Groupes

Exercice 110 ⭐️⭐️ Éléments d’ordre 2\displaystyle 2, MPSI/MP/L2/Classique

Soit (G,)\displaystyle (G, \cdot) un groupe tel que pour tout xG\displaystyle x\in G, x2=1\displaystyle x^2 = 1.

  1. Montrer que G\displaystyle G est abélien.
  2. Si G\displaystyle G est fini de cardinal N\displaystyle N, montrer qu’il existe un entier n\displaystyle n tel que N=2n\displaystyle N=2^n.

Une identité vraie pour tout … 👉 L’utiliser pour plusieurs éléments différents, les plus naturels et simples possibles.

  1. Comme l’hypothèse est vraie pour tous les x\displaystyle x, il faut fabriquer des éléments (les plus simples possibles) avec lesquels on va appliquer l’hypothèse. On choisit les éléments x,y,xy\displaystyle x,y,xy, d’où x1=x\displaystyle x^{-1}=x, y1=y\displaystyle y^{-1}=y, (xy)1=xy\displaystyle (xy)^{-1}=xy. Donc xy=(xy)1=y1x1=yx\displaystyle xy=(xy)^{-1}=y^{-1}x^{-1}=yx.
  2. Comme G\displaystyle G est commutatif, notons-le additivement, i.e. le neutre est 0\displaystyle 0 et x+x=0\displaystyle x+x=0. Il peut donc être muni d’une structure de Z/2Z\displaystyle \Z/2\Z -espace vectoriel. En effet on définit la loi externe \displaystyle \cdot naturellement comme 0x=0\displaystyle 0\cdot x=0 et 1x=x\displaystyle 1\cdot x=x. On peut alors vérifier tous les axiomes d’un e.v. Par exemple : (1+1)x=0x=0=x+x=1x+1x\displaystyle (1+1)\cdot x=0\cdot x=0=x+x=1\cdot x+1\cdot x. On a noté abusivement le 0\displaystyle 0 de G\displaystyle G comme le 0\displaystyle 0 de Z/2Z\displaystyle \Z/2\Z.
    Comme G\displaystyle G est fini, il est donc a fortiori de dimension fini, disons n\displaystyle n, en tant que K\displaystyle \mathbb K- e.v., donc isomorphe à Kn\displaystyle \mathbb K^n.
    Ainsi G(Z/2Z)n\displaystyle G\simeq (\Z/2\Z)^n en tant que Z/2Z\displaystyle \Z/2\Z-e.v., et donc son cardinal vaut N=2n\displaystyle N= 2^n.

Exercice 111 ⭐️⭐️ Caractère d’un groupe, MPSI/L1

Soit (G,.)\displaystyle (G,.) un groupe fini et soit χ:(G,.)(C,×)\displaystyle \chi:(G,.)\to (\mathbb C^\star,\times) un morphisme. Calculer S=xGχ(x)\displaystyle S =\sum_{x\in G}\chi(x).

Somme sur tous les éléments d’un ensemble 👉 Réindexation de la somme.

Si χ=1\displaystyle \chi=1 i.e. la fonction constante égale à 1\displaystyle 1, alors S=G\displaystyle S=|G|, le cardinal de G\displaystyle G.
Si χ1\displaystyle \chi\neq1 alors on prend un yG\displaystyle y\in G tel que χ(y)1\displaystyle \chi(y)\neq1. Comme xxy\displaystyle x\mapsto xy est une bijection de G\displaystyle G dans G\displaystyle G (car elle est injective et G\displaystyle G est fini), on obtient S=xGχ(xy)=xGχ(x)χ(y)=χ(y)S\displaystyle S =\sum_{x\in G}\chi(xy)=\sum_{x\in G}\chi(x)\chi(y)=\chi(y)S , d’où S=0\displaystyle S=0 car χ(y)1\displaystyle \chi(y)\neq1.

Exercice 112 ⭐️⭐️ MPSI/L1

Soit G\displaystyle G un groupe fini et A\displaystyle A et B\displaystyle B deux parties de G\displaystyle G telles que A+B>G\displaystyle |A|+|B|>|G|, où A\displaystyle |A| désigne le cardinal de A\displaystyle A.
Montrer que G=AB:={ab,(a,b)A×B}\displaystyle G=AB:=\{ab, (a,b)\in A\times B\}.

Groupe fini, élément ab\displaystyle ab 👉 Utilisation de morphisme yxy\displaystyle y\mapsto xy.

On veut montrer que tout xG\displaystyle x\in G peut s’écrire x=ab\displaystyle x=ab, avec aA,bB\displaystyle a\in A, b\in B. Fixons x\displaystyle x et soit ϕ:aa1x\displaystyle \phi:a\mapsto a^{-1}x. On a ϕ\displaystyle \phi injective, donc {a1x,aA}=A\displaystyle |\{a^{-1}x, a \in A\}|=|A|. Ainsi, avec l’hypothèse, on en déduit que {a1x,aA}B\displaystyle \{a^{-1}x, a \in A\}\cap B\neq \emptyset, et donc il existe bB\displaystyle b\in B tel que xa1=b\displaystyle xa^{-1}=b, ce qu’on voulait.

Exercice 113 ⭐️ Groupe S3\displaystyle \mathcal S_3, MPSI/L1

Énumérer tous les éléments de S3\displaystyle \mathcal S_3 et donner leurs ordres. Le groupe S3\displaystyle \mathcal S_3 est-il cyclique ?

Il y a deux 3\displaystyle 3-cycles : (1,2,3)\displaystyle (1,2,3) et (1,3,2)\displaystyle (1,3,2) qui sont d’ordre 3\displaystyle 3. Il y a trois transpositions : (1,2)\displaystyle (1,2), (2,3)\displaystyle (2,3) et (1,3)\displaystyle (1,3), qui sont d’ordre 2\displaystyle 2, et enfin l’identité. On voit donc que S3\displaystyle \mathcal S_3 n’est pas cyclique car il n’y a pas d’élément d’ordre 6\displaystyle 6.

Remarque — On peut montrer qu’il n’y a que deux groupes de cardinal 6\displaystyle 6 (on dit aussi d’ordre 6\displaystyle 6) : le groupe S3\displaystyle \mathcal S_3 et le groupe cyclique Z/6ZZ/2Z×Z/3Z\displaystyle \Z/6\Z \simeq \Z/2\Z\times \Z/3\Z (l’isomorphisme est dû au lemme chinois). Voir ici la liste des petits groupes.

Exercice 220 ⭐️ Formule de conjugaison dans Sn\displaystyle \mathcal S_n, MPSI/L1

Soit s=(x1,,xm)\displaystyle s=(x_1,\cdots,x_m) un m\displaystyle m-cycle de Sn\displaystyle \mathcal{S}_n et σSn\displaystyle \sigma\in\mathcal{S}_n. Montrer la formule de conjugaison : σsσ1=(σ(x1),,σ(xm))\displaystyle \sigma s \sigma^{-1}=(\sigma(x_1),\cdots,\sigma(x_m)).

On a (σsσ1)(σ(x1))=(σs)(x1)=σ(x2)\displaystyle (\sigma s \sigma^{-1})(\sigma(x_1))=(\sigma s)(x_1)=\sigma(x_2), et ainsi de suite. Vérifions enfin que (σsσ1)(σ(xm))=(σs)(xm)=σ(x1)\displaystyle (\sigma s \sigma^{-1})(\sigma(x_m))=(\sigma s)(x_m)=\sigma(x_1). Rappelons que l’écriture σsσ1\displaystyle \sigma s \sigma^{-1} veut dire σsσ1\displaystyle \sigma \circ s \circ\sigma^{-1}.

Exercice 262 ⭐️⭐️⭐️⭐️ Groupes résolubles, X MP 2017, L3/M1

Soit G\displaystyle G un groupe. On note D(G)\displaystyle D(G) le sous-groupe engendré par les éléments de la forme [a,b]=aba1b1\displaystyle [a,b]=aba^{-1}b^{-1}a,bG\displaystyle a,b\in G. On dit que G\displaystyle G est résoluble s’il existe nN\displaystyle n\in\N tel que Dn(G)={e}\displaystyle D^n(G)=\{e\} (n\displaystyle n-ième itéré de D\displaystyle D).

On suppose qu’il existe deux groupes H\displaystyle H et N\displaystyle N et deux morphismes de groupes, i\displaystyle i injectif de N\displaystyle N dans G\displaystyle G et s\displaystyle s surjectif de G\displaystyle G dans H\displaystyle H, tels que Ker s=Im i\displaystyle {\rm Ker}\ s={\rm Im}\ i.

  1. Montrer que G\displaystyle G est résoluble si et seulement si H\displaystyle H et N\displaystyle N sont résolubles.
  2. En déduire que S5\displaystyle \mathcal S_5 n’est pas résoluble (on pourra montrer que pour tout nN\displaystyle n\in\N, Dn(A5)\displaystyle D^n(\mathcal A_5) contient les 3\displaystyle 3-cycles).
  • Calculer f([a,b])\displaystyle f([a,b]) si f\displaystyle f est un morphisme ;
  • Morphisme signature et groupe alterné A5\displaystyle \mathcal A_5.

Écrivons la suite NiGsH\displaystyle N\xrightarrow[]{i} G\xrightarrow[]{s} H, et notons [a,b]=aba1b1\displaystyle [a,b]=aba^{-1}b^{-1}, élément qu’on appelle commutateur.

