Anneaux & Corps

Exercice 115 ⭐️ MPSI/L2

Montrer que tout anneau A\displaystyle A intègre et fini est un corps.

On se donne xA\displaystyle x\in A non nul et on veut montrer qu’il a un inverse. Soit le morphisme f:AA,yxy\displaystyle f:A\to A, y\mapsto xy. Comme A\displaystyle A est intègre, on en déduit que f\displaystyle f est injective. Comme A\displaystyle A est fini, elle est donc aussi surjective, donc bijective. Il existe alors y\displaystyle y tel que xy=1\displaystyle xy=1. On raisonne de même pour l’existence d’un inverse à gauche.

Exercice 116 ⭐️⭐️ Nilpotents qui commutent, MPSI/L2

Soit A\displaystyle A un anneau et a,bA\displaystyle a,b\in A. Montrer que si a\displaystyle a et b\displaystyle b sont nilpotents et commutent, alors a+b\displaystyle a+b et ab\displaystyle ab sont nilpotents.

On a (a+b)n=k=0n(nk)akbnk\displaystyle (a+b)^n=\sum_{k=0}^n {n\choose k}a^kb^{n-k} car a\displaystyle a et b\displaystyle b commutent. Soit na\displaystyle n_a et nb\displaystyle n_b les indices de nilpotence de a\displaystyle a et b\displaystyle b. On imagine bien que si on prend n\displaystyle n suffisamment grand on aura akbnk=0\displaystyle a^kb^{n-k}=0 pour tous les k\displaystyle k. Il faut donc formaliser un peu cette idée : prenons n>2max(na,nb)\displaystyle n>2\max(n_a,n_b). Donc pour tout entier k\displaystyle k entre 0\displaystyle 0 et n\displaystyle n, on a akbnk=0\displaystyle a^kb^{n-k}=0 car de deux choses l’une : soit kna\displaystyle k\ge n_a et c’est gagné car ak=0\displaystyle a^k=0, soit k<namax(na,nb)\displaystyle k< n_a\le \max(n_a,n_b) et alors nknmax(na,nb)>max(na,nb)nb\displaystyle n-k\ge n-\max(n_a,n_b)>\max(n_a,n_b)\ge n_b, et cette fois-ci bnk=0\displaystyle b^{n-k}=0. Ainsi (a+b)n=0\displaystyle (a+b)^n=0.

Pour ab\displaystyle ab c’est encore plus simple, on a (ab)n=anbn\displaystyle (ab)^n=a^nb^n car a\displaystyle a et b\displaystyle b commutent. Et on voit tout de suite qu’il suffit de prendre nmin(na,nb)\displaystyle n\ge\min(n_a,n_b) pour avoir anbn=0\displaystyle a^nb^n=0.

Exercice 118 ⭐️⭐️⭐️⭐️ Somme de deux carrés, MP/M1/Agreg

(D’après : Cours d’Algèbre, II 6., D. Perrin)
On veut déterminer les entiers qui sont somme de deux carrés. On pose : Σ={nN,n=a2+b2;a,bN}.\Sigma = \left\{ n \in \N, n=a^2+b^2; a,b\in\N \right\}.

  1. Étudions l’anneau Z[i]={a+ibC/a,bZ}\displaystyle \Z[i]=\{a+ib\in\mathbb C/a,b\in\Z\} des entiers de Gauss.
    Montrer que l’application N:{Z[i]Nz=a+ibzz=a2+b2\displaystyle N : \left\{ \begin{array}{ccc}\Z[i] & \longrightarrow & \N \\ z=a+ib & \longmapsto & z\overline{z}=a^2+b^2 \end{array} \right. est multiplicative i.e. N(zz)=N(z)N(z)\displaystyle N(zz')=N(z)N(z'), et que Σ\displaystyle \Sigma est stable par multiplication. En déduire l’identité de Lagrange : (a2+b2)(c2+d2)=(acbd)2+(ad+bc)2.(a^2+b^2)(c^2+d^2)=(ac-bd)^2+(ad+bc)^2.
  2. Montrer que l’ensemble des inversibles de Z[i]\displaystyle \Z[i] est Z[i]={±1,±i}\displaystyle \Z[i]^*=\{\pm 1,\pm i\}.
  3. Montrer que Z[i]\displaystyle \Z[i] est un anneau euclidien relativement à N\displaystyle N i.e. : Z[i]\displaystyle \Z[i] est intègre, et pour tout z,DZ[i]\displaystyle z,D\in\Z[i], il existe q,rZ[i]\displaystyle q,r\in\Z[i] tels que z=qD+r\displaystyle z=qD+r avec r=0\displaystyle r=0 ou N(r)<N(D)\displaystyle N(r)<N(D).
  4. Soit p\displaystyle p premier impair. Montrer que a\displaystyle a est un carré dans Fp:=Z/pZ\displaystyle \mathbb F_p:=\Z/p\Z si et seulement si ap12=1\displaystyle a^{\frac{p-1}{2}}=1.
  5. Soit p\displaystyle p premier impair. Montrer les équivalences suivantes :
    (i) pΣ\displaystyle p\in\Sigma
    (ii) p=1 [4]\displaystyle p=1\ [4]
    (iii) 1\displaystyle -1 est un carré dans Fp\displaystyle \mathbb F_p
    (iv) p\displaystyle p n’est pas irréductible dans Z[i]\displaystyle \Z[i].

