N(zz')=zz'\overline{zz'}=z\overline{z}z'\overline{z'}=N(z)N(z'), car zz=zz\displaystyle \overline{zz'}=\overline{z}\overline{z'} et C\displaystyle \C est commutatif. Cela montre également que Σ\displaystyle \Sigma est stable par multiplication. En effet pour tout m,mΣ\displaystyle m,m'\in \Sigma, il existe z,zZ[i]\displaystyle z,z'\in\Z[i] tels que m=N(z)\displaystyle m=N(z) et m=N(z)\displaystyle m'=N(z'). Il suffit alors de remarquer que mm=N(z)N(z)=N(zz)=r2+s2\displaystyle mm'=N(z)N(z')=N(zz')=r^2+s^2 avec r,sZ\displaystyle r,s\in\Z, i.e. N(zz)Σ\displaystyle N(zz')\in \Sigma.
    Posons z=a+ib\displaystyle z=a+ib et z=c+id\displaystyle z'=c+id. On a zz=acbd+i(bc+ad)\displaystyle zz'=ac-bd+i(bc+ad). Il suffit alors d’écrire N(z)\displaystyle N(z), N(z)\displaystyle N(z'), N(zz)\displaystyle N(zz'), et d’utiliser la multiplicativité de N\displaystyle N pour déduire l’identité de Lagrange.

  2. Soit zZ[i]\displaystyle z\in \Z[i]^* un inversible de Z[i]\displaystyle \Z[i]. Alors il existe zZ[i]\displaystyle z'\in \Z[i] tel que zz=1\displaystyle zz'=1. Ainsi N(zz)=N(z)N(z)=N(1)=1.N(zz')=N(z)N(z')=N(1)=1. Comme N(z),N(z)N\displaystyle N(z),N(z')\in\N, cela force N(z)=N(z)=1\displaystyle N(z)=N(z')=1. Donc il faut trouver les entiers a\displaystyle a et b\displaystyle b tels que a2+b2=1\displaystyle a^2+b^2=1. Il n’y a pas beaucoup de choix : a=±1\displaystyle a=\pm1 et b=0\displaystyle b=0, ou : a=0\displaystyle a=0 et b=±1\displaystyle b=\pm1. Cela correspond au cas z=±1\displaystyle z=\pm1 ou z=±i\displaystyle z=\pm i. On vérifie bien que ces 4\displaystyle 4 éléments sont inversibles dans Z[i]\displaystyle \Z[i], et on conclut que Z[i]={±1,±i}\displaystyle \Z[i]^*=\{±1,±i\}.

  3. D’abord, on remarque Z[i]\displaystyle \Z[i] est intègre en tant que sous-anneau de l’anneau intègre C\displaystyle \C.
    Soit z,DZ[i]\displaystyle z,D\in\Z[i]. Il faut maintenant approximer zD=x+iy\displaystyle \frac{z}{D}=x+iy par un q=a+ibZ[i]\displaystyle q=a+ib\in\Z[i]. On choisit les entiers a\displaystyle a et b\displaystyle b les plus proches de x\displaystyle x et y\displaystyle y de sorte que xa1/2\displaystyle |x-a|\le 1/2 et yb1/2\displaystyle |y-b|\le 1/2. Alors z/Dq21/4+1/4<1\displaystyle |z/D-q|^2\le 1/4+1/4<1. En posant r=zqDZ[i]\displaystyle r=z-qD\in\Z[i], on a donc N(r)=r2=D2z/Dq2<D2=N(D)\displaystyle N(r)=|r|^2=|D|^2|z/D-q|^2<|D|^2=N(D), ce qu’on voulait.
    On en déduit que Z[i]\displaystyle \Z[i] est euclidien (donc principal, donc factoriel, cf cours M1).

  4. Soit aFp\displaystyle a\in\mathbb F_p^* avec a=x2\displaystyle a=x^2. Alors ap12=xp1=1\displaystyle a^{\frac{p-1}{2}}=x^{p-1}=1 car Fp\displaystyle \mathbb F_p^* est un groupe de cardinal p1\displaystyle p-1 (Fp\displaystyle \mathbb F_p est un corps i.e. tous les éléments non nul de Fp\displaystyle \mathbb F_p sont inversibles et il y en a p1\displaystyle p-1).
    Montrons la réciproque. On sait déjà d’après ce qui précède que I:={x2,xFp}{aFp, ap12=1}:=R\displaystyle I:=\left\{x^2, x\in \mathbb F_p^*\right\}\subset \left\{a\in \mathbb F_p^*, \ a^{\frac{p-1}{2}}=1\right\}:=R. L’application ϕ:FpFp\displaystyle \phi:\mathbb F_p^*\to \mathbb F_p^*, xx2\displaystyle x\mapsto x^2, est un morphisme de groupe car Fp\displaystyle \mathbb F_p^* est commutatif. Comme Fp\displaystyle \mathbb F_p^* est de cardinal p1\displaystyle p-1 et que le noyau de ϕ\displaystyle \phi est {1,1}\displaystyle \{1,-1\} (de cardinal 2\displaystyle 2), on en déduit par le théorème de l’isomorphisme que I=Im ϕ\displaystyle I={\rm Im}\ \phi est de cardinal p12\displaystyle \frac{p-1}{2}. Or R\displaystyle R est l’ensemble des racines du polynôme Xp121\displaystyle X^{\frac{p-1}{2}}-1 sur le corps Fp\displaystyle \mathbb F_p, donc le cardinal de R\displaystyle R est plus petit que p12\displaystyle \frac{p-1}{2}. Comme IR\displaystyle I\subset R, il vient I=R\displaystyle I=R, ce qu’on voulait.

  5. (i) \displaystyle \Longrightarrow (ii) — Écrivons p=a2+b2\displaystyle p=a^2+b^2. Faisons les différents cas modulo 4\displaystyle 4. Soit a=0,1,2,3 [4]\displaystyle a=0,1,2,3\ [4], d’où a2=0,1 [4]\displaystyle a^2=0,1\ [4], idem pour b2\displaystyle b^2. Donc a2+b2=0,1,2 [4]\displaystyle a^2+b^2=0,1,2\ [4]. Comme p\displaystyle p est impair, il ne reste que la possibilité p=1 [4]\displaystyle p=1\ [4].
    (ii) \displaystyle \Longrightarrow (iii) — On va utiliser le résultat avec le symbole de Legendre à la question 4). Écrivons p=1+4k\displaystyle p=1+4k, alors (1)(p1)/2=(1)2k=1\displaystyle (-1)^{(p-1)/2}=(-1)^{2k}=1, ce qui implique que 1\displaystyle -1 est un carré dans Fp\displaystyle \mathbb F_p.
    (iii) \displaystyle \Longrightarrow (iv) — On a les isomorphismes d’anneaux suivants : Z[i]/(p)Z[X]/(X2+1,p)Fp[X]/(X2+1).\Z[i]/(p)\simeq \Z[X]/(X^2+1,p) \simeq \mathbb F_p[X]/(X^2+1). Comme 1\displaystyle -1 est un carré dans Fp\displaystyle \mathbb F_p, le polynôme X2+1\displaystyle X^2+1 n’est pas irréductible dans Fp[X]\displaystyle \mathbb F_p[X], donc Fp[X]/(X2+1)Z[i]/(p)\displaystyle \mathbb F_p[X]/(X^2+1)\simeq \Z[i]/(p) n’est pas un corps. Ainsi l’idéal (p)\displaystyle (p) ne peut pas être premier et donc p\displaystyle p n’est pas irréductible dans Z[i]\displaystyle \Z[i].
    (iv) \displaystyle \Longrightarrow (i) — Écrivons p=zz\displaystyle p=zz' avec z,zZ[i]={±1,±i}\displaystyle z,z'\notin \Z[i]^*=\{±1,±i\}. On a N(p)=p2=N(z)N(z)\displaystyle N(p)=p^2=N(z)N(z'). Comme N(z)>1\displaystyle N(z)>1 et N(z)>1\displaystyle N(z')>1 et que chacun vaut p\displaystyle p ou p2\displaystyle p^2 car p\displaystyle p premier, il vient N(z)=N(z)=p\displaystyle N(z)=N(z')=p. Donc pΣ\displaystyle p\in\Sigma.

  6. (\displaystyle \Longleftarrow) Dans la décomposition de n\displaystyle n, si p=1 [4]\displaystyle p=1\ [4] alors pΣ\displaystyle p\in\Sigma. Par stabilité de Σ\displaystyle \Sigma par multiplication, il vient p=1 [4], pnpvp(n)Σ\displaystyle \prod_{p=1\ [4],\ p|n} p^{v_p(n)}\in\Sigma. Si p=3 [4]\displaystyle p=3\ [4], vp(n)\displaystyle v_p(n) est pair par hypothèse, donc pvp(n)\displaystyle p^{v_p(n)} est un carré et en particulier pvp(n)Σ\displaystyle p^{v_p(n)}\in\Sigma. On invoque encore la stabilité de Σ\displaystyle \Sigma pour conclure que nΣ\displaystyle n\in\Sigma.
    (\displaystyle \Longrightarrow) Soit p=3 [4]\displaystyle p=3\ [4] qui divise n=a2+b2=(a+ib)(aib)\displaystyle n=a^2+b^2=(a+ib)(a-ib). Par ce qui précède, p\displaystyle p est irréductible dans Z[i]\displaystyle \Z[i] qui est un anneau factoriel, donc p\displaystyle p divise a+ib\displaystyle a+ib ou aib\displaystyle a-ib, disons a+ib\displaystyle a+ib. Alors p\displaystyle p divise a\displaystyle a et b\displaystyle b car pN\displaystyle p\in\N, et donc aussi aib\displaystyle a-ib. Écrivons a+ib=pkz\displaystyle a+ib=p^kz avec p\displaystyle p ne divisant pas z\displaystyle z. Donc aib=pkz\displaystyle a-ib=p^k\overline{z}. Ainsi n=p2kz2\displaystyle n=p^{2k}|z|^2. On en déduit que vp(n)\displaystyle v_p(n) est pair.

Exercice 119 ⭐️⭐️ 7abc\displaystyle 7|abc, Terminale/Sup/L1

Montrer que si 7(a3+b3+c3)\displaystyle 7|(a^3+b^3+c^3) alors 7abc\displaystyle 7|abc.

On calcule les cubes modulo 7\displaystyle 7 : 03=0[7]\displaystyle 0^3=0[7], 13=1[7]\displaystyle 1^3=1[7], 23=1[7]\displaystyle 2^3=1[7], 33=1[7]\displaystyle 3^3=-1[7], 43=(3)3=1[7]\displaystyle 4^3=(-3)^3=1[7]; 53=(2)3=1[7]\displaystyle 5^3=(-2)^3=-1[7], 63=(1)3=1[7]\displaystyle 6^3=(-1)^3=-1[7]. Donc pour que la somme de trois cubes soit nulle (i.e. soit divisible par 7), il faut qu’au moins un soit congru à 0[7]\displaystyle 0[7], donc 7\displaystyle 7 divise a\displaystyle a, b\displaystyle b ou c\displaystyle c, i.e. 7abc\displaystyle 7|abc.

Exercice 121 ⭐️⭐️ Dernier chiffre 777\displaystyle 7^{7^7}, Mines, Terminale/Sup/L1

Déterminer le dernier chiffre de 777\displaystyle 7^{7^7}.

Le dernier chiffre d’un nombre est son reste modulo 10\displaystyle 10. Donc calculons les puissances successives de 7\displaystyle 7 modulo 10\displaystyle 10. On a 7=3[10]\displaystyle 7=-3 [10], 72=9=1[10]\displaystyle 7^2=9=-1 [10], 74=1[10]\displaystyle 7^4=1 [10], et donc il ya une périodicité de 4\displaystyle 4. Il suffit de trouver le reste 77\displaystyle 7^7 modulo 4\displaystyle 4. On a 7=1[4]\displaystyle 7=-1 [4] et 77=(1)7=1=3[4]\displaystyle 7^7=(-1)^7=-1=3[4], d’où 77=4k+3\displaystyle 7^7=4k+3. Ainsi 777=74k+3=73[10]\displaystyle 7^{7^7}=7^{4k+3}=7^3[10], et donc 777=727=7=3[10]\displaystyle 7^{7^7}=7^27=-7=3[10]. Le dernier chiffre cherché est donc 3\displaystyle 3.

Exercice 122 ⭐️⭐️ 13(270+370)\displaystyle 13|(2^{70}+3^{70}), Sup/L1

Montrer que 13(270+370)\displaystyle 13|(2^{70}+3^{70}).

270+370\displaystyle 2^{70}+3^{70} 👉 ça fait penser à l’identité remarquable aqbq\displaystyle a^q-b^q.

Réponse directe : 270+370=2503155504994422192936289397389273\displaystyle 2^{70}+3^{70} = 2503155504994422192936289397389273, qui vaut 13×192550423461109399456637645953021\displaystyle 13 \times 192550423461109399456637645953021. 😵😱

Mais bon, on s’attend à quelque chose de plus astucieux…😉

On voudrait utiliser akbk\displaystyle a^k-b^k, mais ici on a un +\displaystyle +. Essayons quand même : 270+370=435+935=435(9)35=(4(9))()\displaystyle 2^{70}+3^{70}=4^{35}+9^{35}=4^{35}-(-9)^{35}=(4-(-9))\left(\sum \cdots\right), donc 13(270+370)\displaystyle 13|(2^{70}+3^{70}).
On peut aussi utiliser des congruences modulo 13\displaystyle 13 et le petit théorème de Fermat.

Exercice 123 ⭐️⭐️⭐️ Somme des diviseurs, ENS, Sup/Spé/L2

Soit σ(n)\displaystyle \sigma(n) la somme des diviseurs d’un entier n\displaystyle n. Montrer que σ(n)n+nln(n)\displaystyle \sigma(n)\le n+n\ln(n).

💡 Réindexer dnd\displaystyle \sum_{d|n}d.

Ecrivons d’abord la définition σ(n)=dnd\displaystyle \sigma(n)=\sum_{d|n}d. On ne voit pas bien comment faire apparaître le terme en n\displaystyle n. Mais si d\displaystyle d est un diviseur de n\displaystyle n alors nd\displaystyle \frac{n}{d} aussi et réciproquement ! On peut alors aussi écrire σ(n)=dnndnk=1n1kn(1+ln(n)),\sigma(n)=\sum_{d|n}\frac{n}{d}\le n\sum_{k=1}^n\frac{1}{k}\le n(1+\ln(n)), qui est déjà une majoration très bonne à peu de frais !

Exercice 124 ⭐️⭐️⭐️ Nombres de Fermat, Sup/L1

  1. Montrer que : 2n+1\displaystyle 2^n+1 premier \displaystyle \Rightarrow n=2k\displaystyle n=2^k.
  2. Montrer que la réciproque est fausse avec l’exemple 641  225+1\displaystyle 641\ |\ 2^{2^5}+1.

Trop dur d’utiliser la propriété qu’un nombre est premier 👉 Plutôt montrer qu’un nombre n’est pas premier, ici penser à une contraposée.

  1. Preuve par contraposée : supposons que n=2ka\displaystyle n=2^ka avec a>1\displaystyle a>1 impair. Posons Fk=22k+1\displaystyle F_k=2^{2^k}+1. C’est idiot mais on peut écrire que 22k=1 [Fk]\displaystyle 2^{2^k}=-1\ [F_k], et il n’y a plus qu’à élever à la puissance a\displaystyle a, ce qui donne 2a2k=(1)a=1 [Fk]\displaystyle 2^{a2^k}=(-1)^a=-1\ [F_k] car a\displaystyle a est impair. Donc 2n+1=0 [Fk]\displaystyle 2^n+1=0\ [F_k] et alors 2n+1\displaystyle 2^n+1 n’est pas premier !
  2. On va utiliser l’astuce géniale d’Euler d’écrire 641 de deux manières différentes : 641=54+24=1+5×27\displaystyle 641=5^4+2^4=1+5\times2^7. Ainsi 5×27=1 [641]\displaystyle 5\times2^7=-1\ [641] et 54×228=1 [641]\displaystyle 5^4\times 2^{28}=1\ [641]. Mais 54=24 [641]\displaystyle 5^4=-2^4\ [641], d’où 24×228=1 [641]\displaystyle -2^4\times 2^{28}=1\ [641], i.e. 232=1 [641]\displaystyle 2^{32}=-1\ [641]. Ainsi 641\displaystyle 641 divise 232+1=225+1\displaystyle 2^{32}+1=2^{2^5}+1.

Remarque — Tu verras que l’astuce d’écrire a=b+c\displaystyle a=b+c comme b=c [a]\displaystyle b=-c\ [a] est très puissante. Cet exercice concerne les nombres de Fermat qui est un sujet fascinant !

Exercice 126 ⭐️ Irrationalité de 2\displaystyle \sqrt{2}, Terminale/Sup/L1

Montrer que 2\displaystyle \sqrt{2} est irrationnel.

Pas facile de travailler avec un irrationnel 👉 Preuve par l’absurde !