  1. Supposons que G\displaystyle G est résoluble. On a i(D(N))=D(i(N))D(G)\displaystyle i(D(N))=D(i(N))\subset D(G) car i([a,b])=[i(a),i(b)]\displaystyle i([a,b])=[i(a),i(b)]. Or il existe un entier n\displaystyle n tel que Dn(G)={e}\displaystyle D^n(G)=\{e\}, donc i(Dn(N))={e}\displaystyle i(D^n(N))=\{e\}. Comme i\displaystyle i est injectif, on obtient Dn(N)={e}\displaystyle D^n(N)=\{e\}, et donc N\displaystyle N est résoluble. Comme s:GH\displaystyle s:G\to H est surjectif, on a cette fois s(D(G))=D(s(G))=D(H)\displaystyle s(D(G))=D(s(G))= D(H), et on en déduit en itérant D\displaystyle D n\displaystyle n-fois que H\displaystyle H est résoluble.
    Supposons que H\displaystyle H et N\displaystyle N sont résolubles. Il existe k\displaystyle k tel que Dk(H)={e}\displaystyle D^k(H)=\{e\}. Donc s(Dk(G))={e}\displaystyle s(D^k(G))=\{e\} car s(G)=H\displaystyle s(G)=H. Donc par l’hypothèse sur l’image de i\displaystyle i et le noyau de s\displaystyle s, il vient Dk(G)i(N)\displaystyle D^k(G)\subset i(N). Comme il existe p\displaystyle p tel que Dp(N)={e}\displaystyle D^p(N)=\{e\}, on a Dk+p(G)i(Dp(N))={e}\displaystyle D^{k+p}(G)\subset i(D^p(N))=\{e\}. Ainsi G\displaystyle G est résoluble.
  2. On nous invite à considérer les 3\displaystyle 3-cycles et on se rappelle qu’ils engendrent le groupe alterné A5\displaystyle \mathcal A_5 à 5\displaystyle 5 éléments. Donc il est naturel de considérer la suite A5iS5ε{1,1}\displaystyle \mathcal A_5\xrightarrow[]{i} \mathcal S_5\xrightarrow[]{\epsilon} \{-1,1\}, où ε\displaystyle \epsilon est le morphisme signature. Par définition, l’identité i\displaystyle i, la signature ε\displaystyle \epsilon, et les groupes A5\displaystyle \mathcal A_5 et {1,1}\displaystyle \{-1,1\} vérifient les hypothèses de l’exercice. Montrons que tout 3\displaystyle 3-cycle est un commutateur dans A5\displaystyle \mathcal A_5. On rappelle qu’un trois cycle peut s’écrire comme produit de 2\displaystyle 2 transpositions, et est donc dans A5\displaystyle \mathcal A_5. Soit σ=(a,b,c)\displaystyle \sigma=(a,b,c) et τ=(b,c)\displaystyle \tau=(b,c). On a σ2=(a,c,b)\displaystyle \sigma^2=(a,c,b) et τστ1=(τ(a),τ(b),τ(c))=σ2\tau \sigma \tau^{-1}=(\tau(a),\tau(b),\tau(c))=\sigma^2 (c’est la célèbre formule de conjugaison, à bien connaître !). Mais τA5\displaystyle \tau\notin \mathcal A_5. Mais on peut considérer ρ=τ(d,e)\displaystyle \rho=\tau\cdot (d,e) avec d,e{a,b,c}\displaystyle d,e\notin\{a,b,c\}. Ainsi ρA5\displaystyle \rho\in\mathcal A_5 et on a encore ρσρ1=(ρ(a),ρ(b),ρ(c))=σ2.\rho \sigma \rho^{-1}=(\rho(a),\rho(b),\rho(c))=\sigma^2. Finalement σ\displaystyle \sigma est bien un commutateur dans A5\displaystyle \mathcal A_5 car σ=ρσρ1σ1\displaystyle \sigma=\rho \sigma \rho^{-1}\sigma^{-1}. Donc σD(A5)A5\displaystyle \sigma\in D(\mathcal A_5)\subset \mathcal A_5. Mais comme les trois cycles engendrent A5\displaystyle \mathcal A_5, on en déduit que D(A5)=A5\displaystyle D(\mathcal A_5)= \mathcal A_5, et donc A5\displaystyle \mathcal A_5 n’est pas résoluble, ce qui montre par la question 1) que S5\displaystyle \mathcal S_5 n’est pas résoluble.

Remarque — On rappelle que les trois cycles engendrent A5\displaystyle \mathcal A_5 (en fait An\displaystyle \mathcal A_n pour n3\displaystyle n\ge3) car A5\displaystyle \mathcal A_5 est engendré par les produits pairs de transpositions et on a :
(a,b)(b,c)=(a,b,c)(a,b)(a,c)=(a,c,b)(a,b)(c,d)=(a,c,b)(a,c,d).\begin{aligned} (a,b)(b,c) = & (a,b,c)\\ (a,b)(a,c) = & (a,c,b)\\ (a,b)(c,d) = & (a,c,b)(a,c,d). \end{aligned}

Le groupe D(G)\displaystyle D(G) s’appelle le groupe dérivé, il permet d’obtenir par passage au quotient un groupe abélien : G/D(G)\displaystyle G/D(G). En effet, dans le groupe quotient, on a xyx1y1=e\displaystyle xyx^{-1}y^{-1}=e, donc x\displaystyle x et y\displaystyle y commutent. La définition de groupe résoluble donnée dans l’exercice est en fait une propriété équivalente de la définition donnée ici. Cette notion fondamentale est liée à la possibilité de résoudre ou non par radicaux une équation polynomiale dans la magnifique théorie de Galois. Le résultat historique de la question 2) qu’on doit à Galois, est utilisé pour montrer l’impossibilité de résoudre par radicaux l’équation polynomiale générale de degré 5\displaystyle 5 (résultat généralisable à n5\displaystyle n\ge5).

Exercice 264 ⭐️⭐️⭐️ Générateurs de SO3, MP/Agreg

Montrer que SO3(R)=O3+(R)\displaystyle SO_3(\R)=O_3^+(\R) est engendré par les renversements, i.e. les rotations d’angle π\displaystyle \pi.

Composer une rotation par une réflexion pour voir ce qu’il se passe.

On note x1,x2,\displaystyle \langle x_1,x_2,\cdots\rangle le sous-e.v. engendré dans R3\displaystyle \R^3 par les vecteurs x1,x2,\displaystyle x_1,x_2,\cdots.
Soit uO3+(R)\displaystyle u\in O_3^+(\R) et xu\displaystyle \langle x_u\rangle son axe de rotation. Soit xxu\displaystyle x\in\langle x_u\rangle^\perp et y=u(x)\displaystyle y=u(x). En calculant le produit scalaire (yx,y+x)=y2x2=0,( y-x,y+x)=\|y\|^2-\|x\|^2=0, on voit que yxy+x\displaystyle y-x \perp y+x. Soit s\displaystyle s la réflexion par rapport au plan yx\displaystyle \langle y-x\rangle^\perp. Alors s(yx)=xys(x+y)=x+y,\begin{aligned} s(y-x) &=x-y \\ s(x+y) & =x+y, \end{aligned} car x+yyx\displaystyle x+y\in \langle y-x\rangle^\perp. En sommant on obtient s(y)=x\displaystyle s(y)=x. Donc su(x)=x\displaystyle s\circ u(x)=x.
Remarquons que xuyx\displaystyle x_u\in\langle y-x\rangle^\perp car yxxu\displaystyle y-x\in\langle x_u\rangle^\perp. Ainsi s(xu)=xu\displaystyle s(x_u)=x_u et su(xu)=xu\displaystyle s\circ u(x_u)=x_u. On en déduit que le plan x,xu\displaystyle \langle x,x_u\rangle est invariant par l’isométrie su\displaystyle s\circ u. Soit ex,xu\displaystyle e\in\langle x,x_u\rangle^\perp. La matrice de su\displaystyle s\circ u dans la base adaptée (e,x,xu)\displaystyle (e,x,x_u) est donc T=(100010001)\displaystyle T=\left(\begin{matrix}-1 & 0 & 0\\ 0 & 1 & 0\\ 0 & 0 &1 \end{matrix}\right) (cela ne peut pas être l’identité car uO+\displaystyle u\in O^+ et sO\displaystyle s\in O^-), i.e. su=τ\displaystyle s\circ u=\tau est une réflexion.
On écrit alors : u=sτ=(s)(τ),u=s\circ \tau=(-s)\circ (-\tau), pour voir que s\displaystyle s est le produit de deux renversements. On voit facilement que s\displaystyle -s et τ\displaystyle -\tau sont des renversements, i.e. des rotations d’angle π\displaystyle \pi, en écrivant la matrice T\displaystyle -T.

Exercice 265 ⭐️⭐️ Conjugaison dans SO3, MP/L2

Montrer que deux renversements (on dit aussi retournements ou rotation d’angle π\displaystyle \pi) sont conjugués dans SO3(R)\displaystyle SO_3(\R), plus précisément que pour tous axes de rotation Δ\displaystyle \Delta et Δ\displaystyle \Delta', il existe gSO3(R)\displaystyle g\in SO_3(\R) tel que gRΔ,πg1=RΔ,π,g\circ R_{\Delta,\pi}\circ g^{-1}=R_{\Delta',\pi}, où on note RD,θ\displaystyle R_{D,\theta} la rotation d’axe D\displaystyle D et d’angle θ\displaystyle \theta.

Les rotations d’angle π\displaystyle \pi sont des involutions, i.e. RΔ,π2=Id\displaystyle R_{\Delta,\pi}^2=Id.

On sait qu’il existe gSO3(R)\displaystyle g\in SO_3(\R) tel que Δ=g(Δ)\displaystyle \Delta'=g(\Delta), il suffit de prendre la rotation g\displaystyle g d’axe orthogonal au plan engendré par Δ\displaystyle \Delta et Δ\displaystyle \Delta', et d’angle l’angle entre Δ\displaystyle \Delta et Δ\displaystyle \Delta' (Plus pompeusement : SO3(R)\displaystyle SO_3(\R) agit transitivement sur la sphère S2\displaystyle S_2 donc sur les droites). On remarque maintenant que la rotation gRΔ,πg1\displaystyle g\circ R_{\Delta,\pi}\circ g^{-1} vérifie (gRΔ,πg1)2=gRΔ,π2g1=Id\displaystyle \left(g\circ R_{\Delta,\pi}\circ g^{-1}\right)^2=g\circ R_{\Delta,\pi}^2\circ g^{-1}=Id, et est donc aussi une rotation d’angle π\displaystyle \pi. Il reste à identifier son axe. Calculons gRΔ,πg1(Δ)=gRΔ,π(Δ)=g(Δ)=Δ,g\circ R_{\Delta,\pi}\circ g^{-1}(\Delta')=g\circ R_{\Delta,\pi}(\Delta)=g(\Delta)=\Delta', d’où on déduit que Δ\displaystyle \Delta' est l’axe de rotation de gRΔ,πg1\displaystyle g\circ R_{\Delta,\pi}\circ g^{-1}, ce qu’on voulait.

Exercice 266 ⭐️⭐️⭐️⭐️ Simplicité de SO3, M1/Agreg

Montrer que le groupe SO3(R)\displaystyle SO_3(\R) est simple, i.e. ne possède aucun sous-groupe distingué non trivial.