Pour (iii) \displaystyle \Rightarrow (iv) (niveau M1/Agreg), on utilisera l’isomorphisme d’anneau Z[i]/(p)Fp[X]/(X2+1)\displaystyle \Z[i]/(p)\simeq \mathbb F_p[X]/(X^2+1).

  1. Établir le résultat final :
    Soit n>1\displaystyle n>1 un entier qu’on décompose en facteurs premiers : n=pPpvp(n).\displaystyle n=\prod_{p\in\mathcal{P}} p^{v_p(n)}.
    Alors : nΣ    vp(n)\displaystyle n\in\Sigma \iff v_p(n) pair pour p=3 [4]\displaystyle p=3 \ [4].
  1. On remarque que Z[i]\displaystyle \Z[i] est un sous-anneau de C\displaystyle \C, en particulier si z,zZ[i]\displaystyle z,z'\in\Z[i] alors zzZ[i]\displaystyle zz'\in\Z[i]. Montrons que N\displaystyle N est multiplicative. Soit z,zZ[i]\displaystyle z,z'\in\Z[i]. On a N(zz)=zzzz=zzzz=N(z)N(z),N(zz')=zz'\overline{zz'}=z\overline{z}z'\overline{z'}=N(z)N(z'), car zz=zz\displaystyle \overline{zz'}=\overline{z}\overline{z'} et C\displaystyle \C est commutatif. Cela montre également que Σ\displaystyle \Sigma est stable par multiplication. En effet pour tout m,mΣ\displaystyle m,m'\in \Sigma, il existe z,zZ[i]\displaystyle z,z'\in\Z[i] tels que m=N(z)\displaystyle m=N(z) et m=N(z)\displaystyle m'=N(z'). Il suffit alors de remarquer que mm=N(z)N(z)=N(zz)=r2+s2\displaystyle mm'=N(z)N(z')=N(zz')=r^2+s^2 avec r,sZ\displaystyle r,s\in\Z, i.e. N(zz)Σ\displaystyle N(zz')\in \Sigma.
    Posons z=a+ib\displaystyle z=a+ib et z=c+id\displaystyle z'=c+id. On a zz=acbd+i(bc+ad)\displaystyle zz'=ac-bd+i(bc+ad). Il suffit alors d’écrire N(z)\displaystyle N(z), N(z)\displaystyle N(z'), N(zz)\displaystyle N(zz'), et d’utiliser la multiplicativité de N\displaystyle N pour déduire l’identité de Lagrange.

  2. Soit zZ[i]\displaystyle z\in \Z[i]^* un inversible de Z[i]\displaystyle \Z[i]. Alors il existe zZ[i]\displaystyle z'\in \Z[i] tel que zz=1\displaystyle zz'=1. Ainsi N(zz)=N(z)N(z)=N(1)=1.N(zz')=N(z)N(z')=N(1)=1. Comme N(z),N(z)N\displaystyle N(z),N(z')\in\N, cela force N(z)=N(z)=1\displaystyle N(z)=N(z')=1. Donc il faut trouver les entiers a\displaystyle a et b\displaystyle b tels que a2+b2=1\displaystyle a^2+b^2=1. Il n’y a pas beaucoup de choix : a=±1\displaystyle a=\pm1 et b=0\displaystyle b=0, ou : a=0\displaystyle a=0 et b=±1\displaystyle b=\pm1. Cela correspond au cas z=±1\displaystyle z=\pm1 ou z=±i\displaystyle z=\pm i. On vérifie bien que ces 4\displaystyle 4 éléments sont inversibles dans Z[i]\displaystyle \Z[i], et on conclut que Z[i]={±1,±i}\displaystyle \Z[i]^*=\{±1,±i\}.

  3. D’abord, on remarque Z[i]\displaystyle \Z[i] est intègre en tant que sous-anneau de l’anneau intègre C\displaystyle \C.
    Soit z,DZ[i]\displaystyle z,D\in\Z[i]. Il faut maintenant approximer zD=x+iy\displaystyle \frac{z}{D}=x+iy par un q=a+ibZ[i]\displaystyle q=a+ib\in\Z[i]. On choisit les entiers a\displaystyle a et b\displaystyle b les plus proches de x\displaystyle x et y\displaystyle y de sorte que xa1/2\displaystyle |x-a|\le 1/2 et yb1/2\displaystyle |y-b|\le 1/2. Alors z/Dq21/4+1/4<1\displaystyle |z/D-q|^2\le 1/4+1/4<1. En posant r=zqDZ[i]\displaystyle r=z-qD\in\Z[i], on a donc N(r)=r2=D2z/Dq2<D2=N(D)\displaystyle N(r)=|r|^2=|D|^2|z/D-q|^2<|D|^2=N(D), ce qu’on voulait.
    On en déduit que Z[i]\displaystyle \Z[i] est euclidien (donc principal, donc factoriel, cf cours M1).