Par l’absurde, on suppose que 2=pq\displaystyle \sqrt{2}=\frac{p}{q} et que la fraction est irréductible. Alors p2=2q2\displaystyle p^2=2q^2, donc p2\displaystyle p^2 est pair et donc forcément p\displaystyle p aussi, i.e. p=2k\displaystyle p=2k. On obtient alors 4k2=2q2\displaystyle 4k^2=2q^2, i.e. q2=2k2\displaystyle q^2=2k^2, et donc q2\displaystyle q^2 est pair, et alors q\displaystyle q aussi. Mais on avait supposé que la fraction était irréductible, alors qu’on vient de voir qu’on peut simplifier par 2\displaystyle 2. Contradiction !

Exercice 235 ⭐️ Infinité nombres premiers, Terminale/Sup/L1

Montrer qu’il existe une infinité de nombres premiers.

Preuve par l’absurde !

Par l’absurde : supposons qu’il n’existe qu’un nombre fini de nombres premiers, disons p1,,pr\displaystyle p_1,\ldots,p_r. Considérons N=1irpi+1\displaystyle N=\prod_{1\le i\le r}p_i +1, qui ne peut pas être premier car N>pr\displaystyle N>p_r. Donc N\displaystyle N est divisible par un nombre premier qui est forcément dans la liste p1,,pr\displaystyle p_1,\cdots,p_r, disons pj\displaystyle p_j. On a donc pjN\displaystyle p_j|N et pj1irpi\displaystyle p_j|\prod_{1\le i\le r}p_i, d’où d’après l’expression de N\displaystyle N, pj\displaystyle p_j divise 1\displaystyle 1, et c’est impossible !

Attention : si (pn)n1\displaystyle (p_n)_{n \ge 1} est la suite des nombres premiers, alors les nombres de la forme k=1npk+1\displaystyle \prod_{k=1}^n p_k +1 ne sont pas tous premiers ! Par exemple, 2×3×5×7×11×13+1=30031\displaystyle 2 \times 3 \times 5 \times 7 \times 11 \times 13 +1 = 30031 est divisible par 59.

Exercice 252 ⭐️⭐️ an+bn\displaystyle a^n+b^n premier, X PC

Soit a,b\displaystyle a,b et n\displaystyle n des entiers naturels non nuls. Montrer que si an+bn\displaystyle a^n+b^n est premier alors n\displaystyle n est une puissance de 2\displaystyle 2.

  • Trop dur d’utiliser la propriété qu’un nombre est premier 👉 Plutôt considérer qu’un nombre n’est pas premier (i.e. ici penser à une preuve par contraposée)
  • an+bn\displaystyle a^n+b^n 👉 Fait penser à l’identité remarquable aqbq\displaystyle a^q-b^q.

Supposons que n\displaystyle n n’est pas une puissance de 2\displaystyle 2, i.e. n=2rm\displaystyle n=2^r mm\displaystyle m est un entier impair 3\displaystyle \ge3.
On a alors an+bn=(a2r)m+(b2r)m=(a2r)m(b2r)m\displaystyle a^n+b^n=(a^{2^r})^m+(b^{2^r})^m=(a^{2^r})^m-(-b^{2^r})^m car m\displaystyle m est impair.
Donc, grâce à l’identité remarquable bien connue AqBq=(AB)\displaystyle A^q-B^q=(A-B)\cdots, on peut écrire an+bn=(a2r(b2r))d,a^n+b^n=(a^{2^r}-(-b^{2^r}))d,d>1\displaystyle d>1 car a2r(b2r)=a2r+b2r<an+bn\displaystyle a^{2^r}-(-b^{2^r})=a^{2^r}+b^{2^r}<a^n+b^n,  a\displaystyle \ a et b\displaystyle b étant non nuls.
Ainsi an+bn\displaystyle a^n+b^n n’est pas premier, ce qu’on voulait.

Exercice 253 ⭐️ Triplets pythagoriciens, Terminale/Sup/L1

Le but de cet exercice est de trouver une méthode pour obtenir, si possible, des triplets pythagoriciens, i.e tous les triangles rectangles dont la longueur des cotés est entière. On cherche donc les triplets d’entiers (a,b,c)\displaystyle (a,b,c) vérifiant
a2+b2=c2.()a^2+b^2=c^2.\quad (\star)

  1. Connaissez-vous un triplet pythagoricien ? A quelle situation géométrique correspond le cas b=0\displaystyle b=0 ? et c=0\displaystyle c=0 ? On appellera ces cas des cas triviaux.

  2. On se place désormais dans des cas non triviaux. Divisons donc l’équation ()\displaystyle (\star) par c\displaystyle c qui est non nul ! A quelle formule de trigonométrie bien connue vous fait penser la nouvelle équation ?

  3. On rappelle les formules suivantes, avec t=tan(θ/2)\displaystyle t=\tan(\theta/2) :
    cosθ= 1t21+t2sinθ= 2t1+t2.\begin{aligned} \cos \theta = & \ \frac{1-t^2}{1+t^2} \\ \sin \theta = & \ \frac{2t}{1+t^2}. \end{aligned} Peut-on trouver des t\displaystyle t qui soient rationnels, i.e. qui s’écrivent t=pq\displaystyle t=\frac{p}{q} ?
    En déduire, avec 2), qu’on peut trouver plein de triplets pythagoriciens !

  4. Avec les formules obtenues, donnez quelques exemples numériques de triplet pythagoricien.

  1. On essaie (3,4,5)\displaystyle (3,4,5) et ça marche : 32+42=9+16=25=52\displaystyle 3^2+4^2=9+16=25=5^2.
    Le cas b=0\displaystyle b=0 correspond au cas où le triangle est aplati. Lorsque c=0\displaystyle c=0, cela veut dire que a=b=0\displaystyle a=b=0, donc cette fois-ci notre triangle est en fait juste un point !

  2. En divisant par c\displaystyle c l’équation ()\displaystyle (\star), on obtient α2+β2=1,\displaystyle \alpha^2 + \beta^2=1,α=a/c\displaystyle \alpha=a/c et β=b/c\displaystyle \beta=b/c. Cette égalité nous fait penser à la formule : cos2θ+sin2θ=1.\displaystyle \cos^2 \theta + \sin^2 \theta=1.

  3. Oui, on peut trouver des t\displaystyle t qui soient rationnels. On peut même tous les avoir ! Considérons un rationnel quelconque p/q\displaystyle p/q. On pose θ=2arctan(p/q)\displaystyle \theta = 2 \arctan (p/q). Alors on vérifie facilement que t=p/q\displaystyle t=p/q.
    Ainsi, en utilisant la formule trigo de la question 2), on obtient :
    (1p2q2)2(1+p2q2)2+(2pq)2(1+p2q2)2=1.\frac{\left(1-\frac{p^2}{q^2}\right)^2}{\left(1+\frac{p^2}{q^2}\right)^2}+\frac{\left(2\frac{p}{q}\right)^2}{\left(1+\frac{p^2}{q^2}\right)^2}=1. D’où :
    (1p2q2)2+(2pq)2=(1+p2q2)2.\left(1-\frac{p^2}{q^2}\right)^2 + \left(2\frac{p}{q}\right)^2 = \left(1+\frac{p^2}{q^2}\right)^2. Finalement, en multipliant par q4\displaystyle q^4,
    (q2p2)2+4p2q2=(q2+p2)2.\left(q^2-p^2\right)^2 + 4p^2q^2 = \left(q^2+p^2\right)^2.

  4. Pour s’amuser, prenons p=2\displaystyle p=2 et q=3\displaystyle q=3. On a :
    q2p2= 52pq= 12q2+p2= 13.\begin{aligned} q^2-p^2 = & \ 5\\ 2pq = & \ 12\\ q^2+p^2 = & \ 13. \end{aligned} Vérification : 52+122=25+144=169=132\displaystyle 5^2+12^2= 25+144= 169= 13^2. Incroyable, non ?

Exercice 287 ⭐️⭐️ Nombres de Carmichael, Spé/L2

Le petit théorème de Fermat dit que si n\displaystyle n est premier alors pour tout a\displaystyle a premier avec n\displaystyle n, an1=1 [n]\displaystyle a^{n-1}=1\ [n]. Cependant il existe des nombres qui ne sont pas premiers et vérifie cette propriété. On les appelle nombre de Carmichael.

  1. Soit n=p1pr\displaystyle n=p_1\cdots p_r avec pi\displaystyle p_i des nombres premiers vérifiant pi1  n1\displaystyle p_i-1\ |\ n-1 pour tout i\displaystyle i. Montrer que n\displaystyle n est un nombre de Carmichael.
  2. Montrer que 561\displaystyle 561 est un nombre de Carmichael.

pi\displaystyle p_i premier 👉 Petit théorème de Fermat !

  1. Soit a\displaystyle a premier avec n\displaystyle n et 1ir\displaystyle 1\le i\le r. Donc a\displaystyle a est premier avec pi\displaystyle p_i, et par le petit théorème de Fermat : api1=1 [pi]\displaystyle a^{p_i-1}=1\ [p_i]. D’où an1=1 [pi]\displaystyle a^{n-1}=1\ [p_i] car pi1  n1\displaystyle p_i-1\ |\ n-1. Ainsi pi\displaystyle p_i divise an11\displaystyle a^{n-1}-1 pour tout i\displaystyle i. Comme les pi\displaystyle p_i sont premiers, donc premiers entre eux, on en déduit que n=p1pr\displaystyle n=p_1\cdots p_r divise an11\displaystyle a^{n-1}-1. Comme a\displaystyle a est arbitraire premier avec n\displaystyle n, on en déduit que n\displaystyle n est un nombre de Carmichel.
  2. Comme 5+6+1=12\displaystyle 5+6+1=12, il vient : 3  561\displaystyle 3\ |\ 561. Comme 5+1=6\displaystyle 5+1=6, on a aussi 11  561\displaystyle 11\ |\ 561. On remarque que 33×20=660\displaystyle 33\times 20=660, et 6603×33=561\displaystyle 660-3\times33=561. On a donc la décomposition en facteurs premiers : 561=3×11×17\displaystyle 561=3\times 11\times 17. On peut vérifier la condition établie à la question 1). En effet, 2\displaystyle 2 et 10\displaystyle 10 divisent 560\displaystyle 560, et 16\displaystyle 16 divise 560\displaystyle 560.

Remarque — On peut montrer que la réciproque de 1) est vraie, mais c’est plus dur 😬. On en déduit qu’un nombre de Carmichael est composé d’au moins 3\displaystyle 3 facteurs premiers (petit exercice 😉). L’entier 561\displaystyle 561 est en fait le plus petit nombre de Carmichael.

Exercice 288 ⭐️⭐️ Somme indicatrice d’Euler sur les diviseurs, MP/L2

Soit n1\displaystyle n\ge1 un entier. Montrer que n=dnφ(d)\displaystyle n=\sum_{d|n}\varphi(d), où d  n\displaystyle d\ |\ n signifie que d\displaystyle d divise n\displaystyle n, et φ\displaystyle \varphi est l’indicatrice d’Euler, i.e. φ(d)\displaystyle \varphi(d) est le nombre d’entiers d\displaystyle \le d premiers avec d\displaystyle d.

Partition de Z/nZ\displaystyle \Z/n\Z en éléments d’ordre d  n\displaystyle d\ |\ n.

Nous donnons une preuve originale que l’on voit dans un certain nombre de “vieux” livres. Considérons les fractions :
1n, 2n,3n,,n1n,nn.\frac{1}{n},\ \frac{2}{n}, \frac{3}{n}, \cdots, \frac{n-1}{n}, \frac{n}{n}. Écrivons chacune d’entre elles sous forme irréductible kd\displaystyle \frac{k}{d}d  n\displaystyle d\ |\ n et kd=1\displaystyle k\wedge d=1. On a 1kd1\displaystyle 1\le k\le d-1. Réciproquement, toute fraction kd\displaystyle \frac{k}{d} avec d  n\displaystyle d\ |\ n, kd=1\displaystyle k\wedge d=1 et 1kd1\displaystyle 1\le k\le d-1, correspond à une unique fraction mn\displaystyle \frac{m}{n}, 1mn\displaystyle 1\le m\le n. A tout d  n\displaystyle d\ |\ n, il y a φ(d)\displaystyle \varphi(d) possibilités pour choisir k\displaystyle k par définition de φ(d)\displaystyle \varphi(d). Comme il y a n\displaystyle n fractions et qu’il y a une bijection entre chaque fraction mn\displaystyle \frac{m}{n} et fraction irréductible kd\displaystyle \frac{k}{d}, il vient :
n=dnφ(d).n=\sum_{d|n}\varphi(d).
Remarque — Cette écriture correspond aussi à la partition de Z/nZ\displaystyle \Z/n\Z en éléments d’ordre d  n\displaystyle d\ |\ n. Ces éléments d’ordre d\displaystyle d sont les générateurs de l’unique sous-groupe cyclique de cardinal d\displaystyle d, et il y a par définition φ(d)\displaystyle \varphi(d) générateurs.

Exercice 289 ⭐️⭐️ Infinité premiers congrus à 3 [4], Sup/L1

Montrer qu’il existe une infinité de nombres premiers congrus à 3\displaystyle 3 modulo 4\displaystyle 4.

Par l’absurde !

Supposons qu’il n’existe qu’un nombre fini de nombres premiers congrus à 3\displaystyle 3 modulo 4\displaystyle 4 ; on les appelle p1,,pr\displaystyle p_1, \cdots, p_r. Posons N=4 p1pr1\displaystyle N=4\ p_1\cdots p_r -1. On remarque que N\displaystyle N est impair et n’est divisible par aucun des pi\displaystyle p_i car sinon pi\displaystyle p_i diviserait 1\displaystyle -1. Donc les diviseurs premiers de N\displaystyle N sont forcément congrus à 1\displaystyle 1 modulo 4\displaystyle 4, donc leur produit, qui vaut N\displaystyle N, aussi. Ce n’est pas possible car N=1=3 [4]\displaystyle N=-1=3\ [4]. D’où la conclusion.

Exercice 290 ⭐️⭐️⭐️ Symbole de Legendre, MP/M1/Agreg

Soit p\displaystyle p premier impair et aZ\displaystyle a\in\Z. On appelle symbole de Legendre la quantité (ap)=ap12 [p]\displaystyle \left(\frac{a}{p}\right)=a^{\frac{p-1}{2}}\ [p].

  1. Montrer que (ap){1,0,1}\displaystyle \left(\frac{a}{p}\right)\in\{-1,0,1\}.
  2. Montrer que a0 [p]\displaystyle a\neq 0\ [p] est un carré dans Fp:=Z/pZ\displaystyle \mathbb F_p:=\Z/p\Z si et seulement si (ap)=1\displaystyle \left(\frac{a}{p}\right)=1.
    Dans ce cas on dit que a\displaystyle a est un résidu quadratique modulo p\displaystyle p.
  • p\displaystyle p premier 👉 Petit théorème de Fermat, Z/pZ\displaystyle \Z/p\Z est un corps.
  • Le nombre de racines d’un polynôme de degré n\displaystyle n n’exède pas n\displaystyle n dans un corps.
  1. L’anneau Fp\displaystyle \mathbb F_p est un corps car p\displaystyle p est premier : tous les éléments non nul de Fp\displaystyle \mathbb F_p sont inversibles et il y en a p1\displaystyle p-1, formant ainsi le groupe des inversibles Fp\displaystyle \mathbb F_p^*. On en déduit que (ap)=0\displaystyle \left(\frac{a}{p}\right)=0 si et seulement si a=0 [p]\displaystyle a=0\ [p]. Si a0\displaystyle a\neq 0 dans Fp\displaystyle \mathbb F_p, alors en posant x=ap12\displaystyle x=a^{\frac{p-1}{2}}, il vient x2=ap1=1\displaystyle x^2=a^{p-1}=1 (on invoque la cardinalité de Fp\displaystyle \mathbb F_p^* ou ce qui revient au même le petit théorème de Fermat). Or l’équation X2=1\displaystyle X^2=1 n’a que deux solutions dans le corps Fp\displaystyle \mathbb F_p : 1\displaystyle 1 et 1\displaystyle -1.

  2. Soit aFp\displaystyle a\in\mathbb F_p^* avec a=x2\displaystyle a=x^2. Alors ap12=xp1=1\displaystyle a^{\frac{p-1}{2}}=x^{p-1}=1 car Fp\displaystyle \mathbb F_p^* est un groupe de cardinal p1\displaystyle p-1.
    Montrons la réciproque. On sait déjà d’après ce qui précède que I:={x2,xFp}{aFp, ap12=1}:=R\displaystyle I:=\left\{x^2, x\in \mathbb F_p^*\right\}\subset \left\{a\in \mathbb F_p^*, \ a^{\frac{p-1}{2}}=1\right\}:=R. L’application ϕ:FpFp\displaystyle \phi:\mathbb F_p^*\to \mathbb F_p^*, xx2\displaystyle x\mapsto x^2, est un morphisme de groupe car Fp\displaystyle \mathbb F_p^* est commutatif. Comme Fp\displaystyle \mathbb F_p^* est de cardinal p1\displaystyle p-1 et que le noyau de ϕ\displaystyle \phi est {1,1}\displaystyle \{1,-1\} (de cardinal 2\displaystyle 2), on en déduit par le théorème de l’isomorphisme que I=Im ϕ\displaystyle I={\rm Im}\ \phi est de cardinal p12\displaystyle \frac{p-1}{2}. Or R\displaystyle R est l’ensemble des racines du polynôme Xp121\displaystyle X^{\frac{p-1}{2}}-1 sur le corps Fp\displaystyle \mathbb F_p, donc le cardinal de R\displaystyle R est plus petit que p12\displaystyle \frac{p-1}{2}. Comme IR\displaystyle I\subset R, il vient I=R\displaystyle I=R, ce qu’on voulait.