Tout se rappeler sur SO3\displaystyle SO_3 😱 Oh My…

On rappelle des résultats fondamentaux dont on va se servir :

  • SO3=SO3(R)\displaystyle SO_3=SO_3(\R) est engendré par les renversements, i.e. les rotations d’angle π\displaystyle \pi (prouvé dans l’exercice 264) ;
  • Deux rotations d’angle π\displaystyle \pi sont conjuguées dans SO3\displaystyle SO_3 (prouvé dans l’exercice 265) ;
  • Le centre Z(SO3)\displaystyle Z(SO_3) est trivial (prouvé dans l’exercice 267) ;
  • SO3\displaystyle SO_3 est connexe par arc (on peut le voir en ramenant toute rotation en l’identité grâce à l’application continue t(cos(tθ),sin(tθ))\displaystyle t\mapsto (\cos(t\theta),\sin(t\theta)), 0t1\displaystyle 0\le t\le 1) et compact (image réciproque du fermé {1}\displaystyle \{1\} par l’application continue det\displaystyle {\rm det}, intersecté avec le compact O3(R)\displaystyle O_3(\R)).

On note 1\displaystyle 1 l’identité de SO3\displaystyle SO_3. Soit H\displaystyle H un sous-groupe distingué de SO3\displaystyle SO_3 tel que H{1}\displaystyle H\neq \{1\}. Soit hH\displaystyle h\in H avec h1\displaystyle h\neq 1. Pour gSO3\displaystyle g\in SO_3, on introduit le commutateur [g,h]=ghg1h1\displaystyle [g,h]=ghg^{-1}h^{-1}. On a [g,h]H\displaystyle [g,h]\in H car H\displaystyle H est distingué. Soit ϕ:SO3R\displaystyle \phi: SO_3\to \R, ϕ(g)=Tr([g,h]).\phi(g)=Tr([g,h]). La rotation [g,h]\displaystyle [g,h] a pour matrice dans une base adaptée : (100Rt)\displaystyle \left(\begin{array}{cc} 1 & 0\\ 0 & R_t\end{array}\right), où Rt\displaystyle R_t est une rotation d’angle t\displaystyle t dans le plan. Donc ϕ(g)=1+2cos(t)3\displaystyle \phi(g)=1+2\cos(t)\le 3 et on a ϕ(1)=3\displaystyle \phi(1)=3. On note que ϕ\displaystyle \phi est continue comme composée d’applications continues. Or SO3\displaystyle SO_3 est connexe par arc et compact, donc ϕ(SO3)\displaystyle \phi(SO_3) est un segment de R\displaystyle \R de borne sup 3\displaystyle 3.

Si ϕ(SO3)=3\displaystyle \phi(SO_3)=3 alors pour tout gSO3\displaystyle g\in SO_3, [g,h]=1\displaystyle [g,h]=1 et donc hZ(SO3)={1}\displaystyle h\in Z(SO_3)=\{1\}, et c’est impossible car h1\displaystyle h\neq 1. Donc ϕ(SO3)=[a,3]\displaystyle \phi(SO_3)=[a,3] avec 1a<3\displaystyle -1\le a<3. Pour n\displaystyle n suffisament grand, on a 1+2cos(π/n)[a,3]\displaystyle 1+2\cos(\pi/n)\in[a,3], et donc il existe gSO3\displaystyle g\in SO_3 tel que [g,h]\displaystyle [g,h] soit une rotation Rπ/n\displaystyle R_{\pi/n} d’angle π/n\displaystyle \pi/n. Donc Rπ=(Rπ/n)nH\displaystyle R_{\pi}=(R_{\pi/n})^n\in H. Donc on a attrapé un renversement dans H\displaystyle H, donc on les a tous dans H\displaystyle H car deux renversements sont conjugués dans SO3\displaystyle SO_3 et H\displaystyle H est distingué. Comme ils engendrent SO3\displaystyle SO_3, on obtient H=SO3\displaystyle H=SO_3, ce qui achève la preuve.

Cette magnifique preuve est un hommage à notre grand maître, n’est-ce pas, Michel Raynaud, qui nous l’avait montrée en 1999 quand nous étions étudiants à Orsay. Il faut se remettre dans le contexte, cette preuve n’existait alors dans aucun livre et nous n’avions pas internet (si si 😱).

Exercice 267 ⭐️⭐️ Centre de SO3, MP/L3

Montrer que le centre Z(SO3)\displaystyle Z(SO_3) de SO3(R)\displaystyle SO_3(\R) est trivial.

Utiliser la formule de conjugaison hRD,θh1=Rh(D),θ\displaystyle hR_{D,\theta}h^{-1}=R_{h(D),\theta}RD,θ\displaystyle R_{D,\theta} une rotation d’axe D\displaystyle D et d’angle θ\displaystyle \theta.

Soit hZ(SO3)\displaystyle h\in Z(SO_3) fixé, et RD,θ\displaystyle R_{D,\theta} une rotation quelquonque d’axe D\displaystyle D et d’angle θ\displaystyle \theta.
Alors hRD,θh1=RD,θ\displaystyle hR_{D,\theta}h^{-1}=R_{D,\theta} car hZ(SO3)\displaystyle h\in Z(SO_3). Or la formule de conjugaison donne aussi hRD,θh1=Rh(D),θ\displaystyle hR_{D,\theta}h^{-1}=R_{h(D),\theta}.
D’où h(D)=D\displaystyle h(D)=D pour toute droite D\displaystyle D. Comme h\displaystyle h laisse invariantes toutes les droites, un résultat classique d’algèbre linéaire montre que h\displaystyle h est une homothétie. On en déduit que h\displaystyle h est l’identité car h\displaystyle h est aussi une rotation.

Exercice 376 ⭐️⭐️ Loi de groupe sur un intervalle, Spé/L2

Soit I\displaystyle I un intervalle ouvert de R\displaystyle \R et f:IR\displaystyle f : I \rightarrow \R une bijection entre I\displaystyle I et R\displaystyle \R. On considère la loi de composition suivante : pour tous x,yI\displaystyle x,y\in I,
xy=f1(f(x)+f(y)). x\star y= f^{-1}(f(x)+f(y)).

  1. Montrer que (I,)\displaystyle (I,\star) est un groupe abélien.
  2. Décrire explicitement la loi \displaystyle \star lorsque I=]1,1[\displaystyle I = ]-1,1[ et f(x)=12ln(1+x1x)\displaystyle f(x) = \frac{1}{2} \ln\left(\frac{1+x}{1-x}\right).

Pas le choix, on revient aux définitions !

  1. On montre que (I,)\displaystyle (I,\star) vérifie chacun des axiomes définissant un groupe.
  • tout d’abord, on peut remarquer que xy=yx\displaystyle x \star y = y \star x, cela découle de la commutativité de l’addition sur R\displaystyle \R. Ainsi, si (I,)\displaystyle (I,\star) est un groupe, c’est un groupe abélien.
  • l’associativité est facile à prouver, il faut dérouler les calculs. On a f(yz)=f(y)+f(z)\displaystyle f(y\star z) = f(y)+f(z) donc x(yz)=f1(f(x)+f(y)+f(z))=(xy)z.x\star(y \star z) = f^{-1}(f(x)+f(y)+f(z)) = (x \star y)\star z.
  • on pose e=f1(0)\displaystyle e=f^{-1}(0), c’est bien un élément de I\displaystyle I. On a alors, pour tout xI\displaystyle x \in I, xe=f1(f(x)+f(f1(0)))=f1(f(x)+0)=x.x \star e = f^{-1}\left(f(x)+f(f^{-1}(0))\right) = f^{-1}(f(x)+0) = x. Par commutativité de \displaystyle \star on a aussi ex=x\displaystyle e \star x = x.
  • enfin, si xE\displaystyle x \in E, on pose y=f1(f(x))\displaystyle y=f^{-1}(-f(x)) et on a xy=f1(f(x)+f(f1(f(x)))=f1(0)=e,x\star y = f^{-1}(f(x)+f(f^{-1}(-f(x))) = f^{-1}(0)=e, donc chaque élément de e\displaystyle e possède un inverse (à droite et à gauche) pour \displaystyle \star.

Le couple (I,)\displaystyle (I,\star) vérifie tous les axiomes d’un groupe abélien.

  1. On va prouver que f\displaystyle f est bien une bijection entre I\displaystyle I et R\displaystyle \R en montrant que l’équation f(x)=y\displaystyle f(x)=y possède une unique solution dans I\displaystyle I. Allons-y : f(x)=ye2y=1+x1xx=e2y1e2y+1x=eyeyey+eyI.f(x)=y \Leftrightarrow e^{2y} = \frac{1+x}{1-x} \Leftrightarrow x= \frac{e^{2y}-1}{e^{2y}+1} \Leftrightarrow x = \frac{e^y-e^{-y}}{e^y+e^{-y}} \in I. Ces calculs montrent que f:IR\displaystyle f : I \rightarrow \R est bien bijective. On a même une expression explicite de sa bijection inverse. Avec un peu de culture, on reconnaît que f1\displaystyle f^{-1} est la fonction tanh\displaystyle tanh et que f\displaystyle f est la fonction argtanh\displaystyle argtanh. Pour cette fonction f\displaystyle f, on a pour x,yI\displaystyle x,y \in I : xy=exp(2(f(x)+f(y)))1exp(2(f(x)+f(y)))+1.x \star y = \frac{\exp\left(2(f(x)+f(y))\right)-1}{\exp\left(2(f(x)+f(y))\right)+1}. Or on a :
    exp(2(f(x)+f(y)))=exp(ln(1+x1x)+ln(1+y1y))=(1+x)(1+y)(1x)(1y),\displaystyle \begin{aligned} \exp\left(2(f(x)+f(y))\right)&=\exp\left(\ln\left(\frac{1+x}{1-x}\right)+\ln\left(\frac{1+y}{1-y}\right)\right) \\ &= \frac{(1+x)(1+y)}{(1-x)(1-y)}, \end{aligned}
    donc :
    xy=(1+x)(1+y)(1x)(1y)(1+x)(1+y)+(1x)(1y)=x+y1+xy.\displaystyle \begin{aligned} x \star y &= \frac{(1+x)(1+y)-(1-x)(1-y)}{(1+x)(1+y)+(1-x)(1-y)} \\ &= \frac{x+y}{1+xy}\end{aligned}.

Remarque : un exercice intéressant consiterait à montrer directement que \displaystyle \star définit bien une loi de groupe sur I\displaystyle I. La propriété la plus difficile à montrer est que :I×I\displaystyle \star : I \times I \rightarrow est bien une loi de composition interne, c’est-à-dire qu’elle est à valeurs dans I\displaystyle I !

