Si G est fini de cardinal N, montrer qu’il existe un entier n tel que N=2n.
Réflexes
Une identité vraie pour tout … 👉 L’utiliser pour plusieurs éléments différents, les plus naturels et simples possibles.
Corrigé
Comme l’hypothèse est vraie pour tous les x, il faut fabriquer des éléments (les plus simples possibles) avec lesquels on va appliquer l’hypothèse. On choisit les éléments x,y,xy, d’où x−1=x, y−1=y, (xy)−1=xy. Donc xy=(xy)−1=y−1x−1=yx.
Comme G est commutatif, notons-le additivement, i.e. le neutre est 0 et x+x=0. Il peut donc être muni d’une structure de Z/2Z -espace vectoriel. En effet on définit la loi externe ⋅ naturellement comme 0⋅x=0 et 1⋅x=x. On peut alors vérifier tous les axiomes d’un e.v. Par exemple : (1+1)⋅x=0⋅x=0=x+x=1⋅x+1⋅x. On a noté abusivement le 0 de G comme le 0 de Z/2Z.
Comme G est fini, il est donc a fortiori de dimension fini, disons n, en tant que K− e.v., donc isomorphe à Kn.
Ainsi G≃(Z/2Z)n en tant que Z/2Z−e.v., et donc son cardinal vaut N=2n.
Exercice 111 ⭐️⭐️ Caractère d’un groupe, MPSI/L1
Soit (G,.) un groupe fini et soit χ:(G,.)→(C⋆,×) un morphisme. Calculer S=x∈G∑χ(x).
Réflexes
Somme sur tous les éléments d’un ensemble 👉 Réindexation de la somme.
Corrigé
Si χ=1 i.e. la fonction constante égale à 1, alors S=∣G∣, le cardinal de G.
Si χ=1 alors on prend un y∈G tel que χ(y)=1. Comme x↦xy est une bijection de G dans G (car elle est injective et G est fini), on obtient S=x∈G∑χ(xy)=x∈G∑χ(x)χ(y)=χ(y)S , d’où S=0 car χ(y)=1.
Exercice 112 ⭐️⭐️ MPSI/L1
Soit G un groupe fini et A et B deux parties de G telles que ∣A∣+∣B∣>∣G∣, où ∣A∣ désigne le cardinal de A.
Montrer que G=AB:={ab,(a,b)∈A×B}.
Réflexes
Groupe fini, élément ab 👉 Utilisation de morphisme y↦xy.
Corrigé
On veut montrer que tout x∈G peut s’écrire x=ab, avec a∈A,b∈B. Fixons x et soit ϕ:a↦a−1x. On a ϕ injective, donc ∣{a−1x,a∈A}∣=∣A∣. Ainsi, avec l’hypothèse, on en déduit que {a−1x,a∈A}∩B=∅, et donc il existe b∈B tel que xa−1=b, ce qu’on voulait.
Exercice 113 ⭐️ Groupe S3, MPSI/L1
Énumérer tous les éléments de S3 et donner leurs ordres. Le groupe S3 est-il cyclique ?
Corrigé
Il y a deux 3−cycles : (1,2,3) et (1,3,2) qui sont d’ordre 3. Il y a trois transpositions : (1,2), (2,3) et (1,3), qui sont d’ordre 2, et enfin l’identité. On voit donc que S3 n’est pas cyclique car il n’y a pas d’élément d’ordre 6.
Remarque — On peut montrer qu’il n’y a que deux groupes de cardinal 6 (on dit aussi d’ordre 6) : le groupe S3 et le groupe cyclique Z/6Z≃Z/2Z×Z/3Z (l’isomorphisme est dû au lemme chinois). Voir ici la liste des petits groupes.
Exercice 220 ⭐️ Formule de conjugaison dans Sn, MPSI/L1
Soit s=(x1,⋯,xm) un m−cycle de Sn et σ∈Sn. Montrer la formule de conjugaison : σsσ−1=(σ(x1),⋯,σ(xm)).
Corrigé
On a (σsσ−1)(σ(x1))=(σs)(x1)=σ(x2), et ainsi de suite. Vérifions enfin que (σsσ−1)(σ(xm))=(σs)(xm)=σ(x1). Rappelons que l’écriture σsσ−1 veut dire σ∘s∘σ−1.
Exercice 262 ⭐️⭐️⭐️⭐️ Groupes résolubles, X MP 2017, L3/M1
Soit G un groupe. On note D(G) le sous-groupe engendré par les éléments de la forme [a,b]=aba−1b−1 où a,b∈G. On dit que G est résoluble s’il existe n∈N tel que Dn(G)={e} (n−ième itéré de D).
On suppose qu’il existe deux groupes H et N et deux morphismes de groupes, i injectif de N dans G et s surjectif de G dans H, tels que Kers=Imi.
Montrer que G est résoluble si et seulement si H et N sont résolubles.
En déduire que S5 n’est pas résoluble (on pourra montrer que pour tout n∈N, Dn(A5) contient les 3−cycles).
Réflexes
Calculer f([a,b]) si f est un morphisme ;
Morphisme signature et groupe alterné A5.
Corrigé
Écrivons la suite NiGsH, et notons [a,b]=aba−1b−1, élément qu’on appelle commutateur.
Supposons que G est résoluble. On a i(D(N))=D(i(N))⊂D(G) car i([a,b])=[i(a),i(b)]. Or il existe un entier n tel que Dn(G)={e}, donc i(Dn(N))={e}. Comme i est injectif, on obtient Dn(N)={e}, et donc N est résoluble. Comme s:G→H est surjectif, on a cette fois s(D(G))=D(s(G))=D(H), et on en déduit en itérant Dn−fois que H est résoluble.