Exercice 291 ⭐️⭐️⭐️ Infinité premiers congrus à 1 [4], MP/M1/Agreg

Montrer qu’il existe une infinité de nombres premiers congrus à 1\displaystyle 1 modulo 4\displaystyle 4.

Considérer (n!)2+1\displaystyle (n!)^2+1 et penser aux résidus quadratiques.

Soit n1\displaystyle n\ge1 un entier. Considérons un diviseur p\displaystyle p premier impair de N=(n!)2+1\displaystyle N=(n!)^2+1. On a forcément p>n\displaystyle p>n car sinon pn\displaystyle p\le n et donc p\displaystyle p divise n!\displaystyle n!, d’où p\displaystyle p divise 1=N(n!)2\displaystyle 1=N-(n!)^2, ce qui n’est pas possible. Par définition de p\displaystyle p, on a N=0 [p]\displaystyle N=0\ [p], d’où (n!)2=1 [p]\displaystyle (n!)^2=-1 \ [p], ce qui veut dire que 1\displaystyle -1 est un résidu quadratique modulo p\displaystyle p. Donc d’après l’exercice 290\displaystyle 290, (1)p12=1 [p]\displaystyle (-1)^{\frac{p-1}{2}}=1\ [p], ce qui veut dire que p12=2k\displaystyle \frac{p-1}{2}=2k car p2\displaystyle p\neq 2. Ainsi p=1 [4]\displaystyle p=1\ [4]. Comme n\displaystyle n est arbitraire, on peut donc construire des premiers p=1 [4]\displaystyle p=1\ [4] arbitrairement grand.

Exercice 309 ⭐️⭐️ Théorème de Wilson (1770), MP/L2/Classique

Montrer l’équivalence suivante : p  premier    (p1)!+1=0 [p].\displaystyle p\ \ {\rm premier} \iff (p-1)!+1=0\ [p].

p\displaystyle p premier et congruence 👉 Z/pZ\displaystyle \Z/p\Z est un corps ou petit théorème de Fermat.

()\displaystyle (\Longleftarrow) Supposons (p1)!+1=0 [p]\displaystyle (p-1)!+1=0\ [p]. Soit d  p\displaystyle d\ | \ p avec 1dp1\displaystyle 1\le d\le p-1. Alors d  (p1)!\displaystyle d\ |\ (p-1)!, et comme (p1)!+1=kp\displaystyle (p-1)!+1=kp, kN\displaystyle k\in\N, on en déduit que d  1\displaystyle d\ |\ 1, i.e. d=1\displaystyle d=1. Ce qui montre que p\displaystyle p est premier.
()\displaystyle (\Longrightarrow) Supposons p\displaystyle p premier. Alors A=Z/pZ\displaystyle A=\Z/p\Z est un corps. On peut écrire (p1)!=xAx [p].(p-1)!=\prod_{x\in A^*}x\ [p]. Dans ce produit, on peut apparier les éléments x\displaystyle x tels que xx1\displaystyle x\neq x^{-1} avec leur inverse x1\displaystyle x^{-1}. On a alors xx1=1\displaystyle xx^{-1}=1. Il reste les éléments y\displaystyle y qui sont leur propre inverse, i.e. y=y1\displaystyle y=y^{-1}. Quels sont-ils ? On a y2=1\displaystyle y^2=1, et cette équation n’a que deux solutions dans le corps A\displaystyle A : y=1\displaystyle y=1 et y=1\displaystyle y=-1. Ainsi (p1)!=1 [p]\displaystyle (p-1)!=-1\ [p], ce qu’on voulait.

Exercice 313 ⭐️⭐️ Nombres de Mersenne, Sup/L1/Classique

Soit des entiers a,n2\displaystyle a,n\ge 2. Montrer que si an1\displaystyle a^n-1 est premier alors a=2\displaystyle a=2 et n\displaystyle n est premier.
Montrer que la réciproque est fausse en montrant que 23\displaystyle 23 divise 2111\displaystyle 2^{11}-1.

  • an1\displaystyle a^n-1 👉 Bout de la série géométrique ;
  • Montrer qu’un nombre m\displaystyle m est premier 👉 Écrire m=pq\displaystyle m=pq et au besoin faire par l’absurde.

Supposons que an1\displaystyle a^n-1 est premier.
On a an1=(a1)(1+a++an1)\displaystyle a^n-1=(a-1)(1+a+\cdots+a^{n-1}). Donc a1\displaystyle a-1 divise an1\displaystyle a^n-1. Comme a1an1\displaystyle a-1\neq a^{n}-1 (car n2\displaystyle n\ge 2), et que an1\displaystyle a^n-1 est premier, on en déduit que a1=1\displaystyle a-1=1, i.e. a=2\displaystyle a=2.
Écrivons maintenant n=pq\displaystyle n=pq avec p,qN\displaystyle p,q\in\N. On a an1=2pq1=(2q)p1\displaystyle a^n-1=2^{pq}-1=(2^q)^p-1. On en déduit comme précédemment que 2q1\displaystyle 2^q-1 divise 2n1\displaystyle 2^n-1. Comme 2n1\displaystyle 2^n-1 est premier, il vient 2q1=1\displaystyle 2^q-1=1 ou 2q1=2n1\displaystyle 2^q-1=2^n-1, i.e. q=1\displaystyle q=1 ou q=n\displaystyle q=n. Donc n\displaystyle n est premier.
Enfin, on a 2111=2349\displaystyle 2^{11}-1=23\cdot 49, ce qui montre que la réciproque est fausse.

Exercice 400 ⭐️ 3\displaystyle 3 divise n3n\displaystyle n^3-n, Terminale/Sup/L1

Montrer par récurrence que pour tout nN\displaystyle n\in\N, n3n\displaystyle n^3-n est divisible par 3\displaystyle 3.

Montrons par récurrence que pour tout nN\displaystyle n\in\N, n3n\displaystyle n^3-n est divisible par 3\displaystyle 3.

  • pour n=0\displaystyle n=0, n3n=0\displaystyle n^3-n=0, divisible par 3\displaystyle 3.
  • Soit nN\displaystyle n\in\N. Supposons n3n\displaystyle n^3-n divisible par 3\displaystyle 3. Alors
    (n+1)3(n+1)=n3+3n2+2n=(n3n)+3(n2+n).(n+1)^3-(n+1)=n^3+3n^2+2n = (n^3-n)+3(n^2+n).
    Or (n3n)\displaystyle (n^3-n) est divisible par 3 (H.R.), et 3(n2+n)\displaystyle 3(n^2+n) est divisible par 3\displaystyle 3.
    Donc (n+1)3(n+1)\displaystyle (n+1)^3-(n+1) est divisible par 3\displaystyle 3.

Exercice 401 ⭐️ Divisibilité, Terminale/Sup/L1

Pour tout entier k1\displaystyle k \geq 1, on pose P(k)\displaystyle \mathcal{P}(k) l’assertion : "nN\displaystyle \forall n \in \N, k\displaystyle k divise (k+1)n+2\displaystyle (k+1)^n+2".
Pour quelles valeurs de k\displaystyle k cette phrase est-elle vraie ?

Un terme (a+b)n\displaystyle (a+b)^n 👉 On peut tenter un binôme de Newton.

On remarque que (k+1)n+2=2+i=0n(ni)ki=3+k(i=1n(ni)ki1)\displaystyle (k+1)^n+2=2+\sum_{i=0}^n \binom nik^i = 3+k\left(\sum_{i=1}^n \binom nik^{i-1}\right).
Ainsi pour tout nN\displaystyle n\in\N, on a l’équivalence : (k divise (k+1)n+2)(k divise 3).\big(k \text{ divise }(k+1)^n+2\big)\Leftrightarrow \big(k\text{ divise }3\big). Ainsi cette phrase est vraie si et seulement si k=1\displaystyle k=1 ou k=3\displaystyle k=3.

Remarque — on pouvait aussi faire une récurrence sur n\displaystyle n, pour remarquer que si k\displaystyle k divise (k+1)n+2\displaystyle (k+1)^n+2, alors (k+1)n+1=((k+1)n+2)(k+1)2k,(k+1)^{n+1}=((k+1)^n+2)(k+1)-2k, donc k\displaystyle k divise aussi (k+1)n+1\displaystyle (k+1)^{n+1}. Ainsi P(k)\displaystyle \mathcal P(k) est vraie si et seulement si k\displaystyle k divise (k+1)0+2=3\displaystyle (k+1)^0+2=3.

Remarque 2 — les étudiants maîtrisant le calcul dans Z/kZ\displaystyle \Z/k\Z avaient évidemment un moyen très direct de répondre à la question.

Exercice 403 ⭐️⭐️ 7\displaystyle 7 divise 32n2n\displaystyle 3^{2n}-2^{n}, Terminale/Sup/L1

Montrer par récurrence que : nN\displaystyle \forall n \in \N, 32n2n\displaystyle 3^{2n}-2^{n} est divisible par 7\displaystyle 7.

Récurrence 👉 Dans l’hérédité, je cherche dans l’expression du rang n+1\displaystyle n+1, à faire apparaître l’expression du rang n\displaystyle n.

Notons un=32n2n\displaystyle u_n=3^{2n}-2^{n}.
\displaystyle \bullet Pour n=0\displaystyle n=0, u0=3020=0\displaystyle u_0=3^0-2^0=0, divisible par 7\displaystyle 7.
\displaystyle \bullet Soit nN\displaystyle n\in\N. Supposons un\displaystyle u_n divisible par 7\displaystyle 7. Alors un+1=32n+22n+1=9.32n2.2n=9(un+2n)2(32nun)=11un+9.2n2.32n=11un+7.2n2un=9un+7.2n.\begin{aligned}u_{n+1} & = 3^{2n+2}-2^{n+1}\\ & = 9.3^{2n}-2.2^n \\& = 9(u_n+2^n)-2(3^{2n}-u_n)\\ & = 11u_n+9.2^n-2.3^{2n}\\ & = 11u_n+7.2^n-2u_n \\ & =9u_n+7.2^n.\end{aligned}
Ainsi, par hypothèse de récurrence, un+1\displaystyle u_{n+1} est divisible par 7\displaystyle 7 (somme de nombres divisibles par 7\displaystyle 7).

Remarque — si on connaît le calcul "modulo n\displaystyle n", c’est à dire dans Z/nZ\displaystyle \Z/n\Z, on peut aller plus vite, sans récurrence :
un=9n2n  [n]=(7+2)n2n  [n]=2n2n  [n]=0  [n].\begin{aligned}u_{n} & = 9^n-2^n~~[n]\\ & = (7+2)^n-2^n~~[n] \\& = 2^n-2^n~~[n] \\ & = 0~~[n].\end{aligned}

Exercice 408 ⭐️ Finitude des nombres premiers, Terminale/Sup/L1/Classique

On suppose qu’il existe un nombre fini de nombres premiers p1,,pn\displaystyle p_1,\dots,p_n.
En considérant le nombre N=p1pn+1\displaystyle N=p_1\dots p_n+1, aboutir à une contradiction. Conclusion ?

N\displaystyle N est-il premier, oui ou non ?

Sous notre hypothèse, N\displaystyle N n’est pas premier car il est strictement supérieur à chacun des réels p1,,pn\displaystyle p_1,\dots,p_n.
Ainsi N\displaystyle N a nécessairement un diviseur premier : il existe donc k[ ⁣[1,n] ⁣]\displaystyle k\in[\![1,n]\!] tel que pk\displaystyle p_k divise N\displaystyle N.
Mais pk\displaystyle p_k divise aussi p1pn\displaystyle p_1\dots p_n, donc pk\displaystyle p_k divise N(p1pn)=1\displaystyle N- (p_1\dots p_n)=1. Et donc pk=1\displaystyle p_k=1, ce qui est une contradiction puisque pk\displaystyle p_k est premier.
On conclut de ce raisonnement par l’absurde que l’ensemble des nombres premiers ne peut pas être fini, il est donc infini.

Merci, Euclide !
🇬🇷

Exercice 410 ⭐️⭐️ Nombres joviaux, Concours Général, Terminale/Sup/L1

D’après le concours général S, 2019

Soient n\displaystyle n et p\displaystyle p deux entiers tels que p2\displaystyle p\geq 2 et n1\displaystyle n\geq 1. On dit que p\displaystyle p est jovial d’ordre n\displaystyle n s’il existe des entiers a1,,an\displaystyle a_1,\dots,a_n tels que
2a1<a2<<an=p1a1++1an=1.\begin{aligned} & 2\leq a_1<a_2<\dots<a_n=p \\ & \frac{1}{a_1}+\dots+\frac{1}{a_n}=1. \\ \end{aligned} Un entier p2\displaystyle p\geq 2 est dit jovial s’il existe un entier n1\displaystyle n\geq 1 tel que p\displaystyle p soit jovial d’ordre n\displaystyle n.

  1. Montrer que, si l’entier p\displaystyle p est jovial d’ordre n, alors np1\displaystyle n\leq p-1.
  2. Existe-t-il des entiers joviaux d’ordre 2 ? Montrer que 4 n’est pas jovial.
  3. Montrer qu’un entier premier n’est pas jovial.
  4. Quel est le plus petit entier jovial ?
  5. Déterminer tous les entiers joviaux d’ordre 3.
  6. Soit p un entier jovial. Montrer que 2p\displaystyle 2p et p(p+1)\displaystyle p(p+1) sont joviaux.
  7. Montrer que le produit de deux entiers joviaux est jovial.
  1. L’égalité 1a1++1an1+1p=1\displaystyle \frac{1}{a_1}+\dots+\frac{1}{a_{n-1}}+\frac 1p=1 donne p1=pa1++pan1\displaystyle p-1=\frac{p}{a_1}+\dots+\frac{p}{a_{n-1}}.
    Or les nombres a1,,an1\displaystyle a_1,\dots,a_{n-1} sont strictement inférieurs à an=p\displaystyle a_n=p par hypothèse, donc : k[ ⁣[1,n1] ⁣]\displaystyle \forall k\in[\![1,n-1]\!], pak>1\displaystyle \frac{p}{a_k}> 1. Ainsi p1>n1\displaystyle p-1>n-1, mais comme p1\displaystyle p-1 est entier ceci entraîne p1n\displaystyle p-1\geq n.
  2. Comme a12\displaystyle a_1\geq 2 et a23\displaystyle a_2\geq 3, 1a1+1a212+13=56\displaystyle \frac{1}{a_1}+\frac{1}{a_2}\leq\frac 12+\frac 13=\frac 56, donc on ne peut pas avoir 1a1+1a2=1\displaystyle \frac{1}{a_1}+\frac{1}{a_2}=1.
    Il n’existe donc pas d’entier jovial d’ordre 2.
    Comme il n’existe pas d’entier jovial d’ordre 2\displaystyle 2, si 4\displaystyle 4 était jovial, on aurait nécessairement 12+13+14=1\displaystyle \frac 12+\frac 13+\frac 14=1, ce qui n’est pas le cas. Donc 4\displaystyle 4 n’est pas jovial.
  3. Soit p\displaystyle p premier. Supposons qu’on ait 1a1++1an1+1p=1\displaystyle \frac{1}{a_1}+\dots+\frac{1}{a_{n-1}}+\frac 1p=1, avec 2a1<a2<<an1<p\displaystyle 2\leq a_1<a_2<\dots<a_{n-1}<p.
    Alors p1p=Ka1an1\displaystyle \frac{p-1}{p}=\frac{K}{a_1\dots a_{n-1}}, avec K\displaystyle K un entier naturel (après avoir mis au même dénominateur).
    Ainsi Kp=(p1)a1an1\displaystyle Kp=(p-1)a_1\dots a_{n-1}. Donc (p1)a1an1\displaystyle (p-1)a_1\dots a_{n-1} est divisible par p\displaystyle p. Comme p\displaystyle p est premier l’un des facteurs doit être divisible par p\displaystyle p, ce qui est une contradiction car ces facteurs sont tous strictement inférieurs à p\displaystyle p.
  4. Nous avons vu que 4\displaystyle 4 n’est pas jovial. 2\displaystyle 2, 3\displaystyle 3, et 5\displaystyle 5 ne sont pas joviaux car premiers. En revanche 6\displaystyle 6 est jovial car 12+13+16=1\displaystyle \frac 12+\frac 13+\frac 16=1. C’est donc le plus petit entier jovial.
  5. Supposons que a1,a2,a3\displaystyle a_1,a_2,a_3 vérifient 2a1<a2<a3\displaystyle 2\leq a_1<a_2<a_3 et 1a1+1a2+1a3=1\displaystyle \frac{1}{a_1}+\frac{1}{a_2}+\frac{1}{a_3}=1.
  • Nécessairement a1=2\displaystyle a_1=2, car sinon 1a1+1a2+1a313+14+15=4760\displaystyle \frac{1}{a_1}+\frac{1}{a_2}+\frac{1}{a_3}\leq\frac 13+\frac 14+\frac 15= \frac{47}{60}, or 4760<1\displaystyle \frac{47}{60} <1.
  • Ensuite nécessairement a2=3\displaystyle a_2=3, car sinon 1a1+1a2+1a312+14+15=1920\displaystyle \frac{1}{a_1}+\frac{1}{a_2}+\frac{1}{a_3}\leq\frac 12+\frac 14+\frac 15=\frac{19}{20}, or 1920<1\displaystyle \frac{19}{20} <1.
  • Enfin a3\displaystyle a_3 est nécessairement égal à 6\displaystyle 6.
    Conclusion. 6\displaystyle 6 est le seul entier jovial d’ordre 3\displaystyle 3.
  1. Supposons qu’on ait 1a1++1an1+1p=1\displaystyle \frac{1}{a_1}+\dots+\frac{1}{a_{n-1}}+\frac 1p=1, avec 2a1<a2<<an1<p\displaystyle 2\leq a_1<a_2<\dots<a_{n-1}<p.
    \displaystyle \bullet On alors peut écrire 12+12a1++12an1+12p=12+12=1.\displaystyle \frac 12+\frac{1}{2a_1}+\dots+\frac{1}{2a_{n-1}}+\frac 1{2p}=\frac{1}{2}+\frac{1}{2}=1.
    Ceci qui montre que (2p)\displaystyle (2p) est jovial puisque 2<2a1<<2an1<2p\displaystyle 2<2a_1<\dots<2a_{n-1}<2p.
    \displaystyle \bullet On a par ailleurs 1p+1+1p(p+1)=p+1p(p+1)\displaystyle \frac 1{p+1}+\frac{1}{p(p+1)}=\frac{p+1}{p(p+1)}, donc 1a1++1an1+1p+1+1p(p+1)=1\displaystyle \frac{1}{a_1}+\dots+\frac{1}{a_{n-1}}+\frac 1{p+1}+\frac{1}{p(p+1)}=1.
    Ceci montre que p(p+1)\displaystyle p(p+1) est jovial.
  2. Supposons 1a1++1an1+1p=1\displaystyle \frac{1}{a_1}+\dots+\frac{1}{a_{n-1}}+\frac 1p=1 et 1b1++1bm1+1q=1\displaystyle \frac{1}{b_1}+\dots+\frac{1}{b_{m-1}}+\frac 1q=1 (les conditions sur les ai\displaystyle a_i et bi\displaystyle b_i étant satisfaites). Alors
    1a1++1an1+1p(1b1++1bm1+1q)=1=1a1++1an1+1p=1.\frac{1}{a_1}+\dots+\frac{1}{a_{n-1}}+\frac 1p\underbrace{\left(\frac{1}{b_1}+\dots+\frac{1}{b_{m-1}}+\frac 1q\right)}_{=1} =\frac{1}{a_1}+\dots+\frac{1}{a_{n-1}}+\frac 1p = 1.
    Comme a1<<an1<pb1<<pbm1<pq\displaystyle a_1<\dots<a_{n-1}<pb_1<\dots<pb_{m-1}<pq, ceci montre que pq\displaystyle pq est jovial.