Exercice 378 ⭐️⭐️ Théorème de Lagrange, Spé/L2

Soit (G,)\displaystyle (G,\cdot) un groupe fini. Soit H\displaystyle H un sous groupe de G\displaystyle G. On appelle classe à gauche pour H\displaystyle H tout sous-ensemble de G\displaystyle G de la forme xH={xh:hH}.x H = \{ xh : h \in H\}.
On note C\displaystyle \mathcal{C} l’ensemble des classes à gauche pour H\displaystyle H.

  1. Montrer que tout élément de G\displaystyle G appartient à au moins une classe à gauche pour H\displaystyle H.
  2. Montrer que deux classes xH\displaystyle xH et yH\displaystyle yH sont soit disjointes, soit égales.
  3. En déduire que Card(G)=CCCard(C)\displaystyle {\rm Card}(G) = \sum_{C \in \mathcal{C}} {\rm Card}(C).
  4. Montrer que pour toute classe à gauche CC\displaystyle C \in \mathcal{C}, on a Card(C)=Card(H)\displaystyle {\rm Card}(C) = {\rm Card}(H).
  5. En déduire que Card(G)\displaystyle {\rm Card}(G) est divisible par Card(H)\displaystyle {\rm Card}(H).
  6. Quels sont les sous-groupes de Z/97Z\displaystyle \mathbb{Z}/97\mathbb{Z}?

Egalité entre deux ensembles 👉 faute d’information sur le cardinal, on procède par double inclusion !

  1. Soit xG\displaystyle x \in G. On sait que H\displaystyle H contient l’élément neutre de G\displaystyle G, que l’on note e\displaystyle e. Alors x=xexH\displaystyle x=xe \in xH, donc x\displaystyle x appartient à la classe xH\displaystyle xH.
  2. Soient x,yG\displaystyle x,y \in G tels que xHyH\displaystyle xH \cap yH \neq \emptyset. Il s’agit de montrer que xH=yH\displaystyle xH=yH. L’hypothèse faite se retraduit de la façon suivante : il existe h1,h2H\displaystyle h_1,h_2 \in H tels que xh1=yh2\displaystyle xh_1 = y h_2. On pose h=h1h21\displaystyle h=h_1 h_2^{-1}. Comme H\displaystyle H est un sous-groupe de G\displaystyle G, on sait que hH\displaystyle h \in H, et on a y=xh\displaystyle y=xh. On montre maintenant l’inclusion yHxH\displaystyle yH \subset xH : si zyH\displaystyle z \in yH, on a z=yh\displaystyle z=yh' pour un certain hH\displaystyle h' \in H et z=(xh)h=x(hh)xH.z=(xh)h' = x(hh') \in xH. On a utilisé l"associativité de la loi de groupe et le fait que hhH\displaystyle h h' \in H. L’inclusion xHyH\displaystyle xH \subset yH se montre de façon similaire, en considérant l’élément h2h11H\displaystyle h_2h_1^{-1} \in H.
  3. La question précédente montre que Card(cCC)=CCCard(C).{\rm Card}\left(\bigcup_{c \in \mathcal{C}} C\right) = \sum_{C \in \mathcal{C}} {\rm Card}(C). De plus on l’inclusion cCCG\displaystyle \bigcup_{c \in \mathcal{C}} C \subset G est évidente et la question 1 donne l’inclusion GcCC\displaystyle G \subset \bigcup_{c \in \mathcal{C}} C. On a donc bien montré que Card(G)=CCCard(C).{\rm Card}(G) = \sum_{C \in \mathcal{C}} {\rm Card}(C).
  4. On va construire une bijection entre xH\displaystyle xH et yH\displaystyle yH. Soit ϕ:xHyH\displaystyle \phi : xH \rightarrow yH, zyx1z\displaystyle z \mapsto yx^{-1}z. Si zxH\displaystyle z \in xH, on a z=xh\displaystyle z=xh pour un certain hH\displaystyle h \in H, donc ϕ(x)=yhyH\displaystyle \phi(x) = yh \in yH. Montrons que ϕ\displaystyle \phi est injective : si ϕ(z)=ϕ(z)\displaystyle \phi(z)=\phi(z') alors yx1z=yx1z\displaystyle yx^{-1}z=yx^{-1}z', et en multipliant les deux membres à gauche par xy1\displaystyle xy^{-1} on a z=z\displaystyle z=z', donc ϕ\displaystyle \phi est injective. Montrons que ϕ\displaystyle \phi est surjective. Soit yhyH\displaystyle yh \in yH. En posant z=xhxH\displaystyle z=xh \in xH, on a bien ϕ(z)=yh\displaystyle \phi(z)=yh. Ainsi ϕ\displaystyle \phi est une bijection entre xH\displaystyle xH et yH\displaystyle yH, donc ces deux ensembles sont de même cardinal. Toutes les classes à gauche ont donc même cardinal. De plus, H=eHC\displaystyle H= eH \in \mathcal{C}, donc CC , Card(C)=Card(eH)=Card(H).\forall C \in \mathcal{C} \ , \ {\rm Card}(C) = {\rm Card}(eH) = {\rm Card}(H).
  5. D’après la question précédente, on peut récrire le résultat de la question 3 de la façon suivante : Card(G)=CCCard(H)=Card(C)Card(H).{\rm Card}(G) = \sum_{C \in \mathcal{C}} {\rm Card}(H) = {\rm Card}(C) {\rm Card}(H). En particulier, Card(H)\displaystyle {\rm Card}(H) est bien un diviseur de Card(G)\displaystyle {\rm Card}(G) : on a démontré le théorème de Lagrange.
  6. Soit H\displaystyle H un sous-groupe de Z/97Z\displaystyle \mathbb{Z}/97\mathbb{Z}. D’après la question précédente, son cardinal divise 97\displaystyle 97. Or 97\displaystyle 97 est un nombre premier, donc Card(H){1,97}\displaystyle {\rm Card}(H) \in \{1,97\}. Si Card(H)=1\displaystyle {\rm Card}(H)=1, alors H={0}\displaystyle H=\{0\} et si Card(H)=97\displaystyle {\rm Card}(H)=97, alors H=Z/97Z\displaystyle H=\mathbb{Z}/97\mathbb{Z} . Il n’y a pas de sous-groupe non triviaux, et la même preuve reste valide pour tout groupe d’ordre premier.

Exercice 379 ⭐️⭐️⭐️ Quaternions, MP/L2

A tout couple de nombre complexes z1,z2C\displaystyle z_1, z_2 \in \mathbb{C} on associe la matrice Mz1,z2=(z1z2z2z1).M_{z_1,z_2} = \left(\begin{array}{cc} z_1 & z_2 \\ -\overline{z_2} & \overline{z_1}\end{array}\right). On note H:={Mz1,z2:z1,z2C}\displaystyle \mathbb{H} := \left\{ M_{z_1,z_2} : z_1,z_2 \in \mathbb{C}\right\}.

  1. Montrer que (H,)\displaystyle (\mathbb{H},\cdot), où \displaystyle \cdot désigne le produit de matrices usuel, est un sous groupe de GL2(C)\displaystyle {\rm GL}_2(\mathbb{C}).
  2. Montrer que l’application N:HR+\displaystyle N : \mathbb{H} \rightarrow \R_+ définie par N(Mz1,z2)=z12+z22\displaystyle N(M_{z_1,z_2}) = |z_1|^2+|z_2|^2 est un morphisme entre les groupes (H,)\displaystyle (\mathbb{H},\cdot) et (R+,)\displaystyle (\R_+,\cdot).
  3. On pose sp(1):={MH:N(M)=1}\displaystyle {\rm sp}(1) := \{M \in \mathbb{H} : N(M)=1\}. Montrer que (sp(1),)\displaystyle ({\rm sp}(1),\cdot) est un sous-groupe de (H,)\displaystyle (\mathbb{H},\cdot).
  4. On introduit les matrices E=(1001) , I=(i00i) , J=(0110) , K=(0ii0).E=\left(\begin{array}{cc} 1 & 0 \\ 0 & 1\end{array} \right) \ , \ I=\left(\begin{array}{cc} i & 0 \\ 0 & -i\end{array} \right) \ , \ J=\left(\begin{array}{cc} 0 & -1 \\1 & 0\end{array} \right) \ , \ K=\left(\begin{array}{cc} 0 & -i \\ -i & 0\end{array} \right).
    Montrer que({E,I,J,K,E,I,J,K},)\left(\{E,I,J,K,-E,-I,-J,-K \},\cdot \right) est un sous-groupe de (sp(1),)\displaystyle ({\rm sp}(1),\cdot) et graver dans le roc sa table de multiplication.
  1. Il s’agit de montrer que H\displaystyle \mathbb{H} est stable par multiplication. Pour cela, pas le choix, il faut se lancer dans les calculs (au final raisonnables). On obtient que pour u1,u2,v1,v2\displaystyle u_1,u_2,v_1,v_2 complexes : Mu1,u2Mv1,v2=(u1u2u2u1)(v1v2v2v1)=(u1v1u2v2u1v2+u2v1u2v1u1v2u2v2+u1v1)=Mw1,w2\displaystyle \begin{aligned} M_{u_1,u_2} M_{v_1,v_2} &= \left(\begin{array}{cc} u_1 & u_2 \\ -\overline{u_2} & \overline{u_1}\end{array}\right)\left(\begin{array}{cc} v_1 & v_2 \\ -\overline{v_2} & \overline{v_1}\end{array}\right) \\&= \left(\begin{array}{cc} u_1v_1-u_2 \overline{v_2} & u_1 v_2 + u_2 \overline{v_1} \\ -\overline{u_2}v_1-\overline{u_1}\overline{v_2} & -\overline{u_2}v_2 + \overline{u_1} \overline{v_1}\end{array}\right) \\&= M_{w_1,w_2} \end{aligned}
    avec w1=u1v1u2v2\displaystyle w_1=u_1v_1-u_2 \overline{v_2} et w2=u1v2+u2v1\displaystyle w_2=u_1 v_2 + u_2 \overline{v_1}.
  2. Réponse rapide, mais il fallait le voir : on constate que N(Mz1,z2)=det(Mz1,z2)\displaystyle N(M_{z_1,z_2}) = \det(M_{z_1,z_2}) et c’est facile !
    Sinon, il faut refaire des calculs… avec les notations de la question précédente, obtient :
    w12+w22=(u1v1u2v2)(u1v1u2v2)+(u1v2+u2v1)(u1v2+u2v1)=u12v12+u12v22+u22v12+u22v22=(u12+u22)(v12+v22).\displaystyle \begin{aligned} |w_1|^2+|w_2|^2 &= (u_1v_1-u_2 \overline{v_2})(\overline{u_1v_1-u_2 \overline{v_2}})+(u_1 v_2 + u_2 \overline{v_1})(\overline{u_1 v_2 + u_2 \overline{v_1}}) \\&= |u_1|^2|v_1|^2+|u_1|^2|v_2|^2+|u_2|^2|v_1|^2+|u_2|^2|v_2|^2 \\ &= (|u_1|^2+|u_2|^2)(|v_1|^2+|v_2|^2).\end{aligned}
    En d’autres termes, on a N(Mu1,u2Mv1,v2)=N(Mu1,u2)N(Mv1,v2).N(M_{u_1,u_2} M_{v_1,v_2}) = N(M_{u_1,u_2}) N(M_{v_1,v_2}).
  3. Facile, sp(1)\displaystyle {\rm sp}(1) est le noyau de N\displaystyle N.
  4. Cette question a été résolue (et les quaternions inventés) par William Hamilton en 1843, lors d’une promenade à Dublin. Il aurait gravé la table de multiplication sur le pont qu’il empruntait à ce moment. Une plaque célèbre cette découverte.
    Les lettres i,j,k\displaystyle i,j,k correspondent aux matrices I,J,K\displaystyle I,J,K introduites. Il faut ajouter à ces relations le calcul des carrés : I2=J2=K2=E\displaystyle I^2=J^2=K^2=-E, et le reste de la table de multiplication s’en déduit facilement.

