Montrer que tout anneau A intègre et fini est un corps.
Corrigé
On se donne x∈A non nul et on veut montrer qu’il a un inverse. Soit le morphisme f:A→A,y↦xy. Comme A est intègre, on en déduit que f est injective. Comme A est fini, elle est donc aussi surjective, donc bijective. Il existe alors y tel que xy=1. On raisonne de même pour l’existence d’un inverse à gauche.
Exercice 116 ⭐️⭐️ Nilpotents qui commutent, MPSI/L2
Soit A un anneau et a,b∈A. Montrer que si a et b sont nilpotents et commutent, alors a+b et ab sont nilpotents.
Corrigé
On a (a+b)n=k=0∑n(kn)akbn−k car a et b commutent. Soit na et nb les indices de nilpotence de a et b. On imagine bien que si on prend n suffisamment grand on aura akbn−k=0 pour tous les k. Il faut donc formaliser un peu cette idée : prenons n>2max(na,nb). Donc pour tout entier k entre 0 et n, on a akbn−k=0 car de deux choses l’une : soit k≥na et c’est gagné car ak=0, soit k<na≤max(na,nb) et alors n−k≥n−max(na,nb)>max(na,nb)≥nb, et cette fois-ci bn−k=0. Ainsi (a+b)n=0.
Pour ab c’est encore plus simple, on a (ab)n=anbn car a et b commutent. Et on voit tout de suite qu’il suffit de prendre n≥min(na,nb) pour avoir anbn=0.
Exercice 118 ⭐️⭐️⭐️⭐️ Somme de deux carrés, MP/M1/Agreg
(D’après : Cours d’Algèbre, II 6., D. Perrin)
On veut déterminer les entiers qui sont somme de deux carrés. On pose : Σ={n∈N,n=a2+b2;a,b∈N}.
Étudions l’anneau Z[i]={a+ib∈C/a,b∈Z} des entiers de Gauss.
Montrer que l’application N:{Z[i]z=a+ib⟶⟼Nzz=a2+b2 est multiplicative i.e. N(zz′)=N(z)N(z′), et que Σ est stable par multiplication. En déduire l’identité de Lagrange : (a2+b2)(c2+d2)=(ac−bd)2+(ad+bc)2.
Montrer que l’ensemble des inversibles de Z[i] est Z[i]∗={±1,±i}.
Montrer que Z[i] est un anneau euclidien relativement à N i.e. : Z[i] est intègre, et pour tout z,D∈Z[i], il existe q,r∈Z[i] tels que z=qD+r avec r=0 ou N(r)<N(D).
Soit p premier impair. Montrer que a est un carré dans Fp:=Z/pZ si et seulement si a2p−1=1.
Soit p premier impair. Montrer les équivalences suivantes :
(i) p∈Σ
(ii) p=1[4]
(iii) −1 est un carré dans Fp
(iv) p n’est pas irréductible dans Z[i].
Pour (iii) ⇒ (iv) (niveau M1/Agreg), on utilisera l’isomorphisme d’anneau Z[i]/(p)≃Fp[X]/(X2+1).
Établir le résultat final :
Soit n>1 un entier qu’on décompose en facteurs premiers : n=p∈P∏pvp(n).
Alors : n∈Σ⟺vp(n) pair pour p=3[4].
Corrigé
On remarque que Z[i] est un sous-anneau de C, en particulier si z,z′∈Z[i] alors zz′∈Z[i]. Montrons que N est multiplicative. Soit z,z′∈Z[i]. On a N(zz′)=zz′zz′=zzz′z′=N(z)N(z′), car zz′=zz′ et C est commutatif. Cela montre également que Σ est stable par multiplication. En effet pour tout m,m′∈Σ, il existe z,z′∈Z[i] tels que m=N(z) et m′=N(z′). Il suffit alors de remarquer que mm′=N(z)N(z′)=N(zz′)=r2+s2 avec r,s∈Z, i.e. N(zz′)∈Σ.
Posons z=a+ib et z′=c+id. On a zz′=ac−bd+i(bc+ad). Il suffit alors d’écrire N(z), N(z′), N(zz′), et d’utiliser la multiplicativité de N pour déduire l’identité de Lagrange.