Exercice 415 ⭐️⭐️ Théorème chinois, MP/L2

Soient n1,,nk2\displaystyle n_1,\ldots,n_k \ge 2 des entiers premiers deux à deux. On identifiera tout élément de Z/mZ\displaystyle \mathbb{Z}/m\mathbb{Z} avec son unique représentant dans {0,,m1}\displaystyle \{0,\ldots,m-1\} et on notera a[ni]\displaystyle a [n_i] le reste de la division euclidienne de a\displaystyle a par ni\displaystyle n_i.

  1. Montrer que ϕ:p(p[n1],,p[nk])\displaystyle \phi : p \mapsto (p[n_1],\ldots,p[n_k]) définit un isomorphisme entre les anneaux Z/nZ\displaystyle \mathbb{Z}/n\mathbb{Z} et Z/n1Z××Z/nkZ\displaystyle \mathbb{Z}/n_1\mathbb{Z} \times \cdots \times \mathbb{Z}/n_k\mathbb{Z}.
  2. Trouver l’ensemble des entiers xZ\displaystyle x \in \mathbb{Z} tels que x[3]=2\displaystyle x[3] = 2, x[5]=3\displaystyle x[5] = 3 et x[7]=2\displaystyle x[7]=2.

La question 1 a des réminiscences d’algèbre linéaire… Un raisonnement sur les cardinaux permet de simplifier largement la preuve de la bijectivité !

  1. Montrons que ϕ\displaystyle \phi est un morphisme d’anneaux : cela découle du fait (résultat classique du cours) que chaque application ϕi:Z/nZZ/niZ\displaystyle \phi_i : \mathbb{Z}/n\mathbb{Z} \to \mathbb{Z}/n_i\mathbb{Z} définie par ϕ(p)=p[ni]\displaystyle \phi(p) = p[n_i] est un morphisme d’anneau. Le passage à l’anneau produit est immédiat.
    Montrons que ϕ\displaystyle \phi est injective. Comme on a déjà montré que ϕ\displaystyle \phi est un morphisme d’anneau (en particulier un morphisme entre les groupes additifs), il suffit de montrer que si ϕ(p)=(0,,0)\displaystyle \phi(p)=(0,\ldots,0), alors p=0\displaystyle p=0. Mais si un entier pZ\displaystyle p \in \mathbb{Z} vérifie ϕ(p)=(0,,0)\displaystyle \phi(p)=(0,\ldots,0) alors on a p=0[ni]\displaystyle p=0[n_i] pour tout 1ik\displaystyle 1 \le i \le k, autrement dit p\displaystyle p est divisible par chacun des ni\displaystyle n_i. Mais comme les ni\displaystyle n_i sont premiers entre eux deux à deux, le théorème de Gauss permet de conclure que p\displaystyle p est divisible par le produit i=1kni=n\displaystyle \prod_{i=1}^k n_i = n, on a donc bien p[n]=0\displaystyle p[n]=0 comme voulu.
    Pour montrer que ϕ\displaystyle \phi est bijective, nul besoin de montrer directement sa surjectivité. Il suffit de constater que les ensembles Z/nZ\displaystyle \mathbb{Z}/n\mathbb{Z} et Z/n1Z××Z/nkZ\displaystyle \mathbb{Z}/n_1\mathbb{Z} \times \dots \times \mathbb{Z}/n_k\mathbb{Z} ont le même cardinal n=i=1kni\displaystyle n= \prod_{i=1}^k n_i.
  2. On constate que les trois nombres 3,5,7\displaystyle 3,5,7 sont premiers entre eux deux à deux et on a 3.5.7=105\displaystyle 3.5.7=105. D’après la question précédente, on sait que l’ensemble des solutions du système d’équations peut être décrit sous la forme {n0+105n:nZ}\displaystyle \{n_0+105n : n \in \mathbb{Z}\}n0\displaystyle n_0 est l’unique solution du sytème d’équations dans l’intervalle {0,,104}\displaystyle \{0,\ldots,104\}.
    La résolution de la question précédente ne donne pas de méthode permettant d’obtenir la valeur du représentant n0\displaystyle n_0… On peut ici y arriver par tâtonnement, mais voici une façon qui peut être généralisée :
    On cherche d’abord un entier m1\displaystyle m_1 tel que m1[3]=1\displaystyle m_1[3]=1, m1[5]=0\displaystyle m_1[5]=0 et m1[7]=0\displaystyle m_1[7]=0. Il suffit de chercher parmi les multiples de 35\displaystyle 35 et on trouve rapidement m1=70\displaystyle m_1 = 70 convient.
    De même, on vérifie que m2=21\displaystyle m_2=21 vérifie m2[3]=0\displaystyle m_2[3]=0, m2[5]=1\displaystyle m_2[5]=1 et m2[7]=0\displaystyle m_2[7]=0, et que m3=15\displaystyle m_3=15 vérifie m3[3]=0\displaystyle m_3[3]=0, m3[5]=0\displaystyle m_3[5]=0 et m3[7]=1\displaystyle m_3[7]=1.
    Les entiers m1,m2,m3\displaystyle m_1,m_2,m_3 ont été construits de telle sorte que le nombre am1+bm2+cm3\displaystyle am_1+bm_2+cm_3 soit respectivement congru à a,b\displaystyle a,b et c\displaystyle c modulo 3,5\displaystyle 3,5 et 7\displaystyle 7. On a 2m1+3m2+2m3=333=2.105+23\displaystyle 2 m_1+3m_2+2m_3 = 333 = 2.105+23, donc n0=23\displaystyle n_0=23 est une solution du système de congruences et elle est bien dans {0,,104}\displaystyle \{0,\ldots,104\}.
    Conclusion : l’ensemble des solutions du système de congruences est l’ensemble 23+105Z\displaystyle 23+105\mathbb{Z}.

Exercice 420 ⭐️⭐️ Coefficient binomiaux premiers, Sup/Spé/L2

Montrer que (nk)\displaystyle \binom{n}{k} est premier ssi n\displaystyle n est premier et k\displaystyle k vaut 1\displaystyle 1 ou n1\displaystyle n-1.

Vu l’énoncé, le lemme de Gauss ne semble pas très loin…

Si n\displaystyle n est premier et k=1\displaystyle k=1 ou n1\displaystyle n-1, alors (nk)=n\displaystyle \binom{n}{k} = n est premier. Réciproquement, on suppose que p=(nk)\displaystyle p=\binom{n}{k} est premier. On a alors n(n1)(nk+1)=pk!.n(n-1)\cdots (n-k+1) = p k!. Ainsi p\displaystyle p divise le produit n(n1)(nk+1)\displaystyle n(n-1)\cdots (n-k+1), et comme p\displaystyle p est premier, il divise l’un des termes de ce produit : il existe 0ik1\displaystyle 0 \le i \le k-1 tel que pni\displaystyle p|n-i. En particulier, on a pnin\displaystyle p \le n-i \le n. Or, à k1\displaystyle k \ge 1 fixé, la suite (nk)nk\displaystyle \binom{n}{k}_{n \ge k} est strictement croissante : en effet la division de deux termes consécutifs donne : (n+1k)(nk)=n+1n+1k1.\frac{\binom{n+1}{k}}{\binom{n}{k}} = \frac{n+1}{n+1-k} \ge 1. On en déduit que (nk)(pk)\displaystyle \binom{n}{k} \ge \binom{p}{k}, avec égalité si et seulement si p=n\displaystyle p=n. Un raisonnement similaire montre que, à n2\displaystyle n \ge 2 fixé, la famille (nk)1kn1\displaystyle \binom{n}{k}_{1 \le k \le n-1} est croissante pour k<n/2\displaystyle k < n/2 et décroissante pour k>n/2\displaystyle k > n/2. En particulier, on a (nk)(n1)=n\displaystyle \binom{n}{k} \ge \binom{n}{1} = n, avec égalité si et seulement si k=1\displaystyle k=1 ou k=n1\displaystyle k=n-1. En combinant tous ces lemmes, on a montré que si (nk)p\displaystyle \binom{n}{k} \ge p, avec égalité si et seulement si n=p\displaystyle n=p et k{1,n1}\displaystyle k \in \{1,n-1\}.

Exercice 421 ⭐️⭐️⭐️ Premiers congrus à 1 modulo p, MP/L3

Soit p3\displaystyle p \ge 3 un nombre premier. On va montrer qu’il existe une infinité de nombres premiers q\displaystyle q de la forme q=ap+1\displaystyle q=ap+1. On considère le polynôme : P(X)=1+X++Xp1=Xp1X1.P(X) = 1+X+\cdots + X^{p-1} = \frac{X^p-1}{X-1}.

  1. Montrer qu’il existe un polynôme QZ[X]\displaystyle Q \in \mathbb{Z}[X] tel que P(X)=(X1)Q(X)+p\displaystyle P(X) = (X-1)Q(X) + p.
  2. On suppose qu’il existe un entier c1\displaystyle c \ge 1 et un nombre premier q>p\displaystyle q>p tels que qP(c)\displaystyle q|P(c). En étudiant l’ordre de l’élément c\displaystyle c dans le groupe (Z/qZ)\displaystyle \left(\mathbb{Z}/q \mathbb{Z}\right)^\star, montrer que q\displaystyle q est congru à 1\displaystyle 1 modulo p\displaystyle p.
  3. Montrer que tout entier c1\displaystyle c \ge 1 est premier avec P(c)\displaystyle P(c).
  4. On suppose qu’il n’existe qu’un nombre fini de nombres premiers congrus à 1\displaystyle 1 modulo p\displaystyle p, notés p1,,pm\displaystyle p_1,\ldots,p_m. En étudiant les facteurs premiers de P(c)\displaystyle P(c), avec c=p!p1pm\displaystyle c=p! p_1 \cdots p_m, aboutir à une contradiction.
  1. Première méthode : on remarque que P(X)p=k=1p1(Xk1),P(X)-p = \sum_{k=1}^{p-1} (X^k-1), et on sait que Xk1\displaystyle X^k-1 est divisible par X1\displaystyle X-1 dans Z[X]\displaystyle \mathbb{Z}[X]. Autre méthode (qui au fond revient au même), on remarque que P(X)=p+(X1)k=0p1(p1k)Xk.P(X)=p+(X-1) \sum_{k=0}^{p-1} (p-1-k) X^{k}. On a l’intuition du polynôme à parachuter en regardant quelques exemples pour p\displaystyle p petit.
  2. Dans le corps K=Z/qZ\displaystyle K = \mathbb{Z}/q\mathbb{Z}, la divisibilité de P(c)\displaystyle P(c) par q\displaystyle q s’écrit simplement P(c)=0\displaystyle P(c)=0. Mais alors (c1)P(c)=0\displaystyle (c-1)P(c) = 0, c’est-à-dire cp=1\displaystyle c^p=1. Soit r1\displaystyle r \ge 1 le plus petit entier tel que cr=1\displaystyle c^r=1 (dans K\displaystyle K). On sait que r\displaystyle r est un diviseur de p\displaystyle p, et comme p\displaystyle p est premier, on a r=1\displaystyle r=1 ou r=p\displaystyle r=p. Si on a r=1\displaystyle r=1, alors c=1\displaystyle c=1. Mais on a P(1)=p\displaystyle P(1)=p d’après la question 1, et p0\displaystyle p \neq 0 dans K\displaystyle K car on a supposé q>p\displaystyle q>p. Ainsi l’élément c\displaystyle c est d’ordre p\displaystyle p dans K\displaystyle K^\star. D’après le théorème de Lagrange, on sait que p\displaystyle p divise le cardinal de K\displaystyle K^\star, qui vaut q1\displaystyle q-1 : la relation q1=ap\displaystyle q-1=ap, pour a\displaystyle a entier, peut encore s’écrire q=ap+1\displaystyle q=ap+1, comme voulu.
  3. On a P(c)=1+cb\displaystyle P(c) = 1+c b, avec b=1+c++cp2\displaystyle b=1+c+\cdots+c^{p-2}. Autrement dit P(c)bc=1\displaystyle P(c)-bc=1 et le théorème de Bezout permet de conclure.
  4. On sait que P(c)>1\displaystyle P(c)> 1, donc P(c)\displaystyle P(c) possède nécessairement un facteur premier q\displaystyle q. Si qp\displaystyle q \le p, alors q\displaystyle q est un facteur permier commun à c\displaystyle c et P(c)\displaystyle P(c), ce qui n’est pas possible d’après la question 3. Comme q>p\displaystyle q>p, on sait que q\displaystyle q est congru à 1\displaystyle 1 modulo p\displaystyle p, donc q=pi\displaystyle q=p_i pour un certain i{1,,m}\displaystyle i \in \{1,\ldots,m\}, qui serait un facteur premier commun à c\displaystyle c et P(c)\displaystyle P(c), ce qui n’est pas possible.

On a ainsi montré par l’absurde qu’il existe une infinité de nombres premiers congrus à 1\displaystyle 1 modulo p\displaystyle p. On peut s’affranchir de l’hypothèse de primalité de p\displaystyle p en remplaçant P\displaystyle P par le n\displaystyle n-ième polynôme cyclotomique Φn\displaystyle \Phi_n, la preuve est légèrement plus compliquée. C’est un cas particulier d’un théorème nettement plus profond, dû à Dirichlet : si a\displaystyle a et b\displaystyle b sont premiers entre eux, alors il existe une infinité de nombres premiers de la forme ak+b\displaystyle a k + b.

Exercice 443 ⭐️⭐️ Théorème de Fermat matriciel, Spé/MP

Soit AMn(Z)\displaystyle A \in M_n(\mathbb{Z}). Montrer que 2Tr(A)2Tr(A2).2 | {\rm Tr}(A) \Longleftrightarrow 2 | {\rm Tr}(A^2).

On écrit la trace de A2\displaystyle A^2 en fonction des coefficients de A\displaystyle A… faute d’autres idées pour démarrer.

On note (ai,j)1i,jn\displaystyle (a_{i,j})_{1 \le i,j \le n} les coefficients de la matrice A\displaystyle A. On a (A2)i,j=k=1nai,kak,j\displaystyle (A^2)_{i,j} = \sum_{k=1}^n a_{i,k} a_{k,j}, donc Tr(A2)=i=1n(A2)i,i=1i,knai,kak,i.{\rm Tr}(A^2) = \sum_{i=1}^n (A^2)_ {i,i} = \sum_{1 \le i,k \le n} a_{i,k} a_{k,i}. L’idée maintenant est de remarquer que le produit ai,kak,i\displaystyle a_{i,k} a_{k,i} est invariant par la permutation des indices i\displaystyle i et k\displaystyle k. On a donc : Tr(A2)=i=1nai,i2+21i<knai,kak,i.{\rm Tr}(A^2) = \sum_{i=1}^n a_{i,i}^2 + 2 \sum_{1 \le i < k \le n} a_{i,k} a_{k,i}. On reconnaît un terme pair et un terme qui commence à ressembler à une trace, la fin semble proche… On écrit :
Tr(A2)Tr(A)=i=1nai,i(ai,i1)+21i<knai,kak,i.{\rm Tr}(A^2)-{\rm Tr}(A) = \sum_{i=1}^n a_{i,i}(a_{i,i}-1) + 2 \sum_{1 \le i < k \le n} a_{i,k} a_{k,i}. On conclut en remarquant que chaque terme ai,i(ai,i1)\displaystyle a_{i,i}(a_{i,i}-1) est un entier pair.