Exercice 416 ⭐️⭐️ Equation dans Z/19Z\displaystyle \Z/19\Z, MP/L2

  1. Montrer que 2\displaystyle 2 est un générateur du groupe multiplicatif (Z/19Z)\displaystyle (\mathbb{Z}/19\mathbb{Z})^*.
  2. Résoudre l’équation x3=1\displaystyle x^3=1 dans Z/19Z\displaystyle \mathbb{Z}/19\mathbb{Z}.
  • Pour la 1. pas le choix, il faut calculer !
  • Pour la 2. la structure particulière du groupe multiplicatif simplifie énormément l’étude.
  1. On va calculer 2k\displaystyle 2^k modulo 19\displaystyle 19 pour k=0,,17\displaystyle k=0,\ldots,17. Le petit théorème de Fermat (et la primalité de 19\displaystyle 19) montre que 218=1\displaystyle 2^{18}=1 modulo 19\displaystyle 19, la suite (2kmod 19)k0\displaystyle (2^k {\rm mod} \ 19)_{k \ge 0} est donc 18\displaystyle 18-périodique. Il reste à vérifier que ses 18\displaystyle 18 permières valeurs sont toutes distinctes. On obtient la suite :1,2,4,8,16,13,7,14,9,18,17,15,11,3,6,12,5,10,1,2,1,2,4,8,16,13,7,14,9,18,17,15,11,3,6,12,5,10,1,2,\ldots ce qui prouve bien que 2\displaystyle 2 est un élément d’ordre 18\displaystyle 18 du groupe (Z/19Z)\displaystyle (\mathbb{Z}/19\mathbb{Z})^*.
  2. On remarque tout d’abord que 0\displaystyle 0 n’est pas solution de l’équation, on peut donc chercher les solutions dans (Z/19Z)\displaystyle (\mathbb{Z}/19\mathbb{Z})^*. D’après la question précédente, on peut chercher les solutions sous la forme x=2k\displaystyle x=2^k, avec k{0,,17}\displaystyle k \in \{0,\ldots,17\}. On a x3=1\displaystyle x^{3} = 1 si et seulement si 23k=1\displaystyle 2^{3k}=1, si et seulement si 3k\displaystyle 3k est un multiple de 18\displaystyle 18. Les seules solutions sont k=0\displaystyle k=0, k=6\displaystyle k=6 et k=12\displaystyle k=12.
    Conclusion : l’équation x3=1\displaystyle x^3=1 possède exactement trois solutions dans Z/19Z\displaystyle \mathbb{Z}/19\mathbb{Z}, qui sont 1\displaystyle 1, 26=7\displaystyle 2^6=7 et 212=11\displaystyle 2^{12}=11. On peut vérifier que 73=343=1+19.18\displaystyle 7^3=343=1+19.18 et 113=1331=1+19.70\displaystyle 11^3=1331=1+19.70.

Exercice 421 ⭐️⭐️⭐️ Premiers congrus à 1 modulo p, MP/L3

Soit p3\displaystyle p \ge 3 un nombre premier. On va montrer qu’il existe une infinité de nombres premiers q\displaystyle q de la forme q=ap+1\displaystyle q=ap+1. On considère le polynôme : P(X)=1+X++Xp1=Xp1X1.P(X) = 1+X+\cdots + X^{p-1} = \frac{X^p-1}{X-1}.

  1. Montrer qu’il existe un polynôme QZ[X]\displaystyle Q \in \mathbb{Z}[X] tel que P(X)=(X1)Q(X)+p\displaystyle P(X) = (X-1)Q(X) + p.
  2. On suppose qu’il existe un entier c1\displaystyle c \ge 1 et un nombre premier q>p\displaystyle q>p tels que qP(c)\displaystyle q|P(c). En étudiant l’ordre de l’élément c\displaystyle c dans le groupe (Z/qZ)\displaystyle \left(\mathbb{Z}/q \mathbb{Z}\right)^\star, montrer que q\displaystyle q est congru à 1\displaystyle 1 modulo p\displaystyle p.
  3. Montrer que tout entier c1\displaystyle c \ge 1 est premier avec P(c)\displaystyle P(c).
  4. On suppose qu’il n’existe qu’un nombre fini de nombres premiers congrus à 1\displaystyle 1 modulo p\displaystyle p, notés p1,,pm\displaystyle p_1,\ldots,p_m. En étudiant les facteurs premiers de P(c)\displaystyle P(c), avec c=p!p1pm\displaystyle c=p! p_1 \cdots p_m, aboutir à une contradiction.
  1. Première méthode : on remarque que P(X)p=k=1p1(Xk1),P(X)-p = \sum_{k=1}^{p-1} (X^k-1), et on sait que Xk1\displaystyle X^k-1 est divisible par X1\displaystyle X-1 dans Z[X]\displaystyle \mathbb{Z}[X]. Autre méthode (qui au fond revient au même), on remarque que P(X)=p+(X1)k=0p1(p1k)Xk.P(X)=p+(X-1) \sum_{k=0}^{p-1} (p-1-k) X^{k}. On a l’intuition du polynôme à parachuter en regardant quelques exemples pour p\displaystyle p petit.
  2. Dans le corps K=Z/qZ\displaystyle K = \mathbb{Z}/q\mathbb{Z}, la divisibilité de P(c)\displaystyle P(c) par q\displaystyle q s’écrit simplement P(c)=0\displaystyle P(c)=0. Mais alors (c1)P(c)=0\displaystyle (c-1)P(c) = 0, c’est-à-dire cp=1\displaystyle c^p=1. Soit r1\displaystyle r \ge 1 le plus petit entier tel que cr=1\displaystyle c^r=1 (dans K\displaystyle K). On sait que r\displaystyle r est un diviseur de p\displaystyle p, et comme p\displaystyle p est premier, on a r=1\displaystyle r=1 ou r=p\displaystyle r=p. Si on a r=1\displaystyle r=1, alors c=1\displaystyle c=1. Mais on a P(1)=p\displaystyle P(1)=p d’après la question 1, et p0\displaystyle p \neq 0 dans K\displaystyle K car on a supposé q>p\displaystyle q>p. Ainsi l’élément c\displaystyle c est d’ordre p\displaystyle p dans K\displaystyle K^\star. D’après le théorème de Lagrange, on sait que p\displaystyle p divise le cardinal de K\displaystyle K^\star, qui vaut q1\displaystyle q-1 : la relation q1=ap\displaystyle q-1=ap, pour a\displaystyle a entier, peut encore s’écrire q=ap+1\displaystyle q=ap+1, comme voulu.
  3. On a P(c)=1+cb\displaystyle P(c) = 1+c b, avec b=1+c++cp2\displaystyle b=1+c+\cdots+c^{p-2}. Autrement dit P(c)bc=1\displaystyle P(c)-bc=1 et le théorème de Bezout permet de conclure.
  4. On sait que P(c)>1\displaystyle P(c)> 1, donc P(c)\displaystyle P(c) possède nécessairement un facteur premier q\displaystyle q. Si qp\displaystyle q \le p, alors q\displaystyle q est un facteur permier commun à c\displaystyle c et P(c)\displaystyle P(c), ce qui n’est pas possible d’après la question 3. Comme q>p\displaystyle q>p, on sait que q\displaystyle q est congru à 1\displaystyle 1 modulo p\displaystyle p, donc q=pi\displaystyle q=p_i pour un certain i{1,,m}\displaystyle i \in \{1,\ldots,m\}, qui serait un facteur premier commun à c\displaystyle c et P(c)\displaystyle P(c), ce qui n’est pas possible.

On a ainsi montré par l’absurde qu’il existe une infinité de nombres premiers congrus à 1\displaystyle 1 modulo p\displaystyle p. On peut s’affranchir de l’hypothèse de primalité de p\displaystyle p en remplaçant P\displaystyle P par le n\displaystyle n-ième polynôme cyclotomique Φn\displaystyle \Phi_n, la preuve est légèrement plus compliquée. C’est un cas particulier d’un théorème nettement plus profond, dû à Dirichlet : si a\displaystyle a et b\displaystyle b sont premiers entre eux, alors il existe une infinité de nombres premiers de la forme ak+b\displaystyle a k + b.

Exercice 466 ⭐️ Permutations, MP/L2

Dans Sn\displaystyle \frak{S}_n, on considère les cycles : τ=(1  2)\displaystyle \tau=(1\ \ 2) et σ=(1  2n)\displaystyle \sigma=(1\ \ 2\cdots n).

  1. Calculer σkτσk\displaystyle \sigma^k\circ\tau\circ\sigma^{-k} pour 0kn2\displaystyle 0\leq k\leq n-2.
  2. En déduire que {σ,τ}\displaystyle \{\sigma,\tau\} est une partie génératrice de Sn\displaystyle \frak{S}_n.
  1. Regarder l’image par cette permutation de chaque entier i[ ⁣[1,n] ⁣]\displaystyle i\in[\![1,n]\!].
  2. Passer par une partie génératrice connue de Sn\displaystyle \frak S_n.