Supposons que H et N sont résolubles. Il existe k tel que Dk(H)={e}. Donc s(Dk(G))={e} car s(G)=H. Donc par l’hypothèse sur l’image de i et le noyau de s, il vient Dk(G)⊂i(N). Comme il existe p tel que Dp(N)={e}, on a Dk+p(G)⊂i(Dp(N))={e}. Ainsi G est résoluble.
On nous invite à considérer les 3−cycles et on se rappelle qu’ils engendrent le groupe alterné A5 à 5 éléments. Donc il est naturel de considérer la suite A5iS5ε{−1,1}, où ε est le morphisme signature. Par définition, l’identité i, la signature ε, et les groupes A5 et {−1,1} vérifient les hypothèses de l’exercice. Montrons que tout 3−cycle est un commutateur dans A5. On rappelle qu’un trois cycle peut s’écrire comme produit de 2 transpositions, et est donc dans A5. Soit σ=(a,b,c) et τ=(b,c). On a σ2=(a,c,b) et τστ−1=(τ(a),τ(b),τ(c))=σ2 (c’est la célèbre formule de conjugaison, à bien connaître !). Mais τ∈/A5. Mais on peut considérer ρ=τ⋅(d,e) avec d,e∈/{a,b,c}. Ainsi ρ∈A5 et on a encore ρσρ−1=(ρ(a),ρ(b),ρ(c))=σ2. Finalement σ est bien un commutateur dans A5 car σ=ρσρ−1σ−1. Donc σ∈D(A5)⊂A5. Mais comme les trois cycles engendrent A5, on en déduit que D(A5)=A5, et donc A5 n’est pas résoluble, ce qui montre par la question 1) que S5 n’est pas résoluble.
Remarque — On rappelle que les trois cycles engendrent A5 (en fait An pour n≥3) car A5 est engendré par les produits pairs de transpositions et on a : (a,b)(b,c)=(a,b)(a,c)=(a,b)(c,d)=(a,b,c)(a,c,b)(a,c,b)(a,c,d).
Commentaires
Le groupe D(G) s’appelle le groupe dérivé, il permet d’obtenir par passage au quotient un groupe abélien : G/D(G). En effet, dans le groupe quotient, on a xyx−1y−1=e, donc x et y commutent. La définition de groupe résoluble donnée dans l’exercice est en fait une propriété équivalente de la définition donnée ici. Cette notion fondamentale est liée à la possibilité de résoudre ou non par radicaux une équation polynomiale dans la magnifique théorie de Galois. Le résultat historique de la question 2) qu’on doit à Galois, est utilisé pour montrer l’impossibilité de résoudre par radicaux l’équation polynomiale générale de degré 5 (résultat généralisable à n≥5).
Exercice 264 ⭐️⭐️⭐️ Générateurs de SO3, MP/Agreg
Montrer que SO3(R)=O3+(R) est engendré par les renversements, i.e. les rotations d’angle π.
Indication
Composer une rotation par une réflexion pour voir ce qu’il se passe.
Corrigé
On note ⟨x1,x2,⋯⟩ le sous-e.v. engendré dans R3 par les vecteurs x1,x2,⋯.
Soit u∈O3+(R) et ⟨xu⟩ son axe de rotation. Soit x∈⟨xu⟩⊥ et y=u(x). En calculant le produit scalaire (y−x,y+x)=∥y∥2−∥x∥2=0, on voit que y−x⊥y+x. Soit s la réflexion par rapport au plan ⟨y−x⟩⊥. Alors s(y−x)s(x+y)=x−y=x+y, car x+y∈⟨y−x⟩⊥. En sommant on obtient s(y)=x. Donc s∘u(x)=x.
Remarquons que xu∈⟨y−x⟩⊥ car y−x∈⟨xu⟩⊥. Ainsi s(xu)=xu et s∘u(xu)=xu. On en déduit que le plan ⟨x,xu⟩ est invariant par l’isométrie s∘u. Soit e∈⟨x,xu⟩⊥. La matrice de s∘u dans la base adaptée (e,x,xu) est donc T=⎝⎛−100010001⎠⎞ (cela ne peut pas être l’identité car u∈O+ et s∈O−), i.e. s∘u=τ est une réflexion.
On écrit alors : u=s∘τ=(−s)∘(−τ), pour voir que s est le produit de deux renversements. On voit facilement que −s et −τ sont des renversements, i.e. des rotations d’angle π, en écrivant la matrice −T.
Exercice 265 ⭐️⭐️ Conjugaison dans SO3, MP/L2
Montrer que deux renversements (on dit aussi retournements ou rotation d’angle π) sont conjugués dans SO3(R), plus précisément que pour tous axes de rotation Δ et Δ′, il existe g∈SO3(R) tel que g∘RΔ,π∘g−1=RΔ′,π, où on note RD,θ la rotation d’axe D et d’angle θ.
Réflexes
Les rotations d’angle π sont des involutions, i.e. RΔ,π2=Id.
Corrigé
On sait qu’il existe g∈SO3(R) tel que Δ′=g(Δ), il suffit de prendre la rotation g d’axe orthogonal au plan engendré par Δ et Δ′, et d’angle l’angle entre Δ et Δ′ (Plus pompeusement : SO3(R) agit transitivement sur la sphère S2 donc sur les droites). On remarque maintenant que la rotation g∘RΔ,π∘g−1 vérifie (g∘RΔ,π∘g−1)2=g∘RΔ,π2∘g−1=Id, et est donc aussi une rotation d’angle π. Il reste à identifier son axe. Calculons g∘RΔ,π∘g−1(Δ′)=g∘RΔ,π(Δ)=g(Δ)=Δ′, d’où on déduit que Δ′ est l’axe de rotation de g∘RΔ,π∘g−1, ce qu’on voulait.