Exercice 495 ⭐️ Racine rationnelle, Z[X]\displaystyle \Z[X], Sup/L1

Soit un entier n1\displaystyle n\ge1 et P(X)=anXn++a1X+a0Z[X]\displaystyle P(X)=a_nX^n+\cdots+a_1X+a_0\in\Z[X] avec an0\displaystyle a_n\neq0. Soit r=pq\displaystyle r=\frac{p}{q} (fraction irréductible) une racine de P\displaystyle P. Montrer que pa0\displaystyle p|a_0 et qan\displaystyle q|a_n.

Une racine r\displaystyle r de P\displaystyle P 👉 Ecrire P(r)=0\displaystyle P(r)=0.

On écrit P(r)=0\displaystyle P(r)=0. En multipliant par qn\displaystyle q^n pour avoir des entiers, on en déduit anpn+an1qpn1++a1qn1p+a0qn=0.a_np^n+a_{n-1}qp^{n-1}+\cdots+a_1q^{n-1}p+a_0q^n=0. Ecrivons anpn+an1qpn1++a1qn1p=a0qn.a_np^n+a_{n-1}qp^{n-1}+\cdots+a_1q^{n-1}p=-a_0q^n. On voit alors que p\displaystyle p divise le membre de gauche, et donc p\displaystyle p divise a0qn\displaystyle a_0q^n. Comme p\displaystyle p et q\displaystyle q sont premiers entre eux, on en déduit que pa0\displaystyle p|a_0 par le lemme de Gauss. En écrivant cette fois-ci anpn=an1qpn1++a1qn1p+a0qn,-a_np^n=a_{n-1}qp^{n-1}+\cdots+a_1q^{n-1}p+a_0q^n, il vient qanpn\displaystyle q|a_np^n, et on en déduit de la même façon que qan\displaystyle q|a_n.

Exercice 550 ⭐️⭐️⭐️ Fibonacci modulo 10, MP/Spé

On définit la suite de Fibonacci (Fn)n0\displaystyle (F_n)_{n \ge 0} par F0=0\displaystyle F_0=0, F1=1\displaystyle F_{1}=1 puis par la relation de récurrence Fn+2=Fn+Fn+1.F_{n+2}=F_n+F_{n+1}.
Soit dn\displaystyle d_n le dernier chiffre du nombre Fn\displaystyle F_n écrit en base 10. Montrer que la suite (dn)n0\displaystyle (d_n)_{n \ge 0} est périodique de période 60.

Dernier chiffre dans l’écriture décimale 👉 on pense à raisonner dans Z/10Z\displaystyle \mathbb{Z}/10\mathbb{Z}
Suite récurrente linéaire 👉 on tente une écriture matricielle de la récurrence !

Soit an=FnZ/10Z\displaystyle a_n = \overline{F_n} \in \mathbb{Z}/10\mathbb{Z} la classe de congruence modulo 10 de Fn\displaystyle F_n. Le chiffre dn\displaystyle d_n est l’unique représentant de la classe an\displaystyle a_n dans {0,,9}\displaystyle \{0,\ldots,9\}. On se ramène donc à prouver que la suite (an)n1\displaystyle (a_n)_{n \ge 1} est 60-périodique. Comme la projection ZZ/10Z\displaystyle \mathbb{Z} \rightarrow \mathbb{Z}/10\mathbb{Z} est un morphisme d’anneaux, la relation de récurrence sur les (Fn)n0\displaystyle (F_n)_{n \ge 0} implique que an+2=an+1+an,a_{n+2} = a_{n+1}+a_n, et on a a0=0\displaystyle a_0 = \overline{0} et a1=1\displaystyle a_1 = \overline{1}.

On écrit la relation de récurrence matriciellement par l’équation An+1=MAn,A_{n+1} = M A_n, avec An=(anan+1)A_n = \begin{pmatrix} a_n \\ a_{n+1} \\ \end{pmatrix} et M=(0111).M = \begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 1 & 1 \\ \end{pmatrix}. Ici la matrice M\displaystyle M est vue comme élément de l’anneau M2(Z/10Z)\displaystyle \mathcal{M}_2(\mathbb{Z}/10\mathbb{Z}). Une récurrence sur p0\displaystyle p \ge 0 donne la formule An+p=MpAn.A_{n+p} = M^p A_n. Il s’agit donc de montrer que M60=I\displaystyle M^{60} = I (toujours dans M2(Z/10Z)\displaystyle \mathcal{M}_2(\mathbb{Z}/10\mathbb{Z})). Par le théorème chinois, il suffit de vérifier que M60=I\displaystyle M^{60} = I dans M2(Z/2Z)\displaystyle \mathcal{M}_2(\mathbb{Z}/2\mathbb{Z}) et dans M2(Z/5Z)\displaystyle \mathcal{M}_2(\mathbb{Z}/5\mathbb{Z}). C’est une façon savante de dire qu’un coefficient de la matrice est congru à 1 (ou 0) modulo 10 si et seulement si il est congru à 1 (ou 0) modulo 2 et modulo 5.

Or un calcul direct (ou bien le théorème de Cayley-Hamilton !) donne la formule : M2=M+I.M^2 = M+I.
On en déduit que M3=M2+M=2M+I\displaystyle M^3=M^2+M=2M+I, donc que M3=I\displaystyle M^3=I dans M2(Z/2Z)\displaystyle \mathcal{M}_2(\mathbb{Z}/2\mathbb{Z}), et toujours dans cet anneau on a donc M60=I20=I\displaystyle M^{60}= I^{20}=I.

Si on se place dans M2(Z/5Z)\displaystyle \mathcal{M}_2(\mathbb{Z}/5\mathbb{Z}), il faut pousser les calculs plus loin. On calcule d’abord M4=(M+I)2=M2+2M+I=3M+2I,M^4 = (M+I)^2=M^2+2M+I = 3M+2I, d’où on déduit M5=3M2+2M=5M+3I=3I,M^5 = 3M^2+2M = 5M+3I = 3I, car 5=0\displaystyle 5=0 dans Z/5Z\displaystyle \mathbb{Z}/5\mathbb{Z}. On a alors M10=9I=I\displaystyle M^{10}=9I=-I, donc M20=I\displaystyle M^{20}=I et à plus forte raison M60=I\displaystyle M^{60}=I.

On a bien montré que M60=I\displaystyle M^{60}=I dans M2(Z/10Z)\displaystyle \mathcal{M}_2(\mathbb{Z}/10\mathbb{Z}), ce qui prouve que dn+60=dn\displaystyle d_{n+60}=d_n pour tout n0\displaystyle n \ge 0. Un examen détaillé du raisonnement (en particulier du fait que 3\displaystyle 3 et 20\displaystyle 20 sont premiers entre eux) montre que 60\displaystyle 60 est la plus petite période.

Le calcul de la période de Fn\displaystyle F_n modulo m\displaystyle m, où m2\displaystyle m \ge 2 est un entier, est toujours l’objet de profondes conjectures arithmétiques. Le cas m=10\displaystyle m=10 étudié dans cet exercice a été résolu par Lagrange en 1774.

Exercice 551 ⭐️⭐️⭐️ Enumération des rationnels, Spé/MP

On définit la suite d’entiers naturels (an)n0\displaystyle (a_n)_{n \ge 0} par a0=1\displaystyle a_0=1 et par les relations de récurrence : a2k+1=ak , a2k+2=ak+ak+1.a_{2k+1} = a_k \ , \ a_{2k+2} = a_k+a_{k+1}.

Montrer que l’application ϕ:n(an,an+1)\displaystyle \phi : n \mapsto (a_n,a_{n+1}) établit une bijection entre N\displaystyle \mathbb{N} et R={(p,q)(N)2 , pq=1}.\mathcal{R} = \{(p,q) \in (\mathbb{N}^*)^2 \ , \ p \wedge q = 1\}.

On commence par quelques remarques :

  • la suite (an)n0\displaystyle (a_n)_{n \ge 0} est à valeurs dans N\displaystyle \mathbb{N}^*
  • on a les deux inégalités a2k+1<a2k+2\displaystyle a_{2k+1} < a_{2k+2} et a2k+1<a2k\displaystyle a_{2k+1} < a_{2k}.
  • de la remarque précédente on en déduit qu’on a toujours anan+1\displaystyle a_n \neq a_{n+1} et que si an<an+1\displaystyle a_n<a_{n+1} alors n=2k+1\displaystyle n=2k+1 pour un certain k0\displaystyle k \ge 0, et si an>an+1\displaystyle a_n>a_{n+1} alors n=2k\displaystyle n=2k pour un certain k0\displaystyle k \ge 0.

Montrons que ϕ\displaystyle \phi est bien à image dans R\displaystyle \mathcal{R}. Pour cela, il faut montrer que anan+1=1\displaystyle a_n \wedge a_{n+1} = 1 pour tout n0\displaystyle n \ge 0. Supposons que ce ne soit pas le cas. Il existerait alors un rang minimal N0\displaystyle N \ge 0 tel que aNaN+1>1\displaystyle a_N \wedge a_{N+1} > 1. Si on suppose aN<aN+1\displaystyle a_N<a_{N+1} (l’autre cas se traite de façon similaire), on peut écrire aN=a2k+1=ak\displaystyle a_N = a_{2k+1} = a_k et aN+1=a2k+2=ak+ak+1\displaystyle a_{N+1}=a_{2k+2} = a_k+a_{k+1} pour un certain k0\displaystyle k \ge 0. Mais on a alors : akak+1=(ak+ak+1)ak=aNaN+1>1,a_k \wedge a_{k+1} = (a_k+a_{k+1}) \wedge a_k = a_N \wedge a_{N+1} > 1, ce qui contredit la minimalité de N\displaystyle N. Ainsi on a bien anan+1=1\displaystyle a_n \wedge a_{n+1} = 1 pour tout n0\displaystyle n \ge 0, donc ϕ\displaystyle \phi est à image dans R\displaystyle \mathcal{R}.

Montrons que ϕ\displaystyle \phi est injective par l’absurde : si ϕ\displaystyle \phi n’est pas injective, il existe N<M\displaystyle N<M avec N\displaystyle N minimal tels que ϕ(N)=ϕ(M)\displaystyle \phi(N)=\phi(M). Si N\displaystyle N est pair et M\displaystyle M est impair, d’après la deuxième remarque on aurait aN>aN+1\displaystyle a_N > a_{N+1} et aM<aM+1\displaystyle a_M<a_{M+1}, or aN=aM\displaystyle a_N=a_M et aN+1=aM+1\displaystyle a_{N+1}=a_{M+1}, ce qui n’est pas possible. De même on ne peut pas avoir N\displaystyle N impair et M\displaystyle M pair. Ainsi N\displaystyle N et M\displaystyle M ont la même parité. Supposons N=2k\displaystyle N=2k et M=2l\displaystyle M=2l, avec 1k<l\displaystyle 1 \le k < l. On a alors ak=a2k+1=aN+1=aM+1=ala_{k}=a_{2k+1}=a_{N+1}=a_{M+1}=a_l et ak1=aNaN+1=aMaM+1=al1a_{k-1}=a_N-a_{N+1}=a_M-a_{M+1}=a_{l-1} donc ϕ(k1)=ϕ(l1)\displaystyle \phi(k-1)=\phi(l-1), ce qui contredit la minimalité de N\displaystyle N. On obtient une contradiction similaire dans le cas où N\displaystyle N et M\displaystyle M sont impairs. Ainsi ϕ\displaystyle \phi est injective.

Montrons enfin que ϕ\displaystyle \phi est surjective. On va montrer par récurrence sur N1\displaystyle N \ge 1 que chaque couple (p,q)R\displaystyle (p,q) \in \mathcal{R} tel que max(p,q)N\displaystyle \max(p,q) \le N admet un antécédent par ϕ\displaystyle \phi. Pour N=1\displaystyle N=1 la propriété est vraie car (1,1)=ϕ(1)\displaystyle (1,1) = \phi(1). Supposons la propriété vérifiée jusqu’à un certain rang N1\displaystyle N \ge 1. Soit (p,q)R\displaystyle (p,q) \in \mathcal{R} avec max(p,q)=N+1\displaystyle \max(p,q)=N+1. Alors (p,q)\displaystyle (p,q) est soit de la forme (p,N+1)\displaystyle (p,N+1) avec 1pN\displaystyle 1 \le p \le N, soit de la forme (N+1,q)\displaystyle (N+1,q) avec 1qN\displaystyle 1 \le q \le N. Dans le premier cas, on consdère le couple (p,N+1p)\displaystyle (p,N+1-p). On a : p(N+1p)=p(N+1)=1p \wedge (N+1-p) = p \wedge (N+1) =1 donc (p,N+1p)R\displaystyle (p,N+1-p) \in \mathcal{R}. De plus max(p,N+1p)N\displaystyle \max(p,N+1-p) \le N donc d’après l’hypothèse de récurrence il existe kN\displaystyle k \in \mathbb{N} tel que ϕ(k)=(p,N+1p)\displaystyle \phi(k)=(p,N+1-p). Mais alors : ϕ(2k+1)=(ak,ak+ak+1)=(p,N+1p+p)=(p,N+1).\phi(2k+1) = (a_k, a_k+a_{k+1}) = (p,N+1-p+p) = (p,N+1). On a bien trouvé un antécédent pour (p,N+1)\displaystyle (p,N+1). On suit un raisonnement similaire pour les couples (N+1,q)\displaystyle (N+1,q) avec 1qN\displaystyle 1 \le q \le N. Ainsi ϕ\displaystyle \phi est surjective.

Exercice 555 ⭐️⭐️⭐️ Amitié, matrices et nombre premier de Grothendieck, Spé/L2

On considère un groupe de personnes telles que chacune a exactement n\displaystyle n amis dans le groupe: on suppose que l’amitié est toujours réciproque et qu’aucune personne n’est amie avec elle-même. De plus, deux personnes distinctes du groupe qui ne sont pas amies ont toujours un ami en commun dans le groupe.