Dans ce qui suit les entiers sont considérés modulo n.

  1. Notons μ=σkτσk\displaystyle \mu=\sigma^k\circ\tau\circ\sigma^{-k}. On remarque que μ(σk(i))=σk(τ(i))\displaystyle \mu(\sigma^k(i))=\sigma^k(\tau(i)).
    Ainsi pour i{1,2}\displaystyle i\in\{1,2\}, μ(i+k)=(τ(i))+k\displaystyle \mu(i+k)=(\tau(i))+k, et pour i{1,2}\displaystyle i\notin\{1,2\}, μ(i+k)=i+k\displaystyle \mu(i+k)=i+k.
    Autrement dit μ\displaystyle \mu est la transposition (k+1k+2)\displaystyle (k+1\quad k+2).
  2. D’après ce qui précède le sous-groupe G\displaystyle G engendré par {σ,τ}\displaystyle \{\sigma,\tau\} contient toutes les transpositions (k+1k+2)\displaystyle (k+1\quad k+2), k=1,,n\displaystyle k=1,\dots,n.
    Or toute transposition (ij)\displaystyle (i\quad j), avec i<j\displaystyle i<j, peut s’écrire :
    (ij)=(ii+1)(j2j1)(j1j)(i+1i+2)(ii+1).(i\quad j) = (i\quad i+1) \circ\dots\circ (j-2\quad j-1)\circ (j-1\quad j)\circ\dots\circ (i+1\quad i+2)\circ (i\quad i+1). Comme on sait que l’ensemble des transpositions engendre Sn\displaystyle \frak S_n, le résultat s’en déduit.

Exercice 467 ⭐️ Une permutation, MP/L2

Soit σS7\displaystyle \sigma\in\frak S_7 donnée par :
σ=(12345673567124). \sigma=\left(\begin{array}{ccccccc} 1 & 2 & 3 & 4 & 5 & 6 & 7 \\ 3 & 5 & 6 & 7 & 1 & 2 & 4 \\ \end{array}\right).
Déterminer l’ordre de σ\displaystyle \sigma, sa signature ainsi que σ2023\displaystyle \sigma^{2023}

Pour décrire une permutation, décomposer en cycles à supports disjoints.

On remarque que σ\displaystyle \sigma est la composée des cycles σ1=(13625)\displaystyle \sigma_1=(1\quad 3\quad 6\quad 2\quad 5) et σ2=(47)\displaystyle \sigma_2=(4\quad 7).
\displaystyle \bullet Un cycle (x1x2    xp)\displaystyle (x_1\quad x_2~~\dots~~x_p) a pour signature (1)p1\displaystyle (-1)^{p-1}, puisqu’il s’écrit comme composée de (p1)\displaystyle (p-1) transpositions : (x1x2    xp)=(xp1xp)(xp2xp1)(x1x2)\displaystyle (x_1\quad x_2~~\dots~~x_p)=(x_{p-1}\quad x_p)\circ(x_{p-2}\quad x_{p-1})\circ\dots(x_1\quad x_2).
Par conséquent ε(σ)=ε(σ1)ε(σ2)=(1)4(1)1=1\displaystyle \varepsilon(\sigma)=\varepsilon(\sigma_1)\varepsilon(\sigma_2)=(-1)^4(-1)^1=-1.
\displaystyle \bullet Comme σ1\displaystyle \sigma_1 et σ2\displaystyle \sigma_2 commutent, σk=σ1kσ2k\displaystyle \sigma^k=\sigma_1^k\circ\sigma_2^k.
Donc σk\displaystyle \sigma^k est égal à l’identité si et seulement si 5k\displaystyle 5|k et 2k\displaystyle 2|k.
Ainsi σ\displaystyle \sigma est d’ordre 10\displaystyle 10.
\displaystyle \bullet σ2023=(σ10)202σ3=σ3=σ13σ23\displaystyle \sigma^{2023}=(\sigma^{10})^{202}\circ\sigma^3=\sigma^3=\sigma_1^3\circ\sigma_2^3, avec σ13=(12356)\displaystyle \sigma_1^3=(1\quad 2\quad 3\quad 5\quad 6) et σ23=(47)\displaystyle \sigma_2^3=(4\quad 7).
Autrement dit
σ2023=(12345672357614). \sigma^{2023}=\left(\begin{array}{ccccccc} 1 & 2 & 3 & 4 & 5 & 6 & 7 \\ 2 &3 & 5 & 7 & 6 & 1 & 4 \\ \end{array}\right).

Exercice 468 ⭐️⭐️⭐️ An\displaystyle \frak A_n est engendré par les 3\displaystyle 3-cycles, MP/L2

On note An\displaystyle \frak A_n le sous-groupe de Sn\displaystyle \frak S_n formé des permutations paires :
An={σSn : ε(σ)=1}.\frak A_n=\{\sigma\in\frak S_n~:~\varepsilon(\sigma)=-1\}.

Montrer que An\displaystyle \frak A_n est engendré par les cycles de longueur 3\displaystyle 3.

Résultat de cours : le groupe Sn\displaystyle \frak S_n est engendré par l’ensemble des transpositions.

Soit σAn\displaystyle \sigma\in\frak A_n. D’après le cours, σ\displaystyle \sigma s’écrit σ=τ1τ2τk\displaystyle \sigma=\tau_1\tau_2\dots\tau_k, avec τ1,,τk\displaystyle \tau_1,\dots,\tau_k des transpositions, et k\displaystyle k est nécessairement pair puisque ε(σ)=(1)k=1\displaystyle \varepsilon(\sigma)=(-1)^k=1.
Il suffit donc de vérifier que tout produit τ1τ2\displaystyle \tau_1\tau_2 de deux transpositions appartient au groupe engendré par les 3-cycles. Il faut pour ça distinguer 3 cas :
\displaystyle \bullet Si τ1=τ2\displaystyle \tau_1=\tau_2 alors τ1τ2=idn\displaystyle \tau_1\tau_2=\mathrm{id}_n, donc le résultat est évident.
\displaystyle \bullet Si les supports de τ1\displaystyle \tau_1 et τ2\displaystyle \tau_2 ont exactement un point commun, leur produit est de la forme (ab)(bc)=(abc)\displaystyle (ab)(bc) = (abc), c’est donc un 3-cycle.
\displaystyle \bullet Si leurs supports sont disjoints, leur produit est de la forme (ab)(cd)=(abc)(bcd)\displaystyle (ab)(cd) = (abc)(bcd), qui est le produit de deux 3-cycles.

Exercice 489 ⭐️⭐️ Morphisme de groupe, MPSI/L1

  1. Soit (G,)\displaystyle (G,*) un groupe et M\displaystyle M un ensemble. Soit φ\displaystyle \varphi une bijection de G\displaystyle G sur M\displaystyle M. On définit pour tout (x,y)M2\displaystyle (x,y)\in M^2,
    :(x,y)φ(φ1(x)φ1(y)).\star:(x,y)\mapsto\varphi(\varphi^{-1}(x)*\varphi^{-1}(y)). L’application \displaystyle \star est-elle une loi de composition interne (LCI) ? Commutative ? Admet-elle un neutre ? (M,)\displaystyle (M,\star) est-il un groupe ?

  2. Montrer que th(x+y)=th(x)+th(y)1+th(x)th(y)\displaystyle \th(x+y)=\frac{\th(x)+\th(y)}{1+\th(x)\th(y)} pour tous x,y\displaystyle x,y réels.
    On pose, pour tous x,yE:=]1,1[\displaystyle x,y\in E:=]-1,1[, xy=x+y1+xy.x\oplus y=\frac{x+y}{1+xy}. Montrer qu’on définit ainsi une LCI sur E\displaystyle E et que E\displaystyle E est un groupe commutatif.

(Amicalement transmis et rédigé par Marius, MP* Janson de Sailly 🙏)

  1. Soit (x,y)M2\displaystyle (x,y)\in M^2.
    Comme φ:GM\displaystyle \varphi:G\to M est une bijection, elle admet une réciproque φ1:MG\displaystyle \varphi^{-1}:M\to G.
    Ainsi, on a φ1(x),φ1(y)G\displaystyle \varphi^{-1}(x), \varphi^{-1}(y) \in G. Or G\displaystyle G est un groupe donc φ1(x)φ1(y)G\displaystyle \varphi^{-1}(x)*\varphi^{-1}(y)\in G. Alors φ(φ1(x)φ1(y))M\displaystyle \varphi(\varphi^{-1}(x)*\varphi^{-1}(y))\in M. Donc \displaystyle \star est une LCI pour M\displaystyle M. De plus, on remarque que \displaystyle \star est commutative ssi G est abélien.
    Soit eG\displaystyle e_G le neutre de G\displaystyle G. Posons eM=φ(eG)\displaystyle e_M=\varphi(e_G). Alors
    xeM=φ(φ1(x)φ1(eM))=φ(φ1(x)eG)=φ(φ1(x))=x,\begin{aligned} x\star e_M & = \varphi(\varphi^{-1}(x)*\varphi^{-1}(e_M))\\ & = \varphi(\varphi^{-1}(x)*e_G)\\ &= \varphi(\varphi^{-1}(x))=x, \end{aligned} et on montre ainsi que xeM=eMx\displaystyle x\star e_M = e_M\star x. Par unicité de l’élément neutre, eM\displaystyle e_M est donc le neutre de \displaystyle \star dans M\displaystyle M.
    Pour que M\displaystyle M soit un groupe, il faut que \displaystyle \star soit associative. Montrons le.
    Soit (x,y,z)M3\displaystyle (x,y,z)\in M^3. On a
    (xy)z=φ(φ1(φ(φ1(x)φ1(y)))φ1(z))=φ(φ1(x)φ1(y)φ1(z))=x(yz).\begin{aligned} (x\star y)\star z & = \varphi(\varphi^{-1}(\varphi(\varphi^{-1}(x)*\varphi^{-1}(y)))*\varphi^{-1}(z))\\ & = \varphi(\varphi^{-1}(x)*\varphi^{-1}(y)*\varphi^{-1}(z))\\ &= x\star (y\star z). \end{aligned} Finalement, M\displaystyle M est bien un groupe. On dit que φ\displaystyle \varphi est un morphisme de groupe.