Exercice 266 ⭐️⭐️⭐️⭐️ Simplicité de SO3, M1/Agreg
Montrer que le groupe SO3(R) est simple, i.e. ne possède aucun sous-groupe distingué non trivial.
Réflexes
Tout se rappeler sur SO3 😱 Oh My…
Corrigé
On rappelle des résultats fondamentaux dont on va se servir :
SO3=SO3(R) est engendré par les renversements, i.e. les rotations d’angle π (prouvé dans l’exercice 264) ;
Deux rotations d’angle π sont conjuguées dans SO3 (prouvé dans l’exercice 265) ;
Le centre Z(SO3) est trivial (prouvé dans l’exercice 267) ;
SO3 est connexe par arc (on peut le voir en ramenant toute rotation en l’identité grâce à l’application continue t↦(cos(tθ),sin(tθ)), 0≤t≤1) et compact (image réciproque du fermé {1} par l’application continue det, intersecté avec le compact O3(R)).
On note 1 l’identité de SO3. Soit H un sous-groupe distingué de SO3 tel que H={1}. Soit h∈H avec h=1. Pour g∈SO3, on introduit le commutateur [g,h]=ghg−1h−1. On a [g,h]∈H car H est distingué. Soit ϕ:SO3→R, ϕ(g)=Tr([g,h]). La rotation [g,h] a pour matrice dans une base adaptée : (100Rt), où Rt est une rotation d’angle t dans le plan. Donc ϕ(g)=1+2cos(t)≤3 et on a ϕ(1)=3. On note que ϕ est continue comme composée d’applications continues. Or SO3 est connexe par arc et compact, donc ϕ(SO3) est un segment de R de borne sup 3.
Si ϕ(SO3)=3 alors pour tout g∈SO3, [g,h]=1 et donc h∈Z(SO3)={1}, et c’est impossible car h=1. Donc ϕ(SO3)=[a,3] avec −1≤a<3. Pour n suffisament grand, on a 1+2cos(π/n)∈[a,3], et donc il existe g∈SO3 tel que [g,h] soit une rotation Rπ/n d’angle π/n. Donc Rπ=(Rπ/n)n∈H. Donc on a attrapé un renversement dans H, donc on les a tous dans H car deux renversements sont conjugués dans SO3 et H est distingué. Comme ils engendrent SO3, on obtient H=SO3, ce qui achève la preuve.
Petite histoire
Cette magnifique preuve est un hommage à notre grand maître, n’est-ce pas, Michel Raynaud, qui nous l’avait montrée en 1999 quand nous étions étudiants à Orsay. Il faut se remettre dans le contexte, cette preuve n’existait alors dans aucun livre et nous n’avions pas internet (si si 😱).
Exercice 267 ⭐️⭐️ Centre de SO3, MP/L3
Montrer que le centre Z(SO3) de SO3(R) est trivial.
Réflexes
Utiliser la formule de conjugaison hRD,θh−1=Rh(D),θ où RD,θ une rotation d’axe D et d’angle θ.
Corrigé
Soit h∈Z(SO3) fixé, et RD,θ une rotation quelquonque d’axe D et d’angle θ.
Alors hRD,θh−1=RD,θ car h∈Z(SO3). Or la formule de conjugaison donne aussi hRD,θh−1=Rh(D),θ.
D’où h(D)=D pour toute droite D. Comme h laisse invariantes toutes les droites, un résultat classique d’algèbre linéaire montre que h est une homothétie. On en déduit que h est l’identité car h est aussi une rotation.
Exercice 376 ⭐️⭐️ Loi de groupe sur un intervalle, Spé/L2
Soit I un intervalle ouvert de R et f:I→R une bijection entre I et R. On considère la loi de composition suivante : pour tous x,y∈I, x⋆y=f−1(f(x)+f(y)).
Montrer que (I,⋆) est un groupe abélien.
Décrire explicitement la loi ⋆ lorsque I=]−1,1[ et f(x)=21ln(1−x1+x).
Réflexes
Pas le choix, on revient aux définitions !
Corrigé
On montre que (I,⋆) vérifie chacun des axiomes définissant un groupe.
tout d’abord, on peut remarquer que x⋆y=y⋆x, cela découle de la commutativité de l’addition sur R. Ainsi, si (I,⋆) est un groupe, c’est un groupe abélien.
l’associativité est facile à prouver, il faut dérouler les calculs. On a f(y⋆z)=f(y)+f(z) donc x⋆(y⋆z)=f−1(f(x)+f(y)+f(z))=(x⋆y)⋆z.
on pose e=f−1(0), c’est bien un élément de I. On a alors, pour tout x∈I, x⋆e=f−1(f(x)+f(f−1(0)))=f−1(f(x)+0)=x. Par commutativité de ⋆ on a aussi e⋆x=x.
enfin, si x∈E, on pose y=f−1(−f(x)) et on a x⋆y=f−1(f(x)+f(f−1(−f(x)))=f−1(0)=e, donc chaque élément de e possède un inverse (à droite et à gauche) pour ⋆.
Le couple (I,⋆) vérifie tous les axiomes d’un groupe abélien.