  4. Soit aFp\displaystyle a\in\mathbb F_p^* avec a=x2\displaystyle a=x^2. Alors ap12=xp1=1\displaystyle a^{\frac{p-1}{2}}=x^{p-1}=1 car Fp\displaystyle \mathbb F_p^* est un groupe de cardinal p1\displaystyle p-1 (Fp\displaystyle \mathbb F_p est un corps i.e. tous les éléments non nul de Fp\displaystyle \mathbb F_p sont inversibles et il y en a p1\displaystyle p-1).
    Montrons la réciproque. On sait déjà d’après ce qui précède que I:={x2,xFp}{aFp, ap12=1}:=R\displaystyle I:=\left\{x^2, x\in \mathbb F_p^*\right\}\subset \left\{a\in \mathbb F_p^*, \ a^{\frac{p-1}{2}}=1\right\}:=R. L’application ϕ:FpFp\displaystyle \phi:\mathbb F_p^*\to \mathbb F_p^*, xx2\displaystyle x\mapsto x^2, est un morphisme de groupe car Fp\displaystyle \mathbb F_p^* est commutatif. Comme Fp\displaystyle \mathbb F_p^* est de cardinal p1\displaystyle p-1 et que le noyau de ϕ\displaystyle \phi est {1,1}\displaystyle \{1,-1\} (de cardinal 2\displaystyle 2), on en déduit par le théorème de l’isomorphisme que I=Im ϕ\displaystyle I={\rm Im}\ \phi est de cardinal p12\displaystyle \frac{p-1}{2}. Or R\displaystyle R est l’ensemble des racines du polynôme Xp121\displaystyle X^{\frac{p-1}{2}}-1 sur le corps Fp\displaystyle \mathbb F_p, donc le cardinal de R\displaystyle R est plus petit que p12\displaystyle \frac{p-1}{2}. Comme IR\displaystyle I\subset R, il vient I=R\displaystyle I=R, ce qu’on voulait.

  5. (i) \displaystyle \Longrightarrow (ii) — Écrivons p=a2+b2\displaystyle p=a^2+b^2. Faisons les différents cas modulo 4\displaystyle 4. Soit a=0,1,2,3 [4]\displaystyle a=0,1,2,3\ [4], d’où a2=0,1 [4]\displaystyle a^2=0,1\ [4], idem pour b2\displaystyle b^2. Donc a2+b2=0,1,2 [4]\displaystyle a^2+b^2=0,1,2\ [4]. Comme p\displaystyle p est impair, il ne reste que la possibilité p=1 [4]\displaystyle p=1\ [4].
    (ii) \displaystyle \Longrightarrow (iii) — On va utiliser le résultat avec le symbole de Legendre à la question 4). Écrivons p=1+4k\displaystyle p=1+4k, alors (1)(p1)/2=(1)2k=1\displaystyle (-1)^{(p-1)/2}=(-1)^{2k}=1, ce qui implique que 1\displaystyle -1 est un carré dans Fp\displaystyle \mathbb F_p.
    (iii) \displaystyle \Longrightarrow (iv) — On a les isomorphismes d’anneaux suivants : Z[i]/(p)Z[X]/(X2+1,p)Fp[X]/(X2+1).\Z[i]/(p)\simeq \Z[X]/(X^2+1,p) \simeq \mathbb F_p[X]/(X^2+1). Comme 1\displaystyle -1 est un carré dans Fp\displaystyle \mathbb F_p, le polynôme X2+1\displaystyle X^2+1 n’est pas irréductible dans Fp[X]\displaystyle \mathbb F_p[X], donc Fp[X]/(X2+1)Z[i]/(p)\displaystyle \mathbb F_p[X]/(X^2+1)\simeq \Z[i]/(p) n’est pas un corps. Ainsi l’idéal (p)\displaystyle (p) ne peut pas être premier et donc p\displaystyle p n’est pas irréductible dans Z[i]\displaystyle \Z[i].
    (iv) \displaystyle \Longrightarrow (i) — Écrivons p=zz\displaystyle p=zz' avec z,zZ[i]={±1,±i}\displaystyle z,z'\notin \Z[i]^*=\{±1,±i\}. On a N(p)=p2=N(z)N(z)\displaystyle N(p)=p^2=N(z)N(z'). Comme N(z)>1\displaystyle N(z)>1 et N(z)>1\displaystyle N(z')>1 et que chacun vaut p\displaystyle p ou p2\displaystyle p^2 car p\displaystyle p premier, il vient N(z)=N(z)=p\displaystyle N(z)=N(z')=p. Donc pΣ\displaystyle p\in\Sigma.