  1. Montrer qu’une personne du groupe a au plus n(n1)\displaystyle n(n-1) amis d’amis, et en déduire qu’il y a au plus n2+1\displaystyle n^2 + 1 personnes dans le groupe. On suppose par la suite que ce maximum est atteint.
  2. Montrer que dans ce cas, deux personnes distinctes qui ne sont pas amies ont un seul ami commun, et que deux amis n’ont pas d’ami commun.
  3. On note par M\displaystyle M la matrice (n2+1)×(n2+1)\displaystyle (n^2 + 1) \times (n^2 + 1) telle que Mi,j=1\displaystyle M_{i,j} = 1 si les personnes de rang i\displaystyle i et j\displaystyle j dans l’ordre alphabétique sont amies, et Mi,j=0\displaystyle M_{i,j} = 0 si ces personnes ne sont pas amies. Montrer que M2+M(n1)I=J\displaystyle M^2 + M - (n-1) I = J, où I\displaystyle I est la matrice identité et J\displaystyle J est la matrice dont tous les coefficients sont égaux à 1\displaystyle 1.
  4. Montrer que JM=nJ\displaystyle JM = n J, et en déduire que (M2+M(n1)I)(MnI)=0\displaystyle (M^2 + M - (n-1) I )(M-nI)= 0.
  5. Calculer les racines du polynôme (X2+X(n1))(Xn)\displaystyle (X^2 + X - (n-1) )(X-n), en déduire que M\displaystyle M est diagonalisable et déterminer ses valeurs propres.
  6. Montrer que la multiplicité de la plus grande valeur propre est égale à 1\displaystyle 1.
  7. Montrer que si 4n3\displaystyle 4n-3 n’est pas un carré parfait, M\displaystyle M a deux valeurs propres irrationnelles de multiplicités égales. En considérant la trace de M\displaystyle M, montrer que n\displaystyle n est égal à 0\displaystyle 0 ou 2\displaystyle 2.
  8. Montrer que si n∉{0,2}\displaystyle n \not\in \{0,2\}, alors il existe un entier k0\displaystyle k \geq 0 tel que n=k2+k+1\displaystyle n = k^2 + k + 1.
  9. En considérant la trace de M\displaystyle M, montrer qu’il existe un entier m\displaystyle m tel que k(n2m)(k+1)m+k2+k+1=0\displaystyle k(n^2-m) - (k+1) m + k^2 + k+1 = 0, puis que k5+2k4+3k3+3k2+2k+1\displaystyle k^5 + 2 k^4 + 3k^3 + 3k^2 + 2k + 1 est multiple de 2k+1\displaystyle 2k+1.
  10. Montrer que 2k+1\displaystyle 2k + 1 est un diviseur de 15\displaystyle 15.
  11. Montrer que n\displaystyle n est nécessairement une des valeurs suivantes: 0,1,2,3,7,57\displaystyle 0, 1, 2, 3, 7, 57.
  12. Donner des exemples de situations corresponant aux valeurs 0,1,2,3\displaystyle 0, 1, 2, 3. Il a été prouvé que 7\displaystyle 7 est aussi possible, le cas de 57\displaystyle 57 est encore un problème ouvert. Les graphes correspondant aux relations d’amitié décrites ici s’appellent graphes de Moore.
  1. Une personne donnée a n\displaystyle n amis, qui chacun a n1\displaystyle n-1 amis autres que la personne de départ. Comme cette personne est amie ou amie d’amie de tous les autres membres du groupe, le nombre total de personnes et au plus 1+n+n(n1)=n2+1\displaystyle 1 + n + n(n-1) = n^2 + 1.
  2. Si une personne a deux amis communs avec une autre personne, elle ne peut avoir plus de n(n1)1\displaystyle n(n-1)-1 amis d’amis, car l’un d’entre eux est compté deux fois dans le raisonnement précédent, donc le nombre total de personnes est au plus n2\displaystyle n^2. Si deux amis ont un ami commun, on a également un double compte.
  3. D’après ce qui précède, deux personnes distinctes ont exactement un “chemin amical” de longueur 1\displaystyle 1 ou 2\displaystyle 2 donc tous les coefficients non-diagonaux de M2+M\displaystyle M^2 + M sont égaux à 1\displaystyle 1. Comme chaque personne a n\displaystyle n amis, il y a n\displaystyle n chemins de longueur 2\displaystyle 2 de cette personne a elle-même et aucun chemin de longueur 1\displaystyle 1, donc les coefficients diagonaux de M2+M\displaystyle M^2 + M sont égaux à n\displaystyle n.
  4. JM=nJ\displaystyle JM = nJ car chaque personne a n\displaystyle n amis, donc (M2+M(n1)I)(MnI)=J(MnI)=0\displaystyle (M^2 + M - (n-1) I )(M-nI)=J(M- nI) = 0.
  5. Les racines sont n\displaystyle n et (1±4n3)/2\displaystyle (-1 \pm \sqrt{4n-3})/2, et ce sont les valeurs propres de M\displaystyle M. On verifie facilement que (14n3)/2<(1+4n3)/2<n\displaystyle (-1 - \sqrt{4n-3})/2 < (-1 + \sqrt{4n-3})/2 < n pour tout n1\displaystyle n \geq 1, donc les trois racines sont distinctes et M\displaystyle M est diagonalisable.
  6. Soient v1,,vn2+1\displaystyle v_1, \dots, v_{n^2 + 1} les coordonnées d’un vecteur propre de M\displaystyle M pour la valeur propre n\displaystyle n. Si vj\displaystyle v_j est la coordonnée de partie réelle la plus grande, on a: 0k=1n2+1Mj,k(vjvk)=(vj)k=1n2+1Mj,k(k=1n2+1Mj,kvk)0 \leq \sum_{k=1}^{n^2+1} M_{j,k} \Re(v_j - v_k) = \Re(v_j) \sum_{k=1}^{n^2+1} M_{j,k} - \Re \left( \sum_{k=1}^{n^2+1} M_{j,k} v_k \right) =n(vj)(nvj)=0. = n \Re(v_j) - \Re(n v_j) = 0.
    On a donc égalité partout, et (vjvk)=0\displaystyle \Re(v_j - v_k) =0: toutes les coordonnées ont la
    même partie réelle. De même, elles ont la même partie imaginaire, elles sont donc égales et tous les vecteurs propres pour n\displaystyle n sont colinéaires.
  7. La trace de M\displaystyle M est m(14n3)/2+(n2m)(1+4n3)/2+n\displaystyle m(-1 - \sqrt{4n-3})/2 + (n^2 - m) (-1 + \sqrt{4n-3})/2 + n, où m\displaystyle m est la multiplicité de la plus petite valeur propre. Si mn2m\displaystyle m \neq n^2 -m et 4n3\displaystyle 4n-3 n’est pas un carré parfait, la trace est irrationnelle. Ce n’est pas possible car en fait la trace est nulle, puisque les termes diagonaux de M\displaystyle M sont nuls (personne n’est ami avec lui-même). On a donc m=n2/2\displaystyle m = n^2/2, et n2/2+n=0\displaystyle - n^2/2 + n = 0, n{0,2}\displaystyle n \in \{0,2\}.
  8. On doit avoir 4n3\displaystyle 4n-3 carré parfait impair, donc il existe k\displaystyle k tel que (2k+1)2=4n3\displaystyle (2k+1)^2 = 4n-3, n=k2+k+1\displaystyle n = k^2 + k + 1.
  9. On a m(14n3)/2+(n2m)(1+4n3)/2+n=0\displaystyle m(-1 - \sqrt{4n-3})/2 + (n^2 - m) (-1 + \sqrt{4n-3})/2 + n = 0, donc comme 4n3=2k+1\displaystyle \sqrt{4n-3} = 2k+1, k(n2m)(k+1)m+(k2+k+1)=0\displaystyle k(n^2-m) - (k+1) m + (k^2 +k+1) = 0. En développant tout en fonction de k\displaystyle k: k(k4+2k3+3k2+2k+1)(2k+1)m+k2+k+1=0,\displaystyle k(k^4 + 2k^3 + 3k^2 + 2k +1) - (2k+1) m + k^2 + k + 1= 0, ce qui implique que k5+2k4+3k3+3k2+2k+1\displaystyle k^5 + 2 k^4 + 3k^3 + 3k^2 + 2k + 1 est multiple de 2k+1\displaystyle 2k+1.
  10. On a donc k5+2k4+3k3+3k2=k2(k3+2k2+3k+3)\displaystyle k^5 + 2k^4 + 3 k^3 + 3k^2 = k^2(k^3 + 2k^2 + 3k + 3) multiple de 2k+1\displaystyle 2k+1, et puisque k\displaystyle k et 2k+1\displaystyle 2k+1 sont premiers entre eux, k3+2k2+3k+3\displaystyle k^3 + 2k^2 + 3k + 3 multiple de 2k+1\displaystyle 2k+1. En soustrayant 6k+3\displaystyle 6k+3, k3+2k23k\displaystyle k^3 + 2k^2 - 3k est multiple de 2k+1\displaystyle 2k+1, ainsi que k2+2k3\displaystyle k^2 + 2k - 3, k2+2k3+3(2k+1)=k2+8k\displaystyle k^2 + 2k - 3 + 3(2k+1) = k^2 + 8k, k+8\displaystyle k+8, 2k+16\displaystyle 2k + 16, et donc 15\displaystyle 15.
  11. Soit n{0,2}\displaystyle n \in \{0,2\}, soit n=k2+k+1\displaystyle n= k^2 + k + 1 avec 2k+1{1,3,5,15}\displaystyle 2k+1 \in \{1,3,5,15\}, ce qui donne le résultat cherché.
  12. Pour n=0\displaystyle n = 0, on prend une personne seule. Pour n=1\displaystyle n = 1, on prend deux amis. Pour n=2\displaystyle n =2, on prend 5\displaystyle 5 personnes assises à une table ronde, chacune amie avec les deux personnes voisines. Pour n=3\displaystyle n = 3, on prend deux tables de cinq personnes l’une au-dessus de l’autre, les personnes en haut amies avec leurs voisins et la personne juste en-dessous, les personnes en bas amies avec les personnes non-voisines de leur table, et avec la personne juste au-dessus.

Exercice 560 ⭐️⭐️⭐️ Petits facteurs des nombres de Mersenne, Sup/L1

Pour un nombre premier p\displaystyle p, on considère le nombre de Mersenne Mp=2p1\displaystyle M_p = 2^p-1, et un facteur premier q\displaystyle q de Mp\displaystyle M_p.

  1. Quel est l’ordre de 2\displaystyle 2 modulo q\displaystyle q (i.e. le plus petit entier r\displaystyle r tel que 2r\displaystyle 2^r est congru à 1\displaystyle 1 modulo q\displaystyle q)?
  2. Montrer que q\displaystyle q est nécessairement congru à 1\displaystyle 1 modulo 2p\displaystyle 2p.
  3. Montrer (sans calculatrice), que M2,M3,M5,M7,M13\displaystyle M_2, M_3, M_5, M_7, M_{13} sont premiers.
  4. Montrer que M11\displaystyle M_{11} et M23\displaystyle M_{23} ne sont pas premiers.
  5. Déterminer tous les nombres de Mersenne divisibles par un nombre premier inférieur à 100\displaystyle 100.
  1. L’ordre de 2\displaystyle 2 modulo q\displaystyle q doit diviser p\displaystyle p, et ne peut pas valoir 1\displaystyle 1. Comme p\displaystyle p est premier, on obtient un ordre p\displaystyle p.
  2. Par le théorème de Fermat, l’ordre de 2\displaystyle 2 modulo q\displaystyle q divise q1\displaystyle q-1, donc q1\displaystyle q-1 est divisible par p\displaystyle p. Comme q1\displaystyle q-1 est pair, il est divisible par 2p\displaystyle 2p.
  3. C’est évident pour M2=3\displaystyle M_2 = 3, M3=7\displaystyle M_3 = 7, M5=31\displaystyle M_5 = 31. Les facteurs premiers de M7=127\displaystyle M_7 = 127 sont au moins égaux à 2×7+1=15>127\displaystyle 2 \times 7 + 1 = 15 > \sqrt{127}, donc M7\displaystyle M_7 est premier. Si M13=8191\displaystyle M_{13} = 8191 n’est pas premier, il a un facteur premier congru à 1\displaystyle 1 modulo 26\displaystyle 26 et inférieur ou égal à 8191<91\displaystyle \sqrt{8191} < 91, ce qui ne laisse que 53\displaystyle 53 et 79\displaystyle 79, puisque 27\displaystyle 27 n’est pas premier. Modulo 53\displaystyle 53, 2611\displaystyle 2^6 \equiv 11, 21212115\displaystyle 2^{12} \equiv 121 \equiv 15, 213129≢0\displaystyle 2^{13} - 1 \equiv 29 \not\equiv 0, modulo 79\displaystyle 79, 2615\displaystyle 2^6 \equiv -15, 21222512\displaystyle 2^{12} \equiv 225 \equiv -12, 213125≢0\displaystyle 2^{13} - 1 \equiv -25 \not\equiv 0. Donc M13\displaystyle M_{13} est premier.
  4. Les facteurs premiers de M11\displaystyle M_{11} sont congrus à 1\displaystyle 1 modulo 22\displaystyle 22. Modulo 23\displaystyle 23, 259\displaystyle 2^5 \equiv 9, 2108112\displaystyle 2^{10} \equiv 81 \equiv 12, 21110\displaystyle 2^{11} - 1 \equiv 0, donc M11\displaystyle M_{11} est divisible par 23\displaystyle 23. Modulo 47\displaystyle 47, 2617\displaystyle 2^{6} \equiv 17, 2122897\displaystyle 2^{12} \equiv 289 \equiv 7, 224492\displaystyle 2^{24} \equiv 49 \equiv 2, donc 47\displaystyle 47 divise 2242\displaystyle 2^{24} -2 et M23\displaystyle M_{23} est divisible par 47\displaystyle 47.
  5. M2,M3,M5\displaystyle M_2, M_3, M_5 sont des nombre premiers inférieurs à 100\displaystyle 100. M7\displaystyle M_7 est premier plus grand que 100\displaystyle 100. M11\displaystyle M_{11} est divisible par 23\displaystyle 23, M13\displaystyle M_{13} est premier. Le nombre M17\displaystyle M_{17} n’a pas de diviseur premier inférieur à 100\displaystyle 100, car 35\displaystyle 35 et 69\displaystyle 69 ne sont pas premiers (on peut montrer que M17\displaystyle M_{17} est premier). Le nombre M19\displaystyle M_{19} n’a pas de diviseur premier inférieur à 100\displaystyle 100, car 39\displaystyle 39 et 77\displaystyle 77 ne sont pas premiers (on peut aussi montrer que M19\displaystyle M_{19} est premier). M23\displaystyle M_{23} est divisible par 47\displaystyle 47. Si M29\displaystyle M_{29} est divisible par un nombre premier inférieur à 100\displaystyle 100, c’est nécessairement 59\displaystyle 59. Modulo 59\displaystyle 59, 265\displaystyle 2^{6} \equiv 5, 21225\displaystyle 2^{12} \equiv 25, 213509\displaystyle 2^{13} \equiv 50 \equiv -9, 2268122\displaystyle 2^{26} \equiv 81 \equiv 22, 2288829\displaystyle 2^{28} \equiv 88 \equiv 29, 229581\displaystyle 2^{29} \equiv 58 \equiv -1, donc M29\displaystyle M_{29} n’est pas divisible par 59\displaystyle 59. Les nombres M31\displaystyle M_{31}, M37\displaystyle M_{37}, M43\displaystyle M_{43}, M47\displaystyle M_{47} n’ont pas de facteur premier inférieur à 100\displaystyle 100, car 63,75,87,95\displaystyle 63, 75, 87, 95 ne sont pas premiers. Modulo 83\displaystyle 83, 2745\displaystyle 2^{7} \equiv 45, 28907\displaystyle 2^8 \equiv 90 \equiv 7, 21649\displaystyle 2^{16} \equiv 49, 2179815\displaystyle 2^{17} \equiv 98 \equiv 15, 23422524\displaystyle 2^{34} \equiv 225 \equiv -24, 2369613\displaystyle 2^{36} \equiv -96 \equiv -13, 23910421\displaystyle 2^{39} \equiv -104 \equiv -21, 241841\displaystyle 2^{41} \equiv -84 \equiv -1, donc M41\displaystyle M_{41} n’est pas divisible par 83\displaystyle 83.
  6. Les nombres de Mersenne plus grands que M47\displaystyle M_{47} ne peuvent pas avoir de facteur premier inférieur à 100\displaystyle 100. Pour résumer, seuls M2,M3,M5,M11\displaystyle M_2, M_3, M_5, M_{11} et M23\displaystyle M_{23} ont un facteur premier inférieur à 100\displaystyle 100.

Exercice 561 ⭐️⭐️⭐️ Raréfaction des nombres premiers, Sup/L1

Soit n2\displaystyle n \geq 2 un entier.

  1. Montrer que le coefficient binomial (2nn)\displaystyle {2n \choose n} est divisible par tous les nombres premiers p\displaystyle p tels que n+1p2n\displaystyle n+1 \leq p \leq 2n.
  2. Montrer que (2nn)\displaystyle {2n \choose n} 22n\displaystyle \leq 2^{2n} et en déduire que le produit de tous les nombres premiers compris entre n+1\displaystyle n+1 et 2n\displaystyle 2n est inférieur ou égal à 22n\displaystyle 2^{2n}.
  3. Montrer qu’il y a moins de 1.4n/lnn\displaystyle 1.4 n / \ln n nombres premiers entre n+1\displaystyle n+1 et 2n\displaystyle 2n.

Soit n1\displaystyle n\geq 1 un entier.

  1. Soit p\displaystyle p un nombre premier et k1\displaystyle k \geq 1 un entier. Trouver le nombre de multiples de pk\displaystyle p^k parmi les entiers entre 1\displaystyle 1 et n\displaystyle n inclus.
  2. En déduire que l’exposant de p\displaystyle p dans la factorisation de n!\displaystyle n! est égal à k=1[n/pk]\displaystyle \sum_{k = 1}^{\infty} [n/p^k], les crochets désignant la partie entière.
  3. Donner une formule pour l’exposant de p\displaystyle p dans la factorisation de (2nn)\displaystyle {2n \choose n}.
  4. Quels sont les valeurs possibles pour [2x]2[x]\displaystyle [2x] - 2[x] lorsque xR\displaystyle x \in \mathbb{R}? Que vaut cette expression pour x[0,1/2[\displaystyle x \in [0, 1/2[? En déduire que l’exposant de p\displaystyle p dans la factorisation de (2nn)\displaystyle {2n \choose n} est au plus égal à ln(2n)/lnp\displaystyle \ln (2 n) / \ln p.
  5. Montrer que (2nn)\displaystyle {2n \choose n} (2n)N\displaystyle \leq (2n)^NN\displaystyle N est le nombre de nombre premiers inférieurs ou égaux à 2n\displaystyle 2n.
  6. Montrer que (2nn)\displaystyle {2n \choose n} 22n/(2n)\displaystyle \geq 2^{2n}/(2n), et en déduire que N+1(2n)ln2/ln(2n)\displaystyle N+1 \geq (2n) \ln 2/ \ln (2n)
  7. Montrer que pour tout n2\displaystyle n \geq 2 entier, il y a au moins (0.69n/lnn)1\displaystyle (0.69 n/ \ln n) - 1 nombres premiers inférieurs ou égaux à n\displaystyle n.