On va prouver que f est bien une bijection entre I et R en montrant que l’équation f(x)=y possède une unique solution dans I. Allons-y : f(x)=y⇔e2y=1−x1+x⇔x=e2y+1e2y−1⇔x=ey+e−yey−e−y∈I. Ces calculs montrent que f:I→R est bien bijective. On a même une expression explicite de sa bijection inverse. Avec un peu de culture, on reconnaît que f−1 est la fonction tanh et que f est la fonction argtanh. Pour cette fonction f, on a pour x,y∈I : x⋆y=exp(2(f(x)+f(y)))+1exp(2(f(x)+f(y)))−1. Or on a : exp(2(f(x)+f(y)))=exp(ln(1−x1+x)+ln(1−y1+y))=(1−x)(1−y)(1+x)(1+y),
donc : x⋆y=(1+x)(1+y)+(1−x)(1−y)(1+x)(1+y)−(1−x)(1−y)=1+xyx+y.
Remarque : un exercice intéressant consiterait à montrer directement que ⋆ définit bien une loi de groupe sur I. La propriété la plus difficile à montrer est que ⋆:I×I→ est bien une loi de composition interne, c’est-à-dire qu’elle est à valeurs dans I !
Exercice 378 ⭐️⭐️ Théorème de Lagrange, Spé/L2
Soit (G,⋅) un groupe fini. Soit H un sous groupe de G. On appelle classe à gauche pour H tout sous-ensemble de G de la forme xH={xh:h∈H}.
On note C l’ensemble des classes à gauche pour H.
Montrer que tout élément de G appartient à au moins une classe à gauche pour H.
Montrer que deux classes xH et yH sont soit disjointes, soit égales.
En déduire que Card(G)=C∈C∑Card(C).
Montrer que pour toute classe à gauche C∈C, on a Card(C)=Card(H).
En déduire que Card(G) est divisible par Card(H).
Quels sont les sous-groupes de Z/97Z?
Réflexes
Egalité entre deux ensembles 👉 faute d’information sur le cardinal, on procède par double inclusion !
Corrigé
Soit x∈G. On sait que H contient l’élément neutre de G, que l’on note e. Alors x=xe∈xH, donc x appartient à la classe xH.
Soient x,y∈G tels que xH∩yH=∅. Il s’agit de montrer que xH=yH. L’hypothèse faite se retraduit de la façon suivante : il existe h1,h2∈H tels que xh1=yh2. On pose h=h1h2−1. Comme H est un sous-groupe de G, on sait que h∈H, et on a y=xh. On montre maintenant l’inclusion yH⊂xH : si z∈yH, on a z=yh′ pour un certain h′∈H et z=(xh)h′=x(hh′)∈xH. On a utilisé l"associativité de la loi de groupe et le fait que hh′∈H. L’inclusion xH⊂yH se montre de façon similaire, en considérant l’élément h2h1−1∈H.
La question précédente montre que Card(c∈C⋃C)=C∈C∑Card(C). De plus on l’inclusion c∈C⋃C⊂G est évidente et la question 1 donne l’inclusion G⊂c∈C⋃C. On a donc bien montré que Card(G)=C∈C∑Card(C).
On va construire une bijection entre xH et yH. Soit ϕ:xH→yH, z↦yx−1z. Si z∈xH, on a z=xh pour un certain h∈H, donc ϕ(x)=yh∈yH. Montrons que ϕ est injective : si ϕ(z)=ϕ(z′) alors yx−1z=yx−1z′, et en multipliant les deux membres à gauche par xy−1 on a z=z′, donc ϕ est injective. Montrons que ϕ est surjective. Soit yh∈yH. En posant z=xh∈xH, on a bien ϕ(z)=yh. Ainsi ϕ est une bijection entre xH et yH, donc ces deux ensembles sont de même cardinal. Toutes les classes à gauche ont donc même cardinal. De plus, H=eH∈C, donc ∀C∈C,Card(C)=Card(eH)=Card(H).
D’après la question précédente, on peut récrire le résultat de la question 3 de la façon suivante : Card(G)=C∈C∑Card(H)=Card(C)Card(H). En particulier, Card(H) est bien un diviseur de Card(G) : on a démontré le théorème de Lagrange.
Soit H un sous-groupe de Z/97Z. D’après la question précédente, son cardinal divise 97. Or 97 est un nombre premier, donc Card(H)∈{1,97}. Si Card(H)=1, alors H={0} et si Card(H)=97, alors H=Z/97Z . Il n’y a pas de sous-groupe non triviaux, et la même preuve reste valide pour tout groupe d’ordre premier.
Exercice 379 ⭐️⭐️⭐️ Quaternions, MP/L2
A tout couple de nombre complexes z1,z2∈C on associe la matrice Mz1,z2=(z1−z2z2z1). On note H:={Mz1,z2:z1,z2∈C}.
Montrer que (H,⋅), où ⋅ désigne le produit de matrices usuel, est un sous groupe de GL2(C).
Montrer que l’application N:H→R+ définie par N(Mz1,z2)=∣z1∣2+∣z2∣2 est un morphisme entre les groupes (H,⋅) et (R+,⋅).
On pose sp(1):={M∈H:N(M)=1}. Montrer que (sp(1),⋅) est un sous-groupe de (H,⋅).
On introduit les matrices E=(1001),I=(i00−i),J=(01−10),K=(0−i−i0).
Montrer que({E,I,J,K,−E,−I,−J,−K},⋅) est un sous-groupe de (sp(1),⋅) et graver dans le roc sa table de multiplication.
Réflexes
Corrigé
Il s’agit de montrer que H est stable par multiplication. Pour cela, pas le choix, il faut se lancer dans les calculs (au final raisonnables). On obtient que pour u1,u2,v1,v2 complexes : Mu1,u2Mv1,v2=(u1−u2u2u1)(v1−v2v2v1)=(u1v1−u2v2−u2v1−u1v2u1v2+u2v1−u2v2+u1v1)=Mw1,w2
avec w1=u1v1−u2v2 et w2=u1v2+u2v1.
Réponse rapide, mais il fallait le voir : on constate que N(Mz1,z2)=det(Mz1,z2) et c’est facile !