  6. (\displaystyle \Longleftarrow) Dans la décomposition de n\displaystyle n, si p=1 [4]\displaystyle p=1\ [4] alors pΣ\displaystyle p\in\Sigma. Par stabilité de Σ\displaystyle \Sigma par multiplication, il vient p=1 [4], pnpvp(n)Σ\displaystyle \prod_{p=1\ [4],\ p|n} p^{v_p(n)}\in\Sigma. Si p=3 [4]\displaystyle p=3\ [4], vp(n)\displaystyle v_p(n) est pair par hypothèse, donc pvp(n)\displaystyle p^{v_p(n)} est un carré et en particulier pvp(n)Σ\displaystyle p^{v_p(n)}\in\Sigma. On invoque encore la stabilité de Σ\displaystyle \Sigma pour conclure que nΣ\displaystyle n\in\Sigma.
    (\displaystyle \Longrightarrow) Soit p=3 [4]\displaystyle p=3\ [4] qui divise n=a2+b2=(a+ib)(aib)\displaystyle n=a^2+b^2=(a+ib)(a-ib). Par ce qui précède, p\displaystyle p est irréductible dans Z[i]\displaystyle \Z[i] qui est un anneau factoriel, donc p\displaystyle p divise a+ib\displaystyle a+ib ou aib\displaystyle a-ib, disons a+ib\displaystyle a+ib. Alors p\displaystyle p divise a\displaystyle a et b\displaystyle b car pN\displaystyle p\in\N, et donc aussi aib\displaystyle a-ib. Écrivons a+ib=pkz\displaystyle a+ib=p^kz avec p\displaystyle p ne divisant pas z\displaystyle z. Donc aib=pkz\displaystyle a-ib=p^k\overline{z}. Ainsi n=p2kz2\displaystyle n=p^{2k}|z|^2. On en déduit que vp(n)\displaystyle v_p(n) est pair.

Exercice 120 ⭐️⭐️ MPSI/L2

Soit A\displaystyle A un anneau. Supposons que pour tout xA\displaystyle x\in A, x3=x\displaystyle x^3=x. Montrer que pour tout xA\displaystyle x\in A, 6x=0\displaystyle 6x=0.

Il faut faire des manipulations simples et utiliser le fait super important que l’égalité dans l’hypothèse est vraie pour tous les x\displaystyle x. Quel élément très simple créer à partir d’un x\displaystyle x ? Si x\displaystyle x était inversible on aurait pensé à x1\displaystyle x^{-1}. On va proposer des choses avec l’addition : x\displaystyle -x, x+x=2x\displaystyle x+x=2x, etc. Le x\displaystyle -x nous donne pas de nouvelles infos. On essaie 2x\displaystyle 2x. On a (2x)3=8x3=2x\displaystyle (2x)^3=8x^3=2x. Mais on a aussi x3=x\displaystyle x^3=x, donc 8x=2x\displaystyle 8x=2x, et alors 6x=0\displaystyle 6x=0. Tiens, c’est gagné !

Exercice 125 ⭐️⭐️ MPSI/L2

Soit A\displaystyle A un anneau tel que pour tout aA\displaystyle a\in A, a3=a\displaystyle a^3=a. Déterminer les éléments nilpotents de A\displaystyle A.

Regarder les premières puissances d’un élément a\displaystyle a.

On a : a\displaystyle a, a2\displaystyle a^2, a3=a\displaystyle a^3=a, a4=a3a=aa=a2\displaystyle a^4=a^3a=aa=a^2, a5=a3a2=aa2=a\displaystyle a^5=a^3a^2=aa^2=a, etc. Donc on voit que toutes les puissances de a\displaystyle a sont de la forme a\displaystyle a ou a2\displaystyle a^2, et on peut le montrer facilement par récurrence. Soit x\displaystyle x nilpotent d’indice n\displaystyle n, alors xn=0\displaystyle x^n=0 et vaut aussi soit x\displaystyle x, i.e. x=0\displaystyle x=0, soit x2=0\displaystyle x^2=0. Si x2=0\displaystyle x^2=0 alors 0=x3=x\displaystyle 0=x^3=x. Donc le seul élément nilpotent dans A\displaystyle A est 0\displaystyle 0.

Exercice 255 ⭐️⭐️ Corps F4\displaystyle \mathbb F_4, M1/Agreg

On note F2=Z/2Z\displaystyle \mathbb F_2=\Z/2\Z le corps à deux éléments et F4\displaystyle \mathbb F_4 le corps à 4\displaystyle 4 éléments.
Montrer que X2+X+1\displaystyle X^2+X+1 est irréductible sur F2\displaystyle \mathbb F_2. En déduire que F4F2[X]/(X2+X+1)\displaystyle \mathbb F_4 \simeq \mathbb F_2[X]/(X^2+X+1).
Décrire les éléments de F4\displaystyle \mathbb F_4 et donner les tables d’addition et de multiplication de F4\displaystyle \mathbb F_4.

Corps de rupture.