Soit z∈Z[i]∗ un inversible de Z[i]. Alors il existe z′∈Z[i] tel que zz′=1. Ainsi N(zz′)=N(z)N(z′)=N(1)=1. Comme N(z),N(z′)∈N, cela force N(z)=N(z′)=1. Donc il faut trouver les entiers a et b tels que a2+b2=1. Il n’y a pas beaucoup de choix : a=±1 et b=0, ou : a=0 et b=±1. Cela correspond au cas z=±1 ou z=±i. On vérifie bien que ces 4 éléments sont inversibles dans Z[i], et on conclut que Z[i]∗={±1,±i}.
D’abord, on remarque Z[i] est intègre en tant que sous-anneau de l’anneau intègre C.
Soit z,D∈Z[i]. Il faut maintenant approximer Dz=x+iy par un q=a+ib∈Z[i]. On choisit les entiers a et b les plus proches de x et y de sorte que ∣x−a∣≤1/2 et ∣y−b∣≤1/2. Alors ∣z/D−q∣2≤1/4+1/4<1. En posant r=z−qD∈Z[i], on a donc N(r)=∣r∣2=∣D∣2∣z/D−q∣2<∣D∣2=N(D), ce qu’on voulait.
On en déduit que Z[i] est euclidien (donc principal, donc factoriel, cf cours M1).
Soit a∈Fp∗ avec a=x2. Alors a2p−1=xp−1=1 car Fp∗ est un groupe de cardinal p−1 (Fp est un corps i.e. tous les éléments non nul de Fp sont inversibles et il y en a p−1).
Montrons la réciproque. On sait déjà d’après ce qui précède que I:={x2,x∈Fp∗}⊂{a∈Fp∗,a2p−1=1}:=R. L’application ϕ:Fp∗→Fp∗, x↦x2, est un morphisme de groupe car Fp∗ est commutatif. Comme Fp∗ est de cardinal p−1 et que le noyau de ϕ est {1,−1} (de cardinal 2), on en déduit par le théorème de l’isomorphisme que I=Imϕ est de cardinal 2p−1. Or R est l’ensemble des racines du polynôme X2p−1−1 sur le corps Fp, donc le cardinal de R est plus petit que 2p−1. Comme I⊂R, il vient I=R, ce qu’on voulait.
(i) ⟹ (ii) — Écrivons p=a2+b2. Faisons les différents cas modulo 4. Soit a=0,1,2,3[4], d’où a2=0,1[4], idem pour b2. Donc a2+b2=0,1,2[4]. Comme p est impair, il ne reste que la possibilité p=1[4].
(ii) ⟹ (iii) — On va utiliser le résultat avec le symbole de Legendre à la question 4). Écrivons p=1+4k, alors (−1)(p−1)/2=(−1)2k=1, ce qui implique que −1 est un carré dans Fp.
(iii) ⟹ (iv) — On a les isomorphismes d’anneaux suivants : Z[i]/(p)≃Z[X]/(X2+1,p)≃Fp[X]/(X2+1). Comme −1 est un carré dans Fp, le polynôme X2+1 n’est pas irréductible dans Fp[X], donc Fp[X]/(X2+1)≃Z[i]/(p) n’est pas un corps. Ainsi l’idéal (p) ne peut pas être premier et donc p n’est pas irréductible dans Z[i].
(iv) ⟹ (i) — Écrivons p=zz′ avec z,z′∈/Z[i]∗={±1,±i}. On a N(p)=p2=N(z)N(z′). Comme N(z)>1 et N(z′)>1 et que chacun vaut p ou p2 car p premier, il vient N(z)=N(z′)=p. Donc p∈Σ.
(⟸) Dans la décomposition de n, si p=1[4] alors p∈Σ. Par stabilité de Σ par multiplication, il vient p=1[4],p∣n∏pvp(n)∈Σ. Si p=3[4], vp(n) est pair par hypothèse, donc pvp(n) est un carré et en particulier pvp(n)∈Σ. On invoque encore la stabilité de Σ pour conclure que n∈Σ.