Sinon, il faut refaire des calculs… avec les notations de la question précédente, obtient : ∣w1∣2+∣w2∣2=(u1v1−u2v2)(u1v1−u2v2)+(u1v2+u2v1)(u1v2+u2v1)=∣u1∣2∣v1∣2+∣u1∣2∣v2∣2+∣u2∣2∣v1∣2+∣u2∣2∣v2∣2=(∣u1∣2+∣u2∣2)(∣v1∣2+∣v2∣2).
En d’autres termes, on a N(Mu1,u2Mv1,v2)=N(Mu1,u2)N(Mv1,v2).
Facile, sp(1) est le noyau de N.
Cette question a été résolue (et les quaternions inventés) par William Hamilton en 1843, lors d’une promenade à Dublin. Il aurait gravé la table de multiplication sur le pont qu’il empruntait à ce moment. Une plaque célèbre cette découverte.
Les lettres i,j,k correspondent aux matrices I,J,K introduites. Il faut ajouter à ces relations le calcul des carrés : I2=J2=K2=−E, et le reste de la table de multiplication s’en déduit facilement.
Exercice 416 ⭐️⭐️ Equation dans Z/19Z, MP/L2
Montrer que 2 est un générateur du groupe multiplicatif (Z/19Z)∗.
Résoudre l’équation x3=1 dans Z/19Z.
Réflexes
Pour la 1. pas le choix, il faut calculer !
Pour la 2. la structure particulière du groupe multiplicatif simplifie énormément l’étude.
Corrigé
On va calculer 2k modulo 19 pour k=0,…,17. Le petit théorème de Fermat (et la primalité de 19) montre que 218=1 modulo 19, la suite (2kmod19)k≥0 est donc 18-périodique. Il reste à vérifier que ses 18 permières valeurs sont toutes distinctes. On obtient la suite :1,2,4,8,16,13,7,14,9,18,17,15,11,3,6,12,5,10,1,2,… ce qui prouve bien que 2 est un élément d’ordre 18 du groupe (Z/19Z)∗.
On remarque tout d’abord que 0 n’est pas solution de l’équation, on peut donc chercher les solutions dans (Z/19Z)∗. D’après la question précédente, on peut chercher les solutions sous la forme x=2k, avec k∈{0,…,17}. On a x3=1 si et seulement si 23k=1, si et seulement si 3k est un multiple de 18. Les seules solutions sont k=0, k=6 et k=12.
Conclusion : l’équation x3=1 possède exactement trois solutions dans Z/19Z, qui sont 1, 26=7 et 212=11. On peut vérifier que 73=343=1+19.18 et 113=1331=1+19.70.
Exercice 421 ⭐️⭐️⭐️ Premiers congrus à 1 modulo p, MP/L3
Soit p≥3 un nombre premier. On va montrer qu’il existe une infinité de nombres premiers q de la forme q=ap+1. On considère le polynôme : P(X)=1+X+⋯+Xp−1=X−1Xp−1.
Montrer qu’il existe un polynôme Q∈Z[X] tel que P(X)=(X−1)Q(X)+p.
On suppose qu’il existe un entier c≥1 et un nombre premier q>p tels que q∣P(c). En étudiant l’ordre de l’élément c dans le groupe (Z/qZ)⋆, montrer que q est congru à 1 modulo p.
Montrer que tout entier c≥1 est premier avec P(c).
On suppose qu’il n’existe qu’un nombre fini de nombres premiers congrus à 1 modulo p, notés p1,…,pm. En étudiant les facteurs premiers de P(c), avec c=p!p1⋯pm, aboutir à une contradiction.
Corrigé
Première méthode : on remarque que P(X)−p=k=1∑p−1(Xk−1), et on sait que Xk−1 est divisible par X−1 dans Z[X]. Autre méthode (qui au fond revient au même), on remarque que P(X)=p+(X−1)k=0∑p−1(p−1−k)Xk. On a l’intuition du polynôme à parachuter en regardant quelques exemples pour p petit.
Dans le corps K=Z/qZ, la divisibilité de P(c) par q s’écrit simplement P(c)=0. Mais alors (c−1)P(c)=0, c’est-à-dire cp=1. Soit r≥1 le plus petit entier tel que cr=1 (dans K). On sait que r est un diviseur de p, et comme p est premier, on a r=1 ou r=p. Si on a r=1, alors c=1. Mais on a P(1)=p d’après la question 1, et p=0 dans K car on a supposé q>p. Ainsi l’élément c est d’ordre p dans K⋆. D’après le théorème de Lagrange, on sait que p divise le cardinal de K⋆, qui vaut q−1 : la relation q−1=ap, pour a entier, peut encore s’écrire q=ap+1, comme voulu.
On a P(c)=1+cb, avec b=1+c+⋯+cp−2. Autrement dit P(c)−bc=1 et le théorème de Bezout permet de conclure.
On sait que P(c)>1, donc P(c) possède nécessairement un facteur premier q. Si q≤p, alors q est un facteur permier commun à c et P(c), ce qui n’est pas possible d’après la question 3. Comme q>p, on sait que q est congru à 1 modulo p, donc q=pi pour un certain i∈{1,…,m}, qui serait un facteur premier commun à c et P(c), ce qui n’est pas possible.
On a ainsi montré par l’absurde qu’il existe une infinité de nombres premiers congrus à 1 modulo p. On peut s’affranchir de l’hypothèse de primalité de p en remplaçant P par le n-ième polynôme cyclotomique Φn, la preuve est légèrement plus compliquée. C’est un cas particulier d’un théorème nettement plus profond, dû à Dirichlet : si a et b sont premiers entre eux, alors il existe une infinité de nombres premiers de la forme ak+b.