Le polynôme X2+X+1\displaystyle X^2+X+1 est de degré 2\displaystyle 2 et n’a pas de racines dans le corps F2=Z/2Z={0,1}\displaystyle \mathbb F_2=\Z/2\Z=\{0,1\} car
02+0+1=112+1+1=1.\begin{aligned} 0^2+0+1&=1 \\ 1^2+1+1&=1. \end{aligned} Donc X2+X+1\displaystyle X^2+X+1 est irréductible sur F2\displaystyle \mathbb F_2, et alors F2[X]/(X2+X+1)\displaystyle \mathbb F_2[X]/(X^2+X+1) est un corps, qui de plus a 22=4\displaystyle 2^2=4 éléments, c’est donc F4\displaystyle \mathbb F_4. Dans F4\displaystyle \mathbb F_4, qui est de caractéristique 2\displaystyle 2, on a forcément comme éléments : 0\displaystyle 0, 1\displaystyle 1, un autre élément a\displaystyle a qui n’est pas 0\displaystyle 0 ou 1\displaystyle 1, on peut aussi construire a+1\displaystyle a+1, qui n’est pas 0\displaystyle 0 (car sinon a=1\displaystyle a=1), n’est pas 1\displaystyle 1 (car sinon a=0\displaystyle a=0) et n’est pas a\displaystyle a (car sinon 1=0\displaystyle 1=0).
Donc on est bon, on a les 4\displaystyle 4 éléments de F4\displaystyle \mathbb F_4 ! Vu l’isomorphisme avec l’espace quotient, on a la relation a2+a+1=0\displaystyle a^2+a+1=0, i.e. a2=a+1\displaystyle a^2=a+1.

On peut donc écrire la table d’addition :
+01aa+1001aa+1110a+1aaaa+101a+1a+1a10\begin{array}{|c||c|c|c|c|}\hline +& 0& 1& a & a+1 \\\hline\hline 0& 0& 1& a& a+1 \\\hline 1& 1 & 0 &a+1 &a \\\hline a& a & a+1& 0& 1\\\hline a+1& a+1& a& 1 & 0\\\hline \end{array}
et la table de multiplication :
×01aa+100000101aa+1a0aa+11a+10a+11a\begin{array}{|c||c|c|c|c|}\hline \times& 0& 1& a & a+1 \\\hline\hline 0& 0& 0& 0& 0 \\\hline 1& 0 & 1 &a &a+1 \\\hline a& 0 & a& a+1& 1\\\hline a+1& 0& a+1& 1 & a\\\hline \end{array}

Exercice 258 ⭐️ Élément Nilpotent, MPSI/L2

Soit A\displaystyle A un anneau et a,bA\displaystyle a,b\in A. Montrer que si ab\displaystyle ab est nilpotent, alors ba\displaystyle ba l’est aussi.

Élément nilpotent 👉 Élever à la puissance.

Si ab\displaystyle ab est nilpotent alors il existe n\displaystyle n tel que abab...abab=0\displaystyle abab...abab=0 (n\displaystyle n fois dans le produit). Si on multiplie par b\displaystyle b à gauche et par a\displaystyle a à droite, on obtient babab...ababa=0\displaystyle babab...ababa=0 et on voit donc que ba\displaystyle ba est nilpotent !

Exercice 259 ⭐️ Élément Nilpotent et inversibilité, MPSI/L2

Soit A\displaystyle A un anneau et aA\displaystyle a\in A un élément nilpotent.
Montrer que a\displaystyle a n’est pas inversible et que 1a\displaystyle 1-a est inversible (donner son inverse).

  • Élément nilpotent 👉 Élever à la puissance.
  • C’est plus facile de travailler avec un élément inversible a\displaystyle a car on peut faire des calculs avec a1\displaystyle a^{-1}.

Supposons que a\displaystyle a est inversible. Partons de ce qu’on sait i.e. an=0\displaystyle a^n=0. En multipliant par a1\displaystyle a^{-1} à gauche n1\displaystyle n-1 fois, on obtient a=0\displaystyle a=0, contradiction car 0\displaystyle 0 n’est pas inversible pour \displaystyle \cdot !
Si 1a\displaystyle 1-a était inversible on pourrait écrire formellement “11a=1+a+a2+=1+a++an1\displaystyle \frac{1}{1-a}=1+a+a^2+\cdots=1+a+\cdots +a^{n-1}” car si a\displaystyle a est nilpotent d’indice n\displaystyle n, on a an=0\displaystyle a^n=0. Il suffit en fait de calculer par télescopage : (1a)(1+a++an1)=1an=1,(1-a)(1+a+\cdots +a^{n-1})=1-a^n=1, pour voir que 1+a++an1\displaystyle 1+a+\cdots +a^{n-1} est l’inverse de 1a\displaystyle 1-a.

L’écriture formelle, c’était juste histoire de se rappeler l’inverse à partir de notre série harmonique préférée 😍, mais c’est un peu idiot car bien sûr c’est exactement en faisant le produit (1x)(1+x++xn1)\displaystyle (1-x)(1+x+\cdots +x^{n-1}) qu’on trouve la formule de la série harmonique 😜

Exercice 290 ⭐️⭐️⭐️ Symbole de Legendre, MP/M1/Agreg

Soit p\displaystyle p premier impair et aZ\displaystyle a\in\Z. On appelle symbole de Legendre la quantité (ap)=ap12 [p]\displaystyle \left(\frac{a}{p}\right)=a^{\frac{p-1}{2}}\ [p].