(⟹) Soit p=3[4] qui divise n=a2+b2=(a+ib)(a−ib). Par ce qui précède, p est irréductible dans Z[i] qui est un anneau factoriel, donc p divise a+ib ou a−ib, disons a+ib. Alors p divise a et b car p∈N, et donc aussi a−ib. Écrivons a+ib=pkz avec p ne divisant pas z. Donc a−ib=pkz. Ainsi n=p2k∣z∣2. On en déduit que vp(n) est pair.
Exercice 120 ⭐️⭐️ MPSI/L2
Soit A un anneau. Supposons que pour tout x∈A, x3=x. Montrer que pour tout x∈A, 6x=0.
Corrigé
Il faut faire des manipulations simples et utiliser le fait super important que l’égalité dans l’hypothèse est vraie pour tous les x. Quel élément très simple créer à partir d’un x ? Si x était inversible on aurait pensé à x−1. On va proposer des choses avec l’addition : −x, x+x=2x, etc. Le −x nous donne pas de nouvelles infos. On essaie 2x. On a (2x)3=8x3=2x. Mais on a aussi x3=x, donc 8x=2x, et alors 6x=0. Tiens, c’est gagné !
Exercice 125 ⭐️⭐️ MPSI/L2
Soit A un anneau tel que pour tout a∈A, a3=a. Déterminer les éléments nilpotents de A.
Réflexes
Regarder les premières puissances d’un élément a.
Corrigé
On a : a, a2, a3=a, a4=a3a=aa=a2, a5=a3a2=aa2=a, etc. Donc on voit que toutes les puissances de a sont de la forme a ou a2, et on peut le montrer facilement par récurrence. Soit x nilpotent d’indice n, alors xn=0 et vaut aussi soit x, i.e. x=0, soit x2=0. Si x2=0 alors 0=x3=x. Donc le seul élément nilpotent dans A est 0.
Exercice 255 ⭐️⭐️ Corps F4, M1/Agreg
On note F2=Z/2Z le corps à deux éléments et F4 le corps à 4 éléments.
Montrer que X2+X+1 est irréductible sur F2. En déduire que F4≃F2[X]/(X2+X+1).
Décrire les éléments de F4 et donner les tables d’addition et de multiplication de F4.
Réflexes
Corps de rupture.
Corrigé
Le polynôme X2+X+1 est de degré 2 et n’a pas de racines dans le corps F2=Z/2Z={0,1} car 02+0+112+1+1=1=1. Donc X2+X+1 est irréductible sur F2, et alors F2[X]/(X2+X+1) est un corps, qui de plus a 22=4 éléments, c’est donc F4. Dans F4, qui est de caractéristique 2, on a forcément comme éléments : 0, 1, un autre élément a qui n’est pas 0 ou 1, on peut aussi construire a+1, qui n’est pas 0 (car sinon a=1), n’est pas 1 (car sinon a=0) et n’est pas a (car sinon 1=0).
Donc on est bon, on a les 4 éléments de F4 ! Vu l’isomorphisme avec l’espace quotient, on a la relation a2+a+1=0, i.e. a2=a+1.
On peut donc écrire la table d’addition : +01aa+1001aa+1110a+1aaaa+101a+1a+1a10
et la table de multiplication : ×01aa+100000101aa+1a0aa+11a+10a+11a
Exercice 258 ⭐️ Élément Nilpotent, MPSI/L2
Soit A un anneau et a,b∈A. Montrer que si ab est nilpotent, alors ba l’est aussi.
Réflexes
Élément nilpotent 👉 Élever à la puissance.
Corrigé
Si ab est nilpotent alors il existe n tel que abab...abab=0 (n fois dans le produit). Si on multiplie par b à gauche et par a à droite, on obtient babab...ababa=0 et on voit donc que ba est nilpotent !
Exercice 259 ⭐️ Élément Nilpotent et inversibilité, MPSI/L2
Soit A un anneau et a∈A un élément nilpotent.
Montrer que a n’est pas inversible et que 1−a est inversible (donner son inverse).
Réflexes
Élément nilpotent 👉 Élever à la puissance.
C’est plus facile de travailler avec un élément inversible a car on peut faire des calculs avec a−1.
Corrigé
Supposons que a est inversible. Partons de ce qu’on sait i.e. an=0. En multipliant par a−1 à gauche n−1 fois, on obtient a=0, contradiction car 0 n’est pas inversible pour ⋅ !