Première partie

  1. Les nombres premiers entre n+1\displaystyle n+1 et 2n\displaystyle 2n apparaissent au numérateur de (2n)!/(n!)2\displaystyle (2n)!/(n!)^2 et pas au dénominateur.
  2. (2nn)\displaystyle {2n \choose n} est un des termes du développement de (1+1)2n\displaystyle (1+1)^{2n} avec la formule de Newton. Comme (2nn)\displaystyle {2n \choose n} est multiple des nombres premiers entre n+1\displaystyle n+1 et 2n\displaystyle 2n, il est au moins égal à leur produit, qui ne peut donc pas dépasser 22n\displaystyle 2^{2n}.
  3. Le produit est au moins nN\displaystyle n^{N}N\displaystyle N est le nombre de nombres premiers entre n+1\displaystyle n+1 et 2n\displaystyle 2n. Donc nN22n\displaystyle n^N \leq 2^{2n} et N2nln2/lnn\displaystyle N \leq 2n \ln 2/ \ln n.

Deuxième partie

  1. Le nombre de multiples est [n/pk]\displaystyle [n/ p^k].
  2. On compte 1\displaystyle 1 pour chaque multiple de p\displaystyle p, on ajoute 1\displaystyle 1 pour chaque multiple de p2\displaystyle p^2, puis 1\displaystyle 1 pour chaque multiple de p3\displaystyle p^3, et ainsi de suite.
  3. Comme (2nn)\displaystyle {2n \choose n} =(2n)!/(n!)2\displaystyle = (2n)!/(n!)^2, on obtient k=1f(n/pk)\displaystyle \sum_{k = 1}^{\infty} f(n/p^k)f(x):=[2x]2[x]\displaystyle f(x) := [2x]- 2[x] pour l’exposant de p\displaystyle p.
  4. Les valeurs possibles de f(x)\displaystyle f(x) sont 0\displaystyle 0 et 1\displaystyle 1, et f(x)=0\displaystyle f(x) = 0 pour x[0,1/2]\displaystyle x \in [0,1/2]. Pour avoir f(n/pk)=1\displaystyle f(n/p^k) = 1, il est nécessaire d’avoir n/pk>1/2\displaystyle n/p^k > 1/2 donc kln(2n)/lnp\displaystyle k \leq \ln (2n)/ \ln p. La somme sur k\displaystyle k est donc au plus ln(2n)/lnp\displaystyle \ln (2n)/ \ln p.
  5. Chaque puissance de nombre premier dans la factorisation de (2nn)\displaystyle {2n \choose n} est au plus pln(2n)/lnp=2n\displaystyle p^{\ln (2n)/ \ln p} = 2n, ce qui donne la borne souhaitée.
  6. (2nn)\displaystyle {2n \choose n} est le plus grand de 2n\displaystyle 2n termes de la formule 22n=2+k=12n1\displaystyle 2^{2n} = 2 + \sum_{k=1}^{2n-1} (2nn)\displaystyle {2n \choose n}, donc il vaut au moins leur moyenne 22n/2n\displaystyle 2^{2n}/2n. On a donc (2n)N22n/2n\displaystyle (2n)^N \geq 2^{2n}/2n, (2n)N+122n,\displaystyle (2n)^{N+1} \geq 2^{2n}, et N+12nln2/ln(2n)\displaystyle N+1 \geq 2n \ln 2 / \ln (2n).
  7. Le nombre de nombres premiers inférieurs ou égaux à 2n\displaystyle 2n est au moins 2nln2/ln(2n)1\displaystyle 2n \ln 2 / \ln (2n) - 1. Comme 2n+2\displaystyle 2n+2 n’est pas premier, le nombre de nombres premiers inférieurs ou égaux à 2n+1\displaystyle 2n+1 est égal au nombre de nombres premiers inférieurs ou égaux à 2n+2\displaystyle 2n+2, soit au moins (2n+2)ln2/ln(2n+2)1(2n+1)ln2/ln(2n+1)1\displaystyle (2n+2) \ln 2 / \ln (2n+2) - 1 \geq (2n+1) \ln 2 / \ln (2n+1) - 1 (x/lnx\displaystyle x/\ln x est croissante en x\displaystyle x pour xe\displaystyle x \geq e).

Exercice 572 ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ Equation diophantienne, Type Olympiade

Déterminer l’infimum des valeurs possibles de d/a\displaystyle d/a, pour quatre entiers naturels a<b<c<d\displaystyle a < b < c< d tels que a(a+1)d(d+1)=b(b+1)c(c+1).a(a+1) d(d+1) = b(b+1) c(c+1).

Cette équation apparaît dans l’article suivant sur les fonctions multiplicatives aléatoires: https://arxiv.org/abs/1702.01470 (voir p. 15-17).

Une fonction multiplicative est une fonction f:NC\displaystyle f : \mathbb{N}^* \rightarrow \mathbb{C} telle que f(mn)=f(m)f(n)\displaystyle f(mn) = f(m)f(n) pour tous m,nN\displaystyle m, n \in \mathbb{N}^* premiers entre eux.

Les entiers impairs A=2a+1\displaystyle A = 2a + 1, B=2b+1\displaystyle B = 2b+1, C=2c+1\displaystyle C = 2c + 1, D=2d+1\displaystyle D = 2d + 1 doivent satisfaire: (A21)(D21)=(B21)(C21).(A^2 - 1)(D^2-1) = (B^2 - 1)(C^2 -1). Comme B\displaystyle B et C\displaystyle C sont plus proches l’un de l’autre que A\displaystyle A et D\displaystyle D, on en déduit A21+D21>B21+C21,A^2 - 1+ D^2-1 > B^2 - 1 + C^2 - 1, et donc δ:=(ADBC)/2>0,\delta := (AD - BC)/2 > 0, puisque A2D2B2C2=A2+D2B2C2>0.A^2 D^2 - B^2 C^2 = A^2 + D^2 - B^2 - C^2 > 0.
Le nombre δ\displaystyle \delta est entier. L’équation précédente implique 4δ(ADδ)=A2+D2(BC)22AD+4δ,4 \delta (AD - \delta) = A^2 + D^2 - (B-C)^2 - 2AD + 4 \delta, et en particulier:
A22(2δ+1)AD+D2+4δ(δ+1)=(BC)20.      ()A^2 - 2(2 \delta +1) AD + D^2 + 4 \delta (\delta +1 ) = (B-C)^2 \geq 0. \; \; \; (\star)
Si 1<D/A2δ+2\displaystyle 1 < D/A \leq 2 \delta + 2, on a A/D+D/A12δ+2+2δ+2\displaystyle A/D + D/A \leq \frac{1}{2 \delta + 2} + 2 \delta + 2, et donc AD(12δ+24δ2+2δ+2)+4δ(δ+1)0,AD \left( \frac{1}{2 \delta + 2} - 4 \delta - 2 + 2\delta + 2 \right) + 4 \delta(\delta +1) \geq 0,
puis, du fait que 1/(2δ+2)1/4\displaystyle 1/ (2 \delta +2) \leq 1/4,
AD4δ(δ+1)2δ(1/4)=2(δ+1)(118δ)1AD \leq \frac{4 \delta(\delta + 1)}{ 2\delta - (1/4)} = 2 (\delta +1) \left(1 - \frac{1}{8 \delta} \right)^{-1} 2(δ+1)(1+17δ)2δ+2+(2/7)(1+δ1)<2δ+3.\leq 2 (\delta + 1) \left( 1 + \frac{1}{7 \delta} \right) \leq 2 \delta + 2 + (2 /7)( 1 + \delta^{-1}) < 2 \delta +3.
Puisque AD\displaystyle AD est un entier impair, AD2δ+1\displaystyle AD \leq 2 \delta +1, et donc BC=AD2δ1\displaystyle BC = AD - 2 \delta \leq 1, ce qui est impossible car CB=2b+1>2a+11\displaystyle C \geq B = 2b + 1 > 2 a + 1 \geq 1. Toute solution est donc telle que D/A>2δ+2\displaystyle D/A > 2\delta +2.
Si δ2\displaystyle \delta \geq 2, on a da=D1A1>DA6\displaystyle \frac{d}{a} = \frac{D-1}{ A-1} > \frac{D}{A} \geq 6. Si δ=1\displaystyle \delta = 1, on a, par ()\displaystyle (\star), A26AD+D2+80,\displaystyle A^2 - 6AD + D^2 + 8 \geq 0, soit (2a+1)26(2a+1)(2d+1)+(2d+1)2+80\displaystyle (2a + 1)^2 - 6(2a+1)(2d+1) + (2d+1)^2 + 8 \geq 0, 4(a26ad+d2)8a8d+40\displaystyle 4 (a^2 - 6 ad + d^2) - 8a - 8d + 4 \geq 0. Comme a0\displaystyle a \geq 0 et d1\displaystyle d \geq 1, on en déduit d26ad+a2>0\displaystyle d^2 - 6ad + a^2 > 0 soit
(d(3+22)a)(d(322)a)>0\displaystyle (d - (3 + 2 \sqrt{2})a ) (d - (3 - 2 \sqrt{2})a) > 0. Comme d>a0\displaystyle d > a \geq 0, le deuxième facteur est strictement positif, et le premier doit l’être aussi. On en déduit que d/a>3+22\displaystyle d/a > 3 + 2 \sqrt{2} pour δ=1\displaystyle \delta = 1. Cette borne est aussi valable pour δ2\displaystyle \delta \geq 2, puisqu’on a montré d/a>6\displaystyle d/a > 6 dans ce cas. La borne inférieure cherchée est donc au plus 3+22\displaystyle 3 + 2 \sqrt{2}. En fait, elle vaut exactement cette valeur. Pour le voir, on observe que pour δ=1\displaystyle \delta = 1 (qui est nécessaire pour avoir d/a<6\displaystyle d/a < 6), par ()\displaystyle (\star),
(d3a1)22(2a+1)2=((D3A)/2)22A2=(A26AD+D2)/4(d-3a-1)^2 - 2 (2a+1)^2 = ((D- 3A)/2)^2 - 2 A^2 = (A^2 - 6AD + D^2)/4 =((BC)/2)22=(cb)22.= ((B-C)/2)^2 - 2 = (c-b)^2 - 2.
doit être petit devant d2\displaystyle d^2, pour que d/a\displaystyle d/a, et donc D/A\displaystyle D/A, soit proche de 3+22\displaystyle 3 + 2 \sqrt{2}, ce qui implique que (A26AD+D2)/4\displaystyle (A^2 - 6AD + D^2)/4 est petit devant D2\displaystyle D^2. On peut essayer de chercher des solutions avec c=b+1\displaystyle c = b+1, i.e. c\displaystyle c aussi proche que possible de b\displaystyle b, ce qui donne l’équation de type Pell-Fermat x22y2=1\displaystyle x^2 - 2y^2 = -1, pour x=d3a1\displaystyle x = d -3a-1, y=2a+1\displaystyle y = 2a+1. Les solutions de cette équation de sont données en prenant une réduite sur deux dans le développement de 2\displaystyle \sqrt{2} en fraction continue. Ceci donne une suite récurrente linéaire d’ordre deux, qu’on peut ensuite résoudre via l’équation caractéristique. On obtient, pour n0\displaystyle n \geq 0 entier, et ρ+:=2+1\displaystyle \rho_+:= \sqrt{2}+1, ρ:=21\displaystyle \rho_-:= \sqrt{2}-1, les solutions:
xn=ρ+2n+1ρ2n+12,  yn=ρ+2n+1+ρ2n+122x_n= \frac{\rho_+^{2n+1} -\rho_-^{2n+1}}{2}, \; y_n = \frac{\rho_+^{2n+1} +\rho_-^{2n+1}}{2 \sqrt{2}}
puis
an=yn12=ρ+2n+1+ρ2n+12242,a_n = \frac{y_n-1}{2} = \frac{\rho_+^{2n+1} +\rho_-^{2n+1} - 2 \sqrt{2}}{4 \sqrt{2}},
dn=1+xn+3an=(3+22)ρ+2n+1+(322)ρ2n+12242,d_n = 1 + x_n + 3 a_n = \frac{( 3 + 2 \sqrt{2} )\rho_+^{2n+1} + (3 - 2 \sqrt{2})\rho_-^{2n+1} - 2 \sqrt{2}}{4 \sqrt{2}},
dn=ρ+2n+3+ρ2n+32242.d_n= \frac{\rho_+^{2n+3} + \rho_-^{2n+3} - 2 \sqrt{2}}{4\sqrt{2}}.
Si on a une solution avec (a,d)=(an,dn)\displaystyle (a,d) = (a_n, d_n) et c=b+1\displaystyle c = b+1, nécessairement
2=ADBC=(2a+1)(2d+1)(2c1)(2c+1)2 = AD - BC = (2a+1)(2d+1) - (2c-1)(2c+1) =4((a+1/2)(d+1/2)c2+1/4),= 4 ((a+1/2) (d+1/2) - c^2 + 1/4),
c2=(a+1/2)(d+1/2)1/4=ρ+2n+1+ρ2n+142.ρ+2n+3+ρ2n+34214,c^2 = (a+1/2) (d+1/2) - 1/4 = \frac{\rho_+^{2n+1} + \rho_-^{2n+1}}{4 \sqrt{2}} \,. \, \frac{\rho_+^{2n+3} + \rho_-^{2n+3}}{4 \sqrt{2}} - \frac{1}{4},
c2=ρ+4n+4+ρ4n+4+ρ+2+ρ2832=ρ+4n+4+ρ4n+4232.c^2 = \frac{\rho_+^{4n+4} + \rho_-^{4n+4} + \rho_+^2 + \rho_-^2 -8}{32} = \frac{\rho_+^{4n+4} + \rho_-^{4n+4} -2}{32}.
Comme c>0\displaystyle c > 0, on a c=cn\displaystyle c = c_n avec
cn:=ρ+2n+2ρ2n+242,c_n := \frac{\rho_+^{2n+2} - \rho_-^{2n+2} }{4 \sqrt{2}},
et
b=bn:=cn1=ρ+2n+2ρ2n+24242. b = b_n := c_n - 1 = \frac{\rho_+^{2n+2} - \rho_-^{2n+2} - 4 \sqrt{2} }{4 \sqrt{2}}.
On vérifie que (an,bn,cn,dn)n0\displaystyle (a_n, b_n, c_n, d_n)_{n \geq 0} donne bien une suite de solutions entières telles que (dn/an)n0\displaystyle (d_n/a_n)_{n \geq 0} converge vers ρ+2=3+22\displaystyle \rho_+^2 = 3 + 2 \sqrt{2}.
Pour éviter de manipuler des puissances d’irrationnels, on peut vérifier que si (pk/qk)k0\displaystyle (p_k/q_k)_{k \geq 0} sont les réduites successives de 2\displaystyle \sqrt{2}, (p0/q0=1\displaystyle p_0/q_0 = 1, p1/q1=3/2\displaystyle p_1/q_1 = 3/2, p2/q2=7/5,\displaystyle p_2/q_2 = 7/5, \dots), alors
(an,bn,cn,dn)=((q2n1)/2,(q2n+1/2)1,q2n+1/2,(q2n+21)/2).(a_n, b_n, c_n, d_n) = ((q_{2n}-1)/2, (q_{2n+1}/2)-1, q_{2n+1}/2, (q_{2n+2}-1)/2).

Exercice 575 ⭐️⭐️⭐️ Euler, Möbius, Dirichlet, Burnside, Debussy et Messiaen, L3/M1/MP

Pour n1\displaystyle n \geq 1 entier, on fait agir le groupe Z/nZ\displaystyle \mathbb{Z}/n \mathbb{Z} sur l’ensemble Pn=P(Z/nZ)\displaystyle \mathcal{P}_n = \mathcal{P}(\mathbb{Z} /n \mathbb{Z}) des parties de Z/nZ\displaystyle \mathbb{Z}/n \mathbb{Z}, par addition appliquée élément par élément: par exemple, l’image de {2ˉ,4ˉ,5ˉ}\displaystyle \{\bar{2}, \bar{4}, \bar{5}\} par l’action de 2\displaystyle \overline{-2} est {0ˉ,2ˉ,3ˉ}\displaystyle \{\bar{0}, \bar{2}, \bar{3}\}, m\displaystyle \overline{m} désignant la classe de m\displaystyle m modulo n\displaystyle n. Soit H\displaystyle H un sous-ensemble de Pn\displaystyle \mathcal{P}_n globalement invariant par l’action de Z/nZ\displaystyle \mathbb{Z}/n \mathbb{Z} , et O(H)\displaystyle \mathcal{O}(H) l’ensemble des orbites d’éléments de H\displaystyle H. Pour un entier mZ\displaystyle m \in \mathbb{Z}, on note Fm(H)\displaystyle F_m(H) l’ensemble des éléments de H\displaystyle H fixés par l’action de m\displaystyle m modulo n\displaystyle n. Dans la suite, on notera E\displaystyle |E| le cardinal d’un ensemble fini E\displaystyle E.