  1. Montrer que (ap){1,0,1}\displaystyle \left(\frac{a}{p}\right)\in\{-1,0,1\}.
  2. Montrer que a0 [p]\displaystyle a\neq 0\ [p] est un carré dans Fp:=Z/pZ\displaystyle \mathbb F_p:=\Z/p\Z si et seulement si (ap)=1\displaystyle \left(\frac{a}{p}\right)=1.
    Dans ce cas on dit que a\displaystyle a est un résidu quadratique modulo p\displaystyle p.
  • p\displaystyle p premier 👉 Petit théorème de Fermat, Z/pZ\displaystyle \Z/p\Z est un corps.
  • Le nombre de racines d’un polynôme de degré n\displaystyle n n’exède pas n\displaystyle n dans un corps.
  1. L’anneau Fp\displaystyle \mathbb F_p est un corps car p\displaystyle p est premier : tous les éléments non nul de Fp\displaystyle \mathbb F_p sont inversibles et il y en a p1\displaystyle p-1, formant ainsi le groupe des inversibles Fp\displaystyle \mathbb F_p^*. On en déduit que (ap)=0\displaystyle \left(\frac{a}{p}\right)=0 si et seulement si a=0 [p]\displaystyle a=0\ [p]. Si a0\displaystyle a\neq 0 dans Fp\displaystyle \mathbb F_p, alors en posant x=ap12\displaystyle x=a^{\frac{p-1}{2}}, il vient x2=ap1=1\displaystyle x^2=a^{p-1}=1 (on invoque la cardinalité de Fp\displaystyle \mathbb F_p^* ou ce qui revient au même le petit théorème de Fermat). Or l’équation X2=1\displaystyle X^2=1 n’a que deux solutions dans le corps Fp\displaystyle \mathbb F_p : 1\displaystyle 1 et 1\displaystyle -1.

  2. Soit aFp\displaystyle a\in\mathbb F_p^* avec a=x2\displaystyle a=x^2. Alors ap12=xp1=1\displaystyle a^{\frac{p-1}{2}}=x^{p-1}=1 car Fp\displaystyle \mathbb F_p^* est un groupe de cardinal p1\displaystyle p-1.
    Montrons la réciproque. On sait déjà d’après ce qui précède que I:={x2,xFp}{aFp, ap12=1}:=R\displaystyle I:=\left\{x^2, x\in \mathbb F_p^*\right\}\subset \left\{a\in \mathbb F_p^*, \ a^{\frac{p-1}{2}}=1\right\}:=R. L’application ϕ:FpFp\displaystyle \phi:\mathbb F_p^*\to \mathbb F_p^*, xx2\displaystyle x\mapsto x^2, est un morphisme de groupe car Fp\displaystyle \mathbb F_p^* est commutatif. Comme Fp\displaystyle \mathbb F_p^* est de cardinal p1\displaystyle p-1 et que le noyau de ϕ\displaystyle \phi est {1,1}\displaystyle \{1,-1\} (de cardinal 2\displaystyle 2), on en déduit par le théorème de l’isomorphisme que I=Im ϕ\displaystyle I={\rm Im}\ \phi est de cardinal p12\displaystyle \frac{p-1}{2}. Or R\displaystyle R est l’ensemble des racines du polynôme Xp121\displaystyle X^{\frac{p-1}{2}}-1 sur le corps Fp\displaystyle \mathbb F_p, donc le cardinal de R\displaystyle R est plus petit que p12\displaystyle \frac{p-1}{2}. Comme IR\displaystyle I\subset R, il vient I=R\displaystyle I=R, ce qu’on voulait.

Exercice 309 ⭐️⭐️ Théorème de Wilson (1770), MP/L2/Classique

Montrer l’équivalence suivante : p  premier    (p1)!+1=0 [p].\displaystyle p\ \ {\rm premier} \iff (p-1)!+1=0\ [p].

p\displaystyle p premier et congruence 👉 Z/pZ\displaystyle \Z/p\Z est un corps ou petit théorème de Fermat.