Si 1−a était inversible on pourrait écrire formellement “1−a1=1+a+a2+⋯=1+a+⋯+an−1” car si a est nilpotent d’indice n, on a an=0. Il suffit en fait de calculer par télescopage : (1−a)(1+a+⋯+an−1)=1−an=1, pour voir que 1+a+⋯+an−1 est l’inverse de 1−a.
L’écriture formelle, c’était juste histoire de se rappeler l’inverse à partir de notre série harmonique préférée 😍, mais c’est un peu idiot car bien sûr c’est exactement en faisant le produit (1−x)(1+x+⋯+xn−1) qu’on trouve la formule de la série harmonique 😜
Exercice 290 ⭐️⭐️⭐️ Symbole de Legendre, MP/M1/Agreg
Soit p premier impair et a∈Z. On appelle symbole de Legendre la quantité (pa)=a2p−1[p].
Montrer que (pa)∈{−1,0,1}.
Montrer que a=0[p] est un carré dans Fp:=Z/pZ si et seulement si (pa)=1.
Dans ce cas on dit que a est un résidu quadratique modulo p.
Réflexes
p premier 👉 Petit théorème de Fermat, Z/pZ est un corps.
Le nombre de racines d’un polynôme de degré n n’exède pas n dans un corps.
Corrigé
L’anneau Fp est un corps car p est premier : tous les éléments non nul de Fp sont inversibles et il y en a p−1, formant ainsi le groupe des inversibles Fp∗. On en déduit que (pa)=0 si et seulement si a=0[p]. Si a=0 dans Fp, alors en posant x=a2p−1, il vient x2=ap−1=1 (on invoque la cardinalité de Fp∗ ou ce qui revient au même le petit théorème de Fermat). Or l’équation X2=1 n’a que deux solutions dans le corps Fp : 1 et −1.
Soit a∈Fp∗ avec a=x2. Alors a2p−1=xp−1=1 car Fp∗ est un groupe de cardinal p−1.
Montrons la réciproque. On sait déjà d’après ce qui précède que I:={x2,x∈Fp∗}⊂{a∈Fp∗,a2p−1=1}:=R. L’application ϕ:Fp∗→Fp∗, x↦x2, est un morphisme de groupe car Fp∗ est commutatif. Comme Fp∗ est de cardinal p−1 et que le noyau de ϕ est {1,−1} (de cardinal 2), on en déduit par le théorème de l’isomorphisme que I=Imϕ est de cardinal 2p−1. Or R est l’ensemble des racines du polynôme X2p−1−1 sur le corps Fp, donc le cardinal de R est plus petit que 2p−1. Comme I⊂R, il vient I=R, ce qu’on voulait.
Exercice 309 ⭐️⭐️ Théorème de Wilson (1770), MP/L2/Classique
p premier et congruence 👉 Z/pZ est un corps ou petit théorème de Fermat.
Corrigé
(⟸) Supposons (p−1)!+1=0[p]. Soit d∣p avec 1≤d≤p−1. Alors d∣(p−1)!, et comme (p−1)!+1=kp, k∈N, on en déduit que d∣1, i.e. d=1. Ce qui montre que p est premier. (⟹) Supposons p premier. Alors A=Z/pZ est un corps. On peut écrire (p−1)!=x∈A∗∏x[p]. Dans ce produit, on peut apparier les éléments x tels que x=x−1 avec leur inverse x−1. On a alors xx−1=1. Il reste les éléments y qui sont leur propre inverse, i.e. y=y−1. Quels sont-ils ? On a y2=1, et cette équation n’a que deux solutions dans le corps A : y=1 et y=−1. Ainsi (p−1)!=−1[p], ce qu’on voulait.
Exercice 312 ⭐️⭐️⭐️ Anneau intègre non factoriel, MP/L3/Agreg
Montrer que l’anneau Z[i5]={a+ib5,a,b∈Z} n’est pas factoriel.
On utilisera l’application N:Z[i5]→N,N(z)=∣z∣2.
Indications
Considérer les éléments 3 et 2+i5.