Exercice 466 ⭐️ Permutations, MP/L2
Dans Sn, on considère les cycles : τ=(12) et σ=(12⋯n).
Calculer σk∘τ∘σ−k pour 0≤k≤n−2.
En déduire que {σ,τ} est une partie génératrice de Sn.
Réflexes
Regarder l’image par cette permutation de chaque entier i∈[[1,n]].
Passer par une partie génératrice connue de Sn.
Corrigé
Dans ce qui suit les entiers sont considérés modulo n.
Notons μ=σk∘τ∘σ−k. On remarque que μ(σk(i))=σk(τ(i)).
Ainsi pour i∈{1,2}, μ(i+k)=(τ(i))+k, et pour i∈/{1,2}, μ(i+k)=i+k.
Autrement dit μ est la transposition (k+1k+2).
D’après ce qui précède le sous-groupe G engendré par {σ,τ} contient toutes les transpositions (k+1k+2), k=1,…,n.
Or toute transposition (ij), avec i<j, peut s’écrire : (ij)=(ii+1)∘⋯∘(j−2j−1)∘(j−1j)∘⋯∘(i+1i+2)∘(ii+1). Comme on sait que l’ensemble des transpositions engendre Sn, le résultat s’en déduit.
Exercice 467 ⭐️ Une permutation, MP/L2
Soit σ∈S7 donnée par : σ=(13253647516274).
Déterminer l’ordre de σ, sa signature ainsi que σ2023
Réflexes
Pour décrire une permutation, décomposer en cycles à supports disjoints.
Corrigé
On remarque que σ est la composée des cycles σ1=(13625) et σ2=(47). ∙ Un cycle (x1x2…xp) a pour signature (−1)p−1, puisqu’il s’écrit comme composée de (p−1) transpositions : (x1x2…xp)=(xp−1xp)∘(xp−2xp−1)∘…(x1x2).
Par conséquent ε(σ)=ε(σ1)ε(σ2)=(−1)4(−1)1=−1. ∙ Comme σ1 et σ2 commutent, σk=σ1k∘σ2k.
Donc σk est égal à l’identité si et seulement si 5∣k et 2∣k.
Ainsi σ est d’ordre 10. ∙σ2023=(σ10)202∘σ3=σ3=σ13∘σ23, avec σ13=(12356) et σ23=(47).
Autrement dit σ2023=(12233547566174).
Exercice 468 ⭐️⭐️⭐️ An est engendré par les 3-cycles, MP/L2
On note An le sous-groupe de Sn formé des permutations paires : An={σ∈Sn:ε(σ)=−1}.
Montrer que An est engendré par les cycles de longueur 3.
Réflexes
Résultat de cours : le groupe Sn est engendré par l’ensemble des transpositions.
Corrigé
Soit σ∈An. D’après le cours, σ s’écrit σ=τ1τ2…τk, avec τ1,…,τk des transpositions, et k est nécessairement pair puisque ε(σ)=(−1)k=1.
Il suffit donc de vérifier que tout produit τ1τ2 de deux transpositions appartient au groupe engendré par les 3-cycles. Il faut pour ça distinguer 3 cas : ∙ Si τ1=τ2 alors τ1τ2=idn, donc le résultat est évident. ∙ Si les supports de τ1 et τ2 ont exactement un point commun, leur produit est de la forme (ab)(bc)=(abc), c’est donc un 3-cycle. ∙ Si leurs supports sont disjoints, leur produit est de la forme (ab)(cd)=(abc)(bcd), qui est le produit de deux 3-cycles.
Exercice 489 ⭐️⭐️ Morphisme de groupe, MPSI/L1
Soit (G,∗) un groupe et M un ensemble. Soit φ une bijection de G sur M. On définit pour tout (x,y)∈M2, ⋆:(x,y)↦φ(φ−1(x)∗φ−1(y)). L’application ⋆ est-elle une loi de composition interne (LCI) ? Commutative ? Admet-elle un neutre ? (M,⋆) est-il un groupe ?
Montrer que th(x+y)=1+th(x)th(y)th(x)+th(y) pour tous x,y réels.
On pose, pour tous x,y∈E:=]−1,1[, x⊕y=1+xyx+y. Montrer qu’on définit ainsi une LCI sur E et que E est un groupe commutatif.
Corrigé
(Amicalement transmis et rédigé par Marius, MP* Janson de Sailly 🙏)
Soit (x,y)∈M2.
Comme φ:G→M est une bijection, elle admet une réciproque φ−1:M→G.
Ainsi, on a φ−1(x),φ−1(y)∈G. Or G est un groupe donc φ−1(x)∗φ−1(y)∈G. Alors φ(φ−1(x)∗φ−1(y))∈M. Donc ⋆ est une LCI pour M. De plus, on remarque que ⋆ est commutative ssi G est abélien.
Soit eG le neutre de G. Posons eM=φ(eG). Alors x⋆eM=φ(φ−1(x)∗φ−1(eM))=φ(φ−1(x)∗eG)=φ(φ−1(x))=x, et on montre ainsi que x⋆eM=eM⋆x. Par unicité de l’élément neutre, eM est donc le neutre de ⋆ dans M.
Pour que M soit un groupe, il faut que ⋆ soit associative. Montrons le.
Soit (x,y,z)∈M3. On a (x⋆y)⋆z=φ(φ−1(φ(φ−1(x)∗φ−1(y)))∗φ−1(z))=φ(φ−1(x)∗φ−1(y)∗φ−1(z))=x⋆(y⋆z). Finalement, M est bien un groupe. On dit que φ est un morphisme de groupe.