  1. Montrer que O(H)=1ndnφ(n/d)Fd(H)\displaystyle |\mathcal{O}(H)| = \frac{1}{n} \sum_{d | n} \varphi(n/d) |\, F_{d}(H)|, φ\displaystyle \varphi désignant l’indicatrice d’Euler et la somme en d\displaystyle d portant sur les diviseurs positifs de n\displaystyle n.
  2. Montrer que O(Pn)=1ndnφ(n/d)2d\displaystyle |\mathcal{O}(\mathcal{P}_n)| = \frac{1}{n} \sum_{d | n} \varphi(n/d) \, 2^d.
  3. Pour d1\displaystyle d \geq 1 divisant n\displaystyle n, on considère l’ensemble Hd=Fd(Pn)\displaystyle H_d = F_d (\mathcal{P}_n) des éléments de Pn\displaystyle \mathcal{P}_n qui sont fixés par l’action de dˉ\displaystyle \bar{d}. Montrer que O(Hd)=1dedφ(d/e)2e\displaystyle |\mathcal{O}(H_d) |= \frac{1}{d} \sum_{e | d} \varphi(d/e) 2^e, la somme portant sur les diviseurs e1\displaystyle e \geq 1 de d\displaystyle d.
  4. On considère l’ensemble K\displaystyle K des éléments de Pn\displaystyle \mathcal{P}_n qui ne sont fixés par l’action d’aucun élément non nul de Z/nZ\displaystyle \mathbb{Z} /n \mathbb{Z}. Montrer que O(K)=dnμ(n/d)dedφ(d/e)2e\displaystyle |\mathcal{O}(K)| = \sum_{ d | n } \frac{\mu(n/d) }{d} \sum_{e |d} \varphi(d/e) 2^e, μ\displaystyle \mu étant la fonction de Möbius.
  5. Montrer que O(K)=1ndnμ(n/d)2d\displaystyle \mathcal{O}(K) = \frac{1}{n} \sum_{d|n} \mu(n/d)2^d.
  6. En musique, il est courant d’appeller mode, ou échelle, un sous-ensemble des douze notes de la gamme chromatique, deux sous-ensembles obtenus par transposition musicale (c’est à dire montée ou descente d’un certain nombre de degrés de la gamme chromatique) étant considérés comme la même échelle (on considère ici qu’une note ne change pas si on la transpose à l’octave au-dessus ou au-dessous). Déterminer le nombre total d’échelles (y compris l’échelle vide!), ainsi que le nombre d’échelles à transpositions limitées (selon la terminologie du compositeur Olivier Messian), c’est à dire dont l’ensemble des notes est invariant par transposition d’au moins un intervalle non multiple d’une octave. Enumérer ces échelles.
  1. Par le théorème de Burnside, O(H)=1nj=0n1Fj(H)\displaystyle |\mathcal{O}(H)| = \frac{1}{n} \sum_{j=0}^{n-1} F_{j}(H). Or, si le pgcd de j\displaystyle j et n\displaystyle n vaut d\displaystyle d, Fj(H)=Fd(H)\displaystyle F_j (H) = F_d(H), d’autre part, les entiers strictement entre 0\displaystyle 0 et n\displaystyle n dont le pgcd avec n\displaystyle n vaut d\displaystyle d sont d\displaystyle d fois les éléments strictement entre 0\displaystyle 0 et n/d\displaystyle n/d qui sont premiers avec n/d\displaystyle n/d: il y en a donc φ(n/d)\displaystyle \varphi(n/d).
  2. Les ensembles dans Fd(H)\displaystyle F_d(H) sont obtenus en prenant tous les sous-ensembles de {0ˉ,,d1}\displaystyle \{\bar{0}, \dots, \overline{d-1} \} et en les translatant de kd\displaystyle \overline{kd} pour k{0,1,,n/d1}\displaystyle k \in \{0,1,\dots, n/d-1\}. On en déduit Fd(H)=Pd=2d\displaystyle |F_d(H)| = |\mathcal{P}_d| = 2^d. D’où le résultat cherché en appliquant 1\displaystyle 1.
  3. Le même raisonnement qu’au début de 2. prouve que O(Hd)\displaystyle |\mathcal{O}(H_d)| est obtenu en appliquant la formule précédente au cas où n\displaystyle n est remplacé par d\displaystyle d.
  4. Pour chaque orbite ω\displaystyle \omega, le stabilisateur l’un élément de ω\displaystyle \omega ne dépend pas du choix de cet élément, et c’est un sous-groupe de Z/nZ\displaystyle \mathbb{Z}/ n \mathbb{Z} de la forme e(ω)Z/nZ\displaystyle e(\omega)\mathbb{Z}/ n \mathbb{Z}, e(ω)\displaystyle e(\omega) étant un diviseur positif de n\displaystyle n. Si on calcule la somme dn1e(ω)dμ(n/d)\displaystyle \sum_{d|n} \mathbf{1}_{e(\omega)|d} \, \mu(n/d), on obtient f(n/e(ω))μ(n/(e(ω)f))\displaystyle \sum_{f | (n/e(\omega))} \mu(n/(e(\omega) f)), qui par une propriété classique de la fonction de Möbius, vaut 1\displaystyle 1 si n/e(ω)=1\displaystyle n/e(\omega) = 1 et 0\displaystyle 0 sinon. On a donc
    1ωO(K)=dn1e(ω)dμ(n/d)\mathbf{1}_{\omega \in \mathcal{O}(K)} = \sum_{d|n} \mathbf{1}_{e(\omega)|d} \, \mu(n/d) et en sommant sur toutes les orbites ω\displaystyle \omega possibles:
    O(K)=dnμ(n/d)ωO(Pn)1e(ω)d.|\mathcal{O}(K)| = \sum_{d|n} \mu(n/d) \sum_{\omega \in \mathcal{O}(\mathcal{P}_n)} \mathbf{1}_{e (\omega) | d}.
    Comme la dernière somme compte le nombre d’orbites d’ensembles fixés par l’action de dˉ\displaystyle \bar{d}, on déduit le résultat cherché en appliquant 3.
  5. On a O(K)=eng(n/e)e2e\displaystyle |\mathcal{O}(K)| = \sum_{e|n} \frac{g(n/e)}{e} 2^e avec g(m)=dmμ(m/d)φ(d)d\displaystyle g(m) = \sum_{d|m} \frac{\mu(m/d) \varphi(d)}{d}. La fonction g\displaystyle g est la convolution de Dirichlet des deux fonctions multiplicatives μ\displaystyle \mu et dφ(d)/d\displaystyle d \mapsto \varphi(d)/d, donc c’est une fonction multiplicative. Pour p\displaystyle p premier et α1\displaystyle \alpha \geq 1 entier, on a g(pα)=φ(pα)/pαφ(pα1)/pα1\displaystyle g(p^{\alpha}) = \varphi(p^{\alpha})/p^{\alpha}- \varphi(p^{\alpha-1})/p^{\alpha-1}, ce qui vaut 0\displaystyle 0 si α2\displaystyle \alpha \geq 2, et 1/p\displaystyle -1/p si α1\displaystyle \alpha \geq 1. Autrement dit, g(m)=μ(m)/m\displaystyle g(m) =\mu(m)/m pour toute puissance de nombre premier m\displaystyle m, et donc pour tout entier m\displaystyle m par multiplicativité.
  6. Il s’agit d’appliquer les résultats précédents pour n=12\displaystyle n = 12. Pour le nombre total d’échelles, on trouve
    112(φ(12)21+φ(6)22+φ(4)23+φ(3)24+φ(2)26+φ(1)212)=112(8+8+16+32+64+4096)=352.\begin{aligned} & \frac{1}{12}(\varphi(12) 2^1 + \varphi(6) 2^2 + \varphi(4) 2^3 + \varphi(3) 2^4 + \varphi(2) 2^6 + \varphi(1) 2^{12}) \\ & = \frac{1}{12} (8 + 8 + 16 + 32 + 64 + 4096) = 352. \end{aligned}
    Pour les échelles qui ne sont pas à transposition limitée, on obtient:
    112(2122624+22)=335.\frac{1}{12} (2^{12}- 2^6 - 2^4 + 2^2) =335.
    Il y a donc 17 échelles à transposition limitée. Avec 5\displaystyle 5 notes ou moins, on trouve: l’échelle vide, l’intervalle de triton ({0ˉ,6ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{6}\} ou do-fa dièse, et ses transpositions), l’accord de quinte augmentée ({0ˉ,4ˉ,8ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{4}, \bar{8}\} ou do-mi-sol dièse), les échelles à 4\displaystyle 4 sons {0ˉ,m,6ˉ,m+6}\displaystyle \{\bar{0},\overline{m}, \bar{6}, \overline{m+6}\} pour m{1,2,3}\displaystyle m \in \{1,2,3\} (m=3\displaystyle m = 3 correspond à l’accord de septième diminuée). Cela fait 6\displaystyle 6 échelles à 5\displaystyle 5 sons ou moins. Par complément, on trouve 6\displaystyle 6 échelles à 7\displaystyle 7 sons ou plus. Il reste 5\displaystyle 5 échelles à 6\displaystyle 6 sons, qui sont {0ˉ,3ˉ,4ˉ,7ˉ,8ˉ,11}\displaystyle \{\bar{0},\bar{3}, \bar{4}, \bar{7},\bar{8}, \overline{11} \}, {0ˉ,1ˉ,2ˉ,6ˉ,7ˉ,8ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{1}, \bar{2}, \bar{6},\bar{7}, \bar{8} \}, {0ˉ,1ˉ,3ˉ,6ˉ,7ˉ,9ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{1}, \bar{3}, \bar{6},\bar{7}, \bar{9} \}, {0ˉ,1ˉ,4ˉ,6ˉ,7ˉ,10}\displaystyle \{\bar{0},\bar{1}, \bar{4}, \bar{6},\bar{7}, \overline{10} \}, {0ˉ,2ˉ,4ˉ,6ˉ,8ˉ,10}\displaystyle \{\bar{0},\bar{2}, \bar{4}, \bar{6},\bar{8}, \overline{10} \} (cette dernière échelle est la gamme par tons, beaucoup utilisée par Debussy en particulier). Sept des 17 échelles ou modes ont été répertoriées et abondamment utilisées par Messiaen, numérotées par lui de 1\displaystyle 1 à 7\displaystyle 7, dans cet ordre: la gamme par tons, le complément de {0ˉ,3ˉ,6ˉ,9ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{3},\bar{6},\bar{9}\}, le complément de {0ˉ,4ˉ,8ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{4}, \bar{8}\}, le complément de {0ˉ,1ˉ,6ˉ,7ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{1},\bar{6},\bar{7}\}, l’échelle {0ˉ,1ˉ,2ˉ,6ˉ,7ˉ,8ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{1}, \bar{2}, \bar{6},\bar{7}, \bar{8} \}, le complément de {0ˉ,2ˉ,6ˉ,8ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{2}, \bar{6}, \bar{8}\}, le complément du triton {0ˉ,6ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{6}\}.
    Pour plus de discussion sur ces modes, voir par exemple la page Wikipedia.

Exercice 576 ⭐️⭐️⭐️ Généralisation du petit théorème de Fermat, Spé/L2/L3

Soit n\displaystyle n et m\displaystyle m deux entiers strictement positifs. Déterminer le nombre de suites d’éléments de {1,2,,m}\displaystyle \{1,2,\dots, m\} périodiques, dont la plus petite période est exactement n\displaystyle n. En déduire que pour tout aZ\displaystyle a \in \mathbb{Z},
EP(n)(1)Card(E)an/(pEp)\sum_{E \subset P(n)} (-1)^{\operatorname{Card}(E)} a^{n/ \left(\prod_{p \in E} p\right) }
est divisible par n\displaystyle n, P(n)\displaystyle P(n) étant l’ensemble des diviseurs premiers de n\displaystyle n.

Une suite a sa plus petite période égale à n\displaystyle n si et seulement si elle est n\displaystyle n-périodique, tout en n’étant (n/p)\displaystyle (n/p)-périodique pour aucun facteur premier p\displaystyle p de n\displaystyle n, De plus, si EP(n)\displaystyle E \subset P(n), une suite est (n/p)\displaystyle (n/p)-périodique pour tout pE\displaystyle p \in E si et seulement si sa plus petite période divise n/pgcd{p,pE}\displaystyle n/\operatorname{pgcd}\{p, p \in E\}, et donc si elle est (n/(pEp))\displaystyle (n/ (\prod_{p \in E} p))-périodique. Le nombre de suites k\displaystyle k-périodiques dans {1,2,,m}\displaystyle \{1,2,\dots, m\} étant mk\displaystyle m^k, on obtient par inclusion-exclusion que le nombre de suites cherché est
N(m,n):=EP(n)(1)Card(E)mn/(pEp).N(m,n) := \sum_{E \subset P(n)} (-1)^{\operatorname{Card}(E)} m^{n/ \left(\prod_{p \in E} p\right) }.
Maintenant, considérons que deux suites de plus petite période n\displaystyle n sont équivalentes si on peut passer de l’une à l’autre par permutation circulaire des n\displaystyle n premiers éléments. Comme la plus petite période est exactement n\displaystyle n, les classes d’équivalences ont toutes n\displaystyle n éléments (et pas moins), donc N(m,n)\displaystyle N(m,n) est divisible par n\displaystyle n pour tous m,n1\displaystyle m, n \geq 1. Comme N(a,n)\displaystyle N(a,n) est clairement n\displaystyle n-périodique modulo n\displaystyle n par rapport à a\displaystyle a, on en déduit que N(a,n)\displaystyle N(a,n) est multiple de n\displaystyle n pour tous aZ\displaystyle a \in \mathbb{Z}.
Remarque: On peut écrire plus succinctement que dnμ(d)an/d\displaystyle \sum_{d |n} \mu(d) a^{n/d} est divisible par n\displaystyle n, où μ\displaystyle \mu désigne la fonction de Möbius et où la somme porte sur les diviseurs positifs de n\displaystyle n. Si n\displaystyle n est un nombre premier, on retrouve le petit théorème de Fermat.

Exercice 577 ⭐️⭐️⭐️ Pell-Fermat , Sup/L1/Spé/L2

Soit E\displaystyle E l’ensemble des couples (x,y)\displaystyle (x,y) d’entiers positifs ou nuls, qui sont solutions de l’équation de Pell-Fermat x22y2=1\displaystyle x^2 - 2y^2 = 1.

  1. Montrer que si (x,y)E\displaystyle (x,y) \in E et y>0\displaystyle y> 0, alors (3x4y,2x+3y)E\displaystyle (3x-4y, -2x + 3y) \in E.
  2. En déduire que le éléments de E\displaystyle E sont obtenus en itérant la transformation (x,y)(3x+4y,2x+3y)\displaystyle (x,y) \mapsto (3x + 4y, 2x + 3y) à partir de (1,0)\displaystyle (1,0).
  3. Déterminer la plus grande valeur de x\displaystyle x possible pour (x,y)E\displaystyle (x,y) \in E et x1000\displaystyle x \leq 1000.
  1. On développe (3x4y)22(2x+3y)2=9x224xy+16y28x2+24xy18y2=x22y2=1\displaystyle (3x-4y)^2 - 2 (-2x + 3y)^2 = 9x^2 - 24 xy + 16y^2 - 8x^2 + 24 xy - 18y^2 = x^2 - 2y^2 = 1 si (x,y)E\displaystyle (x,y) \in E. De plus, si (x,y)E\displaystyle (x,y) \in E et y>0\displaystyle y > 0, on a x/y>2>4/3\displaystyle x/y > \sqrt{2} > 4/3 et xy2=x22y2y(x+y2)=1y(x+y2).\frac{x}{y}- \sqrt{2} = \frac{x^2 - 2 y^2}{y (x + y \sqrt{2})}= \frac{1}{y (x+ y\sqrt{2})}. Comme y>0\displaystyle y > 0, et que y=1\displaystyle y = 1 ne donne pas de solution, on a y2\displaystyle y \geq 2 et x3\displaystyle x \geq 3, ce qui donne xy212(3+22),\frac{x}{y} - \sqrt{2} \leq \frac{1}{2(3 + 2 \sqrt{2})},
    xy2+12(3+22)\frac{x}{y} \leq \sqrt{2} + \frac{1}{2(3+2 \sqrt{2})} =2+3222=32.= \sqrt{2} + \frac{3 - 2 \sqrt{2}}{2} = \frac{3}{2}.
    On a donc 3x4y>0\displaystyle 3x-4y > 0 et 2x+3y0\displaystyle -2x + 3y \geq 0, ce qui implique (3x4y,2x+3y)E\displaystyle (3x-4y, -2x + 3y) \in E puisque ce couple vérifie l’équation de Pell-Fermat.
  2. Si (x,y)E\displaystyle (x,y)\in E et y>0\displaystyle y > 0, l’application de (x,y)(3x4y,2x+3y)\displaystyle (x,y)\mapsto (3x - 4y, -2x + 3y) produit un nouvel élément de E\displaystyle E, dont la somme des coordonnées 3x4y2x+3y=xy\displaystyle 3x-4y-2x+3y = x-y est strictement inférieure à x+y\displaystyle x+y. Si on itère le procédé, la suite de solutions obtenue se termine nécessairement en un temps fini, et aboutit alors à un élément de E\displaystyle E dont la deuxième coordonnée est nulle, c’est à dire (1,0)\displaystyle (1,0). On retrouve l’élément de départ en inversant les itérations de (x,y)(3x4y,2x+3y)\displaystyle (x,y)\mapsto (3x - 4y, -2x + 3y), ce qui revient à itérer la transformée inverse (x,y)(3x+4y,2x+3y)\displaystyle (x,y)\mapsto (3x + 4y, 2x + 3y). On vérifie réciproquement que cette itération produit bien des éléments de E\displaystyle E, dont les coordonnées augmentent à chaque étape.
  3. Les éléments de E\displaystyle E sont (1,0)\displaystyle (1,0), (3,2)\displaystyle (3,2), (17,12)\displaystyle (17, 12), (99,70)\displaystyle (99, 70), (577,408)\displaystyle (577, 408), et une infinité de couples d’entiers supérieurs à 1000\displaystyle 1000. La réponse à la question posée est donc 577 (le numéro de cet exercice!).