Corrigé
Cherchons d’abord les inversibles de Z[i5]. Par les propriétés du module sur C on a N(zz′)=N(z)N(z′). Soit z=a+ib5∈Z[i5] inversible dans Z[i5]. Alors il existe z′∈Z[i5] tel que zz′=1. On a alors N(z)N(z′)=N(1)=1. Comme N est à valeurs dans N, il vient N(z)=a2+5b2=1, d’où a=±1 et b=0. Donc les seuls inversibles de Z[i5] sont 1 et −1.
Montrons que 3, p=2+i5 et p sont irréductibles dans Z[i5]. Écrivons 3=zq avec z=a+ib5 et q non inversibles. Donc N(z),N(q)=1. Comme N(3)=9=N(z)N(p), on en déduit N(z)=N(q)=3=a2+5b2. Cela force b=0, et donc a2=3, ce qui n’est pas possible avec a∈N. On fait le même raisonnement avec p et p car N(p)=N(p)=9. Ainsi 3, p=2+i5 et p sont irréductibles dans Z[i5]. Remarquant que 9=3⋅3=p⋅p, on en déduit que Z[i5] n’est pas factoriel car sinon la décomposition de 9∈Z[i5] en facteurs irréductibles serait unique aux inversibles près.
Exercice 415 ⭐️⭐️ Théorème chinois, MP/L2
Soient n1,…,nk≥2 des entiers premiers deux à deux. On identifiera tout élément de Z/mZ avec son unique représentant dans {0,…,m−1} et on notera a[ni] le reste de la division euclidienne de a par ni.
Montrer que ϕ:p↦(p[n1],…,p[nk]) définit un isomorphisme entre les anneaux Z/nZ et Z/n1Z×⋯×Z/nkZ.
Trouver l’ensemble des entiers x∈Z tels que x[3]=2, x[5]=3 et x[7]=2.
Réflexes
La question 1 a des réminiscences d’algèbre linéaire… Un raisonnement sur les cardinaux permet de simplifier largement la preuve de la bijectivité !
Corrigé
Montrons que ϕ est un morphisme d’anneaux : cela découle du fait (résultat classique du cours) que chaque application ϕi:Z/nZ→Z/niZ définie par ϕ(p)=p[ni] est un morphisme d’anneau. Le passage à l’anneau produit est immédiat.
Montrons que ϕ est injective. Comme on a déjà montré que ϕ est un morphisme d’anneau (en particulier un morphisme entre les groupes additifs), il suffit de montrer que si ϕ(p)=(0,…,0), alors p=0. Mais si un entier p∈Z vérifie ϕ(p)=(0,…,0) alors on a p=0[ni] pour tout 1≤i≤k, autrement dit p est divisible par chacun des ni. Mais comme les ni sont premiers entre eux deux à deux, le théorème de Gauss permet de conclure que p est divisible par le produit i=1∏kni=n, on a donc bien p[n]=0 comme voulu.
Pour montrer que ϕ est bijective, nul besoin de montrer directement sa surjectivité. Il suffit de constater que les ensembles Z/nZ et Z/n1Z×⋯×Z/nkZ ont le même cardinal n=i=1∏kni.
On constate que les trois nombres 3,5,7 sont premiers entre eux deux à deux et on a 3.5.7=105. D’après la question précédente, on sait que l’ensemble des solutions du système d’équations peut être décrit sous la forme {n0+105n:n∈Z} où n0 est l’unique solution du sytème d’équations dans l’intervalle {0,…,104}.
La résolution de la question précédente ne donne pas de méthode permettant d’obtenir la valeur du représentant n0… On peut ici y arriver par tâtonnement, mais voici une façon qui peut être généralisée :
On cherche d’abord un entier m1 tel que m1[3]=1, m1[5]=0 et m1[7]=0. Il suffit de chercher parmi les multiples de 35 et on trouve rapidement m1=70 convient.
De même, on vérifie que m2=21 vérifie m2[3]=0, m2[5]=1 et m2[7]=0, et que m3=15 vérifie m3[3]=0, m3[5]=0 et m3[7]=1.
Les entiers m1,m2,m3 ont été construits de telle sorte que le nombre am1+bm2+cm3 soit respectivement congru à a,b et c modulo 3,5 et 7. On a 2m1+3m2+2m3=333=2.105+23, donc n0=23 est une solution du système de congruences et elle est bien dans {0,…,104}.
Conclusion : l’ensemble des solutions du système de congruences est l’ensemble 23+105Z.