  2. En jouant sur les relations hyperboliques d’addition (diviser numérateur et dénominateur par ch(x)ch(y)\displaystyle ch(x)ch(y)), on obtient th(x+y)=th(x)+th(y)1+th(x)th(y).th(x+y)=\frac{th(x)+th(y)}{1+th(x)th(y)}. On sait également que th:RE\displaystyle th:\mathbb{R}\to E est une bijection. Elle admet une réciproque argth:ER\displaystyle argth:E\to\mathbb{R}, bijective. On va montrer que φ=th\displaystyle \varphi=th est un morphisme de groupe de (R,+)\displaystyle (\mathbb{R},+) dans (E,)\displaystyle (E,\oplus).
    Soit x,yE\displaystyle x,y\in E. Alors φ1(x),φ1(y)R\displaystyle \varphi^{-1}(x),\varphi^{-1}(y)\in \mathbb{R}. De plus,
    φ(φ1(x)+φ1(y))=th(argth(x)+argth(y))=th(argth(x))+th(argth(y))1+th(argth(x))th(argth(y))=x+y1+xy=xy.\begin{aligned} \varphi(\varphi^{-1}(x)+\varphi^{-1}(y)) & = \th(argth(x)+argth(y)) \\ & = \frac{\th(argth(x))+\th(argth(y))}{1+\th(argth(x))\th(argth(y))} \\ &= \frac{x+y}{1+xy}=x\oplus y. \end{aligned} D’après 1, on en déduit que (E,)\displaystyle (E,\oplus) est un groupe abélien.

Exercice 500 ⭐️⭐️⭐️ Groupe (Z/pZ,)\displaystyle (\Z/p \Z,\cdot)^{\star} cyclique, MP/Agreg

Le but de l’exercice est de montrer que G=((Z/pZ),)\displaystyle G=((\Z/p\Z)^{\star},\cdot) est cyclique lorsque p\displaystyle p est premier. Pour cela on utilise la notion d’exposant d’un groupe abélien fini. On appelle exposant de G\displaystyle G la quantité m\displaystyle m définie par :

m=ppcm({o(x),xG})=p1α1prαr.m={\rm ppcm}(\{o(x), x \in G\})=p_{1}^{\alpha_{1}}\dots p_{r}^{\alpha_{r}}.

Soit i{1,,r}\displaystyle i \in \{1,\dots, r\}.

  1. Montrer qu’il existe un élément xi~G\displaystyle \widetilde{x_{i}} \in G d’ordre divisible par piαi\displaystyle p_{i}^{\alpha_{i}}.
  2. On rappelle que pour un élément xG\displaystyle x \in G on a la formule donnant l’ordre de xm\displaystyle x^{m} :
    o(xm)=o(x)o(x)m.o(x^{m})=\dfrac{o(x)}{o(x) \wedge m}. Construire un élément xi\displaystyle x_{i} d’ordre piαi\displaystyle p_{i}^{\alpha_{i}}.
  3. En déduire l’existence d’un élément x0G\displaystyle x_0 \in G d’ordre m\displaystyle m.
  4. Montrer finalement que m=p1\displaystyle m=p-1. On pourra considérer le polynôme P=Xm1\displaystyle P=X^{m}-1.

Amicalement transmis et rédigé par Nathan Toumi 🙏
L’exercice utilise des propriétés de l’ordre d’éléments dans un groupe, qui seront prouvées dans un autre exercice.

  1. Soit νp(o(x))\displaystyle \nu_p(o(x)) la p\displaystyle p-valuation de l’entier o(x)\displaystyle o(x). Par définition du ppcm m\displaystyle m, on a αi=maxxGνpi(o(x)).\alpha_i=\max_{x\in G}\nu_{p_i}(o(x)). On rappelle qu’on peut montrer ce résultat grâce à l’équivalence ab    \displaystyle a|b \iff pour tout p\displaystyle p premier νp(a)νp(b)\displaystyle \nu_p(a)\le\nu_p(b). Ce maximum est atteint pour un certain xi~\displaystyle \widetilde{x_{i}}. Comme νpi(o(xi~))=αi\displaystyle \nu_{p_i}(o(\widetilde{x_{i}}))=\alpha_i, on en déduit que pαio(xi~)\displaystyle p^{\alpha_i}|o(\widetilde{x_{i}}).

  2. Soit kiN\displaystyle k_{i} \in \N tel o(xi~)=piαiki\displaystyle o(\widetilde{x_{i}})=p_{i}^{\alpha_{i}} k_{i}. Il suffit de poser xi=xi~ki\displaystyle x_{i}=\widetilde{x_{i}}^{k_{i}} et d’appliquer la formule donnée.

  3. Posons x0=x1xr\displaystyle x_0=x_{1}\dots x_{r}. D’une part, G\displaystyle G est abélien, et d’autre part ij,o(xi)o(xj)=1\displaystyle \forall i \neq j, o(x_{i}) \wedge o(x_{j})=1. Donc :
    o(x0)=i=1ro(xi)=p1α1prαr=m.o(x_0)=\prod_{i=1}^{r}o(x_{i})=p_{1}^{\alpha_{1}}\dots p_{r}^{\alpha_{r}}=m.

  4. Comme p\displaystyle p est premier, (Z/pZ,+,)\displaystyle (\Z/p\Z,+,\cdot) est un corps et le cardinal de G\displaystyle G est donc p1\displaystyle p-1. De plus, xG,xm1=0\displaystyle \forall x \in G, x^{m}-1=0 car o(x)m\displaystyle o(x) | m. Ainsi m=deg(P)p1\displaystyle m={\rm deg}(P) \geq p-1 car un polynôme sur un corps ne peut avoir plus de racines que son degré. Or, m\displaystyle m est l’ordre d’un élément de G\displaystyle G donc d’après le théorème de Lagrange mp1\displaystyle m | p-1. On en déduit que m=p1\displaystyle m=p-1. Comme il existe un élément d’ordre m\displaystyle m qui est le cardinal de G\displaystyle G, on en déduit que G\displaystyle G est cyclique.

Exercice 547 ⭐️⭐️⭐️ Groupe d’ordre 30, simplicité, L3/Classique

Montrer qu’un groupe G\displaystyle G d’ordre 30 n’est pas simple.

  • Cardinal et simplicité 👉 Théorèmes de Sylow ;
  • Décomposition de 30\displaystyle 30 en facteurs premiers et considérer le nombre des différents Sylow.

On a 30=235\displaystyle 30=2\cdot 3\cdot5.

Les 3\displaystyle 3-Sylow sont donc les sous-groupes d’odre 3\displaystyle 3. Désignons par n3\displaystyle n_3 leur nombre. On a n3=1 [3]\displaystyle n_3=1\ [3] et n310\displaystyle n_3 | 10. Donc n3=1\displaystyle n_3=1 ou n3=10\displaystyle n_3=10. Si n3=1\displaystyle n_3=1, c’est gagné car l’unique 3\displaystyle 3-Sylow est distingué, donc G\displaystyle G n’est pas simple. Si H\displaystyle H et K\displaystyle K sont des 3\displaystyle 3-Sylow distincts, on a HK={1}\displaystyle H\cap K=\{1\} car HK\displaystyle H\cap K est un sous-groupe. Dans ce cas, il y a 210=20\displaystyle 2\cdot 10=20 éléments d’odre 3\displaystyle 3.

Les 5\displaystyle 5-Sylow sont les sous-groupes d’odre 5\displaystyle 5. Désignons par n5\displaystyle n_5 leur nombre. On a n5=1 [5]\displaystyle n_5=1\ [5] et n56\displaystyle n_5 | 6. Donc n5=1\displaystyle n_5=1 ou n5=6\displaystyle n_5=6. Même raisonnement que précédemment : si n5=1\displaystyle n_5=1 c’est gagné, sinon n5=6\displaystyle n_5=6 et il y a alors 46=24\displaystyle 4\cdot 6=24 éléments d’ordre 5\displaystyle 5.

Or 20+24>30\displaystyle 20+24>30, donc on ne peut pas avoir simultanément n3=10\displaystyle n_3=10 et n5=6\displaystyle n_5=6. Donc fatalement n3=1\displaystyle n_3=1 ou n5=1\displaystyle n_5=1, d’où la conclusion.

Exercice 575 ⭐️⭐️⭐️ Euler, Möbius, Dirichlet, Burnside, Debussy et Messiaen, L3/M1/MP

Pour n1\displaystyle n \geq 1 entier, on fait agir le groupe Z/nZ\displaystyle \mathbb{Z}/n \mathbb{Z} sur l’ensemble Pn=P(Z/nZ)\displaystyle \mathcal{P}_n = \mathcal{P}(\mathbb{Z} /n \mathbb{Z}) des parties de Z/nZ\displaystyle \mathbb{Z}/n \mathbb{Z}, par addition appliquée élément par élément: par exemple, l’image de {2ˉ,4ˉ,5ˉ}\displaystyle \{\bar{2}, \bar{4}, \bar{5}\} par l’action de 2\displaystyle \overline{-2} est {0ˉ,2ˉ,3ˉ}\displaystyle \{\bar{0}, \bar{2}, \bar{3}\}, m\displaystyle \overline{m} désignant la classe de m\displaystyle m modulo n\displaystyle n. Soit H\displaystyle H un sous-ensemble de Pn\displaystyle \mathcal{P}_n globalement invariant par l’action de Z/nZ\displaystyle \mathbb{Z}/n \mathbb{Z} , et O(H)\displaystyle \mathcal{O}(H) l’ensemble des orbites d’éléments de H\displaystyle H. Pour un entier mZ\displaystyle m \in \mathbb{Z}, on note Fm(H)\displaystyle F_m(H) l’ensemble des éléments de H\displaystyle H fixés par l’action de m\displaystyle m modulo n\displaystyle n. Dans la suite, on notera E\displaystyle |E| le cardinal d’un ensemble fini E\displaystyle E.