En jouant sur les relations hyperboliques d’addition (diviser numérateur et dénominateur par ch(x)ch(y)), on obtient th(x+y)=1+th(x)th(y)th(x)+th(y). On sait également que th:R→E est une bijection. Elle admet une réciproque argth:E→R, bijective. On va montrer que φ=th est un morphisme de groupe de (R,+) dans (E,⊕).
Soit x,y∈E. Alors φ−1(x),φ−1(y)∈R. De plus, φ(φ−1(x)+φ−1(y))=th(argth(x)+argth(y))=1+th(argth(x))th(argth(y))th(argth(x))+th(argth(y))=1+xyx+y=x⊕y. D’après 1, on en déduit que (E,⊕) est un groupe abélien.
Exercice 500 ⭐️⭐️⭐️ Groupe (Z/pZ,⋅)⋆ cyclique, MP/Agreg
Le but de l’exercice est de montrer que G=((Z/pZ)⋆,⋅) est cyclique lorsque p est premier. Pour cela on utilise la notion d’exposant d’un groupe abélien fini. On appelle exposant de G la quantité m définie par :
m=ppcm({o(x),x∈G})=p1α1…prαr.
Soit i∈{1,…,r}.
Montrer qu’il existe un élément xi∈G d’ordre divisible par piαi.
On rappelle que pour un élément x∈G on a la formule donnant l’ordre de xm : o(xm)=o(x)∧mo(x). Construire un élément xi d’ordre piαi.
En déduire l’existence d’un élément x0∈G d’ordre m.
Montrer finalement que m=p−1. On pourra considérer le polynôme P=Xm−1.
Corrigé
Amicalement transmis et rédigé par Nathan Toumi 🙏
L’exercice utilise des propriétés de l’ordre d’éléments dans un groupe, qui seront prouvées dans un autre exercice.
Soit νp(o(x)) la p−valuation de l’entier o(x). Par définition du ppcm m, on a αi=x∈Gmaxνpi(o(x)). On rappelle qu’on peut montrer ce résultat grâce à l’équivalence a∣b⟺ pour tout p premier νp(a)≤νp(b). Ce maximum est atteint pour un certain xi. Comme νpi(o(xi))=αi, on en déduit que pαi∣o(xi).
Soit ki∈N tel o(xi)=piαiki. Il suffit de poser xi=xiki et d’appliquer la formule donnée.
Posons x0=x1…xr. D’une part, G est abélien, et d’autre part ∀i=j,o(xi)∧o(xj)=1. Donc : o(x0)=i=1∏ro(xi)=p1α1…prαr=m.
Comme p est premier, (Z/pZ,+,⋅) est un corps et le cardinal de G est donc p−1. De plus, ∀x∈G,xm−1=0 car o(x)∣m. Ainsi m=deg(P)≥p−1 car un polynôme sur un corps ne peut avoir plus de racines que son degré. Or, m est l’ordre d’un élément de G donc d’après le théorème de Lagrange m∣p−1. On en déduit que m=p−1. Comme il existe un élément d’ordre m qui est le cardinal de G, on en déduit que G est cyclique.
Exercice 547 ⭐️⭐️⭐️ Groupe d’ordre 30, simplicité, L3/Classique
Montrer qu’un groupe G d’ordre 30 n’est pas simple.
Réflexes
Cardinal et simplicité 👉 Théorèmes de Sylow ;
Décomposition de 30 en facteurs premiers et considérer le nombre des différents Sylow.
Corrigé
On a 30=2⋅3⋅5.
Les 3−Sylow sont donc les sous-groupes d’odre 3. Désignons par n3 leur nombre. On a n3=1[3] et n3∣10. Donc n3=1 ou n3=10. Si n3=1, c’est gagné car l’unique 3−Sylow est distingué, donc G n’est pas simple. Si H et K sont des 3−Sylow distincts, on a H∩K={1} car H∩K est un sous-groupe. Dans ce cas, il y a 2⋅10=20 éléments d’odre 3.
Les 5−Sylow sont les sous-groupes d’odre 5. Désignons par n5 leur nombre. On a n5=1[5] et n5∣6. Donc n5=1 ou n5=6. Même raisonnement que précédemment : si n5=1 c’est gagné, sinon n5=6 et il y a alors 4⋅6=24 éléments d’ordre 5.
Or 20+24>30, donc on ne peut pas avoir simultanément n3=10 et n5=6. Donc fatalement n3=1 ou n5=1, d’où la conclusion.
Pour n≥1 entier, on fait agir le groupe Z/nZ sur l’ensemble Pn=P(Z/nZ) des parties de Z/nZ, par addition appliquée élément par élément: par exemple, l’image de {2ˉ,4ˉ,5ˉ} par l’action de −2 est {0ˉ,2ˉ,3ˉ}, m désignant la classe de m modulo n. Soit H un sous-ensemble de Pn globalement invariant par l’action de Z/nZ , et O(H) l’ensemble des orbites d’éléments de H. Pour un entier m∈Z, on note Fm(H) l’ensemble des éléments de H fixés par l’action de m modulo n. Dans la suite, on notera ∣E∣ le cardinal d’un ensemble fini E.
Montrer que ∣O(H)∣=n1d∣n∑φ(n/d)∣Fd(H)∣, φ désignant l’indicatrice d’Euler et la somme en d portant sur les diviseurs positifs de n.
Montrer que ∣O(Pn)∣=n1d∣n∑φ(n/d)2d.
Pour d≥1 divisant n, on considère l’ensemble Hd=Fd(Pn) des éléments de Pn qui sont fixés par l’action de dˉ. Montrer que ∣O(Hd)∣=d1e∣d∑φ(d/e)2e, la somme portant sur les diviseurs e≥1 de d.