()\displaystyle (\Longleftarrow) Supposons (p1)!+1=0 [p]\displaystyle (p-1)!+1=0\ [p]. Soit d  p\displaystyle d\ | \ p avec 1dp1\displaystyle 1\le d\le p-1. Alors d  (p1)!\displaystyle d\ |\ (p-1)!, et comme (p1)!+1=kp\displaystyle (p-1)!+1=kp, kN\displaystyle k\in\N, on en déduit que d  1\displaystyle d\ |\ 1, i.e. d=1\displaystyle d=1. Ce qui montre que p\displaystyle p est premier.
()\displaystyle (\Longrightarrow) Supposons p\displaystyle p premier. Alors A=Z/pZ\displaystyle A=\Z/p\Z est un corps. On peut écrire (p1)!=xAx [p].(p-1)!=\prod_{x\in A^*}x\ [p]. Dans ce produit, on peut apparier les éléments x\displaystyle x tels que xx1\displaystyle x\neq x^{-1} avec leur inverse x1\displaystyle x^{-1}. On a alors xx1=1\displaystyle xx^{-1}=1. Il reste les éléments y\displaystyle y qui sont leur propre inverse, i.e. y=y1\displaystyle y=y^{-1}. Quels sont-ils ? On a y2=1\displaystyle y^2=1, et cette équation n’a que deux solutions dans le corps A\displaystyle A : y=1\displaystyle y=1 et y=1\displaystyle y=-1. Ainsi (p1)!=1 [p]\displaystyle (p-1)!=-1\ [p], ce qu’on voulait.

Exercice 312 ⭐️⭐️⭐️ Anneau intègre non factoriel, MP/L3/Agreg

Montrer que l’anneau Z[i5]={a+ib5 , a,bZ}\displaystyle \Z[i\sqrt{5}]=\{a+ib\sqrt{5}\ ,\ a,b\in\Z\} n’est pas factoriel.
On utilisera l’application N:Z[i5]N, N(z)=z2\displaystyle N:\Z[i\sqrt{5}]\to\N,\ N(z)=|z|^2.

Considérer les éléments 3\displaystyle 3 et 2+i5\displaystyle 2+i\sqrt{5}.

Cherchons d’abord les inversibles de Z[i5]\displaystyle \Z[i\sqrt{5}]. Par les propriétés du module sur C\displaystyle \C on a N(zz)=N(z)N(z)\displaystyle N(zz')=N(z)N(z'). Soit z=a+ib5Z[i5]\displaystyle z=a+ib\sqrt{5}\in\Z[i\sqrt{5}] inversible dans Z[i5]\displaystyle \Z[i\sqrt{5}]. Alors il existe zZ[i5]\displaystyle z'\in\Z[i\sqrt{5}] tel que zz=1\displaystyle zz'=1. On a alors N(z)N(z)=N(1)=1\displaystyle N(z)N(z')=N(1)=1. Comme N\displaystyle N est à valeurs dans N\displaystyle \N, il vient N(z)=a2+5b2=1\displaystyle N(z)=a^2+5b^2=1, d’où a=±1\displaystyle a=\pm 1 et b=0\displaystyle b=0. Donc les seuls inversibles de Z[i5]\displaystyle \Z[i\sqrt{5}] sont 1\displaystyle 1 et 1\displaystyle -1.
Montrons que 3\displaystyle 3, p=2+i5\displaystyle p=2+i\sqrt{5} et p\displaystyle \overline{p} sont irréductibles dans Z[i5]\displaystyle \Z[i\sqrt{5}]. Écrivons 3=zq\displaystyle 3=zq avec z=a+ib5\displaystyle z=a+ib\sqrt{5} et q\displaystyle q non inversibles. Donc N(z),N(q)1\displaystyle N(z),N(q)\neq 1. Comme N(3)=9=N(z)N(p)\displaystyle N(3)=9=N(z)N(p), on en déduit N(z)=N(q)=3=a2+5b2\displaystyle N(z)=N(q)=3=a^2+5b^2. Cela force b=0\displaystyle b=0, et donc a2=3\displaystyle a^2=3, ce qui n’est pas possible avec aN\displaystyle a\in\N. On fait le même raisonnement avec p\displaystyle p et p\displaystyle \overline{p} car N(p)=N(p)=9\displaystyle N(p)=N(\overline{p})=9. Ainsi 3\displaystyle 3, p=2+i5\displaystyle p=2+i\sqrt{5} et p\displaystyle \overline{p} sont irréductibles dans Z[i5]\displaystyle \Z[i\sqrt{5}]. Remarquant que 9=33=pp,9=3\cdot 3=p\cdot \overline{p}, on en déduit que Z[i5]\displaystyle \Z[i\sqrt{5}] n’est pas factoriel car sinon la décomposition de 9Z[i5]\displaystyle 9\in \Z[i\sqrt{5}] en facteurs irréductibles serait unique aux inversibles près.

Exercice 415 ⭐️⭐️ Théorème chinois, MP/L2

Soient n1,,nk2\displaystyle n_1,\ldots,n_k \ge 2 des entiers premiers deux à deux. On identifiera tout élément de Z/mZ\displaystyle \mathbb{Z}/m\mathbb{Z} avec son unique représentant dans {0,,m1}\displaystyle \{0,\ldots,m-1\} et on notera a[ni]\displaystyle a [n_i] le reste de la division euclidienne de a\displaystyle a par ni\displaystyle n_i.