  1. Montrer que O(H)=1ndnφ(n/d)Fd(H)\displaystyle |\mathcal{O}(H)| = \frac{1}{n} \sum_{d | n} \varphi(n/d) |\, F_{d}(H)|, φ\displaystyle \varphi désignant l’indicatrice d’Euler et la somme en d\displaystyle d portant sur les diviseurs positifs de n\displaystyle n.
  2. Montrer que O(Pn)=1ndnφ(n/d)2d\displaystyle |\mathcal{O}(\mathcal{P}_n)| = \frac{1}{n} \sum_{d | n} \varphi(n/d) \, 2^d.
  3. Pour d1\displaystyle d \geq 1 divisant n\displaystyle n, on considère l’ensemble Hd=Fd(Pn)\displaystyle H_d = F_d (\mathcal{P}_n) des éléments de Pn\displaystyle \mathcal{P}_n qui sont fixés par l’action de dˉ\displaystyle \bar{d}. Montrer que O(Hd)=1dedφ(d/e)2e\displaystyle |\mathcal{O}(H_d) |= \frac{1}{d} \sum_{e | d} \varphi(d/e) 2^e, la somme portant sur les diviseurs e1\displaystyle e \geq 1 de d\displaystyle d.
  4. On considère l’ensemble K\displaystyle K des éléments de Pn\displaystyle \mathcal{P}_n qui ne sont fixés par l’action d’aucun élément non nul de Z/nZ\displaystyle \mathbb{Z} /n \mathbb{Z}. Montrer que O(K)=dnμ(n/d)dedφ(d/e)2e\displaystyle |\mathcal{O}(K)| = \sum_{ d | n } \frac{\mu(n/d) }{d} \sum_{e |d} \varphi(d/e) 2^e, μ\displaystyle \mu étant la fonction de Möbius.
  5. Montrer que O(K)=1ndnμ(n/d)2d\displaystyle \mathcal{O}(K) = \frac{1}{n} \sum_{d|n} \mu(n/d)2^d.
  6. En musique, il est courant d’appeller mode, ou échelle, un sous-ensemble des douze notes de la gamme chromatique, deux sous-ensembles obtenus par transposition musicale (c’est à dire montée ou descente d’un certain nombre de degrés de la gamme chromatique) étant considérés comme la même échelle (on considère ici qu’une note ne change pas si on la transpose à l’octave au-dessus ou au-dessous). Déterminer le nombre total d’échelles (y compris l’échelle vide!), ainsi que le nombre d’échelles à transpositions limitées (selon la terminologie du compositeur Olivier Messian), c’est à dire dont l’ensemble des notes est invariant par transposition d’au moins un intervalle non multiple d’une octave. Enumérer ces échelles.
  1. Par le théorème de Burnside, O(H)=1nj=0n1Fj(H)\displaystyle |\mathcal{O}(H)| = \frac{1}{n} \sum_{j=0}^{n-1} F_{j}(H). Or, si le pgcd de j\displaystyle j et n\displaystyle n vaut d\displaystyle d, Fj(H)=Fd(H)\displaystyle F_j (H) = F_d(H), d’autre part, les entiers strictement entre 0\displaystyle 0 et n\displaystyle n dont le pgcd avec n\displaystyle n vaut d\displaystyle d sont d\displaystyle d fois les éléments strictement entre 0\displaystyle 0 et n/d\displaystyle n/d qui sont premiers avec n/d\displaystyle n/d: il y en a donc φ(n/d)\displaystyle \varphi(n/d).
  2. Les ensembles dans Fd(H)\displaystyle F_d(H) sont obtenus en prenant tous les sous-ensembles de {0ˉ,,d1}\displaystyle \{\bar{0}, \dots, \overline{d-1} \} et en les translatant de kd\displaystyle \overline{kd} pour k{0,1,,n/d1}\displaystyle k \in \{0,1,\dots, n/d-1\}. On en déduit Fd(H)=Pd=2d\displaystyle |F_d(H)| = |\mathcal{P}_d| = 2^d. D’où le résultat cherché en appliquant 1\displaystyle 1.
  3. Le même raisonnement qu’au début de 2. prouve que O(Hd)\displaystyle |\mathcal{O}(H_d)| est obtenu en appliquant la formule précédente au cas où n\displaystyle n est remplacé par d\displaystyle d.
  4. Pour chaque orbite ω\displaystyle \omega, le stabilisateur l’un élément de ω\displaystyle \omega ne dépend pas du choix de cet élément, et c’est un sous-groupe de Z/nZ\displaystyle \mathbb{Z}/ n \mathbb{Z} de la forme e(ω)Z/nZ\displaystyle e(\omega)\mathbb{Z}/ n \mathbb{Z}, e(ω)\displaystyle e(\omega) étant un diviseur positif de n\displaystyle n. Si on calcule la somme dn1e(ω)dμ(n/d)\displaystyle \sum_{d|n} \mathbf{1}_{e(\omega)|d} \, \mu(n/d), on obtient f(n/e(ω))μ(n/(e(ω)f))\displaystyle \sum_{f | (n/e(\omega))} \mu(n/(e(\omega) f)), qui par une propriété classique de la fonction de Möbius, vaut 1\displaystyle 1 si n/e(ω)=1\displaystyle n/e(\omega) = 1 et 0\displaystyle 0 sinon. On a donc
    1ωO(K)=dn1e(ω)dμ(n/d)\mathbf{1}_{\omega \in \mathcal{O}(K)} = \sum_{d|n} \mathbf{1}_{e(\omega)|d} \, \mu(n/d) et en sommant sur toutes les orbites ω\displaystyle \omega possibles:
    O(K)=dnμ(n/d)ωO(Pn)1e(ω)d.|\mathcal{O}(K)| = \sum_{d|n} \mu(n/d) \sum_{\omega \in \mathcal{O}(\mathcal{P}_n)} \mathbf{1}_{e (\omega) | d}.
    Comme la dernière somme compte le nombre d’orbites d’ensembles fixés par l’action de dˉ\displaystyle \bar{d}, on déduit le résultat cherché en appliquant 3.
  5. On a O(K)=eng(n/e)e2e\displaystyle |\mathcal{O}(K)| = \sum_{e|n} \frac{g(n/e)}{e} 2^e avec g(m)=dmμ(m/d)φ(d)d\displaystyle g(m) = \sum_{d|m} \frac{\mu(m/d) \varphi(d)}{d}. La fonction g\displaystyle g est la convolution de Dirichlet des deux fonctions multiplicatives μ\displaystyle \mu et dφ(d)/d\displaystyle d \mapsto \varphi(d)/d, donc c’est une fonction multiplicative. Pour p\displaystyle p premier et α1\displaystyle \alpha \geq 1 entier, on a g(pα)=φ(pα)/pαφ(pα1)/pα1\displaystyle g(p^{\alpha}) = \varphi(p^{\alpha})/p^{\alpha}- \varphi(p^{\alpha-1})/p^{\alpha-1}, ce qui vaut 0\displaystyle 0 si α2\displaystyle \alpha \geq 2, et 1/p\displaystyle -1/p si α1\displaystyle \alpha \geq 1. Autrement dit, g(m)=μ(m)/m\displaystyle g(m) =\mu(m)/m pour toute puissance de nombre premier m\displaystyle m, et donc pour tout entier m\displaystyle m par multiplicativité.
  6. Il s’agit d’appliquer les résultats précédents pour n=12\displaystyle n = 12. Pour le nombre total d’échelles, on trouve
    112(φ(12)21+φ(6)22+φ(4)23+φ(3)24+φ(2)26+φ(1)212)=112(8+8+16+32+64+4096)=352.\begin{aligned} & \frac{1}{12}(\varphi(12) 2^1 + \varphi(6) 2^2 + \varphi(4) 2^3 + \varphi(3) 2^4 + \varphi(2) 2^6 + \varphi(1) 2^{12}) \\ & = \frac{1}{12} (8 + 8 + 16 + 32 + 64 + 4096) = 352. \end{aligned}
    Pour les échelles qui ne sont pas à transposition limitée, on obtient:
    112(2122624+22)=335.\frac{1}{12} (2^{12}- 2^6 - 2^4 + 2^2) =335.
    Il y a donc 17 échelles à transposition limitée. Avec 5\displaystyle 5 notes ou moins, on trouve: l’échelle vide, l’intervalle de triton ({0ˉ,6ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{6}\} ou do-fa dièse, et ses transpositions), l’accord de quinte augmentée ({0ˉ,4ˉ,8ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{4}, \bar{8}\} ou do-mi-sol dièse), les échelles à 4\displaystyle 4 sons {0ˉ,m,6ˉ,m+6}\displaystyle \{\bar{0},\overline{m}, \bar{6}, \overline{m+6}\} pour m{1,2,3}\displaystyle m \in \{1,2,3\} (m=3\displaystyle m = 3 correspond à l’accord de septième diminuée). Cela fait 6\displaystyle 6 échelles à 5\displaystyle 5 sons ou moins. Par complément, on trouve 6\displaystyle 6 échelles à 7\displaystyle 7 sons ou plus. Il reste 5\displaystyle 5 échelles à 6\displaystyle 6 sons, qui sont {0ˉ,3ˉ,4ˉ,7ˉ,8ˉ,11}\displaystyle \{\bar{0},\bar{3}, \bar{4}, \bar{7},\bar{8}, \overline{11} \}, {0ˉ,1ˉ,2ˉ,6ˉ,7ˉ,8ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{1}, \bar{2}, \bar{6},\bar{7}, \bar{8} \}, {0ˉ,1ˉ,3ˉ,6ˉ,7ˉ,9ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{1}, \bar{3}, \bar{6},\bar{7}, \bar{9} \}, {0ˉ,1ˉ,4ˉ,6ˉ,7ˉ,10}\displaystyle \{\bar{0},\bar{1}, \bar{4}, \bar{6},\bar{7}, \overline{10} \}, {0ˉ,2ˉ,4ˉ,6ˉ,8ˉ,10}\displaystyle \{\bar{0},\bar{2}, \bar{4}, \bar{6},\bar{8}, \overline{10} \} (cette dernière échelle est la gamme par tons, beaucoup utilisée par Debussy en particulier). Sept des 17 échelles ou modes ont été répertoriées et abondamment utilisées par Messiaen, numérotées par lui de 1\displaystyle 1 à 7\displaystyle 7, dans cet ordre: la gamme par tons, le complément de {0ˉ,3ˉ,6ˉ,9ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{3},\bar{6},\bar{9}\}, le complément de {0ˉ,4ˉ,8ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{4}, \bar{8}\}, le complément de {0ˉ,1ˉ,6ˉ,7ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{1},\bar{6},\bar{7}\}, l’échelle {0ˉ,1ˉ,2ˉ,6ˉ,7ˉ,8ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{1}, \bar{2}, \bar{6},\bar{7}, \bar{8} \}, le complément de {0ˉ,2ˉ,6ˉ,8ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{2}, \bar{6}, \bar{8}\}, le complément du triton {0ˉ,6ˉ}\displaystyle \{\bar{0},\bar{6}\}.
    Pour plus de discussion sur ces modes, voir par exemple la page Wikipedia.