On considère l’ensemble K des éléments de Pn qui ne sont fixés par l’action d’aucun élément non nul de Z/nZ. Montrer que ∣O(K)∣=d∣n∑dμ(n/d)e∣d∑φ(d/e)2e, μ étant la fonction de Möbius.
Montrer que O(K)=n1d∣n∑μ(n/d)2d.
En musique, il est courant d’appeller mode, ou échelle, un sous-ensemble des douze notes de la gamme chromatique, deux sous-ensembles obtenus par transposition musicale (c’est à dire montée ou descente d’un certain nombre de degrés de la gamme chromatique) étant considérés comme la même échelle (on considère ici qu’une note ne change pas si on la transpose à l’octave au-dessus ou au-dessous). Déterminer le nombre total d’échelles (y compris l’échelle vide!), ainsi que le nombre d’échelles à transpositions limitées (selon la terminologie du compositeur Olivier Messian), c’est à dire dont l’ensemble des notes est invariant par transposition d’au moins un intervalle non multiple d’une octave. Enumérer ces échelles.
Corrigé
Par le théorème de Burnside, ∣O(H)∣=n1j=0∑n−1Fj(H). Or, si le pgcd de j et n vaut d, Fj(H)=Fd(H), d’autre part, les entiers strictement entre 0 et n dont le pgcd avec n vaut d sont d fois les éléments strictement entre 0 et n/d qui sont premiers avec n/d: il y en a donc φ(n/d).
Les ensembles dans Fd(H) sont obtenus en prenant tous les sous-ensembles de {0ˉ,…,d−1} et en les translatant de kd pour k∈{0,1,…,n/d−1}. On en déduit ∣Fd(H)∣=∣Pd∣=2d. D’où le résultat cherché en appliquant 1.
Le même raisonnement qu’au début de 2. prouve que ∣O(Hd)∣ est obtenu en appliquant la formule précédente au cas où n est remplacé par d.
Pour chaque orbite ω, le stabilisateur l’un élément de ω ne dépend pas du choix de cet élément, et c’est un sous-groupe de Z/nZ de la forme e(ω)Z/nZ, e(ω) étant un diviseur positif de n. Si on calcule la somme d∣n∑1e(ω)∣dμ(n/d), on obtient f∣(n/e(ω))∑μ(n/(e(ω)f)), qui par une propriété classique de la fonction de Möbius, vaut 1 si n/e(ω)=1 et 0 sinon. On a donc 1ω∈O(K)=d∣n∑1e(ω)∣dμ(n/d) et en sommant sur toutes les orbites ω possibles: ∣O(K)∣=d∣n∑μ(n/d)ω∈O(Pn)∑1e(ω)∣d.
Comme la dernière somme compte le nombre d’orbites d’ensembles fixés par l’action de dˉ, on déduit le résultat cherché en appliquant 3.
On a ∣O(K)∣=e∣n∑eg(n/e)2e avec g(m)=d∣m∑dμ(m/d)φ(d). La fonction g est la convolution de Dirichlet des deux fonctions multiplicatives μ et d↦φ(d)/d, donc c’est une fonction multiplicative. Pour p premier et α≥1 entier, on a g(pα)=φ(pα)/pα−φ(pα−1)/pα−1, ce qui vaut 0 si α≥2, et −1/p si α≥1. Autrement dit, g(m)=μ(m)/m pour toute puissance de nombre premier m, et donc pour tout entier m par multiplicativité.
Il s’agit d’appliquer les résultats précédents pour n=12. Pour le nombre total d’échelles, on trouve 121(φ(12)21+φ(6)22+φ(4)23+φ(3)24+φ(2)26+φ(1)212)=121(8+8+16+32+64+4096)=352.
Pour les échelles qui ne sont pas à transposition limitée, on obtient: 121(212−26−24+22)=335.
Il y a donc 17 échelles à transposition limitée. Avec 5 notes ou moins, on trouve: l’échelle vide, l’intervalle de triton ({0ˉ,6ˉ} ou do-fa dièse, et ses transpositions), l’accord de quinte augmentée ({0ˉ,4ˉ,8ˉ} ou do-mi-sol dièse), les échelles à 4 sons {0ˉ,m,6ˉ,m+6} pour m∈{1,2,3} (m=3 correspond à l’accord de septième diminuée). Cela fait 6 échelles à 5 sons ou moins. Par complément, on trouve 6 échelles à 7 sons ou plus. Il reste 5 échelles à 6 sons, qui sont {0ˉ,3ˉ,4ˉ,7ˉ,8ˉ,11}, {0ˉ,1ˉ,2ˉ,6ˉ,7ˉ,8ˉ}, {0ˉ,1ˉ,3ˉ,6ˉ,7ˉ,9ˉ}, {0ˉ,1ˉ,4ˉ,6ˉ,7ˉ,10}, {0ˉ,2ˉ,4ˉ,6ˉ,8ˉ,10} (cette dernière échelle est la gamme par tons, beaucoup utilisée par Debussy en particulier). Sept des 17 échelles ou modes ont été répertoriées et abondamment utilisées par Messiaen, numérotées par lui de 1 à 7, dans cet ordre: la gamme par tons, le complément de {0ˉ,3ˉ,6ˉ,9ˉ}, le complément de {0ˉ,4ˉ,8ˉ}, le complément de {0ˉ,1ˉ,6ˉ,7ˉ}, l’échelle {0ˉ,1ˉ,2ˉ,6ˉ,7ˉ,8ˉ}, le complément de {0ˉ,2ˉ,6ˉ,8ˉ}, le complément du triton {0ˉ,6ˉ}.
Pour plus de discussion sur ces modes, voir par exemple la page Wikipedia.