  1. Montrer que ϕ:p(p[n1],,p[nk])\displaystyle \phi : p \mapsto (p[n_1],\ldots,p[n_k]) définit un isomorphisme entre les anneaux Z/nZ\displaystyle \mathbb{Z}/n\mathbb{Z} et Z/n1Z××Z/nkZ\displaystyle \mathbb{Z}/n_1\mathbb{Z} \times \cdots \times \mathbb{Z}/n_k\mathbb{Z}.
  2. Trouver l’ensemble des entiers xZ\displaystyle x \in \mathbb{Z} tels que x[3]=2\displaystyle x[3] = 2, x[5]=3\displaystyle x[5] = 3 et x[7]=2\displaystyle x[7]=2.

La question 1 a des réminiscences d’algèbre linéaire… Un raisonnement sur les cardinaux permet de simplifier largement la preuve de la bijectivité !

  1. Montrons que ϕ\displaystyle \phi est un morphisme d’anneaux : cela découle du fait (résultat classique du cours) que chaque application ϕi:Z/nZZ/niZ\displaystyle \phi_i : \mathbb{Z}/n\mathbb{Z} \to \mathbb{Z}/n_i\mathbb{Z} définie par ϕ(p)=p[ni]\displaystyle \phi(p) = p[n_i] est un morphisme d’anneau. Le passage à l’anneau produit est immédiat.
    Montrons que ϕ\displaystyle \phi est injective. Comme on a déjà montré que ϕ\displaystyle \phi est un morphisme d’anneau (en particulier un morphisme entre les groupes additifs), il suffit de montrer que si ϕ(p)=(0,,0)\displaystyle \phi(p)=(0,\ldots,0), alors p=0\displaystyle p=0. Mais si un entier pZ\displaystyle p \in \mathbb{Z} vérifie ϕ(p)=(0,,0)\displaystyle \phi(p)=(0,\ldots,0) alors on a p=0[ni]\displaystyle p=0[n_i] pour tout 1ik\displaystyle 1 \le i \le k, autrement dit p\displaystyle p est divisible par chacun des ni\displaystyle n_i. Mais comme les ni\displaystyle n_i sont premiers entre eux deux à deux, le théorème de Gauss permet de conclure que p\displaystyle p est divisible par le produit i=1kni=n\displaystyle \prod_{i=1}^k n_i = n, on a donc bien p[n]=0\displaystyle p[n]=0 comme voulu.
    Pour montrer que ϕ\displaystyle \phi est bijective, nul besoin de montrer directement sa surjectivité. Il suffit de constater que les ensembles Z/nZ\displaystyle \mathbb{Z}/n\mathbb{Z} et Z/n1Z××Z/nkZ\displaystyle \mathbb{Z}/n_1\mathbb{Z} \times \dots \times \mathbb{Z}/n_k\mathbb{Z} ont le même cardinal n=i=1kni\displaystyle n= \prod_{i=1}^k n_i.
  2. On constate que les trois nombres 3,5,7\displaystyle 3,5,7 sont premiers entre eux deux à deux et on a 3.5.7=105\displaystyle 3.5.7=105. D’après la question précédente, on sait que l’ensemble des solutions du système d’équations peut être décrit sous la forme {n0+105n:nZ}\displaystyle \{n_0+105n : n \in \mathbb{Z}\}n0\displaystyle n_0 est l’unique solution du sytème d’équations dans l’intervalle {0,,104}\displaystyle \{0,\ldots,104\}.
    La résolution de la question précédente ne donne pas de méthode permettant d’obtenir la valeur du représentant n0\displaystyle n_0… On peut ici y arriver par tâtonnement, mais voici une façon qui peut être généralisée :
    On cherche d’abord un entier m1\displaystyle m_1 tel que m1[3]=1\displaystyle m_1[3]=1, m1[5]=0\displaystyle m_1[5]=0 et m1[7]=0\displaystyle m_1[7]=0. Il suffit de chercher parmi les multiples de 35\displaystyle 35 et on trouve rapidement m1=70\displaystyle m_1 = 70 convient.
    De même, on vérifie que m2=21\displaystyle m_2=21 vérifie m2[3]=0\displaystyle m_2[3]=0, m2[5]=1\displaystyle m_2[5]=1 et m2[7]=0\displaystyle m_2[7]=0, et que m3=15\displaystyle m_3=15 vérifie m3[3]=0\displaystyle m_3[3]=0, m3[5]=0\displaystyle m_3[5]=0 et m3[7]=1\displaystyle m_3[7]=1.
    Les entiers m1,m2,m3\displaystyle m_1,m_2,m_3 ont été construits de telle sorte que le nombre am1+bm2+cm3\displaystyle am_1+bm_2+cm_3 soit respectivement congru à a,b\displaystyle a,b et c\displaystyle c modulo 3,5\displaystyle 3,5 et 7\displaystyle 7. On a 2m1+3m2+2m3=333=2.105+23\displaystyle 2 m_1+3m_2+2m_3 = 333 = 2.105+23, donc n0=23\displaystyle n_0=23 est une solution du système de congruences et elle est bien dans {0,,104}\displaystyle \{0,\ldots,104\}.
    Conclusion : l’ensemble des solutions du système de congruences est l’ensemble 23+105Z\displaystyle 23+105\mathbb{Z}.